TUNeZINE 105





Bonne lecture !
La guerre de la toile filante ?

La guerre des étoiles filantes


Il n’y a pas très longtemps dans une galaxie pas très lointaine

1987 l’an pire

Profitant de l’absence des chevaliers du golfe du Jedi, l’infâme PalpaZine va s’emparer du pouvoir dans la galaxie tunizoïde. Appuyé par une armée de clones bleus sur coulis de matraques, il renversera sans difficulté le vieux bourguibaniamonastir. Fort de cette victoire, l’ensemble des chevaliers Jedi sera l’objet d’une persécution qui conduira à leur quasi extermination. Dark Charfor remettra la tête du maître des chevaliers du golfe du jedi au Maître des forces du mal, l’empereur PalpaZine . Pensant victorieuses les puissances de l’obscur, il mettra sous son joug la planète tunizoïde.

Pendant ce temps, près de la petite cité de Ban Erous, un androïde, R2MER2 porte un message au jeune Zouhairkin Starsurfeur. L’hologramme d’une drôle de petite bonne femme Maîtresse Sophaïe lui délivre le message suivant :
(fonds musical : tin tin tin tin tintin tin tintin)

“Jeune Zouhairkin libre tu es libre tu resteras ton destin est ce que tu en feras »
(fin du fond musical et de ce monologue mystico savoureux).

star


Après avoir réfléchi pendant 2 espaces temps coefficient point interstellaire, le jeune Zouhairkin décide qu’il est temps d’arrêter de réfléchir et de passer à l’action. (plan sur la cité des carthophages pouvoirovores)

Ben Jabbar le Hutt
Maître du crime sur la planète Tataoïne depuis de nombreuses années, Ben Jabbar décide d'en finir une fois pour toutes avec Marzousolo qui lui doit de l'argent depuis longtemps. C'était sans compter sur la détermination de Zouhairkin Starsurfeur qui causera sa perte.

Dark Charfor
Il est la terrifiante personnification du Côté Obscur de la Force et l'homme de main de l'Empereur PalpaZine. En devenant Dark Charfor, étant attiré par le mal, il accepte le titre de Seigneur Noir des EducaSiths. C'est un homme incapable d'accepter l'échec des autres et prêt à tout pour atteindre ses fins machiavéliques. Pourtant, cet être véritablement mauvais montre qu'il lui reste un soupçon de bonté quand il se tait.

Princesse Radhleia
Retenue comme esclave dans le palais de ben Jabbar après avoir sorti Marzousolo de son état d'hibernation, Radhleia accompagne ce dernier dans sa mission sur la planète Endor visant à détruire le générateur de l'écran de protection de l'Etoile De La Mort. Elle apprend également de Zouhairkin qu'elle est en réalité sa sœur les jours pairs

L’empereur PalpaZine
Maître du côté obscur de la FORCE, PalpaZine a été à l'origine de la destruction totale de l'ordre Jedi bien des années auparavant. Il fît basculer, Dark Charfor vers le mauvais côté et tente aujourd'hui de faire de même avec son fils. Devant le refus de ce dernier à se joindre à lui, il entreprend de l'éliminer mais ne peut pas prévoir que son fidèle bras droit va finalement se rebeller contre lui. (he he)

A venir, la fiche de Marzousolo et son fidèle ami : Chubbakarkar.

Hasni

tunizoïde, 10 janvier 2003
Une fois pour toutes !

Signification de TUNeZINE


Beaucoup de gens et même des intervenants sur le forum ne comprennent pas la vraie signification du nom du site et posent parfois des interrogations.

TUNeZINE a prêté à l'équivoque dés le début du fait de son caractère politique intransigeant vis avis du pouvoir et du rapprochement du second moitié de son nom avec le prénom du président Zine el Abidine.

Pour lever cet équivoque et rendre à ce nom sa véritable signification "au vrai sens du mot". TUNeZINE est un mot composé de trois parties :
  • TUN qui signifie Tunisie
  • (e) en miniscule au milieu et en rotation continue qui signifie "électronique" pour les initiés.
  • ZINE en fin qui est le diminutif du mot "Magazine".


logo


Ce qui veut simplement dire :"Magazine électronique de la Tunisie". Sachant que le mot e-zine est universellement connu pour désigner tout journal électronique pour les initiés à l'informatique.

Je crois que la précision est utile pour tout ceux qui ne l'ont pas compris

Mokhtar Yahyaoui

Tunis, le 2 janvier 2003
L'union fait la force ...

تكوين " لجنة من أجل الإفراج عن زهير اليحياوي" في تونس


مضت ثمانية أشهر على اعتقال أول سجين إنترنت في تونس الشاب زهير اليحياوي، المؤسس لموقع "تونزين" على الإنترنت ويعد اعتقاله انتهاكا لأبسط حقوق المواطن التونسي في الاتصال وممارسته لحرية التعبير و الرأي.

وعلاوة عن هذه المظلمة يعيش زهير اليحياوي ظروفا سجنية قاسية جدا، إذ حشر في غرفة مكتظة تنعدم فيها أبسط الظروف الصحية، وهو يحرم من حقه في المراسلة و الكتب، خلافا للقوانين المنظمة للحياة السجنية. لقد كانت محاكمة زهير اليحياوي مظلمة لم يحترم فيها أبسط شروط المحاكمة العادلة. حوكم خلالها بسنتين سجنا، في بادرة هي الأولى و قد مست جيلا كاملا يمثله زهير اليحياوي، رأَى في مواقع الإنترنت المخرج الوحيد في تونس لممارسة حريته وسط إغلاق جميع المنابر الإعلامية في وجهه.

إن دفاع المجتمع المدني عن زهير اليحياوي هو دفاع عن حق المجتمع بأسره في منابر حرة، وفي رفض أي رقابة على الإنترنت و مستعمليها في ظل ما يعيشه العالم من انفجار إعلامي.

وانطلاقا من هذه القناعة المبدئية تم تشكيل "لجنة من أجل الإفراج عن زهير اليحياوي" تتكون من: توفيق بن بريك، رشيد خشانة، سهام بن سدرين، سهير بلحسن، صلاح الدين الجورشي، العربي شويخة، لطفي حجي، نزيهة رجيبة (أم زياد). و ستعمل هذه اللجنة على تكوين هيئة موسعة لنفس الغرض. و تهدف اللجنة إلى الإفراج عن زهير اليحياوي وتجنيد كل القوى لتحقيق هذا الهدف كما تسعى للدفاع عن حق التونسيين في التواصل مع شبكة الإنترنت بكل حرية.


Constitution, en Tunisie, d'un Comité pour la Libération de Zouhair Yahyaoui
Traduction : Lecteur Assidu


Huit mois se sont écoulés depuis l'arrestation du jeune Zouhaïer Yahyaoui, premier prisonnier de l'internet et fondateur du site internet TUNeZINE. Son arrestation est une atteinte aux droits les plus élémentaires du citoyen tunisien à la communication et à la jouissance de sa liberté d'expression et d'opinion.

