Jamais deux sans trois !
TUNeZINE 103





Bonne lecture !
La pire des peines n'est pas tant la prison, mais le fait de tomber dans l'oubli et l'indifférence.

Touche pas à mon juge ! Touche pas à mon Barreau !


diable


Les événements qui se sont produits cette semaine sont, à tout point de vue, exemplaires. D'abord, le formidable élan de solidarité qui s'est manifestée à l'égard du Juge Mokhtar Yahyaoui et des membres du barreau tunisien agressés et qui démontre, comme cela a pu être le cas pour d'autres personnalités célèbres, que le silence et l'indifférence par la crainte qu'espère le régime ne sont jamais acquis d avance. L'internet a quasiment permis de suivre heure par heure les ignobles agressions du régime et donna lieu à la manifestation d'une grande colère et une grande indignation. Et, le moins que l'on puisse dire, c'est que la presse internationale n'a pas ignoré ces événements.

Par ailleurs, contrairement à d'autres événements où l'on a observé des élans de solidarité se manifester, cette fois-ci, il s'est agi d'un affrontement violent avec une personnalité issue du corps judiciaire tunisien d'une part, et un affrontement qui s'avère être davantage un affrontement avec un corps de métier – et non des moindres – le barreau tunisien, d'autre part.

La nouveauté pour le régime de Ben Ali, c'est qu'il s'agit là d'une forme de combat plus consistante d'une partie de la société civile qui résiste au travers d un corps de métier qu'incarne le barreau tunisien. Certes, de nombreux responsables d'associations tunisiennes se sont habitués à de pareilles agressions et les avocats agressés, l'ont été aussi dans le cadre de leurs activités associatives de défense des droits de l'homme. Pourtant, il y a bien une nouveauté enthousiasmante. C'est que ces membres du barreau ne sont plus seuls. Depuis quelque temps, ils jouissent du soutien de leur corporation. C'est tout un corps de métier qui semble être derrière eux. Un corps de métier singulièrement bien placé pour parler au nom de toute une société, afin que ses droits, les plus élémentaires, soient respectés. Ce combat n'est plus, à l'évidence, celui de quelques avocats dispersés à l'instar de R. Nasraoui, mais de ceux qui ont prêté le serment « de remplir les actes de la profession d'avocat en toute probité et en tout honneur ». Et nul doute que la lutte pour les droits et libertés des Tunisiens serait autrement plus difficile sans l'implication efficace de cette profession. L'histoire l'a prouvé par le passé. C'est dire tout l'enjeu des événements que nous venons de vivre cette semaine et l'affolement du pouvoir qui s'est exprimé par une attaque en règle contre les membres du barreau qui s'activent pour la défense des droits bafoués des Tunisiens y compris de ceux qui subissent l'enfer des geôles tunisiennes. Et à n'en point douter : un barreau solidaire, intègre et digne qui honorerait ainsi sa profession serait l'un des pires cauchemars de la tyrannie tunisienne. Et l'actuel mauvais rêve de Ben Ali semble se transformer en un cauchemar.

Dans le même contexte, quoi de plus virulent, quoi de plus dangereux que les critiques, voire carrément la rébellion d'un fonctionnaire issu d'une institution qui incarne le principal levier que l'on actionne, au gré de ses humeurs, pour broyer un être humain ?

Sans la complicité et l'asservissement de ce « corps constitué » qu'est le pouvoir judiciaire, la dictature tunisienne ne pourrait pas tenir. Et combien avons-nous été à attendre des années durant que quelqu'un parmi ceux qui rendent des jugements « au nom du peuple », ceux qui « ne sont soumis dans l'exercice de leurs fonctions qu'à l autorité de la loi » qu'un, parmi ceux-là, ose enfin lever la tête et parler effectivement au nom du peuple pour exprimer sa désapprobation face aux dérives qui ont mené à l'asservissement total de l'appareil judiciaire ? Inutile ici de revenir sur l'étendue de l'impact qu'a eu cette fameuse « lettre ouverte au président » du juge Yahyaoui, tant dans nos coeurs, qu'au niveau de l'espoir qu'elle a su ré-alimenter. Et, bien entendu, n'eut été le formidable soutien -nullement acquis d'avance- dont a bénéficié celui qui va devenir le plus célèbre des juges tunisiens, il aurait été à son tour broyé par l'institution à laquelle il appartenait. Or, à présent, non seulement notre juge persiste et signe, mais le voilà encore en train de troubler l'ordre tyrannique en déterrant, avec quelques comparses, une liste des « damnés » du régime.

Au-delà de cet affront pour Ben Ali, au-delà du symbole qu'incarne Mokhtar Yahyaoui et au-delà de la grande émotion suscitée par les agressions physiques dont il fût l'objet, c'est l'acte accompli par la publication récente de la liste des « 23 damnés » qui demeure l'élément le plus important. Acte tendant à sortir -et à ressortir- « les damnés » de leur enfer : l oubli !

En effet, il est possible de résister à de nombreuses formes de violence. On peut résister aux persécutions. On peut affronter la prison. Il est possible de résister à toutes les brimades, à toutes les insultes et à la torture mais il y a une chose à l'égard de laquelle il est difficile de se sentir de taille, c'est l'indifférence face à de pareilles exactions. La pire des peines n'est pas tant la prison, mais le fait de tomber dans l'oubli et l'indifférence, lorsque l'on est entre les mains de ses tortionnaires.

C est cette même indifférence –DE FAIT- qui a abouti à l'ignoble dictature que connaît notre pays. On pourra toujours discuter des causes et des moyens abjects utilisés par le régime pour forcer cette indifférence par la peur, il n en reste pas moins, qu'au final, le constat demeure le même. La dictature tunisienne s'est appuyée, s'est nourrie et a prospéré sur une montagne d'indifférence. Oui, toutes les exactions du régime tunisien n'ont pu se perpétrer que parce que, généralement, en face de tels actes, des réactions énergiques de rejets n'ont pas eu lieu ou, du moins, ne se sont pas fait suffisamment entendre, hormis les quelques rapports ou communiqués d'organisations des droits humains, tombant assez vite dans l'oubli, voire banalisés par l'enchaînement incessant des horreurs.

Des milliers d'anonymes, parce qu'ils ont refusé le déshonneur par le viol de leur citoyenneté, ont connu et subissent les affres de l'ignominie : le cumul des emprisonnements tyranniques se chiffre en milliers d'années, les handicapés à vie sous la torture se comptent par centaines, voire par milliers ; la liste des martyrs morts sous la torture n'a jamais cessé de s'allonger ; les femmes, les enfants et les familles – talon d Achille de ceux qui ont osé dire non- sont également persécutés et violentés tout cela dans un quasi silence épouvantable.

C est pour étouffer ce silence que les cris du coeur doivent retentir partout et à chaque instant, pour que nos compatriotes qui subissent l'ignominie ne sombrent pas dans l'oubli. C'est à ce besoin vital que répond l'acte du « juge rebelle » et de ses amis du barreau agressés.

Aux 23 détenus de la liste de la honte et à tous les autres anonymes des prisons tunisiennes, je me dois de dire pardon. Je vous demande pardon à vous et à vos familles, car quoi que l'on fasse, cela ne sera jamais assez, tant que votre calvaire perdurera.

A si Mokhtar, je dis Merci d'avoir mis votre notoriété au service des oubliés, malgré tous les risques et les dangers physiques encourus. L'histoire retiendra la noblesse de votre combat. Et aux membres du Barreau merci également, car sans vous, sans votre résistance, le combat des démocrates Tunisiens serait autrement plus difficile.

