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Lorsque les autorités tunisiennes ont libéré des prisonniers du mouvement de la Nahdha en novembre dernier, dont plus d’une dizaine étaient originaires de la région de Gabès, d’aucuns ont cru que le prisonnier Jalel Ben Abdessalam Mabrouk serait le premier à en bénéficier, espoir vite démenti par les faits, et déçu pour sa famille, les milieux des droits de l’homme et ceux qui suivent sa situation, notamment la section de Gabès de la Ligue Tunisienne pour la défense des droits de l’homme et le Comité Directeur de la Ligue.
Jalel Ben Abdessalam Mabrouk, originaire de la région de Chénini (gouvernorat de Gabès), a été condamné dans l’affaire concernant le mouvement de la Nahdha en 1991 et a écopé d’une condamnation de vingt et un ans. Il a été écroué à la prison civile du 9 avril à Tunis, deux mois après son mariage. Son épouse a donné naissance à un fils prénommé Fires, qui n’a jamais touché son père et qui a aujourd’hui treize ans.
Puis Jalel Mabrouk a été transféré dans la plupart des prisons tunisiennes du Nord au Sud du pays : prison du 9 avril à Tunis, Prison de Borj Er Roumi, Prison de Bulla Regia à Jendouba où il a été mis en cachot individuel pendant sept mois, Mehdia, Mornag, Grombalia, Monastir, Sfax, Médenine, et aujourd’hui la prison « Ghannouch » de Gabès. C’est la prison la plus proche pour sa famille qui a souffert le martyre pour lui rendre visite.
L’état physique et psychique du prisonnier Jalel Mabrouk est alarmant et requiert l’intervention urgente des autorités concernées pour lui sauver la vie et mettre fin à l’épreuve vécue par son épouse, son fils et sa famille. En effet, il souffre depuis longtemps de diverses pathologies dont la liste n’a cessé de s’allonger au cours de sa détention. Il est atteint d’asthme aigu ; il a subi une intervention chirurgicale alors qu’il était à la prison de Sfax. On a procédé à l’ablation d’une tumeur qui lui avait atteint une bonne partie du foie. Récemment, il a été atteint d’hypertension artérielle qui a eu pour conséquence un affaiblissement du cur et il souffre d’asthénie et de pertes de connaissance répétées, sans parler ses problèmes aux jambes consécutifs à une paralysie temporaire dont il a été atteint au début de sa captivité.
Le prisonnier Jalel Mabrouk souffre à l’heure actuelle de troubles nerveux qui mettent en jeu sa santé mentale. Au vu d’un tel calvaire et face à cette situation critique, il est plus que temps de libérer le prisonnier Jalel Mabrouk à l’instar de ses compagnons. Nous souhaitons que les autorités concernées se penchent sur son dossier médical et social afin que son état n’empire pas, qu’il puisse retrouver son foyer et sa famille et que Fires puisse étreindre ce père dont il a été privé et qu’il ne connaît depuis treize ans que derrière des barreaux.
En espérant que cet appel contribuera à abréger le calvaire du prisonnier et de sa famille, et qu’il lui sera fait écho le plus vite possible, afin d’éviter une issue fatale.
Abdeljabbar Reguigi - Gabès
Source : El Maoukif, n° 213 du 31 décembre 2004
(traduction ni revue ni corrigée par l’auteur de la version en arabe, LT) |