Ce numéro de TUNeZINE, comme les autres numéros, est un concentré d'humanité. Hier encore, je le percevais comme une victoire. Au dernier moment, c'est la tristesse qui a surgi en apprenant la triste nouvelle du décès de Zohra Hadiji-Alila, dont la vie a été un calvaire de harcèlement et d'humiliation par la police tunisienne. Nulle victoire sinon une bataille acharnée, ininterrompue. Ce numéro de TUNeZINE est dédié à Zohra et à sa famille.
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Bonne lecture !
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Zohra Hadiji-Alila est décédée CIDT-TUNISIE Association de citoyens du monde pour le droit des Tunisiens à ne pas être torturés Membre du Réseau SOS-Torture de l'OMCT-Genève Comité dhonneur : M. Jacques FRANÇOIS Mgr Jacques GAILLOT Dr Hélène JAFFÉ M. Gilles PERRAULT M. François DE VARGAS                              Besançon, le 20 octobre 2002 Président : Jean-Marc MÉTIN Persécutée et divorcée de force, martyrisée jusqu'à la mort, ZOHRA HADIJI-ALILA EST DECEDEE C'est avec grande peine que nous apprenons le décès, hier 19 octobre, de Madame Zohra LAHDIJI-ALILA, dont le mari, Mohamed-Jamil ALILA est réfugié en Autriche. Cette femme, symbole de la tyrannie exercée par le pouvoir du général Ben Ali sur les femmes tunisiennes, a été colonisée de l'intérieur. Ce cas avait été le sujet de notre série périodique "Les Dossiers tunisiens" sous le titre : Terreur à huis-clos. Nous en avions envoyé à peine 70 exemplaires faute de moyens; avec internet, nous espérons que toutes ces affaires demeurerons vivaces pour que justice soit rendue. C'est donc à sa mémoire que nous en reproduisons ici le texte intégral tel qu'il parut en ce mois de septembre 1997. Zohra est morte, certes, mais elle a accédé ainsi au statut de témoin devant l'Histoire de ce qu'a été l'époque noire du général de renseignement Zine El Abidine Ben Ali, qui devra avoir à répondre de son cas, comme de tous les autres devant la justice des hommes, un jour ou l'autre C'est aussi un témoin à charge contre tous ceux qui se sont déshonorés définitivement en ralliant sur le tard le pouvoir tortiocratique de Tunis. Une pensée inquiète et affectueuse pour ses trois filles Soumaya (24 ans), Bouthaïna (20 ans) et Amina (14 ans), ainsi que pour leur père, réfugié en Autriche depuis 1991, soit quand Amina avait trois ans Puissent-ils tous trouver ici l'expression de toute notre sympathie. POUR QUE NUL NE PRETENDE JAMAIS QU'IL NE SAVAIT PAS Khaled BEN M'BAREK, Coordinateur TERREUR À HUIS-CLOS Le contexte: Depuis le début du conflit entre le gouvernement du général Ben Ali et le parti Ennahdha (Renaissance, opposition politico-religieuse modérée. Non reconnu), de nombreuses familles dexilés ou de détenus ont été prises pour cibles. Les épouses se sont souvent retrouvées en première ligne, même lorsquelles navaient aucune activité politique apparente ou cachée. Les méthodes utilisées par la police vont du blocus matériel sur les moyens de subsistance, aux agressions sexuelles, au harcèlement constant, en passant par les descentes nocturnes, la menace sur les proches, le chantage à la délation et la violence verbale et matérielle parfaitement gratuite. Le tout accompagné de la privation de la liberté de déplacement et dun contrôle administratif aussi rigoureux quillégal, puisque dans la grande majorité des cas, les personnes qui y sont astreintes nont jamais fait lobjet daucune poursuite judiciaire. Cest justement cette catégorie que les autorités cherchent à atteindre, apparemment dans lobjectif de saper le moral de ses opposants. De nombreuses femmes astreintes à ce traitement des années durant ont tenté de fuir leur pays pour rejoindre leurs époux jouissant pour la plupart du statut de réfugié politique en Europe ou en Amérique du Nord, voire en Australie ou en Nouvelle-Zélande Certaines ont réussi, mais celles qui se sont fait prendre ont subi et subiront encore longtemps limplacable et froide vengeance du gouvernement. Des cas récents et relativement médiatisés donnent toute la mesure du drame que vivent des milliers de femmes: le premier est celui de Radhia AOUIDIDI, qui, en novembre 1996, navait pas trouvé dautre moyen de fuir la tyrannie que dutiliser un passeport qui nétait pas le sien. Elle entendait rejoindre son fiancé, Ahmed AMRI, réfugié en France. Depuis, elle est détenue sans jugement. Lautre cas concerne Rachida BEN SALEM, arrêtée à Ben Gardane, alors quelle projetait de passer en Libye, pour ensuite rejoindre son mari, Mbarek Sghaïr MBAREK, réfugié aux Pays-Bas. Le jugement pour «appartenance à un parti non autorisé et tentative (!)de franchissement illégal de la frontière » est attendu ce 9 septembre. Avant ces deux cas, il y avait celui de Souâd CHARBTI, mère de quatre enfants, dont le mari sest échoué quelque part en Afrique noire. Arrêtée en août 1995, elle aussi pour tentative de franchissement illégal de la frontière, on lui a monté une affaire qui lui a valu sept ans de prison quelle est actuellement en train de purger. (Sur ces cas et bien dautres, lire le rapport dAmnesty International intitulé Tunisie: le cercle de la répression sélargit, du 9 juin 1997. Index AI: MDE 30/25/97 - EFAI) À chaque fois quune femme avait réussi à se soustraire à lemprise policière et à quitter clandestinement le pays, la police accentuait la pression sur les autres femmes dexilés. Une de ces victimes a déclaré que des policiers labordaient chez elle en lapostrophant: «Mazilti mahrabtich ! » («Tu nas pas encore filé, toi! ») Najiba CHAOUCH-AOUN ou Jalila JELLITI, par exemple, ont joué leur vie et celle de leurs enfants pour déjouer la vigilance des policiers et atteindre le pays où le mari de chacune a trouvé asile. Toutefois, la pire des persécutions, que nous assimilons à une odieuse forme de torture, reste la contrainte au divorce. Une véritable entreprise de destruction méthodique et planifiée de la cellule familiale a été mise en uvre depuis le début des années 1990. De nombreuses femmes ont été effectivement divorcées, alors que dautres ont résisté et résistent toujours; certaines, comme Samira TIMOUMI, Aïcha DHAOUADI, Tourkia HAMMADI ou Fatma JMILI, ayant même réussi à forcer la main au pouvoir en le contraignant à les autoriser à quitter le pays (Cf. annexe I, le cas exemplaire de Samira TITMOUMI). Mais lentreprise de divorce forcé exige une mainmise totale et permanente sur la victime pour lempêcher de parler ou de se rétracter. À Sfax, Zohra ALILA, née HADIJI, est actuellement confrontée à cette terrible épreuve. I- ZOHRA HADIJI-ALILA ET SES TROIS FILLES DANS LÉTAU: M. Mohamed-Jamil ALILA, actuellement réfugié en Autriche, était entré dans la clandestinité depuis 1991, puis avait quitté son pays le 20 mars 1993 pour échapper à la vague de répression qui sabattait sur les membres et sympathisants du mouvement Ennahdha, auquel il appartient. Depuis, la police locale sest littéralement appropriée sa famille. La femme et ses trois filles, restées seules, avec la mère de la première, vieille femme diabétique sous dialyse bi-hébdomadaire, pouvaient recevoir la visite des policiers à nimporte quel moment de la journée ou de la nuit. La mère était maltraitée, accusée davoir aidé son mari à fuir, sommée de dire où il était On la faisait venir aux divers postes de police où on lui faisait passer des journées entières de violences, de brimades et de persécutions. Le tout dans des flots dinsultes obscènes et de traitements humiliants. En 1995, le dénommé Ayad, chef du poste de police de Sakiet Eddayer, qui soccupait de la famille ALILA, commença à poser la question du divorce lors de ses passages à la maison. Il devenait de plus en plus insistant et maniait des arguments contre lesquels Zohra ALILA navait aucune parade. En effet, le ripou jouait sur la menace de viol contre les filles devenues adolescentes, dune part, et sur lunique gagne-pain de la mère -institutrice-, dautre part. La police a ordonné à la femme de ne pas recevoir les lettres ou mandats de son mari, ou de les rapporter illico au poste le plus proche. Le téléphone a été coupé et on la prévenue contre toute velléité dentretenir un quelconque contact avec son mari. Toute personne, même de lentourage familial le plus proche, qui se hasarde à aller rendre visite à Mme ALILA chez elle, ou même qui se laisse surprendre à lui parler dans la rue, est immédiatement soumise à linterrogatoire, aux mauvais traitements, à la menace de procès et, en un mot, à la terreur pour la dissuader de jamais maintenir le moindre lien avec la victime. À loccasion de la journée mondiale de la Femme, en avril 1997, Amnesty International a fait paraître une brochure exposant quatre cas de femmes persécutées, dont celui de Zohra ALILA. (Annexe II) Les policiers se sont alors présentés chez elle pour lui faire répéter à tue-tête quelle avait décidé de divorcer de son plein gré et que eux ny étaient pour rien Étouffée par létau policier et ne voyant pas de voie de salut, Mme ALILA avait fini par céder aux injonctions de la police. Elle a engagé contre son mari une procédure en divorce quelle avait fait traîner autant que cela lui avait été possible jusquau moment où des policiers sont venus lui reprocher de les mener en bateau et de ne pas montrer assez denthousiasme pour se séparer de son mari Ils lont à nouveau menacée de sen prendre à ses filles, notamment laînée, «pour ses dix-huit ans », avait susurré le ripou Ayed à loreille de la mère terrorisée. Elle avait alors accepté de reprendre la procédure et de laccélérer jusquà son terme. Le divorce fut effectivement prononcé le 29 mars 1996. II- LE CIDT-TUNISIE FACE À LAFFAIRE ALILA: Comme des dizaines dautres Tunisiens exilés, M. ALILA nous avait contactés depuis de nombreux mois pour nous tenir au courant de la situation de sa famille. Comme dautres, il avait le souci de la discrétion avec lespoir que cela éviterait à sa famille des ennuis inutiles. Il narrivait pas à comprendre dans quel objectif politique ou autre on sen prenait à des femmes seules nayant aucune forme dactivité politique. Lacharnement policier croissant quallait subir lépouse et son divorce contraint finissent par le convaincre de la nécessité dagir. Cest seulement à ce moment-là que nous avions rendu public un appel pour la sauvegarde du couple et donc de la famille ALILA. Lequel couple a fêté ses vingt ans le 7 juillet dernier. Daté du 24 novembre 1996, cet appel, avait été adressé notamment à Taoufik BOUDERBALA, président de la Ligue tunisienne des droits de lhomme (LTDH), à Rachid DRISS, président du Comité supérieur des droits de lhomme et des libertés fondamentales (organisme officiel), ainsi quà de nombreux avocats tunisiens, y compris à Sfax. Ce texte figure en annexe III à la fin du présent document. Notre souci était de déjouer le scénario de la police qui repose sur le maintien de lopinion à lécart de laffaire en lui faisant croire quil sagit dune banale histoire de divorce. Les autorités savent quautrement une réaction de dégoût se ferait jour dans la société. Cest pour cela quelles ont poussé loutrecuidance jusquà faire publier un appel à témoin dans un journal à grand tirage, où on prétendait que le mari avait abandonné sa famille «pour une destination inconnue » Nous avons donc insisté sur la persistance du lien matrimonial légal entre les époux et sur le caractère illégitime du jugement en divorce n°36750 rendu par le tribunal de première instance de Sfax, le 29 mars 1996. Cest pourquoi nous entendons par le présent travail, alerter une nouvelle fois lopinion tunisienne et internationale sur une situation inhumaine à tous points de vue. Même si elle concerne une femme isolée et anonyme, dont nous espérons faire entendre le cri de détresse. III- TIMOUMI/ALILA, LE PARALLÈLE PEUT-IL ÊTRE FORTUIT? Hédi TIMOUMI a, lui aussi, quitté son pays clandestinement pour se réfugier en Allemagne. Sa femme et ses quatre filles se sont retrouvées sous le joug dune multitude de brigades, postes et autres districts de police et de Garde nationale Madame Samira BEN SALAH-TIMOUMI a, de même, été contrainte à demander le divorce selon des modalités et des péripéties en tous points comparables à ce qua subi Zohra HADIJI-ALILA. Sauf quà la suite dun appel du CIDT-TUNISIE, diverses interventions ont été effectuées auprès des autorités tunisiennes -notamment et surtout celle de Madame Marie-Claire MENDES FRANCE- aboutissant à la rupture du tête-à-tête infernal entre la victime et ses persécuteurs et, partant, à la libération de Mme TIMOUMI, qui finira par rejoindre son mari en Allemagne avec ses quatre filles à la mi-décembre 1996 dans des conditions que nous avions alors qualifiées de «conte de fée . Entre-temps, les policiers auront néanmoins fait de leur mieux pour récupérer le texte de lassignation du mari devant le juge des divorces. Mais il était trop tard, puisque sa famille lui avait envoyé le document qui était arrivé à bon port. Or, cest ce document officiel original -extrait joint en annexe IV- qui