102 sus dessous !
TUNeZINE 102





Bonne lecture !
Ils veillent sur Ettounsi

Bon Anniversaire Zouhair


Categorynet perpétue son attachement à la liberté de la presse et à son filleul Zouhair. Tout ce 8 décembre, il fera la « Une » de Categorynet.

Cordialement,

Greg Manset

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Press and media Manager
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Le Nouvelliste, quotidien suisse, apporte tout son soutien à son filleul, Zouhair Yahyaoui. Nous lui souhaitons un bon anniversaire, même s’il doit malheureusement se fêter au fond d’une cellule.

Parce que, en ce 21e siècle, les droits de l’homme se doivent d’être respectés, Parce que la liberté de presse et d’expression est un droit fondamental, Zouhair Yahyaoui doit être libéré.

Yann Gessler
Journaliste
Le Nouvelliste
Suisse



A l'occasion de son anniversaire, tous ceux qui souhaitent soutenir le cyberdissident peuvent demander sa libération en envoyant, par e-mail, au ministère tunisien de la Justice (mju@ministeres.tn) une carte avec le texte suivant :

Depuis six mois, il est derrière les barreaux
Il a été condamné à deux ans de prison
Son crime avoir critiqué le Président Ben Ali
Zouhair Yahyaoui, le fondateur de TUNEZINE,
Aura 35 ans le 8 décembre
LIBEREZ -LE !

Reporters sans frontières



Une délégation chez la famille de Zouhair Yahyaoui

Aujourd'hui, dimanche 8 Décembre 2002, le prisonnier d'opinion Zouhair Yahyaoui, "fête" son 35ème anniversaire incarcéré dans la prison de Borj El Amri. A cette occasion, une délégation de militants du mouvement démocratique tunisien composée de Chokri Latif, de l'ex-prisonnier politique Abdelmoumen Belanès et de Ridha Barakati, syndicaliste et frère du martyre Nabil Barakati assassiné sous la torture, a rendu ce dimanche une visite à la famille de Zouhair pour exprimer à ses parents leur solidarité et leur transmettre le soutien de tous les démocrates tunisiens ainsi que leur détermination dans la lutte pour le recouvrement de Zouhair de sa liberté et de tous ses droits.

8 décembre 2002
Ettounsi veille sur nous ...

Joyeux Anniversaire Zouhair


Sachant que ton engagement à côté de toutes les âmes libres de notre Tunisie est pour le bonheur, sachant que ton combat (notre combat) est un combat pour la vie et non pas pour la mort, pour le bonheur et la joie pour toutes et tous, je viens par le présent mail (ô combien modeste) pour t'exprimer non sans amertume un joyeux anniversaire malgré tes geoliers et tes oppresseurs.
Mais surtout avec beaucoup de respect que je tiens à saisir ce jour (date de tes 35 ans) pour te dire que tu n'es pas seul et que de par le monde ton image est celle de la révolte contre la barbarie, du plaisir de l'Être contre le vice de l'Avoir et celle des forces vives contre les forces réactionnaires.
Les oppresseurs (qu'ils soient du nord ou du sud) ont eu un grand mal à comprendre ta/notre capacité à savourer les "petits" plaisir malgré la cruauté de notre réalité.
Un jour disparaitra ce calvaire, sans le rêve et sans l'utopie le monde aurait pu être tout autre.

Zou, imagine ce monde sans des rêveurs comme une Leila Khaled, une Sana M'hidli, une Jamila Bouhired, un Fadhel Sassi, un Nabil Barkati, un Che, un Mandela, un Neruda, un Rafael Alberti...il serait d'une platitude et d'une absurdité impitoyables.
Grâce à toi et à tous les militants et militantes de par le monde le futur aura une autre couleur et un sens différent.

Bon anniversaire et bonne fête de l'aïd.

Hasta la victoria siempre.

Ali Baba



Salut
Un petit mail de Suisse pour te dire que l'on pense bien à toi dans ces moments difficiles.
Joyeux Anniversaire quand même, et tout de bon.

Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-Monde - Suisse



Je suis une étudiante de Genève et j'ai appris que Zouhair Yahyaoui, a été emprisonné déjà depuis quelques mois et que malheureusement il fête son anniversaire aujourd'hui privé du droit le plus élémentaire, sa liberté.

Ce petit mot pour saluer son courage pour continuer a lutter contre cette machine écrasante qui baffoue les droits humains le plus élémentaires.

Courage, courage, courage.

Je suis de tout coeur avec lui.

Lecca



tous mes voeux pour Zouhair...

Nassim de lausanne, suisse



Bon anniversaire Zouhair ...
et longue vie loin des geôles de la dictature

Ivan Le terrible


Je lui souhaite un joyeux anniversaire meme s'il ne pourrait l'etre en prison. J'espere que justice lui sera rendue un jour.

La Colombe



Bon anniversaire Zouhair ,
vive la liberté d'expression...

habeascorpus


Sana Hilwa Ya Zouheïr...malgré tout
Joyeux anniversaire cher ami.

Lecteur Assidu


Happy birthday to you :o)

Decepticus


Happy Birthday Zohair !
Hopefully for your next birthday you will be out of threre...

Tonton d'Amérique


Joyeux Anniversaire Zouheir
Et vivement ta sortie que tu souffle les bougies de la liberté...

Aichfakir


Happy birthday Zou...
What doesn't break your back makes you stronger.

Maherbaal


Je ne suis jamais à l'heure pour les anniversaires mais je viens quand même :
Un bon anniversaire à toi Zouhair !!!

Hasni


Mes voeux les plus sincères

tsar boris


Aid milad said Zouhair ...

Chaque jour qui passe me pousse encore plus vers la contestation et il est temps de passer à la vitesse supérieure.
Tout ça est grâce à toi.

Merci tu m'a ouvert les yeux.

Tarek ibn Ziad

8 décembre 2002
Extrait, légèrement remanié, d'une conversation sur le forum de TUNeZINE

"TMA' DELENDA EST"
DÉTRUISONS NOTRE VRAIE PRISON


Je ne sais pas si Salah si c'est par fougue politique ou autre, mais j'avoue que l'idée que vous vous faites de la société civile Tunisienne n'est peut-être pas ce qu'elle est en réalité. Pour ma part, je ne crois pas que c'est Ben Ali qui, à lui tout seul, a broyé cette société civile et toutes ses organisations représentatives... Je songe à l'UGTT que vous avez mentionnée et bien d'autres. Je pense sincèrement, et sans complaisance aucune à l'égard de mes compatriotes, que c'est la société civile, elle-même, qui s'est laissé faire broyer par le régime de Ben Ali. Oui, Certes, la culture de la peur est en train de faire des ravages. Mais il y a autre chose bien pire que la peur qui a rongé et qui ronge encore notre pays. C'est le TMA' (un mélange de cupidité et de vénalité) combiné à une culture de l'autocratie. C'est ce mélange qui incarne la véritable prison des Tunisiens... encore plus que les geôles de Ben Ali.

Je m'explique : Qui a fait l'UGTT et qui fait l'UGTT ? Ce sont les travailleurs. Ce sont eux qui votent, certes dans des conditions caricaturales, mais qui acceptent de voter dans ces mêmes conditions pour élire les représentants de cette organisation. Pourquoi le font-ils ?

Qui fait l'UTICA ? Ce sont les patrons dans les mêmes conditions caricaturales. Pourquoi le font-ils ? Pourquoi soutiennent-ils encore qui vous savez, alors que, comble de l'hypocrisie, ils crient aujourd'hui de plus en plus fort leur colère à l'égard du climat de corruption insupportable (il faut reconnaître pourtant, ils y participent volontiers pour faire tourner leurs affaires !! )

Qui fait l'université tunisienne que vous avez mentionnée? Ce sont les étudiants... les mêmes qui assistent dans les amphithéâtres à des cours de droit, de libertés publiques ou d'économie dispensés par un enseignant qui vient de quitter le gouvernement de Ben Ali. Le même enseignant qui expliquait à ses étudiants ce que c'est que le droit, la justice, la démocratie et l'État de droit.

