Cri de détresse du fond de l'enfer carcéral

La non-assistance à personne en danger est un délit.

En trois mille ans d'histoire, aucun mouvement politique autre qu'Ennahdha (La Renaissance) n'a vécu une décennie aussi tragique. Dix ans de larmes, de souffrances, d'injustices, de tortures et de répressions. Même durant la lutte pour l'indépendance du pays, la France était plus clémente avec les nationalistes tunisiens. Le bilan est très lourd : des dizaines de morts, des milliers de prisonniers et d'exilés, plus de 80 000 ans de prison ont été "généreusement" infligés aux opposants. La répression du régime a été doublement encouragée au début des années 90. Encouragée à l'intérieur du pays par le silence complice des adversaires d'Ennahdha qui espéraient l'affaiblissement, voire l'écrasement du mouvement pour redevenir les numéros un de l'opposition tunisienne. Une alliance et un silence rapidement regrettés parce qu'en s'attaquant à nous le régime voulait agenouiller l'opposition et s'attaquer aux forces vives du pays. Les étudiants et les partis ont été marginalisés, la Centrale syndicale domestiquée, la presse systématiquement censurée, la Ligue des droits de l'homme noyautée et aussitôt déclarée hors-la-loi. Aujourd'hui, le régime se permet le luxe de faire taire ou d'éteindre toute voix libre ou lumière, même basse et faible. Une répression encouragée à l'étranger par le mutisme complaisant de la France et de l'Europe. Une attitude due à leurs peurs de l'islamisme et à leur méconnaissance totale d'Ennahdha. Ils voyaient en nous les GIA de l'Algérie et les Talibans de l'Afganistan. Alors que nous sommes le mouvement le plus modéré, le plus ouvert et le plus pacifiste de l'islamisme mondial. Nous considérons l'Islam comme notre idéal, mais nous adaptons notre interprétation à l'évolution de nos sociétés. Nous voulons la justice, la paix, la liberté et l'amour pour tous. L'Europe sait maintenant que le seul terrorisme qui existe en Tunisie est celui du régime tyrannique de Ben Ali. Nous sommes en prison depuis dix ans. Notre parcours est le même: arrestations brutales, interrogatoires sur fond de tortures et de machinations diaboliques, la justice offre un usage légal de l'oppression et puis commence le vrai cauchemar et le vrai calvaire des prisons du Moyen-âge. L'agression physique et morale, la provocation, l'éloignement, l'humiliation sont notre pain quotidien. La liste des interdits est interminable. Pas d'intimité, pas d'étude, pas de lecture et pas d'écriture, pas de sport, pas de lits pour la plupart des détenus, pas de chauffage, pas de tables ni de chaises, la nourriture immangeable, les soins médiocres. Le surpeuplement reste le problème numéro un. A titre d'exemple, le hangar GI contenait 287 détenus le 14/12/2000. Avec 0,52m2 par détenu, nous sommes très loin des normes prévues pour l'élevage de bétail. Pour nous faire plus mal, les autorités usent de tous les moyens afin d'obliger nos femmes à divorcer. Le régime veut nous pousser à la violence. Mais nous résistons. Nous ne regrettons pas d'avoir dit non au tyran, non à l'injustice, non à la dictature, non à l'exclusion, non à la spoliation de notre chère Tunisie. Mais nous sommes à bout de souffle. Nous sommes au bord du désespoir qui se traduit par des grèves de la faim. Un mouvement qui se durcira dans les jours et les mois à venir. Une grève générale va être organisée. La mort est devenue le seul espoir qui nous reste pour accéder à la liberté. Mieux vaut pour nous mourir debout qu'à genoux. Nous n'arrivons pas à comprendre pourquoi toute cette haine ? Rien ne justifie notre maintien en prison. La majorité des détenus disent que la vie ne vaut plus rien. Aidez-nous, aidons-les à dire plutôt que rien ne vaut la vie. C'est un appel au secours que nous lançons. Un signal de détresse à tous les hommes libres de notre monde. Nous lançons un appel aux opposants tunisiens: Unissez-vous au sein d'un front pour la liberté et la démocratie avec une amnistie générale comme premier objectif. Oeuvrez avec l'Union européenne pour isoler le régime de Ben Ali dans le monde, pour l'obliger à ouvrir les prisons aux associations des droits de l'homme. Nous sommes des milliers de prisonniers politiques en danger de mort. La non-assistance à personne en danger est un délit. Ensemble nous vaincrons, ensemble la lumière jaillira. Ce texte est disponible sur L'audace

Marwen Wahid, Prison civile de Tunis .Le 15 decembre 2000
Wind of change

Enjoy 7 up !!!

