|
|
|
Bonne lecture !
|
|
|
Les voeux de la Raie Publique
|
|
|
par Tarek Ibn Ziad
|
|
|
Le journaliste Hédi Yahmed "contraint" à la démission Tunisie: un journaliste auteur d'un reportage sur les prisons "contraint" à la démission mercredi 18 décembre 2002, 20h24 TUNIS (AP) - Auteur d'un reportage sur la situation dans les prisons en Tunisie, le journaliste Hédi Yahmed, a affirmé mercredi avoir été "contraint" de démissionner de l'hebdomadaire "Réalités". A la suite de la parution de l'article en question dans la dernière édition de l'hebdomadaire, le journaliste et le directeur du magazine, Taïeb Zahar, ont été convoqués et interrogés séparément par le procureur de la République. Selon M. Yahmed, l'audience avec le procureur "s'est bien passée". "Après cette convocation, je me suis rendu comme à mon habitude au journal où on m'a laissé sans rien faire", a déclaré le journaliste à l'Associated Press. M. Yahmed, 28 ans, a affirmé avoir été "harcelé" pendant deux jours par M. Zahar qui, selon ses dires, lui a fait remarquer que sa présence était "inutile" et lui a proposé de prendre "un congé prolongé" dont il s'est refusé à en déterminer la durée. "Ne pouvant pas accepter une telle proposition, j'ai alors présenté ma démission. Je n'avais pas d'autre choix", a-t-il expliqué. Contacté par l'AP, M. Zahar s'inscrit en faux contre cette version, affirmant n'avoir exercé "aucune pression" sur le journaliste "ni l'avoir harcelé". "Ce n'est pas dans les traditions de notre journal", a-t-il dit. Selon lui, il a refusé le premier jour la démission du journaliste en lui conseillant, en présence du secrétaire général de la rédaction, Zied Krichène, "de bien réfléchir". "Mais le lendemain, M. Yahmed est revenu à la charge en persistant à vouloir démissionner", a ajouté le responsable de l'hebdomadaire qui reproche au journaliste d'être "instrumentalisé" par "certaines parties qui veulent nuire au journal et au pays". Décriée par ailleurs par plusieurs organisations non gouvernementales (ONG), la situation dans les prisons est ces jours-ci au centre d'un débat en Tunisie. Mobilisation en faveur d'un journaliste tunisien L'Humanité, 26 Décembre 2002 - INTERNATIONAL - Brèves Pour avoir réalisé un dossier sur les conditions de détention en Tunisie, Hedi Yahmed, journaliste à l'hebdomadaire indépendant Réalités, a été poussé à la démission. Le journaliste a été entendu le 13 décembre dernier par le procureur de la République sur le contenu des articles publiés. Ces derniers relataient les mauvais traitements et le manque d'hygiène et de soins dans les prisons tunisiennes. Dans une lettre ouverte au directeur du magazine, une cinquantaine d'avocats ont affirmé leur solidarité avec le journaliste. Une " presse libre n'est pas possible sans une garantie de protection aux journalistes ", ont ajouté les avocats, exigeant la réintégration du journaliste " licencié ", " sans conditions préalables et dans de brefs délais ". Parmi les signataires, figurent le bâtonnier du Conseil national de l'ordre et le président de l'Association des jeunes avocats ainsi que plusieurs militants des droits de l'homme.
|
|
| |
|
|
Soutien de la FNUJA aux avocats tunisiens MOTION DE SOUTIEN AUX AVOCATS TUNISIENS MOTION DE SOUTIEN DE LA FNUJA AU BARREAU TUNISIEN. La Fédération Nationale des Unions de Jeunes Avocats (FNUJA) a appris avec indignation la série dagressions physiques subies ces derniers jours par certains avocats tunisiens. Elle dénonce les intimidations permanentes et les harcèlements graves perpétrés à lencontre des militants de droits de lHomme de ce pays et plus particulièrement les juristes. Le 11 décembre 2002, le Juge Mokhtar YAHYAOUI a été violemment frappé par plusieurs individus alors quil se rendait au cabinet de Maître BHIRI, avocat et membre fondateur comme lui de lAISPP( Association internationale de soutien aux prisonniers politiques). Le 13 décembre 2002, Maître BHIRI et son épouse, Maître AKREMI, étaient à leur tour pris à parti par plusieurs inconnus. Lors de cette violente altercation, Maître AKREMI était enlevée dans un véhicule, puis séquestrée plusieurs heures, sans que ni sa famille, ni le Bâtonnier ne soient informés de son lieu de détention. Après sa libération, Maître AKREMI a indiqué avoir été interrogée dans des locaux du Ministère de lIntérieur sur ses activités associatives. Le même jour, plusieurs confrères, dont des membres du Conseil de lOrdre, qui se rendaient au cabinet de Maître AKREMI pour prendre de ses nouvelles, ont également été victimes de violences graves. Enfin, le 16 décembre, Maître JMOUR, secrétaire général du Conseil de lOrdre, a fait lobjet de violences policières alors quil se déplaçait en centre ville de TUNIS. La FNUJA tient à dénoncer lescalade de la violence à lencontre des avocats tunisiens qui militent en faveur des droits de lhomme. Elle condamne avec la plus grande fermeté lattitude persistante des autorités tunisiennes à légard dun Barreau chaque jour plus menacé dans son indépendance, et ce, malgré la multiplication des réactions de la société civile internationale et la résistance des militants tunisiens. Face à la dégradation de cette situation, et au sentiment évident dimpunité dont jouit le gouvernement de ce pays, la FNUJA tient à alerter avec vigueur le gouvernement français et lUnion européenne pour quils interviennent instamment auprès du gouvernement tunisien et que cessent immédiatement toutes ces pressions exercées sur le Barreau. David GORDON KRIEF, Président de la FNUJA Laurence MORISSET, Responsable de la commission des droits de lHomme de la FNUJA
|
|
|
Paris, le 16 décembre 2002
|
|
|
Le CAT déclare admissibles 3 plaintes tunisiennes Bonne nouvelle: Le très ONUsien Commitee Against Torture (CAT), déclare admissibles trois plaintes individuelles pour crime de torture contre l'Etat tunisien. C'est une procédure quasi-judiciaire qui s'engage et les autorités sont tenus à collaborer avec le Comité et apporter les précisions, informations et expertises jugées nécessaires par ses membres. "The Committee held three further cases against Tunisia, one against France, and one against Switzerland, admissible. A review of the facts of the cases and on these admissibility decisions will be contained in the Committee's future decisions on the merits." vient d'annoncer l'Office du Haut Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l'Homme. Le CAT a éte institué par la Convention des Nations Unies de 1984 contre la Torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Les 10 membres du Comité sont élus par les Etats, parmi des individus de haute moralité. Le CAT ne peut être saisie que contre les Etats partis à la convention et qui reconnaissent ses compétences en application des dispositions de l'article 22 de ladite convention qui prévoit que "tout Etat partie peut déclarer à tout moment qu'il reconnaît la compétence du Comité pour recevoir et examiner des communications présentées par ou pour le compte de particuliers relevant de sa juridiction qui prétendent être victimes d'une violation, par un Etat partie, des dispositions de la Convention". La Tunisie reconnait les compétences du CAT et est partie à la convention depuis le 23 octobre 1988. Après que le CAT ait épinglé les autorités tunisiennes dans l'affaire du jeune Fayçal Baraket, liquidé au poste de police puis porté victime d'un accident de la circulation, le CAT commence avec ses trois nouvelles plaintes, un nouveau marathon avec les autorités tunisiennes. C'est une procédure très longue mais indispensable pour faire bouger les choses et faire cesser la torture en Tunisie. Le site internet du Haut Commissariat aux Droits de l'Homme (http://www.unhchr.ch) est riche d'informations et les procédures sont explicitées. Il y a même des formulaires type à remplire. Le très récent réseau Damoclès (http://www.damocles.org), bras juridique de RSF, se veut un outil pour aider les victimes des crimes internationaux, et en premier lieu desquels se trouve la Torture. Mais l'idéal est de faire appel à une association spécialisé. L'Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) a une très bonne expertise. Sur le plan tunisien, le Centre d'Information et de Documentation sur la Torture en Tunisie (CIDT-T), basé à Besançon, terre de Victor Hugo, et animé par le bienveillant Khaled Ben M'Barek. Le CIDT-T a une solide expérience et une bonne connaissance, tant théorique que pratique, de ce mécanisme ONUsien. C'est Khaled qui a, des années durant, rédigé, coordonné et suivi la procédure engagée au nom de la famille Baraket. L'affaire est toujours en cour et les membres du CAT demandent l'exhumation du corps et de nouvelles analyses en présence d'experts internationaux. Bonne nouvelle de fin d'années pour les tunisiennes et les tunisiens acquis à la lutte contre le crime abject de torture. Une petite victoire dans notre long combat pour la Dignité. Et une victoire, même petite, mérite d'être célébrée. Que la lutte continue
Abdel Wahab HANI
|
|
|
26 décembre 2002
|
|
|
Réflexions sur l'opposition Réponse à Perspectives Tunisiennes, par Mokhtar Yahyaoui Il y avait un temps où les changements profitaient aux extrêmes de droite comme de gauche ou à des juntes militaires comme cela a prévalu partout dans le monde et pendant les dernières décennies dans le tiers monde et en particulier dans le monde arabe. Tout homme politique sensé ne peut aujourd'hui que reconnaître la fin du temps des insurrections, des coups d'état et des révolutions. Dans le monde d'aujourd'hui, l'Histoire nous apprend que tout changement s'effectue dans l'évolution et dans la continuité comme le résultat d'un processus qui a fini d'accumuler tous les ingrédients nécessaires à la nouvelle situation. C'est pourquoi je pense qu'un discours politique ne doit plus tendre à viser un renversement brusque et brutal d'une situation. Il doit plutôt agir sur les mentalités, la spoliation et la tutelle dont ils font l'objet pour leur permettre de pouvoir percevoir la réalité et les amener à la contester non seulement par mécontentement mais surtout par conviction car tout homme pourvu d'un minimum de bon sens saura que ça ne peut plus durer. Qu'on est dans une situation qui handicapait les potentialités de notre pays et que le pouvoir tel qu'il est exercé constitue une entrave à son développement et à son progrès. Les sociétés contemporaines sont impliquées et intégrées dans une situation complexe qui conditionne et façonne leur vie. Elles dépendent dans leurs besoins les plus élémentaires d'un mode de vie dont aucun pays ne détient à lui seul les commandes qui le régit. Ce n'est plus un renversement de conditions entre deux pôles complètement opposés par lequel on cherche à évoluer mais simplement un réajustement de situations et l'ouverture de nouveaux horizons capables d'amener de nouvelles générations à s'intégrer dans de nouveaux projets et d'ajuster avec plus d'équité la façon par laquelle est gérée la cité au profit de la majorité. Penser la politique autrement me parait prendre des risques sur lesquels peu de gens sont prêt à parier et tenir des promesses qui ne peuvent tôt ou tard que nuire à la crédibilité si ce n'est des illusions de démagogie à chauffer les foules avant de les laisser à leur triste réalité. Il parait même de plus en plus vain de faire appel à une notion de sacrifice et de patriotisme pour cultiver les passions alors qu'il ne s'agit que de trouver la solution adéquate aux problèmes du pouvoir et de gouvernement chose qui a plus besoin de maturité et de réflexion. C'est vers une nouvelle perception de la citoyenneté qu'on doit se diriger, une conception dynamique du rôle de l'individu dans la société qui le libère des peurs et des appréhensions et qui lui ouvre bien les yeux et le met directement en face de ses responsabilités. S'il y a une véritable révolution dans le changement dont notre pays a besoin c'est dans la façon de l'aborder. Le changement est devenu un devoir national qui implique chaque citoyen. L'individu aujourd'hui est confronté à un double défi : La fin de l'Etat pourvoyeur, l'Etat assistant qu'on se met à sa charge et dont on ne pense qu'à profiter. L'individu est devenu l'élément moteur de génie et de création. L'Etat maintenant fait peur et doit être contrôlé et les pouvoirs strictement délimités pour assurer l'épanouissement des libertés d'entreprise et des idées. Pour en arriver là on doit parvenir à amener notre société à refuser l'arbitraire et les atteintes à sa dignité et à ses intérêts privés. Cela ne peut être achevé que lorsque n'importe quelle injustice qui touche n'importe quel individu devient comme une atteinte qui interpelle chaque citoyen dans sa propre individualité et qu'il sent de son devoir de la dénoncer si non d'arrêter ses effets. La légitimité du pouvoir n'est plus un vain mot. Elle devient dans ces conditions plus importante que l'institution. C'est dans cette perspective que j'ai voulu sensibiliser tous nos citoyens et les amener à sentir le martyre de nos prisonniers d'opinions et l'infâmie dans laquelle sont détenus tous nos prisonniers sans ménager ni pouvoir ni opposition dans ma contestation car c'est ça la preuve de notre sous-développement et s'il persiste de telles situations avec cette cruauté c'est qu'on n'a pas tous fait le nécessaire pour le dépasser. Je crois que maintenant le plus déterminant dans tout engagement politique n'est plus le don de soi le sacrifice et le martyre pour son pays et tous ces manifestations de maladie d'ego à cause de ses propres frustrations. Ce stade là on l'a dépassé et on ne doit pas trouver aucune contradiction dans sa subsistance dans d'autres situations Palestine, Tchétchénie- Le plus déterminant maintenant est le surplus, l'apport nouveau et l'amélioration de sa propre situation que doit trouver tout nouveau adhérant au projet de changement. Nous n'avons plus besoin de militant dégoûtés qui n'ont plus rien a perdre à s'engager dans la contestation qui n'attendent que le moment de la pagaille pour s'acharner dans la destruction car ils finirons par êtres matés et encore davantage humiliés. Ces situations de profonde