C'est le même enseignant qui, à peine Ben Ali lui fit-il signe de rejoindre le gouvernement, que celui-ci, comme de nombreux autres accourait pour servir l'infamie. Et le plus affligeant, c'est que, après avoir été l'outil de cette infamie, le même enseignant, après s'être fait viré du gouvernement, retourne, comme si de rien était, enseigner à ses étudiants des principes et des valeurs totalement opposés à ce qu'il venait à peine de pratiquer dans le gouvernement auquel il a appartenu. Je ne vise pas quelqu'un en particulier, car nombreux sont dans ce cas-là.

Et il faut bien réaliser... ce qui est choquant, ce n'est pas tant la démarche de l'enseignant, mais surtout le fait qu'il puisse revenir enseigner sans être rejeté par les étudiants et par sa corporation. Pourquoi ne le rejettent-ils pas ? - par pure générosité peut-être !!!

De même, comment expliquer que certains universitaires -qui avaient pourtant su garder leurs distances à l'égard du régime- se mettent soudainement à apporter leur caution morale à cette réforme constitutionnelle qui incarne, à non point douter ; la pire insulte que le peuple tunisien n'ait jamais affrontée depuis l'instauration de la République ? Cette caution vise-t-elle une future nomination au sein de cette infâme chambre des conseillers ? Si oui, le plus désolant ce n'est point cette ambition déshonorante de ceux qui y ont succombé, mais que ce déshonneur ne fasse pas l'objet d'un rejet et d'un mépris sans équivoque de la part du milieu socioprofessionnel de ceux qui y ont succombé.

Par ailleurs, qui fait les associations des différents ordres professionnels: pharmaciens, journalistes, médecins, architectes, vétérinaires, ingénieurs, experts comptables, magistrats, agriculteurs, etc; en somme les mêmes ordres qui ont inondé la presse locale d'invites "EXHORTANT" Ben Ali à se représenter aux élections de 2004. Certes, tous ces professionnels n'approuvaient pas nécessairement ces communiqués. Mais alors pourquoi ne rejettent-ils pas les représentants de leurs professions, ceux-là mêmes qui se font instrumentalisés pour servir des intérêts strictement privés?

cauchemar


Ces ordres sont pourtant une composante non négligeable, voire très représentative, de la société civile.

Certains pourront toujours dire que les représentants de ces corporations n'ont pas eu le choix. Ce n'est pas ce que je crois. J'ai plutôt tendance à croire- et je vais me faire beaucoup d'ennemis- que la plupart de ces représentants de la société civile exercent leurs charges pour servir leurs propres intérêts en se rapprochant du pouvoir. Ont-ils tort ? Pas si sûr; puisque ceux qu'ils sont censés représenter adhèrent, parfois passivement, pour faire partie de la " clientèle " de ceux dont l'ambition est d'être proche du régime quel qu'en soit le prix.

Et ceux qui pensent que ces associations issues de la société civile ne peuvent pas faire autrement, je les invite à observer ce que fut et ce qu'est devenu le Conseil de l'ordre des avocats et la personnalité du bâtonnier qui le représente aujourd'hui, comparée à celles de ses prédécesseurs. J'invite également à observer les réactions des rares associations qui ont résisté aux sirènes du pouvoir et à ses tentatives de noyautage, à l'instar de la Ligue Tunisienne des droits de l'Homme, du RAID-ATTAC ou du Conseil de l'Ordre des avocats mentionné.

Voyez-vous si Salah, je crois que le mal est beaucoup plus profond que la simple personnalité d'un général dictateur. Et j'ai beaucoup de mal à croire que les millions de Tunisiens qui ont accroché le poster de Ben Ali dans leurs lieux de travail descendent dans la rue pour se réapproprier des libertés qu'ils ont volontairement IGNORÉES AU PROFIT D'UN COMPORTEMENT ÉGOÏSTEMENT CLIENTÉLISTE. Est-il possible que tous ces gens qui ont accroché ce poster pour être en bon terme avec leur 'OMDA, le président de la cellule du RCD de leur quartier -quand bien même ils haïssent ce parti- leur maire ou leur percepteur descendent dans la rue ? Est-il possible qu'ils puissent renoncer à ce clientélisme qui vise une licence d'un débit de tabac, celle d'un taxi, d'un café, d'un permis de construire ou simplement pour obtenir un quelconque document administratif ? J'en doute. Est-ce à dire qu'ils ne descendront jamais dans la rue ? Je n'en sais rien. Peut-être suffit-il d'un rien pour que cela arrive. Mais ce dont je suis sûr, c'est que, s'ils ne changent pas eux-mêmes, rien ne changera même après un soulèvement populaire.

Et s'agissant d'un éventuel soulèvement populaire, il est vrai que, même lorsqu'un régime est basé sur le clientélisme et les passe-droits, il lui arrive de ne plus pouvoir suivre la demande tant celle-ci devient importante... et je partage le diagnostic selon lequel le régime de Ben Ali a de moins en moins de ressources à distribuer. Et je ne doute pas un instant que si le régime de Ben Ali tombait, cela sera sûrement en grande partie dû à l'insatisfaction des besoins mentionnés. Et parce qu'aucune révolution, aucun " bain de sang " n'est porteur en soi de ressources matérielles, je ne pense pas que la violence puisse fondamentalement transformer une société du jour au lendemain. C'est pourquoi je crois plus à l'opposition citoyenne de tous les jours et de tous les instants, à une opposition pacifique qui dit "ça suffit le bourrage des urnes" qui dit "ça suffit les slogans hypocrites" qui dit "ça suffit les passe-droits et la corruption" qui dit "halte à toute collaboration de la part de la société civile avec le pouvoir en place".

Oui et indiscutablement, tout régime ne peut survivre que s'il arrive à satisfaire les besoins de ceux qu'il gouverne. Or toute la question est de savoir quand, parmi les besoins du peuple tunisien, la satisfaction du besoin de liberté, de dignité et de justice va-t-il devenir plus important que le besoin d'obtenir une licence d'un débit de tabac, celle d'un taxi, d'un café ou d'un permis de construire en usant de tous les passe-droits ?

Depuis quelque temps, l'on ne cesse de rappeler que la Tunisie est devenue une grande prison. Ce point de vue je le partage. Mais cette prison est peut-être d'une nature différente de celle que l'on croit, et les vrais prisonniers ne sont certainement pas ceux qui sont derrière de vrais barreaux pour avoir refusé la honte et le déshonneur.

Astrubal

le 8 décembre 2002

RAID Attac Tunisie : grève de la faim en solidarité avec les ouvriers d’ICAB


José Bové solidaire des ouvriers d’ICAB

Notre ami José Bové, porte-parole de la Confédération paysanne (France) a apporté aujourd’hui son soutien aux ouvriers d’ICAB en grève de la faim, par téléphone, vers 14h. Il leur a exprimé son soutien à titre personnel et la solidarité de la Confédération paysanne.

Ont téléphoné également : Samir Ibrikh, responsable de la fédération de l’enseignement public algérien, Eric Toussaint, président du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (Belgique) et Alain Krivine, porte-parole de la Ligue Communiste révolutionnaire (France) et député européen.

Ces derniers jours, d’autres députés européens avaient également apporté leur soutien aux ouvriers d’ICAB : Yasmina Boudjenah, Alima Boumedienne, Arlette Laguiller etc.

Parmi les nombreux soutiens qui se sont exprimés aujourd’hui celui de Badara Ndiaye, responsable de la communication au sein du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM) du Sénégal de même que le CADTM de Suisse. Attac-Rhône a également lancé un appel de solidarité.