Outre cette injustice, Zouhair Yahyaoui vit des conditions d'emprisonnement très difficiles. Il a été incarcéré dans une cellule surpeuplée, aux conditions sanitaires très mauvaises. Aussi, Il est privé de livres et de son droit à la correspondance et ce, à l'encontre des lois régissant les conditions carcérales. Le procés de Zouhair Yahyaoui a été un simulacre où étaient absents les conditions les plus élémentaires pour un jugement équitable. Malgrè ça il a été condamné à 2 ans d'emprisonnement. Un pécédent qui touche, à travers Zouhair, toute une génération de jeunes qui s'identifiait à lui. Une génération qui a trouvé grâce à l'internet le seul échapattoire en Tunisie à la chappe de plomb qui régne au dessus de l'exercice de la liberté, puisque les autres médias sont censurés.

En défendant Zouhair Yahyaoui, la société civile défend le droit de la société toute entière à l'accès à des tribunes libres et exprime son refus de toute forme de censure ou de surveillance de l'internet et de ses utilisateurs, à l'instar de ce qui se passe dans le reste du monde concernant l'évolution des nouvelles technologies de l'information.

Partant de ce constat, il a été décidé de créer un "Comité pour la Libération de Zouhair Yahyaoui" constitué de : Taoufik Ben Brick, Rachid Kchana, Sihem Ben Sedrine, Souhayr Belhassen, Slaheddine Jourchi, Larbi Chouikha, Lotfi Hajji, Naziha Rjiba (Om Zied). Ce comité veillera à la constitution d'une instance élargie visant le même objectif. Le but du Comité est la libération de Zouhair Yahyaoui ainsi que la mobilisation de toutes les forces vives pour faire aboutir cette démarche. Le comité veillera également à la défense du droit des tunisiens à se connecter à l'internet, en toute liberté.

لجنة من أجل الإفراج عن زهير اليحياوي

تونس في 10 جانفي 2003
Le goût des autres ...

Le 31 décembre en Tunisie
(lu sur Maghreb DDH)


Un mot pour vous raconter ce 31 décembre que nous avons passé à Tunis Hubert et moi-même. Il a commencé le matin par la préparation d'un couffin (des poissons frais et des salades), pour l'apporter à Zouhair Yahyaoui avec sa mère dans sa prison de Borj el Amri. L'occasion pour nous de comprendre ce que vivent chaque semaine les familles de ceux qui sont emprisonnés dans ce lieu isolé de tout, à une cinquantaine de km. Pour ceux qui n'ont pas de voitures, il faut prendre plusieurs bus qui n'arrivent même pas devant la prison. La seule solution c'est d'attendre des "taxis de campagne". Des heures de trajet et d'attente pour simplement déposer un couffin, sans voir le prisonnier si ce n'est pas le jour de visite.

Pour nous les choses étaient plus simples, puisque Radhia Nasraoui nous a emmenés en voiture. Mais à l'arrivée, alors que la mère de Zouhair se joignait, sous une pluie battante, à la file des autres familles chargées de couffin, nous avons eu la déception de la voir revenir le couffin plein. On le lui avait refusé, sous prétexte que ce n'était pas son jour habituel.

Heureusement après quelques palabres, aller et retour du gardien entre la porte d'entrée et le bureau du directeur, qui a pu vérifier l'identité de ces visiteurs imprévus et probablement passer quelques coups de téléphone...

candle Enfin, le gardien est venu rechercher la mère qui a pu apporter le couffin....Bien sûr, nous en avons profité pour demander des nouvelles de Zouhair. Son moral semble excellent, il ne souffre plus de la dent qu'on lui a arraché mais a encore des problèmes de maladie de peau, due aux conditions désastreuses sur le plan de l'hygiène dans cette prison.

Nous avons aussi mis au courant la famille de Zouhair de toutes les initiatives qui se prennent en ce moment à Paris et à l'étranger et pour lui promettre que son fils pouvait compter sur un large soutien. Inutile de dire qu'elle nous a chargé d'un tas de messages de bonne année pour vous tous. Nous l'avons quitté devant chez elle les bras chargés d'un repas qu'elle avait préparé à notre attention, mais d'autres amis nous attendaient à Bizerte.

En effet, c'est avec Hamma Hammami, Samir Taamallah, Abdeljabbar Madouri et Amar Amroussia (en compagnie bien sûr de Radhia Nasraoui et Najoua Rezgui) que nous avons fini l'année 2002 et commencé l'année 2003 chez Anouar Kousri et sa femme Naima. Une soirée entre amis, pleine de chaleur et d'émotion.

Nous avions rencontré Samir, Abdeljabbar et Ammar pour la première fois le 2 février dernier alors qu'ils sortaient de clandestinité, et nous les retrouvions après cette longue période des procès et de la prison. La vie est difficile pour eux en particulier sur le plan matériel puisqu'un des moyens favoris du pouvoir tunisien de "punir" ses opposants est de les asphyxier financièrement en les empêchant complètement de travailler ou même de faire des études (comme dans le cas de Samir Taamallah). Mais ils sont libres (ils l'étaient même en prison, dans leur tête) et prêts à relever tous les défis.

Inutile de vous dire que tous ceux qui ont participé à cette lutte étaient là dans nos esprits et qu'à minuit nous avons ouvert une bouteille de champagne à la santé de tous. Nous espérons vous avoir fait un peu partager ces moments qui donnent leur sens à la phrase rituelle : bonne année à tous.

Marguerite Rollinde et Hubert de Beaumont

Lu sur Maghreb DDH, le 2 janvier 2003
Reprise de spectacle !

Avis aux amateurs de farces électorales


Tunisien, Tunisienne, citoyens du monde,

Après le succès de la comédie du 26 mai 2002 «Référendum à la tunisienne» qui vous a fait tant rire et a fait connaître la Tunisie au monde entier, la troupe «Ben Ali pour farces électorales» vous présente l’éternelle comédie :
«élections présidentielles à la tunisienne», version 2004

neuneuVeuillez prendre note que l’éternelle comédie «élections présidentielles à tunisienne» version 2004, ne sera pas présenté en onemen show comme ça été le cas en 89 et 94, ni interprété par trois comédiens (Ben Ali pour le rôle principal, Tlili et Belhaj Amor pour les rôles «très» secondaires) comme en 99. En effet, l’éternelle comédie «élections présidentielles à la tunisienne» version 2004 sera interprété par la fine fleur des comédiens tunisiens. À leur tête, on va retrouver l’inamovible et l’indéboulonnable «Notre ami Ben Ali», un comédien hors pair qui n’a pas cessé depuis 15 ans de faire rire les 10 millions de Tunisiens ainsi des millions d’étrangers des «pays frères et amis» pour qui la Tunisie est devenue le synonyme du «Pays des merveilles politiques et électorales». Les rôles «très» secondaires doivent «normalement» être interprété par les illustres et charismatiques Tlili (encore lui), Bouchiha, Béji, Boulehya et Harmal. Il s’agit là d’un pur produit de l’école tunisienne de formation de clowns pour spectacles et farces électoraux (ETFCSFE) :-)

La réalisation de l’éternelle comédie «élections présidentielles à la tunisienne» version 2004 est l’œuvre du holding et société familiale RCD et ses succursales MDS, PUP, PDU, PL, Ettajdid ainsi que la chambre des députés du ministère tunisien de l’intérieur. Les billets sont en vente au siège du ministère tunisien de l’intérieur, sise 1er, Avenue Bourguiba, Tunis et dans toute les succursales RCD en Tunisie ainsi qu'à l'étranger. Vous pouvez également commander vos billets sur le site internet : www.electionspresidentiellesalatunisienne.com.tn/version 2004/ si vous disposez bien sûr d’une carte visa-RCD.