oppression doivent être bannies à jamais. Tout engagement doit procéder d'une conviction que le changement va apporter des moyens pour améliorer toutes les conditions en plus de la dignité et des libertés retrouvés et ce n'est pas par un comportement d'opportunisme et d'hypocrisie que tout cela va se réaliser si tout citoyen ne se sent pas concerné comme un devoir d'apporter sa propre contribution pour le réalisé. C'est pourquoi je crois que nous devons tempérer nos ardeurs de révoltés et ramener nos ambitions au seuil de la réalité sans que mes propos ne soient compris comme un appel à la démobilisation c'est plutôt le contraire que je prêchais. Seulement je veux qu'on soit définitivement débarrassé de cette illusion de chef ou de guide qui va tout réaliser. Ces gouvernants de harkis et ces opposants de fellagh doivent être dépassés car ils ne représentent en tout et pour tout que la preuve d'un système basé sur l'exclusion qui réduit les citoyens dans ce débat au second plan. Sans un engagement conscient et massif de toute les forces vives de la nation nous ne pourrons pas dépasser cette situation d'un pays arriéré du tiers-monde en convulsion. Le problème pour certains pays en phase de transition - dont la Tunisie qui vivent cette singulière contradiction entre une respectable condition de vie générale et un manque effarant de liberté et de respect du droit dans la gestion du pays. Ce qui donne l'impression d'un peuple soumis qui doit lutter pour conquérir sa liberté est très difficile à cerner. On est dans une société partagée entre deux temps : Vivant dans la liesse et avec engouement la modernité dans toutes les manifestations de la vie ordinaire de son quotidien, alors qu'elle est au moyen-âge de la politique (Tunisie), de la religion (Algérie), de la culture et même des valeurs de comportement (Maroc). Seules la dictature et la répression sont à même de gérer cette situation. C'est un tribut que la société donne l'impression d'accepter volontairement pourvu qu'elle conserve ses maigres acquis et ses illusions. Alors qu'une certaine élite en banqueroute d'idées va jusqu'à le légitimer par les règles de l'évolution ce qui ne fait qu'asseoir d'avantage les marasmes d'une situation de blocage et de contradiction. Le rebelle et le résistant qui croit avoir tout compris et qui se voit déserter par la foule mis aux pas par ses tyrans n'a que mépris et amertume se voyant marginaliser alors que le temps le broyait ainsi que ses fantastiques projets. Là aussi la rupture parait consommée entre une certaine élite et sa société. Je ne crois pas qu'on doive succomber à la dépression de la fatalité ni persister à se cogner la tête sans répit sur des portes qui ne s'ouvrent sur rien. Je ne crois pas non plus que notre pays soit un cas particulier ni à une certaine notion de la spécificité qui cherche à tout expliquer par la particularité. Si on réussit à comprendre l'histoire dans son cheminement on finira par déterminer notre position par rapport à son évolution et souvent la particularité de la phase qu'on est en train de dépasser peut être déterminée à l'image des expériences des pays qui nous ont précédés et ceux qui nous suivent de prés. Je crois qu'on n'est pas loin du Portugal de salazare ni de l'Espagne de Franco ou de la Grèce des généraux plutôt que des pays des blocs soviétiques qui ont connu une autre évolution. Le monde du 21 siècle est en train de se tracer à nous d'être au rendez-vous. Nous devons nous préparer à admettre la défaite de l'histoire et de la géographie qu'on nous a enseigné. Nous sommes des occidentaux d'un pays qui n'a pas fini de se constituer. Le Maghreb est notre pays, notre destin et notre défi qui doit intégrer son espace naturel et savoir négocier sa position dans la nouvelle civilisation par la démocratie et le triomphe de la liberté. Le dynamisme de l'histoire dans lequel nous somme maintenant impliqués est en train de défaire ces liens séculaires qui ont pu associer le despotisme et l'arbitraire dans notre vie avec tout le mépris qui est en train de se propager envers ces politiques corrompus, ces magistrats soumis, ces richards affamés, cette bureaucratie pourrie et tous ces esprits tordus qui ne veulent pas lâcher, qui cherchent à tout accaparer et qui se sentent de plus en plus menacés. Ils savent, et tout le monde sait, qu'ils ont définitivement échoué alors qu'on n'a rien fait pour les déranger sauf exprimer ici ou là quelques mots qui sonnent à leurs oreilles comme le jugement dernier. Ce qui est en train de se passer en réalité c'est l'Histoire qui est en train de les balayer. C'est cette défaite morale et sans appel qui va achever cette opulence ostentatoire et provocante, cette arrogance qu'ils ne peuvent que manifester à qui est en train de les dénoncer. Cette agressivité, cette rancune et ce manque de pitié qui dévoilent leur culpabilité et toute cette hypocrisie, ces parodies et ces magouilles de plus en plus décriées au rythme des scandales à répétition. Ces tendances mafieuses de parrains incontestés qu'on cherche en vain à maquiller en de faux nouveaux projets de société. Tout à l'air de marcher alors que rien ne va plus " l'ère nouvelle " est finie avant de commencer. Seule la vision capable de décerner cet arbitraire et de démanteler ce passé demeure incapable de déchiffrer l'avenir qu'on cherche à nous voiler par toute cette censure et cette langue de bois qui veut nous abêtir comme si on cherchait à nous interdire de franchir le dernier pas vers l'émancipation et la liberté par la terreur et ces menaces qui ne font plus peur. Comment dans ces conditions peut-on se taire et ne pas dénoncer l'archaïsme doù il vient, les schémas et les clichés dans lesquelles on veut nous emprisonner par des valeurs et des concepts périmés ? Comment peut-on avoir encore du respect pour une conception de la politique qui ne dépasse pas l'aspiration de gérer la médiocrité dont on veut se débarrasser ? Comment peut-on encore admettre les magouilles qui cherchent à occulter l'expression de la noblesse de notre humanité séquestrée , torturée et dont la vie même est censurée dans des ghetto de Tazmamart, de Borj Erroumi ou El Amri entre autres, ces lieux de la honte qu'on veut cacher aux étrangers ? Comment peut-on être accusé de parricide en série et de jouer contre son propre camp alors qu'on cherche à sauver les plus martyrisés ? Ceux qui les ont puni et surtout tous ceux qui les ont oubliés du carcan où ils se sont tous installés ? Mokhtar Yahyaoui Tunis le 02 Janvier 2002 L'opposition tunisienne à la croisée du chemin, par Abdessalem Bouchadekh Droits & Libertés des Maghrébins et au Maghreb Association dAide, dAssistance, de Soutien et de Défense des Droits de lHomme B.P. N° 28 - 93161 Noisy-le-Grand Cedex- France - CCP Paris 5 336 77 P Communiqué du 31 décembre 2002 TUNISIE En matière de Libertés, les améliorations sont médiocres, depuis 15 ans de pouvoir sans partage ? L'opposition tunisienne à la croisée du chemin avec ou sans les Islamistes face à une dictature organisée et terrifiante Préservons les valeurs de lIslam traditionnel du pays comme partie intégrante Un système détouffement des libertés est mis en place en Tunisie, visant à museler toute voie discordante. POUR UNE LOI DAMNISTIE GENERALE Quel respect pour la déclaration universelle des Droits de lHomme de Tunisie 54 ans après COMMENT FAIRE POUR ASSAINIR LE CLIMAT POLITIQUE AVANT 2004 ? Noisy-le-Grand, le 30 Décembre 2002 En 2002,à loccasion de lanniversaire du 7 Novembre 1987, le Président Ben Ali, nous a déçu encore une fois, et non la dernière fois, par la libération de 6 malheureux prisonniers politiques sur un millier condamné à une mort lente, à petit feu, et par la médiocrité des réformes promises, ignorant les véritables aspirations du peuple Tunisien à la Démocratie, par une participation plus accrue de la composante globale de la population de Tunisie. Depuis 1994, que le pluralisme a été adopté par une décision venue d'en haut. Il se limitait à la nomination de dix-neuf opposants au sein du Parlement. Une loi taillée sur mesure fut adoptée pour entériner cette "nouvelle donne" et l'opération fut justifiée dès lors qu'elle était censée être "exceptionnelle", le temps de mettre en place un environnement permettant une réelle compétition entre le parti au pouvoir et ses adversaires politiques. Sauf que l'"exceptionnel" et le "temporaire" sont devenus la norme sur laquelle s'appuie désormais la nouvelle législation spéciale régissant le "pluralisme" des élections présidentielles de 2004. Cette loi complète la révision constitutionnelle, la plus récente du 22 mai 2002 qui autorise le président Ben Ali à se représenter pour deux nouveaux mandats présidentiels supplémentaires. Ainsi, la Constitution tunisienne a été amendée quatorze fois depuis l'indépendance, en 1956, ce qui est beaucoup pour un texte fondamental censé être à la source du corpus législatif. La Constitution tunisienne a donc été soumise au charcutage du pouvoir Exécutif. Pourquoi ne pas décréter une règle interdisant à tout parti politique davoir plus du tiers des sièges au Parlement, comme une procédure intermédiaire, pour limiter le monopole de la vie politique, par un seul parti politique. Ce nouveau projet de loi va à contre-courant de l'évolution politique au Maghreb, en Afrique et dans le monde. Elle décrédibilise encore plus les urnes dès lors que l'élection présidentielle est circonscrite à un Parlement d'où ont été évincés les représentants des courants de gauche, islamistes et nationalistes qui n'acceptent pas d'entrer dans le moule de l'"opposition loyale". Face aux dérives du régime tunisien, à lapproche des prochaines échéances électorales de 2004, il est temps de réfléchir aux moyens et méthodes pour résister devant les multitudes atteintes aux droits les plus élémentaires du citoyen Tunisien dans sa diversité. Pourquoi lopposition narrive pas à se faire entendre ? Parmi les critiques faites à l'opposition toutes tendances confondues, un reproche du comportement des responsables des partis politiques entre eux ou du manque dire absence de programme de gouvernement. Les Tunisiens ont besoin de sexprimer, de dépasser la peur de la police qui les encadrent, et contrôle leurs faits et gestes les plus intimes. Le citoyen a besoin de reprendre la confiance en soi, pour dire ce quil pense, de la chose publique, sans crainte ou pression. Les Tunisiens ne se trouvent pas dans l'opposition officielle pour défendre leurs intérêts. Plusieurs sujets ont été abordés et ont fait l'objet d'interventions intéressantes portant notamment sur les moyens à mettre en oeuvre pour bâtir l'avenir en Tunisie et sur les choix stratégiques des diverses formations. Où est la paradoxe dans la situation Tunisienne ? La communication sociale conduit les hommes à mélanger le faux et le vrai si bien quil nest pas de menteur recuit qui ne fasse que mentir. Ainsi, la pratique du régime Tunisien en place de la communication est basée sur la prêche du faux, du mensonge, de la falsification des réalités sociales, de létat des libertés individuelles et du camouflage de la pratique systématique de la torture dun côté, dune description transparente de létat de léconomie (sans doute à cause des pressions du FMI) et une volonté claire de passer le message de lécrasante présence du RCD à tous les niveaux de la société, avec des scores électoraux de plus de 99%. Rien de paradoxal dans ce comportement mais uniquement une volonté, réfléchie et planifiée, daffirmer un double objectif : 1- Projeter une belle image de la Tunisie et le contrôle de la situation. 2- Maintenir une politique basée sur la peur, la terreur et la confiscation des avoirs du peuple. Face à cette politique, on aurait pu sattendre à voir une opposition virulente, forte et surtout proche du peuple. Il nen est rien et cest là où se situe le paradoxe de la Tunisie. En face de la dictature organisée, terrifiante, opprimante, censurant tout ce qui bouge, on aurait pu simaginer lémergence dune solidarité au sein même du peuple. Le peuple est terrifié à un point où il devenu paralysé. Le paradoxe de lopposition cest quelle ne montre aucune organisation, aucun objectif, aucune stratégie, aucune clairvoyance. Ce qui est le plus grave, est quaucune discussion ou dialogue avec le peuple. Les différents débats ou échanges se font, en général, entre eux, dans la méfiance et la peur de payer le prix fort que les islamistes continuent à payer. Aujourdhui, la résistance passe son temps à attendre que quelquun agisse ou prenne linitiative de faire quelque chose pour que tous les autres lui sautent dessus avec des critiques acerbes, dures et parfois destructrices. A quoi ça rime ? Noublions pas que seul le peuple doit juger en final de la légitimité quil doit accorder à un mouvement. Discuter de légalisation dun parti est une critique nécessaire mais ne doit pas se transformer en une décision quon impose au peuple. Discuter de lopportunité de lislamisme peut servir à moderniser ses mouvements mais ne doit en aucun cas se substituer au choix du peuple. Discuter des actions et les moyens de faire la résistance doivent être un moyen délaborer un programme politique et non des ordres au peuple pour quil adapte son comportement. Les politiciens ne doivent pas passer leur temps à discuter de ce qui est préférable au peuple ou de prendre des décisions à leur place, mais plutôt exposer leur point de vue directement au peuple, dabord pour quil les connaisse, ensuite pour quil accorde la légitimité à leurs mouvements. On oublie parfois lobjectif de chaque mouvement. On oublie parfois lessentiel. On se borne à critiquer tous ceux qui ne partagent pas notre avis, des fois même au sein du même parti. Et comme la résistance est multiple et le régime du RCD est unique, le résultat est connu à lavance comme le résultat des élections en Tunisie, depuis que ce parti a pris le monopole du pouvoir. DLMM considère quil faut distinguer entre ceux qui sont prêt à accepter le verdict du peuple dans sa majorité, et ceux qui veulent exclure une partie qui ne rentre pas dans le moule quils lui ont fabriqué outre-Mer, entre ceux qui veulent la Démocratie et ceux qui sont emprisonnés par leur idéologie stalinienne. Il faut distinguer entre ceux qui veulent rendre au citoyen sa fierté dappartenir à une civilisation, qui les honore, qui a pu guider le monde vers la civilisation à un certain moment, cette civilisation de dialogue, avec lautre, sans complexe. Il faut mettre lêtre humain au centre de toute politique, qui doit être au service du citoyen, sans le respect de ses particularités, dans le respect du droit des minorités à sexprimer. Ceux qui veulent imposer au peuple leurs idées et ceux qui veulent servir le peuple dans le respect de ses racines, de ses traditions et de sa culture. Ceux qui veulent qui veulent ancrer le pays, dans sa civilisation, et ceux qui veulent les écorcher pour les attacher à une civilisation doutre-Mer qui ne veut pas deux. Je crois qu'il existe énormément de chantiers à ouvrir, que l'avenir est à construire, que de nouvelles formes de revendications sont à imaginer, qu'il existe énormément de personnes qui peuvent agir en dehors des cercles habituels, et que si l'opposition ne le fait pas, la rue le fera. Propositions prioritaires. 