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Bonne lecture !
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Dédicace du réalisateur | |
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Ce film est dédié à Sophie ; cette jeune fille qui se tient debout encore et encore sans relâche, ce film est pour elle, pour l'encourager et tenir ses mains. Ton combat est noble, à la noblesse de ton amour. Ce n'est pas uniquement Sophie qui attend le rédacteur en chef, mais beaucoup de femmes en Tunisie et partout dans le monde attendent la sortie de prisons de leurs maris et leurs enfants qui sont emprisonnés parce qu'ils ont osé de parler la langue de la liberté et la dignité. Ce film est pour eux. Ce film est dédié à Omar Khayyâm, ce grand journaliste qui m'a donné le goût de lire. C'est lui qui est le plus proche et parmi les premiers journalistes qui ont supporté le rédacteur en chef. Ce grand homme, de grand calibre, mérite d'être un héros. Je veux que les jeunes tunisiens puissent s'identifier à lui. Tunezine a démontré, que les Tunisiens ne sont pas des lâches et que la Tunisie n'est pas stérile. Alors que nos principes et nos valeurs ont totalement disparus dans le cinéma tunisien, voilà que Omar Khayyâm vous donne une leçon de sacrifice et une autre d'amitié et de rjoulia. Merci OK d'être avec nous dans ce film. Ce film est dédié à Tarek Ibn Zied, Ce célèbre poète de nuit, qui n'a jamais laissé tomber la cause des hommes libres. Avec ces articles et ses poèmes bien écrits, il m'a donné la chance de découvrir le vrai visage de mon pays. Un internaute m'a envoyé un message pour me dire que mon film lui fait découvrir la Tunisie, je lui dis que c'est moi, qui vient de découvrir un nouveau peuple. Toute la magie est initiée par le rédacteur en chef, celui qui est derrière les barreaux. Alors que Kacem, TIZ et Omar ne sont que des hommes, qui ont compris qu'avec une main unique, on ne peut pas applaudir. Un peuple doit être libre, pour que la création ait un sens, plutôt, la création est un dérivé de la liberté. L'art n'est vrai, que s'il est issu de la rue. La rue est un lieu de souffrance, de rire, de rêve de tout un peuple. Nous ne devions pas perde le goût. Nous devrions savoir choisir en premier lieu. Merci TIZ d'être avec nous dans ce film. Ce film est dédié au juge des juges ; oui monsieur le juge, si la justice n'est plus fonctionnelle, alors on peut la créer dans l'imaginaire, donc créer un espoir, donc une raison de vivre. Le réalisateur du fameux dessin animé (tintin) a été sur la lune, avant même, que les Russes ou les Américains y rêvent. Ce film est un rêve, un jour il deviendra réel. A toute votre famille, je dis de ne pas perdre espoir. La Tunisie retrouvera la raison, pour ne plus écraser sa jeunesse. Que la raison et la justice règnent sur la terre de notre chère patrie. Ce film est dédié à Chams, cette rare encyclopédie tunisienne, à Mqas le fameux journaliste allemand, à Hasni, à Angelica, à Sissi, et à tous les forumiers dont le nombre augmente jour par jour. Parmi eux, je n'oublie pas ceux que le forum Tunezine dérange. Je veux leur dire aussi, que sans eux le forum devient pauvre, la Tunisie a besoin des idées différentes. Nous devons être différents pour pouvoir avancer. Dire non pour le simple non est un acte destructeur. Nous avons besoin d'un "non" constructeur. | |
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Kacem |
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L'Opération KATIZOKa Il y a déjà 20 ans que je suis hors du pays ; je n'ai plus votre passeport vert, je n'ai plus votre carte d'identité et je n'ai plus votre vision du monde. | |
