![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() | ||
| Aujourd'hui, le 3 juillet 2001 à 12h 30, des militantes et
des militants se sont rassemblés devant la Prison des Femmes de Manouba
avec quelques enfants, dont Essia Mestiri la fille de Sihem Ben Sedrine,
brandissant le portrait de Sihem et réclamant sa libération. Ce
rassemblement a été levé au bout d'une demi heure. Un déploiement
important de policiers a empêché d'autres militants de se joindre au
rassemblement et ce par des barrages aux environs de la prison. Ledit
déploiement n'a pas empêché les militantes et militants de continuer à
protester énergiquement devant la prison et sur le chemin du retour,
attirant ainsi l'attention et la sympathie des citoyens tunisiens. La Présidente de l'association tunisienne des femmes démocrates : Bochra Belhaj Hmida | ||
| Communiqué de presse de l'ATFD. Tunis, mercredi 4 juillet 2001 | ||
Sihem Ben Sedrine arrétée il y a 10 jours a comparu jeudi 5 juillet
2001 devant le juge d'instruction du 4eme bureau du tribunal de 1ere
instance de Tunis, pour " outrage à sa personne en tant que magistrat et
atteinte au corps judiciaire ". le juge d'instruction en question l'a
maintenue en détention. Rappelons que Sihem Ben Sedrine avait mis en cause
ce magistrat en direct le dimanche 17 juin 2001, lors de l'émission "Le
grand Maghreb" diffusée sur la chaîne de télévision privée arabe
Almustakillah en affirmant qu'il a déclaré " Je ne connais pas la
présomption d'innocence ". L'audition a duré une quarantaine de minutes,
durant lesquelles Sihem Bensedrine a refusé de répondre sur le fond de
l'affaire. Elle a toutefois pu rencontrer dans le bureau du juge ses deux
fils Khaled, 25 ans et M'hamed, 20 ans et son mari Omar Mestiri . Suite à
l'interdiction faite à certains d'entre eux de la visiter au cours de la
semaine passée, l'impossilité de leur présence collective dans le bureau
du juge d'intruction en raison de son éxiguité et le refus de ce dernier
de transférer l'audition dans une salle plus grande, les 150 avocats qui
se sont constitués pour la défense, ont decidé de se retirer en signe de
protestation. Plusieurs personnalités représentant différentes
associations et sensibilités de la société civile se sont rassemblées sur
le passage de Sihem Ben Sedrine pour exprimer leur solidarité, réclamer sa
libération et l'indépendance de la justice ont été évacués par la police
dès le début de l'instruction et repoussés en dehors du tribunal.
plusieurs observateurs d'ONG locales et internationales et de missions
diplomatiques en Tunisie étaient présents au palais de
justice. | ||
| Tunis, jeudi 5 juillet 2001 | ||
Le pilote tunisien Mohamed Msedi vit depuis huit ans une histoire
cauchemardesque et cependant banale dans un pays où Amnesty International
chiffre à un millier environ le nombre de prisonniers politiques ou de
conscience. Commandant de bord à la compagnie Tunis Air, Mohamed Msedi
totalise, en 1993, 9 600 heures de vol. Il a alors quarante-deux ans et
vient d'effectuer un stage professionnel àDenver (Etats-Unis). Par une
chaude nuit d'été, sa vie soudain bascule : le 29 juillet 1993, à 0 h 30,
des policiers font irruption dans son domicile en présence de sa femme et
de ses trois fils terrorisés. Ils l'appréhendent sous le motif d'une
prétendue appartenance à un mouvement subversif, Ennahda, qui viserait à
s'emparer du pouvoir par la force - ce que le prisonnier ne cessera de
nier. Né à Sfax, la deuxième ville du pays, le jeune Mohamed a grandi en
même temps que la Tunisie indépendante du président Bourguiba. Il a
bénéficié d'une politique volontariste plaçant l'éducation généralisée en
tête des priorités. Dans la famille Msedi, on fait des études. Lui,
choisit la profession de pilote et continue de pratiquer sa religion.