constitue aujourdhui la preuve irréfutable que loffensive contre les familles et les tentatives de dislocation qui les visent sont bien le fait du gouvernement en tant que tel, et non linitiative malheureuse et isolée dun quelconque agent trop zélé. Bien que les traits communs aux deux affaires soient nombreux et frappants (jusquà la composition des familles!), les aspects distinctifs nen sont pas moins instructifs. Jugeons-en: - Du point de vue géographique, lune vit à Sfax, capitale du Sud, lautre vit à Tunis, dans le nord du pays. Comme nous avons des informations sur dautres cas en diverses régions, nous sommes fondés à penser que LA PRATIQUE EST CONCERTÉE AU NIVEAU DE TOUT LE PAYS. - Zohra ALILA était suivie par des groupes de policiers provinciaux. Alors que Samira BEN SALAH avait affaire au directeur des Renseignements généraux lui-même, le dénommé Mohamed ENNACEUR. Cest lui qui avait fixé la date de laudience en divorce en octobre 1996 et qui avait dérobé à la victime la coquette somme de 2500 dinars (12500 francs environ), dont on a informé officiellement Mme TIMOUMI que son argent était allé sans autre formalité, au fonds de solidarité nationale 26/26 - Du fait même de résider à Tunis, Samira BEN SALAH était mieux disposée à déjouer la vigilance des policiers pour garder le contact avec son mari. La police na jamais réussi à annihiler totalement sa volonté de résistance et son autonomie. Zohra ALILA, quant à elle, est littéralement possédée par la police telle une mainmortable. Sous le chantage au viol de ses filles, à son emploi et à lemprisonnement dautres membres de sa famille, elle est prête à obtempérer à toute injonction de ses persécuteurs. - Par suite, Samira BEN SALAH avait réussi à se faire représenter par un avocat qui a porté son affaire devant le ministère, signifiant ainsi aux autorités quelles pourront avoir à rendre des comptes. Quant à Zohra ALILA, elle a été dépouillée de toute faculté de résistance ou de simple contestation. Son attitude est toute de soumission, voire de zèle pour amadouer les policiers. Elle ne veut ni parler à son mari, ni prendre un avocat et encore moins porter plainte. Son seul souhait est déviter le moindre geste que les policiers et leurs commanditaires risqueraient dinterpréter comme une provocation. En fait, il semble quun état de paranoïa se soit emparé de la victime au point quelle soupçonne la police dêtre partout autour delle. Sa réaction totalement négative face au monde extérieur semble indiquer quelle est angoissée à lidée que la police lui pose un piège en lui envoyant un espion, qui pourrait même être de ses proches. Lidée de lomniprésence et de la toute puissance de la police lamène à se tenir à carreau avec lespoir quils ne reviendront pas poursuivre la tyrannie. On aboutit ainsi à une situation hitchcockienne, où la victime refuse de prendre toute main de secours qui se tendrait vers elle par peur quelle soit linstrument dune machination dans un espace où nul ne peut entendre ses appels à laide IV- CONTRADICTIONS GOUVERNEMENTALES: ZOHRA ALILA A-T-ELLE ÉTÉ DIVORCÉE? La question mérite dêtre posée au vu dun document surprenant distribué par le service de presse de plusieurs ambassades tunisiennes dans des capitales occidentales, notamment à Paris. Le texte, daté du 12 mai 1997, était adressé «aux rédactions». Les autorités officielles y affirmaient avoir, dans un «geste à caractère humanitaire», «octroyé» des passeports à cinq femmes dexilés, parmi lesquelles on tombe sur le nom de Zohra HADIJI-ALILA, qui, soit dit en passant, na plus jamais demandé de passeport depuis que le sien avait expiré en 1993. Le document ajoute: « malgré la gravité des faits qui leur sont reprochés.» On soulignera que les autorités nont jamais rien reproché à Zohra ALILA. Mais cest surtout le pourquoi de cette démarche qui intrigue: « en vue du regroupement familial », peut-on lire textuellement dans le document dont nous publions une copie intégrale. Mais alors, comment une femme qui vient de demander et dobtenir le divorce de son mari demande-t-elle à le rejoindre en exil ? Comment les autorités ont-elles pu penser à un regroupement familial alors quelles savaient pertinemment quun jugement en divorce est censé avoir séparé définitivement les époux ALILA. Quelque temps plus tard, M. José APOLINÀRIO, député européen que M. Mohamed-Jamil ALILA avait alerté sur la situation de sa famille, lui faisait parvenir une lettre de M. Tahert SIOUD, ambassadeur de Tunisie à Bruxelles, où il est confirmé au député sans détour ni équivoque, que Zohra ALILA et Fatma JMILI avaient bien obtenu un passeport «afin de leur permettre de rejoindre, comme elles le souhaitent, leurs époux basés à létranger » (Non souligné dans le texte) En annexe V, en plus du document mentionné ci-dessus, nous mettons entre les mains du lecteur une copie intégrale de la lettre de lambassadeur, ainsi que la lettre du Député à M. ALILA. Sous lemprise de la peur, Zohra ALILA sabstient cependant, de considérer la restitution de son passeport autrement que comme un cadeau empoisonné de la police. La scène de remise du passeport permettra à la police de ne rien laisser dans limplicite Mais alors, lavis des ambassades aux médias et celui de lambassadeur SIOUD au député APOLINÀRIO?? V- UNE MANUVRE CYNIQUE ET DE TRÈS COURTE VUE : En fait, les autorités paraissent avoir la certitude que la victime est hors détat de se défendre. Ils ont lassurance quelle est comme envoûtée par la peur. Ils ont donc entrepris de faire taire les cris dindignation et de dégoût venus de lextérieur, devant les menées de tout un État contre une femme seule et ses jeunes filles. Cest dans cet objectif quelles ont lancé la manuvre du passeport comme une vraie diversion. Le reste, elles sen sont chargées selon un scénario digne de Cosa Nostra. En effet, geste rare sil en est, les policiers se sont donné la peine de se rendre chez leur victime pour lui remettre le fameux document. Ce devait être pour eux loccasion dasseoir encore mieux leur emprise psychologique sur la pauvre femme, dune part, et de tenter de la retourner contre son mari, dautre part. Les agents nont pas oublié cette fois-ci que Zohra ALILA était, soi-disant, divorcée de son mari. Ils lui ont donc asséné que, sauf à vouloir se moquer deux, elle navait rien à faire dun passeport. Pourquoi irait-elle en Autriche, nayant plus aucun lien légal avec son ex-mari? lui ont-ils demandé. Dailleurs, ont-ils ajouté, cest lui qui est à lorigine de tous ses malheurs, puisquil «va se plaindre aux étrangers contre son pays ! » Cette descente a dû être lune des plus pénibles quait vécu lépouse ALILA. Jusquau dernier moment, les policiers ont soufflé le chaud et le froid: assurant tantôt quils allaient faire de leur mieux pour quelle conserve son emploi (!), pour tout juste après, la menacer de brûler sa maison et de jeter son frère en prison pour très longtemps si elle savisait de quitter le pays, ce qui équivaudrait à une rétractation de la reconnaissance du divorce et donc de la «parole donnée » Cela, martèlent-ils, ils ne le lui pardonneront jamais QUE FAIRE? La réduction de la victime à un état dasservissement fait que nous sommes face à un problème qui sera difficile à résoudre. En effet, M. Jamil ALILA a réuni toutes les conditions administratives et matérielles pour faire venir, durablement ou même temporairement, sa femme et ses trois enfants auprès de lui à Vienne. Il a obtenu laccord écrit des autorités autrichiennes pour le regroupement familial. (annexe VI) Lambassade dAutriche à Tunis elle-même lui a fait savoir par écrit (Annexe VII) que les siens pouvaient se présenter à tout moment au consulat pour demander leurs visas dentrée en Autriche. Mais encore faut-il que Zohra ALILA entreprenne de son côté les démarches qui lui incombent auprès des autorités tunisiennes en vue dexiger des passeports pour ses trois filles, dune part; et auprès de lambassade dAutriche pour obtenir son visa de sortie, dautre part. Or, la situation de Mme ALILA étant ce que nous avons détaillé plus haut, il lui sera difficile de braver le diktat des autorités, qui pourront même lui commander de faire publier dune manière ou dune autre, une confirmation de sa volonté de divorce Le huis-clos nest pas tant la réalité -elle pourrait le briser- que dans la tête de la victime. Pour notre part, nous ne pouvons que saluer le combat héroïque et désespéré de ces mères de famille tunisiennes, qui luttent bec et ongles pour la sauvegarde de leur ménage et lavenir de leurs enfants. Nous continuerons à agir de notre mieux pour informer lopinion sur la situation révoltante qui leur est faite par un gouvernement qui se targue de respecter les droits de la femme. Nous agirons pour amener ce gouvernement à mettre fin à ce quil faut bien qualifier de prises dotage sur les familles et aux châtiments collectifs et par procuration Nous continuerons à nous préoccuper particulièrement des femmes détenues pour avoir tenté de quitter le pays sans laccord de la police politique. Nous restons à la disposition de toute personne ou organisme désireux de venir en aide aux épouses et aux familles tunisiennes persécutées, ou simplement souhaitant sinformer par delà les plages et le jasmin. Car en dehors dun effort de solidarité international, ces femmes de Tunisie nont guère despoir de salut
Khaled Ben M'Barek, Coordinateur
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20 octobre 2002
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Info express de la LTDH Les travaux du congrès de la section de Gabès de la Ligue
tunisienne pour la défense des droits de lhomme ont été
arrêté suite à lintervention des forces de police qui ont
encerclé le local de la section et ont empêché le
déroulement du vote ,en effet après que les travaux du
congrès ont commencé au siège de la section de Gabès de la
LTDH sous la présidence de M Mokhtar Trifi président de la
LTDH aujourdhui soir ( 19 octobre 2002 ) le chef du
district de police de Gabès accompagné par un nombre
impressionnant dagents de police ont encerclé le local et
ont informé le président du congrès de linterdiction de la
tenu de ce congrès et avec la collaboration des
membres du RCD (parti au pouvoir ) ils ont empêché le
déroulement du vote et ont essayé dévacuer le local des
congressistes qui - avec les membres du comité directeur de
la LTDH - ont décidé de ne pas quitter le siége et ils sont
encore au local malgré la démonstration de force de la
police.
Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme
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Source Tunisie2000 - 19 octobre 2002
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Dépêche de la TNA
TUNeZINE News Agency - Bagdad.
Lambassadeur tunisien à Bagdad a remis aujourdhui au président irakien Saddam Hussein la médaille dor obtenue par le général Zine el-Abidine Ben Ali lors des derniers jeux politiques organisés par le PUP (parti de lunité populaire) à Tunis. Avec un score de 100%, la médaille dor vous revient de plein droit », a écrit Ben Ali à son homologue irakien. « Quant à moi, je me contenterais de la médaille dargent pour mes maigres résultats du 26 mai 2002 (Entre nous, jai honte dexhiber devant vous mes modestes 99,61%). LIrak reste pour nous un modèle de démocratie, de respect des droits humains et de transparence du jeu politique. Je vous promets, Monsieur le Président, daméliorer mon record pendant les prochains jeux politiques de 2004, mais votre score reste indépassable. Il est la limite vers laquelle tend notre rêve politique. Aucun chef dEtat arabe ne peut plus battre votre record de champion. Notre unique consolation face à votre foudroyante et écrasante victoire est que vous ne pourrez plus jamais faire mieux, alors que nous, leaders arabes, nous avons un long parcours à faire pour arracher quelques centièmes. » En conclusion de son long message de félicitations, Ben Ali a écrit : « Vos résultats spectaculaires ne surprendront que ceux qui ne connaissent pas la réalité arabe. »
Omar Khayyâm
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18 octobre 2002
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Correspondance Je ne peux plus écrire pour Tunezine comme je faisais avant. Avant l'arrestation. Avant que ma vie ne se divise et ne se perde. Avant que mes rires ne soient enfermés dans une prison surpeuplée. Avant que que mes sourires ne soient plus que forcés. Avant que ma vue ne se brouille à la moindre occasion, avant que mes larmes ne soient là, toujours prêtes à couler. Malgré tout, il s'agit de tout essayer. Si on ne fait rien, il ne se passe rien. Alors j'ai écrit, incrédule, au Ministre des Affaires Etrangères français. Une bouteille à la mer en fait, et non seulement, j'ai reçu une réponse mais celle-ci est plutôt encourageante. Par conséquent, je ne peux que vous faire partager l'échange épistolaire que j'ai eu avec l'Etat français ! Voici tout d'abord le contenu de ma lettre, dont vous pouvez voir la version scannée ici.