Tunisiens, Tunisiennes, citoyens du monde, Soyez nombreux pour cette comédie qui fait rire des millions de personnes de tous les âges en Tunisie et dans le reste du monde depuis 15 ans !

Spectacle garanti :-)

Ghassen

9 janvier 2003
Pour une poignée de dinars ...

Le goût de la misère


Lors de mon séjour dans l’un des pays européens, j’ai rencontré un tunisien, un chercheur reconnu dans son domaine qui enseignait dans l’une des grandes universités de ce pays.

Un homme pas ordinaire. Il avait à peu près la cinquantaine, vivait seul dans son appart, ni femme ni enfants. Quand il a fini ses études doctorales aux années soixante, il s’est retourné en Tunisie pour « servir son pays », il n’y est resté qu’une matinée, il a fait exactement dans l’un des ministères de l’époque 6 heures de travail au bout desquelles il a signé sa démission pour faire un marche arrière vers l’Europe.

Ce qui m’avait surtout impressionnée chez cet homme c’est que ce prof d’université laissait tomber son boulot, ses recherches (c’est pourquoi d’ailleurs il n’y est que vacataire) pour aller bosser dans les chantiers de construction en tant qu’ouvrier non qualifié même cad « m’rammaji ». A chaque fois qu’il présentait son dossier, on le croyait fou mais heureusement pour lui y’avait des gens qui aimaient sa folie et qui s’amusaient à le voir dans leurs chantiers. Je l’ai vu un jour rentrant chez lui après une dure journée de travail, il avait du mal à se tenir debout, souffrant d’une maladie qui ne supporte pas la fatigue physique mais rien n’empêchait cet homme d’aller jusqu’au bout de ses idées. Je n’arrêtais pas à me demander pourquoi il faisait ça, qu’est ce qu’il y trouve, cet homme discret, plein de secrets.

J’ai eu l’occasion un jour de parler avec lui, je n’ai pu tirer que quelques mots et avant de partir et sans se retourner, il m’a soufflée une phrase : « ne t’y implique pas trop » (on parlait de la Tunisie), « tu finiras par sombrer ». Je n’ai pas aimé ce qu’il m’a dit, depuis je ne m’intéressais pas trop à lui. Mais je n’ai jamais pu l’oublier. Un m’rammaji docteur, ça s’oublie pas, le pourquoi qui tournait dans ma tête n’ayant pas encore trouvé de réponse surtout que je sais très bien que cet homme ne fait rien pour rien. Il fallait donc vivre l’expérience.

Quand j’ai pris la décision, j’étais déjà en Tunisie. Personne n’accepterai une fille dans une m’ramma alors je me suis choisie le boulot le plus proche : le travail agricole. Bref, un pantalon avec une jupe longue dessus, un foulard sur la tête, changer un peu ma manière de parler et hop me voila une fille mesquine qui doit travailler pour nourrir ses sept frères. Pas trop difficile de trouver un boulot, c’était la période de cueillette d’artichauts et on avait besoin de main d’œuvre surtout femmes.

Le premier jour, levée depuis l’aube, je devais parcourir quelques kilomètres à pied pour arriver à 7h moins le quart selon les instructions, la cueillette commence à 7h pile. Pour arriver à la ferme, il fallait parcourir des terres agricoles désertes. Il faisait noir, tellement noir que je pouvais même pas voir ma main, je ne voyais rien sauf des taches blanches qui se déplaçaient de loin : c’étaient les chiens blancs de race locale qu’on appelle couramment chiens arabes (ilkleb il3arbi) connus par leur férocité. Je tremblais de froid malgré tous les vêtements que je mettais. J’avançais lentement, j’avais la trouille, J’attendais à tout moment que quelqu’un me saute de l’obscurité qui m’entourait de tous les coins. L’image de mon lit tiède bien couvert n’arrêtait pas à me sauter aux yeux. Tout ce dont j’avais envie en ce moment c’était de tout laisser tomber et de rentrer chez moi et de me plonger dans mon lit et d’oublier toutes ces folies. Mais j’étais déjà au milieu de la route, reculer n’était pas plus facile qu’avancer. Il était 6h 20 quand le ciel a commencé à s’éclairer un peu, je pouvais enfin voir les quelques mètres qui m’entouraient. Rassurée, je me répétais que tout va finir dans quelques minutes, oui ça ira, ça ira bien, tu verras, avance et n’ai pas peur, je me parlais à haute voix.

Soudain j’ai entendu un chien qui aboie, c’était pas la première fois mais cette fois ci c’était très proche de moi, devant moi : un gros chien blanc en position d’attaque, le regard fixé sur moi, je pouvais plus bouger, clouée dans ma place, je savais plus ce que je devais faire, je savais très bien que ce genre de chien est capable de tuer un homme surtout qu’ils n’agissent qu’en groupe. Pour eux, je suis un inconnu sur leur territoire qu’il fallait en débarrasser. J’ai choisi de rester immobile. Pendant un moment, il m’a semblé que le temps s’est arrêté et que dans le monde il n’existe plus que moi et ce chien devant. Dans la seconde qui suit j’ai entendu le bruit d’une calice qui venait de derrière et la voix de quelqu’un qui encourageait son âne ou mulet à avancer. Il s’est arrêté juste à côté de moi. Sans le vouloir j’ai recommencé à marcher, en fait l’homme me faisait peur plus que le chien, quand j’ai entendu la voix d’un vieillard qui me demandait de faire attention : « hé, attention le chien, ya binti win mechia ? », je me suis arrêtée, « tu travailles à la ferme de « flen » ?» j’ai répondu que oui, il m’a proposée de m’accompagner jusque là bas, « monte, je t’emmènerai, il faut jamais marcher toute seule ici, les chiens sont partout, l’autre jour ils ont failli tuer quelqu’un » je suis monté, j’avais les larmes aux yeux, je ne sais pas si c’était à cause du froid où à cause de quelque chose d’autres, mon compagnon était à la soixantaine à peu près, ce qui m’avait rassurée un peu, à vrai dire, cet homme pour moi était l’ange sauveur, sa voix est restée gravée dans ma mémoire « mnin inti ? Tu n’es pas d’ici n’est ce pas ? Je connais toutes les filles qui travaillent chez flen, je ne me rappelle pas de t’avoir vue » je ne répondais qu’avec des signes de la tête, j’avais peur que si j’ouvre ma bouche je finirai par dire la vérité et lui demander de me ramener en ville pour que je puisse rentrer.