Enfin, dommage pour certains, en l'occurrence les partis politiques que l'on a, à ce jour du 15-12-2002, peu ou pas du tout entendu sur les événements qui viennent de se produire. Et aux responsables de ces partis politiques je dirai ceci : tant que vous serez absents ou inefficaces sur les questions qui tiennent à coeur à un grand nombre de vos compatriotes, vous n'aurez pas, le moment venu, ni leurs attentions ni leurs votes. Et il n'est même pas utile de jeter la pierre à ceux qui se sabordent par eux-mêmes. En tant que partis politiques, pour exister, vous avez besoin des votes de vos compatriotes. Négligez-les et ils vous négligeront. Ils vous négligeront pour d'autres nouveaux venus à qui vous laissez une « voie d'autoroute » pour conquérir leurs coeurs et leurs votes. Et, surtout, songez au fait, que ce jour-là, ça ne sera pas la légitimité historique qui emportera leurs votes, mais bel bien la capacité à répondre à leurs aspirations prioritaires. Et en ce moment, la plus prioritaire de leurs aspirations, c'est peut-être la restauration des droits et garanties qui se rattachent à leur citoyenneté et que le régime républicain auquel ils adhèrent proclame. Et c'est sur ce terrain, que beaucoup désespèrent de vous voir agir avec davantage d'énergie et de fermeté.

Astrubal

Tunis, le 15 décembre 2002
Reste-t-il de l'espoir ?

الوردة السوداء


الوردة السوداء

سأخط وردة سوداء رغم الظالمين
rose شقائق النعمان
و الأقحوان
و النرجس الفواح
لتبقى للبراري
يزهو بها الفراش
و تزهر
بعيدا... بعيدا... بعيدا
في الأفق المديد الساجي
على حنايا الربى الرحيمة
من عمق ضلوع الوهاد
إلى على قمم الجبال
لتحيا حرة
بعيدا ... بعيدا بعيدا
في لجج المحيط
مع عرائس البحر
لتحكي لها الأحلام
و العطور و الألوان و الألحان
وفي فضاء الطير
لتلقى ملائكة السماء
و الجنة
و منبع الوجود
بعيدا ... بعيدا ... بعيدا
عن مدينة حزينة
أميرها حقود
عبادها قعود
تحرسها الجنود ليس بها ورود...

المختار اليحياوي

Tunis, le 14 décembre 2002
Son crime : penser. Si on l'oublie, il mourra. (Amnesty International)

AISPP: CAMPAGNE DE SOLIDARITE CONTRE L'ISOLEMENT DES DETENUS D'OPINION


23 détenus d'opinion subissent aujourd'hui en Tunisie un régime d'isolement total dans des prisons pour la plupart des cas loin du lieux de résidence de leurs familles privés de tout contact avec le monde extérieure sans le moindre contact humain sauf les visages sombres de leurs gardiens et dépouillés de tous leurs droits de détenus prévues par la loi.

10 ans maintenant que cette mesure est arbitrairement imposée à ces détenus d'opinion et depuis leur incarcération. Cette situation n'a que trop durées et constitue une insulte à notre humanité qui nous met au défi face à un arbitraire brut des temps barbares des périodes les plus obscures de l'histoire de l'humanité toute entière. Cette situation constitue un acte de torture continue et un traitement inhumain contraire à la morale, aux lois et à toutes les conventions internationales.

Aujourd'hui alors que l'humanité célèbre le 54eme anniversaire de la déclaration universelle des Droits de l'homme les prisons Tunisiennes demeurent des enclos interdits sauf à l'arbitraire et au mépris de la dignité. Jamais visités par aucun organisme neutre et indépendant dans les normes internationales d'observation des prisons. Le seul constat qu'on a de la situation sont les témoignages d'horreur et de misère rapportés par des générations de prisonniers d'opinion qui ce sont succédées ces derniers 46 ans pour décrire cette abominable situation.

L'Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politique en Tunisie (AISPP) lance une compagne de solidarité nationale et internationale pour la levée de cette mesure d'isolation pour tous les détenus politiques et d'opinion et pour exiger la reconnaissance de leurs statuts et le respect de tous leurs droit dont ils sont privés en contravention à la loi.

LISTE DES PRISONNIERS EN ISOLEMENT DEPUIS LEUR ARRESTATION*

Nom & prénom Lieu de détention Domicile familial Date d'isolement Condamnation
1 Dr Sadok Chourou Prison 9 Avril (Tunis) Ben Arous 1992 Perpétuité
2 Habib Ellouz Prison Borj Erroumi (Bizerte) Sfax 330 Km 1992 Perpétuité
3 Mohammed El Akrout Prison civile du Kef (El Kef) Gabes 350 Km 1992 Perpétuité
4 Karim El Harouni Prison El Houareb (Karouan) La Marsa 180 Km 1992 Perpétuité
5 Mohamed El Géloui Prison 9 Avril (Tunis) Tunis 1992 Perpétuité
6 Halim Kacem Prison El Houareb (Karouan) Hammam-lif 155 Km 1992 Perpétuité
7 Abdelhamid Jlasi Prison El Houareb (Karouan) Kélibia 170 Km 1992 Perpétuité
8 Bouraoui Makhlouf Prison civile de Monastir (Monastir) Sousse 1992 Perpétuité
9 Noureddine El Arbaoui Prison civile de Mahdia (Mahdia) Kassrine 100 Km 1992 Perpétuité
10 Hedi El Ghali Prison 9 Avril (Tunis) Mahdia 205 Km 1992 Perpétuité
11 Ridha Boukadi Prison 9 Avril (Tunis) Tunis 1997 Perpétuité
12 Abderrazak Mezgerricho Prison 9 Avril (Tunis) Tunis 1987 Perpétuité
13 Mohamed Salah Gsouma Prison civile de Monastir (Monastir) Mahdia 1992 74 ans
14 Chedhli Mahfoudh Prison 9 Avril (Tunis) Tunis 1992 28 ans 3 mois
15 Dr Ahmed Labiadh Prison civile de Gabes (Gabes) Zaghouan 310 Km 1992 21 ans 6 mois
16 Ali Zouaghi Prison Borj Erroumi (Bizerte) Tunis 100 Km 1992 21 ans 6 mois
17 Jalal Mabrouk Prison civile de Sfax (Sfax) Gabes 136 Km 1992 21 ans 6 mois
18 Abdelhamid Adelkarim Prison civile de Mahdia (Mahdia) Tunis 205 Km 1992 21 ans
19 Gsouma Gsouma Prison civile de Mahdia (Mahdia) Mahdia 1992 21 ans
20 Hamadi Jbali Prison Nadhour (Bizerte) Sousse 245 Km 1992 17 ans 6 mois
21 Idris Nouioui Prison Nadhour (Bizerte) Jandouba 255 Km 1992 17 ans 6 mois
22 Ziad Eddoulatli Prison civile de Monastir (Monastir) Hammam-lif 160Km 1992 15 ans
23 Mounir Gaith Prison civile de Jandouba (Jandouba) Kairouan 205 Km 2002 8 ans
* Cette liste n'est pas complète et ne comprend que les condamnés dont l'AISPP a vérifié leurs situations

Pour l'Association de Soutien aux Prisonniers Politiques
Yahyaoui Mokhtar


Tunis, le 10 décembre 2002
Dure réalité...

