Vous êtes ici : Accueil > Un peu d’Actu > Aucune nouvelle de Taoufik Hammami depuis le 14 juillet 2004

E-mag
Rubriques
Le Forum
Là où l’on cause
Les Clefs
Pour comprendre le site
Les Associations
La Galerie
A voir et à entendre
Chantier Démocratique
Pour la Liberté en Tunisie
Miscellaneous
En différé de Tunisie
Des Liens
Pour découvrir
Un peu d’Actu
Liberté, grèves, faim ...
Prisonniers d’opinion
Prisonniers de l’Injustice
17-07-2004
Aucune nouvelle de Taoufik Hammami depuis le 14 juillet 2004

Ci-dessous le texte de Lotfi hammami au sujet de l’enlèvement et de la détention au secret de son frère Taoufik Hammami. Ce texte date d’hier soir et ne comprend pas les derniers développements qu’aurait connu cette affaire ce matin.

Aucune nouvelle de Taoufik Hammami depuis mercredi 14 juillet 2004 17h30

Nous sommes sans nouvelles de mon frère, Taoufik Hammami, ainsi que de l’un de ses employés, depuis leur enlèvement par la police mercredi dernier à 17h30 à Ben Arous. Selon un ami de Taoufik, présent sur les lieux au moment de l’arrestation, quatre personnes sont descendues d’une voiture de type chamade et se sont adressé à Taoufik et son employé leur intimant l’ordre de les suivre. Lorsque Taoufik a refusé d’obtempérer exigeant de ces inconnus de décliner leur identité, ces derniers se sont armés de bâtons qu’ils ont récupérés dans la voiture pour menacer les deux hommes et les immobiliser en pleine rue, avant d’appeler des renforts policiers. Quelques temps après, des policiers en uniforme sont arrivés pour aider les quatre agents en civil de la police politique à embarquer Taoufik et son compagnon.

Depuis, nous sommes sans nouvelles des deux hommes !!

Maître Hédi Hammami a saisi aujourd’hui le procureur de la République de Ben Arous pour demander des nouvelles des deux hommes. Le même jour, maître Mondher Charni a adressé une lettre au ministre de l’Intérieur. Jusqu’à la rédaction de ce texte, ils n’ont reçu aucune réponse.

Taoufik et son employé sont victimes d’enlèvement et de détention au secret, ils risquent sérieusement de subir la torture et les mauvais traitements dont la police tunisienne est coutumière.

Déjà, le 16 juin dernier, alors qu’ils étaient en déplacement professionnel à la ville de Béja, les deux hommes ont été arrêtés par la police de Béja qui les a livrés à la police politique de la ville. Au cours de cette arrestation qui a duré de 8h30 à 22h00, Taoufik Hammami a subi un long interrogatoire. La police lui a demandé si Hamma Hammami avait assisté à Testour aux funérailles d’une proche récemment décédée. Il a été ensuite interrogé sur le lieu où se cachait Hamma Hammami entre 1998 et 2002.

Au début du mois de juin, mon frère Taoufik a déposé une demande de passeport qui est restée sans suite. En effet, ces dernières semaines, à chaque fois qu’il s’est présenté au district de police de Sijoumi pour réclamer son passeport, la police lui a signifié que son titre de voyage n’est pas encore prêt.

Taoufik s’est adressé récemment à maître Mokhtar Trifi, président de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’Homme (LTDH), pour lui faire part de l’acharnement policier dont il est victime. Il a remis à la LTDH un témoignage dans lequel, il s’est plaint de son arrestation, du refus des autorités de lui délivrer son passeport et de la surveillance dont il fait l’objet ces derniers temps.

Tout au long des années 90 Taoufik a été victime de plusieurs arrestations et subi la torture.

Il a été arrêté la première fois le 13 mars 1992 par la police politique d’El-Omrane pour distribution de tracts susceptibles de troubler l’ordre public (affaire du PCOT Tunis 1992). Lors de cette arrestation, il a été sauvagement torturé et détenu au secret pendant 21 jours. Ses avocats ont observé des traces de torture apparentes sur son corps, leur demande d’expertise médicale pour constater les traces de la torture qu’il a subie a été rejetée. Dans le cadre de cette affaire, nous étions trois frères arrêtées : Taoufik, Abdelwahab et moi même, Lotfi Hammami. Ce n’est que grâce à la large campagne de solidarité nationale et internationale que certains prévenus dans cette affaire, parmi lesquels Taoufik, ont vu les charges qui pèsent à leur encontre provisoirement suspendues.

Il a été arrêté de nouveau le 11 août 1996 à sa sortie du bureau de maître Radhia Nasraoui. Il a été conduit au district de Sijoumi, où la police l’a interrogé sur l’objet de sa visite au cabinet de maître Radhia Nasraoui et sur l’affaire de 1992. il a passé deux jours en détention, mais aucune poursuite n’a été engagée à son encontre.

Le 19 février 1998, j’ai été arrêté dans le cadre de l’affaire du PCOT de 1998. Quelques jours après, Taoufik a été arrêté au centre de détention de Bouchoucha et interrogé sur mes activités. Il a été relâché le jour même.

Entre 1998 et 2002 mon frère a fait l’objet d’une surveillance policière permanente, sans parler des intimidations policières exercées contre ses employés. D’autre part, depuis trois ans, Taoufik qui est gérant d’une société de télécommunications, accède rarement aux marchés publics dépendant du ministère des Transports et des Télécommunications. Depuis environ une année, il n’a obtenu aucun marché.

Par ce récit, je souhaite attirer l’attention de l’opinion publique nationale et internationale sur la situation de mon frère et leur demander d’exiger des autorités l’arrêt de sa détention arbitraire et les tenir pour responsables de toute atteinte à son intégrité physique.

Fait à Paris, le 16 juillet 2004

Lotfi Hammami Doctorant en philosophie et ancien détenu politique Frère de Taoufik Hammami

P.S. Taoufik Hammami, né le 5 mai 1973 à Bouârada, est gérant d’une société de télécom.

A voir en ligne : Liste Maghreb-ddh
Taoufik Hammami
20-07-2004 : Taoufik Hammami et Mohamed Hédi Dougui devant l’instruction


TUNeZINE.com est enregistré chez gandi et hébergé par GlobeNet
CopyLeft TUNeZINE 2001-2004