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Sur l’avis de juristes avisés et après concertation avec ses camarades, Lotfi Hajji, le Président du Syndicat des Journalistes Tunisiens, a refusé de se rendre à la convocation de la police au "District du 20 Mars" à Tunis.
La convocation ne portait pas de motif et demandait à l’intéressé de se présenter à 17h00, heure locale, en dehors de l’horaire légal. La Tunisie vit selon un rythme de séance unique estivale durant les deux mois d’été. Les établissements administratifs, y compris les postes et districts de police, doivent respecter cet horaire. Légaliste, militant respectable et cadre de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH), Lotfi se rendra demain Mercredi 24 août 2005 au matin. Lotfi Hajji aura besoin de notre vigilance et surtout de notre soutien.
Impuissant face aux agissements de plus en plus inquiétants de ses prpres clans et sous clans, le régime du Général Président veut donner le coup d’envoi à la rentrée politique par un geste "fort", d’une main "forte", à l’endroit de l’opposition.
Face à lui, les corporations professionnelles s’organisent et donnent vie à la société civile tunisienne. Avec les Magistrats et les Avocats, les Journalistes tunisiens sont aujourd’hui la cible première des agissements d’un régime irrespectueux de la Loi et du Droit International du Travail, après avoir largement bafoué celui des Droits de l’Homme.
Lotfi, Mahmoud, Amel, Mohamed et leurs pairs viennent de différents médias, de différentes régions du pays, de différentes générations. Ils n’ont pas la même conception philosophique de l’existence, mais ils savent comment résister et défendre leur profession.
Aidons-les à recouvrir leurs droits pour qu’ils puissent nous libérer de cette asphyxie étouffante d’une presse décadente et d’un autre age.
"Une presse libre représente les poumons par lesquels respirent une société".
Paris, le 23 août 2005
Abdel Wahab Hani |