هل يجب إصلاح السجون في تونس ؟


TUNeZINE numéro 103 vous propose le dossier publié par le magazine "indépendant" Réalités dans sa partie arabe du jeudi 12 décembre 2002 portant sur "les prisons tunisiennes". A rappeler que cet article a valu à son auteur (le journaliste Hédi Yahmed), une comparution de deux heures devant le juge d'instruction, ce samedi 14 décembre.
Cliquer sur chaque image pour voir son agrandissement.



TUNeZINE News Network

Le 14 décembre 2002
Omar Khayyâm et sa plume adroite :-)

ROBES NOIRES CONTRE TIGRES NOIRS


Zaba a choisi un vendredi 13 pour déclarer la guerre aux avocats. L’armée policière du général Zaba a ouvert les hostilités en attaquant sans déclaration de guerre un couple d’avocats et leurs enfants. Mal lui en prit. Le Voyou Suprême a mal calculé le degré de solidarité et la capacité de résistance du barreau tunisien.

Dès que les avocats furent informés de l’acte de guerre, perpétré le 13 décembre 2002 à la rue Charles De Gaules de Tunis, il fermèrent leur cabinet et se rendirent sans tarder au champ de bataille. En effet, des centaines d’avocat accoururent des quatre coins du pays pour rejoindre les rangs de la résistance.
La rue Charles de Gaules fut investie par des centaines de robes noires qui voulaient par leur acte mettre fin à l’encerclement de leurs deux collègues et déloger les policiers politiques qui campaient autour du « noyau de résistance » constitué par le cabinet des « deux avocats rebelles ».

avocats


Le samedi 14 décembre l’armée des avocats était sur le pied de guerre. L’ordre du jour de la bataille, signé par le bâtonnier et approuvée par la majorité des avocats était sans équivoque : « libérer la rue Charles de Gaules ». Un millier d’avocats en robe noire attaquèrent comme un seul homme, armés seulement de leur inébranlable détermination et de leur volonté de défendre leur honneur bafoué. Les avocats réussirent au prix de dizaines de blessés à briser les lignes de la police. Le général Zaba donna l’ordre à ses flics en civil de se retirer du champ de bataille. Pendant quelques heures la rue Charles de Gaules était entièrement entre les mains des avocats. Un cessez-le feu précaire régnait à la fin de cette interminable journée d’hostilités. La « rue des avocats » encerclée et isolée du reste du monde devint un symbole de résistance et de bravoure. Des robes noires algériennes, marocaines, italiennes, françaises et espagnoles prirent le premier avion à destination de Tunis pour rejoindre leurs collègues encerclés. Mais ils furent empêchés de mettre les pieds dans la « rue interdite » et durent observer la bataille de loin.

Mais la guerre était loin d’être finie. Le général Zaba décida d’utiliser les gros moyens pour déloger les avocats de leur rue-symbole. Il donna l’ordre aux unités d’élite de police, ses fameux « tigres noirs » de reprendre la « rue des avocats résistants ».
La bataille du 15 décembre fut rude et sans merci. Une confrontation mortelle opposa une petite armée de robes noires à des bataillons entiers de tigres noirs, armés jusqu’aux dents. Malgré tous les moyens employés, gaz lacrymogènes, matraques, chiens policiers et balles en caoutchouc, les tigres noirs n’arrivèrent pas à déloger les avocats, dont les blessés se comptaient par centaines. Des cliniques de fortune furent installées à l’intérieur des cabinets d’avocat de la rue assiégée. Des médecins volontaires purent se joindre secrètement aux rangs de la résistance et soigner les blessés. A la fin de la journée, la rue rebelle était toujours entre les mains des avocats résistants. Grâce à la complicité de certains employés du Magasin Général et de Monoprix, les avocats purent constituer des stocks de nourriture pour une bataille qui promettait d’être longue.
Plus le temps passait et plus la situation du général Zaba devenait intenable. La rue rebelle était maintenant sous le feu des projecteurs de la presse mondiale. Des dizaines de journalistes se déplacèrent pour filmer la nouvelle bataille de Stalingrad. Mais ce qui faisait plus peur au dictateur c’étaient les chants de victoire qui montaient de « la rue interdite ». Pendant les périodes de trêve, les avocats chantaient et scandaient des slogans de liberté qui parvenaient jusqu’aux rues encore sous l’occupation zabatienne. Les avocats n’avaient pas besoin de mégaphone pour faire parvenir leurs chants de victoire, car tout au long de cette guerre insolite, Tunis observait un silence complet en retenant son souffle. Les tigres noirs se sont révélés des tigres en papier et ils finirent par être ridiculisés par la population qui les observait de loin. Un tigre qui ne fait plus peur n’est plus un tigre.

La rue Charles de Gaules occupée, la rue Charles de Gaules humiliée, la rue Charles de Gaules maltraitée. La Rue Charles de Gaules enfin libérée !

Omar Khayyâm

Le 14 décembre 2002
Corps et âme ...

Merci à tous ceux qui par leur soutien je suis encore libre et en vie...


Aujourd'hui Mercredi 11 décembre 2002, j'ai quitté mon domicile au 15 rue de Danemark pour me rendre au bureau de Me Nourreddine El Bhiri Membre du bureau exécutif du Centre Tunisien de l'Indépendance de la Justice (CTIJ) après avoir eu une communication téléphonique avec lui pour nous rendre à l'aéroport de Tunis Carthage accueillir Me Nejib Hosni de retour de Genève après une mission auprès du CIJ ( Comite internationale des juristes) et où il a animé un débat organisé par l'association Vérité Action sur les tentatives de déstabilisation du bâtonnier et du barreau en Tunisie pour mettre fin à son indépendance.
Me Nejib Hosni a subi à son départ toute sorte de provocation : fouille et saisie de document et d'effet personnel et le vol avait été retarde de plus d'une heure ce qui justifie notre décision d'aller l'accueillir et de nous assurer de son arrivé.

A l'entrée de l'immeuble de la rue Charles De Gaulle où se trouve le bureau de Me Bhiri un agent en civil d'1m 85 / 100 kg portant des moustaches qui était déjà dans le couloir me barrait l'entrée proférant des insultes et des menaces en me demandant de le suivre tout en m'accrochant par les vêtements. J'ai essayé de résister mais je n'ai pas pu m'accrocher à la porte d'entrée. Il m'a traîné dans la rue Charles de Gaulle vers la rue Hanon d'en face tout en m'insultant à haute voix deux autres agents l'ont joint et j'ai pu m'accrocher aux grillage d'une vitrine ils m'ont donné des coups de pieds sur les chevilles pour me faire tomber sans succès c'est alors que j'ai reçu un coup de poing – le premier de ma vie - en plein visage le certificat medical comporte:

Contusions avec épistaxis
Contusion de la branche
Contusion des deux chevilles

Les agents se sont enfui face à l'attroupement de plusieurs dizaines de gens et j'ai pu regagner le bureau de Me Bhiri sous le choc et souffrant de vertiges j'ai dû couper la communication avec Jerome Bellion d'Amnesty International et je ne me suis même pas rappelé de la communication de Mme ben Sedrine après. Le bâtonnier Bechir Essid , Me Youcef Rezgui président de l'association des jeunes avocats , Me abderrazak Kilani secrétaire général du centre tunisien de l'indépendance de la justice et Omar Mestiri de la CNLT ainsi que Me Saida Akrami secrétaire général de l'association internationale de soutien aux prisonnier politiques ont accouru immédiatement sur les lieux ainsi que plusieurs avocats. J'ai été transporté à l'hôpital Charles Nicole pour consultation où Me abderraouf Ayadi Vice président du CPR ( Congrès pour la république) nous a rejoint.

