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Comité International de Soutien à Zouhair Yahyaoui A la demande de maître Radhia Nasraoui, avocate de Zouhair Yahyaoui alias Ettounsi, un comité international de soutien à Zouhair Yahyaoui vient de se créer, sous la présidence de Monseigneur Jacques Gaillot. Il émane largement du comité qui s'était constitué autour de Hamma Hammami, Samir Taâmallah, Abdeljabbar Maddouri et Amar Amroussia. Premiers signataires : Jacques GAILLOT (président du comité), Fouad ABDELMOUMNI (Vice Président de l'AMDH, Association marocaine des droits de l'Homme), Yasmine BOUDJENAH (parlementaire européenne), Anna BOZZO (universitaire, Italie), Alima BOUMEDIENNE-THIERY (groupe VERT/ALE), Sonia DAYAN-HERZBRUN (Professeur à l'Université Paris7-Denis Diderot), Anne Charlotte DOMMARTIN (politologue, Ensemble contre la peine de mort, France), René GALLISSOT (universitaire, Président de Hourriya/Liberté, France), Claudie et Benoît HUBERT (avocats, France), Lise GARON (Professeur à l'Université de Laval, Canada), Marguerite ROLLINDE (Secrétaire générale de Hourriya/Liberté), Simone SUSSKIND (Parlementaire européenne), Abdallah ZAAZAA (militant associatif, Maroc) A propos de Zouhair Yahyaoui: Arrêté sans motif le 4 juin 2002, torturé, Zouhair Yahyaoui alias Ettounsi du site TUNeZINE (www.tunezine.com) a été condamné le 20 juin 2002 à 28 mois de prison. Afin de protester contre les mauvais traitements qu'il avait subis, et la falsification de son dossier, il avait refusé de se présenter à l'audience. A la suite de l'interjection en appel le 28 juin 2002, il a été présenté au tribunal le 3 juillet 2002 sans même que ses avocats aient été convoqués.Reporté au 10 juillet 2002, le non-procès, où Zouhair est cette fois-ci présent, se terminera sur un verdict de 24 mois de prison ferme, alors que les avocats n'ont pu ni avoir accès au dossier, ni rencontrer Zouhair, et qu'aucune plaidoirie relative aux chefs d'accusation n'a pu être prononcée. Aujourd'hui, ses conditions de détention ne cessent de se dégrader et son oncle, le "juge rebelle" Mokhtar Yahyaoui, dans un message envoyé le jeudi 14 novembre, a alerté l'opinion publique nationale et internationale sur la gravité de la situation, écrivant à propos de son neveu Zouhair Yahyaoui : "Il a dit qu'il ne croit plus à la vie et qu'il commencera une grève de la faim continue jusqu'à ce que lui soient reconnus tous ses droits de détenu d'opinion, qu'il soit transféré de cette prison au plus proche du domicile de ses parents, et que son pourvoi en cassation soit traité. Souffrant des reins et incapable de soutenir physiquement une grève de la faim Zouhair Yahyaoui ne fait que choisir la voie du martyre face à l'humiliation et à la vengeance froide". Se battre pour Zouhair Yahyaoui, comme pour Hamma Hammami auparavant, ce n'est pas seulement se battre pour un prisonnier mais c'est contribuer à la lutte pour une amnistie générale en Tunisie. Dans le cas de Zouhair, c'est lutter pour la liberté d'expression en Tunisie et contre la censure exercée sur Internet ; c'est également dénoncer le harcèlement contre les familles puisque si Zouhair est en prison aujourd'hui, c'est aussi parce qu'il est le neveu du juge Yahyaoui dont la lettre dénonçant le fonctionnement de la justice en Tunisie a été rendue publique par "Ettounsi" sur le site TUNeZINE. Pour avoir plus d'informations sur Zouhair Yahyaoui et sur les propositions d'action en faveur de sa libération, vous pouvez ouvrir le lien suivant: http://site.voila.fr/zouhairyahyaoui/action.html |
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28 novembre 2002
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Comité de Soutien aux Ouvriers Grevistes de l'IKAB Hospitalisation de cinq grévistes de la faim Le comité de soutien aux ouvriers grevistes de l'IKAB annonce que dans la nuit du 28 au 29 novembre 2002 quatre grevistes ont été hospitalisés d'urgence à l'hopital regional de Ksar Helal, l'un d'eux à été transféré d'urgence à l'hopital de Monastir à la suite d'un coma diabétique , sa situation a été jugée critique par les médecins qui l'ont examiné. Conférence de presse: le comité annonce que les grévistes tiendrons une conférence de presse demain 30 novembre 2002 à 11h au siege de l'union local du travail à Moknine Communiqué n°2 Les ouvriers grévistes de la faim de la société textile « l'IKAB » entament aujourd'hui leur 11 jours de la grève de la faim déclenchée le 13 novembre dernier. L'employeur continue à refuser de mettre fin à ce conflit et de répondre aux demandes de réintégration de ces travailleurs licenciés abusivement . Le comité de soutien aux grévistes de la faim constitué le 17
novembre 2002 salue leur détermination et leur courage et
appuie leurs revendications en particulier leur droit au
travail. Le comité salue leur esprit de responsabilité malgré
les nombreuses provocations dont ils ont été victimes.
Le comité dément ainsi les allégations mensongères du patron
de l'entreprise sur les prétendues entraves à la liberté de
travail et considère la fermeture de l'entreprise du
11/11/2002 au 20/11/2002 comme une étape vers le démantèlement
et la disparition de celle ci précédée par une campagne de
dénigrement des luttes de ces ouvriers qui visait le
pourrissement de la crise.
Le comité apprécie à sa juste valeur la vigilance des ouvriers qui ont mis à nu le projet du patron après la réouverture de l'usine le 20 novembre 2002, et poursuivi leur grève de la faim au siége de l'union locale de L'UGTT à Moknine. Le comité apprécie également les efforts entrepris par les structures de l'UGTT notamment au niveau central ,pour permettre la réintégration des ouvriers. Compte tenu de l'état de faiblesse de certain grévistes (diabétiques, hypertendus, insuffisants rénaux ) et de l'altération de leur santé, cinq d'entre eux ont du être transférés à l'hôpital régional de Moknine. Compte tenu de cette situation le comité appelle : 1- la société civile à plus de solidarité avec ces ouvriers en entreprenant des actions concrètes. 2- Les autorités à faire montre de rigueur et de détermination pour amener l'employeur à respecter la loi, ses engagements, et à réintégrer les ouvriers afin de mettre un terme au conflit. 3- A plus de sensibilisation et de mobilisation de l'opinion pour une meilleure solidarité avec ces ouvriers. Tunis le 25 Novembre 2002 Communiqué n°1 Un Comité de Soutien aux ouvriers grévistes de l'IKAB a été créé le 13 novembre dernier afin d'attirer l'attention et de mobiliser l'opinion nationale sur la situation lamentable des ouvriers de l'entreprise textile IKAB à Moknine, après sa privatisation qui a amené ces derniers à avoir recours à des moyens désespérés, comme la grève de la faim illimitée que 12 d'entre eux ont entamé après le renvoi abusif de 17 ouvriers dont des représentants du syndicat de l'entreprise. Le refus du patron de l'IKAB de répondre à leurs revendications, son refus de prendre en considération l'appui de l'UGTT et les provocation de l'administration ont amené les ouvriers à se défendre par des moyens légaux. Face aux conditions difficiles et douloureuses qui menacent leurs vies, le Comité a pris cette initiative humanitaire en espérant trouver auprès de toutes les sensibilités de la société civile la compréhension et la solidarité nécessaire. Membres du Comité de Soutien : Abderrahmen Hédhili ( Enseignant) Balkiss Mechri Abdelmajid Msalmi (Médecin) Mongi Ben Salah (Enseignant) Adel Arfaoui Mohamed Gouméni Mohamed Jmour ( Avocat ) Anouar Kousri Noureddine Falleh ( Universitaire ) Abdelkader Kheniss Khalil Ezzaouia ( Chirurgien ) Salem Boubaker ( Retraité ) Samir Berrayana ( Parlementaire ) Mohamed Attia ( Pharmacien ) Ali Zeddini ( Ingénieur ) Hatem Châabouni (Hôtelier) Meher Hnine (Enseignant) Salem Hadded Abdessattar Ben Fraj (Universitaire)
Pour le Comité, Abderrahmen Hédhili |
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Tunis le, 17 novembre 2002