Il continuait à parler, la lumière est devenue assez suffisante pour voir la couleur bleue du ciel. De loin je voyais les foules de femmes qui se dirigeaient vers la ferme. « Dorénavant tu viens avec elles, d’accord ? » me conseillait le vieux. Il m’a déposée à quelques mètres de la ferme juste derrière la foule que j’ai suivi timidement. On s’est arrêté devant les bureaux de l’administration, les responsables de la ferme n’ayant pas encore arrivé. Je n’avais pas besoin de jouer le rôle de la fille timide, je l’étais vraiment. J’avais du mal à supporter les regards curieux et pleins d’exclamations des femmes qui commençaient déjà à chuchoter entre elles se demandant qui je suis.

« jdida inti ? », enfin la fameuse question arrive. J’ai répondu que oui pour me taire juste après, je n’avais aucune envie de mentir à ces misérables, j’ai du inventé mille histoires au gérant le premier jour, je n’en ai trouvée aucune. Je n’ai trouvé qu’une seule question : pourquoi je suis là ? Plongée dans mes idées, je ne me rendait plus compte de ce qui se passait autour de moi.

Le bruit d’un vieux moteur m’arracha de mes pensées, une vielle isuzu apparaît de loin avec trois jeunes hommes dedans. Dès qu’elle a approché, les chuchotements et les rires des femmes se sont arrêtés, leurs regards fixés sur la voiture. N’étant plus leur centre d’intérêt, j’ai profité de l’occasion pour contempler ces jeunes silhouettes. Elles étaient à majorité entre 20 et 30 ans d’âge. Les visages rougis par le froid, portaient toutes des petits couffins ou des sacs en plastique, elles devaient y conserver leurs nourritures. « Qu’est ce que vous attendez imbéciles ? Je vous ai pas dit hier d’aller directement sur le champ ? Allez vite bougez » cria l’un des trois hommes en venant vers nous. Je m’apprêtais à suivre la foule vers le champ d’artichauts quand le même homme m’arrêta pour me faire tout un questionnaire durant lequel j’ai pu remarquer que ce con qui se prenait pour un boss est presque analphabète, qu’il ne connaissait rien de l’agriculture ni de quoi que ce soit. Après m’avoir largement expliquée la charte que je dois respecter, il m’a laissée filer. J’ai senti son regard curieux me suivant.

Le champ se trouvait à 2 kilomètres de l’administration. Quand on est arrivé, l’isuzu y était déjà avec le con à côté. Il nous a partagées en groupes de travail. Tout de suite après, j’étais plongée, le dos courbé, dans la cueillette d’artichauts. J’étais beaucoup moins rapide que les autres filles, celle qui était juste à côté de moi l’a vite remarqué « tu n’es pas habituée à le faire n’est ce pas ? mais ne t’en fais pas, le premier jour c’est toujours comme ça » le premier jour !, je suis encore dans le premier jour ?, j’avais l’impression qu’une année vient de s'écouler depuis que j’ai quitté chez moi ce matin ou cet aube plutôt mais pourtant ce ne sont que quelques heures. Ne pouvant plus supporter la position dans laquelle j’étais, je me suis levée pour reposer un peu mon dos « Hé, qu’est ce que tu fais ? » cria discrètement ma voisine « il va te virer s’il te vois debout, tu ne le vois pas ? Il est là bas ? Au dessus de la ponte, il nous regarde avec ses jumelles, vite reviens au travail ! », En me tournant vers la ponte j’ai pu voir le con avec ces jumelles et son isuzu à côté. J’ai vite repris mon ancienne position. En interrogeant ma voisine, j’ai pu savoir que c’est le neveu du big boss, un bon à rien sauf à donner des ordres, virer des ouvriers et surtout draguer les filles. Elle en avait longtemps souffert avant qu’elle se marie à son cousin. Elle croyait qu’elle n’allait plus voir son visage mais « elkhobza morra ». Son mari est chômeur le jour et saoul le soir. Un mois après la naissance de son premier bébé, elle a été obligée de revenir au champ.

Je commençais à avoir mal au dos et plein de bulles sur les doigts mais cette fois ci j’ai pas essayé de me lever. La voix de ma collègue si douce, si profonde m’entraînait petit à petit dans son monde. Ses paroles sincères, simples, qui touchent directement le coeur, ses rires d’enfants, ses soupirs dès qu’elle commence à penser à son bébé m’ont fait oublier les maux de mon dos, m’ont fait oublier ma chambre et mon lit tiède, m’ont fait oublier que là bas au-delà de cette ponte, y a un autre monde, je n’entendais plus que sa voix, je ne voyais plus que la traduction de ses paroles dans mon imagination : son bébé qui pleure, son mari qui rentre saoul, la petite chambre qu’elle habite dans la maison de son beau père, sa famille nombreuse, ses sœurs qui travaillent toutes à la ferme, sa vielle mère malade depuis des années…

«cheii inti 7walek te3ba barcha» c’était monsieur con bien sur. J’avais envie d’une seule chose : le gifler. Je voyais en lui tous les cons du monde. « C’est son premier jour, osber 3liha ya si x, tu verras elle sera m3allma très prochainement, elle apprend très vite » me défend ma voisine sans interrompre son travail. Il m’a regardé un moment sans parler.

Sans voir son visage, j’ai pu comprendre ce qui se passait dans sa tête. J’ai pris soin de ne pas me retourner. Je l’ai senti bouger, je l’ai cru partir vers son isuzu, mais ses pas ont vite fait demi tour. Il a apporté une caisse vide et s’est assis dessus et il a fait exprès que ce soit dans le champ de ma vision. Il a fait sortir un portable de sa poche et a commencé à parler. De temps en temps il injectait des mots français dans la conversation pour nous regarder juste après. Il avait besoin de voir cette expression d’infériorité dans les yeux de ces filles misérables. Ça m’a rappelée vivement les discours de 7 novembre. Je ne les écoutais que pour voir les expressions qui se dessinent dans les yeux du caporal. Sa manière de regarder l’audience. Lui aussi il cherchait une expression dans leurs yeux, il cherchait un aveu : t’es le plus fort, t’es le plus intelligent, t’es le chef. Ces gens là ont besoin de se voir dans nos yeux, ils dépendent de nous, ils vivent en nous, sans nous, ils disparaissent, ils périssent comme périt tout parasite abandonné par son hôte. J’avais encore l’image du caporal devant les yeux quand une voiture de garde nationale apparaît de loin. Ils ont senti l’odeur de leur chef dans mes pensées ou quoi ? Quelques instants plus tard j’ai compris que c’est plutôt l’odeur de l’artichaut qu’ils ont senti. Le con nous a données l’ordre moi et ma voisine de porter 4 caisses pleines d’artichauts à la voiture des chiens. Je l’ai fait « kima ilmra il3atia », pourquoi pas ? Ça m’a donné l’occasion d’écouter quelques mots de leur conversation. Ils parlaient de bons d’essence. « Bech yeklou eddennia ouyetsa7rou bilekhra ». Ils ont fini par remplir la voiture d’artichauts et prendre le con à l’administration pour avoir les bons.