Actuellement je suis rentré a la maison je me porte bien à part une tuméfaction avec plaie à la lèvre supérieure, et j'ai des maux aux yeux et des traces de sang au nez.

Cette agression vient à la suite d'une convocation à me présenter au poste de police de mon quartier le 2002 11 29 et à laquelle je n'ai pas répondu parce qu'elle ne comporte pas l'objet de ma convocation.

Cette agression vient surtout à la suite de l'appel que j'ai lancé hier 2002 12 10 au nom de l'association internationale de soutien des prisonniers politiques à l'occasion du 54ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme pour la levée des mesures d'isolement en prison que subissent 23 prisonniers politiques en Tunisie pour la plupart depuis plus de 10 ans.

Je demeure convaincu que dans un pays où " 23 détenus d'opinion subissent aujourd'hui pour la plupart depuis plus de dix ans un régime d'isolement total dans des prisons loin du lieu de résidence de leurs familles, privés de tout contact avec le monde extérieur sans le moindre contact humain sauf les visages sombres de leurs gardiens et dépouillés de tous leurs droits de détenus prévus par la loi " est un pays d'arbitraire absolu et que nous devons beaucoup peiner pour amener notre peuple à défier le désastre qui nous étreint et tout les hommes libres dans le monde de prendre conscience de la réalité de notre situation.

Je n'ai jamais été aussi convaincu de la légalité et de la justesse du combat que je menais, ni de son succès. Cet état de fait ne peut plus durer. Aujourd'hui j'appelle à dénoncer le voyourisme de l'autorité.
Merci à tous ceux qui par leur soutien je suis encore libre et en vie.

Yahyaoui Mokhtar
Président du CTIJ
Membre fondateur du bureau executif de l' AISPP


Tunis, le 11 décembre 2002
Quelle fête !

Quand une photo fait trembler les « durs »


Un buffet ridicule à l’image de leurs maîtres. La laideur de leur démarche, la puanteur de leur hypocrisie, de leur petitesse et de leur perplexité n’ont pas réussie à provoquer la bousculade au tour de leur stand.
La photo de Zouhaier, inondant l’Uni-mail, leur a rendu la tâche difficile et elle a donné un goût amer à leur gâteau. Elle a même jauni les visages des deux flics confirmés de l’ambassade qui supervisaient leur action.
« Protéger la patrie de toute atteinte malsaine », un des objectifs de la dite association (Assoc. des jeunes et des étudiants tunisiens en Suisse, inconnue jusqu’au là dans le milieu universitaire, fondée d’après leur dire le 26.10.02 ), n’a pas laissé indifférent-E-s les militant-E-s du Comité Tunisie en suisse, du groupe RévolutionS ( groupe des militant-E-s de la gauche révolutionnaire genevoise ) et de la CUAE (conférence universitaire des assoc. des étudiant-E-s / l’équivalent du syndicat des étudiant-e-s ). Alertés le lundi matin, ils/elles ont été-E-s nombreux-ses à mener cette action coup de poing contre cette fête/funéraille . Lâches comme ils sont, ils étaient incapables de placer un seul mot. La sympathie et le soutien des étudiant-e-s à l’égard de notre action ont neutralisé toutes réactions de la part des ces « patriotes » mais surtout ils ont démasqué leur « authentique engagement » envers leurs seigneurs.

No pasaran !

No pasaran !

Ali Baba

9 décembre 2002
De l'humour en fer forgé ...

Haddad et son cheval de Troie


Pendant toute sa carrière politique, le général Ben Ali a prononcé une seule phrase intelligente. C’était à l’occasion d’une interview accordée au Nouvel Observateur quelques semaines après le coup d’Etat du 7 novembre 1987. Le journaliste français lui demanda s’il y avait des services de renseignements étrangers qui étaient au courant du putsch contre Bourguiba. Ben Ali répondit:
- Oui, les services algériens.
- Cela veut-il dire que les services algériens sont plus forts que les services tunisiens ?
- Non, car nous savions qu’ils savaient.


Comment Ben Ali eût-il pu prévoir que quinze ans plus tard les services algériens seraient encore une fois au courant du coup d’Etat conçu et fomenté contre lui par son propre ministre de l’Intérieur ? Mais cette fois c’étaient les Algériens qui savaient que Ben Ali savait. Ben Ali savait que son nouveau ministre de l’Intérieur était en train de préparer sa chute. Mezri Haddad, un écrivain promu chef de la répression, était à deux doigts de Carthage, lorsque Ben Ali découvrit le pot aux roses. Comment Haddad en est-il arrivé là ? Il fallait être un personnage au passé tortueux pour passer des labyrinthes de la philosophie aux caves de l’Intérieur !

L’automne du patriarche

L’automne du patriarche Ben Ali a commencé à…l’automne 1999. La rentrée culturelle de cette année avait connu deux évènements majeurs : La sortie en France du livre « Notre ami Ben Ali » et le lancement de « Présidentielle plurielle », une pièce comique où le président-dictateur-général jouait le rôle principal, accompagné par deux bouffons de la cour de Carthage. Cette pièce avait eu beaucoup de succès. Elle avait fait rire des millions de Tunisiens et non-Tunisiens.

Ces rires sarcastiques sont parvenus jusqu’à Paris, où vivait le plus grand philosophe tunisien des deux siècles. Mezri Haddad, philosophe, historien, sociologue, politologue, chercheur, écrivain et journaliste est un penseur hors pair. Cet érudit, comparable seulement aux encyclopédistes du 18éme siècle, est un touche-à-tout, mais la politique est son domaine de prédilection. Il suivait de près l’évolution du régime benalien et espérait toujours y trouver un terrain de jeu pour ses ambitions politiques. Dès que les rideaux sont tombés sur la farce d’octobre 1999, Haddad a tout compris. Le régime du président bac moins trois était en perte de vitesse et il fallait choisir son camp. Les fissures de la citadelle Carthage sont devenues chaque jour encore plus visibles et il était temps de préparer l’assaut final.
Mais comment s’y prendre ? Les cogitations du philosophe de Paris n’ont pas tardé à donner leur fruit. A cette époque les Tunisiens ne savaient pas que Haddad, un véritable renard politique déguisé en philosophe, avait déjà un plan diabolique pour conquérir Carthage. Il n’aspirait pas à la magistrature suprême, mais à devenir l’éminence grise du nouveau régime. Il a noué des contacts avec les personnages-clefs du régime, sans pour autant couper les ponts avec certains opposants. Haddad pensait surtout au futur. Son plan d’action était fin prêt dès avril 2000.

Haddad donne l’assaut à Carthage

troieLe plan de notre grand philosophe était on ne peut plus diabolique : Carthage ne serait pas détruite, mais prise de l’intérieur. Pour tromper les défenses de la cité interdite, Haddad devait construire son propre cheval de Troie. Il serait un cheval en papier. Conquérir une forteresse non pas par la force du feu et de l’acier, mais par un simple livre, il faut être un Haddad (*) pour penser à un tel stratagème. D’ailleurs son fameux livre porte un titre on ne peut plus éloquent : « Carthage ne sera pas détruite ». Le philosophe tunisien acheva la construction de son « cheval de Carthage » à la fin de l’été 2002.