Et voici la réponse du Quai d'Orsay...
Bien entendu, sur ma lancée, j'avais aussi envoyé une copie de ma lettre à l'Elysée. C'était la première fois de ma vie que j'écrivais au président de la république. Et bien cette fois-ci encore, j'ai obtenu une réponse dont vous pouvez voir la version scannée ici. Comme vous vous en doutez, ceci n'est qu'un début...
Sophie
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15 septembre 2002
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Bras ouverts et yeux fermés Halima vient de naître, cest la fille de mon ami Anis. Aujourdhui il est trop heureux, jai vu les larmes dans yeux, il ma dis quil est devenu responsable dune famille. Je disais : hier tu nétais pas, merde. Lêtre humain doit être engagé de sa naissance même sans famille, sans fille. Je disais encore oublis ses mots et reste soit même avec tes idées, tes convections, tes principes et ta joie, mais non il disait : aujourdhui jai ne peux plus aller plus loin avec toi, avec tes idées rebelles, toi tu cherches limpossible, tu cherche la liberté, tu cherches la dignité, je ne peux plus taccompagner. Laisses moi nourrir Halima et sa mère, jai peur de tous ceci. Je naime pas les cellules et jaime pas que Halima soit orpheline, je suis venu, te passer tes livres, tes poèmes, les voilà et merci pour tout. Hier ce monsieur avait les mêmes idées que moi, hier il demandait la paix pour les ouvriers, hier il vendait les roses pour les étudiants, hier il parlait si fort, il était un grand parleur. Hier mon ami aujourdhui tu es encore. Je narrive pas à comprendre comment se changent les hommes aux yeux de leurs enfants, aux yeux de lhistoire. Ils ont eu peur de la famine, ils sont malades du prestige, ils sont malades des cravates et des costumes. Hier ces gens portaient des principes nobles, ils portaient des casques douvriers, ils parlaient la liberté, la démocratie, ils parlaient justice. Ils ne sont pas de traîtres, mais ils sont mal formés. Ils nont pas aimé la vraie vie. Ils nont pas vu des grandes histoires damour, ils ne savent pas aimer ni les femmes, ni leurs enfants, alors comment ils peuvent aimer leur pays. Comment ils peuvent aimer les autres, donner aux autres, comment ils peuvent faire justice. Comment mon cher ami va expliquer à sa fille le taux de chômage? La criminalité?, La liberté? Les principes? Les idées? La lutte et lévolution de la société?. Je ne sais pas quest ce quil va dire à sa fille quand elle voudra travailler sergente ou faire le bénévolat pour le sondage de la population. Jaimerais voir mon ami à lage de 55 ans privé de toute dignité, comment il va se sentir? Toute sa vie la gâché pour quelques médiocres dinars dans la banque. Je veux vous dire avez vous une raison de vivre? Un rêve? Un projet noble? Je crois que vous allez me dire oui, nous travaillons, nous mangeons, nous baisons et nous attendons la mort, je vous dis que vous êtes déjà morts. Les grands disent que la beauté est la réalité. Alors pourquoi vous vivez sous une pression féroce, avec des masques incroyables, vous les portez chaque matin, devant vos femmes, devant vos enfants et devant lhistoire. Comme si vous étiez comme de passagers à travers ce pays, à travers votre vie et travers vos rêves, laissez moi vous dire que vous navez pas vécu. Halima a déjà 15 ans. Elle est belle comme une fleur. Elle est souple à la souplesse de mes rideaux blancs, charmante comme une petite chatte. Halima est fière delle-même, de son corps de jaguar, de ses yeux kayak, elle aime la vie. Halima porte des lunettes noires et sombres. A ma jeunesse jai n'ai pas vu des filles comme elle, je disais que pense t-elle de moi, le vieux à barbe blanche non encore marié, dans son vieux pantalon noir, avec des lunettes sales à lentilles concaves. Je vois ma jeunesse qui passe devant moi, mes années, mes jours, mes soirées, mes bouteilles du vin et la lune. Jai eu peur de parler avec-elle, jai même dépêché pour quelle ne me parle pas. Quelques pas de plus et sa main me touche me rend fragile et froid, elle court devant moi et dit attrapes moi, vas y attrapes, je ferme mes yeux, jouvre mes bras et je marche comme un fou du village. Elle rigole, elle rit, elle court, elle danse de devant, je continue à marcher les yeux fermés, elle me touche de mes doigts pour me conduire devant ma porte. Jai vendu mes cameras, jai vendu ma grande maison, jai plus des amis, jai plus des invités, jai plus de femmes, jai plus de livres, jai plus de plans de coupe, jai plus de scénarios, jai plus de scènes à monter, ni des films à habiller. Halima est parti sans dire bye bye, je me trouve alors sur mon lit totalement épuisé, fatigué, je suis dans la merde de vieillesse. Halima à déjà 17 ans, elle nest plus enfant, elle marche comme les femmes avec souliers pointus. Elle porte des robes larges à fente entre les cuisses. Jai vu Halima porter la plus belle robe soirée au mariage dun de mes voisins. Elle était ce soir la reine, la plus belle de toutes les filles, son sourire est calme, ces lèvres à faible touche de rouge à lèvres font danser les jeunes autour delle. Jai vu aussi son père ce jour là, il est devenu plus vieux que moi, mais il se tient encore debout. Il ma dit que Halima veut faire le cinéma. Je disais merde, qui la fait savoir ce monde de fou, cest toi le malfaiteur, il ma dit non. Elle a vu tous les films que nous avons fait ensemble, elle ne dort plus, elle veut que jachète une caméra, la perche et la table de montage, peut tu maider à faire rêver ma fille. Jaime pas quelle rêve, jaime quelle fait sa vie loin des livres, loin des principes, loin de la liberté, loin de la dignité, loin de moi, sa vie va se gâcher. Attention monsieur, elle doit faire comme son père, elle doit couper si vite, si non elle na plus davenir. Mon ami me dit, cest toi qui parle comme ça ou quelquun dautre, alors quoi, tu coupes toi aussi après voir faire nourrir Halima avec tes images, tes plans de coupe, tes scénarios ou quoi. Je veux quelle fasse le cinéma, quelle découvre ce monde, je veux que ma fille soit réalisatrice. Halima arrive, toute souriante, fragile, charmante, ses yeux sont devenus plus grands, jai vu la décision, jai vu un regard digne de respect. Je disais : Halima soit prudente avec tes choix, la vie nest pas des roses, la vie n'est pas des images, la vie n'est pas un plateau de tournage, tu risque de passer toute ta vie à recherche dun plan de coupe, tu risque ta vie à la recherche des beaux yeux comme les tiennes. Halima disait : maître, je suis prête. maître, je veux terminer le chemin de mon père qui a coupé si vite. Il ta laissé seul à imaginer tes histoires, mon père na pas vécu, moi je veux lêtre. Jaime caresser les caméras, les films, mes personnages, jaime mon plateau, jaime la fiction. Je veux faire les nécessaires et plus pour que mon film soit le plus simple possible et le plus touchant. Jai déjà le sujet, lidée a bien circulé dans ma tête et autre mes yeux. Je voudrais faire un film ni fiction ni documentaire, un film flottant entre la réalité et limaginaire, mes personnages sont là, la musique aussi. Je veux que tu sois mon Héros. Le film sera au nom de Barra Hakkeka. Je veux te filmer, je veux que tu me raconte tes histoires, tes voyages, tes femmes, tes amis, tes livres, tes sacrifices et tes aventures. Jaime te découvrir, je veux texplorer, je veux te gagner, je veux touvrir à tout le monde. Je disais laisses moi partir, mais tu peux commencer à tourner immédiatement. Il faisait 2h de matin, jai envie encore de rester seul, jaime le silence, jaime la nuit. Jaime mon lit. Jai beaucoup de chose à écrire, mais les lignes me paraissent longues. Je ne sais pas quoi écrire, alors que jai envie de le faire, les mots ne veulent pas sortir de ma gorge. Je suis à la recherche de mon texte, je ne peux pas écrire le simple et beau comme les autres, je suis comme ça. Jaime écrire à ma façon, comme dhabitude hors sujet, et pourquoi? Ma vie était hors sujet, mes études étaient hors sujet, ce monde est hors sujet. Jai une très bonne idée dans ma tête, jaime bien écrire un scénario dun film, je voudrais le nommer SENS INVERSE. Je continue à marcher, je pensais à ces images, alors que Halima tourne un autre monde, elle me cherche, alors que je suis toujours ailleurs. La rue de saline commence à se vider de marchants ambulants, les saletés sont partout, les papiers, les pierres, les restes de fruits dominent la petite place. Un petit restaurant encore ouvert, celui qui est juste en face de la place de monnaies. Un homme à lâge de 55 ans (cest moi, mon image) à larges épaules, habillé en costume noir, sort du restos et se dirige à droite, il marche vers la rue de saline amenant à Bâb Elkhadra. Brusquement deux hommes, plus jeunes et plus rapides sortent entre les ruelles et se placent derrière Kacem, ils sapprochent très vite de lui, de larrière. Ils saccolent à son dos et disent : Continue tout droit, marche, ne retourne pas. Il répond en toute confiance, en disant mais Qui vous êtes? Nous sommes létat, nous sommes la justice, ils parlaient comme sils étaient programmés à dire ses phrases, avec un ton si fort, et rythmé, ils continuent le questionnaire: Où est Ammar, il doit être avec toi aujourdhui, je répondais mais Qui, Ammar, jamais vu. Je voyais Halima, me filmer. Elle se fatigue à chercher un plan en marchant. Elle court devant moi, mes yeux se ferment, jai lhabitude de marcher les yeux fermés, jaime pas voir les faux regards, les mauvais yeux, les bouches bées et mes voisins. Ils disaient le pauvre vient de rentrer, totalement ivre comme dhabitude, ils jetaient les restes de leurs tables devant ma petite maison à chambre unique. Les filles disaient à leurs mères, pourquoi le vieux supporte nos ordures ? Pourquoi, il ne parle pas? De quoi parler? De vos ordures, de vos restes, de vos saletés, de vos livres quoi. Pardonnez-moi, mais jai rien à vous dire, quand vous avez déjà perdu vos références, alors que vous cherchez vous-mêmes chez vos voisins(immigration), vous êtes qui vous êtes? Halima continue à danser avec la caméra. Elle me demande de sarrêter pour parler devant son appareil fixe sur les trépieds, jai vu ma tête en grand plan au centre du cadre. Elle voulait me faire un grand plan, peut-être quelle voulait lire mon visage, mes regards, lire mes idées à travers mes moustaches et ma barbe blanche. Halima, me dit : Vas-y parle, dis nimporte quoi, parles avec tes lèvres, parle, vas-y je técoute. Jai plus de force de parler debout. Je massois accroupi, je peux plus vous parler debout, jai pas le visage de faire ceci, devant le monde tout entier, vous mavez fais de moi un karakouz. Pour vous parler, jai dois avoir lautorisation de tous les ministères y compris lautorisation de vos bêtes. Pour vous parler, il faut sasseoir accroupi, ou totalement à plat ventre, avec un seul il ouvert. Vous avez fait de moi impuissant de parler et même décrire, alors pourquoi vous demandez ceci de moi? Jai ne plus rien à dire sauf pourquoi vous êtes encore de vie. Jai vu comment Halima a coupé de tourner. Elle na pas voulu filmer ces mots, elle a voulu que je parle du réalisme social. Halima est assise encore devant moi, les mains sur les joues. La camera était arrêté. Ses armes aux yeux. Elle na pas pus me filmer. Elle na pas aimé le discours. Elle voulait écouter mes voyages, mes histoires damour. Alors que chez moi, tous passes par ma tête, et peut être sauf mon corps qui voyage, après avoir que jai déjà tous vécus à ma place. Mais, le plus beau, quaprès mon discours, jai senti comme si jétais assis devant mes commissaires, mes yeux pleins du sommeil, alors quils me questionnent pourquoi tu nas rien à dire? Pourquoi tu connais pas lhistoire de tes relations avec la liberté, la dignité? Pourquoi tu voyages beaucoup? Pourquoi tu marches les yeux fermés? Pourquoi tu ne travailles plus? Pourquoi tu te rappelles de rien? Jai leur demandais