L’heure de manger est arrivée, nous avons enfin eu le droit à un moment de repos. Les filles se sont rassemblées dans un coin du champ pour manger. J’avais rien apporté avec moi et j’avais honte de leur partager leur nourriture mais on ne m’a pas donnée l’occasion pour hésiter. J’ai mangé avec appétit. Il me semble que j’ai jamais mangé autant. C’était une m7amsa 3arbi très piquante que d’habitude j’aime pas manger. Là bas, le goût de la m7amsa devient différent, le goût de la vie devient différent. En buvant le thé, j’ai repris ma discussion avec ma nouvelle amie. Je lui ai demandée combien elle gagne par mois.
- « cela dépend des mois, je veux dire du nombre de jours de travail par mois, mais ce mois ci sellektha, je vais avoir 105 dt »
- « 105 dt ? c’est tout ? »
- « khir oune3ma, j’ai 20 jours de travail ce mois, d’habitude c’est beaucoup moins, tu sais les jours de pluie, on ne travaille pas et après certains traitements, ils arrêtent la cueillette pendant quelques jours»
- « vous n’êtes pas titulaires ? »
- « ça veut dire quoi ? »
- « vous avez une carte de cnss ? »
- « cnss ? carte pour se soigner ? non on n’a pas de carte, on n’a rien »
- « on vous paye comment ? par jour ou par mois »
- « par mois. On nous paye la fin du mois ou quelques jours plus tard.»
- « on va pas me payer aujourd’hui ? » l’idée de travailler gratuitement pour ces cons ne m’a pas du tout plus.
- « non, tu dois attendre vers la fin du mois prochain. Mais écoute si t’as besoin d’argent, ne t’en fais pas. Je peux t’en prêter. Je t’ai dit, ce mois ci je vais avoir 105d, je ne les ai pas encore eus mais ce serait pour demain ou après demain »
j’ai pas pu répondre cette fois ci. Devant la générosité de cette femme, je n’ai pu que garder le silence. Un sentiment aigu de culpabilité commença à jaillir à l’intérieur de moi. « si tu ne peux pas attendre pour demain, je peux me débrouiller pour avoir l’argent aujourd’hui » continua elle. « ne sois pas timide, moula ettej yi7tej » la sincérité que j’ai vue dans ses yeux m’a fait sentir que je suis rien du tout. J’ai passé la moitié de ma vie à prétendre que je suis humaniste. Devant l’humanité de cette femme, je me suis sentie une bette féroce.

L’heure de reprendre le travail est arrivée pour me sauver des exclamations de ma nouvelle amie. On a vite repris nos positions de travail. Je ne me rappelle pas avoir détesté l’artichaut autant que ce jour là d’ailleurs depuis je ne le mange plus. Encouragée par mon amie, j’ai continué quand même la cueillette mais j’ai pas pu m’empêcher de me lever le dos de temps en temps, la douleur que j’y sentais étant devenue insupportable, et j’en profitais pour lancer un petit regard sur ce nouveau monde qui m’entourait, contempler les dos de parabole, y a tunis 7, la garde nationale et les chiens arabes et…non arabes (fruit des travaux immenses développés par l’état dans le domaine de la biotechnologie et l’amélioration des races).
- « qu’est ce que tu penses d’ezzine ? » ma question explosa comme une bombe dans le visage de ma copine. Elle arrêta de travailler, me regarda pour instant avant de me demander :
- « le président ? tu parles du président ? »
- « est ce qu’on en a d’autres ? »
- « qu’est ce que j’ai à penser de lui ? »
- « t’es pour ou contre ? »
- « tu sais de quoi tu parles ? qui suis-je pour être pour ou contre ezzine ? la politique c’est pour emmaliha »
- « c’est pas de la politique, je te pose tout simplement la question, tu le trouves comment ? »
- « c’est le président, c’est tout ! », j’ai compris que j’ai pas choisi le bon moment pour poser la question, ma copine ne me faisait pas assez de confiance encore.
- « de toute façon on n’a pas le choix, y a que lui » continua -t-elle « qui d’autres peut prendre sa place ? chidd mchoumek la yjik ma achwam » elle m’a rappelée les discours de mon père qui n’arrêtait pas de me donner des leçons de patriotisme, pour lui le patriotisme c’est ben ali.
- « le nom « ben brik », ça te dit rien ? »
- « non ! »
- « moncef marzouki, mokhtar yahiaoui, radhia nasraoui, sihem ben sedrine ?… »
- « non ! absolument rien, c’est qui ces gens là ? tu sais ? j’ai étudié jusqu’à la cinquième année secondaire. Deux années uniquement me séparaient du bac »
- « et pourquoi t’as arrêté ? »
- « et pourquoi j’aurais continué ? tu parles comme si tu viens d’une autre planète ! tout le salaire de mon père ne m’aurait pas suffit pour partir étudier à tunis. Je connais des fonctionnaires qui ne peuvent plus couvrir les dépenses de l’université. Comment veux tu que je puisse même en rêver ? »
- « on peux toujours rêver, les rêves nous fcourbés, les demi silhouettes plongées dans la verdure. Dans ce monde y a pas d’Internet, y a pas de Tunisnews ma bouffée d’oxygène quotidien, y a pas de Tunezine, y a pas ont vivre »
- « tu sais de quoi je rêve moi ? d’une vache, posséder un jour une vache hollandaise. Je n’aurais plus besoin de mettre les pieds dans ce champs »
- « ça coûte combien ? »
- « ouf pas moins de 600 dt » mon Dieu avec 600 dt, on peut bouleverser la vie de cette femme, si j’avais les 600 dt à la poche, j’aurais pas hésité une seconde à les donner à cette femme. Ce n’est pas par générosité. Je ne suis pas assez généreuse mais juste pour voir à quoi on peut ressembler quand le rêve de sa vie se réalise brusquement.
Le temps de partir est arrivé. Il est déjà 17h mais on n’a pas arrêté de travailler. J’ai appris que le boss a donné l’ordre de continuer jusqu’à 18h. La quantité cueillie ne lui paraissait pas suffisante. Rester jusqu’à 18h voulait dire pour moi passer la nuit dans le champs. J’avais 4 km à parcourir pour arriver jusqu’à l’arrêt du bus et le dernier bus partait à 18h 30. J’ai hésité pendant 15mn avant de décider de partir. Les filles m’ont averti que si je pars avant 18h, je risque de perdre toute la journée (bech yonkbouli ennhar). Entre nous j’avais peur qu’ils le fassent.

J’ai repris mon chemin vers la ferme ensuite vers le village. A 17h30, il faisait de nouveau noir. J’ai couru jusqu’au village et je n’ai repris mon souffle que dans le bus. En route vers Tunis, les images du jour n’arrêtaient pas à défiler devant mes yeux. J’avais une envie énorme d’y retourner le lendemain (mais plus forte que mes maux de dos). Comment peut on bâtir autant de liens en une seule rencontre ? Comment peut on vivre autant de jours en un seul jour ? Sacré docteur mrammaji, il savait que dans les chantiers, on peut donner une autre dimension à sa vie.