On peut résumer le livre de Mezri Haddad en deux mots : l’éloge d’un âne rédigée par un renard. C’est le livre politique le plus pernicieux qui ait jamais été écrit. Son auteur voulait anesthésier le dictateur tunisien par ses louanges et ses flagorneries avant de lui enfoncer le couteau dans le dos. La médiocrité intellectuelle de Ben Ali ne lui permit pas de déceler le poison dissimulé dans le livre. Dès la sortie du « chef-d’œuvre », Mezri Haddad fut chaleureusement accueilli par le dictateur de Carthage. Ben Ali croyait y avoir trouvé son sauveur. Fervent adepte des soins de rajeunissement, Ben Ali voulait aussi rajeunir son régime décrépi. Il ne savait pas que Haddad, serviteur de deux seigneurs, travaillait pour le compte du futur putschiste de Carthage. En fait, il s’agissait d’un complot avec plusieurs ramifications, impliquant des hauts cadres de l’armée et de la Sécurité et certains hommes politiques du parti au pouvoir. Mais l’identité du « nouveau président » reste enveloppée de mystère jusqu’à ce jour.

Après cette audience avec le Président, Haddad attendait impatiemment l’heure de sa nomination à un poste-clef du gouvernement. Ben Ali ne le fit pas trop attendre. Il fut convoqué au Palais de Carthage le 26 janvier 2003 et nommé sur-le-champ ministre de l’Intérieur. Haddad dut se retenir pour ne pas sauter de joie. L’heure de sa gloire était enfin arrivée.

En s’installant dans son confortable bureau de l’avenue Habib Bourguiba, Haddad commença à rêver à yeux ouverts. Il se voyait déjà à Carthage en train de conseiller son nouveau prince. Mais pour que le rêve devînt réalité, il fallait agir vite. Haddad assurait la coordination entre tous les éléments du plan Massinissa (nom de code du nouveau putsch) .Les comploteurs tenaient leurs réunions secrètes dans les lieux les plus insolites : le hammam de Zriba, une ferme à Mornaguia, une maison délabrée situé au village perché de Takrouna etc. La date du nouveau 7 novembre était fixée au 25 juillet 2003. Haddad et ses complices pensaient que rien ne pourrait plus arrêter le compte à rebours. Hélas, Haddad fut trahi par une phrase. Cette phrase ne fut ni prononcée en privé ni écrite dans une missive secrète. Elle était contenue dans une lettre ouverte lue par des dizaines de milliers d’internautes et par un certain…Ghanouchi.

Ben Ali sauvé par…Ghannouchi !

L’univers des Ghannouchi est tellement vaste qu’il contient de la matière et de l’anti-matière. On peut y trouver aussi bien les ennemis jurés du PDG de Carthage que des serviteurs à la cour fidèles comme des chiens. Rien ne prédestinait apparemment K.Ghannouchi à devenir un jour le sauveur de Ben Ali. Ce haut cadre de la Direction de la Sûreté de l’Etat, diplômé de langue et de littérature françaises, était un prof de français avant d’atterrir au ministère de l’Intérieur.
Originaire de la ville de Sousse, il avait fait des études en France et retourna en Tunisie à la fin des années 80 pour être affecté comme enseignant à un lycée d’une petite ville du Sahel. Pour fuir la guigne des petites villes, il tenta sa chance avec le concours des commissaires de police et réussit son examen au premier coup. Depuis le début des années 90, il ne cesse monter les échelons de la direction la plus « sensible » du ministère de l’Intérieur.

Depuis le développement spectaculaire d’Internet en Tunisie, K. fut chargé d’une mission ultra-secrète : coiffer un service spécialisé dans de lecture, l’archivage et l’analyse de tout ce qui est publié sur les sites de l’opposition. K. passait toutes ses journées à lire les sites « interdits » et les messages électroniques interceptés. Il cherchait toutes les informations dignes d’intérêt pour la Sûreté de l’Etat.

K. fut donc l’un des premiers à lire l’échange de « politesses » sur Internet entre Mezri Haddad et Lise Garon, une enseignante universitaire canadienne, spécialiste de la Tunisie et du Maghreb. Le philosophe tunisien voulait présenter son livre aux étudiants de l’université Laval du Québec et l’académicienne avait refusé de cautionner un livre commis par un « renégat ». Dans une lettre ouverte adressée à cette académicienne et diffusée sur Internet, Mezri Haddad écrit : « Je vous laisse le temps de lire entre les lignes mon livre ». Cette phrase sibylline intrigua le grand spécialiste de la sécurité. Une relecture attentive du livre de Haddad lui permit de découvrir le plan secret de celui qui deviendrait quelques mois plus tard son patron. Dès la nomination de Haddad, il confia à son chef immédiat ses soupçons à l’égard du nouveau ministre des caves. Ben Ali autorisa le directeur de la Sûreté de l’Etat de surveiller son ministre, qui était « théoriquement » son supérieur hiérarchique. Malgré toutes les précautions prises par les comploteurs, les agissements secrets de Haddad furent découverts et rapportés au dictateur de Carthage.

Si les services algériens n’étaient pas au courant de tout ce qui se tramait derrière les murailles du palais de Carthage et dans les antichambres du sinistre édifice de l’avenue Bourguiba, Mezri Haddad serait peut-être aujourd’hui le voisin d’Ali Saïdi au cimetière de Jellaz. Discrètement alerté par les Algériens, Haddad réédita en 2003 l’exploit de Mohamed Mzali en 1986 en traversant la frontière tuniso-algérienne à pied la nuit, déguisé en femme et aidé par un passeur du Kef.

Dieu seul sait quel sort Ben Ali aurait réservé à son infidèle ministre de l’Intérieur s’il avait su que les Algériens savaient qu’il savait !

(*) Haddad signifie forgeron en arabe.

Omar Khayyâm

le 15 décembre 2002

Votre deuxième leçon de Cinéma


Je crois que vous avez bien compris votre première leçon, parlant des films de fiction. Comme vous savez un film de fiction est simple, parce qu’on peut imaginer n’importe quoi et n’importe quand. Un grand film doit avoir un bon scénariste, Chez nous pour le moment nous n’avons pas des scénaristes, le réalisateur est lui-même le scénariste donc, on peut pas parler des grands films. Mais qui peut être un bon scénariste? Les écrivains peuvent faire l’affaire, mais ou sont-ils? Nos écrivains existent, mais la littérature tunisienne est trop mal connue, pour la simple raison que nos dirigeants n’aime pas la lecture. Ils ne savent pas ni plus ni moins. Ils sont contre la lecture et la littérature, donc les écritures sont encore cachées dans les casiers des écrivains. On ne peut pas acheter un écrivain, les écrivains comme tous les artistes sont des gens de principe. Petit à petit on va découvrir nos vrais hommes. Mais les meilleurs scénaristes sont les poètes. Un vrais poète décris l’image d’une façon incroyable, donc nos poètes doivent être nos scénaristes. Où sont-ils alors ? Les poètes sont partout en Tunisie, mais ils sont loin de pouvoir, seule les poètes médiocres sont visibles. C’est un processus d’appauvrissement de la Tunisie. Le plus grand scénariste tunisien est abou-alkacem echabbi, il suffit de bien lire ses poèmes vous allez comprendre le dynamisme de l’image et comment il décrit les paysages et la nature. Jamais on ne peut imaginer un grand film loin des rêves des poètes. Ces gens là ne connaissent pas la technologie moderne, mais ils peuvent traduire les sentiments et la vie de tout un peuple sous forme des images et pas d’écriture vide comme le fait beaucoup des poètes du régime. Donc si nous sommes contre nos poètes et contre nos écrivains, nous ne pouvons jamais rêver d’un grand film. Libérez les poètes et les écrivains est une tache absolument primordiale pour la libération de tout un peuple.