Survient l'arrestation du 29 juillet 1993. Le pilote va purement et
simplement disparaître pendant trente-trois jours, abandonné à la
discrétion de ses tortionnaires. De ces oubliettes, qui sont la terreur de
tous les Tunisiens, il sortira le corps brisé pour s'entendre condamner à
vingt-sept ans de prison, le 4 septembre 1993, par des juges peu
regardants. Le jugement est en effet prononcé en vertu d'un procès-verbal
d'arrestation falsifié : selon l'artifice classique, les policiers ont
daté du 1er septembre 1993 le jour de l'arrestation, au lieu du 29
juillet, et cela pour mettre en conformité avec la loi la durée de la
garde à vue de M. Msedi (à l'époque cette durée légale était de quatre
jours, renouvelable quatre jours puis encore de deux jours, soit dix au
total). Huit ans ont passé. Laissé sans soins, transféré sans cesse d'une
prison à l'autre, Mohamed Msedi souffre d'une double arthrose cervicale
qui le laisse pratiquement infirme. Des complicatlons rénales et
cardiaques mettent ses jours en danger.Un ancien codétenu exilé en France
se souvient : " Je l'ai rencontré en prison fin 1997 à la cellule (...) du
pavillon E (ou isolement). Il a ensuite été transféré à Mornag en guise de
punition. Là-bas, sa cellule était sur écoutes et une conversation avec un
codétenu lui a valu une nouvelle séance de tortures à la Direction de la
sûreté de l'Etat. Ensuite, il a réintégré notre cellule. Il gisait à même
le sol, ne pouvant plus se lever. Il a demandé des soins pendant des mois,
notamment pour sa colonne vertébrale, en vain."Désespéré, le pilote a
écrit une lettre au président de la République. Un "appel de détresse",
dont il a pu récemment faire parvenir une copie à Paris : "(...) les mots
à eux seuls ne sauraient exprimer la douleur que j'éprouve, je n'arrive
pratiquement plus à me déplacer (...). Je n'aspire qu'à être soigné...".
D'une prison à l'autre, depuis des semaines, les grèves de la faim se
succèdent en Tunisie. M. Msedi y participe, il a enfin reçu la visite d'un
médecin. Les prisonniers réclament leur libération. En France, des
associations de défense des droits de l'homme ont lancé le 27 juin une
campagne pour demander l'amnistie générale des prisonniers car le cas de
Mohamed Msedi est très emblématique du sort cruel de toutes les victimes
de la répression. Il existe entre la Tunisie et l'Europe un accord
d'association qui ne concerne pas seulement la coopération économique.
L'autre volet essentiel concerne le respect des droits de l'homme. Il est
temps que le gouvernement tunisien s'en souvienne et honore pleinement ses
engagements. François gèze est directeur des éditions La Découverte ;
Kamel Jendoubi est président du Comité pour la défense des libertés et des
droits de l'homme en Tunisie ; Me Ahmed Maalej est avocat ; Mahmoud Msedi
est enseignant ; Micheline Paunet est journaliste ; Gilles Perrault est
écrivain ; Léon Schwarzenberg est cancérologue. | ||
| source LE MONDE, le 29 juin 2001 | ||
Le comité directeur de la ligue tunisienne pour la défense des Droits
de l'Homme informe l'opinion publique que Mme Sihem Ben Sedrine
ex-dirigeante de la ligue, journaliste et porte-parole du CNLT a
étéarrêtée aujourd'hui 26 juin 2001 a 10h00 par la police des frontières a
l'aéroport de Tunis -Carthage, elle revenait d'une tournée d'action en
Europe. Après quelques heures de séquestration Mme Sihem Ben Sedrine a été
déférée devant le 4 eme bureau d'instruction auprès du tribunal de 1ere
instance de Tunis. Le juge d'instruction a immédiatement émis à son
encontre un mandat de dépôt a la prison des femmes de la Manouba, il a
designer le 5 juillet comme date de comparution pour l'entendre pour les
chefs d'inculpations suivants : -outrage à la magistrature et propagation
de fausses nouvelles. Le comité directeur dont plusieurs membres étaient
présents a l'aéroport et au tribunal suit avec vigilante et avec une
profonde préoccupation cette escalade dangereuse de la situation des
libertés ; Il | ||
| Communiqué de presse (traduit de l'arabe) Tunis, le 26 juin 2001 | ||