de me laisser dormir, jai plus de forces pour parler, pour répondre aux questions si bêtes. Ils mont injecté un médicament contre sommeil, jai senti comme si du courant électrique se propageait dans tout mon faible corps. Mes yeux souvrent, jai senti lénergie de lenfance entre mes épaules, dans mes jambes, jai demandé alors un verre deau. Un verre deau glacé avec un petit morceau de lemon était immédiatement commandé par lun de commissaire. Je disais alors, monsieur, doù voulez-vous que je commence? Lun mordonne de commencer par mon dernier voyage. Je disais, si Halima était à coté de moi, elle doit se préparer pour chercher ses plans de coupes. Mais quand même je voyais la fille bouger sur le plateau, vérifier ses artistes, maquiller ses figurants, chuchoter dans les oreilles dingénieur du son, jai vu comme si elle embrasse la perche. Elle disait : attention, silence je tourne. Jentre au plateau, ma valise, à la main droite, je faisais la queue comme tous les passagers. Je tenais entre mes dents mon passeport, comme un chien. En voyage, je ne parle pas beaucoup. En voyage jécoute les histoires des autres, En voyage jendosse lexpérience. Me voilà alors assis dans ma place sur laile droite de cet appareil volante, le moteur en marche, bientôt on décolle. Je nai pas encore parlé, jattends ce moment, jaime le décollage et jaime les pigeons. Lavion est à 5000 mètres daltitude (je suis pas Taliban). Nous avons déjà 30 min de voyage, mon voisin ouvre sa veste et me montre ses papiers. Il me regarde froidement dans les yeux. Il place sa main sur ma cuisse, comme sil me tranquillisait en disant, cher monsieur, je fais partie de ta liberté, de ta dignité, je serais ton accompagnant dans votre mission de recherche de soi même. Je suis le commissaire qui soccupe de toi depuis votre naissance. Je serais toujours présent aux réunions, aux dîners, aux soirées, et même entre tes dossiers, ma mission est de tenir pour toi ta plume, alors jaime que tu te force à être tranquille. Halima, na pas aimé la présence sur son plateau de ce commissaire de crotte, elle arrête le tournage, elle sadressant alors à lui en disant : Écoute bien napproche plus de mes artistes, laisse les libres de sexprimer, jai besoin de leurs vrais visages, de leurs vrais vie, de leurs vrais sourires, de leurs vrais émotions, ici on fait pas du cinéma, ici on tourne, ici on fabrique des rêves pour tes enfants, écoute moi bien : Ta présence ménerve, me gêne, me fait perdre la tête, je peux plus travailler, alors quitte moi. Elle demande encore une autre fois aux assistants de tout refaire. Jassois à ma place encore une autre fois, je ferme les yeux, je continue mon voyage. Je voulais changer ma place, mais cest impossible, mon voisin sendort et la rêve de liberté me tient, je ne suis plus suivi, je suis libre, je peux rêver pour quelques minutes. Jai senti comme si je suis lagent du bord, le plus libre dans cet espace volant. Je marche entre les rangs du salon pour faire servir les voyageurs. Me voilà assis accroupi à une dame de 40 ans, la Dame est trop belle, elle a envie de fumer, je disais alors puis-je allumer pour vous? avec sourire elle me disait : bonne présentation, mais avec plaisir, elle fait sortir une cigarette, lintroduisant entre ses lèvres Fragiles, la faisant tourner puis elle la sucée comme un bonbon. Jallume mon briquet et doucement ma main se déplace vers ses lèvres, vers le bout de cigarette restant à lextérieur, le filtre a totalement disparu dans la salive, japproche ma main tranquillement, mes yeux fixes entre ses seins, elle a déjà fait éteindre le briquet, en soufflant, son parfum me place en parfait déséquilibre pour tomber entre ses jambes, cest là où je voulais continuer mon voyage. Deux jambes en marbres me tiennent pour que ma tête tombe sur ses cuisses. Là jai fermé mes yeux, ses mains me caressaient comme si jétais son bébé. Léclairage est trop forte, la lumière me fait mal aux yeux jai demandé darrêter le tournage. Halima, se met à pleurer, comme si elle disait : Je veux encore tourner, la scène est la mienne, je me sens là dedans, elle se met à genoux et peut-être, elle a senti la jalousie de la femme aux jambes en marbre. Halima na jamais voyagé, elle ne savait pas que la femme est aussi un commissaire. Elle se met debout pour dire aux techniciens que le tournage est fini. Elle pleurait comme une gamine, son film est mal conçu, ses artistes sont mal choisis. Les deux commissaires en face de moi nont rien compris, ni le début, ni la fin, ni madame le commissaire doù vient-elle. Il non pas compris quun artiste est assis devant eux. Ils demandaient que je dois tout répéter tout en illuminant les détails. Je disais : je ne peux pas tout recompter sans dire le moindre détail, sans sarrêter à toutes les stations de mon voyage, je vous parle de ma vie, de ma femme, de mon cur, de mes forets, de mes jardins et même de mon lit. Ils mon fait une autre injection contre sommeil, cette fois ci, eux aussi ils sont fatigués, ils ne peuvent plus suivre lhistoire de mon voyage, Ils me demandent de nommer les gens, ceux qui m'ont invité, je disais: Mais oui, laissez moi vous dire comment jai terminé mon voyage. Halima na plus de force de tourner, na plus les forces de réorganiser son décor, ni de chercher ses plans de coupes, la voilà assise à coté de moi pour écouter mon procès. Mon procès ne doit pas être filmé, mais plutôt gravé sur les murs de nos villes et nos villages, un film nest que quelques plans de lhistoire, la camera ne peut pas capter mes pensés, mes idées et mes rêves, Halima voudrait tourner la liberté. Halima veut tourner la dignité, cest bien beau sa volonté, mais comment le faire aujourdhui. Le voilà a mon coté pour mécouter devant mes commissaires. Je ferme mes yeux, mes lèvres commencent la dicté, le commissaire rédacteur narrive pas à me suivre, je lui demande décrire et décrire mes lèvres, mes yeux, ma poitrine, mes mains, et surtout les yeux dHalima, comment ils réagissent aux mots, aux idées, je voudrais avoir un témoin digne dy vivre, alors me voilà je me dévoile : Né depuis léternité, entre les arbres fruitiers, sur les montagnes, aux champs de blé. Entre les agriculteurs et les ouvriers, aux lèvres des enfants et sur les toits de mon pays. Moi je suis la liberté elle-même, je suis la dignité aussi, jai lu tout ceci dans les livres de mon grand-père. Jai écouté tous ceci dans les histoires de ma mère, aux nuits dhivers, aux champs des oliviers. Jai appris la liberté sur les branches darbres, avec les oiseaux en pleine forêt. La dignité était ma première leçon de la vie sur cette plage. Jai vu la dignité sur les vagues de la mer se déplacer, pour saplatir à mes pieds. Jai vu la dignité chez les pierres de notre maison. Ces pierres ne sont jamais tombées à cause des pluies, dorages et du vent. Elles sont toujours là, à leurs places comme mon grand-père les a placées, il y a plus de cent ans. Vous monsieur, vous faites procès pour la dignité et la liberté, dites-moi donc que voulez-vous de moi, je suis né libre et digne, je suis comme ça. Je suis contre la loi? Est-ce que la loi minterdise dêtre digne? Pourquoi vous voulez que tout le monde soit à vos ordres? Pourquoi voulez-vous faire de moi un homme sans espoir, sans rêves? Est-que vous navez rien à faire sauf soccuper de moi? Soccuper de mes écritures? Pourquoi, je dois tous vous dire? Je ne suis pas venu ici pour demander votre subvention, je ne filme plus, mais écrire, je ne peux pas marrêter. Laissez-moi partir, jai envie de dormir, Halima, na plus de force pour vous écouter. Les deux commissaires dormaient, ils nont plus de forces même pour me donner mes papier, je suis sure quils ont mal de leurs mission impossible. Médiocre procès, minables commissaires, mauvaise écriture. Halima, na rien compris, ses yeux sont pleins de sommeil, elle na pas cru ses yeux comment elle sera bientôt suivie, invité, mal traité par des commissaires détat, qui veulent tout savoir même les plans de coupes. Je disais à Halima, tu peux inviter ses gens là pour filmer, tourner le cinéma qui leur convient. Moi non, je peux pas écrire pour eux, je peux pas lire pour eux, je peux pas filmer pour eux. Toi Halima, tu dois choisir entre les deux camps, si tu veux filmer alors vas dans leur camp, si tu veux mourir sans monter, sans plaisir dhabiller ton film, sans nourrir ton bébé, prends ta place à coté de moi. Ne me filmes plus, tu risque ta vie, tes rêves, ta raison de vivre. Écoutes moi Halima, chez nous lêtre humain nest pas considéré comme citoyen, il est plutôt un animal domestique et parfois sauvage. Chez nous ma petite, lêtre humain est tué. Alors tu peux changer tes sujets de tes films vers les animaux, vers les forêts, vers les dunes de sable. Ne cherche plus à comprendre, pourquoi ceci, pourquoi cela. Avec leurs télévisions, leur cinéma, leurs films et leurs journaux ont fait perdre ce peuple ses points de références nobles, comme ça ce peuple ne sais plus quoi faire, quoi choisir. Chez nous, lêtre humain nécessite toute une procédure de renaissance. Halima marche a coté de moi, sans parler, sans faire des commentaires, je savais quelle pense si loin de moi, je savais quelle mécoute pas, Halima a décidé de sécouter. Je me suis arrêté de marcher. Je ne peux plus, alors quHalima continuait à marcher en avant. En face delle mapparaît un nouveau sujet, un nouveau homme, une nouvelle histoire. Elle na même pas retourné pour dire à bientôt. Je veux quelle marche, je vais quelle continue, je ne suis plus son héros, je ne suis plus son personnage préféré. Jai fermé mes yeux donc, ma dernière image était ces longs cheveux avec qui le vent jouait, les basculait à gauche et à droite. Jai imaginé alors le prochain héros dHalima. Il faisait froid à Tunis ville, Halima à déjà quitté la petite ville de Sud, pour sinstaller définitivement à la capitale, je voyais comment elle traversait le grand avenue, pour entrer à lhôtel Africa. Je savais pas pourquoi, mais je suis absolument sure quelle cherchait le héros ..quelle cherchait à parler avec son héros, quelle suivait son sujet. Halima était et reste avec une extrême patience dans sa recherche. La réception de lhôtel est tout en vitre, je voyais la réalisatrice assise en face dun jeune homme à son âge. Halima a déjà 25 ans. Totalement libre de lautorité parentale, je ne crois même pas que son père pouvait dicter quoique ce soit. La fille avait une telle confiance en soi-même que je ne peux plus vous le décrire. Cest vue de la façon comment elle marchait doucement, cest vue de la façon comment elle sassoyait en face dun homme, la confiance dont je vous parle dépasse mon imagination. Dos parfaitement droit, poitrine parfaitement gonflée, cou dressé, lèvres presque immobiles quand elle parlait. Sa jupe en plis, blanc, parfaitement propre, parfaitement dressé que vous ne pouvez plus le distinguer dun miroir en rais. Le héros est assis devant cette magnifique créature la bouche bée. Jai vu comment il tremblait, comment il cherchait lallumette dans tous ses poches, un sueur épouvantable qui coule partout, sur sa poitrine, sur son dos. Ses yeux jouant partout dans la salle, il cherchait à fixer ses idées. Il ne se trouve pas nulle part, à sa place je quitte ma place. Je laisse ce monstre me chercher partout. Il se tient encore et encore, Halima nest ici pour le-séduire je crois. Le voilà quil bouge ses lèvres en disant jai ne rien compris de qui tu parles mademoiselle, je suis pas héros, je suis un simple gars qui cherche à travailler au gouvernement, je veux la tranquillité, le silence, je cherche rien moi sauf tes yeux si tu maccepte. En versant de leau dans le verre dHalima il fait tomber le sien. Le héros dHalima est totalement en désaccord. Il sait même pas servir une femme, Halima savait les trucs des tables, des restaurants et des grands dames. Je vois bien quHalima ait déjà décidé que ce monsieur ne