Hello everybody I express my gratitude to all the sincere human rights activists defending the human rights ideals and trying to help the victims the exclusion by the eradicators in our dear tunisia. I also would like to draw your attention for the scores of victims of the last decade that are still suffering within extremely inhumane conditions in the tunisian of the dictator that oppresses our lovely Tunisian people. But it is very sad to note that many of the signatories are exploiting the human rights issue because they collaborated with the current repressive regime within its government; while others they kept silent about the perpetuated crimes against political opponents, and now by ignoring more than one thousand political tunisian prisoners. So please till when some people still persist in being politically sectarians,and in terms of human rights morallt bankrupted. Thanks for your time, but not for the use of a right cause of genuine victims of human rights' abuse to confirm the misuse of the great ideals of human rights. I hope that i get a serious reply thank you very much.

Sayyed Ferjani, tunisian Islamist and victim of torture .
Pour une amnistie générale en Tunisie

Le Comité National pour la Défense de Sihem Ben Sedrine, de Mohamed Moada et de Moncef Marzouki communique : Dans un esprit d'escalade contre les défenseurs des droits de l'Homme et les opposants politiques, le pouvoir a décidé le retrait de la libération conditionelles dont dénéficiait Mr Moada Président du Mouvement des Démocrates Socialistes et l'a de nouveau incarcéré le 19 juin 2001. Mr Moada se trouve ainsi menacé de purger une peine de dix années de prison. Parallélement Mme Sihem Ben Sedrine journaliste et Porte parole du CNLT a été arrétée le 26 juin 2001 . Le Dr Moncef Marzouki ex-Président de la LTDH et ex-Porte parole du CNLT fait de son côté l'objet d'un harcellement policier permanent, est menacé d'emprisonnement. Du fait que Mme Sihem Ben Sedrine, Mr Mohamed Moada et Mr Moncef Marzouki font l'objet de poursuites judiciaires et de harcellement en raison de leurs opinions et de leurs positions politiques, Du fait que nous sommes contre la repression de la libre opinion et contre l'implication du pouvoir judiciaire dans la marginalisation des opposants politiques : Nous avons décidé, nous citoyens et citoyennes tunisiens de toutes tendances politiques et toutes générations confondues, de créer un Comité National pour la Défense de Sihem Ben Sedrine, de Mr Mohamed Moada et du Dr Moncef Marzouki dans le but d'obtenir : La libération inconditionnelle de Sihem Ben Sedrine, de Mr Mohamed Moada et le classement pûr et simple de leurs dossiers. Le classement de tous les dossiers concernant Moncef Marzouki et l'arrêt immédiat des harcellements dont il fait l'objet. La proclamation d'une Amnistie Générale en Tunisie.

Georges Adda, président de la Commission. Tunis, samedi 7 juillet 2001
Tunisie: des avocats ont déposé une plainte contre Ariel Sharon

Edicom

L'étau judiciaire se ressert autour du Premier ministre israélien Ariel Sharon. Le Parquet tunisien a en effet enregistré et accepté une plainte déposée à son encontre par l'Organisation arabe des jeunes avocats et l'Association tunisienne des jeunes avocats. Ces deux mouvements accusent M. Sharon de crimes de guerre et l'assignent pour implication dans treize massacres, notamment celui du camp de Sabra et Chatila. Deux plaintes ont déjà été déposées en juin en Belgique et une au Liban contre M. Sharon pour sa responsabilité présumée dans ces massacres.

© ATS Dimanche 8 juillet 2001 .