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lundi 14 mars 2005, 19h57
TUNIS, 14 mars (AFP) - Opposants et militants des droits de l’Homme ont rendu un dernier hommage lundi au cyberdissident tunisien Zouhair Yahyaoui, lors de ses funérailles à Ben Arous, près de Tunis, ont indiqué ses proches.
Zouhair Yahyaoui, fondateur et animateur du journal satirique en ligne "TuneZine", est décédé dimanche d’une attaque cardiaque à l’âge de 36 ans.
L’Organisation de défense de la presse "Reporters sans frontières" (RSF) a délégué un représentant, Julien Pain.
"Je suis venu soutenir la famille et dire que le combat de Zouhair ne s’arrêtera pas : il était devenu un modèle de cyberdissidence, non seulement dans son pays mais dans le monde", a déclaré à l’AFP, l’envoyé de RSF, qui a salué un "militant courageux et un défenseur acharné de la liberté d’expression".
Un hommage posthume a été rendu par Mustapha Ben Jaafar, chef du parti Démocratique pour le travail et les libertés (FTDL, légal), proposant au nom d’un collectif d’opposition de faire du 13 mars une "journée de la liberté d’expression sur internet".
La Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’Homme a exprimé "sa douleur", alors que l’avocat Mohamed Nouri, président de l’Association de soutien aux prisonniers politiques (AISPP, non reconnue) a prononcé une oraison funébre.
La journaliste dissidente Sihem Bensedrine a salué celui qui "était devenu pour tout le monde le symbole incontesté de la cyberdissidence en Tunisie et l’espoir d’une nouvelle génération de combattants pour la liberté".
Ecrivant sous le pseudonyme "Ettounsi" (Le Tunisien), Zouhair Yahyaoui s’était fait connaître en publiant sur son site une lettre dénonçant le fonctionnement de la justice, adressée au président Zine El Abidine Ben Ali et signée par son oncle, Mokhtar Yahyaoui.
Le cyberdissident avait été poursuivi et condamné début juillet 2002 à une peine de deux ans de prison, avant d’être remis en liberté conditionnelle en novembre 2003, après trois grèves de la faim.
Zouhair Yahyaoui s’était vu décerner en juin 2003, à Paris, le Prix Cyberliberté, récompensant "un internaute qui, par son activité professionnelle ou ses prises de position, a su témoigner de son attachement à la liberté de circulation de l’information sur le Réseau". |