Quelques jours plus tard, cinq honorables hommes rassemblés dans le plateau de tunis 7 ont passé 3 heures à la télé à répéter qu’on a éradiqué la pauvreté en Tunisie. Après l’expérience réussite en Tunisie, les efforts sont orientés maintenant vers l’éradication de la pauvreté dans le monde.

Rana

reçu par mail sur contact@tunezine.com, le 10 janvier 2003

Le vrai rallye de la femme tunisienne


robinet Un hommage s’adresserait plutôt aux centaines de milliers de femmes tunisiennes qui font tous les jours et en moyenne des vingtaines de kilomètres à pied ou à dos d’âne pour chercher l’eau et ou couper le bois pour le chauffage domestique dans les régions montagneuses du Nord-ouest tunisien du 21 ème siècle.

S’il faut rendre hommage ce serait pour ces femmes anonymes dépourvues de tout financement public (de l’ATCE, du ministère du tourisme ou de que sais-je) qui souffrent quotidiennement des tâches ménagères dans les régions montagneuses délaissées depuis l’indépendance.

Selon le rapport 2002 de la Banque Mondiale dans le cadre du projet de développement des zones montagneuses et boisées du nord-ouest NMFAD (Northwest Mountainous and Forestry Areas Development Project), je cite «les conditions socio-économiques du nord-ouest de la Tunisie restent plus difficiles dans cette région que dans beaucoup d’autres parties du pays, d’une part, à cause des conditions difficiles qui règnent dans cette zone agro-écologique et, d’autre part, des carences qui continuent de caractériser les infrastructures et les services d’appui publics».

S’il y a lieu de s’enorgueillir de la femme tunisienne arabe et berbère ce serait celle qui se présenterait comme candidate à la présidence de la république en 2004 ou à la limite elle deviendrait une astronaute.

Mais dans tous les cas, je ne rendrai pas hommage à ces trois femmes-tunisiennes, qui font plus que parader dans ce rallye Paris-Dakar où l’endurance, la résistance, etc… pour ne pas dire la masculanité, sont des exigences primaires des compétiteurs.

Ainsi, je ne rendrai pas hommage à ces trois participantes tunisiennes alibi du régime de ben ali.

Commentaires

Tunis, le 6 janvier 2003
Savoir de quoi on parle

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement !


Vu les confusions,les analogies malheureuses,les imprécisions et le manque de clarté avec lesquelles des mots et des concepts importants ont été usité dans les débats houleux précédents, je me permet d'y participer non par un post incendière, outrageant ou partisan qui ne saurait qu'augmenter la confusion ambiante mais par la donnée de quelques définitions ( qui sont discutables naturellement) des notions qui ont été utilisés ici et la. Cet ensemble peut être enrichi au fur et à mesure de l'avancement du débat.

livre


Laïc, ïque adj. et n.
[Au masc., on rencontre les deux formes, mais laïque est plus courant que laïc dans les emplois adjectivaux. Au fém., on utilise toujours laïque.]
1. Qui n'appartient pas au clergé. Missionnaire laïque.
2. Qui est indépendant de toute religion. L'enseignement laïque. École laïque (par opp. à école religieuse).

Laïcité n. fém.
1. Caractère laïque de quelque chose.
2. Principe de séparation de l'État et de l'Église, qui se trouve ainsi privée de tout pouvoir politique. La laïcité de l'État, en affirmant la neutralité religieuse de la société civile, place toutes les Églises sur un plan d'égalité. En contrepartie, l'État s'abstient d'intervenir dans les affaires des Églises.

Athée n. et adj.
Personne qui souscrit à l'athéisme.

Athéisme n. masc.
Doctrine niant l'existence de Dieu. L'athéisme théorique peut être absolu, ou refuser seulement l'existence du Dieu personnel, créateur et transcendant des religions révélées. L'athéisme pratique consiste à agir comme si Dieu n'existait pas. Synonyme irreligion.

Agnostique adj. et n. (gr. agnôstos « ignorant »).
1. Relatif à l'agnosticisme.
2. Partisan de l'agnosticisme.

Agnosticisme n. masc.
Position selon laquelle il est impossible de connaître les réalités métaphysiques, donc de se prononcer sur leur existence. Ce mot a été employé pour la première fois par T.H. Huxley (1889).

Islamiste adj. et n.
Adjectif. Qui se rapporte, qui appartient à l'islamisme. Nom. Adepte de l'islamisme.

Islamisme n. masc.
Doctrine qui prône l'islamisation générale des institutions politiques, sociales et juridiques dans les pays musulmans.

Islam n. masc. ( mot arabe « soumission » ou « abandon à Dieu »).
1. Religion des musulmans, fondée par le prophète arabe Mahomet, et qui repose sur la révélation du Coran.

Musulman,ane adj. et n.
Adjectif. Qui se rapporte, qui appartient à l'Islam.
Nom. Adepte de l'Islam comme religion.

klemellil

posté sur le forum TUNeZINE, le 8 janvier 2003
En bref

LTDH : Infos Express 10 janvier 2002


Ligue Tunisienne pour la défense des droits de l’Homme

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Le doyen des juges d’instruction M Amor Ben Mansour a informé , le 9 janvier 2003 m Radhia Nasroui , de la levée d’interdiction de voyager a l’encontre de M Sadri Khiari (membre de Raid /Attac Tunisie et du CNLT) Rappelons que M Sadri Khiari est victime d’une interdiction de quitter le territoire depuis 3 ans .

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Le tribunal de Monastir a examiné le 8 janvier 2003 l’affaire de M Abderrahman Hedhili membre du comité directeur de la LTDH qui a déposé une plainte contre M Chakib Ben Frej président d’une cellule du RCD (parti au pouvoir ) qui l’a agressé en avril 2002 .Les avocats de M Hedhili ( Mes Mohamed Jmour, Anouar Kousri, Youssef Lahmer Nasr Ben Ameur , Hamed Limeim) n’ont pas pu assister à l’audience vu qu’elle a eu lieu avant l’heure habituelle des audiences qui débutent a 9h00le jugement n’a pas été rendu public.

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M Abdallah Zouari (journaliste /ancien détenu d’opinion libéré le 6 novembre 2002 a été empêché le 8 janvier 2002 de se rendre à Médenine (siège du gouvernerat ou il réside ) M Zouari est de fait interdit de circuler même dans le gouvernerat de Médenine .

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La Ligue Tunisienne pour la défense des droits de l’Homme a été informé que la famille de M Nabil El Ouaer ( détenu d’opinion /actuellement à la prison de Borj Erroumi à Bizerte ) a été empêchée de le visite et de lui remettre le couffin ***le mardi 7 janvier 2002 sous prétexte qu’il « refuse de recevoir des visites », M Nabil Ouer est atteint de maladies et la LTDH craint pour sa vie .

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M Yves Aubin de la Messuziere nouvel ambassadeur de France en Tunisie a rendu visite à la LTDH jeudi 9 janvier 2002, il a été reçu par le président de la LTDH M Mokhtar Trifi , M Slaheddine Jourchi 1er vice président de la LTDH , Mme Souheyr Belhassen vice présidente chargée des relations extérieures et des membres du comité directeur.