Par ailleurs, une délégation du RAID Attac Tunisie s’est déplacée aujourd’hui à Moknine pour réitérer son soutien aux 12 ouvriers de l’usine ICAB licenciés arbitrairement et qui ont entamé le 13 novembre dernier une grève de la faim pour obtenir leur réintégration. Cette délégation était composée du porte-parole de l’association, Fathi Chamkhi, accompagné par Abbès Hanachi, Tarak Mahdahoui et Mokhtar Ben Hafsa.

Tous les quatre étaient en grève de la faim de solidarité de même que d’autres militants du RAID Attac Tunisie ainsi que des syndicalistes qui n’ont pas pu faire le déplacement à Moknine. Il s’agit de :

Afifa Souissi (Raid)
Ali Ben Jeddou (Raid)
Chouikha Abdelhak (Raid)
Hamza Hamza (Raid)
Hedi Messaoud (UGTT)
Iheb Heni (Raid)
Khouloud Mahdhaoui (Raid)
Majda Chamkhi (Raid)
Mohamed Chourabi (Raid)
Mohsen Mselmi (Raid)
Nabil Akacha (Raid)
Nabil Montassar (CDTT)
Sadri Khiari (Raid)
Salem Haded (UGTT et LTDH- section de Monastir)
Sami Swihli (UGTT)
Souad Kedidi (Raid)
Younes Latifi (Raid)

La délégation du RAID Attac Tunisie a pu constater l’état de santé alarmant des ouvriers grévistes. Saïd Achour, l’un d’entre eux, qui avait été hospitalisé le 30 novembre à la suite d’un coma hypoglycémique (il est diabétique), a déjà des troubles moteurs. Il poursuit néanmoins son jeûne. Hédi Tahar, par contre, qui souffre d’un grave ulcère à l’estomac, a été obligé de s’alimenter sur ordre express des médecins. Les autres ouvriers sont très affaiblis mais ils sont déterminés à poursuivre leur mouvement jusqu’à la satisfaction de leur revendication.

Plusieurs dizaines de syndicalistes se sont rassemblés aujourd’hui à l’Union locale (UGTT) de Moknine pour apporter leur soutien aux ouvriers d’ICAB, témoignant ainsi du fort mouvement de sympathie dont ceux-ci jouissent dans cette région qui subit de plein fouet les conséquences de la libéralisation économique et de la privatisation.

Face à cette solidarité, le pouvoir manœuvre en vue de casser la grève de la faim. Ainsi, à la veille de la fête de l’Aïd, les ouvriers se sont vus proposer une prime de 540DT (420 Euros) à condition qu’ils aillent fêter l’Aïd chez eux. Ils ont bien évidemment refusé. Hier, le Délégué (sous-préfet) de la région et le chef du district de la Police se sont rendus auprès des grévistes accompagnés d’un médecin, Mohamed Riahi (par ailleurs chef de la « cellule » du RCD dans le secteur de la Santé). Ce dernier a examiné les ouvriers et a convaincu 8 d’entre eux de se rendre à l’hôpital au prétexte d’y poursuivre les examens. Deux ambulances avaient d’ailleurs déjà été prévues pour les transporter. Une fois à l’hôpital, on a cherché à leur faire rompre la grève. Les ouvriers ont refusé et ont immédiatement rejoint leurs camarades en grève de la faim au siège de l’Union locale de l’UGTT.

Hier, à la séance parlementaire consacrée au bilan des privatisations dans le cadre de l’examen du projet de budget 2003, Moncef Hergli, secrétaire d’Etat à la Privatisation a déclaré que celle-ci se déroulait dans la plus grande transparence et que l’Etat suivait de près le respect des Cahiers de charge des entreprises privatisées et qu’il veillait à la sauvegarde des acquis sociaux ! Les ouvriers d’ICAB savent ce qu’il en est réellement.

De même qu’ils expérimentent dans leur chair les prétentions du pouvoir à faire de la politique sociale. Le refus des autorités de satisfaire les revendications légitimes des ouvriers d’ICAB serait-elle, en effet, leur manière de « faire de la dimension humanitaire de la politique sociale une œuvre de tous les jours » comme l’a déclaré le président de la république au ministre des Affaires sociales et de la solidarité (La Presse, le 08/12/02) ? Il est vrai que le ministre du Développement avait avoué récemment que « l’approche sociale n’est qu’une mesure d’accompagnement, mais ce n’est pas l’essentiel » (L’Economiste maghrébin, N°325 du 16/10 au 30/10/02.)

Le RAID Attac Tunisie pense exactement le contraire : l’approche sociale est l’essentielle parce que pour les ouvriers tunisiens comme pour la majorité du peuple elle est essentielle !

C’est pourquoi le RAID Attac Tunisie soutien la Journée nationale de solidarité organisée par le Comité de soutien aux ouvriers d’ICAB mardi 10 décembre 2002 et appelle l’ensemble de la société civile en Tunisie et ailleurs à manifester sa solidarité.

Sadri Khiari
Responsable de la Communication, RAID Attac Tunisie


Tunis, le 8/12/02
En un mot !

Communique #1...


THE GROUP “MAHERBAAL AND THE SEVEN DEVILS” would like to remind Si Ali B.Romdhane,a pioneering member of this and that committee….and vice-Roy of the UGTT (or what remains of it) to act dutifully and according to the Charta of the UGTT in order to lend a helping hand to the striking workers at the IKAB .

Maherbaal & the seven devils
Les habitants de la rue Ounk el-jmel.


4 décembre 2002
Quo vadis ?

Hommage à Farhat Hached


50° Anniversaire de la disparition du1° secrétaire général de l'UGTT Farhat Hached, l’homme, le militant et le martyr
5 Décembre 1952 - 2002

En janvier 2002, Amna la veuve de Farhat Hached, (72 ans) ayant demandé au président Français d’intervenir, afin de faire la lumière sur l’assassinat de son mari le 5 Décembre 1952 à l’âge de 38 ans. Ayant laissé 4 enfants, Noureddine né en 1944, Naceur né en 1946, Jamila née en 1950, dont la plus jeune, Samira née en 1952, cette dernière fille qui porte est actuellement âgée de 50 ans, restée sur leur soif de savoir les assassins de leurs père, dont la mémoire est célébrée tous les ans, sans plus.

Au mois de Mai 2001, Noureddine Hached, en poste à Paris en qualité de secrétaire général Adjoint de la Ligue du Monde Arabe, a demandé le 19 mai 2001, avoir accès aux archives des affaires Etrangères Françaises, pour constater que dossier relatif à l’assassinat de son père est presque vide, tout ce dont le dossier contient qu’il s’agit de 4 personnes qui sont impliqués dans l’assassinat du 5 décembre 1952 sur la route. A Radès, banlieue de Tunis, le 5 décembre 1952, à 8 heures du matin, son fils Noureddine de 8 ans qui vient d’attraper une forte grippe, il sort lui chercher des médicaments… Il revient à la maison et lui administre quelques calmants… Il sort à nouveau dans la rue sans se soucier de dire le moindre au revoir à sa famille, sûr de revenir comme d’habitude à la tombée de la nuit.Il ne reviendra plus jamais… A proximité du cimetière des Français, une voiture lui barre la route et crible son véhicule de 35 balles de mitraillette. Quelques instants plus tard, sur la route de Naâssen, une deuxième voiture, dont les occupants s’aperçoivent que Farhat tient encore le coup, s’en approche et on l’achève de deux balles, l’une à la tête, l’autre en plein cœur. Farhat est terrassé et tombe avec lui la plus poignante page d’histoire de la Tunisie militante.