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ben ayed ou chtioui, où es-tu ? Pour commencer j'aimerais bien remercier le cher compatriote qui nous a informé sur la mise-en-scène du lêche-Q ben ayed sur TV7. Personellement j'aime trop des couffins d'une taille pareille qui représentent pour moi la personification par excel du contre-exemple de l'homme moderne et civilisé. En tout cas je trouve toujours amusant de voir soulever en permanence le débat de la charte par rapport au comportement vis-à-vis de la couche pourrie de la Tunisie. Personellement lorsqu'il s'agit de ben ali pour moi il y a une et une seule charte unique et valable; à savoir aucune, point à la ligne. Puisqu'il faut comprendre cet individu, ce n'est pas de sa faute qu'il ne comprenne pas autrement, c'est tout ce qu'il est capable de gérer comme code de communication; un zoufri jahil quoi. Par conséquent je m'adresse au pédé de lércédé nommé ben ayed pour lui rappeler sa démonstration de courage ainsi que ses menaces glorieuses et térrifiantes tenues en public qui ne cessent de me faire trembler. Espérons qu'il ne souffre pas de fuites d'ordre mental tant que j'arrive plus à manger, le sommeil vaut mieux ne pas en parler surtout que je suis à 2 blocs de ce con ;). ![]() Alors ben ayed moitié con moitié pédé
un lêche-cul sans la moindre dignité toi et toute la merde de l'ércédé une bande minable de déphasés du monde moderne et civilisé. Ta mise-en-scéne t'as oubliée? Qu'est-ce-que t'attends pour nous terrifier? Les ordres de ton batroun mal coiffé un viellard aux cheuveux teintés d'une minable sorcière déshonorée? Ou doit-on absolument citer les éscapades de ton batroun éxcité chez ses maitresses qu'on peut plus dénombrer? Ou peut-être même lui adresser les compliments, voeux et souhaits à l'occasion de son nouveau né? Un masculin qu'il a tant souhaité quasiment son prince héritier que leila était incapable de le pâte-modeler. De ma part je te donne feu vert sans hésiter et je me déclare volontiers d'être tout simplement parmi les premiers à avoir le malheur d'être démasqué. Donc vas-y fonce sans freiner si tu es vraiment un homme sans pitié fidèle à ses paroles déclarées. Un homme un mot et le tour est joué sauf que pour toi c'est du language étranger être un homme t'en peux même pas rêver sale lâche sale lêche toujours affamé au diable avec toi ainsi que ta bande de lâcheté Fais au moins plaisir á ton batroun illitré à l'occasion de 7 chanson tant récitée qu'on arrive plus à entendre parler. Le pauvre aurait au moins de quoi fêter une sorte de "changement" pour un con borné à méditer... espèce d'ordure puante sans la moindre trace d'humanité tfouh a3lik et 3ala qadrik d'ici jusqu'à l'éternité si t'as jamais quoi que ce soit à manifester sauf comme toujours de la merde insensée fidèle au style de ton batroun inéduqué annastou ya qoffa, ya bindir ya la77as les saletés Abdou qui t'emmerde ainsi que ton batroun à jamais je pense maintenant tu es suffisament satisfait je ne sais pourquoi mais j'arrive pas à terminer d'admirer un tel calibre de qualités si on commence on n'arrive plus à s'en échapper tellement de trucs à rédiger mais vaut mieux me faire casser avant que tout ne soit gâché, je dis ainsi tchaw et jm'en vais la tête haute mais le nez fermé :(, tout prêt de ce con que je dois passer, vous comprenez ;)! Attention ceci n'est pas un poème à écouter genre: on a tous dans le coeur une petite fille oubliée une jupe plissée queue dcheval à la sortie du lycée c'est plutôt un morceau de musique dé RAP pée mon dieu eminem m'a vraiment contaminé, je pense qu'il est temps de cesser
Abdou.
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06 novembre 2002
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Les dilemmes du jeûne militant [1]
« Parce que lhomme est ce quil mange,
il lui faut se manger lui-même »
Alexandre Jodorowsky La scène se passe au rez-de-chaussée dune petite maison à La Marsa, à 18km de Tunis. Personnage principal : Omar Mestiri ; gréviste de la faim et ulcéreux qui revendique la restitution de son passeport arbitrairement confisqué. Personnage quasi-unique, en vérité, dun court métrage bâclé, désespéré et à contre-courant. Neuf jours durant, Omar Mestiri, opposant depuis des années, grimace de douleur. Aux souffrances du jeûne sajoutent, en effet, les caprices dun ulcère gastrique. Et la déception. Omar espérait susciter un élan de solidarité, enclencher un (petit) cycle de luttes. Mais rien ne vient. Il est seul et reste seul. Quelques amis seulement le visitent. Et la famille. Nous sommes en 1995 et les gens, même les militants, ont encore peur. Epuisé, désillusionné, pressé par ses proches, Omar renonce. Alors, les ombres invisibles du pouvoir sesclaffent et rotent de satisfaction : le moment est venu de la « chmeta ». La « chmeta », cest le jeu favori de ceux qui gouvernent en Tunisie. Ils ny résistent pas. Quand bien même elle serait politiquement absurde et coûteuse ! La « chmeta » ? Intraduisible en français. Le pic, peut-être, mais la formule est bien trop faible pour exprimer les ingrédients de la « chmeta » : faire mal et faire mal gratuitement et se faire plaisir en même temps ! Ainsi, quelques semaines à peine après la grève de la faim de Omar, dautres opposants sont invités à récupérer leurs passeports mais pas lui ! Des actions similaires auront lieu depuis, mais le véritable tournant date de la « Déclaration de grève » de Taoufik Ben Brik, le trois avril 2000. Désarçonné par un mouvement dont il ne prévoyait ni la durée (une quarantaine de jours) ni la médiatisation internationale, Ben Ali a capitulé. La grève dadaïste du journaliste a eu raison de lordre ubuesque du benalisme. Dans la foulée, de multiples grèves de la faim ont été déclarées, la plupart sans succès et aux conséquences parfois tragiques. Ainsi Abdelwahab Boussaa est mort en prison après plus 40 jours de jeûne, Abdelatif Bouhjila a dû interrompre sa grève au bout de 98 jours, Radhia Nasraoui, par contre, a réussi, au terme de 38 jours de grève, à arracher son mari, le porte-parole du PCOT[2], Hamma Hammami, à sa cellule. En ce moment même, ses camarades encore détenus, Abdelajabar Maddouri et Ammar Amroussia, refusent de salimenter. Certains opposants tunisiens contestent cette forme daction quils jugent « morbide » et « auto-destructrice ». Ils ont sans doute raison et tort à la fois. Car que nous disent les grèves de la faim sinon le désespoir de ceux qui les font ? Et en premier lieu, celui des femmes et des hommes qui vivent, si cela peut sappeler vivre, dans leffroyable inhumanité des prisons. Toute prison est barbare ; toute prison est châtiment corporel, amputation du corps et de lesprit, brisure de la vie ; mais la prison en Tunisie est une machine à broyer les êtres, une abominable centrifugeuse à chair humaine, un dispositif barbare de déshumanisation. En prison, tout ce qui est humain dans lhomme doit disparaître. Seul linhumain de lhumain résiste à lépreuve. Linstinct de conservation ne conserve lhomme quà condition de le transformer en animal. Taoufik Chaïeb, un des rares prisonniers, sinon lunique, a avoir été libéré au terme dune grève de la faim qui a failli lemporter (53 jours), a exprimé en quelques mots terribles la réalité carcérale tunisienne : « En prison, on ne revendique même plus les droits de lhomme mais les droits du buf et de la poule ! » Dans la claustration absolue des prisons où lon na plus dextérieur, on ne peut ni fuir ni briser les murs qui nous cernent, ni même tuer son prochain ; ne reste alors pour unique liberté que celle de se retourner contre soi-même, de sauto-détruire pour exister, pour se créer un extérieur - le sang, les cris, linfirmerie, les coups, peut-être, en prime - , pour retrouver un rien dhumanité dans la communauté des auto-mutilés. Danciens prisonniers politiques ont avoué ainsi - car on ne le dit pas sans honte - avoir résisté difficilement à la tentation de lauto-mutilation. La grève de la faim a permis à certain dy échapper. Car si elle est une forme dautomutilation rampante, où le corps sauto-consomme lentement, les graisses dabord, les muscles ensuite, si elle est acte autophage et suicide du corps, la grève de la faim est aussi une résurrection de lesprit. On ne meurt pas pour mourir, on meurt pour vivre. Par la grève de la faim, le prisonnier politique sarrache à lanimalité carcérale ; il est tout seul dans son désespoir et sa souffrance mais, par delà ses geôliers, il lance un appel aux autres, un appel humain parce quil est politique ; une forme élémentaire de la politique ; linverse de la guerre : non pas la poursuite de la politique par dautres moyens, mais le début de la politique, lactivation ou la ré-animation dun lien politique, en se tuant soi-même pour parler aux