peut pas être son héros. Elle se met debout, juste devant ses yeux, on lui donnant dans la main une papier mouchoir. Le jeune se tranquillise juste à la sortie de la plus belle-fille de Tunis. A vrais dire ce monsieur nest pas être Héros, Le héros comment vous le savez déjà, doit être acceptable physiquement, je voyais pas des grands yeux, des vrais regards, je voyais pas une large poitrine, ni un grand visage, le caméra doit détecter les mouvement des lèvres, des sourcils et pourquoi sil faut le battement de son cur, ce monsieur à lair poli, mais il nadmet pas une large poitrine là ou Halima peut satterrir. A sa place je ne prendrais jamais ce type pour Héros. Je ne crois plus dans lexistence de ce héros là à Tunis ville. Je disais même que Halima na plus le goût de balayer la ville chaque jour à la recherche de quelquun qui peut jouer le rôle dun grand homme de politique. Le héros dHalima doit changer le monde pour vous. Il doit mener deux révolutions successives. Une révolution culturelle, ainsi quune révolution économique. Je commence à douter dans toutes les démarches de cette jeune fille. Jai posé le question à moi même 1000 fois, pourquoi ne pas choisir une femme comme héros. Une femme aussi peut faire laffaire, ainsi elle peut mener deux révolutions, il suffit de modifier le texte du scénario. Halima a beaucoup cherché mais elle na pas remarqué quuniquement elle-même peut nous conduire là où il faut avec une seule révolution. Ici j'ai demandé, mais pourquoi le scénariste veut deux révolutions, en même temps. Nous on peut pas supporter deux révolutions en même temps, je crois que ce monsieur va trop vite. Nous navons pas pu supporter une politique, alors comment y faire avec deux chocs. Ah le voilà avec un autre Héros, ils traversent lavenue pour entrer au café Tunis Club. Cette fois ci je prendrais une place juste à leurs coté, je veux voir ce monsieur de prés. Le serveur se penche vers elle, alors que le nouveau héros bouge ses fesses sur sa chaise en fer. Il tient le dos totalement droit en croisant ses jambes sortantes de dessous de la table, le monsieur ne peut pas se tenir en face dHalima. Je vois que ce monsieur est très impoli, de plus il se croit trop confiant en lui même. Halima commence le sujet avec une large sourire, en faisant attirer ses sourcils en hauts et bougeant ses épaules en arrière. Halima lui demande : Tu es bien dans ta peau toi? Tu es à l'aise? Lhéros répond : Oui, je suis parfaitement tranquille. Halima lui demande : Mais tourne-toi pour être en face de mes yeux je veux voir les tiens, tes regards, je veux lire sur tes lèvres les mots. Concentre-toi avec moi, je veux te connaître, tu seras peut être mon Héros dans mon film. Non, Non je suis toujours avec vous mlle, je mexcuse de ne pas assieds correctement, jai peur de tes yeux si brillantes, sil te plait ne me fixe pas comme ça, tu peut demander tous ce que tu veux, mais je veux te dire une chose, je suis ton Héros. Halima, lui répond : Un héros timide cest pas ehmmmmmmmmmmm, mais continus parles, je veux técouter parles, oui jaime écouter tes histoires, tes aventures. Il se met débout (1.85m), un homme plein de 200 livres ou plus, il tourne la chaise avec une telle rapidité et une telle vigilance, sans aucun bruit, comme si rien ne sest passé, il croise ses bras sur la table, le dos de la chaise est dans son ventre. Il dit : Moi je suis artiste de naissance, mais je nai pas eu ma chance, je savais pas quil y a un monde si vaste et si puissant, cest ma copine qui ma parlé du cinéma , Halima lui demande comment est-elle? Est-elle belle? Il ferme ses yeux et dit : absolument belle, absolument charmante, absolument gentille, je disais, elle fait tourner la terre, cest elle qui fait danser tous les jeunes de lécole. Jaime cette fille plus que le cinéma. Halima dis : Si je te demande de me faire le Chameau immédiatement ici, juste au café, fait ceci pour elle. Il se met débout en plein café, il applaudit deux, fois, que tous le monde se retourne pour lui, Il commence a faire tendre son cou, tellement loin de ses épaules en mâchant ses mâchoires à gauche et à droite, que tous le monde se met débout, ainsi il écarte ses jambes et se penche en avent et commence à reculer en arriére..a vrai dire je voyais un chameau, pas un être Humain. Halima prend quelques notes, elle se met débout comme tout le monde et commence à applaudir. Je disais le voilà, le vrais héros. Halima n'est pas encore satisfaite, elle lui demande de faire le Coq. Il inspire trop fortement et demande une blouse du garçon, on voyait alors une blouse rouge qui se jette du fond du salon pour quil lattrape comme ci il jouait au Volet-Ball. Il met la blouse se penche, croise ses bras en arrière du dos, rassemble ses lèvres pour former le Bec du Cop et commence a sauter dans la salle en criant Coooooooooooq Coooooooq Coqq Coqqqq Coooooqqqqqqqqq, tous le monde sassoit devant cette créature dHalima. Halima na pas bougé, na rien dis, le chef du rang arrive au centre du salon et dit : Il te reste encore un test à passer, Halima les bras croisés : Quoi donc. Le chef du rang dit : je veux quil danse en demandant avec sa main droite à son garçon de faire fonctionner la musique. Une chanson de Kazem essaher : Ye sakina Hayinna .Lhéros commence à danser, je croyais que cest une femme, et avec une geste rapide invite Halima, la belle est au centre du Café pour danser avec son Héros, tout le monde autour commencent à applaudir la danse et chantant la chanson damour .cétais beau vraiment ..nous avons des Héros, reste uniquement à les découvrir. Jai vu alors Halima sortait du café, en basculant sa tête à gauche et à droite, elle est fière delle-même. Je crois quelle à besoin un peu de repos après ce fameux casting. Notre héros est encore debout au centre du salon, il balaye avec ses grands yeux tous les coins du café, mais ses regards ont perdu la gazelle, qui la fait naître en lui- même une grande estime. Il sort du café en courant à la recherche de la réalisatrice. Elle na pas laissé ni son adresse, ni son téléphone. Le monsieur sarrête en plein rue, comme ci il est devenu fou. Les voitures sarrêtent pour klaxonner derrière lui. Il frotte ses mains, puis ils les ouvrent largement pour crier : je suis Lhéros, je suis lHéros jai trouvé moi-même, je trouvé moi même ..Merci Isis .merci Halima . Une réalisatrice folle peut-elle changer ce monde? Ce centre ville en studio de casting. Jai quitté le café comme si ne javais rien vu. La rue est pleine du monde. Les couleurs sont très agréables, il y a le rouge, le jaune et peu de blanc. Jai constaté quil y a beaucoup de gens portaient le noir. Les jeunes sont trop nombreux, les filles sont tellement belles. Ils marchaient tranquillement comme si le temps nexistait pas pour eux, les jeunes garçons draguent les jeunes filles avec des mots inconnus pour moi, les jeunes ont eu leur propre langage. Jai compris que je suis ainsi dépassé par les évènements. Ils parlent déjà une autre langue, ils marchent autrement, ils aiment autrement, jai plus de place entre eux. Ce monde là est totalement désorienté. Je continue à marcher vers la gare du Nord, évidemment sans but prédéfini à lavance. Je ne prendrais pas le train de 18h, la vie est aussi belle à Tunis ville. À la gare et juste à la grande place des voyageurs, jai vu Halima. Je disais, il faut ne pas sapprocher delle, elle est en train de chercher, mais non, de chasser un visage, un personnage, soit un héros. Halima est à la pêche. Moi je serais pour elle lapprenti dexcellence. Des gens, des femmes qui entrent, qui sortent, des garçons des filles, des enfants comme ci cest la fête. Halima est trop chanceuse davoir tous ces visages devant elle. Ces yeux, ces regards présentent pour elle le plus vaste champs de recherche. Cette forêt dhommes et de femmes ne me dis rien, tous simplement je vois rien sauf leurs masques. Y-a t-il parmi tous ces gens là quelquun qui peut jouer un rôle : un homme à la gabarie de Gandhi. Je ne crois pas, mais nous avons entre nos yeux une grande réalisatrice. Le voilà qui sinfiltre entre les hommes pour faire sortir, arracher un homme de sa femme, il a 40 ans ou presque. Ils marchaient vers le petit jardin en face de la gare. Sa femme sarrête de marcher, elle croise ses bras sur la première marche des escaliers de la gare. Je vois bien quelle na pas accepté la situation, elle est même jalouse, mais je vois aussi quelle est impuissante devant ce monstre. Halima a le droit darracher les hommes de leurs femmes et les femmes de leurs maris. Lart, le cinéma ne fait pas de compromis. Halima et ce monsieur, que je vois engagé politiquement sassoient tranquillement sur un banc en bois. Laissez moi vous dire, pourquoi jai compris que ce monsieur est politiquement engagé. Ce monsieur porte un costume vert foncé, en plus il est barbiche. A vrais dire il porte les contradictions sociales et politiques en même temps, je vois quil va tout mélanger dans la tête dHalima. Me voilà alors pour vous imaginer lhistoire de second héros dHalima. Vous pouvez donc allumer une cigarette, jaime que vous disposer un peu du temps pour ne pas avoir mal à la tête. Moi jai déjà allumé. Ce monsieur à barbiche semi-blanc né au Sud dans les années soixante, il a la peau au couleur du blé( cest moi encore une autre fois). Sa femme qui est entré dans la sienne est totalement nouvelle dans sa vie, cest pourquoi, quil na pas hésité daller avec Halima pour la moindre invitation. Ce monsieur était marié ...(A suivre)
Kacem
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15 octobre 2002
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A propos de la charte ... Le forum TUNeZINE est implicitement dédié à Zouhair Yahyaoui, alias Ettounsi, son membre fondateur et animateur zélé. Tout simplement. Ainsi qua tous les prisonniers politiques tunisiens, dopinion ou de conscience, et tous les pauvres gens incarceres sans proces et tortures injustement par les agents a la solde de la dictature du general Ben Ali en Tunisie. Le but du forum, son objet. La lutte contre la torture et la défense des droits humains, conformément à : - La déclaration universelle des droits de l'homme de 1789 *, complétée par - La Charte des Nations Unies de 1948 (qui prévoit notamment le droit au retour pour les palestiniens), - La Convention contre la Torture (et autres traitements inhumains ou dégradants) de 1984 - La Constitution tunisienne, etc. Tout ce qui s'oppose aux lois en vigueur en France n'est pas acceptable. Quand des reuleuleus au service du bey de Carthage (pour reprendre un terme de M. Haddad) y écrivent des propos diffamatoires, antisémites ou injurieux, Sophie n'a pas seulement le droit mais le devoir des les mettre à la poubelle immédiatement (et interdire de séjour pendant une durée déterminée ou définitivement les fautifs du salon). Je me demande si l'on ne devrait officiellement pas encourager les forumiers insultés, menacés ou atteints dans leur dignité par les policiers tunisiens de linternet à porter plainte systématiquement au commissariat le plus proche et rendre compte des incidents au Quay d'Orsay & aux services diplomatiques francais et étrangers présents en Tunisie, aux ONG de défense des droits de l'homme et aux journalistes, pour information, et même informer les autorites tunisiennes et insister pour quelles fassent systematiquement une enquete sur les agissements scandaleux de leurs propres agents, et exiger des resultats, afin que le general Zine El Abidine Ben Ali, que je tiens comme etant personnellement responsible de tous les dysfonctionnements et de toutes les agressions commises dans cet espace public de libre expression de lopposition politique tunisienne quest le salon TUNeZINE, prenne des sanctions contre lui-meme et ses agents indélicats. De même, Sophie, qui sait à peu près d'où viennent les messages non proxysés devrait signaler chaque incident grave