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Tunis, Tunisie, 06/05 - Unanimement décriée par l`opposition, les ONG et les professionnels, la situation de la presse en Tunisie est au centre de multiples manifestations et de rapports initiés à l`occasion de la célébration, mardi, de la Journée internationale de la liberté de la presse.
Le régime tunisien fait souvent l`objet de critiques de la société civile qui l`accusent de "mainmise sur le paysage médiatique" et dénoncent "le verrouillage" du réseau Internet, notamment des sites d`ONG et de partis d`opposition.
Outre les pétitions et rapports dénonçant les atteintes aux libertés et aux droits de l`homme publiés à cette occasion, une rencontre a été organisée au siège du Parti démocratique progressiste (PDP, opposition) par plusieurs associations en signe de solidarité avec un groupe de jeunes internautes condamnés dernièrement à de lourdes peines de prison.
Agés de 13 à 19 ans, ces adolescents ont été condamnés pour des délits à caractère "terroriste", notamment pour avoir téléchargé des documents sur les modes de fabrication d`explosifs.
Les organisateurs ont également manifesté leur solidarité avec le journaliste Abdallah Zouari. Après avoir purgé plusieurs peines totalisant 13 années de prison pour des délits en relation avec son appartenance au mouvement islamiste interdit Ennahdha, M. Zouari est actuellement assigné à résidence à Zarzis (sud), à 500 km de sa famille qui réside à Tunis.
Ils ont par ailleurs apporté leur soutien à l`avocat dissident Mohamed Abou, condamné la semaine dernière à trois ans et demi de prison ferme dans deux affaires distinctes. La première pour avoir critiqué le pouvoir dans deux articles publiés sur Internet et la seconde pour "agression" d`une consoeur, une affaire montée de toutes pièces selon ses avocats.
Vendredi prochain, la Ligue tunisienne des droits de l`homme (LTDH) abritera une rencontre au cours de laquelle seront présentés les rapports de la Fédération internationale des ligues des droits de l`homme (FIDH) et de l`Organisation mondiale contre la torture (OMCT) sur "l`état des médias et des libertés" en Tunisie.
Face à cette offensive, le président Zine El Abidine Ben Ali a promis de consolider la liberté d`expression. "Nous continuerons à soutenir notre presse nationale afin qu`elle soit plus apte à traduire les mutations profondes que connaît la société sur la voie de la démocratie et de la modernité", assure le chef de l`Etat dans un message adressé aux associations tunisiennes des journalistes et des directeurs de journaux.
M. Ben Ali promet de "veiller à consolider davantage la liberté de presse et son rôle au service des constantes de la nation".
Son espoir est que le Sommet mondial sur la société de l`information (SMSI), que la Tunisie accueillera en novembre prochain, marquera "une nouvelle étape dans les relations internationales" et permettra aux journalistes de "jouer un rôle majeur".
"Nous sommes persuadés que la diversification du paysage médiatique se confirmera et que les espaces médiatiques gagneront en richesse", prévoit-il. A cet égard, il a fait état de nouvelles perspectives d`investissements privés dans l`audiovisuel après le lancement, l`an dernier, des premières station radio et télévision privées en Tunisie. |