autres. Mais au-delà des murs de la prison, cest encore la prison. La Tunisie est une vaste prison où le lien dialectique politique est remplacé continûment par le lien mécanique de la police. Le benalisme sans esprit veut un peuple à son image : écervelé et consommateur ; un peuple omnubilé par la consommation, valeur - instinct - suprême, inaccessible pour la majorité. Si lEtat benaliste, sans pouvoir sen débarrasser, a peur de la religion, cest quaujourdhui, en Tunisie, la religion est politique. Réactionnaire, évidemment, dans ses interprétations dogmatiques les plus rigides, mais dabord politique. Non pas lopium soporifique mais « le soupir de la créature accablée , lesprit dun état de choses où il nest point desprit. » Il y a de lesprit dans la religion or Ben Ali veut tuer lesprit ; il y a un lien politique dans cette religion qui cherche à briser le corset policier et faire obstacle à lanimalisation du peuple tunisien, et cela non plus le pouvoir ne peut le supporter. Cest sans le détour - périlleux au demeurant - de la religion que le mouvement démocratique sattache à ré-humaniser cest-à-dire à politiser ou, si lon veut, à citoyenniser, lhomme tunisien : casser le labyrinthe policier pour retrouver le fil perdu politique ; dégager, à la pelle dabord puis au bulldozer, lespace public ; dire aux gens quil suffit dy croire pour que le despote sécroule car se penser ensemble citoyens, cest lêtre. Mais le démocrate, comme le politique religieux, est lui-même enfermé entre 4 murs, refoulé à coups de matraques vers le non-politique dès quil tente de lever la tête pour parler aux siens. Alors, sil ne peut rendre les coups aux coups, comme le prisonnier politique, il lui reste la liberté de laisser son corps manger son corps : symboliques et brèves comme les jeûnes de Gandhi, illimitées et dures, comme le sont de plus en plus souvent les grèves de la faim face à un pouvoir qui refuse dentendre non pas son cur ( ?) mais la simple raison. Plus quau pouvoir, cest dailleurs aux contre-pouvoirs que sadressent les grévistes de la faim. S.O.S., auto-affirmations humaines, exigences citoyennes, les grèves de la faim sont aussi la tentative de nouer un lien par delà les frontières. Souvent mal vue, car elle agresse et culpabilise, la grève de la faim est cependant le seul mode daction quon écoute pour peu quelle dure. Les espaces citoyens du monde démocratique ne sémeuvent en effet quen proportion du nombre de litres dhémoglobine versé et de la souffrance. La solidarité se nourrit dans la douleur et se construit dans lurgence ne laissant dautres choix aux victimes de loppression que dajouter à loppression subie la mise en péril de leurs vies. Car trop fréquemment encore, la solidarité relève de la compassion plus que de la conscience dune communauté de destin et de luttes. La grève de la faim des dissidents tunisiens est lexpression dun autre enfermement. Elle exprime la difficulté à briser le mur qui les sépare encore de la population. Mécontents, inquiets, sans illusions désormais vis-à-vis du régime, les Tunisiens nont pas fait le pas vers la prise de position active. La Tunisie a connu ces dernières années des émeutes de lycéens, quelques grèves et autres actions de protestation, mais ces mouvements sont restés sporadiques, sans effet daccumulation. La jonction avec lopposition, qui pourrait engendrer des formes de luttes moins mortifères que la grève de la faim, progresse globalement depuis plus de trois ans mais reste bien timide. De cette rencontre, pourtant, dépend sans doute que la Tunisie ne retrouve pas un jour son ancien nom de Barbarie. --------------- [1] Joffre ce texte à mon ami P.Corcuff, sociologue et militant, surtout sociologue et surtout militant [2] Parti communiste des ouvriers tunisiens
Sadri Khiari
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Tunis, le 29 octobre 2002
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Du nouveau sur la toile la page perso de Zine El Abidine Visitez la page personnelle de Zine El Abidine Ben Ali (Aux bons soins de Neila Charchour Hachicha) Bonsoir !! Je suis votre Président Dictateur Général Le vieux flic voyou & tortionnaire notoire Zine El Abidine Ben Ali Et je vous souhaite la bienvenue sur mes terres arides en libertés de Tunisie! A travers tous mes crimes, mes excès et mes compromissions je vous invite à découvrir la situation exécrable des droits de lhomme et des libertés en Tunisie (le pays ami des riches) le but est de vous faire connaître toute la vérité le despotisme tunisien et ses menaces pour loccident (Djerba, etc.) je sais que vous aimez la liberté de linformation aussi je vous invite à vous informer sérieusement avant de partir en vacances en Tunisie. Je règne sans partage depuis le 06 et demi Novembre 1987, date de léviction volontaire de Bourguiba Habib lartisan de la décolonisation, le fameux militant et chef du parti destourien, le père de la Nation. Je lai trahi tout simplement et même après sa mort il a été privé dobsèques le pauvre! Je commencerai par remercier - Neila Charchour Hachicha (dieu la garde cette islamiste radicale beylicale) davoir écrit ce beau texte qui me sert de support de présentation. - Leila ma seconde femme (jai jeté la première) grâce à qui jai pu devenir Président puis Président à vie, une sorte de roi si vous voulez. - Et enfin moi-même Zine El Abidine Ben Ali (jaime quand on applaudit à la seule évocation de mon nom!) pour mon immense travail de promotion du mensonge integral en Tunisie, le harcèlement de toutes les familles du pays (hommes, femmes, enfants, viellards) l'optimisation de la DELLATION comme systeme de gouvernement (faux et usage de faux). Mais sachez chers citoyens que j'ai besoin de tout votre fric (vous connaissez le n° de mon compte). Entreprendre une démarche de correction de tout un peuple représente un crime mais aussi beaucoup de travail de censure et de propagande pour cacher la vérité. Grâce à INTERNET, qui est un très puissant outil de communication interactive, il est aujourd'hui possible dinformer (ou de désinformer!) lensemble de la planète de mes crimes abominables en un temps record.
Les sites web tunisiens dans le cyber espace sont des outils très moderne et très efficient pour communiquer librement en toute transparence sur les agissements de la police tunisienne et sur les véritables buts que je mefforce datteindre à travers la répression complète de tous les tunisiens dont la tête ne me revient pas, de ceux qui pourraient ne plus avoir peur de moi et oser sexprimer publiquement, ceux qui utilisent un ordinateur pour communiquer avec des correspondants étrangers (le monde entier ourdit un complot contre lÉtat tunisien, tous les étrangers sont donc suspects & les croyants sont des terroristes en puissance). Voici ma méthode de travail : grâce à une justice aux ordres, jenferme le maximum de gens dans des prisons camps de concentration en Tunisie de manière préventive où ils meurent en quelques mois (Il faut donc les libérer quelques détenus de temps en temps pour pouvoir remplir de nouveau les cachots exigus et insalubres), sauf les personnes que je ne veux plus jamais revoir. Dans ces camps de prisonniers politiques (qui sont de véritables paradis comparés aux centres de torture de la Tunisie dont chaque commissariat est équipé), on ne donne pas à manger ni à boire aux détenus qui se mettent souvent en grêve de la faim, les kapos ces héros du peuple qui sont en vérité des criminels les frappent pour quils arrêtent, comme on ne leur donne pas deau pour se laver ils souffrent de la gale et autres maladies, là encore on les laisse sans soins, pas de promenade pour les prisonniers politiques ni de visites (avocats, parents, familles ou toute autre personne travaillant pour des ONG de défense des human rights) on les enferme à lautre bout du pays pour quils en aient encore moins -, pas de panier de prosivions, pas de courrier quand ils en ont le facteur lit tout, les gens du Ministère de lintérieur ont peut-être oublié de prendre tout largent contenu dans la lettre, on ne sait jamais pas de journaux ni de télévision, je leur prend tout leur argent, leurs cheveux pour en faire du savon et leur or dentaire. Voilà un échantillon de la politique sociale dangereusement sécuritaire du Dictateur en Tunisie (en Afrique), le caporal Zine El Abidine Ben Ali (noubliez pas ce nom).