1. Développer une démocratie de participation. Il s'agit de remplacer le modèle de la pratique de la vie politique représentative actuelle en l'enrichissant par la participation plus active et mieux informée des citoyens. Le peuple doit pouvoir exercer plus souvent sa souveraineté par la voie du référendum (local ou national), 2. Il s'agit de favoriser, à tous les niveaux de la décision, la prise de parole des citoyens, l'interpellation directe et publique du pouvoir politique par ceux-ci, pour l'inviter à rendre des comptes périodiquement, à prendre des engagements qu'il devra tenir. 3. Faire une large place à la concertation de proximité, pour concevoir un nouveau mode d'action publique. En instaurant une véritable responsabilité politique. En Tunisie, on préfère la stabilité et la puissance des gouvernants (nationaux et locaux) à leur contrôle démocratique. 4. Le président de la République a des pouvoirs de gouvernement énormes; le Premier ministre et les ministres devront être collectivement responsables devant le Parlement. 5. Le Parlement, ne dispose pas de moyens efficaces pour contrôler laction de lexécutif ; les exécutifs locaux (maires, présidents de conseil général ou régional) sont le plus souvent de véritables monarques en leur fief, dispensés de rendre des comptes sur l'exécution de leur mandat, etc. 6. Le Parlement doit pouvoir créer des commissions denquête sur les activités des Gouverneurs et les Maires, cela suppose que les élus disposent de réels moyens de contrôle et d'investigation comparables. 7. Il manque en Tunisie une véritable organisation et une culture de la responsabilité politique qui implique que les gouvernants et les élus doivent rendre des comptes sur l'usage qu'ils font ou ont fait de la confiance qui leur a été accordée par leurs mandants. 8. Il faut créer des permanences assurés par les députés dans leurs circonscriptions mutuelles au siége de chaque commune, dune façon périodique hebdomadaire de préférence. Ils doivent au moins çà à ceux qui lont élus. 9. Il faut alors inventer des mécanismes institutionnels permettant que pouvoir et responsabilité aillent véritablement de pair, car telle est l'une des premières conditions véritables de la démocratie. 10. Un système de gouvernement où le chef de l'exécutif sera l'émanation d'une majorité plurielle formée de députés ayant porté devant les électeurs un programme en forme de contrat passé avec les citoyens. 11. Aménager des pouvoirs équilibrés qui se contrôlent. La séparation des pouvoirs est une condition essentielle de la démocratie. Le pouvoir monopolisé par le Parti au pouvoir qui organise, la confusion entre le Parti - Etat. Tout laisse à penser que les relations entre le législatif, l'exécutif et le judiciaire, la séparation fonctionne à sens unique, au profit du seul Palais de Carthage. 12. Dans les collectivités territoriales, c'est à la confusion des pouvoirs que l'on assiste, les Assemblées délibérantes étant présidées par les gouverneurs qui sont soumis aux directives du Ministre de lIntérieur. 13. La justice, qui n'est pas reconnue par la Constitution comme un pouvoir autonome. Il faut que les pouvoirs soient séparés de façon équilibrée comme dans tous les véritables régimes parlementaires, qu'ils collaborent dans le respect de l'autonomie de chacun et qu'existent des contre-pouvoirs disposant de vrais moyens. 14. Vers une réelle distinction des compétences et des fonctions des collectivités territoriales, par des garanties d'indépendance de la justice, par la mise en place de mécanismes d'information et de contrôle croisé dans les relations entre l'exécutif et le législatif. 15. Vers un véritable statut accordé à l'opposition est l'une des solutions pour aboutir la confiance du peuple qui ne se mérite, que par la persévérance aux côtés des couches populaires les plus défavorisés. Qu'est ce que l'on peut entendre par opposition ? Cest une race dhommes et de femmes de lhombre, ceux qui ne sont pas contents, et qui en ont conscience, et qui agissent pour un vrai changement des choses, pas forcement dans le cadre d'un parti politique. Ce sont ceux qui sont conscients qu'il y a un problème en Tunisie. Ceux qui courent pour avoir, un siége à lassemblée nationale au prix de leurs convictions et de leur conscience ne font pas vraiment partie de l'opposition. 16. Réhabiliter le rôle des représentants élus de la nation. Les représentants du peuple qui ont été dépouillés du pouvoir législatif et de contrôle au profit de gouvernants tout-puissants qui s'appuient sur une technocratie sans âme. L'un des enjeux majeurs de la République est de rétablir la réalité de la représentation politique, dans sa grandeur et dans ses servitudes. 17. Il faut que les élus représentent vraiment, à plein-temps, sans autres charges ; qui auront les moyens juridiques, financiers et humains ; qui nous représenteront en étant représentatifs dans notre diversité sociologique et politique sans exclusion daucune famille politique ? 18. Tout cela suppose que soient supprimés les mécanismes qui interdisent toute véritable initiative parlementaire pour la création de commissions d'enquête. Cela suppose que les élus puissent véritablement peser sur la dimension maghrébine de la politique nationale et internationale. 19. Etablir une justice indépendante et égale pour tous. C'est l'institution judiciaire dans son ensemble qu'il faut repenser, afin d'aboutir à une véritable indépendance de la justice, au service des citoyens, dont elle doit garantir l'égalité devant la loi ; lindépendance de la justice, car le pouvoir de juger doit aller de pair avec la responsabilité de ceux qui jugent. Une justice indépendante et responsable, mais aussi égale pour tous, doit être une justice accessible à tous. 20. Enfin, il faut instituer un véritable front pour défendre la République et la Démocratie. La République des citoyens, celle du peuple et ses représentants. 21. Organiser des Etats -Généraux, dans tout le pays, où la parole sera donnée au peuple pour quil sexprime sur tous les sujets politiques, économiques et sociales, sans quil ai peur, pour sa vie, sa famille ou ses biens. Sous forme dune assemblée Constituante, afin dabolir le monopole du pouvoir du Parti-Etat, qui détient toute ladministration à tous les niveaux régionaux et locaux. 22. Toutes les familles politiques qui acceptent le changement par la voie démocratique dans toute sa pluralité, sans exclusion seront inviter à débattre à travers les médias, dans le respect de la morale et les bonnes murs, sans aucune censure. DLMM qui continue à uvrer pour lassainissement du climat politique et milite pour linstauration dune vie publique pluraliste et démocratique afin de garantir à chaque citoyen de jouir de ses droits et des libertés énoncées dans la déclaration universelle et garantie par la constitution, cette demande pour combien de temps une partie de la population qui a participé aux élections en 1989 et qui représentent 20% du corps électoral soit ignorée et exclue de la participation de la vie publique de leur pays. Partant du principe que les Droits de lHomme sont universelles et indivisibles qui est la Défense et le soutien de la personne humaine en faisant abstraction de ses idées politiques ou idéologiques et à plus forte raison lorsquil refuse la violence comme moyen de changement politique de la société. Nous réaffirmons notre attachement à la concertation, au dialogue et à la négociation comme seul et unique moyen pour mettre un terme à ce climat de démission collective pour la chose publique et qui ne peut servir la démocratisation du pays où la question sécuritaire a pris le pas sur la concertation et la liberté de penser selon les règles démocratiques, la matraque qui a pris le pas sur lurne et où les journalistes sont priés de changer de profession et les partis d(opposition) se sont contentés dapplaudir les bienfaits du système en place. DLMM rappelle son attachement au Droit de circulation pour tout citoyen et la lutte contre les préjugés politiques ou idéologiques, et par lacceptation de lautre avec ses différences et lui donner sa place dans la société, dans le respect des valeurs identitaires et républicaines. DLMM appelle et continue à appeler à une amnistie générale( ) qui se concrétisera par : - La libération de tous les prisonniers politiques dopinion. - La reconnaissance de toutes les organisations populaires et syndicales et estudiantines - Labolition des privilèges du parti au pouvoir en faisant du chef de lEtat, le Président de tous les Tunisiens - Louverture dune enquête publique sur la mort dans des conditions mystérieuses et responsabiliser les tortionnaires et leurs commanditaires, et engager des réparations des préjudices causés aux victimes de la torture - Le retour des exilés dans la dignité - Rassembler tous ceux et celles qui refusent la violence comme moyen de changement de la société autour dun projet de réconciliation pour la Tunisie du 21° siècle. Noisy-Le-Grand, le 31 Décembre 2002 Le Président de D.L.M.M. Abdessalem Bouchadekh Cesser l'hypocrisie !, par Somaya Ben Salah Un premier pas de la révolte de la société civile vis à vis dune certaine frange de lopposition «laïque» tunisienne vient dêtre franchi , le juge Yahyaoui a bouleversé les protocoles, les calcules et les non dits, en exprimant pour la première fois son raz le bol et son indignation pour lhypocrisie de cette catégorie d «homme politique» et de sa façon de faire de la politique ! Nous avons aimé que le juge ne sarrête pas à mis chemin et daller chercher les raisons de telles dérives et de hurler haut et fort et avec justice et équité (nest-il pas un de ses représentants sur terre ?) que ces actions émanent dune lecture erronée de laction politique et dune philosophie de lapartheid qui na plus sa place dans le « nouveau monde » . Cette dérive « laïque » est loin dêtre une simple tractation politico-politicienne, elle est une pratique ancrée dans une vision ségrégationniste des droits de lhomme, des libertés des citoyens et de la démocratie en générale : la vérité cest nous, les démocrates cest nous, les nouveaux gardiens du temple cest encore nous ! Les autres sont les hypocrites, les arrivistes sur un terrain qui est le notre et que personne ne peut, et ne doit nous le partager ! Cette vision des choses nest pas récente, elle sinscrit dans un long processus qui a vu le jour dans les universités tunisiennes, durant les années 70 et 80, ou déjà ces gens qui étaient à lépoque dobédience maoiste et khoujiste (du président albanais anouar khouja) et qui sont devenus depuis libéraux, portaient et défendaient des symboles comme «point de liberté pour les ennemis de la liberté» à entendre par là les étudiants pratiquants et tous ceux qui népousent pas leurs thèses, et croyez-moi beaucoup de monde a souffert, et le jour ou lhistoire du mouvement estudiantine serait écrite librement, de la honte surgirait partout ! La même chose se produit aujourdhui, mais le comble cest linuhumanisme qui a pris le dessus. Depuis combien dannées que nos pauvres citoyens pratiquants souffrent dans les prisons et à lextérieur ? Depuis combien de lunes des être humains sont torturés, blessés et même tués dans ces geôles ? et nous navons jamais entendu ou vu un certain Mr Tahar belhacine ou son maitre de pensée Mr Charfi se lamentaient sur le sort de ces concitoyens1991,1992,1993,1994,1995,1996 Des années se sont écoulées depuis, des nuits sombres sont tombées sur des individus innocents, leur tort était de penser différemment, et de pratiquer leur religions, des familles sont séparées, des femmes divorcées, des enfants éparpillés, un rideau de fer, de plomb est tombée sur la Tunisie . Enfin nous avions entendu ces gens de la gauche «caviar», muets durant la grande nuit, et pour la première fois manifester leur gêne, parler de lamnistie générale, plus par calcul politique que par principe. Cest seulement lorsque le fer rouge a touché «les camarades», seulement lorsque «les copains» sont évincés du cercle du pouvoir, seulement lorsque les vautours nont plus rien à dénicher, seulement lorsque la société civile longtemps craintive et peureuse, a décidé délever sa voix, seulement lorsque . Que le peuple commençait à entendre les demandes et les revendication de lamnistie générale de la bouche de cette frange de la gauche laïque. Vous me diriez il nest jamais tard pour bien faire ! Oui, mais avec silence S.V.P et pas de leçons et surtout avec beaucoup, beauccoup de pudeur et avec une certaine honte. Le juge yahyaoui et plus tard Mr Marzouki ont levé un couvercle que dautres ont déjà signalé, mais par politesse et respect à la soi disant entente entre les différentes composantes de lopposition, lont restreint dans des cercles limités. Ce silence suspect et cette politisation du fait humain, cette ségrégation de la liberté et de la vie qui ont touché les prisonniers politiques et pratiquants ne sont pas non plus adressés à un adversaire politique (bien