Comme vous savez le cinéma, donc l’image est essentielle comme élément déterminant de la politique. Nous somme obligé de comprendre l’effet de l’image sur la population, ces images peuvent être utilisées pour le bien et pour le pire. D’un simple citoyen on peut rendre un héros et d’un héros on peut faire un voyou.

camera


Le but de cette leçon est comment faire un film documentaire. Le documentaire est trop difficile, ici on parle de l’histoire du quotidien et d’une vision. Ce n’est pas n’importe qui, qui peut aller dans cette aventure. Avant de décider de filmer, il faut aller sur place, vivre avec les gens, manger avec eux, danser avec eux, aimer ces gens là. Le documentaire parle uniquement la vérité et uniquement la réalité, vous n’avez pas droit d’ajouter ou de modifier la réalité. Donc cher amis demain vous devez prendre vos sacs à dos et aller dans les villages et les villes…comme des visiteurs. Il faut bien constater leur vie, leurs souffrances, leurs peurs et leur joie. Il faut des mois et des mois pour filmer 15 min. il faut des années et des années pour filmer la démocratie.

Un jour un homme arrive chez un réalisateur trop connu et lui dit la phrase suivante : ( un homme anormal marche dans un chemin anormal) vous pouvez filmer ceci. Le réalisateur lui dit : On filme les gens normaux dans des chemins normaux. Alors sortez de chez vous vers l’Est, vers l’Ouest, vers le Nord et vers le Sud et filmer ces gens là. Monterez au monde nos vrais visages, nos vrais rêves et nos vrais amours. Il ne faut jamais oublier de monter nos inconvénients, Filmer nos saletés, nos ordures et nos masques. Filmez les gouverneurs aux villages, leurs tables à manger, leurs voitures et leurs chauffeurs. Filmez nos politiciens, leurs histoires, leurs journaux et leurs discours, filmez la propagande. Filmez les documents des projets non achevés. Filmez les gens qui arrivent tard à leurs travaille, filmez la corruption, Filmez les dossiers noirs dans les administrations régionales, Filmez l’abus de pouvoir de tous les Gouverneurs. Filmez les autobus qui circulent sans document. Filmez nos assurances sans assurance. Filmez les juges dans leurs sièges.

Un film documentaire n’est pas un jeu d’enfant. Il s’intéresse aux actes et pas aux visages, aux habitudes des gens à leurs déplacements à leur nature. On ne doit pas poser des questions, votre mission est de filmer la réalité. Si le peuple fait comme ça, c’est comme ça qu’il fait la vie. Vous ne devez jamais faire apprendre à qui ce soit quoi faire et comment faire, votre mission est uniquement de filmer la vérité. L’objectif d’un documentaire est de monter au peuple sa réalité et c’est à lui de poser ses propres questions. C’est comme ça que vous pouvez faire avancer les processus démocratiques dans une société.

Chaque peuple a son propre cinéma, et chaque étape a ces propres documentaires. L’étape actuelle est trop critique et vos documentaires seront la base d’une discussion nationale. Nous cherchons des chemins normaux pour que notre peuple avance et prend place dans ce monde.

Nous n’avons une grande industrie et nous ne sommes pas des grands producteurs pour être visible dans le monde, Avec une équipe de foot-ball on cherche à être présent sur la seine internationale, mais avec ceci on peut pas faire inspirer un peuple des joueurs. L’inspiration d’un peuple doit se baser sur ses têtes, sur ses réalisateurs et ses poètes, je me sens toujours fiers quand je trouve le livre tunisien dans les grandes bibliothèques. Le cinéma est aussi une méthode pour être présent sur la seine internationale, mais le film doit être bon et acceptable. Cher amis vous pouvez faire de votre pays si visible et si crédible quand vous filmer notre réalité et notre vérité avec des simples films docs e 15 minutes.

Si vous voulez vous imposer, imposez-vous avec vos connaissances, vos films, vos livres et vos écrivains. Ce monde appartient aux gens libres et ambitieux, si vous n’arrivez pas à bien filmer notre réalité et notre vérité ne le faites pas, dites simplement que vous n’êtes pas capable, des gens plus intelligent et plus professionnels le feront pour vous. Acceptez les critiques de vos films et les erreurs commises, vous serez de bons réalisateurs. Je ne suis pas chanceux d’y l’être, mais je vous aime et j’aime votre grand travail.

Kacem

13 décembre 2002
Souriez, c'est votre journée !

Journée des Droits de l'Homme


"Il me plaît de présenter, à cette occasion, mes vives félicitations à l'ensemble du personnel de l'Institut National de Protection de l'Enfance, à la suite de l'obtention par cette institution, du "Prix du Président de la République pour les droits de l'Homme", au titre de cette année."

Discours de Ben Ali, le 10 décembre 2002, à l'occasion de la Journée des Droits de l'Homme .


Ben Ali « fête » la journée internationale des droits de l´homme en réactivant la persécution policière de Hamma Hammami de ses proches

La maison familiale de Radhia Nasraoui a été dès le début de l´ après-midi du Mardi 10 Décembre 2002, encerclée par un détachement de la police politique qui en a interdit l'accès à toute personne, causant un état de panique chez les membres de la famille de Radhia ,en particulier sa mère âgée et malade; ainsi que son frère qui a eu des troubles cardiaques suite à cet état de siège et à l'agression violente dont sa famille a été victime sans aucune raison.
Quant aux enfants de Hamma et de Radhia Ousseima (14ans) et Sarra (4ans) qui se trouvaient chez leur grand-mère, elles se sont retrouvées, de nouveau, plongées dans l'ambiance de terreur et de peur qu'elles ont vécues lors de la traque de leur père pendant ces quatres années de clandestinité, des surveillances, des filatures, des incendies criminels de leur domicile, des simulacres de kidnapping et des abominables tortures psychologiques dont elles ont été victimes pendants ces denières années.
Arrivés au domicile des parents de Radhia en début de soirée pour raccompagner leurs enfants à leur domicile, Radhia et Hamma ont découvert avec stupeur que la maison était encerclée et qu'elle était interdite d'accès à toute personne les accompagnant.

D'après les dernières informations, Ousseima est dans un profond état d'hébétude et s'est enfermée dans un mutisme complet pour ne plus communiquer avec son entourage. Cette grave situation a necessité son transfert d'urgence vers un pédo-psychiatre pour l'aider à recouvrer l'usage de la parole. Et cette situation est d'autant plus dramatique pour Ousseima qui devrait durant cette semaine passer ses examens scolaires du 1er trimestre .
Quant à la petite Sarra (4ans), elle est également en état de choc et n'arrive toujours pas à "comprendre" le non-sens des "évènements" qui l'entourent et qui tendent à la priver de vivre "normalement" avec un père qu'elle n'a pas encore eu le temps de "connaître" après les quatre années de clandestinité qui ont coincidé avec sa naissance et qu'elle n'a commencé à « découvrir » que depuis le 4 septembre2002, date de sa libération «conditionnelle ».
L'état des deux enfants n'a fait qu'empirer quant, au retour à leur domicile en compagnie de leurs parents, tout le monde s'est retrouvé en face d'un nombre impressionnant de véhicules et de membres de la police politique en faction devant leur porte.
Hamma et Radhia, constatant la terreur de leurs deux filles se sont donc trouvés obligés de quitter leur domicile et de se diriger vers un pédo-psychiatre.