Je m'engage au fil du temps et des lignes ici et maintenant, à vous fournir toute la documentation nécessaire pour vous aider à comprendre que le bénalisme du général Ben Ali est une forme de néo fascisme dérivée du stalinisme et je vous demande de venir souvent en vacances en Tunisie où mes agents vous diront que que joeuvre sans arrêt dans le but de promouvoir la démocratie et de participer à l'établissement de la paix et la prospérité pour les générations futures je vous demande de ne rien y croire et prenez garde de ne pas être victime dune rafle de police dans les quartiers populaires et de finir dans un commissariat (vous risqueriez de faire la doulouse expérience qui consiste à connaître la véritable Tunisie profonde). Me contacter : allez à lagence de voyages la plus proche et prenez pour vos prochaines vacances un billet davion pour la Turquie, ou la Grèce, lEspagne (il ny a pas de bombes qui explosent dans lîle de Majorque, contrairement à Djerba en Tunisie.), le Maroc, lÉgypte ou lAfrique du Sud ! Si vous décidez daller quand même en Tunisie, je désapprouve votre témérité et jadmire votre inconscience. Noubliez pas le bakchich (pour moi, évidemment) et si vous vous faites prendre sans vos papiers, vous pouvez espérer vous en sortir dans les trois jours ouvrables qui suivent votre arrestation (il vous faudra compter dans le meilleur des cas entre une semaine et quinze jours de torture et de détention après la date à laquelle les représentant officiels de vote pays en feront la demande, ce délai étant fréquemment prolongé à trois mois, avant dêtre affecté à une maison de correction). Et quand vous sortez, bien sûr, vous aurez des traces de coups sur tout le corps, quelques dents en moins et votre état de faiblesse général nécesitera une hospitalisation durgence, mais estimez-vous heureux dêtre encore en vie et sachez que pour les tunisiens la torture est un fait culturel qui fait partie de leur vie, cest leurs Réalités. Je reste au pouvoir absolu sans aucun droit en Tunisie tant que je tiens debout et je ne partirai pas avant mon prochain coup dÉtat. Vous comprenez maintenant la nécessité absolue de la liberté de linformation en Tunisie ? Zine El Abidine Ben Ali hachicha.n@planet.tn Neila Charchour Hachicha Citoyenne Tunisienne Fondatrice du PLM-Le Cap-Antarctique (non reconnu) La politique de la Tunisie daujourd'hui est marqué par des pratiques barbares dune part, comme lusage systématique de la torture dans les commissariats, dautre part par lusage des nouvelles technologies à des fins de propagande pour renforcer la dictature et nier le bon droit du peuple!!
Mère Denise
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19 novembre 2002
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Pourquoi je suis résistant Pour commencer je vais rappeler la définition de l'opposition : "opposition (politique), ensemble des forces politiques qui expriment des divergences importantes par rapport aux détenteurs du pouvoir. Pour qu'il puisse exister une opposition, il faut que le système politique d'un pays soit organisé et régi par des règles précises. L'opposition est ouverte et collective. Lorsque la lutte contre les détenteurs du pouvoir est clandestine, il ne s'agit pas d'opposition mais de résistance. De même, l'opposition n'est pas normalement la critique individuelle mais le regroupement de personnes partageant des vues critiques sur la manière dont le pays est gouverné..."
Donc comme pour moi le pouvoir en place n'a aucune légitimité, puisque arrivé là par un putsh militaire et constitutionnel, je fais de la résistance et non de l'opposition. Mais la résistance n'est pas que politique. La résistance n'est pas la propriété des partis politiques. La résistance n'est pas uniquement descendre dans les rues pour tout casser. La résistance n'est pas uniquement l'action musclé. La résistance n'est pas détruire les idées des autres. Non, Non et Non !!! La Résistance c'est avant tout refuser le système. La Résistance c'est de rester libre. Oui, je suis résistant non pas pour des ambitions politiques (quand on voit le spectacle offert, ça donne franchement pas envie !!!) mais par conviction personnelle. Oui, je suis résistant car je ne supporte PLUS l'injustice. Oui je suis résistant car ça me révolte de voir un innocent, Zouhair un monsieur tout le monde, emprisonné et torturé. Oui, je suis un résistant car il y a trop de prisonniers d'opinion en Tunisie qui n'ont comme tort que de s'exprimer. Oui, je suis résistant car dans les jeunes de moins de 25 ans il y a 30% de chomeurs !!! et c'est un chiffre officiel, pire que la Palestine. Oui, je suis résistant car la Justice dans mon pays n'existe plus. Oui, je suis résistant car je vois mes parents, mes amis et tout mon entourage s'appauvrir de plus en plus. Oui je suis résistant car j'en est marre de payer une taxe au 26-26 pour que les 7 familles en profitent sur mon dos. Oui je suis résistant car il y a une toute petite minorité qui salissent l'image de la Tunisie, qui détruise le patrimoine et l'héritage historique et traditionnel de notre pays. Amis Tunisiens exprimez vous ! ça fait longtemps qu'on a pas vu d'interventions sur ce forum pour des propositions, pour des idées, pour des points de vue. Vous pouvez par vos contributions individulles faire bouger les choses. Pour que l'ensemble du peuple soit libérer de la tyrannie. La Tunisie, nos enfants ont besoin de chacun d'entre nous, à nos plumes !!! Ecrivez et n'attendez pas qu'on le fasse à votre place. Tout être humain à le droit de s'exprimer. Et le temps presse. 2004 c'est pour bientôt
Tarek Ibn Ziad, 100% réveillé
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24 octobre 2002
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La liberté Qu'est-ce que la liberté ? Pour chacun elle est différente, c'est une porte de sortie qui m'incite à m'affirmer, à me respecter et à m'aimer ! La liberté, pour moi c'est une façon d'être. être libre, c'est me donner la chance de choisir ce qui est bien pour moi. C'est me donner la possibilité d'être vraie et réelle sans penser que les autres peuvent m'obliger à être ce que je ne veux pas. La liberté, c'est rire lorsque je veux rire C'est pleurer lorsque je veux pleurer C'est choisir ma façon de vivre, c'est garder dans ma tête mes souvenirs, ne pas les partager pour les garder intacts.
C'est respirer librement. La liberté, c'est m'émouvoir devant un animal blessé sans faire rire de moi, sourire avec tout le monde, sans porter à jugement sur moi, c'est donner à qui je veux lorsque le goût est là. La liberté c'est prendre mes responsabilités, C'est aimer avec toute la force dont je suis capable. C'est offrir à ceux que j'aime tout ce qui est possible. C'est être aussi pour moi, une véritable amie. Qui se pardonne tous les mauvais choix de sa vie. et surtout vivre sans méchanceté consciente. La liberté, c'est être tout simplement...!
