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samedi 7 mai 2005, 10h41
TUNIS (Reuters) - Les Tunisiens seront invités dimanche à participer à des élections municipales vouées selon le gouvernement à renforcer la démocratie dans le pays, mais jugées insignifiantes par beaucoup de partis d’opposition dont les candidats ont été déclarés inéligibles.
Plus de 10.000 candidats brigueront 4.264 sièges dans 264 conseils municipaux répartis dans toute la Tunisie, dirigée depuis près de 18 ans par le président Zine Abidine Ben Ali.
Des analystes jugent ce scrutin couru d’avance, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), au pouvoir, étant quasiment assuré de remporter la majorité en ne laissant que quelques sièges pour les quatre partis d’opposition, marqués selon leurs détracteurs par une trop grande proximité avec le RCD.
"Notre souhait est que cette échéance électorale puisse marquer un nouveau jalon sur la voie du renforcement du processus démocratique pluraliste et de la présence des diverses tendances politiques au sein de nos conseils municipaux", a déclaré récemment Ben Ali dans un discours.
Le président a été réélu en octobre dernier avec plus de 94% des voix, et le RCD a remporté la majorité des sièges au parlement, lors du dernier scrutin qui combinait présidentielle et législatives.
Ben Ali est réputé avoir apporté stabilité et prospérité économique à la Tunisie, mais les organisations de défense des droits de l’homme critiquent fréquemment le musellement de la presse par le gouvernement, l’emprisonnement de dissidents et les contraintes pesant sur la vie politique tunisienne.
Les dirigeants de sept partis politiques légaux mais non autorisés par le gouvernement ont déclaré avoir tenté de présenter environ 200 candidats sous la bannière de l’Alliance démocratique pour la citoyenneté, mais les autorités les en ont empêchés au moyen de menaces, de tentatives de corruption et d’intimidations.
AUCUNE SURPRISE
Selon une source gouvernementale contactée par Reuters, "ces accusations (formulées par l’opposition) sont fausses et dénuées de fondement". D’après elle, les autorités ont rejeté les listes de candidats présentées par plusieurs partis politiques parce qu’elles ne remplissaient pas certaines conditions fixées par la loi.
"Les élections municipales n’ont pas de signification réelle pour les partis politiques et les citoyens de ce pays", a déclaré à Reuters Nedjib Chebbi, président du Parti démocratique progressiste, d’opposition. Son parti est membre de l’ADC.
D’autres chefs de file de l’opposition ont tenu des propos similaires.
Selon le politologue Slah Djorchi, le scrutin de dimanche ne recèlera aucune surprise.
"Les citoyens, les candidats et les hommes politiques connaissent d’avance le résultat des élections. Tout, dans ce scrutin, est joué d’avance, et jusqu’au plus petit détail", assure-t-il.
Le Renouveau, organe de presse du RCD, écrit vendredi dans un éditorial que ce "vote va, sans aucun doute, faire avancer le pays sur la voie d’une démocratie pluraliste".
Un influent politologue qui a souhaité conserver l’anonymat a déclaré pour sa part que ces élections allaient "faire apparaître la Tunisie comme un pays qui résiste au processus de réformes en cours dans le monde arabe".
Quatre formations d’opposition légales - le Mouvement des socialistes démocrates, le Parti de l’unité populaire, l’Union démocratique unioniste et le Parti social libéral - se présentent face au RCD, mais d’autres chefs de file de l’opposition leur reprochent d’être trop proches du gouvernement.
Les bureaux de vote ouvriront leurs portes dimanche à 08H00 (06h00 GMT) pour accueillir les plus de quatre millions d’électeurs inscrits - sur dix millions d’habitants - et fermeront à 18h00 (16h00 GMT).
Les résultats sont attendus dans la nuit de dimanche à lundi. |