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13-10-2004
Communiqué de la LTDH : Grève de la faim du prisonnier Ali Neffati

Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme
Section de Bizerte
Avenue Farhat Hached,
7001 Bizerte
Tel : 72 435 440

Bizerte, le 10 octobre 2004

La section de Bizerte le LTDH porte à la connaissance de l’opinion publique nationale que le prisonnier politique Ali Ben Mohammed Neffati, originaire de Menzel Jemil est en grève de la faim depuis la fin du mois de septembre dernier à la prison de Nadhor (Bizerte). Ce prisonnier, condamné à vingt un ans d’emprisonnement en 1995 (dans l’affaire 3782/1, une affaire d’appartenance au parti interdit de la Nahdha, a été transporté à l’hôpital régional de Bizerte. Ni sa famille, ni la section de la Ligue n’ont pu connaître les raisons invoquées par l’administration de la prison de Nadhor pour l’hospitaliser, sa famille n’a pu jusqu’à ce jour lui rendre visite.

La grève du prisonnier Ali Neffati fait suite au refus de l’administration pénitentiaire de l’autoriser à contracter de nouveau un mariage avec son épouse Kaoukab Arifa que la Sûreté avait contrainte à divorcer lors de l’ incarcération de son mari. La section de la Ligue indique que madame Kaoukab Arifa a été menacée par trois éléments de la Sûreté (Mourad Abidi, Belgacem Rezgui et Habib Ajimi) d’agression sexuelle et d’accusation d’adultère si elle refusait de divorcer !!

Le résultat concret de ce divorce forcé, imposé par une logique tyrannique, en a été qu’elle fut privée de lui rendre visite en prison. La situation s’est compliquée aussi pour ses enfants, démunis matériellement à la suite de l’incarcération de leur père et du fait de l’acharnement de l’administration générale des prisons et de la rééducation à le ballotter en permanence de prison en prison : Prison civile de Bizerte, Médenine, El Haouareb, Sousse, 9 avril, Borj El Amri, Monastir, Sidi Bouzid, Le Kef, Nadhor, etc..)

L’action du prisonnier politique Ali Neffati vise aussi à protester contre ses conditions d’incarcération à la prison de Nadhor, entre autres. La section de la Ligue souligne l’aggravation effrayante du phénomène de surpopulation carcérale, puisqu’il a pu y atteindre 107 prisonniers dans une cellule de 15 lits.

La LTDH reprend à son compte les revendications du prisonnier politique Ali Neffati et exprime son entière solidarité avec lui et ses pairs.

Elle appelle le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, l’administration des prisons et de la rééducation à permettre au prisonnier de se remarier afin que son épouse puisse lui rendre visite.

Elle appelle la dite administration à traiter immédiatement le problème de la surpopulation carcérale, à respecter le droit à la santé des prisonniers, garanti par la loi tunisienne et l’ensemble des conventions internationales que nous devons appliquer.

La section de Bizerte dénonce le mutisme de l’administration de la prison de Nadhor face à la recrudescence des cas de diarrhée, de perte de connaissance ou d’asthme l’été dernier, dus à la forte chaleur, au manque d’aération et d’eau, toutes circonstances que l’administration a rendues insupportables.

Elle demande au pouvoir de promulguer immédiatement une amnistie générale et le rend responsable devant l’histoire de sauver les prisonniers politiques de la mort lente.

Pour le comité de section

Le président
Ali Ben Salem

(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT)

Ali Neffati
2004-10-11 : بنزرت : سجين الرأي علي النفاتي ينقل للمستشفى وهو مضرب عن الطعام


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