Freedom
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22 octobre 2002
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Tunisie: la dictature devient constitutionnelle Werner Ruf* Zine Abidine Ben Ali a révisé pour la cinquième fois la Constitution tunisienne. Il était temps: aux termes de la modification de la Constitution du 25 juillet 1988, le mandat présidentiel aurait pris fin en 2004, ce qui était beaucoup trop tôt pour Ben Ali, né en 1936 et animé de grandes ambitions à la tête de la nation. Et comme dhabitude le peuple terrorisé a plébiscité le chef dun État policier parfaitement organisé: les 99,52% de oui des citoyennes et des citoyens, qui ont participé au référendum à 95,59%, nont de fait représenté aucune surprise, comme la déclaré fièrement le ministre de lIntérieur en annonçant officiellement les résultats du travail dévoué de son administration . Dailleurs, les résultats des élections présidentielles ont jusquici tourné autour de 99,5%. Ce faisant, Ben Ali a éliminé une clause essentielle de la Constitution réformée par lui-même en 1988: son prédécesseur Habib Bourguiba, le Combattant suprême (Moujahid El Akbar) avait modifié en 1975 la Constitution adoptée en 1959, trois ans après lindépendance, en y introduisant la présidence à vie . Ben Ali avait renversé Bourguiba vieillissant le 7 novembre 1987, par un coup dÉtat médical, le déclarant par un certificat médical inapte à gouverner. Si lancienne Constitution était déjà taillée sur mesure, de manière extrêmement autoritaire, pour la personne du président, Ben Ali avait encore étendu les compétences présidentielles, en transférant dimportantes prérogatives du premier ministre au Président de la République. Il sagissait maintenant de supprimer cet obstacle qui avait rendu nécessaire, après le putsch de Ben Ali, la suppression de la présidence à vie. Mais cela naurait pas eu de sens pour Ben Ali, que ses sujets appellent avec mépris président bac moins 3 , de ne pas profiter de la révision de la Constitution pour étendre encore plus ses compétences déjà largement totalitaires. Les innovations décisives sont : 1. La clause selon laquelle le président en exercice peut être réélu deux fois pour des mandats de cinq ans est remplacée par la clause selon laquelle lâge maximal des candidats doit être de 75 ans. Ben Ali peut donc se présenter encore deux fois et rester en place jusquen 2014. 2. Larticle 41 de la Constitution est modifié de manière à garantir au président limmunité pénale durant son mandat. Cette immunité vaut aussi après la fin de ses fonctions pour des actes commis dans lexercice de ses fonctions. Ainsi est délivré un chèque en blanc constitutionnel aux traits kleptocratiques du régime et à la cupidité de lépouse du Président. 3. A côté du Parlement monocaméral existant (Chambre des Députés), une deuxième chambre (Chambre des Conseils) est créée. Ses membres sont composés comme suit: chaque gouvernorat élit, selon sa population, un ou deux députés. Un deuxième tiers des députés est élu de façon paritaire par les organisations demployeurs, de salariés et agricoles. Ces dernières sont, tout comme les municipalités et les gouvernorats, sous le contrôle du parti quasiment unique du RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique). Le reste des membres de la chambre, qui ne doit pas dépasser les deux tiers de la Chambre des députés, est nommé par le Président, qui les choisit parmi les personnalités et compétences nationales (Article 19). 4. Pendant les vacances parlementaires, le Président peut promulguer de sa propre autorité des lois qui seront ensuite soumises pour approbation aux deux chambres (Art. 31). 5. Enfin larticle 15 est modifié. La phrase: La défense de la patrie et de lintégrité territoriale est un devoir sacré pour chaque citoyen est remplacée par: Chaque citoyen a le devoir de protéger le pays et de préserver son indépendance, sa souveraineté et lintégrité du territoire national. La défense de la patrie est un devoir sacré pour chaque citoyen. A première vue, la différence entre les deux formules napparaît pas avec évidence. Nous y reviendrons plus tard. On voit demblée quil sagit là moins dune réforme que dun coup dÉtat constitutionnel: dans la tradition de la conception civico-démocratique de lÉtat, les constitutions sont des instruments visant à assurer la démocratie, à légitimer le gouvernement et à faire régner le droit . Mais dans le cas qui nous occupe la constitution devient un outil de larbitraire présidentiel, un instrument de la dictature. Cette dictature assurée constitutionnellement, qui soustrait la tête de lÉtat et ses pratiques corrompues à tout contrôle et à toute critique, en arrive en fin de compte à une appropriation de lÉtat . Louis XIV aurait dit: LÉtat, cest moi. La variante tunisienne est: LÉtat mappartient. Mais la réalité constitutionnelle dépasse largement les clauses de type totalitaire de cette (nouvelle) Constitution: en Tunisie gouverne de fait le parti quasi-unique RCD. Parti quasi-unique puisquil existe une opposition légale. Déjà pour les élections législatives de 1994, lopposition fut dans une certaine mesure institutionnalisée. Comme le RCD remporte tous les sièges aux élections avec une belle régularité, 19 sièges furent réservés avant les élections pour lopposition, représentée par cinq partis créés à cet effet. Entre-temps, cette opposition dispose de plus de 20% des sièges à la Chambre des députés, dont elle na gagné aucun par des élections. Dans ces circonstances, on comprend pourquoi lopposition a fait campagne avec force pour le référendum constitutionnel. Tout comme il produit du pluralisme de manière autocratique, Ben Ali tient son pays dans une poigne policière de fer. Et de même quil double sa Chambre des députés, totalement aux mains de son RCD, par une deuxième chambre largement autoproclamée, de même la police et la gendarmerie, omniprésentes, sont complétées par les milices du RCD, qui garantissent, sous la forme dun système dîlotage, le contrôle total des citoyennes et des citoyens. Cest à la lumière de cette obsession sécuritaire du régime, de sa volonté ferme de contrôle total des citoyennes et des citoyens, quil faut voir le cinquième point, évoqué ci-dessus, de la révision de la Constitution. En juillet de lannée dernière, le Président ben Ali avait déclaré que le gouvernement avait certes le devoir, de protéger le droit des citoyens à une opinion déviante, mais que les citoyens qui critiquaient le pays dans des médias internationaux étaient des traîtres . La porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie et son mari Omar Mestiri avaient participé à Genève à une rencontre dorganisations des droits humains, à laquelle participaient aussi des représentants israéliens. une partie de la presse tunisienne, totalement sous le contrôle du régime, laccusa de sêtre alliée au diable sioniste . On aurait donc de bonnes raisons de craindre, dans les cercles du petit monde des défenseurs tunisiens des droits humains, que la modification de larticle 15 puisse servir à criminaliser encore plus les critiques contre le régime, dans la mesure où de telles critiques sont assimilées à des atteintes à la souveraineté de lÉtat de Ben Ali. Ainsi, ladoption de la nouvelle constitution semble avoir pour conséquence une nouvelle vague darbitraire et de terreur den haut, qui semble se concentrer actuellement sur la personne de Mokhtar Yahyaoui. Celui-ci était un des plus hauts juges du pays, ce qui ne lempêcha pas décrire une lettre ouverte au Président le 6 juillet de lannée dernière , dans laquelle il dénonçait létat de la justice tunisienne et réclamait lindépendance du troisième pouvoir. Yahyaoui fut suspendu de ses fonctions le 12 juillet sous le prétexte cousu de fil blanc dune affaire immobilière vraisemblablement manipulée . Mais au lieu de renoncer, il a rejoint le CNLT et a fondé à son tour une organisation de droits humains, le Centre tunisien pour lindépendance de la justice (CIJ), dont le travail attire de plus en plus lattention internationale. Tout à fait dans la tradition de la répression familiale, pratiquée en Tunisie surtout au temps de la persécution dislamistes , le régime sen prend maintenant à la famille du juge: début juin, son neveu Zouheir Yahyaoui, animateur dun site web critique et satirique, a été arrêté et condamné le 20 juin, au terme dun procès grotesque et entaché dirrégularités, auquel il nassistait même pas, à 16 mois de prison pour diffusion de fausses nouvelles. La fille du juge, Amira, âgée de 17 ans, a été agressée le 14 juin à la sortie de son lycée par un homme qui la frappée avec une matraque en bois, provoquant une fracture. Lagresseur se réfugia ensuite dans un bureau du RCD. A quel niveau de parodie est descendue la justice tunisienne est illustré par le procès , le 2 février 2002, contre Hamma Hammami et la direction du Parti communiste des ouvriers tunisiens (PCOT) - illégal - à la suite duquel les membres du barreau tunisien ont déclenché une grève. Et le régime peut aussi se permettre tout simplement de refuser lentrée du pays à des observateurs internationaux ou même de les interpeller, de les maltraiter et de saisir leurs notes et un PC . Si la justice tunisienne est caractérisée par des traits grotesques, les conditions dans les prisons