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14-08-2004
Dégradation de l’état de santé du prisonnier politique Naoufel Boulaabi

Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques

33 rue Mokhtar Atya, Tunis

Tel : 71 25 66 47, fax : 71 35 49 84

aispptunisie@yahoo.fr

Président d’honneur : le doyen Mohammed Chakroun

Communiqué

Tunis, le 14 août 2004

Dégradation de l’état de santé du prisonnier politique Naoufel Boulaabi

Sa famille se voit interdire de lui rendre visite

L’AISPP a appris que l’état de santé de monsieur Naoufel Boulaabi, condamné à dix-sept ans et six mois d’emprisonnement pour appartenance à une association non reconnue, se dégradait de jour en jour, en raison de la négligence et du refus de lui prodiguer des soins.

Naoufel Boulaabi est détenu depuis près de quatorze ans (A l’époque il était lycéen, en septième année secondaire et n’avait que dix-neuf ans. C’était un aficionado de judo, qui avait collectionné les ceintures et les médailles),

Tout au long de son incarcération, il est passé par les prisons du Kef et de Bizerte, où son état de santé a empiré à cause des pénibles conditions de détention et les mauvais traitements. Il a commencé à souffrir de plusieurs affections, dont l’asthme et de sa fracture au genou due à la torture.

Pendant ces cinq années à la prison de Bizerte, il a demandé une opération au genou, en vain. Il ne pouvait alors plus marcher et cette situation a perduré jusqu’à son transfert à la prison de Kasserine où son état de santé s’est aggravé à cause de l’inflammation des os au niveau des lésions. Il est resté alité huit mois sans pouvoir remuer la jambe. Toutes ses demandes d’intervention sont restées lettre morte. Sa mère a cherché du secours auprès des ONG de défense des droits de l’homme : finalement une intervention a été pratiquée sur sa jambe droite. Mais celle-ci est arrivée trop tard. Elle n’a pas eu le succès escompté et Naoufel Boulaabi souffre toujours jusqu’à heure actuelle.

A la suite de son opération à l’hôpital de Sfax, le prisonnier est resté à la prison de Sfax jusqu’au milieu de l’année 2004. Il a alors été transféré à la prison de Siliana. Suite à plusieurs demandes et des contacts avec des ONG de défense des droits de l’homme, dont l’AISPP, il a été transféré à la prison de Tunis le 28 juin 2004. Une seconde intervention devait être pratiquée sur sa jambe gauche, atteinte, elle aussi. Pourtant, au bout de quinze jours, il a été reconduit à la prison de Siliana, sans avoir subi d’intervention.

Sa mère s’est rendue à la prison de Siliana le 23 juillet 2004 pour lui rendre visite mais elle s’en est vue empêcher par l’administration pénitentiaire au motif que son fils refusait les visites, ni plus ni moins... Sa mère, une femme âgée souffrant de diverses affections, a refait plusieurs tentatives auprès de l’administration, mais elle n’a pu le voir ni connaître les raisons de l’interdiction de la visite.

Une semaine plus tard, soit le 30 juillet, le même scénario s’est répété avec refus et prétextes identiques.

L’AISPP exprime son inquiétude pour la santé du prisonnier politique Naoufel Boulaabi et la dégradation des conditions sanitaires dans les prisons en général. Elle demande instamment aux autorités concernées de lui faire prodiguer des soins et de permettre à sa famille de lui rendre visite, ce qui la rassurerait sur son état.

Pour l’association

Le président

Maître Mohammed Nouri

(Traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

Naoufel Boulaabi


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