"C'est la manière avec laquelle Ben Ali a choisi de fêter la journée internationale des droits de l'homme"s'est exclamée Radhia pour résumer la situation..

Auparavant,dans la journée,Hamma Hammami et Radhia Nasraoui s'étaient rendus à Moknine pour exprimer leur soutien aux 12 ouvriers grévistes de la faim de l'IKAB et cela dans le cadre de la « journée porte ouverte de solidarité »au siège de l'union régionale du Travail de Moknine à laquelle a appelé « le comité national de soutien aux ouvriers grévistes » et à laquelle a également pris part de nombreux militants politiques et associatifs dont l'écrivain Chokri Latif et l'ex-prisonnier politique Abdelmoumen Belanès.

alrazi21@voila.fr

Tu nous emmènes ?

Un rêve


reveUn jour j'ai rêvé, d'un homme libre et en ça pareil à tous les autres. J'ai rêvé que lui comme tous pouvait aller où bon lui semblait, sans exception, pouvait vivre et pouvait sourire, et pouvait penser et parler et chanter.
J'ai rêvé que dans le monde, il n'y avait pas un seul endroit où il ne pouvait aller, parce que partout il n'y avait que des hommes libres comme lui. J'ai aussi rêvé que cet homme, autrefois en prison comme d'autres pour avoir rêvé de liberté pour tous, avait été libéré par d'autres hommes libres de rêver. Ces hommes libres de rêver étaient bien relativement libres à leur tour, mais la prison de leur semblable les emprisonnaient à leur tour: ils ne pouvaient que rêver de liberté, ne pouvaient aller partout, ne pouvaient pas faire ce qu'ils voulaient, tant qu'un seul d'entre eux était en prison. Voilà pourquoi cet homme a retrouvé la liberté, pour que tous le soient vraiment.
Dans mon rêve, tous les hommes avaient décidé de réaliser leur propre rêve.

C'est un rêve, je n'ai aucun, mais aucun moyen de le réaliser. Je n'ai aucun moyen d'obliger qui que ce soit à réaliser sa liberté, ni celle de son prochain. Aucun moyen de pousser les gens à comprendre que tant qu'un seul homme sur Terre vit une injustice, nous sommes tous prisonniers. Je ne peux que raconter mon rêve, cherchant des gens qui rêvent à la même chose que moi et qui veulent bien faire quelque chose pour s'approcher de sa réalisation.
Il ne sera jamais réalisé, ce rêve, je sais bien. Trop de gens préfèrent encre emprisonner les autres, trop de gens partout préfèrent les savoir à leur merci pour se sentir à l'aise et en sécurité, croyant à leur tour être ainsi en sécurité et libres: même si ils s'enchaînent comme ça d'une façon très efficace. Entre un geôlier et son prisonnier, lequel est le plus libre de ses mouvements et de sa volonté ?
Trop de découragés, aussi, trop de résignés pour soi et les autres. Trop de gens qui préfèrent une médiocrité aveugle de son propre malheur, et de celui des autres, de peur de... de quoi au juste? Qu'y a-t-il de pire que la perte de la liberté d'exister?

Ce n'est qu'un rêve, et je ne peux pas le réaliser: mais faut-il alors l'abandonner? Faut-il arrêter d'espérer parce qu'on ne autour de soi que des geôles et des geôliers? Le temps n'est pas arrêté, si aujourd'hui les choses sont faites d'une certaines façon, demain n'existe pas encore, c'est nous-mêmes qui le façonnons. SI personne ne tente de réaliser ses rêves, de quoi sera fait demain? une mauvaise copie d'aujourd'hui?

Merci à tous les rêveurs, tous ceux qui ont décidé de sacrifier leur vie pour rêver ma liberté, tous ceux qui ont lutté pour que le monde soit plus juste, pour la liberté de tous. Merci à tous ceux qui luttent, pour moi aussi.

Angelica

14 décembre 2002
La honte n'a pas de frontière...

Salah Karker, un air de lutin


http://www.liberation.fr/page.php?Article=73813

Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) envoyé spécial

Extérieurement, Salah Karker ressemble à un homme normal. Il porte un petit bonnet, petite barbiche, air de lutin, oeil vif, plaisanterie facile, son appétit est correct et son cerveau en état de fonctionner. Mais, en fait, Karker n'est plus un homme normal. Voilà un peu plus de neuf ans que cette drôle de transformation lui est arrivée. Un matin d'octobre 1993, celui qui se croyait en sécurité en France, réfugié politique tunisien, a vu débarquer chez lui des policiers. Il était expulsé en urgence par le ministre de l'Intérieur d'alors, Charles Pasqua, au motif de son «soutien actif à un mouvement terroriste», en l'occurrence le mouvement islamiste Ennahda, qu'il a fondé en 1971 en Tunisie.

Salah Karker 3 800 euros par mois. Comme il était réfugié politique, on pouvait difficilement l'expulser. On l'a donc assigné à résidence. A Ouessant, à Brest, en Haute-Loire et enfin, depuis le 4 octobre 1995, à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence). Il s'y trouve toujours. Assigné depuis plus de neuf ans. Un record. A 3 800 euros la pension mensuelle dans l'hôtel, selon la ligue des droits de l'homme, l'affaire a coûté plus d'un million d'euros en argent public, si l'on ajoute les fonctionnaires de police mobilisés les trois premières années. «C'est payé par un contribuable. Français ou Tunisien ? Il faut encore creuser», assure-t-il. Les ministres passent, la droite, la gauche, sa situation n'évolue pas. C'est donc, selon lui, que ça vient de plus haut : «Un accord confidentiel entre les deux palais», l'Elysée et Carthage, siège du pouvoir tunisien. «Ça dépasse ma petite cervelle. Ce sont des rapports de force qui me broient comme une pâte.» Economiste, universitaire, ancien syndicaliste, il se reconnaît opposant politique au dictateur Ben Ali, mais condamne le terrorisme et prône désormais un autre islamisme. «Il faut laïciser le mouvement islamiste, estime-t-il. Islamiste, je n'aime pas le mot. Je suis tunisien, musulman pratiquant, démocrate, prônant la séparation de l'Etat et de la religion.» Il a condamné Ben Laden publiquement. Son mouvement, Ennahda, a fini par l'exclure, en octobre.

Chat et souris. Mais en France Karker, 54 ans, attend toujours qu'on lui reproche quelque chose. Il a beau demander, on ne lui répond pas. L'administration est un chat ; lui, la souris. «Je mets au défi quiconque d'apporter le minimum de preuves que j'ai soutenu un mouvement terroriste. S'ils ont des preuves, il faut les présenter ! Si j'ai fait des erreurs, je préfère être en prison.» Son avocat, Me Jean-Daniel Dechezelles, décrit l'absurdité : «Si on abroge maintenant, on reconnaît implicitement qu'on l'assignait abusivement depuis plus de neuf ans. C'est un scandale juridique, un non-sens politique et un coût extravagant pour le contribuable.»