tunisiennes, sont, elles, atroces : la torture est à lordre du jour, les soins médicaux pratiquement inexistants et la mortalité extrêmement élevée. Et tout cela se passe dans un pays qui, plus que tout autre dans la région, réunit toutes les conditions requises pour une transition démocratique: état de développement, structure sociale, niveau dinstruction et culture politique . Cela serait dautant plus nécessaire que la Tunisie a été le premier des pays tiers méditerranéens à signer et ratifier un accord dassociation avec lUnion européenne, dont les conséquences calculables seront de graves problèmes sociaux: un tiers des entreprises tunisiennes devrait succomber à la concurrence de biens industriels de masse du Nord et des fermetures dentreprises et des licenciements massifs seront inévitables. Le durcissement de lautoritarisme rend impossible les formes les plus atténuées de protestation. Or, la démocratie, cest la reconnaissance de la légitimité de la protestation, de la pluralité dopinions, du débat public sur des modèles politiques, économiques et sociaux. La démocratie lie des opinions et des courants divergents dans le cadre légal de la lutte pour un pouvoir légitime. La répression et le pillage des richesses publiques, désormais légalisés par la Constitution, ne laissent pour un changement de système que lalternative de léruption violente. Et celle-ci apparaît dautant plus dangereuse que la répression étatique a déjà criminalisé, brisé et anéanti les moindres embryons de structures dopposition. Et pourtant lÉtat policier total ne garantit aucunement une sécurité totale, comme lont montré lattentat contre la synagogue de La Ghriba début avril et les récentes alertes à la bombe contre le complexe hôtelier de Port El Kantawi près de Sousse. Ces actes sont moins des manifestations dun terrorisme international que des coups ciblés contre le tourisme de masse, la première source de devises du pays. Pour le moment, la situation semble stable. mais de quel type de stabilité sagit-il ? Lattentat de Djerba et les menaces dattentat de Sousse ne montrent-ils pas que la pression sans cesse accrue den haut provoque une contre-pression toujours plus forte den bas, une pression que ne feront que renforcer les conséquences sociales de laccord dassociation ? Une libéralisation économique qui ne saccompagne pas dune ouverture politique, produit des tensions et des contradictions qui menacent même dannihiler les éventuels aspects positifs de la libéralisation. En effet, qui voudrait investir dans un pays dans lequel non seulement ne règne pas un État de droit mais dans lequel le baril de poudre politique est à ce point sous pression, que des investissements à moyen et à long terme paraissent extrêmement risqués? Pour conclure : de quelle crédibilité dispose lOccident, et surtout lEurope, qui ne cesse de réclamer le respect des droits humains mais qui, au nom dune telle pseudo-stabilité, accepte hâtivement des résultats délections et de référendums à la Ben Ali, qui dans les conditions tunisiennes ne peuvent vraiment pas être une surprise, légitiment une tyrannie qui est lexact contraire de ce que les résultats électoraux essayent de suggérer? Jusquà quand la politique et les médias européens vont-ils se tromper eux-mêmes? François Burgat la dit de manière remarquable dès 1996: Cessons de confondre les bulletins électoraux qui sont glissés dans les urnes de la guerre psychologique et économique avec ceux du plébiscite. Le gouffre que nous laissons se creus er entre le légal-institutionnel et le réel politique dans le monde de nos voisins arabes est porteur de dangereuses schizophrénies politiques et non de paix et de stabilité. Nous couvrons nos yeux avec un voile qui est beaucoup plus dangereux que tous les tchadors: celui de la désinformation. --------------------------- 1- Cf. aussi : Ruf, Werner: Diktatur im Musterland, in Blätter für deutsche und internationale Politik, 7/2002, p. 789-792 2-Pour un panorama complet et précis de lhistoire constitutionnelle tunisienne, voir Baumann, Herbert: Zur Verfassungsentwicklung des landes, in Baumann, Herbert/Ebert, Mathias (Hrsgb.), Die Verfassungen der Mitgliedländer der Liga der Arabischen Staaten, Berlin, Verlag Arno Spitz, 1995, p. 701-712. Texte de la Constitution dans la version du 25 juillet 1988: p. 713-725 3- Ben Ali a été renvoyé de lécole trois ans avant le bac, pour ses mauvais résultats. 4-Le texte des modifications constitutionnelles du 26 mai est publié dans le journal officiel de la république tunisienne, 27 moharrem 1423- 5 avril 2002, 145ème année, n° 28. 5-Matar Abdelwahab, interview dans LAudace n° 86 (avril 2002). Lavocat tunisien soumet la réforme constitutionnelle à une critique accablante aussi du point de vue de la théorie de lÉtat. 6-Beau Nicolas/Tuquoi Jean-Pierre, Notre ami Ben Ali, Lenvers du miracle tunisien, Paris 1999 7-Voir à ce sujet la définition appropriée du régime de Ben Ali comme dictature gorille par Gilles Perrault, cité dans Tunsi Abdelhaq, Bedauernswertes Tunesien, INAMO n° 22 (2000), p. 4-7 8-US State department Country reports on Human Rights Practices 2001, Tunisia, March 4, 2002, 23. V. www.US state dep.TU 2002 9-P. ex. Le Quotidien du 14 mai 2002. Les journaux arabophones Echourouq et El Hadeth sont allés dans le même sens. 10- Indice du caractère délétère de lÉtat policier tunisien le fait que la lettre adressée par Yahyaoui au Président en tant que magistrat suprême lui fut renvoyée avec la mention: Destinataire inconnu à cette adresse. Ce renvoi fut adressée à lexpéditeur bien que lenveloppe nen porte aucune mention. Sur quoi il décidé de la rendre publique le 6 juillet. 11-Pour les détails, voir Reporters sans frontières , Tunisie, le livre noir, Paris 2002, p. 65-93. 12-Tunsi, op.cit., p.6. 13-Source: communiqués du CNLT et du CRLDHT 14-Voir le rapport complet de lavocat suisse Christian Grobet, observateur au procès, dans RSF, op.cit., p. 95-101. 15-Par exemple le 16 juin 2002 à un groupe dobservateurs de la Commission internationale des juristes. 16-Cest arrivé à deux observateurs dAmnesty International lannée passée (US State Department, op.cit.) 17-Cf. Tunsi Abdelhaq, op.cit. 18-Burgat François, Lislamisme en face, Paris 1996, p. 27. *Werner Ruf est professeur de relations internationales à luniversité de Kassel Auparavant, il avait enseigné successivement aux universités de Freiburg ( RFA), New York University, Université de Marseille III et séjourné plus de quatre ans au Maghreb pour ses recherches. Sa thèse de doctorat, soutenue en 1969, traite de la Tunisie. Le présent article a paru dans la Revue INAMO ( informationsprojekt Naher und Mittler), automne 2002. LInstitut Tunisien des Relations Internationales (ITRI/ e-mail: tunisielibre@yahoo.fr), remercie vivement lami Fausto Giudice pour sêtre donné la peine de nous traduire larticle de lAllemand., ainsi que lami Werner Ruf, pour nous avoir autorisé à le diffuser...
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Revue INAMO, automne 2002
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Am Laroussi nous a quitté Un nouveau ami m'a quitté cette semaine et que je ne verrai plus, peut être dans la vie divine avec l'aide du tout puissant. Un nouveau qui s'ajoute à liste des morts et qui sont sous la moyenne de vie du citoyen en Tunisie et qui est officiellement de 72 ans. Un ami et ce n'est pas n'importe lequel. Le feu Laroussi Bedoui nous a quitté à l'âge de 61 ans, au moins lui n'a pas passé les derniers jours de sa vie dans les geôles du sergent. Ma première rencontre avec lui s'était dans la prison du 9 avril, dans un été de l'année 1987. J'étais un élève dans un lycée de la capitale alors que lui était propriétaire d'une librairie qui s'appelait « El Houda ». Bien que la prison représente l'une des institutions les plus destructives qu'a connu l'humanité, on a pu s'organiser et on a réussi à établir un plan de formation très constructif, vu que la majorité des détenus sont des étudiants ou des cadres, donc le médecin donnait des cours de médecine, le juriste des cours de droit, le zitounien donnait des cours de « théologie » ou plutôt de charia, l'économiste quant à « Am Laroussi » il était malgré son âge avancé (la quarantaine) l'animateur par excellence. Tout d'abord son niveau culturel lui permettait d'acquérir le respect général de la communauté des résidants des cellules des lieux d'incarcération. Je voulais dire par cela que l'homme était plus expérimenté que les autres et surtout doué. Cela s'explique par son travail en tant que libraire mais aussi de son caractère en tant qu'un homme de théâtre. En effet, on ne pouvait pas surmonter l'atmosphère étouffante sans avoir quelqu'un qui nous chantait la vie, l'espérance, l'amour, la foi et la croyance aux principes de justices et de liberté et quelqu'un qui nous rendait le cauchemar en un joli rêve par ses interventions chaleureuse comme ce fut celles de « Am Laroussi ». Noua avons quitté la prison par la chute de l'ex-dictateur, je ne pouvais pas rester une semaine sans visiter Am Laroussi, qui s'est retourné au travail avec plus d'énergie. Je me rappelle encore d'une visite que j'ai fait en 1990 pour lui passer le bonjour et acheter la revue « Al-Âlem » que je n'avais raté aucun numéro depuis sa parition, et c'était la mauvaise nouvelle que cette revue a été censuré à cause d'un poème publié et qui critiqué le président tunisien. Seulement Am Laroussi ne savait pas ce qu'est la censure officielle, il a fait sorti du casier de la caisse de sa boutique une copie du poème. Am Laroussi était comme un grand frère, il avait les qualités d'un père mais surtout le comportement d'un jeune qui ne savait pas ce que veut dire conflits de génération. Ce n'est pas un hasard que pendant ses obsèques le dimanche dernier, un rassemblement gigantesque et les foules représentaient tous les âges et toutes les générations. Ammi Laroussi, j'ai appris qu'un sourire discret sur tes lèvres après ta mort et avant les funérailles, celui qui m'a raconté cette scène m'a ajouté que tu es resté le même vivant ou après la mort de ton corps. Nous regrettons de t'avoir quitté, mais nous espérons par nos désirs ardents et nos volontés les plus engagées de te rencontrer ou de te rejoindre, le chemin tu nous l'a montré, l'humour et la dissidence. Ne t'en fais pas, le flambeau est déjà dans nos mains