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Peut-être que je suis totalement déphasé. Franchement je ne me rappelle plus de rien. C'est ma femme Zinab qui veut retourner chez elle, montrer son fils à sa mère et son père ; je vois... quel héros a-t-elle eu ? Oui, Kaïs veut lui aussi voir le pays de ses parents, alors qu'il est totalement hors jeu. Tous les deux m'ont convaincu qu'il faut visiter le pays, même si ce n'est que pour deux semaines ; se reposer un petit peu ; parler avec mes amis de classe s'ils existent encore. Je leur ai dit que pour moi, je porte la Tunisie entre mes côtes jour et nuit et qu'elle est vivante avec moi ; j'aime mon pays, mais je n'aime pas le voir nu, souffrant et maltraité, ma terre enceinte d'un singe. Enfin je n'arrive plus à supporter la pression de ma femme et celle de mon fils. Cette pression dépasse de loin mes convictions et mes principes, elle m'a fait oublier mes blessures si profondes. Et comme ça, nous avons décidé d'aller chez nous, de rentrer tout simplement en Tunisie. Zinab ne sait pas que je suis social-démocrate et que je suis en train d'écrire ma République et concevoir ses infrastructures. Elle me pose quelques questions concernant les problématiques du voyage, mais elle ne s'attend pas à un vrai discours. Elle m'a toujours demandé de ne pas parler et de rien dire au café avec les amis, surtout concernant la politique et la critique du pouvoir. J'ai toujours dit oui ; je n'aime pas être en conflit avec elle ; je respecte son point du vue, mais pas au point de fermer ma bouche Quelques fois, quand je prends quelques bières, j'explose, et surtout à la question : "Tu étais où ?" Cette question là me fait trop mal, comme si j'étais encore mineur, alors que je suis de 5 ans plus âgé que Zinab. Moi aussi je commence à réfléchir au voyage, je commence à voir les visages, à me rappeler mes amis, à me rappeler mes meilleurs jours sur la plage avec une fille suisse, c'est très loin, quand j'avais presque 17 ans. Pourquoi pas, je suis tunisien pur et dur, et je dois aller voir mes oliviers quand même, ceux que mon père m'a donné en héritage. Comment voyager en Tunisie alors que je suis démocrate, toutes les polices de la Tunisie connaissent Kacem par cur. Mon nom est affiché à toutes les frontières. A l'aéroport de Carthage je serais arrêté ; ma place sera à coté de Zouhair. La nuit je ne dors plus ; Zinab ne sait pas, Kaïs non plus. Je me dis que peut-être, ils seront gentils avec moi, quoi, Kacem un simple citoyen qui écrit des scénarios en mauvais français... Non, non, ils ne m'arrêteront pas, tous les Tunisiens écrivent et parlent librement, pourquoi suis-je comme ça ? Non, non, ils ne vont pas arriver au stade d'arrêter quelqu'un qui n'a rien fait de mal, un simple mauvais artiste non reconnu. Non, non je crois pas qu'ils vont m'arrêter à l'aéroport... merde ; je ne dors plus et j'ai eu peur de dire tout ça à Zinab. Comment savoir si je suis fiché ou non ? Peut-être qu'ils me cherchent partout dans le monde et même sur tous les sites Internet. Je dois demander de l'aide à des amis, pour m'expliquer la situation et leur point de vue. Tous mes amis me disent que c'est la plus grande aventure que je puisse vivre et que "Attention, tu es visé". Un ami très proche m'explique qu'ils contrôlent tous les opposants dans le monde entier. Moi-même je me demande pourquoi on n'aime pas les opposants chez nous ? Ces opposants ont le droit d'être, ont le droit d'exister et respirer l'air de leur pays. Un opposant n'est pas un ennemi du peuple, mais non... voilà où se trouve la perte elle-même de toutes les guerres, c'est la racine de notre perte et de notre haine, nous devons nous vaincre nous-même avant tout. Les seules contraintes sont la liberté et la dignité : un peuple non libre et non digne ne peut pas vaincre. Un atome existe à cause de deux charges opposées. Sommes-nous contre la nature alors ? Je dis tout simplement oui, nous sommes contre la nature du développement normal de notre peuple. Impossible de parler avec Zinab de ce problème. Elle sera traumatisée et décidera de ne pas voyager, alors qu'elle a commencé à acheter les cadeaux pour toute la famille ; je n'ai jamais vu ma femme si heureuse et si claire comme ces jours-ci, pendant la préparation de notre voyage. Kaïs est aussi heureux, il comprend bien qu'il est Tunisien, ce pays qu'il n'a jamais vu et qu'il rêve toute la nuit. Le