Mandat d'amener contre Sihem Bensedrine

Pour une" Kalima" ... de plus!!!

Dans une lettre adressée au ministre de la Justice, Bechir Takkari, Reporters sans frontières a exprimé sa vive inquiétude suite au mandat d'amener lancé contre Sihem Ben Sedrine (47 ans), directrice du magazine en ligne Kalima censuré en Tunisie (www.kalimatunisie.com) après une intervention sur la chaîne de télévision Almustakillah. Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, a demandé au ministre de "saisir les autorités compétentes afin que les poursuites judiciaires soient abandonnées". "Par ailleurs, nous sommes préoccupés par les attaques répétées contre la chaîne de télévision Almustakillah qui avait également accueilli sur son plateau le journaliste Taoufik Ben Brik. RSF a rappelé que le 20 juin 2001 s'est ouvert le procès Saïda Ben Brik, la soeur de Taoufik Ben Brik et son mari, Khemaies Mejri. Selon les informations recueillies par RSF, un mandat d'amener a été délivré, en juin, contre SBS, directrice du magazine en ligne Kalima, secrétaire générale de l'Observatoire pour la défense de la liberté de la presse, de l'édition et de la création (OLPEC, affiliée au réseau international de RSF) et porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT). Ces poursuites sont intervenues quelques jours après le passage de la journaliste sur la chaîne de télévision arabe Almustakillah (basée à Londres), le 17 juin 2001. Dans l'émission "Le Grand Maghreb", elle évoquait notamment le sujet de la corruption en Tunisie. SBS est poursuivie pour "diffamation" et "atteinte à l'institution judiciaire". Le 15 décembre 2000, SBS avait constaté que sa voiture avait été fouillée. Un couteau à cran d'arrêt avait été déposé en évidence sur la banquette arrière ainsi qu'une lettre sur laquelle était écrit "A la guerre comme à la guerre". La journaliste, actuellement en France, doit retourner en Tunisie le Mardi 26 juin 2001. Le 20 juin 2001, Saïda Ben Brik, la soeur de TBB, et son mari, Khemaies Mejri, comparaissaient devant le tribunal de première instance de Tunis. Ils sont accusés de "violences et participation à une altercation", "atteinte aux bonnes moeurs" et "atteinte aux biens d'autrui et injures". Ce procès, reporté pour le 29 septembre 2001, fait suite à leur agression, en octobre 1999. En compagnie de leurs deux fillettes, ils avait été agressés par un de leurs voisins, Mohammed Chalghoum, un responsable du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, au pouvoir). Le commissariat de Khaznadar, à Tunis, avait refusé d'enregistrer la plainte des victimes. Mais ce procès intervient surtout près d'un mois après la diffusion de l'émission "Le Grand Maghreb", sur Almustakillah (chaîne de télévision arabe, basée à Londres), au cours de laquelle TBB avait annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 2004.

Source : Reporters sans frontières
Menaces contre Almustakillah

Almustakillah : Chaine satellitaire numérique Tunisienne basée a Londes est captée en Tunisie en analogique tous les dimanches aprés midi lors de son programme le Grand Maghreb.

Depuis plusieurs mois, Almustakillah, et en particulier son directeur, Mohammed el Hachmi Hamdi, reçoit des menaces téléphoniques provenant de Tunisie. Cette chaîne de télévision invite régulièrement sur le plateau du programme "Le Grand Maghreb" des opposants tunisiens : Khemaïs Chammari, Khemaïs Ksila, Mohammed Charfi, Mokhtar Trifi, Mohamed Mouadda etc. "C'est vous la source des problèmes", "Nous sommes en état de guerre contre vous", lui a-t-on notamment dit. Pourtant, Mohammed el Hachmi Hamdi a toujours pris soin d'inviter également des officiels tunisiens à  cette émission. Mais tous ceux contactés ont, selon lui, décliné l'offre, précisant : "Nous ne débattons pas avec des gens que nous ne respectons pas". Après le passage de Sihem Ben Sedrine au plateau du "Grand Maghreb", le 17 juin 2001, les auteurs des menaces se sont une nouvelle fois manifestés. Ils ont demandé à Mohammed el Hachmi Hamdi de s'excuser à la télévision. En cas de refus, ils menaçaient les locaux de la chaîne d'attentat. Ils ont, par ailleurs, ajouté qu'ils étaient prêts à dépenser beaucoup d'argent pour poursuivre la chaîne devant la justice britannique. Depuis un mois également, le directeur est victime d'une campagne de calomnie dans certains médias tunisiens, notamment l'hebdomadaire privé Ech Chourouk. Dernièrement, plusieurs membres de la famille de Mohammed el Hachmi Hamdi ont été convoqués au commissariat de Sidi Bouzid (centre du pays). "Ma famille est aujourd'hui prise en otage", a déclaré le directeur de Almustakillah à RSF..