Mqas
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24 octobre 2002
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Comité Article 13 Pour la liberté de circulation Communiqué n°5 Le Comité Article 13 informe lopinion publique et démocratique que les avocats de M. Sadri Khiari, membre du secrétariat du RAID Attac Tunisie et membre fondateur du CNLT, ont enfin obtenu du Procureur de la république les références de linterdiction de quitter le territoire sur la base de laquelle M. Sadri Khiari est empêché de voyager. Les avocats ont pu ainsi déposer, le 26 novembre, une demande de levée de cette interdiction auprès du Doyen des juges dinstruction. Par ailleurs, le Comité apprend que la date de la soutenance de thèse de M. Sadri Khiari, fixée initialement au 30 novembre, a due être reportée sous quinzaine. Le Comité prend acte des multiples démarches des avocats de M. Sadri Khiari et appelle à la vigilance afin que le dossier puisse aboutir à la levée de linterdiction de sortie et que Sadri Khiari retrouve sa liberté de circulation. Tunis, le 27/11/0 Communiqué : Sadri Khiari soutiendra sa thèse à Tunis ![]() C'est donc à Tunis qu'aura lieu, le 30 novembre, ma soutenance de thèse. En effet, samedi dernier, la police des frontières m'a une fois de plus (la 7ème !) empêché d'embarquer alors que je devais me rendre à Paris afin d'y soutenir une thèse en science politique achevée depuis près de deux ans. Comme je l'avais annoncé, à sa réunion du 22 mars 2002, le Conseil d'administration de l'Université Paris VIII-Saint Denis avait adopté le principe d'un déplacement à Tunis du jury. Il ne reste aujourd'hui aucune autre solution. Pour autant, je ne renonce pas à réclamer la liberté de voyager dont je suis arbitrairement privé en raison de mes activités associatives et démocratiques. Avec mes amis du Comité Article 13, je continuerais ce combat pour le respect du droit de circulation dont tant de nos concitoyens sont abusivement dépossédés : Mokthar Yahyaoui, Mohamed Ali Bedoui, Kamel Jendoubi et de nombreux (des milliers ?) anciens prisonniers politiques toutes tendances confondues. Sadri Khiari (RAID Attac Tunisie et CNLT) Tunis, le 26/11/02 Communiqué n°4 : Sadri Khiari empêché de quitter le territoire pour la 7ème fois ! Une trentaine davocats se sont présentés le 23 novembre au cabinet du doyen des juges instruction, Monsieur Amor Mansour, auprès du tribunal de première instance de Tunis. Les avocats réclamaient les dossiers pendants dans les affaires de Sadri Khiari, membre du secrétariat du RAID Attac Tunisie et membre fondateur du CNLT, qui na jamais reçu de convocation du juge dinstruction pour lui signifier les poursuites et léventuelle interdiction de sortie dont se prévaut la police des frontières pour lempêcher de voyager. Sur linsistance des avocats, la greffière a fini par donner les numéros de dossiers : 84042, pour la première affaire, en date du 25 mars 2000, pour diffamation des institutions judiciaires et de lordre public, diffusion de fausses nouvelles de mauvaise foi et de nature à troubler lordre public ; la seconde affaire, 84063, en date du 29 mars 2000, pour maintien dune association illégale. En l "absence" du doyen des juges dinstruction, les avocats se sont présentés au secrétariat du Procureur de la République en vue de vérifier dans le Registre si M. Sadri Khiari est effectivement objet dinterdiction de sortie sur la base des deux affaires. Conformément à la procédure légale, le juge dinstruction était tenu de signifier immédiatement linterdiction de sortie à M. Sadri Khiari afin que ce dernier puisse, dans les 4 jours dont il dispose, entreprendre le recours nécessaire auprès de la Chambre de mise en accusation. Depuis bientôt deux ans et huit mois que ces affaires sont pendantes, M. Sadri Khiari na jamais reçu de convocations et na jamais était interrogé par le juge dinstruction qui ne lui a jamais signifié la dite interdiction qui lui est opposé systématiquement par la police des frontières à chacune de ses tentatives de sortie. Pour la 7ème fois, M. Sadri Khiari sest présenté à lembarquement ce 23 novembre à 15h à destination de Paris où il doit soutenir sa thèse le 30 novembre prochain pour se voir opposer le même refus par la police des frontières. Sadri Khiari était accompagné par de nombreux militants et dirigeants de la société civile tunisienne. Un fort dispositif policier était mobilisé à laéroport. La défense de M. Sadri Khiari se présenter à nouveau en début de semaine devant le doyen des juges dinstruction afin de prendre connaissance du dossier et exiger que lui soit signifiée linterdiction afin quil exerce ses droits au recours. Le Comité Article 13 sélève contre ces pratiques arbitraires, contraires aux lois du pays et aux conventions internationales ratifiées par la Tunisie. Il rappelle son attachement à la liberté de circulation Souhayr Belhassen, Halima Jouini, Larbi Chouikha, Bochra Belhadj Hamida, Omar Mestiri, Radhia Nasraoui Tunis, le 23/11/02 Email : article131948@yahoo.fr Communiqué de Maître Radhia Nasraoui à propos de laffaire Sadri Khiari Une fois de plus, mon client Sadri Khiari, membre du secrétariat du RAID Attac Tunisie et membre fondateur du CNLT, a été empêché dembarquer à laéroport de Tunis-Carthage alors quil devait se rendre à Paris pour soutenir sa thèse. Le prétexte invoqué est toujours le même à savoir lexistence de poursuites judiciaires à son encontre. Mon client na jamais été convoqué ni interrogé par le doyen des juges dinstruction, Monsieur Amor Mansour. Depuis une année et demi, je me suis rendu des dizaines de fois à son bureau pour me renseigner sur ces prétendues affaires sans obtenir la moindre information ni sur les chefs dinculpation ni sur les faits reprochés à mon client, au point quen jen suis venu à douter de leurs existences. Ce matin, une trentaine de consurs et de confrères ainsi que des défenseurs des droits humains mont accompagné, par solidarité avec Sadri Khiari, au bureau du doyen des juges dinstruction, lequel, selon les affirmations de son secrétariat, était en réunion au ministère de la Justice. Nous nous sommes donc présentés au bureau du Procureur de la république, Monsieur Moncef Zaibi, sans plus de résultat. Finalement nous avons pu obtenir quelques informations relatives aux numéros des affaires et aux chefs dinculpations : maintien dune association non reconnue (le CNLT), outrage à lordre public un délit qui a été éliminé du code de la presse outrage à la magistrature et diffusion de fausses nouvelles. En tout état de cause, il nest pas dusage que le juge dinstruction décide une interdiction de quitter le territoire en supposant que cela ait vraiment été le cas sans prendre la peine dinterroger linculpé. Quoiquil en soit, alors que la plupart des chefs dinculpations sont déjà prescrits, comment admettre que des dossiers restent en suspens pendant près des trois ans et que mon client soit ainsi privé de son droit de voyager ? Jusquà quand la justice acceptera-t-elle dêtre utilisée pour masquer des décisions arbitraires de la police ? Jexige que mon client soit rétabli dans ses droits et que cesse cette mascarade. Radhia Nasraoui Tunis, le 23/11/02 Communiqué n°3 Pour la 7ème fois depuis quil a récupéré son passeport en juin 2001, Sadri Khiari, membre du secrétariat du RAID Attac Tunisie et membre fondateur du CNLT, va se présenter ce samedi 23 novembre à laéroport de Tunis-Carthage dans lespoir que les autorités auront levé linterdiction arbitraire de voyager dont il est victime depuis juillet 2000. Pendant une année, Sadri Khiari na pu obtenir le renouvellement de son passeport puis, lorsquon le lui a restitué au terme dune grève de la faim, on la informé quil était sous le coup de poursuites judiciaires relatives à des affaires remontant à mars 1997 et mars 2000 qui justifieraient une interdiction de quitter le territoire. Jusquà ce jours, malgré de multiples démarches, aucune information ne lui a été fournie concernant ces poursuites, le Doyen des juges dinstruction refusant de répondre à ses avocats. Cette affaire confirme, sil en était besoin, lentremêlement des logiques judiciaires et politiques. Notre Comité demande aux autorités de mettre un terme à ce genre de pratiques qui portent