|
Fauché par une voiture, Ahmed OTHMANI, est décédé hier à Rabat des suites de ses blessures. Son corps sera rapatrié aujourd’hui en Tunisie, il sera enterré à Meknassi sa ville natale.

Ahmed OTHMANI a été est une des grandes figures de l’opposition de la nouvelle gauche tunisienne (mouvement Perspectives / « El Amel Ettnounssi »), arrêté en 1967 et condamné à la suite d’une manifestation en faveur des droits des palestiniens ; il fut torturé et passa plus de dix ans au bagne de Borj Erroumi dont beaucoup en isolement. A sa sortie, il rejoint à Paris son épouse Simone, militante tunisienne expulsée de Tunisie son pays par le régime antidémocratique de Bourguiba. Il adhère a Amnesty International ou il poursuit son combat pour la libération des prisonniers d’opinion et la liberté d’_expression, il en devient le premier militant arabe à faire partie du secrétariat d’Amnesty International.
Puis Ahmed Othmani participe à la création de l’association Penal Reform International (PRI) dont il devient le président. En tant que défenseur des droits de l’Homme, il se consacre depuis 1994 à développer l’action de PRI et à la réforme du système de justice pénale et des prisons dans le monde.
Ahmed a écrit de nombreuses publications : - « Répression en Tunisie » dans Les Temps Modernes. Témoignage de l’intérieur de la prison, avril 1979 ; - 100 poèmes pour la liberté, avec J.P. Darmon pour Amnesty International., éd. Le Cherche-midi, 1985 ; - Droits de l’Homme et Démocratie, L’Etat du Tiers-Monde, éd. La Découverte, 1989 ; - Droits et Liberté : des progrès inégaux et souvent contrariés. L’Etat du Maghreb, éd. La Découverte, 1991 ; - Les Mouvements des Droits de l’Homme au Moyen-Orient et Maghreb, dans Les Cahiers de l’Orient, novembre 1990 ; - Sortir de la prison : un combat pour réformer les systèmes carcéraux dans le monde, éd. La Découverte, 2002
A Simone son épouse et à Yassine son fils, je présente mes sincères et tristes condoléances et je les assure que Ahmed, restera dans ma mémoire, le symbole des militants infatigables, ceux qui ont compris que sans justice et sans liberté il n’y a pas d’humanité
Ahmed repose en paix dans ta ville que tu aimais tant ; ton combat est toujours le notre. Nous ne l’oublierons pas.
Tarek BEN HIBA
Conseiller régional "Alternative Citoyenne" |