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La section de Bizerte de la LTDH organise le 11 janvier 2003 une réunion de solidarité avec le peuple Irakien lors de laquelle M Abdelmejid Abdelli donnera une conférence .

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La LTDH organise a l’occasion de la journée internationale de la femme un séminaire sous le thème :«Droits des femmes : instruments et mécanismes internationaux » les 8 et 9 Mars 2003 au siège de la LTDH 21 rue Baudelaire Tunis .

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La LTDH organise 28 et 29 Mars 2003 à Mahdia un séminaire sur le thème : Les dynamiques Migratoires en méditerranée ( l’imigration clandestine tunisienne , les communautés maghrébines à l’étranger et l’émigration inter-maghrebine seront les principaux axes de travail de ce séminaire.

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Le congres de la section de Sidi Bouzid de la LTDH se tiendra le 18 Janvier 2003 à la Maison de culture de Sidi Bouzid .

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Le congrès de la section de Médenine de la LTDH se tiendra le 26 Janvier 2003 à la Maison de culture de Médenine .



posté sur le forum TUNeZINE le 10 janvier 2003
Pour que le Barreau se libère

A tous les avocats de la liberté


Le Barreau tunisien, vieux de plus de cent ans, s'est toujours attaché à assumer ses obligations de défense du droit et de la liberté avec un certain côté patriotique et humaniste.

Au lendemain de l'indépendance, il s est consacré à la consolidation de l'instauration de la république, à la défense de ses valeurs et de ses institutions... Pour la société civile, il a été une citadelle de défense des droits et des libertés publiques et individuelles .

Depuis que le pouvoir actuel a commencé à détruire l'état de droit en Tunisie, les valeurs de liberté et de tolérance qui furent la fierté de ce pays. La confrontation entre le barreau et le pouvoir était inévitable, surtout que beaucoup d'avocats sont des dirigeants d'associations de défense des droits de l'homme.

21 textes de lois ont été promulgués pour limiter le champ d'action des avocats, un projet de loi de division du barreau, emprisonnement des avocats, saccages des bureaux, interdiction de voyager, coupures de téléphones, filatures constantes et rapprochées, vols de voitures.

Pour réponse, les avocats ont choisi un des leurs, ancien prisonnier politique, comme bâtonnier.

Ces derniers temps, des avocats furent tabassés en plein centre ville de la capitale par des agents des polices politiques rien que parce que quelques uns ont crée avec le juge Yahyaoui une association de défense des prisonniers politiques !
Le 29.12.2002 des bandes des polices politiques, avec des gestes et des menaces de bandits plutôt que de police, ont barricadé l'entrée du bureau de Me Kilani où allait se tenir la réunion du centre pour l'indépendance de la magistrature et des avocats !

Avec un petit nombre d'associations de défense des droits de l'homme, les avocats restent aujourd'hui le dernier carré de résistance en Tunisie.

Nous appelons tous nos Confrères, tous les Avocats de la liberté, à nous épauler dans notre lutte pour la liberté.

LES CONFRERES PROPOSENT LA JOURNNEE DU 16.01.2003 COMME JOURNEE DE SOLIDARITE.
CAR LE 19.1.2003 LES AVOCATS DE TOUTE LA TUNISIE TIENNENT UNE A.G. EXTRAORDINAIRE.
Les signataires : ME NEJIB HOSNI

Néjib Hosni

Source Tunisie2000, reçu sur le forum TUNeZINE le 5 janvier 2003
Si j'osais...

Les démocrates tunisiens appellent Chirac à libérer Bové


Lettre de démocrates tunisiens à M. Jacques Chirac, Président de la république française, pour demander la grâce de M. José Bové[1]

Monsieur le Président,

M. José Bové, le porte-parole national de la Confédération paysanne, a été condamné à une peine de 14 mois d'emprisonnement, prononcée par la Cour d'Appel de Montpellier le 21/12/2001, peine rendue définitive par la Cour de Cassation le 19/11/2002. Ces peines ont été prononcées pour des actions de neutralisations d'OGM, menées par la Confédération paysanne en 1998 et 1999 dans le cadre d'une campagne contre l¹introduction des OGM dans l'agriculture et l'alimentation.

Par delà la dimension strictement pénale de cette affaire, l'incarcération de M. José Bové, dont les interventions citoyennes, portées par un idéal de justice et de démocratie, ont reçu un très large écho dans l'opinion publique mondiale et notamment dans les pays du Sud, aurait une grave signification politique. Outre qu'elle altérerait l'image de la France en tant que pays des droits de l'homme et du citoyen, elle serait comprise comme une stigmatisation des causes défendues par José Bové et par ceux qui les partagent. Le peuple tunisien et l'ensemble des peuples de la région arabe sont particulièrement reconnaissants au porte-parole de la Confédération paysanne pour le soutien actif qu'il a apporté à la cause du peuple palestinien et de la paix en Palestine comme pour ses multiples prises de position en faveur d'un monde humain, pacifique et juste.

amitie


C'est la raison pour laquelle, Monsieur le Président, nous, citoyens tunisiens et membres de la société civile indépendante, avons l'honneur de solliciter la grâce de M José Bové en vertu des pouvoirs qui vous sont conférés par l'article 17 de la Constitution française.

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de notre très haute considération.

1 - Ayadi, Abderraouf
Secrétaire général du CNLT, membre du Conseil de l'Ordre des avocats
2 - Bechri, Mohamed
Universitaire, ex-Président de la section tunisienne d'A.I.
3 - Belhadj Hamida, Bochra
Avocate, ex-Présidente de l'ATFD
4 - Belhassen, Souhayr
Journaliste, Vice-présidente de la LTDH
5 - Ben Jaafar, Mustapha
Médecin, Secrétaire général du FDTL
6 - Ben Salem, Ali
Président de l'ANAR
7 - Ben Sedrine, Sihem
Porte-parole du CNLT
8 - Bhiri, Noureddine
Avocat
9 - Bida, Jameleddine
Ex-Secrétaire général de l'Ordre national des avocats
10 - Chaabouni, Hatem
Hôtelier, Vice-président de la LTDH, membre du Comité politique d'Ettajdid
11 - Chamkhi, Fathi
Universitaire, Porte-parole du RAID Attac Tunisie
12 - Charrad, Fayçal
Universitaire, membre fondateur du CNLT et cadre syndical (UGTT)
13 - Chebbi, Mohamed Néjib
Avocat, Secrétaire général du Parti Démocrate Progressiste
14 - Cherif, Khedija
Universitaire, membre du Bureau de l'ATFD
15 - Chouikha, Larbi
Universitaire
16 - Hammami, Hamma
Porte-parole du PCOT
17 - Hosni, Néjib
Avocat, Chargé des relations extérieures au CTIJ
18 - Jani, Jamel
Porte-parole de l'ADPM
19 - Khechana, Rachid
Journaliste, membre du BP du Parti Démocrate Progressiste
20 - Khiari, Sadri
Artiste-peintre, responsable des communications au RAID Attac Tunisie
21 - Hedhili, Abderahman
Enseignant, membre du Comité directeur de la LTDH et syndicaliste
22 - Maaroufi, Ahmed
Universitaire, membre de la Commission nationale du Syndicat de l'enseignement supérieur et de la recherche (UGTT)
23 - Marzouki, Moncef
Médecin, Président du CPR
24 - Mestiri, Omar
Directeur de Kalima, membre dirigeant du FDTL
25 - Moalla, Taïeb
Journaliste, membre de l'ADPM
26 - Nasraoui, Radhia
Avocate, membre de l'Assemblée générale de l'OMCT
27 - Omrane, Nadia
Rédactrice en chef d'Alternatives Citoyennes
28 - Trifi, Mokhtar
Avocat, Président de la LTDH
29 - Yahyaoui, Mokhtar
Juge, Président du CTIJ
30 - Zaouia, Khelil
Secrétaire général du syndicat des médecins hospitalo-universitaires (UGTT)