Le 5 décembre 1952 à midi, la radio annonce sa mort, ce qui provoque un soulèvement sans précédent à Kerkennah, Sousse et Sfax. Le corps du martyr est transporté sur un petit navire, dit “ Garde-pêche ” militaire, de la Goulette jusqu’à Kerkennah pour être remis à la famille Hached elle-même à bord d’une petite embarcation. Son épouse Emna, qui a passé la nuit du 5 au 6 Décembre 1952, chez Habib Achour à Sfax, apprend la décision de l’administration française d’enterrer le leader syndicaliste au cimetière de Kerkennah. Elle s’y oppose, décidant à son tour d’inhumer son mari dans un jardin de la place et, d’abord, d’identifier le mort. Trois ans plus tard, le corps du grand militant est transféré à la Kasbah de Tunis, là même où Farhat Hached avait pris l’habitude de haranguer les foules. Les années 1950 et 1951 seront pour lui celles de la propagande qu’il colportera d’un pays à l’autre et durant lesquelles il se consacrera entièrement à la cause des Tunisiens opprimés de manière générale et à celle de la Tunisie particulièrement. Aux yeux des colons, Hached est tout simplement l’ennemi numéro un et un cas spécial dont il faudra songer à régler le compte, sinon pour ses interventions décisives lors de batailles telle celle d’Enfidha, du moins pour son militantisme intrépide et téméraire jusqu’en 1952 où il se rend aux Etats-Unis soutenir la même cause devant l’ONU. A son retour, et à défaut de pouvoir l’incarcérer en raison de l’immunité syndicale dont il jouissait, on laisse néanmoins courir la menace de bombarder sa maison de Radès.

Farhat, qui sent pourtant se resserrer autour de lui l’étau implacable, ne semble pas y prêter une attention particulièrejusqu’à la fin du mois de novembre1952, qu’il reçoit une lettre de menaces de mort sur son bureau de l’Unionqu’il garde dans son portefeuille sans en divulguer la teneur à personne. Mais il supplie Oum El Khyr son épouse de prendre les enfants et de retourner à Kerkennah.Seul Noureddine, en raison de ses études au Collège Sadiki, est resté à Radès et dont la charge est confiée à la famille Filali, vieux amis des Hached. Quant à Farhat, la main effleurant en permanence le portefeuille renfermant la lettre du malheur, il se savait désormais menacé très sérieusement. Il la voyait venir. Il la sentait derrière son dos, à chaque instant, dans chaque impasse, dans chaque rond-point, dans chaque coin de rue. Et il s’en moquait. D’après l’historien français Charles André Julien, son rapprochement de la Confédération CISL, soutenue par l’USA, et ses distances prises vis à vis du Parti Communiste Tunisien ont causé ce drame et que le Résident général français d’alors a été au courant du projet d’assassinat, donc complice pour non assistance d’une personne en danger.

D’autres historiens vont plus loin puisqu’ils affirment que les autorités de Paris étaient au courant, pire, ils ont donné leur feu vert.
Il est du devoir le l’Etat Tunisien, pour que l’histoire de Tunisie soit écrite, d’une façon impartiale, comme il a été le cas sous l’ancien président. C’est un devoir vis à vis des prochaines générations pour qu’ils soient fier de leur pays.

Il est temps, que l’Etat Tunisien prenne ses responsabilités et met le paquet pour éclairer l’opinion public national et international sur les véritables commanditaires des circonstances de disparitions des personnalités de premier plan tel que les leaders nationalistes comme Farhat Hached, Salah Ben Youssef (Ex-Secrétaire Général du Néo-Destour assassiné en 1962) dont l’Etat Tunisien doit reconnaître qu’il est le premier responsable, Ali Belhaouane ou Ahmed Tlili. Pour une opposition UNIE Il faut absolument qu'elle soit UNIE autour d'idées dans lesquelles la majorité de gens peuvent se retrouver ; mais cette union ne doit pas se faire n'importe comment.Concernant l’opposition tunisienne actuelle, jamais l’adage bien connu « l’union fait la force » n’aura autant prouvé, par l’absurde, sa véracité.

C’est sa division qui fait sa faiblesse. Il ne s’agit pas de multiplier les partis et organisations hostiles au pouvoir en place mais de mettre en place une stratégie commune pour, ensemble, parvenir à implanter la démocratie en Tunisie.

Ceci n’est pas possible tant que certains persisteront à ne voir que leurs intérêts propres et pas plus loin que leurs idéologies. La démocratie est un projet commun qui dépasse les idéologies de parti. Tant que les Nahdhaouis rejetteront Charfi qui s’est pourtant déclaré comme l’ennemi juré des Islamistes , il y aura-t-il un point commun sur lequel M. Charfi et les Islamistes peuvent se rencontrer. Pour M. Charfi qui a mis son projet d’éradication des islamistes en exécution durant 6 ans d’exercice au gouvernement de Ben Ali et qui continu de mettre en haut de son organigramme, rien ne changera.

L’opposition est-elle capable de s’organiser sans M. Charfi et ses semblables, la réponse est oui. Par contre l’opposition sans les Islamistes ne représente pas grand chose. Il est tout à fait normal, qu’on ne peut ignorer ceux qui ont payé la plus lourde tribu. C’est à l’opposition s’il existe une qui s’appelle ainsi à choisir. Les Islamistes n’ont plus rien à perdre de plus Il n’y a pas mieux que la démocratie, à condition que les règles ne soient pas faussés. C’est l’intérêt de la Tunisie qui est en jeu, et non ceux d’un groupuscule dont les intérêts sont en dehors de la Tunisie.

Le problème de la Tunisie est un problème politique et non d'intégrisme comme cela plait à certain de le traiter ainsi, et la Tunisie n'est pas la Turquie, quand aux rêves de certains gauchistes à vouloir faire sortir le pays de son identité Arabo musulmane ne dépend ni de Ghannouchi, ni de Mohamed Charfi, mais des Tunisiens dans leur ensemble, sans distinctions d'idéologies.

La Tunisie a besoin d'une véritable démocratie où le peuple dans sa totalité aura la liberté de faire son choix en toute liberté, ce qui coupera l’herbe sous les pieds de tous ceux qui prétendent parler en leur nom, sans qu il n ont aucune représentativité sauf dans leurs rêves Stalino-Marxistes dévolus. Et que la compétition politique entre les différentes mouvances de l'opposition tunisienne se baserait alors sur des propositions concrètes dans le respect de l’identité de la Tunisie et de son histoire de 14 siècles.

Quelle stratégie prendre ?

Comment mettre en place un régime démocratique dans lequel chacun acceptera totalement les règles du jeu ? Ceci concerne non seulement la façon d'accéder au pouvoir, mais la façon d'en user et de gouverner. Si un choix est opéré par une majorité, un gouvernement démocratique (au sens des droits de l'homme) se doit de protéger ses minorités, et de ne pas les brimer, ni jeter l'opprobre sur elles. La démocratie n'est pas une dictature de la majorité prolétaire, ou capitaliste mais de citoyens égaux devant la Loi, émanant d’un Parlement élu démocratiquement, dans la transparence la plus totale en présence d’observateurs neutres. C’est le droit de chaque citoyen, dans le respect des lois de la République, dans le respect des conventions internationales signées au nom de la Tunisie qui engagent l’Etat de Tunisie, depuis son indépendance à ce jour.

On peut penser à toute sorte de jugements moraux et de lois portant atteinte à la liberté fondamentale de disposer de soi-même et son droit à choisir sa tenue vestimentaire, ou de participer à la vie active de son pays. On pourrait citer certains mouvements inspirés de petits livres rouges ou du "Capital".

S’il existe deux types d'opposition, reconnue et non reconnue, l'impression de débandade de l'opposition, d'absence d'idées, de projets, de démarches militantes est persistante. Bien sur, ici ou là, on peut assister à des gesticulations médiatiques qui apparaissent comme des SOS mis dans des bouteilles lancées dans une mer déchaînée malheureusement indispensables pour sauver les meubles ou attirer l'attention sur la situation de nos camarades martyrisés. Pourtant, l'opposition n'est pas contagieuse. La mayonnaise de la mobilisation ne prend pas. Il est temps de se demander pourquoi et d'en tirer rapidement les conséquences. Mes réflexions sont basées simplement sur l'observation. D'abord, l'opposition, toutes tendances confondues, ne se parle qu'à elle-même. C'est à dire qu'elle ne cherche pas à convaincre, à expliquer la situation et ce qu'elle pourrait proposer en échange.