Source : Reporters sans frontiéres
Arrestation de Sihem Ben Sedrine

Photo RSF

SBS, 47 ans, porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT, non reconnu) et directrice du magazine en ligne Kalima, (la parole en arabe, censuré) a été emprisonnée le Mardi 26 juin 2001 dans la prison de la Manouba. A peine arrivée à l'aéroport de Tunis-Cartahage en provenance de Paris, elle a été interpellée et inculpée notamment de "diffamation du corps judiciaire" et de "diffusion de fausses nouvelles de nature à troubler l'ordre public". Sa faute? avoir évoqué la situation des droits de l'Homme et la corruption en Tunisie dans une interview à la chaîne de télévision "Almustakillah". Elle a souligné aussi lors de l'emission - Le grand Maghreb- qu'elle sera arrêtée a peine arrivée en Tunisie !!!

 
 
RSF occupe l'office du tourisme tunisien



Reporters sans Frontières (RSF) a occupé jeudi 28 Juin 2001 et vendredi l'office du tourisme tunisien, 32, avenue de l'Opéra, à Paris, pour protester contre l'emprisonnement de la journaliste et militante des droits de l'Homme Sihem Ben Sedrine. Les Verts ont demandé la libération de la journaliste tout en appportant leur soutien à l'occupation de l'office du tourisme. le porte parole du Quai d'Orsay s'est contenté de déclarer que la France suivait "avec attention l'évolution de la situation", précisant que l'Office de tourisme était une entreprise commerciale.

 
 
Récit de l'Occupation des locaux de l'Office national de tourisme de Tunisie à Paris

Jeudi 28 juin 2001-10h30 : Une vingtaine de militants de Reporters sans frontières (RSF) quittent les locaux de l'organisation pour l'Office national du tourisme de Tunisie, 32, avenue de l'Opéra, à Paris. L'objectif : l'occupation de l'Office pour sensibiliser l'opinion publique sur l'emprisonnement, le 26 juin, de Sihem Bensedrine, journaliste et militante des droits de l'homme tunisienne. Les autorités tunisiennes l'accusent de "diffusion de fausses nouvelles de nature à troubler l'ordre public".
11h : Arrivée sur place, l'équipe de RSF constate que l'Office a été fermé exceptionnellement, sans doute en raison de "fuites". Alors que les membres de RSF, accompagnés de militants tunisiens, commencent à couvrir la vitrine de l'agence d'affiches "Libérez Sihem Bensedrine", avec la photo de la journaliste, des "gros bras" tunisiens font leur apparition. Ces derniers, qui se présentent tantôt comme de "simples entrepreneurs tunisiens" tantôt comme des "patriotes", arrachent violemment les affiches et s'en prennent aux militants de RSF. Les caméras filment la bousculade. Une partie de l'équipe de RSF découvre alors l'entrée des locaux administratifs de l'Office, situés au deuxième étage de l'immeuble. "Bonjour, c'est une occupation", déclare Robert Ménard, le secrétaire général de l'organisation, aux quatre employés, ébahis. Alors que le reste du groupe investit les lieux, les agents de sécurité tunisiens qui se sont aperçus de la diversion tentent d'empêcher les gens de monter. Après une petite altercation, toute l'équipe, y compris de nombreux journalistes, est à l'intérieur.
12h : Les militants tunisiens, en contact heure par heure avec Tunis, nous apprennent que Sihem n'a pu recevoir la visite de ses avocats. Les occupants rassurent les employés : ils sont libres de leurs mouvements. Ces derniers décident de ne pas quitter leurs locaux.
13h : Les journalistes commencent à diffuser leurs premières dépêches, images et sons de l'occupation. Malgré l'arrivée de pizzas, à l'heure du déjeuner, l'ambiance reste tendue entre les deux "camps". Les agents de sécurité tunisiens tentent de pénétrer dans les locaux, insultent et provoquent les militants présents. L'avocat de l'Office arrive avec un huissier pour constater l'occupation.
14h : C'est au tour de la police française de se manifester. "Est-ce que l'intégrité physique des employés est menacée ? - Non", "Est-ce que les employés sont libres de leurs mouvements ?  - Oui". Satisfaits des réponses, les deux policiers repartent.
14h30 : Les occupants font le point : "Nous resterons ici tant que Sihem ne sera pas libérée", décident-ils d'un commun accord. Les médias sont conviés, à 17h, pour une conférence de presse dans les locaux de l'Office. Dans le même temps, de nombreux agents tunisiens, regroupés en bas de l'immeuble, empêchent d'autres personnes de se joindre au mouvement.
16h30 : Les CRS se déploient devant l'immeuble. Leurs instructions : servir de tampon entre le service de sécurité tunisien et les manifestants. Mais, eux aussi, ne laissent rentrer plus personne. Ceux qui sortent de l'Office de tourisme ne pourront plus y retourner.
17h : Les journalistes ou sympathisants, comme Taoufik Ben Brik, venus pour la conférence de presse restent bloqués en bas. La rencontre avec les médias ne peut pas avoir lieu.
17h30 : A Tunis, le pouvoir riposte. Des partisans du régime sont envoyés manifester devant le siège d'Air France.
18h : Robert Ménard enchaîne les interviews. Les autres lisent ou jouent aux cartes.
21h : L'avocat de Reporters sans frontières qui a pris contact avec son confrère représentant l'Office, appelle les occupants. Les autorités tunisiennes veulent négocier. Après un long débat, un consensus se dégage : Sihem doit pouvoir retrouver sa liberté avant de comparaître devant le juge d'instruction, le 5 juillet. "Une chose est sûre pour l'instant, affirment les militants. Nous passerons la nuit ici".
22h : Les CRS empêchent toute nourriture ou médicaments de pénétrer dans l'immeuble.