quil soit blessé et agonisant) mais plutôt à un comportement, à une attitude, à une pensée, à une pratique à une religion ! Est-ce que vous avez vu ou entendu Mrs Charfi et Belhacine ( si je les associe cest parce que Mr Belhacine adore cette association), lorsque des milliers de femmes tunisiennes ont été renvoyées de leur travail ou de leurs écoles suite à la circulaire 108 qui interdit injustement à la femme de se vêtir librement, à pratiquer sa religion librement ! Demander leur sils accepteraient si un jour le peuple tunisien voterait pour un parti islamiste pour le gouverner, sil nappelle pas larmée pour la rescousse, regardez comment interprètent-ils les différentes victoires des islamistes dans le monde, pour Mr Charfi les islamistes turcs ont gagné faute dadversaires, et dans tous les cas ils ne représentent pas la majorité du peuple !!!!!!, au Maroc il ne sont que troisième, (alors quil ne soient présentés que dans la moitié des bureaux, Au Bahrain, au Pakistan, je ne connais pas ). Demander leur, si le peuple tunisien opterait démocratiquement à vivre dans une économie qui aboli lintérêt, alors que Mrs Belhacine et Charfi trouvent cette approche rétrograde et non réaliste. Que feront-ils ? Demander leur si une majorité de femmes tunisiennes demanderait un jour librement et démocratiquement dappliquer les lois de lhéritage comme le stipule le Coran, que feront-ils ? Demander leur si une femme portant le hijab pourrait-elle représenter la Tunisie en tant quambassadrice, ou ministre des affaires étrangères ou quelle soit simplement une animatrice ou journaliste à la télévision ? Demander leur si le peuple tunisien choisirait par référendum et librement labolition de lalcool dans le pays, que feront-ils ? Beaucoup de questions et dinterrogations sur le projet «démocratique» de cette frange laïque de la gauche tunisienne, et sur leur attitude et leur approche «démocratique» envers les différents évènements qui secouent notre pays et sur son avenir, demeurent sans réponses ou si réponse est, elle reste toujours évasive. Il me parait plus humble et plus juste de se proclamer laïc et que lon peut lassumer, que de saccrocher à un qualificatif « démocrates » qui est loin dêtre le leur et quil est difficile à «supporter» . Etre laïc est une position et une approche respectable et un choix libre et respecté à défendre ? sauf si on est convaincu que défendre lindéfendable nest que perte du temps et dans certains cas une perte de lesprit . Il était temps à la société civile et à ses représentants de démasquer les impostures, de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas (selon la formule), il est temps quelle se sente majeure et de débusquer les déviations des uns et les mensonges des autres, de déshabiller le faux prince il est temps quelle nous dise qui sont ceux qui ont souffert, qui ont perdu la vie, la famille, les amies, la patrie, la raison, qui sont ceux qui ont résister souvent dans le noir, dans le sang dans les pleurs, seuls sans compagnies, pour que la Tunisie reste debout, reste libre qui sont ceux qui ont côtoyé le diable pour un jour ou pour toujours, qui sont ceux qui ont partagé les banquets, les cérémonies, les fêtes alors que dautres comptaient les graines dolives que leurs geôliers leur permettaient davaler il est temps de cesser lhypocrisie ! Somaya Ben Salah Source Tunisie2000
|
|
| |
|
|
مركز تونس لاستقلال القضاء و المحاماة الجلسة العامة العادية الأولى 2002 التقرير الأدبي لسنة تنعقد الجلسة العامة لمركز تونس لاستقلال القضاء و المحاماة التي أردنا أن نتقيد بالمواعيد في إنجازها رغم صعوبة الظروف و تحدي الأحداث. لقد جاء تأسيس مركز تونس لاستقلال القضاء و المحاماة تعبيرا عن توق مجتمعنا إلى بناء دولة القانون و المؤسسات و القطع نهائيا مع ما علق بممارسة السلطة من أخلاق و ممارسات التخلف و الإنحطاط و الوصاية القائمة على التغلب و القهر و ذلك بما يطمح له من عمل على إرساء مقومات العدالة و سيادة القانون لا في علاقة الفرد بالسلطة في ثنائية الحاكم و المحكوم و لكن في تعامل السلطة مع المجتمع لما يمثله ذلك من أولوية في بناء الديموقراطية. إننا لا نريد إن نتعرض لكل ما اعترضنا في إنجاح هذا المشروع فمهما بلغت التضحيات فإنها تهون أمام الهدف الذي نسعى له من ورائه وهو القطع نهائيا مع رواسب الظلم و الإستبداد في واقع مجتمعنا و بلادنا و تاريخنا. ولكن الإستبداد كان لنا بالمرصاد استبداد الإدارة واستبداد السلطة و استبداد البوليس يريدون إرهابنا و هضد عزائمنا و تشتيت شملنا و ما كانوا يدركون أن التاريخ يحملنا و أننا من إرادة مجتمعنا و من صميم حلمه المكين. تلك هي شرعيتنا التي نقوى بها اليوم على كل الصعاب بعد أن تحول تطبيق القانون امتيازا لا يحظى به إلا الزبون. فقد منعنا من إيداع ملف تأسيس مركزنا و رفضت الولاية تسلم أوراقنا و حتى إدارة البريد قامت بإرجاع ظرفه لنا رغم إرساله بالبريد المضمون الوصول. لعلكم تذكرون جميعا تلك النقاشات التي دارت بيننا و استفاضتنا في دراسة مختلف جوانب اهتمام و خطة عمل المركز و تلك الأغلبية التلقائية التي حصلت على الأتجاه به نحو صيغة الدراسات و البحوث القانونية العلمية في استشراف البرامج المستقبلية التي نريد أن ترتقي إليها عدالتنا في استكمال قضائنا لمقومات سلطته و استقلاليته و تركيز بناء محاماتنا على أساس شرف الرسالة و حرية الممارسة لأننا كنا و لا تزال ندرك أن في استقلال القضاء تدعيم للدولة و في الإرتقاء بها ارتقاء بكل مؤسساتها باعتبار العدالة الضمان الوحيد في هذا العصر لاستقرار السلط على أساس الشرعية و الأمن الحقيقي المثبت للإطمئنان على أساس تحقيق الكرامة و الشعور بالحرية. و لكننا وجدنا أنفسنا في ظرف تاريخي خاص لم يترك لنا بدا من الإحتجاج و المطلبية. فقد بدأت سنتنا الأولى بما حصل يوم2 فيفري 2002 من امتهان لحرمة القضاء لم يسبق له مثيل قي تاريخنا فكان يوما أسود في تاريخ القضاء لم نكد نتجاوز تبعاته حتى جاء يوم 13 ديسمبر 2002 يوما أسود في تاريخ المحاماة لم يستثنى فيه رموز هيآتهم الشرعية من التعرض لعنف شنيع في قلب العاصمة و أكثر شوارعها حركية و اكتظاظا بعد أن طوقت مكاتبهم و صاروا يختطفون من الطريق العام إلى وزارة الداخلية لإرهابهم. إننا متهمون بالعمل من أجل استقلال القضاء و الدفاع عن حرمة المحاماة و التصدي للإضطهاد السياسي و قمع حرية الرأي بالتعذيب و السجون و المطالبة بعلوية القانون فأي شرف يمكن أن يحصل لنا أكثر مما نالنا. و بقدر ما لقينا من حصار و تضييق لاجتماعاتنا و تنقلاتنا و اتصالاتنا و مراسلتنا جفف مواردنا و حال دون استقلالنا بقرنا و عطل تواصلنا داخليا و دوليا لإضافة إلى مضايقات البوليس و الممارسات المقرفة بالطريق العام و المنع من السفر و حتى من حرية التنقل داخل البلاد وقطع الهاتف و البريد و مورد الكسب و صولا إلى الإختطاف و التعنيف بالطريق العام فإننا لم ننفك نبحث عن جواب لسؤال بقي يحيرنا لماذا نستعدى و يجورون علينا و لماذا يساء إلى هذا الحد فهم نبل مقاصدنا و لماذا كل هذا الترهيب لإقصائنا عن المساهمة في صياغة مستقبل بلادنا و لما كل هذه الهوة بيننا. و بقدر ما هالنا سوء القبول الرسمي فقد لقينا احتضانا و تشجيعا من كل من اتصلنا بهم من مكونات مجتمعنا المدني و أحزابنا و تضامنا دوليا فاعلا و مؤازرة متواصلة و نذكر بالخصوص الأستاذ أحمد نجيب الشابي الأمين العام للحزب الديموقراطي التقدمي و السيد اسماعيل بولحية رئيس حركة الديموقراطيين الإشتراكيين و السيد أحمد التليلي رئيس الإتحاد الديموقراطي الوحدوي و السيد محمد بوشيحة رئيس حزب الوحدة الشعبية و السيد مصطفى بن جعفر أمين عام التكتل من أجل العمل و الديموقراطية و السيد رؤوف العيادي نائب رئيس المؤتمر من أجل الجمهورية هؤلائ من اتيح لنا الإتصال بهم بصفة رسمية عدى الجمعيات المستقلة الذين جمعنا بهم العمل المشترك في عديد المناسبات و مختلف الهيآت التمثيلية للمحاماة الذين يعدون قوام هذا المركز و باعثيه. و قد أكدت كل هذه الإتصالات وحدة الرؤية و التصور المستقبلي لاستقلال القضاء و المحاماة كما عكسته قائمة المؤسسين لهذا المركز من إجماع بلا استثناء لرفض الواقع الذي تردى إليه قضائنا و محاماتنا. إن هذه الأوضاع ما كان لها أن تكون و هي أوضاع مهينة لصورة بلادنا و كرامة مجتمعنا و مؤشر عن الأخطار الحقيقية التي تتهددنا. إنه الإرهاب الحقيقي الذي يريد اغتصاب العدالة و العبث بالقانون و هي من آخر مظاهر التخلف المدحورة تعصر آخر أنفاسها بعد أن لفضها مجتمعنا الناهض المسالم الصبور وهو يتطلع و مثابرة و ثباة ليحيا قرنه الواحد و العشرون قي أعلى رتب الإنسانية و الحداثة و الإبداع الحضاري الذي تؤهله مقوماته الذاتية له. لقد أكدت السنة الماضية في غياب مجلس أعلى للقضاء فعلي و منتخب هيمنة السلطة التنفيذية و تحول وزارة العدل إلى إدارة عامة للقضاء تتحكم في مختلف دواليبه عن طريق انفرادها بتعيين مختلف المسؤولين على المحاكم و الدوائر ممن يفتقدون لمقومات الحياد و النزاهة و يباشرون مهامهم كموظفين إما مرغمين عاجزين أو مزايدين. و قد تجلت مظاهر هذه الأوضاع في: - ازدواج المقاييس في تحريك الدعوى العامة بتكريس عدم المسائلة و الخروج على القانون و إهمال البحث قي عشرات الشكايات المقدمة و التي يرفض مجرد تضمينها أحيانا رغم تدعيمها بالحجج و الشهادات و الإمتناع من إثارة الدعوى العامة بصفة آلية بشأن بعض الإعتداءات الفاضحة التي تجاوز صداها النطاق الوطني حتى أخذت صدى دوليا. - تعطيل بعض الملفات لدى مكاتب التحقيق على خلفيات سياسية لتعكير أوضاع المعنيين بها و استغلالها ضدهم كتهديد دائم معلق على رؤوسهم إضافة إلى التعتيم على ملفات أخرى و التأثير على المتهمين حتى في اختيار محاميهم بما يبعث على الريبة في بحثها خارج الشفافية و في امتلاك قضاة التحقيق كامل صلوحياتهم في القضايا المتعهدين بها. - التدخل في بعض المحاكمات و في تنظيم سيرها سواء عن طريق الوكلاء العامين أو من طرف وزير العدل شخصيا و الضغط على القضاة و دفعهم إلى خرق قواعد الإختصاص و انتهاك الإجراءات و حقوق الدفاع و شطب دور المحاماة و التعسف في تقويل القانون بما تجاوز الميدان الجزائي ليصل إلى الميدان المدني. - إفراغ مبدأ التقضي على درجتين و محتوى الطعون من جدواهما في مراقبة حسن تكييف الوقائع و تطبيق القانون و قد تجلت قمة ذلك في ما تتعرض له أعلى هيئة قضائية قي بلادنا ممثلة في محكمة التعقيب من إهانة كلما تراءى للسلطة تسريح معتقل إلى غلق ملفه مباشرة قبل خروجه من السجن بما يبرز حجزها عن مباشرة اختصاصها بكل أريحية وتجرد و استقلالية باعتبارها مؤتمنة على حسن تطبيق القانون و ضامنة لعلويته و المساواة أمامه. إن مركز تونس لاستقلال القضاء و المحاماة لم ينفك ينبه في مختلف بياناته إلى هذه الخروق التي تتم تحت ستار التعتيم و المغالطة و قد حرص المركز إلى دعوة هيئات دولية محايدة مشهود لها بالكفاءة و النزاهة و التجرد لتقييم أوضاع القضاء في بلادنا سواء عن طريق السعي لقدوم المفوض الخاص للأمم المتحدة باستقلال القضاء و المحاماة أو عن طريق اللجنة الدولية للحقوقيين بجنيف إلا أن الحكومة رفضت الإستجابة لرغبة المفوض الخاص للأمم المتحدة المتكررة في القدوم إلى تونس و قامت بطرد بعثة اللجنة الدولية للحقوقيين في مناسبتين في السنة الماضية و منع موفديها من دخول البلاد التونسية. كما اجتمع المركز ضمن مكونات المجتمع المدني في نطاق اتفاق الشراكة مع مسئولي المفوضية الأوروبية و نواب البرلمان الأوروبي بمناسبة قدومهم إلى تونس. لقد ثمن مركز تونس لاستقلال القضاء و المحاماة مبادرة رئيس الدولة بتشكيل لجنة لمراجعة القانون الأساسي للقضاة في اتجاه تطوير المجلس الأعلى للقضاء و دعم مركز القاضي رغم قصور تمثيليتها و عدم اطمئنانه لتشكيلتها كما يعتبر أن الإجراءات الرئاسية الأخيرة المعلنة لفائدة المحاماة و تشكيل لجنة لبحث الأوضاع في السجون تلتقي مباشرة مع الأهداف التي يعمل من أجلها المركز و يسعى لمزيد تطويرها. إن مركز تونس لاستقلال القضاء و المحاماة يسجل بارتياح يقظة القضاة التونسيين من خلال ما عكسه إقبالهم الأخير على مؤتمرهم الأخير بمناسبة انتخاب هيئة جمعيتهم و يسجل المستوى العالي من الشفافية و الإستقلالية و الديموقراطية الذي عكسته هذه العملية و يهنئ الهيئة المنتخبة و يتمنى لها التوفيق. و يدعم المركز مطلب جمعية القضاة التونسيين الذي انعقد تحت شعاره مؤتمرهم في الدعوة لقانون أساسي متطور داعم لوضع القاضي و استقلال القضاء و يؤكد وقوفه إلى جانب القضاة في الدعوة لدعم الضمانات اللازمة لاستقلال السلطة القضائية طبقا للمعايير الدولية. و ينبه مركز تونس لاستقلال القضاء و المحاماة إلى ظاهرة القضاة التجمعيين و بالأخص ممن يجاهرون بنشاطهم داخل الحزب الحاكم رغم صفتهم القضائية بتواطئ مع وزارة العدل رغم ما يشكله ذلك من خرق لمبد الحياد السياسي للقضاة و استفزاز لبقية زملائهم و يذكر أن هذه الوضعية تشكل جريمة يعاقب عليها القانون. كما يتابع مركز تونس لاستقلال القضاء و المحاماة خطورة ما تتعرض له المحاماة كمهنة و كمؤسسة من ضغوط و مناورات لإخضاعها و إفراغ دورها من محتواه و يعتبر القضية المرفوعة على الهيئة القومية للمحامين حشرا للقضاء في هذه السياسة على نحو ما تعرضت و تتعرض له الرابطة التونسية لحقوق الإنسان بقصد تقويض استقلاليتهما و محاصرة مجالات تدخلهما و عملهما يسجل تضامنه المطلق والتام ومؤازرته لقطاع المحاماة وعميدها وكل مكوناتها في تمسكها باستقلالها والدفاع عن استقلال القضاء وضمان المحاكمة العادلة ويساند كل إجراء أو تحرك جماعي تتخذه للدفاع عن دورها ومصالح منخرطيها. يعبر عن استغرابه وحيرته أمام شراسة الحملة التي يتعرض لها المحامون وبعض النّشطاء الحقوقيين بما لا يجد أي مبرر له في الواقع أو في القانون ويدعو إلى التجاوب مع المطالب المشروعة لدعم مركز المحاماة وتطوير عمل القضاء واستقلاليتهما دعما لعلوية القانون و إرساء لركائز دولة المؤسسات. إن المطالب الملحة التي يعبر عنها المحامون ومختلف الحقوقيين التونسيين والتي عكستها كل بيانات مركز تونس لاستقلال القضاء و المحاماة السابقة تشكل الأرضية الضرورية واللازمة لتطوير مركز العدالة في مجتمعنا والنأي به عن كل عوامل التّطاحن والاحتقان ويطالب المركز بأن يقع التعامل معها بما يقتضيه الاستجابة للمواثيق والمعاهدات الدوليّة المصادق عليها والملزمة للدولة التونسية. و ينبه مركز تونس لاستقلال القضاء و المحاماة لتواصل ظاهرة التعذيب التي يتعرض لها العديد من الموقوفين رغم المصادقة الرسمية على المعاهدة الدولية لمنع التعذيب و ذلك تجاوزا لكل القوانين المنضمة لشروط الاحتفاظ و الإيقاف التحفظي و دون اعتبار لجميع الضمانات الواردة بها لمصلحة المتهمين من طرف هيئات لا تخضع لرقابة القضاء اعتادت الاستعمال المنهجي للتعذيب كوسيلة لابتزاز الاعترافات مع تمنع متواطئ من القضاة عن مباشرة صلاحياتهم في تتبع المسؤولين عن هذه الممارسات و استبعاد المحاضر و الأعمال المترتبة عنها طبق ما تقتضيه القوانين و المعاهدات. إن مركز تونس لاستقلال القضاء و المحاماة يسجل حالة من التردي المقصود للأوضاع داخل السجون التونسية تنكيلا بالمساجين و عائلاتهم تؤدي إلى تدميرهم بدنيا و نفسيا من جراء ظروف الإقامة المهينة من حيث الإكتظاظ المفرط و تعفن غرف الإيقاف بسبب غياب الشروط الصحية للنظافة مما ساعد على تفشي الأمراض في غياب شبه كامل للرعاية الصحية. إن ما يقدم لتغذية المساجين لا يفي بمتطلبات الحياة لولا تحمل العائلات لنفقات ومشاق التموين في حين تعمد إدارة السجون إلى إبعاد الموقوفين عن مقرات عائلاتهم مزيدا في التنكيل بهم و تترافق هذه الأوضاع مع تعسف مفرط في منع حقوق المساجين و يتواصل العزل الإنفرادي لبعضهم منذ أكثر من عشر سنين و رفض الإعتراف بصفة المساجين السياسيين لمئات المعتقلين. و يستغرب مركز تونس لاستقلال القضاء و المحاماة التعتيم على الإحصائيات المتعلقة بعدد المساجين و يدعو إلى تخصيص الإعتمادات اللازمة لتوفير ظروف تحفظ الكرامة البشرية لهم داخل السجون و يتوجه إلى الهيئة الوطنية للأطباء للإضطلاع بدورها في ضمان مباشرة الأطباء الشرعيين و الأطباء المكلفين بالتعهد الصحي بالمساجين طبق ضوابط تحترم أخلاق المهنة و ما تقتضيه التراتيب و القوانين. إن مركز تونس لاستقلال القضاء و المحاماة ينخرط في بناء دولة القانون و المؤسسات على أساس التعددية و الديموقراطية و يعتبر أن استقلال القضاء و المحاماة مسؤولية وطنية و المدخل الحقيقي لبناء السلطة على قيم العدالة و تكريس حقوق المواطنة و احترام حقوق الإنسان. لقد اعتمد مركز تونس لاستقلال القضاء و المحاماة المكاشفة و الصراحة في تعرية الواقع المهين إلتزاما بالمبادئ التي تأسس للدفاع عليها و لقد كان همه في خضم تدافع الأحداث دفع وعي السلطة السياسية للإلمام بحقيقة الوضعية التي لا تشرف بلادنا سواء بالنسبة للقضاء أو المحاماة و خاصة السجون و حالات بعض المعتقلين و لم يكن يخفى عليه تطور تعامل السلطة مع بعض جوانبها و لكن ما يبذل يبقى غير كاف لما يلزم أن يكون. إن مركز تونس لاستقلال القضاء و المحاماة كمنضمة ديموقراطية لا يخلو من اختلاف الرأي في بعض المسائل الجزئية تنعكس أحيانا في نقص الانسجام بين أفراد هيئته التنفيذية و مع ذلك يبقى خيار التعددية الذي تأسسنا عليه تحديا يوميا لنا في تجاوز خلافاتنا و دليلا نقدمه على نجاح الديموقراطية