Avec un discours passéiste, et des moyens de communication obsolètes et même les mots utilisés des années 50 plutôt qu'à une ligne politique d'avenir. Dés lors, comment reprocher à certains de nos camarades d'avoir des objectifs personnels et non collectifs. Les mots sont importants. Il faut en finir avec les discours pré formatés qui ne sont pas différentes des méthodes d'une certaine presse officielle. Brandir sans cesse les maux du pays comme un étendard sans rien apporter en face est inutile.

Chacun connaît la situation. Elle a été dénoncée avec virulence par les uns, reconnus à demi mots par les autres. Au delà des discours généraux, même les analyses qui se veulent plus thématiques souffrent d'à peu prés. Il faut arrêter la langue de bois.
Arrêter de se regarder le nombril et passer à une vitesse supérieure pour la mise en place de la démocratie.

Je rejoins ceux qui reprochent à l'opposition actuelle :
- La personnalisation du pouvoir, on ne voit pas le parti politique mais l'homme qui est à sa tête.
- Les jeux d'alliances dictées uniquement par des objectifs d'influence
- Les querelles puériles (de personnes) entre les partis ou au sein d'un même parti
- L'absence de données sur leur représentativité et le refus de ces formations de tenter de compter ceux qui les soutiennent
- L'absence totale de propositions d'action, de projet de mobilisation
- Les leaders actuels qui pensent que ceux et celles qui les rejoignent ne sont que des " petites mains " au service de leurs ambitions
- Le vieillissement des leaders qui préservant leur pré-carré ne pensent pas à renouveler les cadres et à assurer leurs successions
- Le refus des confrontations d'idées lors de débat entre les différents partis
- L'enfermement des discours sur quelques thématiques cachant leur incapacité à avancer des idées (dénonciation d'un régime autoritaire ou recherche de compromis, dénonciation du projet islamiste ou recherche de compromis)
- Pas de rationalisation de leurs faibles moyens
- Pas de développement d'outils de réflexion (observatoire, mise en ligne de compte rendu...), de communication ou d'information
- Ignorance totale de la jeunesse qui représente pourtant la majorité des tunisiens.
- Pas de recherche de constitution de réseau
- Fort ancrage sur les méthodes et discours des années 60-70
- Un machisme rampant.

Voilà pourquoi, l'impression dominante sur l'opposition est celle d'avoir un groupe de quinquagénaires (voir sexa ...) gérant un plan de carrière politique à titre uniquement individuel et prêts à faire concessions et alliances dans l'unique but de promouvoir une notoriété.

Ce qu'il faudrait faire ?

Il n'y a pas 36 solutions, il n'y en a qu'une, la plus simple, consiste à :
Allez à la rencontre des tunisiens là où ils se trouvent, les faire parler de leurs besoins, de leurs attentes, les écouter.

C'est à dire aussi bien l'étudiant qui a des problèmes de bourses non perçues ou de logement, que la mère de famille qui veut parler de problèmes du couple, que l'agriculteur qui veut parler d'eau, que la femme qui ne comprend pas pourquoi le chômage féminin est plus important que le chômage masculin, que l'ouvrier qui veut parler formation professionnelle, le cinéaste ou le musicien qui ne trouvent pas les moyens de répandre ses productions, etc. ... Il faut reprendre contact avec le terrain, aller vers les " vraies " gens et une fois qu'ils auront collecté les problèmes, les besoins, les attentes, ils devront bâtir grâce à des cercles de réflexion un programme, un projet de société pour y répondre.

Un document « projet des priorités » précis et détaillé, et non des déclarations générales d'intention, pour l'ensemble des secteurs (économique, social, éducation, culture, sécurité...) en tenant compte du budget de l'Etat afin d'affecter les ressources. Cette démarche leur permettra de plus de faire émerger dans leurs propres mouvements de nouvelles têtes qui j'en suis persuadé ont des idées qu'elles ne peuvent exprimer aujourd'hui.
Au delà de la méthode, mon avis est que ce projet de société devra débuter par la mise en place d'une assemblée constituante afin de rendre au peuple ce qu'il lui revient : La souveraineté.

La Coordination Démocratique dont le Congrès Pour la République est partie intégrante considère que le départ du président actuel est une première étape, nécessaire certes, mais aucunement suffisante. Il ressort des termes de cette nouvelle Coordination une volonté de s’interroger sur les modalités à suivre pour faire émanciper la compétition politique dans notre pays.

Ce qui appelle une réflexion, depuis toujours reportée à l’infini, sur les prérogatives accordées à la politique, les mécanismes de sélection à adopter, et sur la place et la nature des rapports que doit entretenir le politique avec le citoyen et la société.
Je dis qu’il faut distinguer entre ceux qui sont prêt à accepter le verdict du peuple dans sa majorité, et ceux qui veulent exclure une partie qui ne rentre pas dans le moule qu’ils lui ont fabriqué outre-Mer, entre ceux qui veulent jouer la Démocratie et ceux qui sont emprisonnés par leur idéologie stalinienne.

Il faut distinguer entre ceux qui veulent rendre au citoyen sa fierté d’appartenir à une civilisation, qui les honore, qui a pu guider le monde vers la civilisation à un certain moment, cette civilisation de dialogue, avec l’autre, sans complexe. Il faut mettre l’être humain au centre de toute politique, qui doit être au service du citoyen, sans le respect de ses particularités, dans le respect du droit des minorités à s’exprimer.

Ceux qui veulent imposer au peuple leurs idées et ceux qui veulent servir le peuple dans le respect de ses racines, de ses traditions et de sa culture. Ceux qui veulent ancrer le pays, dans sa civilisation, et ceux qui veulent les écorcher pour les attacher à une civilisation d’outre-Mer qui ne veut pas d’eux. Je crois qu'il existe énormément des chantiers à ouvrir, que l'avenir est à construire, que de nouvelles formes de revendications sont à imaginer, qu'il existe énormément de personnes qui peuvent agir en dehors des cercles habituels, et que si l'opposition ne le fait pas, la rue le fera.

Propositions prioritaires.

1. Développer une démocratie de participation. Il s'agit de remplacer le modèle de la pratique de la vie politique représentative actuelle en l'enrichissant par la participation plus active et mieux informée des citoyens. Le peuple doit pouvoir exercer plus souvent sa souveraineté par la voie du référendum (local ou national),

2. Il s'agit de favoriser, à tous les niveaux de la décision, la prise de parole des citoyens, l'interpellation directe et publique du pouvoir politique par ceux-ci, pour l'inviter à rendre des comptes périodiquement, à prendre des engagements qu'il devra tenir.

3. Faire une large place à la concertation de proximité, pour concevoir un nouveau mode d'action publique. En instaurant une véritable responsabilité politique. En Tunisie, on préfère la stabilité et la puissance des gouvernants (nationaux et locaux) à leur contrôle démocratique.

4. Le président de la République a des pouvoirs de gouvernement énormes; le Premier ministre et les ministres devront être collectivement responsables devant le Parlement.

5. Le Parlement, ne dispose pas de moyens efficaces pour contrôler l’action de l’exécutif ; les exécutifs locaux (maires, présidents de conseil général ou régional) sont le plus souvent de véritables monarques en leur fief, dispensés de rendre des comptes sur l'exécution de leur mandat, etc.

6. Le Parlement doit pouvoir créer des commissions d’enquête sur les activités des Gouverneurs et les Maires, cela suppose que les élus disposent de réels moyens de contrôle et d'investigation comparables.