à la CNIL et à l'éventuel provideur afin de leur demander de prendre des sanctions et poursuivre juridiquement les dellinquents tunisiens au service de la dictature. A premiere vue, il y a deux sortes d'intervenants dans le forum TUNeZINE, les opposants politiques tunisiens, versus les partisans de l'État unitaire qui repose sur un système néofasciste et qui mène depuis 1984 au moins une politique sécuritaire marquée par des dérives en tout genre et des abus de droit ignobles. Nous nous intéresserons seulement aux opposants qui, comme leur nom l'indique, s'opposent non seulement à la dictature barbare mais encore les uns aux autres car chacun a sa propre opinion. Certains sont contents qu'il y ait une Charte pour le forum TUNeZINE, d'autre moins. Il faudrait demander à M. Zouhair Yahyaoui, tant qu'il est vivant, s'il peut encore parler, ce qu'il en pense de cette Charte écrite à la va-vite, tout comme la Constitution américaine de 1781, mais qui a le grand mérite d'exister. Sans la Charte, que s'est-il passé ? La modératrice du salon a modifié ou supprimé certains messages arbitrairement, en en laissant passer un grand nombre, en supprimant d'autres qui n'avaient rien de choquant mais dont les auteurs ont tenu des propos scandaleux qui l'ont énervée au point où elle a pris en grippe certains auteurs. On avait enfin des règles informelles et fluctuantes, difficiles à cerner et à comprendre au premier abord, qui ont fait que l'on se sentais perdus et mal a l'aise. Les avantages d'une Charte sont de définir de manière précise et sans équivoque les règles de fonctionnement du salon TUNeZINE, pour tout le monde, quel que soient les opinions politiques ou religieuses. Un autre avantage consiste à disposer d'un texte ayant force de loi ici permettant de dénoncer les abus d'expression des sbires de zaba afin de leur clouer le bec une bonne fois pour toutes. Si on laissait faire ces animaux là, qui sont de fort mauvaise augure, ils rempliraient le forum de propagande pro Ben Ali, qui se compose à 99% de propos antisémites, d'insultes et de menaces de mort suivies d'actes relevant moins du domaine de la délinquence que du crime organisé. La Charte rappelle la nécessité absolue de respecter les libertés et les droits humains en Tunisie, qui sont garant de paix civile et de sécurité aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Tunisie. Les droits de l'homme sont la base de tout progrès humain, de tout développement économique, de toute paix civile et sociale, la condition sine qua non du bon fonctionnement d'une société démocratique. Et merde aux théoriciens réalistes sciniques qui placent certains autres objectifs (comme la bonne entente diplomatique) au-dessus du respect des droits fondamentaux, ou de ces infâmes pseudos moralistes qui préfèrent les abus de droits humains à une guerre. Harros sur ces deux catégories d'intellectuels qui ne méritent pas leur nom. L'idéal chez les grecs anciens était de mourir pour sa patrie, l'histoire ne précise pas comment : est-ce en faisant une guerre centre un ennemi extérieur ou bien en se confrontant à ses propres problèmes intérieurs, en faisant une révolution par exemple, afin d'effectuer les réformes nénessaires que l'on ne peut obtenir autrement ? E. (ou I. pour les anglophones) Kant disait qu'il ne peut y avoir de paix civile sans autonomie et possibilité de faire ce que l'on veut librement, garantis par la constitution des États, c'est-à-dire ec que nous appelons actuellement les droits de l'homme (et sous une dictature il n'y a rien de plus aisé que de commencer une guerre...). Je souhaite que la Tunisie règle le dossier des droits de l'homme sans effusion de sang, comme le Maroc l'a fait à partir de 1990, sous l'impulsion d'un monarque tortionnaire, sadique, mais tout de même éclairé pour résoudre ce problème là. On ne peut que se féliciter et applaudir pour les marocains qui ont même pensé au recyclage social de leurs tortionnaires : au lieu d'effectuer une épuration et de devenir soi-même tortionnaire ils ont fait appel à l'outplacement pour donner un emploi (caser on pourrait dire) leur nazes les plus encombrants. Qu'est ce qu'attend la Tunisie pour faire la même chose ? Si ce problème n'est pas réglé rapidement, il y aura des risques de guerre civile avec tout ce que cela implique comme conséquence pour les avoirs étrangers en Tunisie, les touristes et la sécurité intérieure de l'Europe. Maintenant cette Charte, chacun est libre de la respecter ou non, en connaissance de cause, au risque d'être sanctionné par un message tronqué ou définitivement supprimé. Les libertaires rageront encore sans doute longtemps mais la qualité est à ce prix. Les contraintes du forum TUNeZINE sont relativement faibles comparé au cahier des charges d'un éditeur tunisien. En dépit de cette Charte, qui s'adresse a une public cultivé et qui vise en premier lieu à supprimer les messages polluants des agents néofascistes tunisiens en mission de bombardement, nous sommes prêts a accorder toute liberté d'expression aux tunisiens de bonne foi, hommes, femmes et enfants, désireux de partager leur opinion de la manière qu'ils le souhaitent. J'invoque ici une loi francaise de 1792 qui stipule que l'on s'exprime comme l'on peut, comme l'on veut. Et l'on dit ce que l'on veut librement, ce qui va dans le sens du premier amendement américain. Toute liberté aux personnes écrivant avec difficulté, aux exclus du droit à la parole à qui l'on dénie également le droit d'exister. Le forum TUNeZINE est non seulement populaire mais universel. Les problèmes de la Tunisie doivent être connus et débattus par tout le monde dans toute la planète. C'est aussi cela la Tunisie dans le village global, un lieu de libre expression sans aucune censure où l'on cherche à trouver une solution pacifique aux problèmes tunisiens, qui sont essentiellement très simples à résoudre, à savoir amnistier l'ensemble des prisonniers politiques, interdire la torture et autres pratiques barbares et répugnantes, organiser des élections libres, & à préparer un autre régime politique pour que le particularisme tunisien ne s'affirme plus dans son identité sous la forme politique, d'établir les bases d'une société nouvelle plus humaine, plus juste, plus solidaire, & mettre la Tunisie au Travail pour plus de Libertés. * Le mot important, c'est universel : ce texte s'applique à tous les États, où qu'ils se trouvent dans le monde. Et ce fut l'un des arguments en faveur de la colonisation de la Tunisie en 1881, n'oubliez-pas. Fait a Latomopolis, le 10/10/2002.
Tsar Boris
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10 octobre 2002
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Non au boycott, oui à la désobéissance ! Faut-il boycotter le tourisme ? Beaucoup se sont exprimés sur le sujet et ce nest pas la peine de revenir sur les différentes hypothèses et arguments avancés par les uns et les autres. Disons quil y a, pour résumer, ceux qui croient que la révolte ne peut être suscité que par la privation du peuple et les autres qui pensent aux dégâts collatéraux que ça peut générer. Alors faut il toucher aux revenus des Tunisiens ? Le boycott sera t-il efficace ? La révolte aura-t elle enfin lieu ? Qui en sortira debout ? Qui va rester sur le bord du chemin ? Autant de questions auxquelles je ne vais pas répondre. Car tout dabord je nai pas toutes les réponses, et ensuite chacun a le droit de se faire son propre jugement. Je vais me permettre dajouter simplement un autre argument, subjective bien entendu puisque cest le mien, puis de proposer une alternative. Encore une ;-)) Outre les dégâts sur la population (vivant directement ou indirectement du tourisme) que ça va engendrer, ça risque de nous couper du monde. Actuellement, les étrangers après leur visite en Tunisie, parle de plus en plus de latmosphère pesante qui règne dans notre pays. Fait nouveau, beaucoup dentre eux ne contente plus de raconter leurs souvenirs de belles plages et dorgie de pastèque mais évoque aussi la misère des gens qui habitent de lautre côté des barrières hôtelières qui jonchent nos plages. Alors pourquoi se passer de ses témoignages ? Pourquoi vouloir cacher nos souffrances à des gens qui ont les moyens de parler de notre cause ? Je doute aussi de lefficacité de ce boycott pour la simple raison que le spécimen du touriste classique à changer dans notre pays. Jadis le temps où nos hôtels étaient remplies dAllemands, de Français, de Hollandais, de Suédoises (dommage !!!), Maintenant, et il ne faut pas se cacher la face, avec la qualité de service que nous proposons, et les prix massacrés sur les séjours, on attire de plus en plus de gens avec un faible pouvoir dachat. Donc le paysage des visiteurs sest vu donc modifié. On trouve beaucoup plus de russes, polonais, yougoslaves. Est-ce uniquement une question de pouvoir dachat ou est-ce une question de magnétisme avec dautres dictatures, allez savoir !!! Alors pas de boycott SVP ! ou alors boycottons les élections de 2004. Appelons aussi au boycott des emprunts internationaux de la banque mondiale, du FMI, de la France, de la Suisse, du Japon et de la Suède et dautres encore. Car cet argent, nous on le voit jamais !!! Il alimente directement le jeu des 7 familles ;-) Euuuuuh il ny a pas de quoi rire. Si on ne touche pas aux revenus des Tunisiens, que peut on faire pour bousculer lordre établi ? Et bien il reste les dépenses !!! Et oui le 26-26, le bakchich (traduisez la corruption),
Jen appelle donc à la conscience collective pour la désobéissance totale :
1- Arrêter de donner de largent à flic qui vous arrête, au fonctionnaire qui veut traiter plus rapidement votre dossier, au Chaouech qui ne vous laisse pas rentrer. Certes on va galèrer tous mais on arrêtera la corruption. Car avec notre laisser aller (en disant : on na pas le choix, ya choumiii !!!) on ne fait qualimenter le système 2- Refuser collectivement le racket étatique organisé. Ce 26-26 est une honte, car il faut signer un papier pour justifier pourquoi on refuse de payer cette taxe. Cet argent on ne voit pas sa couleur 3- Faillir à son devoir civique de voter en 2004. Déjà que ça ne changera pas grand chose au score de 99,61 % (les paris sont ouverts, qui trouveras le 1er le juste prix !!!) mais au moins on gardera notre dignité. On saura en plus par des fuites de lambassade des US à Tunis le vrai score de labstention et fêtera notre 1ère victoire annonciatrices dautres bientôt !!! Alors soyons solidaires et désobéissons au diktat. Faisons en sorte que le quotidien du simple citoyen saméliore un peu, du moins du côté pécuniaire, tout en garantissant une fronde qui fera effet de lame de fond !!!
Tarek ibn Ziad, 100% réveillé
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26 septembre 2002
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Angustia Prenuptiae Après deux ans de suspense, les Tunisiens vont finalement connaître les résultats des investigations de la commission denquête présidentielle chargée de jeter toute la lumière laffaire Ryadh Ben Fadhl. Le 22 mai 2000 Ryadh ben Fadhl a reçu une balle dans la poitrine. Certains journalistes de mauvaise fois ont hâtivement penché pour la thèse de lattentat. Le président Ben Ali a créé quelques jours après la prétendue « tentative dassassinat » une commission denquête chargée de clarifier lincident qui aurait pu coûter la vie à lancien responsable de lédition arabe du « Monde diplomatique ». Trois honorables juges, dont lintégrité et la probité sont au-dessus de tout soupçon se sont charges de laffaire. Il sagit des illustres magistrats Mustapha Kaabachi, Jedidi Ghani et de lancien doyen des juges dinstruction Mohamed Larbi Boukordegha. Les trois enquêteurs ont procédé à linterrogatoire de la victime elle-même ainsi que des policiers « impliqués » dans laffaire. Tous les indices menaient invariablement vers la piste de la tentative de suicide.