Sihem Ben Sedrine, porte-parole du CNLT a été incarcérée à son retour à Tunis. Cette résistante de la première heure et de tous les instants, cette Fidayé-née, connait à son tour le sort fait depuis plus de dix ans aux milliers de prisonniers politiques et d'opinion, islamistes surtout, qu'elle a soutenus et défendus et dont elle a dénoncé publiquement les violations systématiques de leurs droits élémentaires, au milieu d'un silence complice. Il fallait être téméraire pour oser défier au début des années 90, un pouvoir au sommet de sa puissance et SIHEME qui l'avait fait, a prouvé qu'elle l'était. Femme aux fermes convictions, SIHEME a été jusqu'au bout de son engagement en dénonçant publiquement sur le plateau de la télévision Al-Mustaquillat, le tabou absolu: la profonde corruption du régime tunisien. En incarcérant une femme qui fait honneur à son peuple et à toutes ses semblables de par le monde, le régime de Ben Ali s'enfonce un peu plus dans le déshonneur. L'Institut Tunisien des Relations Internationales ( ITRI) dénonce l'incarcération de Sihème Ben Sedrine et de Mohamed Moada quelques jours auparavant et, tout en assurant toutes les victimes de la dictature et leurs proches de sa solidarité agissante, s'associe à toute action visant à mettre fin à leur calvaire, notamment par une AMNISTIE GENERALE. Institut Tunisien des Relations Internationales : Ahmed Manaï. | ||
| Communiqué de presse de l'ITRI. Tunis, le 26 Juin 2001 | ||
Et au cur de cette histoire commune, depuis les révélations du général Aussaresse sur la torture en Algérie, jusqu'à l'élucidation de l'assassinat de Ben Barka, l'état français, sa politique, ses agents et les intérêts des multinationales "made in France". Les masques changent, reste le fond. Le masque aujourd'hui, c'est le Partenariat euro-méditerranéen, qui permet de faire des affaires avec des dictatures mafieuses. Le fait même que ces accords de partenariat soient signés avec de tels régimes suffit à les disqualifier. Quant au fond, il s'agit simplement de la mise en place d'une vaste zone de libre échange permettant aux Vivendi, Total et autres grands prédateurs venus du Nord de rafler à bas prix ce qui a été péniblement construit par ces peuples depuis l'indépendance. Pour les peuples du Sud, c'est la poursuite du pillage et la misère sans fin. Pour les peuples du Nord, c'est l'accélération du démantèlement des acquis sociaux par la mise en concurrence avec une main d'uvre privée de droits. Pour tous c'est la confiscation de leur avenir par les actionnaires des grandes entreprises et leurs valets politiques. Nous continuerons à dénoncer derrière l'hypocrisie de ce partenariat, la mise en musique au niveau régional de la mondialisation libérale. Partout, nous sommes solidaires de ceux qui combattent la mondialisation libérale. Nous étions présents le 1er juillet, au congrès de nos amis du RAID - Attac Tunisie à Tunis. Nous serons présents le 15 juillet, au congrès de nos amis d'Attac MAROC à Casablanca. Nous sommes le 4 juillet dans la rue aux côtés du peuple algérien en révolte contre la "Hogra". Ce combat nous le continuerons à Gênes, contre le sommet du G8, où nous exigerons l'annulation immédiate, totale et sans condition de la dette publique des pays du Sud et nous réaffirmerons qu'un autre monde est possible ! Pour combattre la mondialisation libérale, pour briser la dictature des marchés financiers, pour se réapproprier tous ensemble l'avenir du monde, j'adhère à Attac Le Maghreb à un tournant de son histoire Une succession difficile au Maroc, fragilisée par les révélations sur l'affaire Ben Barka, crime des états marocain, français et nord-américain. L'explosion populaire en Algérie contre une dictature militaire honnie et corrompue. Un tournant répressif aggravé du régime policier de Ben Ali dont le peuple tunisien ne supporte plus la dictature grotesque. | ||
| ATTAC Marseille 26, bd des Dames 13002 MARSEILLE Tél. 04 91 59 27 18 - E mail marseille@attac.org | ||