المختار اليحياوي - رئيس المركز
Communiqué Des policiers en civil empêchent la tenue de lassemblée générale ordinaire du Centre tunisien pour lindépendance de la justice Le comité exécutif du Centre tunisien pour lindépendance de la justice (CTIJ) a appelé tous ses membres fondateurs à participer à la première assemblée générale ordinaire, fixée pour le 29 décembre 2002. Des convocations ont été adressées à tous les membres fondateurs, qui se sont déplacés des quatre coins de la république afin dassister à cette réunion. Comme à laccoutumée, des dizaines de policiers en civil agissant sur les ordres du pouvoir tunisien ont bouclé toutes les voies menant au siège du CTIJ et ont empêché par la force physique et par des menaces verbales des dizaines de membres, parmi lesquels le bâtonnier, maître Béchir Essid, daccéder au siège du CTIJ. Les membres du CTIJ ont dû se rassembler dans les rues avoisinantes pour préserver leur intégrité physique et éviter laffrontement direct avec les forces de lordre. Après des consultations entre les membres, il a été décidé ce qui suit 1- Nous sommes déterminés à défendre notre droit légal dassociation et de réunion et nous déclarons lassemblée générale ouverte jusquà nouvel ordre. Les membres sont convoqués à une nouvelle réunion le 18 janvier 2003 et exhortés à serrer les rangs pour rendre possible la tenue de lassemblée générale. 2- Nous invitons tous les éléments constitutifs de la société civile, partis politiques, organisations et associations, à nous soutenir dans notre combat pour la concrétisation de nos libertés constitutionnelles et dêtre présents en grand nombre afin que nous puissions exercer pleinement notre droit dassociation et de réunion. Tunis, le 29 décembre 2002 Mokhtar Yahyaoui |
|
|
تونس في 29 ديسمبر 2002
|
|
|
23763-02 المحكمة الإبتدائية بقفصة تصدر أحكاما بالسجن في القضية عدد ألجمعية الدولية لمساندة المساجين السياسيين
Association Internationale de Soutien des Prisonniers Politiques 23763-02 المحكمة الإبتدائية بقفصة تصدر أحكاما بالسجن في القضية عدد نضرت اليوم المحكمة الإبتدائية بقفصة في القضية السياسية المنشورة أمامها ضد بعض نشطاء حركة النهضة من أجل الإحتفاض بجمعية غير مرخص فيها طبق الفصل 30 من قانون الجمعيات و جمع تبرعات بدون رخصة طبق أمر 21 ديسمبر 1944 والتي كانت أخرت لجلسة اليوم بطلب من الدفاع وقد شمل التتبع كل من : - علي الشرطاني - رضا عيسى - محسن النويشي - لطفي الداسي - مضر جنات - السيد الفرجاني - محمد الفوراتي - عباس الشيحي وقضت المحكمة بإدانة كل من المتهمين الموقوفين علي الشرطاني و مضر جتات وكذلك المتهم السيد الفرجاني المقيم بلندن بحالة لجوء سياسي و اعتبرته بحالة فرار وذلك بسجن كل واحد منهم مدة سنة من أجل الإنتماء لجمعية غير مرخص فيها و شهر واحد من أجل جمع تبرعات. و قد أعلن أربعة و عشرون محاميا نيابتهم على المتهمين و حضر الجلسة كل من الأساتذة : زهير اليحياوي رئيس فرع الرابطة التونسية للدفاع عن حقوق الإنسان بقفصة و ثابت قويدر والتيجاني عمارة و لطفي النفاتي و عادل الصغير و زهير العميد المحامين بقفصة إضافة إلى الأساتذة محمد المحرزي عبو و نور الدين البحيري و سمير ديلو الذين تحولوا من تونس. وقد حضر من الملاحظين إضافة إلى رئيس فرع الرابطة بقفصة ممثل عن المجلس الوطني للحريات و هو الأستاذ البحيري كما حضر السيد لسعد الجوهري عضو لجنة الإتصال عن الجمعية الدولية لمساندة المساجين السياسيين. و تعبر الجمعية عن مساندتها لكل المحكوم عليهم و تجدد مطالبتها بالكف عن قمع الحريات الدستورية عن طريق المحاكمات السياسية. كما تعبر الجمعية عن تضامنها مع الإستاذ ثابت قويدر المحامي بقفصة الذي تابع القضية منذ انطلاق الأبحاث فيها وذلك بعد تعرض مكتبه للخلع و العبث بمحتوياته في الليلة الفاصلة بين الأحد و الإثنين الماضيين و استنكارها لهذه الممارسات الرامية لترهيب المحامين عن الإضطلاع بدورهم .
عن الجمعية الدولية لمساندة المساجين السياسيين |
|
|
تونس في 2 جانفي 2002
|
|
|
Assassinat de Ali Saïdi Il y a un an, la malédiction de la famille Ali Saïdi, par Khaled Ben Mbarek CENTRE DINFORMATION ET DE DOCUMENTATION SUR LA TORTURE CIDT-TUNISIE Association de citoyens du monde pour le droit des Tunisiens à ne pas être torturés Membre du Réseau SOS-Torture de l'OMCT-Genève Comité dhonneur : M. Jacques FRANÇOIS Mgr. Jacques GAILLOT Dr. Hélène JAFFÉ Besançon, le 30 décembre 2002 M. Gilles PERRAULT M. François DE VARGAS Président : Jean-Marc MÉTIN Il y a un an, on "découvrait" le cadavre dAli Saïdi : LES SOEURS ACCUSEES DU MEURTRE SONT INTERNEES DANS UN ASILE PSYCHIATRIQUE ET DEUX FRERES DE LA VICTIME SONT MORTS EN MOINS DE TROIS MOIS Le 30 décembre 2001, les autorités du général Ben Ali annonçaient avoir decouvert le corps dAli Saïdi, avoir arrêté ses assassins et détenir d'ores et déjà les tenants et les aboutissants dun assassinat dune affligeante banalité. (Pour plus de détails, voir ce lien : http://pageperso.aol.fr/BENMBAREKK/mapage/associationsbis.html Selon cette version officielle définitive, le haut fonctionnaire du ministère des affaires étrangères, ancien opposant notoire, aurait été attiré dans un guet-à-pens et supprimé uniquement pour des motifs crapuleux. Deux femmes lauraient ainsi éliminé pour sapproprier ses biens. Depuis, lopinion attend que le pouvoir donne la suite judiciaire tout indiquée qui convient à une affaire aussi commune Mais rien ne semble devoir venir de tunis. Ali Saïdi est mort il y a une année entière, officiellement assassiné par deux femmes qui ont été arrêtées et ont tout avoué au détail près. Selon un journal inféodé au ministère de lintérieur, lune delles (Latifa Saïdi) étaient cliniquement morte, vers début janvier 2002, dune « tumeur au cerveau ». Pourquoi son décès na-t-il jamais été annoncé ? Pourquoi alors elle-même et sa soeur Hédia nont-elles pas été présentées à un tribunal ? Si laffaire est aussi limpide que veut bien le dire le gouvernement, comment se fait-il quaucun jugement nait été prononcé ? Mais dabord, que sont devenues les soeurs Biskri, nommées aussi Saïdi, à lheure quil est ? Nous croyons pouvoir affirmer, de sources généralement bien informées, que les soeurs en question sont internées à lasile psychiatrique de Manouba depuis un long moment. Il est vrai qu'avec deux folles, les choses seraient tellement plus faciles Dans le même ordre d'idées, Amor Saïdi, frère aîné d'Ali, est mort le 4 juillet 2002. Il avait un temps donné libre cours à sa colère face aux agissements du pouvoir avant de se raviser et de déclarer par téléphoneà son frère Al-Sghaier, exilé en Suisse, que « Ben Ali aimait Ali (!) » Prospère homme daffaire, Amor Saïdi avait eu un redressement fiscal qui se chiffrait en millions de dinars Quant au frère cadet Habib, détenu de droit commun, il est mort après son transfert de la prison de Gafsa à celle de Sfax: sans aucune pathologie particulière, il aurait juré haut et fort quil vengerait ses deux frères un jour ou lautre Cette cascade de décès que nous avions qualifiée dhécatombe, fait peser le plus grand soupçon quant aux causes réelles de la mort des trois frères Saïdi, sur lesquels une malédiction semble sêtre abattue après que le général Ben Ali eut réuni en son palais de Carthage un Conseil du gouvernorat de Gafsa, fort bizarrement qualifié d « extraordinaire » (non prévu à lavance). Devant une assemblée comme pétrifiée, Ben Ali avait loué « la fidélité » des gens de Gafsa aux « acquis du Changement » Cétait le 12 décembre 2001, jour de la disparition dAli Saïdi, enfant terrible dudit gouvernorat de Gafsa. Si le régime tunisien na pas planifié lélimination physique des frères Saïdi, il doit sans tarder apporter des informations vérifiables sur le sort des surs accusées du meurtre dAli, notamment sur leur statut juridique actuel, leurs conditions de détention et leur état de santé ; ainsi que sur les enquêtes quil a pu diligenter pour tirer au clair le décès dAmor et de Habib Saïdi. Tout en ayant une pensée compatissante pour la famille Saïdi, nous appelons les organisations internationales à sortir de lexpectative sur les affaires Saïdi et à exiger de Tunis quil respecte ses engagements internationaux en matière de procès équitable dans un délai raisonnable (les surs accusées) et de lutte contre les exécutions extrajudiciaires (les victimes). Nous pensons quil est temps, après une année entière de mutisme, dinertie et de camouflage officiel, denvisager de saisir les organes compétents des Nations-Unies. Khaled BEN MBAREK, Coordinateur ____________________________________________________________ Centre dinformation et de documentation sur la Torture (CIDT-TUNISIE). Association Loi 1901 23, rue Brulard F25000 Besançon. FRANCE. Tél/Fax : (33 3) 81 41 33 22 . E-mail : cidtunisie@aol.com CCP N° : 6 458 94 X DIJON Assassinat de Ali Saïdi : à qui profite le crime ?, par Abdel Wahab Hani Il y a un an, jour pour jour, la très officielle TAP (Tunisie Afrique Presse) annonçait, à une heure tardive de la nuit du 30 au 31 décembre 2001, la liquidation de Ali Saïdi, membre du cabinet du Ministre des Affaires Etrangères tunisien au très prestigieux titre de Directeur d'une Direction Centrale et au passé avéré d'opposant, de militant associatif et de défenseur des Droits de l'Homme. S'en suivit une déférlante d'articles d'une certaine presse inféodée au Ministère de l'Intérieur. Les révélations les plus accablantes semblaient être dans les mains des journalistes de la place, qui, d'un coup, ont "transgressé" les interdits en dévoilant la vie intime d'un Haut responsable du régime, de surcroît Diplomate en fonction. Tout était alors découvert par la Brigade criminelle et par le Juge d'Instruction, qui ont réussi à dévoiler, jusqu'au détail près, les coins et les recoins d'un "crime parfait", avec à la clef, des aveux et deux coupables qui auraient tout avoué. Le tout n'ayant pris que quelques 5 jours à la machine judiciaire, en période de fête de fin d'année. La TAP et ses satellites semblaient être pris de court par les alertes de Malika, la compagne du défunt, depuis Evreux en Normandie et celles de son ami Mondher Sfar, reprises par la presse française depuis le 27 décembre, avec de gros titres "disparition d'un Diplomate en Tunsie". Et dans le même temps des appels au secours lancés par un de ses frères cadets, Ali-Sghaier, sur le net depuis Genève. Il fallait donc trouver des coupables et un récit bien ficelé pour répondre aux interrogations de l'opinion publique, tant nationale qu'internationale. Mais depuis que les irrégularités et les contradictions de la version officielle ont été critiquées pubilquement par le CIDT-T (Centre d'Information et de Documentation sur la Torture en Tunisie) et par l'OMCT (Organisation Mondiale Contre la Torture), Tunis ne donne pas signe de vie et des informations circulent quant au devenir des deux soeurs désignées coupables. On apprend de sources dignes de foi qu'elles sont internées, depuis, à l'Hôpital psychiatrique Al-Razi dans la banlieue de la Mannouba. Ceux qui connaissent un peu l'histoire diront que c'est un asile psychiatrique à la soviétique qui sert de centre de détention et de torture aux deux soeurs Biskri. La presse aux ordres ne semble plus intéressée à cette affaire et la justice aux ordres non plus. Pourtant, des questions fondamentales, de bon sens, demeurent posées A QUI PROFITE LE CRIME? LE DEFUNT AVAIT-IL DES ENNEMIS? LE DEFUNT AVAIT-IL DES ENNUIS? EXPRIMAIT-IL DES CRAINTES AVANT SA DISPARITION? Dans l'absence de tout élément officiel, je me permets en mes qualités d'ami de la victime et d'opposant aux méthodes de l'Etat voyou des voyous, d'apporter deux éléments de réponse Le défunt avait des ennemis, il avait des ennuis et il exprimait des craintes avant sa liquidation. IL AVAIT COMME ENNEMI LA FAMILLE BEN ALI C'est feu Ali Saïdi qui accompagna Mounir Beltaïfa, témoin principal à charge dans l'affaire de la Couscous Connection. C'était le 30 novembre 1992 que le Tribunal de Grande Instance de Paris, statuant dans les affaires No P 89 046 2002 2 et P 92 30 402 965, avait condamné "Habib Ben Haj Hamda Ben Ali, dit Moncef, né le 24 août 1941 à Sousse (Tunisie), fils de X et de X, SDF, de nationalité tunisienne, jamais condamné, jugé libre, absent et par défaut". Il ne s'agit que du sulfureux frère de Zine-el-Abidine Ben Ali, président en exercice de la République Tunisienne, au moment des faits et jusqu'à ce jour. Le Président du Tribunal ouvrait alors le procès en déclarant "Malheureusement, dans cette affaire, deux personnes ont été déjà liquidées" avant de prononcer des jugements allant de 8 à 15 ans de réclusion criminelle à l'encontre des 25 prévenus en vie pour " acquisition non autorisée de stupéfiants; transport non autorisé de stupéfiants; détention non autorisée de stupéfiants; offre ou cession non autorisée de stupéfiants; importation non autorisée de stupéfiants; pénétration non autorisée d'étranger sur le territoire national après interdiction; fourniture d'identité imaginaire pouvant provoquer des mentions erronées au casier judiciaire; entrée ou séjour irrégulier d'un étranger en France; usage de document administratif obtenu indûment; recel d'objet enlevé, détourné ou obtenu à l'aide d'un crime ou d'un délit..." Le Président du Tribunal reproche au frère du "dignitaire" tunisien, entre autres, "d'avoir sciemment recelé des fonds provenant d'un trafic international de stupéfiants (héroïne et cocaïne) entre 1988 et mai 1990, entre la France et la Tunisie" avant de prononcer son verdict "Déclare Ben Ali coupable des faits qui lui sont reprochés et par application des articles susvisés, LE CONDAMNE A LA PEINE DE 10 ANS