atteinte aux droits humains, à la légalité tunisienne et internationale et à lindépendance de la justice. Nous demandons que Sadri Khiari puisse le 23 novembre quitter la Tunisie et que cessent toutes formes de harcèlement policier à son égard. Nous appelons nos amis, défenseur(e)s des droits humains et militant(e)s politiques, à accompagner Sadri Khiari le 23 novembre à 14h, à laéroport de Tunis-Carthage . Halima Jouini, Omar Mestiri, Radhia Nasraoui, Souhayr Belhassen, Larbi Chouikha, Bochra Belhadj Hamida Tunis, le 21/11/02 Communiqué n°2 Le 30 novembre prochain, Sadri Khiari, artiste-peintre, membre du secrétariat du RAID (Attac-Tunisie) et membre fondateur du CNLT, doit soutenir une thèse de science politique achevée depuis près de deux années. En raison dune interdiction arbitraire de voyager dont il est victime depuis juillet 2000, Sadri Khiari na pu soutenir cette thèse à lUniversité de Paris VIII où il est inscrit. De toute évidence, cette interdiction de voyager sanctionne ses activités associatives et politiques en faveur des droits humains. Elle fait suite, en particulier, à la conférence de presse quil a donné à Paris en mars 2000 au titre de responsable des relations extérieures du CNLT pour présenter le premier rapport sur les libertés de cette association ainsi que la série de conférence et de meetings auxquels il a participé les semaines suivantes dans différents pays européens. Rentré à Tunis en juin de la même année, il a demandé le renouvellement de son passeport mais na pu lobtenir quune année plus tard à la suite dune grève de la faim. En lui remettant un nouveau passeport, on la cependant averti quil était sous le coup de poursuites judiciaires relatives à des affaires remontant à mars 97 et mars 2000 et qui auraient justifié une interdiction de quitter le territoire. Jusquà ce jour, malgré ses multiples démarches ainsi que celles de ses avocats, en particulier Maître Radhia Nasraoui, il lui a été impossible dobtenir la moindre information concernant ces prétendues poursuites. Depuis quil a récupéré son passeport, Sadri Khiari sest présenté à six reprises à laéroport de Tunis-Carthage avec lintention de voyager. A chaque fois, il a été refoulé au prétexte de ces poursuites judiciaires. Ainsi, le 19 Juin 2001, il a voulu se rendre à Paris. Après une fouille minutieuse de ses bagages et la confiscation dune disquette contenant des documents en rapport avec sa thèse, il a été empêché dembarquer. Le 24 septembre 01, il devait se rendre à Aix-En-Provence pour présenter une communication au colloque « Habib Bourguiba ; la trace et lhéritage » organisé par lIEP et lInstitut de recherches et détudes sur le monde arabe et musulman (IREMAM). Il en a également été empêché. Ce scénario sest répété le 12 janvier 2002 alors quil devait représenter le RAID Attac Tunisie au congrès de fondation dAttac Italie ; le 7 février alors quil devait participer à Paris au séminaire de lIFRI sur « le Maghreb après le 11 septembre » ; le 18 mai, alors quil devait participer à la Conférence organisée à Paris par le CRLDHT en protestation contre le référendum constitutionnel et, enfin, deux semaines plus tard, il a été empêché de partir pour Lyon où il devait prendre la parole à une conférence sur les libertés démocratiques en Tunisie. Sadri Khiari a dû renoncer à de nombreuses autres sollicitations et activités à létranger en rapport avec son engagement démocratique, ses recherches artistiques et scientifiques et notamment la soutenance de sa thèse. Face à lobstination des autorités, il a effectué une grève de la faim symbolique du 25 au 27 octobre dernier en compagnie de Philippe Corcuff, sociologue français, membre dAttac France, présent alors à Tunis et qui a voulu ainsi exprimer sa solidarité avec le mouvement démocratique tunisien. Le 27 octobre au matin, P. Corcuff a été expulsé sans autre forme de procès et Sadri Khiari interpellé et gardé au poste pendant plusieurs heures. Ces réactions policières confirment nos appréhensions que les autorités tunisiennes restent déterminées à persécuter Sadri Khiari, à le priver de son droit de circulation et à lempêcher de soutenir sa thèse le 30 novembre prochain. Notre Comité appelle la société civile tunisienne et internationale à lui témoigner sa solidarité et à exiger des autorités tunisiennes quun terme soit mis à larbitraire et que Sadri Khiari retrouve sa liberté de voyager. Tunis, le 20/11/02 Email : article131948@yahoo.fr Création d'un nouveau comité en Tunisie Comité Article 13 pour la défense du droit des citoyens à circuler librement hors des frontières de leur pays. La liberté de circulation est un droit inaliénable et non négociable, fondement de la dignité humaine et de la citoyenneté. En effet, le droit pour tout individu à se déplacer sans aucune entrave, hors des frontières de son pays et à se faire délivrer un passeport, est énoncé explicitement dans larticle 13 de la Déclaration Universelle des Droits de lHomme de 1948 et garanti par le Pacte Civil et Politique de 1966. LEtat tunisien a ratifié ces intruments internationaux qui ont force de loi, et la responsabilité pleine et entière de lAdministration de notre pays se trouve engagée dans lapplication effective et sans exclusive de ce principe juridique. Or, de nombreux cas recensés ces dernières années, montrent que ce droit est loin dêtre effectif, généralisé, et garanti par les juridictions du pays. Parmi eux, nous relevons : - Le cas de Sadri Khiari, Artiste-Peintre, membre du Secrétariat de RAID Attac Tunisie et membre fondateur du CNLT, est arbitrairement interdit de quitter le territoire national depuis juillet 2000. Le prétexte invoqué pour justifier cette interdiction porte sur des prétendues poursuites judiciaires à son encontre. Or, jusquà ce jour, le Doyen des Juges dInstruction refuse de communiquer à ses avocats toute information relative à son affaire. Par cette mesure dinterdiction de voyager, Sadri Khiari se trouve ainsi empêché de pouvoir soutenir sa Thèse de Doctorat à Paris, dont la date initiale avait été fixée par son jury au printemps 2001. - Le prétexte invoqué pour interdire au juge Mokhtar Yahyaoui, Président du CTIJ, de voyager est tout aussi révélateur de ces pratiques admistratives abusives. On exige de lui quil mette à jour son passeport en indiquant une autre profession que celle de magistrat. Le but est de faire reconnaître à Mokhtar Yahyaoui une révocation arbitraire dont il na en outre reçu aucune décision officielle. - Résidant en France, Kamel Jendoubi, président du CRLDHT, est également privé de passeport pour des raisons fallacieuses. Son passeport lui a été confisqué par les autorités consulaires tunisiennes de Paris lorsquil en a demandé le renouvellement le 9 mars 2000. Quelques jours plus tard, le 21 mars, des poursuites judiciaires sont ouvertes contre lui pour justifier la décision de lui retirer son passeport. Le juge dinstruction a pris cette décision sans même lentendre. Ainsi, Kamel Jendoubi ne peut plus rentrer en Tunisie et na pas pu assister aux obsèques de son père. Tels sont les cas recensés jusquà ce jour ; mais nous savons quil en existe bien dautres, et que nous nous ferons un devoir de défendre. Il ressort que toutes ces personnes - privées de voyager - le sont en réalité, pour leurs activités publiques, associatives et politiques. Notre comité a été créé pour défendre le droit fondamental à la liberté de circulation et pour rappeler lEtat au respect de ses engagements internationaux. Le comité appelle les opinions publiques - tunisiennes et internationales pour que le droit de circuler ne soit plus un moyen de chantage ou de sanction à lencontre des citoyennes et des citoyens. De plus, les membres du comité demeurent fermement attachés à lidée quune loi damnestie générale en faveur de toutes les personnes condanmnées pour leurs idées ou leurs activités politiques, savère plus que nécessaire. Nous agirons en conséquence et nous nous associerons à toute action menée dans le sillage de cette revendication. Voici le nom de quelques signataires : Me Bochra Belhadj Hamida, Souhayr belhassen, Larbi Chouikha...
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Tunis, 19 novembre 2002
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Repas dIftar au Palais de Carnage Un groupe de crève-la-faim, otages du Président Ben Ali et de son épouse ![]() Le Président Zine El Abidine Ben Ali et son épouse, Mme Leïla Ben Ali, ont amené de force, hier soir, à un repas dIftar, un groupe de crève-la-faim et de pauvresses, dont certains prennent leurs repas de rupture du jeûne dans les gargottes du 26-26 ouverts à loccasion du mois saint de Ramadan [Note du traducteur : le mois de Ramadan pour les crève-la-faim est le seul mois où le jeûne peut être rompu] Le repas dIftar a été loccasion pour le Chef de lEtat et son épouse de torturer leurs prisonniers. Il a également illustré le dénigrement et le désintérêt que le Président de la République manifeste à l'égard de la solidarité et son effort permanent à bannir de lesprit toute entraide et tout rapprochement entre les Tunisiens durant ce mois et tous les autres.
Discretion
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21 novembre 2002
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| Fond sonore : Eurythmics, Sweet Dreams |