matin il dessine la carte de Jerba en détail, alors que la carte de toute la Tunisie est collée sur le mur de sa chambre ; je l'ai vu même voyager avec sa petite voiture rouge sur tous les territoires ; il m'a dit qu'il était au Sahara et qu'il voulait voir Ksar Guilan et les palmeraies de Douz. Non je ne peux pas faire ça ; j'ai peur pour eux et pour moi ; ils doivent voyager et moi, je reste. Zinab n'a jamais voyagé seule et ne me laissera pas seul ici. Cette joie du voyage est plus grande que cette maison, ces instants sont les plus chauds, dans la vie de ma femme et de mon fils. Pas question que je laisse tomber ces nobles sentiments, pas question que je les oblige à rester avec moi, pas question de leur briser la joie de leur pays. Ces yeux me donnent le courage d'écrire et de voyager moi aussi. Leurs yeux ne me laissent plus dormir comme d'habitude ; je commence à ne plus avoir peur. Je ne veux pas que mon fils soit privé de cette joie ; je veux lui faire visiter toute la Tunisie ; je veux faire de ses rêves une réalité. Les polices doivent me comprendre ; je suis revenu pour mon fils et ma femme ; ma mission est simple : je veux leur dire que j'ai rien à écrire sur leurs territoires et de ne pas parler avec mes amis. Je suis sûr que je trouve quelqu'un qui comprend dans quelle situation je suis. Evidemment tout ceci n'est pas vrai, je suis tombé malade comme un chien ; Zinab commence à remarquer que je suis perturbé ; une nuit elle me dit qu'il faut acheter les billets d'avions. Je prends ma tête entre mes mains, je glisse mon corps sur le lit pour descendre dormir par terre. Zinab a eu peur, elle me secourt avec un verre d'eau. "Tu es malade chéri ?" "Non Zinab... je veux dormir par terre cette nuit ; j'ai mal au dos à cause du lit..." Voilà un autre film dans ce film : je m'assoie tranquillement par terre, alors que Zinab m'écoute attentivement ; Zinab ne sait pas que son mari est Kacem. Il est déjà 2h de matin quand j'ai voulu raconter ce nouveau film à ma femme : "Un jour Kacem décide de rentrer au pays ; mais il a eu peur d'être arrêté, pour la simple raison qu'il se sent accusé de sa naissance. Oui Zinab, ce régime a fait de tout le monde des flics, alors tu te sens toujours poursuivi, comme si quelqu'un se trouvait à coté de toi, pour te dénoncer et de te mettre en prison. Comme ça oui ! Ce régime a fait propager la peur et la méfiance, tellement que tout le monde a perdu confiance en soi-même. A son arrivé à l'aéroport et avant même de présenter son passeport au policier derrière les ordinateurs, il a vu des hommes habillés en costume, ce sont des inspecteurs du ministère de l'intérieur. Ces hommes commencent à appeler quelques voyageurs de leurs index, le voyageur qui s'approche ayant son passeport en main le passe à l'inspecteur, qui lui demande de le suivre sans passer par les frontières ; ces voyageurs ont disparu à jamais et surtout ceux d'entre eux qui ont des barbiches, même petites ; les moustachus quant à eux, ils sont invités par d'autres policiers... Autrement dit dans cette salle seules les femmes sans voile passent, et les petits enfants " Zinab a les yeux ouverts et me demande de me raser de près à 5h de matin. Ma femme a peur avant même d'arriver et sur son propre lit. Merde, merde... qu'est-ce vous avez fait de nous ! Je n'ai pas voulu terminer le film à Zinab, parce que je n'ai pas voulu qu'elle me soupçonne. Donc laissons tomber ce film et revenons au nôtre. (...) | |
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Kacem |
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Un voyage initiatique | |
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La première fois où jai lu ce texte, jai eu de drôles dimpressions. La plus forte fut celle davoir le sentiment dêtre dans laction, daccompagner les amis dans ce périple. Jai lu le texte et pris beaucoup de notes dessus. Ce nétait pas une manière de procéder pour savoir ce qui avait pu me marquer dans ce texte. Avec le recul, je nai plus les mots en tête, juste les impressions.