D'EMPRISONNEMENT POUR LES DELITS, PRONONCE L'INTERDICTION DEFINITIVE DE TERRITOIRE FRANCAIS, CONFIRME LES EFFES DU MANDAT D'ARRET DU 12 MAI 1992" Plus loin dans le texte, une grosse amende est exigée du criminel en fuite. (voir l'Audace de Tunisie N° 94 du mois de décembre 2002, pp 11-19, dossier "Il y a dix ans le procès de la Couscous Connection et de Moncef Ben Ali", http//www.laudace.fr) L'affaire a fait couler beaucoup d'encre et l'image du président-parrain a été largement reprise dans la presse les journaux télévisés, la radio, la presse écrite et même le très spécialisé "Alerte Drogue", qui titrait déjà en décembre 1992 "Tunisie Répression, corruption et drogue". On découvre que "le chef de l'Etat tunisien était au courant de ces affaires et qu'il n'a pas dédaigné recevoir, du temps où il était à la Sûreté nationale, les cadeaux empoisonnés de certains caïds condamnés à Paris". Et même un livre célébre, au titre de "Parole de flics-La Brigade des Stups" de Jean-Pierre Van Geirt, aux Editions n°1, relate la vie de notre fameux "dignitaire". Jean-Pierre Van Geirt évoquait les conditions d'arrestation du "type bien sapé, au look d'homme d'affaires", lire Moncef Ben Ali, en compagnie des "frères Gazzini", lire les frères Roma. L'ancien flic de la brigade des stups est formel "Au moment de son interpellation (en 1989 à l'Aéroport parisien d'Orly), le type bien sapé nous a pris de très haut, genre "Vous ne savez pas qui je suis?". Il a refusé de se laisser fouiller. Il a créé un bel incident. Il est monté sur ses grands chevaux en disant "De quel droit vous m'arrêtez? Si vous arrêtez mon ami, c'est moi que vous arrêtez aussi". Il a refusé de nous suivre. C'est Michel Bouchet en personne qui nous a dévoilé son identité. Le patron avait l'information par le juge. Il s'agissait du frère d'un très haut dignitaire tunisien. Un intouchable qui a pu prendre son avion, seul. Par la suite, des protagonistes de l'affaire ont parlé. Ils ont tous confirmé que ce type convoyait l'argent d'une transaction dans sa valise". Et feu Ali Saïdi dans tout ça? Mounir Beltaïfa, le témoin principal, intime des Kéfi, la première belle famille de Z. Ben Ali, était pommé dans Paris, sans papiers et personne ne voulait croire à son histoire de victime de la mafia tunisienne. Feu Mohamed Salah Hamrouni, linguiste, universitaire et spécialiste renommé de langue arabe en France, qui avait toujours sa table dans un café du Quartier latin, raconta son histoire aux milieux de l'opposition tunisienne installée à Paris. Feu Ali Saïdi insista et demanda au vieux sage de le présenter à celui que la presse appellera le "témoin surprise" de la Couscous Connection. Feu Ali Saïdi, opposant, militant associatif et responasble de la section locale de la LDH (Ligue des Droits de l'Homme) à Evreux dans l'Eure en Normandie, usa alors de ses relations pour obtenir à son protégé, Mounir Beltaïfa, une autorisation provisoire de séjour et le présenta à Monseigneur Gaillot, à l'époque Evéque d'Evreux. Ali l'accompagna dans toutes les phases du procès. Il a été d'un soutien inestimable dans une période délicate où le jeune témoin subissait des pressions et des chantages interminables du régime pour ne pas témoigner. Le Ministère de l'Intérieur tunisien, l'Ambassade de Tunisie à Paris, le Ministère des Affaires Etrangères, les services, les "amis de Ben Ali, il en comptait bien à l'époque de Bacchar Al-Assad à certains milieux français. Pour contrer tout ce monde, feu Ali Saïdi et une poignée d'opposants authentiques tentaient d'apporter leur humble soutien. Beaucoup le faisaient discrètement et continuent de se faire discrets sur le sujet jusqu'à maintenant, par "peur de la mafia qui tue" selon une figure bien connue de la place. Par contre Ali Saïdi l'a fait aux vu et sus de tout le monde. Et c'est là une clef de compréhension majeure de la haine que portent les Ben Ali à l'opposant Saïdi pendant sa traversée du désert. La haine maffieuse, les réglement de compte et la vengeance des maffias "qui tuent" ne semblent pas donner des indices aux enquêteurs tunisiens. Drôle d'erreur énorme. ALI SAIDI AVAIT-IL DES ENNUIS? Oui Ali Saïdi avait des ennuis. Quelques semaines avant sa liquidation, il avait insisté à rencontrer des amis qu'il avait perdu de vue depuis ds années suite à son retour à Tunis et à ses prises de fonction au Ministère des Affaires Etrangères. J'ai été l'une des personnes qui ont accepté de le rencontrer. Le poids de son ralliement au régime ressemblait à une lourde défaite dans nos rangs d'opposants. Perdre un compagon de la première heure était pour nous une grande perte et une sorte de trahison. Je comprends parfaitement les amis qui ont refusé de lui parler, bien que je le regrette fort. A notre première rencontre à Paris et à la deuxième à Genève, il tentait de m'expliquer qu'il voulait changer le système de l'intérieur, qu'il restait toujours le sipmle militant comme on le connaissait tous, le destourien authentique qui refusait "la Torture et la Corruption, les deux maladies qui cangrennent la Tunisie" comme il disait. Mais derrière les affirmations et les explications de son "revirement", c'était l'Homme épuisé, fatigué et contraint à vivre avec la "désillusion" qui m'est apparu. Il évoquait les tracasseries, les problèmes, les inerties, mais surtout les ennuis et les pressions sa voiture de fonction saccagée en plein jour en plein Tunis dans une ville engorgée de flics et où personne ne touche à la propriété de l'Etat, ses dossiers kidnappés. Ses différents avec le Ministre en Personne et avec ses "collègues" au parti (le RCD, parti au pouvoir). Il rentrait de Londres où il participait, au téléphone en indiquant qu'il appellait de Bruxelles, à une émission animée par Adel Hamdi sur la chaîne Al-Mustaqilla. L'invité de l'émission était Me Ayyachi Hammami, avocat proche de la gauche tunisienne, et le sujet du débat tournait autour des élections présidentielles de 2004 en Tunisie. C'était une première qu'un "destourien" ou un proche du régime participa aux émissions de la chaine de Hachemi Hamdi qui avait ouvert ses plateaux à l'opposition tunisienne de Sihem Ben Sédrine à Mustapha Ben Jaafar, en passant par Moncef Marzouki. Et feu Ali Saïdi a eu l'idée de dire que "le RCD est un parti démocratique. Le Comité central du parti va se réunir prochainement. Il désignera démocratiquement son candidat". Cela a du plaire au locataire du Palais-Bunker de Carthage. La Constitution ne lui permettant guère de se présenter pour un quatrième mandat en 2004, l'action de tordre et de manipuler celle-ci devrait être unanime dans son camp, donc celui du RCD. Les déclarations de feu Ali Saïdi laissent entendre à une éventuelle contestation et remise en question de la ligne Ben Ali au sein du "parti". Une sorte de primaires peut-être pour démontrer que le "parti" existe et qu'il a des règles démocratiques, quitte à soutenir la candidature de Ben Ali à 99,99 pour cent. Chose qui ne colle pas avec l'auto-proclammation extra-ordinaire du sauveur de la nation comme seul et unique candidat. La petite cervelle du souverain tunisien et les habitudes des courtisans et des conseillers du prince-président ne laissent pas la place à une interprétation saine des déclarations de feu Ali Saïdi. Ils y auraient vu une menace en bons rapaces. Tout juste après l'émission, Ali avait reçu un coup de fil sulfureux de ses supérieurs de Tunis. Il avait du repousser de quelques six semaines son retour au pays. C'est là qu'il avait entamé une tournée pour reprendre contact avec ses anciens amis. Il avait même cherché à joindre un des ses frères résident en Suisse après de longs mois de froideur. De retour à Tunis, il prenait contact avec la (LTDH) Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme et tentait de créer un Syndicat des fonctionnaires des Affaires Etrangères, affilié à l'UGTT (Union Générale Tunisienne du Travail). On peut dire qu'il voulait se protéger et de ne pas rester isolé. Avec le recul du temps, on peut estimer que feu Ali Saïdi aurait été convaincu et/ou tenté de jouer un rôle dans l'affirmation d'un courant destourien mécontent et pronant l'authentique héritige réformateur Bourguibien au sein de l'appareil de l'Etat et du Parti. Le fameux communiqué du PS (Parti Socialiste français) qui rompait ses liens historiques avec le RCD, ancien Neo-Destour, sonnait le coup de grâce pour des franges de destouriens qui en ont eu marre de payer le prix politique des agissements de M. Ben Ali, de sa politique repressive et de ses sbires. Il faut remonter à l'histoire pour comprendre les liens qu'entretenait le Destour avec le PS, la place du premier en Afrique et dans les pays non alignés et celle du second au sein de l'Internationale Socialiste. Le verrouillage des institutions du pouvoir et l'obstruction de toute possibilité d'alternance pacifique ne peut que pousser des composantes du régime à tenter de casser la volonté du Dictateur de se maintenir au pouvoir. L'appareil tente toujours de se regénérer et de se protéger de son patron et de ses proches, devenus trop envahissants, hégémoniques et menaçants. La pulvérisation, en vol, de l'appareil militaire transportant 13 officiers de l'armée tunisienne, dont le chef de l'Etat-Major lui même, dit beaucoup sur la nature du pouvoir de M. Ben Ali. Feu Ali Saïdi se serait trouvé ainsi dans le colimateur du patron des patrons des services de sécurité et du renseignement tunisien qui cumule aussi les fonctions de chef de l'Etat. Les enquêteurs tunisiens du dossier de l'assassinat de Ali Saïdi semblent écarter cette piste de crime politique. Pour que la vérité éclate un jour et que justice soit faite. Et comme aime à le rappeler Moncef Marzouki "Il y a la justice des Hommes, la justice de l'Histoire et la Jusitce divine. La probabilité d'échapper à l'une d'entre-elles est quasi nulle". Abdel Wahab HANI Lyon, le 3 janvier 2003
|
|
| |
|
|
Fin de la grève du CST (RAID) Contre la privatisation de leur entreprise Au terme de 5 jours de grèves, les ouvriers du Complexe Sucrier de Tunisie restent mobilisés Cest à minuit précise, ce samedi 28 décembre, quont pris fin les 5 jours de grève avec occupation des lieux des ouvriers du Complexe sucrier de Tunisie (à Jendouba ; 150 km au nord ouest de Tunis). Cest la plus longue grève quils ont mené depuis le début de leur lutte contre les plans de restructuration de leur entreprise préalables à sa privatisation. Cette grève a été suivie à près de 100% malgré les diverses manuvres des structures locales du RCD (parti au pouvoir). Plus encore, trois membres, sur les six que compte la cellule professionnelle (antenne du RCD dans lusine), ont même fait grève avec les autres ouvriers. Les ouvriers nont pas encore obtenu satisfaction mais ce samedi, avant de reprendre le travail, ils ont tenu une assemblée générale impressionnante qui a démontré que leur détermination na pas faibli dun iota. Lors de cette assemblée générale qui sest déroulée en présence de Mouldi Jendoubi, le Secrétaire général régional de la Centrale syndicale (UGTT), les travailleurs de la CST se sont dit prêts à entamer une grève illimitée si les pouvoirs publics (encore propriétaire de lusine) ne répondaient pas positivement à ces revendications dans les jours qui viennent. Par ailleurs, le secrétaire régional de lUGTT a lu les dizaines de messages de soutien qui ont témoigné de la solidarité de dizaines de milliers de salariés dans le pays, ainsi que de certaines associations indépendantes. Ces communiqués ont émané des unions locales de lUGTT de Bou Salem, dAin Drahem, de Tabarka, de Slimène et de Moknine. Ainsi que des dizaines de syndicats de base et de sections régionales de lUGTT de Jendouba, Bou Salem, dAin Drahem, de Tabarka, de Slimène et de Ghar Dimaou. De même que de la direction régionale de lUGTT à Mahdia, par la voix de son secrétaire général, Abessattar Mansour, qui a tenu a exprimé le soutien de tou-te-s les militant-e-s et les cadres syndicaux de la région. La Ligue tunisienne de défense des droits de lHomme (LTDH) ainsi que ses sections locales de Jendouba et de Bizerte ont exprimé leur solidarité aux grévistes. Dans un communiqué, publié le 26 décembre, le parti Ennahdha a également exprimé son soutien. Enfin, le Comité pour lAnnulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM), réseau international basé à Bruxelles, a apporté son soutien aux ouvriers et appelé à la solidarité internationale dans un communiqué signé par son président Eric Toussaint. Tous ces messages ont été accueillis avec beaucoup de satisfaction mais cest celui des ouvriers de lusine textile ICAB, qui ont effectué une grève de la faim de 27 jours le mois dernier, qui a eu le plus déchos. Notre association a exprimé elle aussi son entière solidarité avec les ouvriers du CST et a déployé toute son énergie afin délargir le cercle de soutien aux revendications des ouvriers du CST tant localement quà léchelle internationale. Une délégation du RAID Attac Tunisie, présidée par son porte-parole, sest déplacée, ce samedi, à Jendouba afin dexprimer ce soutien de vive voix. Elle a été accueillie au siège de la direction régionale de lUGTT par son secrétaire général en présence dautres responsables régionaux de la Centrale syndicale. La délégation du RAID Attac Tunisie a été ensuite accueillie au siège de la section régionale de la LTDH après avoir rendu visite à des personnalités du mouvement démocratique comme Maître Hédi Mannaï et Maître Saïd Mechichi. Par ailleurs, tout au long de la journée, la délégation du RAID Attac Tunisie a été lobjet dune surveillance rapprochée de la part de la police politique. Cette grève de 5 jours nest quune étape dans le combat que mènent depuis 5 ans les ouvriers du CST pour défendre leur droit à garder leurs emplois. Le RAID Attac Tunisie restera sur la brèche et réitère son appel à la société civile indépendante en Tunisie et au mouvement démocratique, ouvrier et altermondialiste au niveau international : sans plus attendre, la mobilisation et la solidarité doivent sexprimer pour briser lisolement des ouvriers du CST et les aider à faire aboutir leurs revendications.