Photo RSF

Vendredi 29 juin-2h du matin : Yasmina Boudjerada, députée européenne, arrive à convaincre les CRS de laisser passer quelques vivres.
6h : Réveil des occupants qui ont peu ou pas dormi.
8h : Les CRS sont toujours en poste. Un militant tunisien se dévoue pour quitter l'immeuble et chercher de la nourriture. Le ravitaillement arrive, sous forme de croissants et de baguettes.
9h : Petit déjeuner entrecoupé de demandes d'interviews ou de messages de solidarité. Les militants tunisiens partagent leur petit déjeuner avec le personnel de l'Office.
9h30 : L'avocat de RSF, Me Jean Martin, arrive à franchir le barrage des CRS. Il nous informe des procédures en cours. RSF passera en référé dans l'après-midi. Il contacte l'avocat de Sihem Bensedrine, Radhia Nasraoui, pour qu'elle fasse une demande de libération conditionnelle de sa cliente.
10h : Au cours d'une réunion, il est décidé de transférer le rassemblement "Amnistie générale pour les détenus d'opinion en Tunisie", qui doit avoir lieu à Châtelet à 17 heures, à la même heure, devant les locaux de l'Office du tourisme. Répartition du travail : les militants tunisiens appellent leurs compatriotes, RSF joint les médias. Ce matin, toute la presse fait sa "Une" sur le transfert de Milosevic à La Haye : un dictateur de plus en prison. Les défenseurs des droits de l'homme tunisiens imaginent déjà Ben Ali derrière les barreaux.
10h30 :  Radhia Nasraoui appelle. Impossible, pour les avocats de Sihem, de joindre le juge d'instruction en charge de l'affaire de la journaliste.
14h : Nouvel appel de Radhia Nasraoui qui nous informe qu'à Tunis, les locaux de la Ligue tunisienne des droits de l'homme sont cernés par les forces de l'ordre et les lignes téléphoniques coupées.
14h30 : Tout le monde se retrouve sur le palier, à l'écoute de RFI. Aux nouvelles, on évoque l'occupation des locaux et on diffuse l'interview de Hamma Hammami, célèbre opposant tunisien, et époux de Radhia Nasraoui, qui vit en clandestinité en Tunisie depuis 1998.
15h30 : Nouveau coup de téléphone de Tunis : le domicile de Sihem Bensedrine, qui est également le siège du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT), est encerclé par des policiers.
16h : Le tribunal de grande instance ordonne l'évacuation immédiate des locaux. Les occupants se réunissent et, au terme d'un débat, décident de respecter la décision de justice et de quitter les locaux à 17 heures, au moment du rassemblement. Par ailleurs, la réaction des autorités françaises fait bondir l'ensemble des occupants : le porte parole du Quai d'Orsay s'est contenté de déclarer que la France suivait "avec attention l'évolution de la situation", précisant que l'Office de tourisme était une entreprise commerciale. Pas un mot sur le sort de Sihem.
17h : Sortie de l'immeuble. Sur le trottoir, d'un côté, les partisans de Ben Ali lancent des slogans à la gloire de leur Président, de l'autre, des Tunisiens démocrates crient "Amnistie générale pour les détenus d'opinion en Tunisie". Une cinquantaine de CRS sont placés au milieu et protègent la sortie des membres de RSF et des défenseurs des droits de l'homme tunisiens. Robert Ménard déclare : "Nous continuerons de nous en prendre aux représentations tunisiennes à Paris aussi longtemps que Sihem Bensedrine ne sera pas libérée. Et si ces bâtiments doivent être gardés par la police, tant mieux ! Cela montrera ce qu'est la Tunisie : derrière la façade touristique, un pays de flics !" A suivre.