7. Il manque en Tunisie une véritable organisation et une culture de la responsabilité politique qui implique que les gouvernants et les élus doivent rendre des comptes sur l'usage qu'ils font ou ont fait de la confiance qui leur a été accordée par leurs mandants.

8. Il faut créer des permanences assurés par les députés dans leurs circonscriptions mutuelles au siége de chaque commune, d’une façon périodique hebdomadaire de préférence. Ils doivent au moins çà à ceux qui l’ont élus.

9. Il faut alors inventer des mécanismes institutionnels permettant que pouvoir et responsabilité aillent véritablement de pair, car telle est l'une des premières conditions véritables de la démocratie.

10. Un système de gouvernement où le chef de l'exécutif est l'émanation d'une majorité plurielle mais formée de députés ayant porté devant les électeurs un programme en forme de contrat passé avec les citoyens.

11. Aménager des pouvoirs équilibrés qui se contrôlent. La séparation des pouvoirs est une condition essentielle de la démocratie. Pourtant, le système politique en place ne connaît pas un régime équilibré de séparation des pouvoirs.

12. Le pouvoir monopolisé par le Parti au pouvoir qui organise, la confusion entre le Parti - Etat. Tout laisse à penser que les relations entre le législatif, l'exécutif et le judiciaire, la séparation fonctionne à sens unique, au profit du Palais de Carthage.

13. Dans les collectivités territoriales, c'est à la confusion des pouvoirs que l'on assiste, les Assemblées délibérantes étant présidées par les gouverneurs qui sont soumis aux directives du Ministre de l’Intérieur.

14. La justice, n'est même pas reconnue par la Constitution comme un pouvoir autonome. Il faut que les pouvoirs soient séparés de façon équilibrée comme dans tous les véritables régimes parlementaires , qu'ils collaborent dans le respect de l'autonomie de chacun et qu'existent des contre-pouvoirs disposant de vrais moyens.

15. Vers une réelle distinction des compétences et des fonctions des collectivités territoriales, par des garanties d'indépendance de la justice, par la mise en place de mécanismes d'information et de contrôle croisé dans les relations entre l'exécutif et le législatif.

16. Vers un véritable statut accordé à l'opposition est l'une des solutions, parmi beaucoup d'autres, pour aboutir à cet objectif. La confiance du peuple çà se mérite, par la persévérance aux côtés des couches populaires les plus défavorisés. Qu'est ce que l'on peut entendre par opposition ? C’est une race d’hommes et de femmes de l’ombre, ceux qui ne sont pas contents, et qui en ont conscience, et qui agissent pour un vrai changement des choses, pas forcement dans le cadre d'un parti politique. Ce sont ceux qui sont conscients qu'il y a un problème en Tunisie. Ceux qui courent pour avoir, un siége à l’assemblée nationale au prix de leurs convictions et de leurs consciences ne font pas vraiment partie de l'opposition.

17. Réhabiliter le rôle des représentants élus de la nation. Les représentants du peuple ont été dépouillés de leur pouvoir législatif et de contrôle au profit de gouvernants tout-puissants qui s'appuient sur une technocratie qui répugne à rendre des comptes. Ils ne peuvent plus nous représenter dignement et efficacement. L'un des enjeux majeurs de la République est de rétablir la réalité de la représentation politique, dans sa grandeur et dans ses servitudes.

18. Il faut des élus qui nous représentent vraiment, à plein-temps, sans autres charges ; qui ont les moyens juridiques, financiers et humains ; qui nous représenteront en étant représentatifs dans notre diversité sociologique et politique sans exclusion d’aucune famille politique ?

19. Tout cela suppose que soient supprimés les mécanismes qui interdisent toute véritable initiative parlementaire pour la création de commissions d'enquête. Cela suppose que nos élus puissent véritablement peser sur la dimension maghrébine de la politique nationale et internationale.

20. Etablir une justice indépendante et égale pour tous. C'est l'institution judiciaire dans son ensemble qu'il faut repenser, afin d'aboutir à une véritable indépendance de la justice, au service des citoyens, dont elle doit garantir l'égalité devant la loi ; l’indépendance de la justice et, dans le même temps, responsabilité des juges, car le pouvoir de juger doit aller de pair avec la responsabilité de ceux qui jugent. Une justice indépendante et responsable, mais aussi égale pour tous, doit être une justice qui est accessible à tous.

21. Enfin, il faut instituer un véritable front pour défendre la République et la Démocratie. La République des citoyens, celle du peuple et à ses représentants, l'invitation est désormais lancée.

22. Organiser des Etats -Généraux, dans tout le pays, où la parole sera donnée au peuple pour qu’il s’exprime sur tous les sujets politiques, économiques et sociales, sans qu’il ai peur, pour sa vie, sa famille ou ses biens. Sous forme d’une assemblée Constituante, afin d’abolir le monopole du pouvoir du Parti-Etat, qui détient toute l’administration à tous les niveaux régionaux et locaux.

23. Toutes les familles politiques qui acceptent le changement par la voie démocratique dans toute sa pluralité, sans exclusion seront inviter à débattre à travers les médias, dans le respect de la morale et les bonnes mœurs, sans aucune censure.

DLMM qui continue à œuvrer pour l’assainissement du climat politique et milite pour l’instauration d’une vie publique pluraliste et démocratique afin de garantir à chaque citoyen de jouir de ses droits et des libertés énoncées dans la déclaration universelle et garantie par la constitution, cette demande pour combien de temps une partie de la population qui a participé aux élections en 1989 et qui représentent 20% du corps électoral soit ignorée et exclue de la participation de la vie publique de leur pays. Partant du principe que les Droits de l’Homme sont universelles et indivisibles qui est la Défense et le soutien de la personne humaine en faisant abstraction de ses idées politiques ou idéologiques et à plus forte raison lorsqu’il refuse la violence comme moyen de changement politique de la société.
Nous réaffirmons notre attachement à la concertation, au dialogue et à la négociation comme seul et unique moyen pour mettre un terme à ce climat de démission collective pour la chose publique et qui ne peut servir la démocratisation du pays où la question sécuritaire a pris le pas sur la concertation et la liberté de penser selon les règles démocratiques, la matraque qui a pris le pas sur l’urne et où les journalistes sont priés de changer de profession et les partis d’(opposition) se sont contentés d’applaudir les bienfaits du système en place.
DLMM rappelle son attachement au Droit de circulation pour tout citoyen et la lutte contre les préjugés politiques ou idéologiques, et par l’acceptation de l’autre avec ses différences et lui donner sa place dans la société, dans le respect des valeurs identitaires et républicaines.

DLMM appelle et continue à appeler à une amnistie générale qui se concrétisera par :
- La libération de tous les prisonniers politiques d’opinion.
- La reconnaissance de toutes les organisations populaires et syndicales et estudiantines
- L’abolition des privilèges du parti au pouvoir en faisant du chef de l’Etat, le Président de tous les Tunisiens
- L’ouverture d’une enquête publique sur la mort dans des conditions mystérieuses et responsabiliser les tortionnaires et leurs commanditaires, et engager des réparations des préjudices causés aux victimes de la torture
- Le retour des exilés dans la dignité
- Rassembler tous ceux et celles qui refusent la violence comme moyen de changement de la société autour d’un projet de réconciliation pour la Tunisie du 21° siècle.

Le Président de D.L.M.M. ,
BOUCHADEKH Abdessalem

Droits & Libertés des Maghrébins et au Maghreb
Association d’Aide, d’Assistance, de Soutien et de Défense des Droits de l’Homme
B.P. N° 28 - 93161 Noisy-le-Grand Cedex- France
- CCP Paris 5 336 77 P


Noisy-Le-Grand, le 5 Décembre 2002
Décidément, en Tunisie, on ne respecte pas les lois !