Fathi Chamkhi |
|
|
Tunis, le 30/12/02
|
|
|
Soutien du DLMM à Zouhair Ben Saïd Yahyaoui Association d'Aide, d'Assistance, de Soutien et de Défense des Droits de l'Homme B.P. N° 28 - 93161 Noisy-le-Grand Cedex- France - CCP Paris 5 336 77 P Courrier électronique : DLMMAbdess@hotmail.com Fax : 70 216 71 560 937 et 00 216 71 560 938 Communiqué du 28 Décembre 2002 DLMM présente soutien et solidarité à Zouhair Ben Saïd Yahyaoui G2 - 14097 - Prison civile de Borj El Amri 1142 BORJ EL AMRI - TUNISIE Le 8 décembre 2002, Zouhair Yahayaoui, fondateur du site TUNeZINE, torturé et emprisonné depuis le 4 juin2002, a 35 ans. Parce qu'il a osé, sur le Web, critiquer le régime, il a été condamné à deux ans de prison. Le cas d'Ettounsi - Zouhair Yahyaoui de son vrai nom - est exemplaire de la situation actuelle de la Tunisie, de répression de toute voix discordante, de la répression et de la violence tournée contre une génération entière, celle du futur et de l'espoir, de la répression violente d'une nouvelle catégorie de personnes qui, privées de tout espoir de futur, lève la tête et la voix pour demander qu'on respecte leurs droits basiques. Le 10 juillet 2002, Zouhair Yahyaoui a été condamné, par la cour d'appel de Tunis, à un an de prison pour "propagation de fausses nouvelles dans le but de faire croire à un attentat contre les personnes ou contre les biens", et à un an pour "vol et utilisation frauduleuse de moyens de communication". Il avait été arrêté, le 4 juin, 2002 par plusieurs policiers en civil dans un cybercafé. Le journaliste avait ensuite été conduit à son domicile, où les policiers avait effectué une fouille de sa chambre et saisi son matériel informatique personnel. Au cours de son interrogatoire, il avait subi trois séances de "suspension", méthode de torture où la personne est suspendue par les bras, avec les pieds touchant à peine le sol. C'est à l'issue d'une de ces séances que l'opposant avait révélé le mot de passe de son site, permettant ainsi aux autorités de le bloquer. TUNeZINE est aujourd'hui inaccessible en Tunisie. Incarcéré à la prison de Borj el Amri, à 30 km de Tunis, Zouhair Yahyaoui souffre de problèmes rénaux et de gale. Il ne reçoit pas de courrier. Sa famille lui rend visite une fois par semaine. Zouhair Yahyaoui écrivait sous le pseudonyme "Ettounsi" qui signifie le Tunisien en arabe. Il avait fondé le site TUNeZINE en juillet 2001 pour diffuser des informations sur la lutte en faveur de la démocratie et des libertés en Tunisie et publiait en ligne des documents de l'opposition. Il avait été l'un des premiers à diffuser la lettre dénonçant le système judiciaire du pays adressée au président de la République par le juge Mokhtar Yahyaoui. DLMM rappelle , à l'occasion son soutien à Maître Mohamed JMOUR ainsi qu'au journaliste Hédi Ben Yahmed, auteur de l'article sur la situation dans les prisons tunisiennes, publié cette semaine dans "Réalités". Nous apprenons que le journaliste a été contraint, par son directeur, Taïeb Zahar, de lui remettre sa démission. La publication de cet article avait mis en émoi l'opinion publique nationale et internationale et provoqué la colère des autorités. Le numéro N° 885 de l'hebdomadaire paru le 12 décembre 2002 retiré de la vente. Le directeur, pourtant, premier responsable de la publication de l'article au regard des dispositions du Code de la presse, a préféré se désolidariser de son journaliste, l'article traitant la situation détériorée dans les prisons Tunisiennes. L'ironie est que le président de la République dans une interview qu'il a accordé, il y a quelques mois aux quotidiens nationaux Essabah et Echourouk qui portait entre autres sur la liberté de la presse En réponse à une question : « Bien que vous ayez exhorté et encouragé les médias et les journalistes à faire preuve d'esprit d'initiative et d'audace, certains milieux considèrent que l'information n'a pas évolué pour pouvoir refléter les aspirations et les préoccupations des citoyens. Qu'en pensez-vous, Monsieur le Président ? » Le Président Ben Ali répond : « Je répondrais à votre question en disant, une fois de plus, en toute clarté et sans aucune ambiguïté : écrivez sur tous les sujets que vous voudrez ; il n'y a pas de tabou, en dehors de ceux que prévoit la loi et que détermine l'éthique de la profession journalistique. L'une des responsabilités des médias réside, dans la contribution à la transformation des mentalités, y compris au niveau de certains responsables qui doivent s'habituer à accepter la critique. « Lorsque les médias signalent des erreurs ou des problèmes, la solution ne consiste pas à ignorer les critiques ou à s'y opposer, car, l'une des fonctions de la critique est d'inciter à faire avancer les choses. Ce que je veux, c'est une information qui soit à la mesure des ambitions nationales et à la hauteur du niveau de maturité de l'opinion publique tunisienne, reflétant la compétence de nos ressources humaines dans ce domaine, ainsi que l'importance des moyens et des crédits qui lui sont alloués. Aujourd'hui, plus aucune excuse n'est recevable en la matière. « Tout en rappelant que l'information relève de la responsabilité de toutes les parties, je tiens à souligner que la responsabilité essentielle incombe en premier lieu aux professionnels de ce secteur. Les journalistes doivent comprendre en toute clarté, que la liberté d'expression constitue la règle, et qu'il appartient aux professionnels du secteur, dans le cadre des nobles finalités inhérentes à cette règle, et de la nécessité de tenir compte de l'intérêt supérieur de la patrie et d'éviter toute atteinte à l'honneur et à la dignité des personnes, de savoir quelles limites ils se doivent de respecter. «J'ai, d'ailleurs, souligné à maintes reprises que la liberté de la presse, dans l'acception noble et honnête du terme, constitue l'un de nos choix constants. L'Etat, pour sa part, a accompli le devoir qui lui incombe, pour faire évoluer la législation, étendre le champ des publications et des espaces d'expression audiovisuels, ainsi que pour mettre en place les moyens de formation et de recyclage. Malgré les progrès notables que le secteur a enregistrés, ces derniers temps, nous continuons d'attendre des hommes de presse qu'ils concrétisent ces ambitions.» En relisant ces propos du Président de la République, je constate que le journaliste Hédi Ben Yahmed ne fait que répondre à l'appel du chef de l'Etat qui essaye de projeter l'image et le discours en faveur des libertés d'expression et des droits de l'homme. D'autre part le régime Tunisien qui manipule « la justice » par l'utilisation de la police politique » comme instrument pour nuire à ses opposants et de ces manuvres qui n'ont pas droit de citer dans un Etat de droit. Ainsi Maître Mohamed JMOUR, secrétaire général du Conseil de l'Ordre des Avocats, a fait l'objet de violences policières le 16 décembre 2002, alors qu'il se déplaçait en centre ville de TUNIS. DLMM tient à dénoncer l'escalade de la violence à l'encontre des avocats et journalistes tunisiens qui militent en faveur des droits de l'homme en levant le voile sur la situation réelle des libertés en Tunisie. Elle condamne avec la plus grande fermeté l'attitude persistante des autorités tunisiennes à l'égard d'un Barreau chaque jour plus menacé dans son indépendance, et ce, malgré la multiplication des réactions de la société civile internationale et la résistance des militants tunisiens. Face à la dégradation de cette situation, et au sentiment évident d'impunité dont jouit le gouvernement de ce pays. D.L.M.M. profite de l'occasion pour rappeler notre soutien aux avocats, juge Mokhtar Yahyaoui et aux journalistes, et en particulier l'ex-bâtonnier Mohamed Chakroun, Me Mohamed JMOUR, Me Mohamed Nouri, Mme Saida Akremi, Me Samir Ben Amor, Me Samir Dilou, Me Othmane Jemili, Me Tarek Essoussi, Mr Lassaad Jouhri et Me Abdelmajid Bouhjila ; Mr Ahmed Smii, Professeur en secondaire, Mr Othmane Jemili, instituteur, Sayyida Harrathi (F) fonctionnaire, Abdelmajid Bouhjila, retraite', Pr Abbas Chourou, Professeur universitaire, Rashid Najjar, retraite', Tarek Essoussi, Professeur en secondaire, Mohamed Ali Bedoui, Professeur en secondaire, Faouzi Gara Ali, Professeur en secondaire, et le journaliste Hédi Ben Yahmed qui luttent démocratiquement et pacifiquement pour la liberté et la dignité, afin d'ancrer l'esprit de changement pacifique, espérant qu elle contribue a aider les anciens prisonniers d opinion en manque d espoir. DLMM, s'inquiète pour la santé de la sécurité de Zouhair Yahyaoui et demande sa libération dans les plus brefs délais, car il souffre de problèmes rénaux et de gale, ainsi que tous ceux qui luttent pour les libertés en Tunisie et leurs familles, et celle de tous les militants politiques, qui continuent à se battre pour le droit a la reconnaissance, depuis plus d'une décennie et demande la libération de tous les prisonniers politiques condamnés à une mort lente dans les délais les plus brefs. DLMM qui ne cesse de soutenir tout acte volontaire de lutte pour la démocratie dans le respect des Droits élémentaires de tout être humain, sans exclusion, pour des raisons idéologiques ou politiques qui aspire à changer la société par des moyens pacifiques, et contre l'exclusion d'une partie de la population de gauche ou de droite dans leur droit a s organiser dans son propre pays, et pour les pays musulmans, contre l'exclusion des islamistes, de prendre part dans la vie économique, politique et sociale, comme le reste de la population. Par un Communiqué du 22 mars 2001, nous avons appelé à un Rassemblement Patriotique Démocratique Souverain (RPDS) qui n'a pas l'ambition de faire de l'ombre à qui que ce soit, mais une initiative à ajouter aux autres. Toutes les initiatives ou presque sont d'accord sur le diagnostic suivant : ° l'absence de mécanismes démocratiques et de moyens de contrôle de la gestion des biens publics, la crise du système politique répercuté dans le domaine économique, favorisant le clientélisme, la corruption et le népotisme. ° Une crise profonde de confiance sépare le pouvoir qui a choisi la solution sécuritaire et le placement du peuple tout entier sous tutelle. ° Qu'il est du devoir de tous d'uvrer pour un processus de démocratisation en vue d'apporter un véritable changement à l'occasion des élections de 2004 ° Mettre en oeuvre de la séparation entre les appareils de l'Etat et le parti au pouvoir quel qu'il soit et pour abroger les lois qui étouffent les libertés publiques et individuelles. ° Appellent à une Amnistie générale, la libération des prisonniers politiques et le retour des exilés D.L.M.M. qui persiste dans ses appels à une amnistie générale qui ne se concrétise que par : - La libération de tous les prisonniers d'opinion et le retour des exilés dans la dignité. - La reconnaissance de toutes les organisations populaires et syndicales et estudiantines - L'abolition des privilèges du parti au pouvoir en faisant du chef de l'Etat, le Président de tous les Tunisiens- - L'ouverture d'une enquête publique sur la mort dans des conditions mystérieuses et responsabiliser les tortionnaires et leurs commanditaires, et engager des réparations des préjudices causés aux victimes de la torture- - L'acceptation de l'autre avec ses différences et refuse l'exclusion Rassembler tous ceux et celles qui acceptent l'alternance et refusent la violence comme moyen de changement de la société autour d'un projet de réconciliation de tous les pour l'échéance de 2004. DLMM tient à alerter avec vigueur le gouvernement français et l'Union européenne pour qu'ils interviennent instamment auprès du gouvernement tunisien et que cessent immédiatement toutes ces pressions exercées sur le Barreau des Avocats et les journalistes libres, en les obligeant de changer de métier. Nous estimons qu'il n'est nullement nécessaire de rappeler que notre seul souhait est de contribuer à faire progresser la démocratie qui marche trop lentement, et qu'elle souffre, encore, de la présence d'un millier de prisonniers politiques et plusieurs milliers d'exilés sans oublier les milliers de sans passeports et des exclus du monde du travail. Nous attirons l'attention de l'opinion public national et international, aux amis de la Tunisie, de prendre les mesures appropriées, avant qu'il ne soit trop tard pour épargner les vies de ces détenus condamnés et incarcères dans des conditions qui ont suscité, depuis des années, l'inquiétude et la réprobation légitimes des milieux démocrates et humanitaires amis de la Tunisie et de son peuple. Pour visiter notre page ou pour publier vos réactions contactez-nous, participez au Forum http://membres.lycos.fr/tounesna/index.php nous avons besoin de vos réactions en direct, de vos propositions, de vos idées et de vos suggestions E-Mail DLMMAbdess@hotmail.com
Abdessalem BOUCHADEKH |
|
|
Noisy-le-Grand, le 28 Décembre 2002
|
|
|
Une idée à la con Nous somme d'accord je crois sur la situation en Tunisie : Tout le monde sais que Mossieuu le brisidant est un bac moins trois, et qu'il est en train de susser la richesse du pays (richesse économique -même si insignifiante- et humaine surtout). Tout le monde sais aussi que dire ceci ouvertement en Tunsie équivaut à : - aller en prison, - se faire torturer et risquer de finir sa vie en infirme, - oublier toute idée sur un avenir possible ou sur un projet futur, - et surtout condamner au même sort ses proches (famille surtout : les exemples n'en manquent pas : retrait des passeports, harcelement etc.. ) et c'est cette dernière qui pèse le plus, parceque chacun peut dans un moment d'extrème colère oublier tout et se sacrifier pour ce qu'il crois être juste. Mais obliger mon frère, ma soeur, ou mes parents à se sacrifier avcec moi : ça je n'ai pas le courage de le faire. Donc vu que je suis incappable de sortir dans la rue et crier mon refus, j'ai décidé de faire autrement. Je ne vais plus regarder les matchs de foot tunisien :o). Je ne vais plus aller aux stades, ni parler de foot dans un café. Je ne vais plus aller voir les spectacles à théatre de cartage l'été, ni au palait de sport d'el menzah. Je ne vais plus boire de l'alcool, ni aller en boite ni draguer les filles (ceci sera le plus simple vu que j'y suis déjà nul :o))). C'est con vous diriez... bein oui c'est con. Mais c'est éfficace. Parceque le foot, les spectacles, et tous ces truc futiles sont au fait l'oppium qui nous tiens endormis. Si chaque tunisien se refuse cette drogue qu'est en train de lui administré le pouvoir en place la solution paraitras claire : La solution qui ne consiste pas à ce que je dis non. Mais à ce que nous disons NON ensemble. Les gens ne sont pas en train de voire les malfaits du régime parcequ'ils sont "sous traitement". S'ils arrètent ce traitement comme je viens de le faire il y verrons plus claire. Si une bande de jeunes se retrouve chaque jour dans le même café sans pouvoir parler de foot, ni de drague ni d'alcool, peut être se metteront ils à lire des livres (peut probable je crois surtout si j'en fait partie ;o))), peut être se metteronts ils à parler de leurs vrai problèmes. Peut être arriveront ils un jour à se rassembler pour dire non, et là il y aura plein d'autres bandes de jeunes comme eux qui auront suivi le même processus et qui par hasard diront eux aussi NON en même temps. Oui je sais c'est con, mais c'est mon idée "à la con" :o))
Mehdi
|
|
|
27 décembre 2002
|
|
|
Dépêche de la TNA (TUNeZINE News Agency) TUNIS (TNA) : Omniprésent depuis sa nomination au ministère de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy a choisi le calme de la prsison de Harboub (Médenine), au sud-tunisien pour passer en famille le réveillon de Noël. Pour celui du Nouvel An, il dînera à la prison de Borj el Amri avec un groupe de prisonnniers politiques tunisiens dont le célèbre cyber-dissident Zouhaïr Yahiaoui. Originaire de Tunisie, le maire de Paris Bertrand Delanoë s'y rendra pour passer les fêtes à Zarzis en compagnie du journaliste harcelé et assiégé Abdallah Zouari .
