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17-11-2005
Bulletin d’informations sur les prisonniers politiques (AISPP)

Sauvez la vie de Mohammed Abbou
Sauvez la vie des prisonniers politiques
Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis
Tel : 71 340 860
Fax : 71 351 831

Tunis, le 16 novembre 2005

Communiqué

Nous avons appris de madame Norma, épouse du prisonnier politique Moncef Ouerghi, que son fils Abderrahmane Ouerghi (étudiant, 21 ans) avait été convoqué par l’un des services relevant du ministère de l’Intérieur le 14 novembre 2005 et avait été retenu de 18 h à 21 h, qu’il avait été soumis à une torture sauvage, perpétrée avec le souci de ne laisser aucune trace visible, puis qu’il avait été relâché dans un état pitoyable l’ayant obligé à consulter un médecin. La famille du prisonnier politique Moncef Ouerghi est en butte à des persécutions et des pressions incessantes qui sèment la crainte chez ses membres. Cela a eu des répercussions sur leurs études. Ainsi, les persécutions dont a été victime Abdelaziz, le fils du prisonnier politique Moncef Ouerghi (17 ans) : la brigade des renseignements lui a envoyé une convocation pour une affaire importante. Il s’est rendu au ministère de l’Intérieur où il eut la surprise d’apprendre qu’il s’agissait d’une discussion relative aux mandats postaux envoyés par les proches de la famille résidant en Malaisie. On le fit choisir entre la réception des mandats et la libération de son père emprisonné. Tout cela n’était qu’une mauvaise plaisanterie et une provocation dans la mesure où cette famille a perdu son seul soutien, emmuré depuis quatorze ans. La famille se compose de la mère, de nationalité malaise, et de neuf enfants.

Madame Sihem Najjar et sa fille Belkis Zarrouk (16 ans) poursuivent leur grève de la faim entamée le 6 novembre pour exiger la libération du prisonnier politique Hatem Zarrouk, détenu à la prison du 9 avril à Tunis où il effectue une peine de six ans d’emprisonnement.

L’AISPP a appris que le prisonnier politique Mahmoud Balti, détenu à la prison du 9 avril, avait suspendu sa grève de la faim commencée le 8 octobre 2005, sur ordre du médecin de santé publique, suite à une perte de conscience et une crise cardiaque ayant failli le tuer. Le prisonnier Mahmoud Balti effectue une peine de 36 ans d’emprisonnement à la suite de procès en série n’ayant pas permis la jonction entre les affaires.

L’AISPP a appris que le prisonnier politique Lotfi Snoussi en grève de la faim depuis le 5 novembre 2005 à la prison de Borj El Amri, avait vu sa santé se détériorer brutalement suite à une dilatation cardiaque.

L’AISPP a appris que le prisonnier d’opinion Abdellatif Bouhjila est en grève de la faim depuis juillet 2005, et qu’il est régulièrement contraint par l’administration de la prison d’ingurgiter du lait, mais qu’il reprend ensuite la grève, et qu’il refuse de recevoir son couffin depuis trois mois.

La famille du prisonnier politique Chedly Mahfoudh a dit l’avoir vu le 10 novembre à 16 heures, porté par des détenus. A travers la discussion qu’ils ont eue avec lui, il s’est avéré qu’il était en grève de la faim et qu’il allait mal ; il refuse de recevoir le couffin.

La famille du prisonnier politique Taoufik Fatnassi a pu lui rendre visite au terme d’une longue attente de plus de deux heures. Le prisonnier ne pouvait ni marcher, ni se tenir debout. Il est resté assis tout le temps de la visite. Un mur et des fils de fer séparent le prisonnier de la personne qui lui rend visite.

Les familles des prisonniers Dhafer Zlazi, Nacer Bel Hajj Salah, Ali Chniter et Abdennabi Berrabah, détenus à la prison de Borj Er Roumi, ont dit que leurs fils incarcérés étaient en grève de la faim depuis le 8 novembre 2005 pour que leurs affaires soient réexaminées et qu’ils soient libérés, d’autant qu’ils ont déjà effectué quinze ans d’emprisonnement.

Monsieur Mokhtar Arbaoui, père du prisonnier politique Noureddine Arbaoui, est venu au local de l’AISPP pour nous informer que son fils détenu à la prison de Mehdia est en grève de la faim depuis le 4 novembre 2005 et qu’il refuse le couffin. Il nous a dit aussi que son beau-frère, Mohammed Mokdad Arbaoui, prisonnier politique détenu à Borj El Amri, est en grève de la faim depuis le 20 septembre 2005 et qu’il est dans un état critique.

Toutes les familles qui ont rendu visite à des prisonniers à l’occasion de l’Aïd ou pour s’assurer de l’état des grévistes de la faim sont unanimes pour dire que les visites sont insupportables : quatre gardiens préposés à l’enregistrement sont préposés par visiteur, pour que les nouvelles de la grève ne s’ébruitent pas.

La secrétaire générale

Maître Saïda Akremi

(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT)



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