Dépêche de la TNA (Tunezine News Agency)


MALGRE L’ABOLITION PAR DECRET DU CULTE DE LA PERSONNALITE, LA MESURE PRESIDENTIELLE N’EST PAS TOUJOURS RESPECTEE

TUNIS (TNA)- Deux ans après la courageuse décision de Ben Ali, certains Tunisiens continuent à passer outre les directives présidentielles. En effet, le Président Zine el-Abidine Ben Ali a signé le 13 mai 2000 un décret interdisant à jamais le culte de la personnalité. Cette décision prise par le Chef de l’Etat suite au dénouement heureux de la soit-disant affaire Ben Brik est non seulement un éclatant témoignage du courage de l’Artisan du Changement et de la grandeur son œuvre, mais aussi une brillante démonstration de sa clairvoyance politique. Ce décret s’inscrit dans le cadre de la sage politique éclairée poursuivie par le Président de la République depuis l’aube du 7 novembre 1987.



Rappelons que ce décret interdit aux commerçants, aux chauffeurs de taxi, aux tenanciers de cafés et de bars et aux fonctionnaires de l’Etat d’afficher plus de 7 portraits du Président. Selon le même décret, les bulletins d’info de la radio et de la télé ne peuvent consacrer plus de 120 minutes aux activités présidentielles. Les journaux et les magazines, quant à eux, ont été astreints à sept pages au maximum pour rapporter et commenter les activités et les initiatives présidentielles.

Cette mesure présidentielle a été malheureusement contournée par certains commerçants. Puisque la réglementation leur interdit d’afficher plus de sept photos du Président, certains propriétaires de cafés et de bars ont eu l’ingénieuse idée de graver l’image de Ben Ali sur les tasses de café et les verres de bière ! Pour contourner la «censure» présidentielle, d’autres cafetiers et restaurateurs ont décoré les murs de leurs locaux par des miroirs qui démultiplient la photo du Président à l’infini. Enfin, au lieu de détruire leur « excèdent photographique », les chauffeurs de taxi ont dissimulé les portraits supplémentaires dans les plis des drapeaux et des rideaux et sous le capot de leur voiture.

Soucieux d’informer leurs lecteurs de l’activité débordante du Président et du riche contenu de ses discours fleuves, les journalistes tunisiens ont tout de suite perçu le plafond de sept pages qui leur avait été imposés comme une camisole de force. Heureusement pour eux, un directeur de journal a eu une brillante idée pour contourner les mesures légales de mai 2000. Les autres médias n’ont pas perdu de temps pour lui emboîter le pas. Tout en respectant la «limite sept» pour leurs pages principales, les journaux et les magazines ont commencé à publier des suppléments «Spécial Président » de 8 pages, les sept premières étant consacrées à Ben Ali et la dernière à la publicité. Leur initiative est légalement irréprochable. D’ailleurs, certains journaux n’ont pas hésité à ajouter des annexes à leurs supplémen ts. La méthode des suppléments et des spéciaux a été aussi adoptée par la télé et la radio pour dépasser allégrement la limite des 120 minutes imposée par le décret sus-cité.

Un conseiller présidentiel dit que le Président est exaspéré par ses tours de passe-passe juridiques, mais qu’il ne prendra aucune mesure pour mettre fin à la « diarrhée » benaliste de certains médias. Une telle mesure serait perçue par les journalistes tunisiens comme une entrave à la liberté d’expression. Selon ce même conseillé, le Président lui avait récemment confié «J’ai déjà donné l’ordre aux journalistes d’être libres et il est hors question que je révise ma décision». Et le Président de conclure «Je ne suis moi-même ni benaliste ni même benalisant, mais de quel droit empêche-t-on un journaliste d’être benaliste ?».

Omar Khayyâm

8 décembre 2002
Poèmes pour un ami

Aidkom Mabrouk à tous
et particulièrement à Ettounsi


عيد بأي حال عدت يا عيد بما مضى او بأمر فيك تجديد
اما الأحبة فالبيداء دونهم فليت دونك بيدا دونها بي



يقول احمد فؤاد نجم

يا حبايبنا

يا حبايبنا فين وحشتونا
لسه فكرينا ولا نسيتونا؟
دحنا في الغربة م الهوى دبنا
و انتوا في الغربة جوة في قلوبنا
اوعوا تفتكروا اننا تهنا
مهما فرقونا ولا بعدونا
يا حبايبنا

اهدا ء الى زهير من رفيقه القارئ الملهوف

Lecteur Assidu

4 décembre 2002

Malgré tout Aïd Mabrouk !


A l'occasion de l'Aid, les sentiments qui devraient être au beau fixe ne le sont pas ! Comment devraient-ils l'être ??
Alors que des milliers de familles souffrent l'absence d'un fils vivant à l'étranger malgré lui, à cause de ses opinions, ou d'un père emprisonné à cause d'un article paru dans un journal critiquant la politique officielle, ou d'un fiancé qui n'aura pas la possibilité de se marier à cause d'une lourde peine infligé par la dite justice du totalitarisme régnant dans la Tunisie pour sa dissidence…et la liste de la tristesse et de la haine est très longue… Pour les victimes de la junte, vous êtes tous dans nos cœurs et dans nos esprits, nous saisissons ces moments pour réciter la Fatiha pour les martyrs de cette année Abdelwahab Boussaa et Lakhdar Sdiri, une petite prière pour les otages dans les lieux d'incarcérations pour que le tout puissant leur donne force et courage pour surmonter et convaincre la politique de la mort lente, pour Zouhaier afin qu'il puisse résister l'épreuve à laquelle il est soumis et ainsi il fêtera l'Aid et son anniversaire...
En effet, passer l'Aid dans la prison est une épreuve très dure. Mais la conviction de défendre les valeurs humaines soutiendra l'être dans cette épreuve pour faire de lui un symbole ou un héros. Notre caporal a bien réussi d'allonger la liste de nos héros par sa répression systématique de son régime néo-fasciste. Malgré le bilan obscur d'une quinzaine d'année de règne, nous avons un sentiment solide qu'il y aura une issue et que le changement est notre destin, pourvu qu'il ne soit pas trop tard pour les victimes, mais la dictature n'aura pas le dernier mot à dire et sa fin n'est pas aussi loin qu'on le conçoit et peut être le prochain Aid sera meilleur et on fêtera tous ensemble une Tunisie sans prisonnier d'opinion.

Mqas

5 décembre 2002

Courage, courage et courage


Je suis fier aujourd’hui parce que j’ai compris que je ne suis pas seul, je suis fier de vous tous, je suis fier parce que nous avons de vrais hommes et de vraies femmes qui luttent jour et nuit pour le bien de notre pays.
Je suis fier parce que je viens de découvrir tout un monde autour de moi. Ce monde que je crois juste, même si nous somme encore loin de le voir en réalité, mais il existe dans des millions des têtes. Je viens de découvrir des grands écrivains, des grands politiciens, je viens de découvrir que la Tunisie n’est pas stérile. Je viens de découvrir que beaucoup des cadres veulent changer notre monde. Je viens de découvrir que des tunisiens de trop grand calibre ont beaucoup de choses à dire et faire, le plus beau que ces-gens là sont compétents dans leur domaine; ils savent quoi faire et comment le faire. Je viens de découvrir des gens crédibles et honnêtes.
Je suis fier de vous. Oui autrefois je ne savais pas que nous avions des têtes dans tous les domaines. J’ai toujours eu de la haine pour ce peuple digne de bonheur. Je croyais que nous n’avions pas d'hommes ni de femmes qui peuvent diriger ce pays normalement et le mettre sur les bons rails.
Je me sens fier de vous. Encore et encore, c’est avec vos mots et vos écritures que vous allez changer notre monde, c’est avec vos poumons que les jeunes respirent et voient le bout du tunnel. Je vous demande d’écrire encore et encore, de bien décrire vos rêves, expliquer encore et encore vos idées à la langue de peuple. Le peuple tunisien a besoin de vous, a besoin de vous écouter.