Omar Khayyâm
|
|
|
23 Décembre 2002
|
|
|
L'intox est une arme de guerre !
HastaSiempre
|
|
|
23 décembre 2002
|
|
|
Revue de la Paresse ![]() Humour made by Ben Ali sur laparesse.tn Article commenté par Sophie El Warda Message du Chef de lEtat au président de lAssociation des magistrats tunisiens Détermination à améliorer les conditions de travail des magistrats [ça devrait pas être trop difficile] et à promouvoir leur statut [ça non plus à vrai dire] Le Président Zine El Abidine Ben Ali, président du Conseil supérieur de la magistrature [lire imposture], a adressé, à loccasion de la tenue du 9e congrès de lAssociation des magistrats tunisiens, au président de lassociation, le message suivant : «Il me plaît [ça le fait rire ? forcément...], au moment où vous tenez votre neuvième congrès, de vous adresser, ainsi quà lensemble des magistrats, mes salutations et vous exprimer ma considération et mon hommage pour la conscience qua la famille de la magistrature [là il fait allusion à sa propre famille] de sa noble mission dans linstauration de la justice et de léquité dans le cadre de lEtat de droit et des institutions et à la lumière de la réforme constitutionnelle que le peuple tunisien a approuvée, cette année, à lunanimité. [Exercice : Résumer la phrase. Solution : Il me plait de savoir que vous m'êtes soumis. ] En vous faisant part de mes félicitations pour les efforts louables que déploient les magistrats en vue de la protection des droits des personnes [certains doivent même se protéger eux-mêmes !] et la garantie de la stabilité de la société [question : Un bâteau qui commence à prendre l'eau peut-il être considéré "stable" ?], je vous réaffirme notre détermination à continuer daccorder tout lintérêt requis aux magistrats comprendre: [il y en a qu'il faut surveiller davantage] et à lamélioration de leurs conditions de travail, partant de notre conviction du rôle important qui leur est dévolu dans linstauration de la quiétude des esprits et la justice aux ayants droit. [Remarque : la justice aux ayants droit ? Mais TOUT LE MONDE a droit à celle-ci !!!] Cest dans ce cadre [... ces barreaux ? ] que sinscrit notre décision de promouvoir le statut des magistrats en concrétisation de la place remarquable que nous voulons conférer à la magistrature dans le cadre des lois de la République et de ses principes constitutionnels. Tous mes vux de réussite pour votre congrès». La blague du jour : encore une fois sur laparesse.tn !!! Texte d'origine Forum de la pensée politique du RCD Les droits de lhomme, un des piliers de la République de demain Dans le cadre des activités du forum de la pensée politique, un débat approfondi a eu lieu au siège du Comité de coordination du RCD à Sousse, sur le thème «Les droits de lhomme dans la République de demain». Il a été animé par M. Hatem Ben Salem, coordinateur général des droits de lhomme au ministère de la Justice et des Droits de lhomme, en présence de cadres, détudiants du RCD et de juristes. Dans son intervention, M. Hatem Ben Salem a affirmé que le Président Zine El Abidine Ben Ali a toujours accordé, de par ses convictions idéologiques et personnelles, lintérêt requis au dossier des droits de lhomme, précisant que le système tunisien des droits de lhomme se fonde sur une plate-forme juridique et que consacrent et les discours et les actions. Evoquant le référentiel historique des droits de lhomme, il a mis en exergue la contribution de la Tunisie à la définition des principes fondateurs de ces droits, à commencer par la Constitution de Carthage et jusquà lère du Changement, en passant par la civilisation arabo-islamique. Il en a conclu quaucune civilisation ne peut, à elle seule, prétendre fonder le système des droits de lhomme qui est le fruit de toutes les civilisations combinées. M. Hatem Ben Salem a aussi souligné que la Tunisie est toujours à lavant-garde en matière dadhésion aux conventions et traités internationaux et de promotion des mécanismes et outils de leur mise en application. Elle qui est constamment respectueuse de luniversalité des principes des droits de lhomme et des spécificités des peuples, que dire des nôtres. Traduction de la langue de bois par Omar Khayyâm Le piétinement des droits de lhomme, un des piliers de la République de demain Dans le cadre des activités du forum de la pensée policière, un débat de bas-fonds a eu lieu au siège du Comité de coordination du RCD à Sousse, sur le thème «Les droits de lHomme Ben Ali dans la République de demain». Il a été animé par Hatem Ben Salem, coordinateur général des atteintes aux droits de lhomme au ministère de la Justice et du respect des Droits de lHomme Ben Ali, en présence de cadres-tortionnaires, détudiants-miliciens du RCD et de juristes corrompus. Dans son intervention, M. Hatem Ben Salem a affirmé que le Président Zine El Abidine Ben Ali a toujours accordé, de par sa formation sécuritaire et sa longue expérience dans les renseignements, lintérêt requis au dossiers secrets des atteintes aux des droits de lhomme, précisant que le système tunisien piétinement des droits de lhomme se fonde sur une plate-forme policière que consacrent et les discours et les actions. Evoquant le référentiel historique des atteintes aux droits de lhomme, il a mis en exergue la contribution de la Tunisie à la définition des techniques dune « torture propre », médicalement assistée, à commencer par la méthode du poulet rôti et jusquaux injections « calmantes » inventées par les médecins de lère du Changement, en passant par le tabassage policer ordinaire. Il en a conclu quaucune dictature ne peut, à elle seule, prétendre fonder le système de torture parfait qui est le fruit de toutes les techniques de supplices combinés. M. Hatem Ben Salem a aussi souligné que la Tunisie est toujours à lavant-garde en matière dadhésion aux nouvelles techniques de surveillance, filature, écoutes et interception et de promotion des mécanismes de peur et dauto-censure. Elle qui est constamment respectueuse de luniversalité des atteintes aux droits de lhomme et des spécificités des méthodes de torture de chaque peuple. Que dire des nôtres ?
|
|
|
Rue Mansouri, décembre 2002
|
|
|
Fête ou pas Fête de lInternet ? Chronique dun non-événement LAgence Tunisienne de lInternet a tout fait pour réussir sa fête de lInternet, version 2002. La cinquième édition na cependant pas tenu toutes ses promesses. Pourquoi ? En fin de compte, lévènement na pas eu lieu. La Fête de lInternet, celle que tous les internautes et professionnels des TIC attendent pour être récompensés pour leurs efforts (dautant plus que les meilleurs, selon nous, ne sont toujours pas primés à ce jour) ne sest pas déroulée comme de coutume. Cest que la fête, selon ces professionnels et anciens internautes avertis, nest ni des tentes à lavenue Habib Bourguiba et encore moins une caravane qui traverse le pays. La fête, ce sont des promotions encourageant la connexion, des prix et oscars, une médiatisation des acquis, un bilan du passé et de ses manques et une interrogation pour lavenir, et les vides , hérités et à combler. Rien de tout ce que le commun des internautes et des professionnels du secteur espéraient na eu lieu. Quest-ce quils espéraient ? Un séminaire ou une table ronde où lon parle de nos problèmes, des handicaps administratifs que nous rencontrons avec les autorités de tutelle , répond le directeur dune agence réputée dans le développement de sites Web. La possibilité dexposer nos sites dans un cadre approprié et convenable , répond un deuxième. On ne peut pas exposer à lavenue Habib Bourguiba, en tout cas, car le public visiteur nest pas et ne peut pas être notre cible. On aimerait avoir affaire à des décideurs, or on doute fort que ces décideurs visitent les tentes de lavenue principale de la Capitale et, même si cest le cas, on ne peut se concentrer avec eux en leur proposant nos produits, vu la cohue et le grand nombre de personnes quil y a .
Cohue et grand nombre de personnes. Cest exactement la description de ce qui sest passé à lavenue Habib Bourguiba du 1er au 7 novembre, sous les tentes plantées où la connexion à la Toile était gratuite et où étaient exposés des sites institutionnels dentreprises et dautres administratifs : ministère de la Défense, Cepex, Ati, Tunisie Télécom. Où quatre des cinq fournisseurs daccès privés tunisiens proposaient des abonnements promotionnels à loccasion de la fête. Où les conditions daccueil nétaient pas appropriés en raison du nombre extraordinaire de gens et visiteurs venus flâner un dimanche ou encore ces premiers jours du mois saint de Ramadhan. Cibler le grand public et lui amener lInternet, cest bien et cest même indispensable pour la vulgarisation des TIC en Tunisie. Il ny a que lAti qui pourrait le faire et elle la fait. Pour 10 millions de personnes, la Tunisie ne compte que 500.000 internautes (selon les statistiques officielles, car selon dautres personnes, le nombre est bien inférieur). Pour faire aimer les TIC au public, de pareilles tentes et de pareilles caravanes sont sans pareil pour montrer les possibilités extraordinaires quoffrent les technologies nouvelles. Plusieurs que nous avons aperçus sont encore bouche bée devant la possibilité daccéder à linfo en direct en se connectant sur le site de lATCE, de trouver un numéro de téléphone et une adresse à partir dindications sommaires en se connectant sur le site des Pages Jaunes, dobtenir toutes les informations touchant au service militaire en visitant le site de la Défense nationale ou encore de trouver le listing des papiers officiels à fournir à lAdministration en se connectant sur le Sicad. Oui, ils étaient impressionnés et les tentes et caravanes ont servi à mettre de leau à la bouche de ces personnes qui ne connaissent toujours pas ce quest et ce quoffre lInternet. Mais les autres ? Ceux qui font lInternet ? Ceux qui, depuis des années et des années militent pour lInternet et ont participé, autant que faire se peut, à créer le contenu des 2000 sites tunisiens recensés officiellement par les agences spécialisées ? Qui soccupe deux et qui est censé soccuper deux ? LAti, évidemment, quon trouve donc au four et au moulin ! LATI qui a toujours organisé sa cérémonie des Oscars Web et qui la programmé cette année. Cette cérémonie qui, en fin de compte et jusquà la rédaction de cet article, na pas eu lieu. Elle devait avoir lieu en grandes pompes à bord du Carthage un certain mardi 5 novembre. Des rumeurs ont signalé, peu avant cette date, quelle allait être annulée. Rumeurs vite démenties par Mme Fériel Béji, P-DG de lAti, qui nous a contactés par téléphone pour nous assurer que la cérémonie est bel et bien maintenue et aura lieu, comme prévu, sur le Carthage, mais à une date ultérieure. Des professionnels, après le démenti des rumeurs par la première responsable de lAti, ont soufflé, car ils attendaient impatiemment depuis une année cette cérémonie qui allait, peut-être les primer, après les avoir oubliés injustement depuis des années. Ces professionnels simpatientent de nouveau car le report semble être un renvoi aux calendes grecques. Alors, la fête de lInternet 2002 est-elle réussie ? Oui, indéniablement si lon se met du côté du grand public parti à la découverte de ce nouvel outil et du côté des personnes éloignées qui aimeraient palper cet Internet dont tout le monde parle à la télé, à la radio et dans les journaux. Lapport du RCD et de lAtim est considérable dans la réussite. Cest tout ? Non ! Car la fête 2002 est un véritable ratage si lon se met du côté des professionnels et ceux qui ont roulé leur bosse et qui se sont donné rendez-vous avec ce quils croyaient être le rendez-vous annuel incontournable de lInternet. En tant que média spécialisé, nous ne pouvons que saluer ce qui a été réalisé et dire dommage (voire un grand dommage) à ce qui ne la pas été, en pensant à la célèbre phrase de Marie Curie : On ne fait jamais attention à ce qui a été fait ; on ne voit que ce qui reste à faire . redaction@realites.com.tn
Réalités
|
|
|
posté sur le forum TUNeZINE par Zitouna le 20 décembre 2002
|
|
|
|