Discret. Pour s'en sortir, Karker a tenté plusieurs choses : une nuit en Haute-Loire, il a marché pendant 35 km, les flics derrière lui. Ça n'a pas servi. Il a fait la grève de la faim, 30 jours, en 1997, à Digne. Ça n'a pas marché. Il est parti rejoindre sa famille à Eaubonne (Val-d'Oise), en 1998. On l'a arrêté. «Oui, je suis en infraction, contre une injustice sur laquelle je n'ai pas d'explication.» Le tribunal correctionnel de Pontoise lui a collé six mois de prison avec sursis. Sans plus d'explication.

Après, «on» lui a fait savoir qu'«on» était au courant qu'il allait parfois voir sa famille et qu'«on» ne s'y opposait pas, s'il restait discret. Donc, il retrouve parfois sa femme et ses six enfants, âgés de 11 à 24 ans. Sinon, il est à Digne. Dans sa chambre, il pianote sur l'Internet, sa bouée de sauvetage. Il a créé un site où il parle de politique tunisienne. C'est comme ça qu'il reste debout : «Ils ont voulu m'écraser politiquement. Ils n'ont pas réussi.»

Il a intenté des recours devant diverses juridictions. Sans succès. Sa situation a beau être révoltante, elle est légale. Il n'y a pas de limite de temps à l'arbitraire. Danielle Mitterrand, José Bové, sont venus le soutenir. Sans succès. La Ligue des droits de l'homme, présente à ses côtés, le compare à «une chèvre attachée à un piquet» et pose une simple question : si on lui reproche quelque chose, qu'on le juge, sinon, qu'on le libère. Amnesty International a dénoncé sa situation. En vain. Karker a demandé une levée progressive de la mesure. Pourquoi ne l'assigne-t-on pas plus près de sa famille ? Pas de réponse. Il propose «le dialogue, sans engagement préalable». Rien.

Mort. De 1981 à 1984 en Tunisie, il a été condamné à dix ans de prison pour appartenance à un mouvement islamiste non reconnu. Bourguiba l'a gracié. Pour le condamner à mort, en 1987, pour complot. Karker a fui en France. On ne lui a fait aucune difficulté pour le statut de réfugié politique. Il l'a toujours. Mais à quoi bon ? Il est prisonnier dans une chambre d'hôtel. «Avant d'être une humiliation pour moi, c'est une humiliation pour les principes en vigueur dans ce pays.» «K» comme Karker, «K» comme Kafka, qui gouverne sa vie, depuis 3 327 jours.



Ben Ali, c'est la maladie assurée !

Réforme de l'Assurance Maladie


Deux évènements importants doivent avoir lieu ce samedi 14 décembre. Le premier, national, verra l’élection de huit médecins appelés à siéger au Conseil National de l’Ordre des Médecins, lui-même constitué de 16 sièges. En effet, selon les textes en vigueur, les médecins de tout mode d’exercice sont appelés à renouveler la moitié de leurs représentants au CNOM tous les deux ans. Espérons que certaines maladresses et certains … conflits personnels (ayant entraîné la nullité d’élections précédentes) seront évités cette fois afin que le CNOM garde toute sa crédibilité.

Le second événement sera une première en son genre. En effet, le Comité InterSyndical Permanent des Structures Syndicales des Professionnels Libéraux de Santé (ouf !) qui comprend :
  • Le Syndicat Tunisien des Médecins libéraux
  • Le Syndicat des Pharmaciens d’Officine de Tunisie
  • Le syndicat Tunisien des Médecins Dentistes de Libre Pratique
  • Le Syndicat National des Biologistes de Libre pratique de Tunisie
  • Le Syndicat des Pharmaciens d’Officine de Nuit de Tunisie
  • La Chambre Syndicale des Etablissements Sanitaires Privés
  • La Chambre Syndicale des Pharmaciens Grossistes


invitation


Ce comité va donc organiser le 14 du mois courant un premier forum régional qui devrait réunir un maximum de médecins, dentistes, pharmaciens et biologistes de la région du Centre. Le seul sujet de débat est : ‘REFORME DE L’ASSURANCE MALADIE : POINT DE LA SITUATION’.
Un deuxième forum est prévu pour la région du Sud et devrait se tenir une semaine après à Sfax.

Voici ci-après le texte de l’invitation qui a été envoyée aux médecins de la région :

SYNDICAT TUNISIEN DES MEDECINS LIBERAUX Sections du Centre
INVITATION

Chère consœur, Cher confrère,
Le STML en collaboration avec l’intersyndicale des professionnels libéraux de santé, vous invite cordialement à participer à un forum sur La Réforme de l’assurance Maladie et ce le samedi 14 décembre 2002 à 17 h A l’hôtel : IMPERIAL MARHABA (Kantaoui)
Ce projet ambitieux de la réforme de l’assurance maladie est passé par diverses péripéties, la dernière en date a été la tentative de nous imposer le très mauvais système de la «capitation» Une formidable mobilisation des professionnels de la santé, notamment lors du 2e forum du lac le 14/4/2001 avait alors obligé l’administration à faire machine arrière. Cette dernière semble actuellement mieux disposée à nous écouter et nous demande des propositions concrètes pour l’élaboration d’un bon système d’assurance maladie guidé en premier lieu par l’intérêt du citoyen tunisien mais qui ne lèse aucune partie, qui soit réalisable pratiquement et surtout viable.
C’est pour cela que les dirigeants du STML convoquent sa base afin de l’informer et surtout de l’écouter pour connaître son avis et ses propositions. C’est de la mobilisation et de l’appui de la base que dépend la force et l’efficacité des instances syndicales, nous vous demandons donc chers amis de venir nombreux à ce forum. Il faut absolument maintenir la pression en ce moment où la loi sur cette réforme est en cours d’élaboration.
Salutations syndicales

Ainsi, il semble que le dossier très important de l’assurance maladie en est à une phase avancée et décisive. Toutefois, le citoyen tunisien moyen ne semble pas se rendre compte de l’importance de la mutation que va subir le système de santé en Tunisie. En effet, on a pu assister, il y a un an, à une véritable campagne de désinformation, montrant les médecins et les pharmaciens privés comme des gens avides d’argent (ce qui n’est pas tout à fait faux) et ce afin de mettre la pression sur leurs syndicats respectifs ainsi sur l’UGTT pour qu’ils acceptent le projet initial proposé par les caisses.

Juste une remarque, pour finir. Il semble à la lecture de la lettre du Dr Sahbi El Amri que ce dernier est loin d’être au courant de ce qui est en train de se passer du point de vue santé en Tunisie. D’abord, il considère le CNOM comme ‘seule institution officielle professionnelle représentative’ des médecins alors que ce ne sont pas les syndicats qui manquent (médecins libéraux, médecins hospitaliers, etc.) Ensuite, il énumère des maux dont la profession médicale serait atteinte sans se douter que beaucoup est en train d’être fait par le CNOM et les syndicats pour assainir et améliorer le système de santé. Même les cas de médecins ‘ripou’ qu’il cite ne lui donnent pas le droit de généraliser car des brebis galeuses, il y en aura toujours et dans toutes les professions. Enfin, à sa demande implicite que le CNOM devienne un bastion de résistance, une question se pose : y a-t-il un quelconque intérêt à politiser des formations qui sont, par définition, apolitiques ? Je doute qu’un médecin conscient de sa mission humanitaire réponde par l’affirmative.

Pour en savoir plus :



12 décembre 2002
Moins cher que gratuit !

Tourisme en Tunisie


brochure

HastaSiempre

Fond sonore : Haramt