Aujourdhui encore, elles sont fortes. Jai vécu ce voyage comme un voyage initiatique. Ma première image na pas changé. Jai vu le périple de Ernesto Guevara quand il est parti dans le sud de largentine en moto à la découverte de son pays comme à la découverte de lui même. Jai vu la puissance et la force des sentiments. Lamitié indéfectible. Mais aussi le lot de tous les tunisiens qui pensent prendre des risques sérieux pour vivre libre : la peur et le danger. Jai vu les amis se serrer les coudes devant la difficulté. Jai senti aussi la sueur ruisselé quand jétais avec eux près du ravin. Je les ai entendu chanter, danser et amuser la galerie pour parvenir à leur fins. Jai vu des personnes différentes, qui dans dautres circonstances ne se seraient peut être jamais connues et qui sont aujourdhui de véritables compagnons de route. Jai souri aux mots autoritaires de Kacem et à ses ordres qui traduisent non pas un quelconque autoritarisme mais bien une volonté dy arriver, la persuasion davoir la vérité. Les mots de Kacem sont un révélateur de Kacem. On y sent la vie à vif, les sentiments à fleur de peau. On y partage les malaises et les angoisses. On vit avec Kacem la difficulté de relations personnelles. On est maladroit avec lui quand il parle aux femmes, on a peur quand on rentre en prison, on a envie de pleurer quand on parle à la mère de Zouhair. Mais jamais on ne doute. Nous ne sommes pas surs de réussir mais nous sommes surs dêtre sur le bon chemin et de faire ce que lon doit faire. La peur sestompe au fur et à mesure. La force revient. Ce texte nous met face à nos responsabilité de femme et dhomme libres. Il nous fait enrager de colère quand on se croit encore impuissant à agir ou à aider notre ami mais très vite, il nous révèle notre être. Notre solidarité, notre fraternité. Avec le recul, ce texte ma appris une chose importante. Nous ne sommes pas seuls. Nous sommes chacun à un bout du monde, isolé, avec nos peurs, nos manques, notre éloignement forcé ou volontaire mais nous sommes unis par un morceau de destin commun. Nous ne sommes plus des individus perdus mais bien les membres dun même groupe, dune même famille éprise de liberté et de volonté de vivre heureux. Je te remercie Kacem de mavoir permis dêtre privilégié en partageant ce morceau de vie, cette expédition à travers le désert des droits et des libertés pour au final nous retrouver tous ensemble. Je suis persuadé quun jour viendra où nous partagerons le même repas autour dune table. Je sais que ce jour là les mots voleront dans tous les sens, les rires et les pleurs se bousculeront, la musique sera forte et la joie immense. Ou bien nous partagerons ce repas en silence car nous naurons plus besoin de parler pour nous comprendre et vivre ensemble une nouvelle aventure et de loin la plus belle : une Tunisie libre et heureuse. | |
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Hasni |
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Le cinéma tunisien | |
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Le cinéma, qui connaît une vitalité assez extraordinaire, est devenu un véritable portrait de la société tunisienne, dans ses interrogations et ses contradictions. La Tunisie a servi de décor pour de nombreuses superproductions internationales dont la série des Star Wars - La Guerre des Etoiles de Georges Lucas. Anakin Skywalker est originaire de la planète Tatoueen, déformation du nom de Tataouine, dans le sud tunisien. Les scènes en question ont été tournées dans les maisons troglodytiques de Matmata et dans le désert près de Tozeur. Citons aussi, dans le désordre, un éventail disparate n'ayant pas grand chose à voir avec le pays : The english patient (Anthony Minghella), Raiders of the Lost Ark - Les Aventuriers de l'Arche Perdue (Steven Spielberg), Pirates (Roman Polanski), The Brian's life des Monty Python et Fort Saganne (Alain Corneau). Si "la Tunisie est le pays idéal pour filmer", selon Georges LUCAS, ce n'est pas uniquement pour la diversité de ses paysages mais aussi pour la compétence de ses techniciens, en l'occurrence ceux à qui CTV fais appel pour ses tournages. En effet, Cinéma télévision Vidéo Services a toujours compté sur des hommes dont le degré de technicité et de professionnalisme n'est plus à démonter : les diverses productions locales et étrangères des vingt dernière années ont permis à ces techniciens de se forger une expérience certaine et de forcer le respect des cinéastes les plus exigeants. La production cinématographique existait en Tunisie bien avant l'indépendance. Albert Scemama Chikly tourna plusieurs films muets, ainsi que Abdelaziz HASSINE et le français Georges Derocles qui réalisa notamment "Le fou de Kairouan" en 1939. Ce dernier créa les studios Africa qui produisirent des documentaires, puis les Actualités filmées "les Actualités Tunisiennes". Les studios Africa