Courage, Courage et Courage…………mes salutations les meilleures à vous tous, mes meilleurs vœux d’Aid.

Kacem

6 décembre 2002
Maherbaal contre Maherblabla !

To the pro-bla bla bla....


What I am trying to say is that we have reached a dead end (wikfit ezzanka lissarik). Therefore, we need to pause, reflect and evaluate what we have achieved so far. What course of action we need to take in the future? What are our goals? What are we trying to achieve with our struggle? do we have a vision for the future of our country?

Personally, my eager desire is to live in an RCD-FREE Tunisia, that cancerous regime responsible of most of our problems (though not all of them) must be terminated, it dominated Tunisian politics since the congress of ksar hellal back in 1934, one year after Hitler came to power and is still casting its dark shadow on us and on the future of our country. The RCD is a fascist party through and through, thus it cannot reform itself, the desire of its members to hold on to power, at any price, is unabated. on the contrary, new blood has been transfused into the veins of that monster (BA and his cohorts).
With the advent of BA's neo-fascist regime, Tunisia entered its darkest period since independence, the new ruler promised a lot of things but failed to live up to his words. B A also failed to transform his party into a modern political institution. Instead he destroyed the last social bonds which connected the people to the old party. On the ruins of the PSD he built a coalition of guilt composed of opportunists drawn from all level of society.
What brings these peoples together is of course the “opportunities” given by this regime and the fear of what will happen to them if the regime collapses. To me and many others, collapse is change, collapse comes always before change.

The question is: should we wait until it collapses of its own weight or should we help precipitate its downfall?

Maherbaal

6 décembre 2002
Sihem récompensée... A quand Ben Ali (enfin) remercié ???

Prix Palm de la liberté de la presse


Intervention de Mme Sihem Bensedrine à l'occasion de la remise du Prix Palm de la liberté de la presse

Shordorf (Allemagne), 1 décembre2002

Honorable Assemblée,
Mesdames et messieurs les membres de la fondation Johann-Philipp-Palm,
Chers amis,

Je voudrais vous dire tout d'abord mon bonheur d'être aujourd'hui parmi vous, provisoirement libre de mes mouvements.

Certains de mes concitoyens ne jouissent pas de cette liberté de se déplacer comme moi.
Je pense à Sadri Khiari, membre fondateur du CNLT qui est interdit de quitter le territoire pour soutenir sa thèse de doctorat à Paris.
Je pense au juge Mokhtar Yahyaoui qui ne peut se rendre à Genève à l'invitation du rapporteur spécial des Nations Unis sur l'indépendance de la Justice, lui aussi interdit de quitter le territoire.


Je pense au jeune cyberdissident Zouhayer Yahyaoui qui purge une peine de 2 ans de prison ferme dans des conditions inhumaines pour avoir osé critiquer le régime de Ben Ali dans son forum « Tunezine » sur Internet.
Je pense au millier de Tunisiens dans les geôles tunisiennes, privés de leur liberté à cause de leurs opinions.
Je pense à tous mes concitoyens dans la grande prison aux barreaux invisibles qu'est devenue la Tunisie.
Dans cette société fermée, le défi de la communication est la clé de la démocratisation de la société. Le fait pour la société de se dire, de se révéler à travers les médias est un facteur essentiel de sa libération. Les autorités tunisiennes l'ont bien compris puisque pour eux, le crime est de révéler le crime et non celui de le commettre et le plus grand délit qu'elles répriment est toujours le délit d'opinion et de presse.

Honorable Assemblée,
Chers amis,

Ce combat que Johann-Philipp-Palm a engagé depuis deux siècles et qu'il a payé au prix de sa vie est un combat de tous les temps.
Chaque époque, chaque civilisation a ses tribunaux d'inquisitions, ses chasses aux sorcières et fait peser un interdit sur la libre pensée et la libre parole. Car cette liberté fait peur aux forces de conservation et porte en elle les germes du progrès de l'humanité.
Aujourd'hui, la liberté d'expression continue d'être menacée dans les pays du Sud dont les peuples aspirent à leur émancipation en tant que citoyens, cela n'est pas nouveau.
Ce qui est nouveau c'est qu'elle est également menacée en Occident et particulièrement aux Etats-Unis où l'on invoque le patriotisme pour la brider.
Le cataclysme du 11 septembre et ses suites n'ont pas fini de produire leurs conséquences sur les libertés fondamentales dans le monde. La voie choisie par les Etats-Unis et leurs alliés pour réduire le terrorisme développe de désastreux effets pervers et met en danger, à l'instar des actes terroristes, les fondements de la sécurité collective que sont la justice et le droit.
Les appels aux croisades et aux guerres saintes menacent notre planète et ceux qui osent aller à contre courant sont persécutés et traités en traîtres.
Voilà pourquoi le combat de Johann-Philipp-Palm est plus que jamais actuel.

Son combat signifie qu'on accepte d'être minoritaire et d'aller à contre courant pour défendre ses idées. Il signifie également qu'on accepte d'en payer le prix, quel que soit ce prix.

Honorable Assemblée,
Chers amis,

Le prix dont vous m'honorez aujourd'hui me flatte et me comble. Je le reçois comme un geste de reconnaissance du combat de tous les Tunisiens pour la liberté de pensée et d'expression et vous promet de le transmettre fidèlement comme un message à tous mes concitoyens.

Je vous promet aussi de rester toute ma vie fidèle à cet engagement pour la liberté.

Sihem Bensedrine

Le 1er décembre 2002
De la poésie ...

لا نامت عين الجبناء


لا نامت عين الجبناء

أطلقت جناحي لرياح إبائي،
أنطقت بأرض الإسكات سمائي،
فمشى الموت أمامي، ومشى الموت ورائي،
لكن قامت بين الموت وبين الموت حياة إبائي،
وتمشيت برغم الموت على أشلائي،
أشدو، وفمي جرح ، والكلمات دمائي،
(لا نامت عين الجبناء)
ورأيت مئات الشعراء،
مئات الشعراء،
تحت حذائي ،
قامات أطولها يحبو،
تحت حذائي ،
ووجوه يسكنها الخزي على استحياء ،
وشفاه كثغور بغايا، تتدلى في كل إناء،
وقلوب كبيوت بغاء، تتباهى بعفاف العهر،
وتكتب أنساب اللقطاء ،
وتقيء على ألف المد ،
وتمسح سوءتها بالياء ،
في زمن الأحياء الموتى ، تنقلب الأكفان دفاتر ،
والأكباد محابر ،
والشعر يسد الأبواب،
لا نامت عين الجبناء
أطلقت جناحي لرياح إبائي،
أنطقت بأرض الإسكات سمائي،
فمشى الموت أمامي، ومشى الموت ورائي،
لكن قامت بين الموت وبين الموت حياة إبائي،
وتمشيت برغم الموت على أشلائي،
أشدو، وفمي جرح ، والكلمات دمائي،
(لا نامت عين الجبناء)
ورأيت مئات الشعراء،
مئات الشعراء،
تحت حذائي ،
قامات أطولها يحبو،
تحت حذائي ،
ووجوه يسكنها الخزي على استحياء ،
وشفاه كثغور بغايا، تتدلى في كل إناء،
وقلوب كبيوت بغاء، تتباهى بعفاف العهر،
وتكتب أنساب اللقطاء ،
وتقيء على ألف المد ،
وتمسح سوءتها بالياء ،
في زمن الأحياء الموتى ، تنقلب الأكفان دفاتر ،
والأكباد محابر ،
والشعر يسد الأبواب، والشعر يسد الأبواب.
فلا شعراء سوى الشهداء

احمد مطر

Posté par Chahid sur le forum TUNeZINE, le 3 décembre 2002
Fond sonore : Friends