Revenons sur les faits. Daprès le volumineux rapport de la commission denquête ( 711 pages), le 22 mai 2000, tôt le matin, Ryadh Ben Fadhl gare sa voiture dans lune des rues de Carthage, Il sort une arme à feu et la pointe une arme à feu vers sa poitrine. Une patrouille de policiers en civil passe par hasard. Les policiers remarquent lhomme qui tente de se suicider. Deux agents se jettent sur Ryadh pour lempêcher de tirer. Une lutte féroce sengage. Un coup de feu retentit au moment où les policiers réussissent finalement à lui arracher son arme. La police vient de sauver la vie dun citoyen en pleine crise de nerfs. Pourquoi un homme qui sapprêtait à convoler en justes noces avec lélue de son cur avait-il essayé de se donner la mort ? Sans le concours du professeur Lamine Lemkajouel, psychologue, psychiatre et psychothérapeute que la commission aurait été incapable de résoudre cette énigme. Le diagnostic de cet éminent expert est sans appel : Ryadh souffrait à lépoque du drame dune maladie très rare. Elle touche en moyenne un homme sur dix millions. Dans le jargon médical elle porte le nom de angustia prenuptiae (angoisse prénuptiale). Les premiers symptômes de la maladie apparaissent dès que la date des noces est fixée. A mesure que la date fatidique approche, langoisse augmente et devient de plus en plus insupportable. Cette angoisse peut mener au suicide. Cétai bien le cas de Ryadh. Pourtant, ce dernier ne se rappelle de rien. Il a même dit au début que la police voulait lassassiner. Pour le professeur Lemkajouel, le cas est clair : presque toutes les victimes de langusta prenuptiae souffrent de troubles de mémoire et parfois même dhallucinations. Selon notre illustre expert, il est tout à fait normal que Ryadh prenne les policiers qui lui ont sauvé la vie pour des agresseurs. Cette confusion est dans la logique même de la maladie. Le cas contraire laurait surpris. La commission conclut que « laffaire Ben Fadhl nexiste pas. Il sagit tout simplement dun acte de bravoure de nos policiers qui ont risqué leur propre vie pour sauver la celle dun citoyen qui ne jouissait pas au moment du drame de toutes ses capacités mentales. »
Omar Khayyâm
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12 octobre 2002
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Rêve ou cauchemar ? On peut emprisonner les gens, les battre ou les priver de tout pour les faire taire mais on ne peut pas les empêcher de rêver. Le monde des rêves est merveilleux, il ne connaît pas de frontières géographiques et ainsi chacun y rencontre qui il veut, où il veut et avec lui peut construire un imaginaire. Alors, je n'ai rien demandé à personne, aucune permission, c'est grisant, et je suis allé visiter Zouhair. En fait ce fut facile car si "ils" ont contraint son corps a resté entre 4 murs, ses rêves à lui aussi ne peuvent être mis derrière les barreaux. Nous nous sommes donné rendez-vous la nuit dernière. C'est bizarre de voyager dans l'espace mais aussi dans le temps car je me suis retrouvé quelques centaines d'années plutôt dans des geôles moyenâgeuses. La pièce est sombre et il y règne une atmosphère moite et terriblement poisseuse. Les murs sont hauts et transpirent la peur, une odeur de souffre diffuse à peine retenue par de microscopiques champignons. En approchant son visage et en collant sa joue sur le mur, on peut entendre les cris et les pleurs étouffés de ceux qui sont passés ici. silencieux anonymes. Quelqu'un a gratté ici le mur avec ses ongles. Un autre a dû vouloir faire de l'art rupestre avec son sang, je distingue les traits d'un portrait. J'essaie d'avancer mais à cause de la lumière tremblante, je me cogne contre des corps assis ou allongés sur des paillasses. Aucun ne semble s'apercevoir de ma présence. Heureusement que je rêve. Ils ont le regard perdu vers un des 6 horizons de la pièce. Je me perds parmi ce dédale d'êtres humains salis. ongles noirs sur une peau crasse et pourrissante. Je remercie mon rêve tout puissant de ne pas avoir été livré avec l'odeur car je crois que j'aurais hurler pour libérer mes poumons. les corps se transforment, se mutilent et ne sont plus que des regards. Non pas les regards de ceux qui ont vu la mort industrialisée. Non. Ce sont des regards voilés, un peu vitrés. la flamme qui y dansait s'amenuise doucement chaque jour, vicieusement. un puzzle que l'on défait pièce à pièce. Un hurlement de bête vient de déchirer le silence et se répand dans la pièce comme un courant d'air froid qui souffle toutes ces flammes. Japerçois au fond de cette salle celui que je suis venu voir et que je nai jamais vu. Est ce bien le moment et le lieu de parler de la Tunisie du monde réel ? Non, je pense que mon ami a besoin de sévader quelques instants. Et bien allons y ! cest par là : pour visiter la Punisie .
Hasni
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8 octobre 2002
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Egypte : Ils tiennent leur "ettounsi" ![]() Condamné à un an de prison pour avoir mis en ligne un poème écrit par son père trente ans auparavant, Shohdy Surur passe en appel le 14 octobre Le 14 octobre 2002, Shohdy Surur, le webmaster de l'hebdomadaire Al-Ahram Weeky, sera jugé, en appel, au Caire. En juin, il avait été condamné à un an de prison pour avoir mis en ligne, sur www.wadada.net , un poème écrit par son père, Naguib Surur, trente ans auparavant. " Cette condamnation, une première en Egypte, est tout simplement ubuesque. Pourquoi un homme serait-il condamné aujourd'hui pour des écrits de son père, alors que ce dernier ne l'a jamais été à son époque ? Sous couvert d'atteinte aux bonnes m¦urs, ce que cherchent, en fait, les autorités égyptiennes, ce n'est rien de moins que museler la liberté d'expression sur Internet. Rappelons que la Haute Cour constitutionnelle a affirmé, en 1993, que le droit de critiquer, notamment les responsables publics, faisait partie des exigences d'un régime démocratique. Ce droit à la critique devrait être applicable quel que soit le type de média ", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières. " Si cette peine est confirmée, l'Egypte entrera dans le club des pays ennemis d'Internet. Le 30 juin 2002, Shohdy Surur a été condamné à un an de prison en vertu de l'article 178 du code pénal qui punit " la possession de matériel immoral pour la vente et la distribution avec l'intention de corrompre la morale publique ". Il est accusé d'avoir mis en ligne, sur le site www.wadada.net , consacré en partie à l'¦uvre de Naguib Surur, son père, un de ses poèmes intitulé " Kuss Oummeyatt ", qui contient " des phrases " portant " atteinte à la moralité publique ". Ce poème, écrit dans un langage très populaire et émaillé de métaphores sexuelles, est surtout une critique de la société et de la culture égyptienne au lendemain de la défaite de l'Egypte en 1967. Dans ce texte, le poète et acteur Naguib Surur compare à plusieurs reprises l'Egypte à une prostituée. Aucune loi ne régissant l'usage d'Internet, la justice a dû se référer aux atteintes à la morale publique pour justifier les poursuites. Le poème figurait sur le site www.wadada.net (basé aux Etats-Unis) depuis trois ans déjà. Et Naguib Surur, décédé en 1978, n'a lui-même pas été condamné pour ce texte. Bien que jamais publié en Egypte, il est néanmoins très célèbre car il a été enregistré sur des cassettes audio largement diffusées. Le 22 novembre 2001, Shohdy Surur avait été arrêté à son domicile qui avait été fouillé. Son ordinateur lui avait été confisqué. Il avait été conduit au commissariat où il avait été interrogé pendant trois jours. Détenteur de la double nationalité russo-égyptienne, le cyberdissident réside actuellement en Russie. Il ne compte pas se présenter à l'audience. La condamnation à un an de prison prononcée en première instance devrait donc être confirmée. Shohdy Surur est né en Russie d'une mère russe et d'un père égyptien. C'est l'un des pionniers d'Internet en Russie et un des membres de l'équipe du premier webmagazine russe : www.zhurnal.ru. Depuis 1998, Shohdy Surur travaillait au Caire comme webmaster à l'hebdomadaire anglophone Al-Ahram weekly.
Reporters sans frontières
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10 octobre 2002
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La peur au ventre, Première partie Je suis tunisien et jai la peur au ventre. Attention ! Ne me confondez pas avec ce pauvre ettounsi mtâa tunezine ! Rien à voir. Je ne suis pas un lâche non plus. Ni un couard, dailleurs. Non, jai peur, cest tout. Je suis un petit fonctionnaire dans une administration sous la tutelle dun ministère quelconque. Ce nest pas le ministère qui est quelconque ! Ne me faites pas dire ce que je nai pas dit ! Cest juste quil est sans importance de le nommer. Non pas quil ne soit pas important, loin de là ! Je vis une vie sans histoires, avec ma petite famille et je rends chaque jour grâce au Seigneur (je veux dire Dieu ! Ne confondez pas avec saigneur, terme dont je ne saurais avoir voulu faire usage !) pour les bienfaits dont Il ma comblé, dont, bien évidemment, le fait que je vive dans un pays tel que Tunisie la verte. Ha ! Je vous vois venir, vous autres, les liseurs entre les lignes. Eh ! Bien, non ! Je nai nullement eu lintention de dire que la Tunisie nétait pas mûre ! Et ne me faites pas dire quelle est pourrie ! Jai peur et cest ce qui ma fait éviter bien des tracas. Illi khaf nja, dit le vieux dicton bien de chez nous. En français, ça donnerait : Celui qui a peur a toutes les chances dêtre sauvé. Jai une famille à nourrir et je men sors assez bien. Koul khobztik msarqa, un autre dicton que jaime bien : mange ton pain en cachette. Je suis un anonyme, comme vous. Non, pas comme vous ! Je suis sage, moi, je suis satisfait de ma situation actuelle et je nai pas envie den changer. Si ça pouvait saméliorer un petit peu, je ne dis pas non, mais sil y a des chances pour que ça empire, alors là, non ! Merci ! chid mchoumek la yijik ma achwam, garde ton mal de peur quun mal pire ne te touche !. Non, non, ce nest pas ce que je voulais dire ! Il ny a pas de mal, en Tunisie ! Cétait juste une façon de parler. Au contraire ! Nous vivons une ère prospère depuis le changement béni (car cest la vraie traduction de moubarak : je ne comprends pas pourquoi ils ne le disent pas, dans leurs journaux !) Cest vrai. Mon salaire suffit à peine à subvenir aux besoins nutritionnels de nous sept. Car nous sommes sept, dans la famille. Depuis que mon aîné est né un 7 novembre et quil a reçu plein de cadeaux pour cet acte héroïque, je me suis mis à aimer le chiffre sept. Nous avons à maintes reprises essayé, avec ma femme, de renouveler cet exploit en faisant lamour tous les jours de la dernière semaine de février à la deuxième semaine de mars, mais sans résultat : nous avons eu nos quatre autres enfants ou bien un jour avant ou bien un jour après. Nous avons décidé darrêter au cinquième : ça nous faisait sept en tout et puis nos efforts navaient pas lair démouvoir outre mesure les autorités locales Mais je vous ennuie certainement avec ma vie privée.
Je disais donc que dautres besoins avaient besoin dêtre assouvis : cest dur davoir un voisin médecin et un autre homme daffaires. Dailleurs je nai jamais vraiment su quoi que ce soit sur la nature des affaires de ce dernier. Cétait dur parce que ça ouvrait grand les yeux de ma femme et des enfants : téléviseur à écran plat 72 cm, récepteur numérique avec carte - à ce propos, lun des bienfaits paradisiaques de la vie en Tunisie est la libre fabrication de cartes pirates au vu et au su de tout le monde : pour moins de 30 dinars, vous avez votre carte pour tout décoder ! Avec la récente magic card, les chaînes cryptées (Non, je ne regarde pas les chaînes pornographiques !) nont quà bien se tenir ! A chaque fois quelles changent de code ou de système de codage, il suffit de recharger la carte chez un spécialiste et le tour est joué. Je ne suis pas sûr que ce soit bien légal mais puisque ceux qui les fabriquent ne sen privent pas et que cest écrit en grand et gras sur la devanture de leurs boutiques, cest que ça doit être légal. Quoi que
- télévision numérique, disais-je, voiture populaire jai attendu deux ans pour avoir ma Clio ! Mon voisin homme daffaires, qui pourtant a deux Mercedes, a eu une Opel corsa populaire pour son fils en quelques jours ! Cest sûrement une question de disponibilité
- téléphone portable Ah ! Les GSM ! Une vraie bénédiction ! Les appareils ne sont pas très chers. Ce que je ne comprends pas, cest le fait quon ait besoin de les débloquer pour pouvoir les utiliser. Les débloqueurs de GSM (qui sont aussi nombreux que les taxiphones) ne demandent que 30 dinars par déblocage. Lun deux men a vendu un tout neuf à 150 Dinars, déblocage compris, alors que le même est vendu 300 Dinars dans les grandes surfaces. Les mauvaises langues disent quil sagit dappareils volés mais je nen crois rien. Quoi que je ne sois pas sûr que SFR soit une marque de portable, mais bon
- un climatiseur pour la maison (il fait trop chaud lété, trop froid lhiver) un ordinateur familial populaire et ce ne sont pas les logiciels ni les films sur CD qui manquent ! Pour 1,5 dinars, tu peux avoir tout ce que tu veux sur CD : les derniers films (jai vu Laraignée et Astérix et Cléopâtre deux mois avant leur projection en Tunisie), les derniers jeux, les derniers logiciels (Windows XP pour 1,5 Dinars : cest bien fait pour Bill Gates !)