déménagèrent à Alger en 1954 et la réalisation des Actualités Tunisiennes fut reprise par une société tunisienne AI Ahd el Jadid (Les Temps Modernes) Cet intérêt pour le cinéma déboucha également sur la création de la Fédération Tunisienne des Ciné Clubs (FTCC) en 1949, la plus ancienne sur le Continent, qui contribua à développer la cinéphilie en Tunisie. Depuis cette date, la production des films dépendait essentiellement de la SATPEC (Société Anonyme Tunisienne de Production et d'Expansion cinématographique) créée en 1957 qui s'occupait de la gestion de presque toutes les branches d'activité du Cinéma. La configuration du contexte économique et politique ayant subi de profondes mutations, on assiste depuis les années 80 à une implication de plus en plus grande du secteur privé , entraînant ainsi la fermeture et la liquidation de la SATPEC actuellement remplacée par une Société mixte Carthage- Images pour la gestion des laboratoires cinématographiques. A mentionner également la création en I966, de la première édition des Journées Cinématographiques de Carthage (JCC). Trente quatre ans après sa création, le bilan des JCC , le plus ancien des festivals cinématographiques du Sud encore en activité, est jugé globalement positif. Tout en gardant sa double vocation arabe et africaine et en résistant au gigantisme et au star system, ce rendez- vous cinématographique a su conserver le juste équilibre entre le sens de la fête et l'exigence d'efficacité. A signaler également le renforcement du mouvement des cinéastes amateurs et l'organisation en 1964 de la première session du Festival International du film non professionnel de Kelibia, qui continue, depuis cette date à drainer un public de jeunes cinéastes de lus en plus important Enfin , le paysage cinématographique peut s'enorgueillir d'avoir un Musée du Cinéma, inauguré en octobre 1998 qui expose des collections rares d'appareils de projection, (certains datant du début du siècle) et de matériel cinématographique, véritables témoignages de l'ingéniosité de l'homme au service du cinéma LA PRODUCTION CINEMATOGRAPIQUE A PROPREMENT PARLERUN CINEMA D'AUTEUR POUR GRAND PUBLIC.Dix ans après la sortie du premier film de long métrage entièrement tunisien Al fajr (L'aube) de Omar Khlifi, réalisé en 1966, plusieurs festivals internationaux comme ceux de Cannes, de Venise ou de Berlin se disputaient déjà le privilège de présenter des titres comme "Soleil des Hyènes" de Ridha Béhi ou "Les Ambassadeurs" de Naceur Ktari ; la qualité de ces films leur valut d'être immédiatement achetés et diffusés par la télévision française, dont l'exemple sera suivi dès lors par plusieurs télévisions dans le monde. Depuis une dizaine d'années, le cinéma tunisien s'enorgueillit de détenir un record envié : celui de produire des films les plus primés de tout le monde arabe. On ne compte plus les hautes récompenses internationales rempotées entre autres par des films récents comme "Les Silences du palais" de Moufida Tlatli, "Halfaouine" de Férid Boughedir, "L'homme de cendres" de Nouri Bouzid, "Les baliseurs du désert" de Naceur Khémir, "L'ombre de la terre" de Taieb Louhichi, "Les hirondelles ne meurent pas à Jérusalem" de Ridha Béhi, etc. la qualité du cinéma Tunisien réside aussi dans l'extraordinaire adhésion et le soutien de son public local : Alors que dans d'autres cinématographies du Sud les films d'auteur et d'une façon générale les films d'expression reflétant les réalités sociales et cultuelles du pays sont boudés par le grand public qui leur préfère le cinéma d'évasion (hors de ces réalités) en Tunisie, c'est depuis une dizaine d'années le phénomène inverse apparemment lassé d'être trop souvent le consommateur passif des "images venues d'ailleurs", le public tunisien cinéphile et exigeant, témoigne d'une soif de ses propres images, si bien que le cinéma tunisien est devenu un cas presque unique de "cinéma d'auteur pour grand public". ************ Quelques liens sur le cinéma tunisien :
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TIZ |
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KATIZOKa, un script à réaliser. Vite ! ! ! | |
