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Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
33 rue Mokhtar Atya, Tunis
Tel : 71 256 647, Fax : 71 354 984
Tunis, le 16 mai 2005
1) Hamadi Jebali, journaliste et prisonnier politique, a été transféré de la prison civile de Sfax à la prison civile de Mehdia et placé dans un cachot exigu dans le pavillon d’isolement, en compagnie de trois autres prisonniers politiques.
Le militant Hamadi Jebali purge une peine de seize ans d’emprisonnement à la suite de son procès dans l’affaire 76110 devant le tribunal militaire de Tunis en 1992. Lors de son maintien en isolement le journaliste Hamadi Jebali avait été privé du plus élémentaire matériel d’écriture et de lecture.
La famille du journaliste Hamadi Jebali a dit avoir été interdite de visite le 10 mai 2005 sans avoir reçu d’explication de la part de l’administration pénitentiaire, qui lui a retourné le couffin. Sa famille craint qu’il ne soit sujet à des abominations.
2) Le prisonnier politique Lamine Zidi, condamné à l’emprisonnement à perpétuité par le tribunal militaire de Tunis dans l’affaire 76110, a été transféré à la prison d’El Hawareb (gouvernorat de Kairouan) et placé en isolement avec un autre prisonnier dans une cellule minuscule dépourvue d’aération et d’éclairage Il était auparavant à la prison de Nadhor dans le pavillon d’isolement et il a été transféré vers un nouvel isolement, loin de sa famille qui habite à Tunis.
3) Mohammed Akrout, prisonnier politique, ex dirigeant de la Nahdha, a été transféré de la prison civile de Gabès à la prison civile de Sfax. Il est condamné à l’emprisonnement à perpétuité et il a été mis de nouveau à l’isolement.
4) Les prisonniers Lotfi Snoussi, Khaled Kawwach, Daniel Zarrouk, détenus dans la prison de sinistre réputation de Borj El Amri, ont été dans un cachot individuel exigu, dans l’aile d’isolement, doté d’un WC sans porte, consistant en un trou exhalant des odeurs nauséabondes qui infectent l’air de la pièce.
5) Les prisonniers politiques Mokdad Arbaoui et Ridha Saïdi ont été mis dans un cachot dans le pavillon d’isolement. Ils sont privés d’aération et d’éclairage, et de matériel de lecture et d’écriture.
6) L’administration de la prison a rassemblé Sahbi Atig, Mohieddine Ferjani et Mohammed Nejib Gharbi dans un seul cachot exigu, qui ne contenait qu’un prisonnier. Ce cachot n’est pas éclairé ni aéré, si ce n’est par la lucarne au dessus de la porte. Le soleil n’y pénêtre pas. Il n’a pas de fenêtres. Ce cachot est prévu pour un prisonnier. Ils y sont entassés dans un atmosphère irrespirable et nauséabonde et sont privés de leurs droits les plus élémentaires. L’administration a promis leur transfert vers une cellule plus vaste, mais il n’y a eu aucun changement depuis.
7) Le prisonnier politique Abdelmajid Ghidhaoui a été transféré de la prison d’El Hawareb à la prison de Nadhour à la suite de sa grève de la faim de vingt jours par laquelle il exigeait la fin de son isolement et la jouissance de ses droits de prisonnier garantis par la loi et les pactes internationaux.
8) L’administration de la prison civile du Kef redouble d’acharnement contre le prisonnier d’opinion Maitre Mohammed Abbou, avocat, membre de l’AISPP : Ses confrères avocats se sont vus interdire de lui rendre visite par un nouveau procédé qui consiste à leur délivrer une autorisation pour lui rendre visite à la prison civile de Tunis. Lorsqu’ils se rendent à cette dernière, l’administration les informe qu’il se trouve à la prison du Kef, et à la prison du Kef, ils ne peuvent lui rendre visite au motif que l’autorisation n’est valable que pour la prison de Tunis.
9) La famille du jeune Salim Ben Mohammed Habib, étudiant à l’institut national des ingénieurs de Sfax, originaire de la région d’El Alia à Bizerte, a informé que nombre d’agents de la police politique ont investi le 21 avril 2005 la maison où il habite avec d’autres étudiants. Ne le trouvant pas, ils ont arrêté un autre étudiant à sa place, ont fouillé la chambre et les affaires, saisi plusieurs CD. Ils l’ont finalement arrêté à onze heures du soir.
10) La famille du jeune Ahmed Chebbi, étudiant en troisième année dans une grande école de Radès, a informé qu’il avait été arrêté et détenu le 28 avril 2005 à huit heures du soir par un groupe d’agents de la Sûreté en civil.
11) L’AISPP a appris que le prisonnier d’opinion Abdellatif Bouhjila était en grève de la faim depuis le 18 avril 2005. Lorsque son père a voulu lui rendre visite le 10 mai, l’administration l’en a empêché sans fournir d’explication.
12) La famille du prisonnier politique Abderrazak Mazgarichou, détenu en isolement à la prison de Messaadine, a informé qu’il avait commencé une grève de la faim le 8 mai 2005, car l’administration n’avait pas tenu sa promesse de le faire soigner et de le rapprocher de sa famille qui habite à Tunis.
Monsieur Mazgarichou avait fait une grève de la faim du 6 mars au 3 avril 2005 après que le directeur de la prison lui ait promis de satisfaire à ses revendications et après qu’il ait été hospitalisé à trois reprises à l’hôpital Sohloul de Sousse à la suite d’une baisse de tension et d’hypoglycémie.
Le prisonnier d’opinion Abderrazak Mazgarichou, âgé de 47 ans, est marié et a trois enfants. Il est incarcéré depuis 1987 et il purge une peine d’emprisonnement à perpétuité.
13) Le prisonnier politique Lotfi Amdouni, détenu à la prison de Borj Er Roumi dans l’aile d’isolement,a suspendu le 10 mai 2005 sa grève de la faim, qui aura duré 43 jours. Sa santé s’est détériorée ; il a été transporté à l’hôpital de Bizerte où il a mis un terme à sa grève après avoir frôlé la mort et après que le directeur de la prison ait promis de trouver une solution.
Le prisonnier Lotfi Amdouni, âgé de 37 ans, est étudiant à la faculté de droit islamique et il est détenu depuis le début de l’année 1991. Il purge une peine de 48 ans à laquelle il a été condamné dans trois affaires pour les mêmes faits.
Pour l’AISPP
La secrétaire générale Saïda Akrami
(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT) |