 
Source : RSF
Hors sujet : Contre manifestation à Tunis

Une manifestation de protestation organisée par les cellules destouriennes du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, au pouvoir) rassemblant tous les passants qui se trouvaient par hasard à ce moment la, s'est déroulée vendredi, 29 Juin 2001, après-midi devant le siège d'Air France avenue Habib Bourguiba à Tunis. Brandissant des drapeaux tunisiens, les manifestants entonnaient en choeur l'Hymne national et agitaient des banderoles dénonçant les "vils agissements de l'anarchiste et agitateur Robert Ménard, Secrétaire général de l'organisation RSF, et ses complices dans le dessein de nuire à la Tunisie à travers la lâche agression perpétrée contre le siège de l'office du tourisme tunisien à Paris". Le quotidien ech-chourouk à qualifié pour sa part le Parti socialiste Français de nid de serpents, Robert Ménard de clown et d'anarchiste, RSF de RAPPORTEURS sans frontières, et pour finir tous les opposants au regime de traites et lâches !!!
 
 
Libération des prisonniers d'opinion : un appel commun

Amnesty
HRW

- Amnesty International, Human Rights Watch et la Fédération Internationale des Droits de l'Homme se sont associées aujourd'hui aux organisations de défense des droits de l'Homme tunisiennes afin de demander au gouvernement de Tunisie la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers d'opinion, et la fin du harcèlement quotidien subi par les anciens prisonniers d'opinion et les opposants au gouvernement. Les trois organisations ont déclaré que ces mesures doivent concerner tous les opposants au gouvernement et tous les défenseurs des droits de l'Homme reconnus ou présumés qui ont été emprisonnés, poursuivis ou harcelés simplement pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d'opinion, d'expression ou d'association. Depuis deux semaines, la répression à l'encontre des opposants au gouvernement s'est durcie, et des personnalités importantes ont été arrêtées, poursuivies en justice ou bien arbitrairement empêchées de voyager. Le 26 juin dernier, Mme Sihem Ben Sedrine, journaliste et porte-parole du Conseil National des Libertés en Tunisie (CNLT), a été arrêtée à sa descente d'avion à Tunis. Elle est accusée de " diffamation " et " atteinte à l'institution judiciaire ", et de " diffusion de fausses nouvelles ", apparemment pour avoir dénoncé la détérioration de la situation des droits de l'Homme en Tunisie au cours d'un voyage à l'étranger.Actuellement en prison, elle attend son procès, fixé au 5 juillet.Le 19 juin 2001, Mohamed Mouadda, ancien prisonnier d'opinion et ancien président du principal parti d'opposition tunisien, le Mouvement des démocrates socialistes (MDS), a été arrêté et reconduit en prison après avoir semble-t-il réclamé publiquement une plus grande liberté politique. Arrêté le 9 octobre 1995, alors qu'il venait d'adresser publiquement une lettre au Président Zine El-Abidine Ben Ali dans laquelle il dénonçait le manque de véritable pluralisme politique, il bénéficiait depuis décembre 1996 d'une mesure de libération conditionnelle après un an passé en détention. Il avait en effet été inculpéd'être un agent libyen, sur la base d'accusations forgées de toutes pièces. Le Dr Moncef Marzouki, membre de la direction du CNLT, risque lui aussi d'être emprisonné. Depuis décembre 2000, il vit sous la menace d'une condamnation à 12 mois de prison ferme pour appartenance à une association " illégale " (c'est-à-dire le CNLT) et diffusion de " fausses " nouvelles. Il avait en effet fait des déclarations concernant les droits de l'Homme et le manque de transparence du gouvernement. Suite à l'audience en appel du 23 juin dernier, il attend le rendu du verdict, fixé au 7 juillet. Près de 1 000 prisonniers politiques, pour la plupart des