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Encore une fois, BRAVO ! ! ! Cher Kacem tu es un fleuve de générosité. Et je suis sûr qu'un jour viendra où ton talent explosera à la face de notre régime. Pour ta nouvelle réalisation, que du bonheur. Il est vrai qu'en première lecture on pourrait croire que tu es malade, voir fou. Mais contrairement aux gens qui vont lire en diagonale ton film et qui vont le survoler pour ensuite t'assaillir de leur critiques stupides, je me suis réellement amusé en lisant le script. Je ne te cache pas que je me suis interrogé un instant si j'ai tout compris tant il y a des clichés, des sous-entendus, des messages cachés. Je me suis même demandé si tout le monde va comprendre le sens de ton film mais il est tellement bien fait qu'on ne peut pas se tromper. Ensuite il y eu ton message par mail pour nous expliquer tes messages à travers ce film et là je me suis dit : pourquoi ? pourquoi Kacem tu veux nous expliquer ce que tu viens de faire ? Tu crois que ton travail est assez flou pour qu'on comprenne les subtilités ? Non Kacem, tu décris tellement bien les choses qu'on ne peut que comprendre. Nous partageons les mêmes valeurs, donc forcément on arrive à comprendre ta sensibilité et les transpositions que tu cherches à nous faire deviner. Bref, je pense que tu excelle dans l'art de la mise en scène et tu n'étais pas obligé de nous envoyé un texte décodé ;-) N'oublie pas qu'on est dans le même bateau :-) Sinon, pour le film j'ai bien aimé certaines scènes cocasses (comme l'arrivé en Tunisie, c'est tellement vrai) et puis d'autres dramatiques mais pleines de sens et chargé d'émotions. L'épisode des lapins est un leçon pour toute l'humanité ! L'intrigue en Tunisie est bien menée et tous les acteurs sont les dignes représentants de la société. Et oui, n'en déplaise à certains la Tunisie a été transformé ainsi. A qui la faute ? Au régime ou au peuple ? Certainement aux deux. Tu as eu bien raison de trouver une place pour les "darbakgias" dans ton film tant il représente la race majoritaire dans la faune tunisienne. Je laisse le soin aux lecteur de ton film d'apprécier, chacun à sa façon, la profondeur du rôle de chacun dans ce film. Mais on sent vraiment une recherche professionnelle dans la distribution et un sérieux, qui est le tien, dans l'interaction des différents personnages entre eux. Du grand Kacem ! Qu'est ce qu'on pourrait reprocher puisqu'il faut bien trouver quelque chose. Presque rien ! Peut être la répartition des temps entre les différentes parties du film. Comme pour le grand cinéma, tu donnes beaucoup de temps à l'introduction, suffisamment à la partie centrale et peu de temps à la fin. Dommage ! car la fin est une délivrance pour nous tous et j'aurai aimé que tu insistes un peu plus sur ces moments de joie. Car la Tunisie est malade aujourd'hui mais ce qui va nous unir demain ce sont ces moments de joie que tu sais si bien décrire. Bravo encore, et à quand la suite. | |
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TIZ |
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15 juin 2003
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La respiration | |
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Les films de Kacem ont toujours le rythme d'une respiration. Calme au début, celle dont on ne se rend même pas compte, trop pris à occuper sa pensée avec mille choses présentes et passées, avec mille doutes et interprétations. J'ai pu remarquer au fil des lectures, et ce film en est bien exemplaire, que les doutes sont balayés en quelques inspirations par l'action subite, comme de la poussière qu'on se serait amusé à regarder tournoyer un moment, avant de défaire le tourbillon d'un souffle. Si le tourbillon des doutes peut paraître fascinant un moment, à aucun moment il ne remet en question l'évidence de la justice, que l'action met en lumière le temps d'une respiration. Le rythme et la cadence des films de Kacem s'accélère au fur et à mesure que l'action prend de l'ampleur, on a le souffle coupé quand le danger offre une pause, on a le souffle court quand on avance avec ses héros, on ferme les yeux pour se poser avant de continuer à marcher quand il termine son film. Ce n'est pas ses héros qui respirent, mais bien le film, et le spectateur avec. Les héros de Kacem ne sont pas des héros ordinaires, ordinaires dans le sens du Héros, du surhmome classique, du sauveur du monde des films qui nourrissent notre imaginaire. Les héros de Kacem sont des héros extraordinaires : des hommes et des femmes quelconques. Leur action, leur décision, leur rôle n'est pas forcément visible à tous, sauf par l'éclairage porté sur eux par le film, et ils deviennent des héros par ce qu'ils ont de plus humain. Ils existent, et c'est parce qu'ils sont tels qu'ils sont, et chacun différemment, qu'ils se retrouvent au centre d'un film, parce que la vie les a parfois jetés là, sans forcément qu'ils le demandent. Parce que la vie ordinaire qui est leur droit leur est refusée, ils deviennent les héros de la République de Kacem. Parce que tous les Tunisiens sont les héros de sa République, parce que les spectateurs des films de Kacem en sont les seuls vrais héros, parce qu'il fait participer à ses rêves chacun de ses lecteurs, chacun prend une place qui est la sienne dans ce combat pour la démocratie qui est bien réel. Parce que le droit au choix et à la liberté est égal pour tous, chaque personne a un rôle bien précis, qui est le sien, et une resposabilité, dans la construction de la démocratie. | |
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Angelica |