Lettre d’amour
Tunis, le 7 novembre 2003
Cher Zine El Abidine,
Il est temps, me semble-t-il, de parler de choses sérieuses et d’oublier un peu ces maudites élections qui te tourmentent tant.
Nous nous rencontrons régulièrement, mais pourquoi ?
Simplement pour le plaisir de nous retrouver au palais de Carthage, à Hammamet ou avec des crétins que nous connaissons tous les deux et donc un peu par hasard ? Ou bien plutôt pour être ensemble et en tête-à-tête ?
Je te pose la question, mais je devrais y répondre aussi !
Quand le hasard multiplie les coïncidences, il n’est plus du tout à fait du hasard, me semble-t-il... Tu le savais peut-être déjà, mais autant te l’avouer...
Je t’aime Zino !
Je suis à tel point amoureux de toi que je suis prêt à te suivre en prison, au cimetière et même en enfer.
Voilà... Les choses seront sans doute plus claires désormais. Si tu souhaites m’éviter, tu sais que cela sera impossible.
Je pense que je saurai très rapidement si tu partages les mêmes sensations que moi ou s’il s’agissait d’un caprice que tu regrettes déjà.
Je t’embrasse passionnément, comme d’habitude, en attendant que peut-être tu m’autorises davantage...
Ton adulateur Moon,
Mounir Beji
Partouzes Sans Limites
Note de bas de page : Mail intercepté par un cyberdissident anonyme.