prisonniers d'opinion, se trouvent dans les geôles tunisiennes, où ils reçoivent un traitement cruel, inhumain et dégradant. Des dizaines d'entre eux ont entrepris cette année une grève de la faim pour demander leur libération et protester contre la torture et leurs conditions de détention, et notamment l'impossibilité de bénéficier de soins médicaux. Mohamed M'seddi, un ancien pilote de Tunis Air purgeant une peine de 27 ans de prison prononcée en 1993 pour appartenance à un " mouvement subversif ", a entrepris une grève de la faim en avril et mai 2001 afin de recevoir des soins médicaux d'urgence pour des blessures consécutives à des tortures subies lors de sa détention préventive. Des centaines d'anciens prisonniers d'opinion sont quotidiennement entravés dans leur liberté de travailler ou de reprendre une vie normale. Ils sont souvent obligés, de façon arbitraire, de se présenter régulièrement à la police, parfois plusieurs fois par jour ou par semaine. Hédi Bejaoui, un ancien prisonnier d'opinion, a entamé une grève de la faim le 8 mai pour protester contre les mesures restrictives et discriminatoires dont il fait l'objet de la part des autorités tunisiennes depuis sa libération en septembre 1999. S'étant vu refuser sa carte d'assuré social et son passeport, il se trouve obligé de payer tous les soins médicaux reçus en Tunisie et il ne peut se rendre à l'étranger pour se faire soigner. Il a reçu une balle dans la jambe au moment de son arrestation par la police en 1991, et cette balle est toujours logée dans son genou." Les interdictions faites aux anciens prisonniers d'opinion d'occuper un emploi, d'avoir accès aux soins médicaux, de se déplacer librement en Tunisie et de se rendre à l'étranger sont inacceptables et doivent cesser immédiatement ", ont affirmé les trois organisations de défense des droits de l'Homme.Les défenseurs des droits de l'Homme sont quotidiennement harcelés par les forces de sécurité, leurs lignes de téléphone sont coupées et leurs passeports confisqués. Ceux qui obtiennent malgré tout un passeport n'ont pas pour autant l'assurance de quitter le pays. Le 19 juin 2001, alors qu'il se trouvait à l'aéroport de Tunis-Carthage pour prendre un vol à destination de Paris, Sadri Khiari, membre du Rassemblement pour une alternative internationale de développement (RAID) et membre fondateur du CNLT, s'est vu signifier par les autorités l'interdiction de quitter le pays parce que deux actions en justice intentées contre lui étaient en cours. Il avait pourtant réussi à récupérer son passeport le 16 juin, suite à une grève de la faim débutée deux jours plus tôt en compagnie de trois autres personnes privées, elles aussi, de leur passeport. Les Tunisiens qui travaillent ou étudient à l'étranger sont souvent arrêtés à leur retour et emprisonnés sous l'inculpation d'avoir eu des contacts avec des opposants politiques exilés. Lofti Ferhati, un Tunisien vivant en France, a été arrêté en août 2000, alors qu'il arrivait en Tunisie avec son épouse pour rendre visite à sa famille. Il a été retenu au ministère de l'Intérieur pendant 18 jours, pendant lesquels il a été torturé et obligé à signer, sans l'avoir lu, un document reconnaissant ses liens avec un groupe islamiste illégal. Pendant son procès, il s'est rétracté. Bien qu'aucune autre preuve ni aucun témoignage n'aient été présentés au tribunal, il a été condamné le 31 janvier à sept ans de prison. " Nous demandons au gouvernement tunisien de libérer tous les prisonniers d'opinion et de mettre fin à toutes les formes de harcèlement ", ont déclaré les trois organisations. " Toute autre mesure constituerait un manquement à ses engagements internationaux et même au discours qu'il tient concernant les droits de l'Homme les plus élémentaires."

Source : www.hrw.org