Tout, absolument tout pour presque rien. Je me demande parfois si cest bien honnête : il ne me paraît pas facile de concevoir ces logiciels mais je suis sûr que ceux qui les font sont bien payés. Et puis, je nai pas à avoir de scrupules puisque cest légal dacquérir et de vendre ces CD gravés : on en trouve partout, la Presse leur fait de la publicité, ils sont présents dans toutes les foires : vous choisissez un titre (chanson, film, jeu, logiciel) et en un quart dheure vous avez votre CD pour 1,5 Dinars. Ca ma fait mal au cur quand jai entendu parler de ces centaines de milliers de CD détruits par les autorités russes : je me demande bien pourquoi
Et puis, il y a Internet
Vous vous demandez certainement comment je fais pour vivre dans tout ce confort. Cest facile : la solution sappelle vente à crédit. Cest fou comme cest facile dacheter. Jai seulement eu à payer cash (dix briques) la voiture. Le salaire de ma femme (qui est institutrice) bloqué durant deux ans a suffi, heureusement, mais cétait juste : jai failli passer mon tour pour cinq cents dinars qui manquaient mais la famille sert aussi à ça Pour le reste, il suffit de signer des traites, de laisser un chèque en caution (on ma bien dit que ce nétait pas très régulier mais je fais confiance au vendeur : cest un ami) et on est livré illico presto. Ca fait bien un an que le salaire de ma femme ne sert quà payer ces traites, on ne fait plus déconomies mais quel bonheur ! Le confort ! Il est vrai que jai la chance dêtre fils unique et dhabiter chez mes parents. Que demander de plus à la vie ? Cest pour ça que jai peur, disais-je. Peur de perdre ce niveau de vie qui me fait sentir que mes voisins médecin et homme daffaires ne sont pas supérieurs à moi. Peur de ne pas pouvoir honorer une traite et davoir à affronter les huissiers, les saisies, les tribunaux, la prison et, surtout, le regard des autres. Vous comprenez donc facilement que je narrive pas à vous comprendre, vous les jeunes et les moins jeunes qui vous élevez contre notre cher Président grâce auquel notre pays est comparable au Japon. En fait, je crois plutôt que jai peur de vous comprendre
Decepticus
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26 septembre 2002
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Les revers de la médaille !!! Qui n'a jamais entendu du racket des Ben Ali, Trabelsi, Chiboub, Jilani,... Qui n'a jamais entendu que tel terrain est maintenant dans le giron royal ou que foulène est devenu actionnaire dans l'entreprise X,... Et les cas despèce sont nombreux. A tel point, que Monastir, pour ne citer qu'un exemple, est presque entièrement la propriété de Kais Ben Ali. Le pire est que des fois ils se battent entre eux. Comme l'exemple du terrain du stade de Radès : ZABA le voulait mais la reine Leïla, en se réveillant un matin du pied gauche, à décréter que c'est le terrain de son père, donc il lui revient de plein droit !!! Vous êtes tous au courant, même de pire que ça !!! Donc passons... Mais en revanche on n'entend pas parler quand ces mêmes personnages se prennent des gamelles, qu'ils ratent leurs coups, quand ils se ridiculisent :-))) Pour preuve : 1) Un fameux truand, arnaqueur, bien connu du milieu (Atrous je crois bien mais le but n'est pas de l'accabler ici) et qui gère ou contrôle tout ce qui touche de près ou de loin à Opel et Isuzu en Tunisie a suscité la gourmandise de la famille royale. C'est vrai une concession florissante et qui rapporte beaucoup d'argent est en soi une bonne affaire. Alors il faut se précipiter pour devenir actionnaire de ce business. C'est un membre des Trabelsi qui ouvre le bal (on va citer son nom pour ne pas le couvrir de plus de ridicule, il vaut mieux qu'ils partagent ça en famille). Il demande à notre concessionnaire de rentrer dans le capital... Notre brave homme sentant le vent siffler autour des oreilles et appréhendant le danger le guettant au tournant, préfère collaborer. Il chiffre la participation du Trabelsi en question à 250.000 DT Vous allez me dire une somme ridicule pour grande concession. Peut être, mais la famille royale est habitué aux cadeaux ;-)) En plus le Trabelsi en question n'a pas vu venir le piège. Oui car il s'agît bien d'une autre arnaque de notre ami le concessionnaire, n'étant que le représentant d'Opel en Tunisie il n'a pas qualité de discuter lui même les augmentations de capital... Bref, notre concessionnaire empocha bien le fric et doit être bien maintenant ;-)) La gourmandise (ou plutôt la bêtise humaine) n'a pas de limite. 2) Cette deuxième affaire est un peu plus curieuse. Elle concerne un immigré, rentré au bercail après des années de labeur à l'étranger. Il ouvre une Patisserie-Boulangerie au pays. Disons le tout de suite, le pain est de qualité moyenne sans plus et les pâtisseries laissent à désirer. Mais bon c'est estampillé "La France" donc c'est que ça doit être bon. Et l'affaire du coup tourne bien. Trop bien pour les 7 familles. La gourmandise étant de mise dans ces milieux, la réaction ne se fait pas attendre. C'est la sur de ZABA himself (Hayat) qui se charge du gibier. Elle tente un premier contact cordial pour féliciter l'homme pour sa réussite, puis finit par lui proposer une association pour ouvrir d'autres enseignes. Mais pas agressive du tout, une approche du genre "je vous laisse réfléchir...". Notre homme réfléchit bien et refuse quand même. Elle relance à plusieurs reprises toujours en prenant le soin d'expliquer les bienfaits d'une expansion, que le fait d'avoir plusieurs va assurer une source de revenus supplémentaire à notre homme. Mais que nenni, notre persiste et signe. Il refuse toujours cette association en prétextant qu'un magasin lui suffisait "Ill Amdullah" Crime de lèse majesté !!! Vite le fisc. Arme absolue contre les réfractaires au capitalisme à la Tunisienne. Une descente des fonctionnaires bien dressés dans le bureau du boulanger juste le temps de vérifier quelques factures. Et la sentence tombe : 2 milliards darriérés dimpôts !!! Avouer quil y a de quoi refroidir un homme. Les efforts de 4 années de labeur qui vont être détruits pour une crise dadolescence Non, non messieurs dames, vous vous trompez ! Notre homme continue à résister et oui ! Quand Madame, furieuse, lui téléphone encore pour jauger encore son poul, il lui rétorque quil ne craignait pas cette surfacturation et quil continue à se suffire dun seul magasin. Sans doute croyait-il encore aux contes de fées et aux histoires quon raconte aux petits : « Ne laisse jamais entrer le loup dans la bergerie » Bref, notre homme résiste encore. Pas parce quil est suicidaire, non. Mais tenez vous bien, il est Franco-Tunisien. Et alors ?!!! vous allez me dire. Oui mais il a eu la présence desprit denregistrer tous les appels téléphonique quil a reçu de la famille royale !!! Et illico presto il est allé voir, avec ces enregistrements, lambassade de France à Tunis. Affaire en cours A suivre. Conseil : Faites comme eux. Profiter de la légèreté desprit de notre élite promulguée au pouvoir pour faire vous emplettes. Ça peut rapporter gros. Et ça continuera le cas échéant à nous faire rire.
Tarek ibn Ziad, 100% réveillé
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le 8 octobre 2002
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Exodus, Movement of the People Zaba a été réveillé par le silence. Le silence du Palais était total, angoissant, troublant. Les appartements présidentiels étaient, certes, lendroit le plus calme du Palais, mais le silence de cette aube du 15 octobre ne présageait rien de bon. Ce jour-là Zaba devrait célébrer la fête de lévacuation de la base militaire de Bizerte par les Français en 1963 et signer le contrat de location de la même base aux Américains avec le commandant de la sixième flotte des USA. Zaba a eu beau appuyer sur le bouton de la sonnette de service. Aucun domestique du Palais ne prit la peine de répondre à lappel. De guerre lasse, il saventura au-delà de ses appartements. Le Palais ressemblai t à un bateau-fantôme. Il ny avait pas la moindre âme qui vive. En inspectant les jardins du Palais, le dictateur remarqua des armes et des uniformes, abandonnés par les gardiens, qui gisaient par terre. Que sest-il passé pendant cette mémorable nuit du 14 au 15 octobre ? Ce qui sest produit en Tunisie durant la nuit du 14 au 15 octobre est digne dêtre considéré comme le plus grand événement du 21ème siècle. Il sagit dune opération minutieusement préparée et planifiée pendant deux langues années par une poignée dopposants et dhommes daffaires tunisiens vivant à létranger. Le débarquement de la Normandie en 1944 paraît un jeu denfant devant l « embarquement » de tout un peuple en moins de 24 heures. Bref, le peuple tunisien a « brûlé » en entier durant la nuit du 14 au 15 octobre 2002. Lopération dévacuation a nécessité pas moins de 20 0000 embarcations, 2000 avions et 100 000 véhicules. Selon le plan dévacuation, feu le peuple tunisien devrait être éparpillé sur les quatre coins de la planète. Certes, la Tunisie nexiste plus, mais les ex-Tunisiens continueront dexister, embrassant les nationalités les plus diverses. Une centaine de pays a accepté dhéberger chacun une partie de ce peuple bâtard. Le 15 octobre à 5H00 du matin, la Tunisie était vide de ses citoyens. Zaba a été abandonné même par les plus fidèles de ses fidèles. Zaba ne pouvait croire ses yeux. Il prit le volant de la première voiture quil rencontra sur son chemin et fit le tour de la capitale. Tunis ressemblait plutôt à un cimetière. Pas le moindre signe de vie. Zaba était à bord de la folie. Pris de panique, il appela Chirac.
- Jacques, au secours, je ne trouve plus mon peuple. - As-tu bien cherché dans les caves ? Zaba, exaspéré, coupe la communication et appelle Silvio Berlusconi - Ciao Silvio, as-tu par hasard vu mon peuple ? - Cest difficile de voir la Méditerranée à partir de Palazzo Chigi, mais je crois que ton peuple est en train de nager vers lItalie Zaba interrompt la communication et appelle Kofi Annan - Salut Kofi, jai perdu mon peuple - Désolé cher ami, nous sommes fermés. Vos pouvez faire votre déclaration de perte demain à partir de 8H30. Désuvré et abattu, Zaba commença à errer dans les rues désertes de Tunis. Il ne savait pas encore quun autre Tunisien était dans la même situation que lui. Un seul prisonnier de la prison de Borj el-Amri refusa de quitter ce bateau ivre quon appelle la Tunisie. Les gardiens, amusés par son patriotisme démodé, lont abandonné à son sort avant quil ne prennent le large avec le reste des « brûlants ». Ce prisonnier porte le pseudo ettounsi. Il marcha à pied jusquà Tunis. Une capitale abandonnée par ses habitants. En atteignant lavenue Bourguiba, il remarqua de loin un type cravaté en train derrer dans lavenue déserte. Cétait son ennemi de toujours, le général Zaba. Il commença à courir pour lattraper. Zaba eut peur. Il commença à courir à son tour et trouva refuge dans les caves du ministère de lintérieur. Ettounsi neut pas top de peine à retrouver sa proie. Il coinça Zaba dans les caves et improvisa son énième proxy. Zaba eut beau se boucher les oreilles, les rires dettounsi lui transperçaient littéralement le corps. La torture de Zaba par le rire dura des semaines entières. Un correspondant italien parvint le premier à débarquer dans ce navire abandonné quon appelait jadis la Tunisie. Il fut le témoin dun spectacle dhorreur : un ex-prisonnier politique était en train de torturer son ex-bourreau par des rires interminables. Amnesty International adressa un appel solennel à ettounsi le priant de mettre fin à ses séances de torture par le rire. Zaba, gravement « blessé » par ettounsi, fut évacué par une barque de la Croix rouge maltaise. Ettounsi, devenu unique citoyen de la Tunisie, décida de fermer définitivement le pays et den remettre les clefs à Kofi Annan. Ce dernier plaça lannonce suivante dans le New York Times : Nice Country for Sale : joli pays à vendre. END
Omar Khayyâm
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14 octobre 2002
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Reprise de film
Jugortah
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12 septembre 2002
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| Fond sonore : We are the champions |