Liste des sigles :
LTDH, Ligue tunisienne des droits de l'homme,
CNLT, Conseil national des libertés en Tunisie,
UGTT, Union générale des travailleurs tunisiens,
A.I., Amnesty International,
PCOT, Parti communiste des ouvriers tunisiens,
RAID Attac Tunisie, Rassemblement pour une alternative internationale de développement,
ADPM, Association des droits de la personne au Maghreb (Canada),
CPR, Congrès pour la république, Parti Démocrate Progressiste, Parti démocratique progressiste,
FDTL, Forum démocratique pour le travail et les libertés,
ATFD, Association tunisienne des femmes démocrates,
CTIJ, Comité tunisien pour l¹indépendance de la justice,
ANAR, Amicale nationale des anciens résistants,
OMCT, Organisation mondiale contre la torture

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[1] Campagne José Bové, contact sadri_khiari@yahoo.fr



Seule la vérité blesse, Mr Ben Ali.

Ben Ali réagit aux articles du Matin


Jilani, le remplaçant potentiel de Ben Ali, agressé à Tunis
Correspondance de Tunis, Le Matin, Nouri Hendaoui

Les incidences de la première correspondance de Tunis, publiée par Le Matin du 18 novembre et intitulée « Mme Leïla Ben Ali s'empare du pouvoir », ne se sont pas fait attendre. D'habitude, quand il s'agit de plats de la vengeance et de représailles, Zine El Abidine Ben Ali préfère les manger froids, après avoir longuement fait macérer leurs ingrédients dans l'eau de sa rancune. Les Tunisiens savent maintenant, après près de quinze ans de pratique du « benalisme », que leur Président prend du temps pour faire germer les scénarios les plus cruels tout en prenant le plus grand soin de ne pas apparaître comme leur initiateur. Cette fois, cependant, le séisme a été tel qu'il a été contraint à une série de réactions qui, pour avoir été rapides et impulsives, se sont révélées médiocres et, finalement, auto-accusatrices.

Première incidence :
Zine El Abidine Ben Ali charge son ambassadeur à Alger, Fadhel Khelil, de faire auprès du gouvernement algérien une démarche officielle de protestation contre la publication par un journal algérien, Le Matin en l'occurrence, d'un article jugé « offensant et diffamatoire contre la personne d'un chef d'Etat ami ». « Curieuse, inopportune et maladroite. » C'est en ces termes que les milieux politiques tunisiens ont jugé la démarche de protestation de leur ambassadeur, en ce qu'ils sont parfaitement au courant du statut de réelle indépendance dont jouit la presse écrite algérienne. Une démarche qui instruit à leurs yeux plus sur l'état d'esprit totalement décalé du Pouvoir tunisien, de sa lucidité très contestable et de son sens politique inachevé. Evidemment, la protestation a tourné court. Les autorités algériennes ont eu beau jeu de rappeler à leurs voisins, avec une courtoise ironie, apprend-on, que la presse algérienne est libre et qu'elles en sont elles-mêmes les premières victimes. Ben Ali aurait donc mieux fait de s'épargner le camouflet. Mais ainsi semble être le Président Ben Ali : il a comme un appétit insatiable de camouflets. Ce qui avait fait dire un jour au Président Chirac : « Je ne comprends pas cette manie qu'il a de multiplier les bêtises. » Sous-entendu les affaires Ben Brik, Ben Sedrine, Hammami, etc. Et la démarche de protestation auprès des autorités algériennes en est une nouvelle

Deuxième incidence :
Ben Ali opère un virage à 180 degrés dans son jeu d'alliances avec les siens. « Nous sommes en train de suivre attentivement, nous disent nos sources, un spectaculaire réchauffement de ses relations avec son gendre Slim Chiboub, époux d'une de ses filles issues de son premier mariage et ennemi mortel de son actuelle épouse Leïla. Avant son mariage avec cette dernière, Ben Ali, qui est cruellement privé d'héritier mâle, tenait Chiboub pour un fils. Il en avait fait un homme à l'influence et à la richesse considérables sans aucun rapport en tous cas avec son rudimentaire niveau de représentant commercial de produits détergents. Il sera néanmoins progressivement réduit à un rôle de figurant au fur et à mesure que Leïla, devenue épouse de Ben Ali après avoir été une de ses maîtresses, organisait diaboliquement sa montée en puissance. Le réchauffement inattendu des relations de Ben Ali avec son gendre, immédiatement après la publication par Le Matin de l'article-bombe au sujet de son épouse pour le mettre en otage, prouve bien, si besoin est, que Ben Ali en est maintenant convaincu. Ce qui constitue un véritable tournant qui va immanquablement donner lieu à un règlement de comptes à mort

Troisième incidence :
des informations persistantes émanant de tous côtés et confirmées par les journaux on-line ainsi que par le mensuel L'Audace font état, depuis la parution de l'article, d'une agression physique contre Hedi Jilani, l'homme que Leïla prépare pour remplacer son mari-ennemi. Le patron des patrons tunisiens a été, selon ces informations, ni plus ni moins que sérieusement corrigé. Après vérification, nous sommes en mesure de le confirmer. L'apparition de Hedi Jilani sur les écrans de la télévision présentant ses vux avec l'ensemble des cadres de la nation à Ben Ali à l'occasion de l'Aïd El Fitr, après une éclipse de trois jours qui a couvert son temps de rétablissement, n'a pas mis fin à la rumeur puisque désormais Hedi Jilani, au vu et au su de tout le monde, circule flanqué de deux inséparables gardes du corps. Il ne les avait pas avant la parution de l'article. Quant à la mise en scène organisée par Leïla qui a consisté à rompre le jeûne en famille dans le restaurant d'un grand palace de la banlieue nord de la capitale (l'hôtel Renaissance) pour atténuer la fièvre qui s'est emparée de Tunis à la suite de la divulgation de son plan, elle a produit l'effet tout à fait inverse. Tout le monde a bien remarqué que Ben Ali n'a pas adressé durant le dîner un seul regard à son rival placé en plus au bout de la table et resté religieusement silencieux. Son souci n'étant plus de s'épargner une disgrâce, mais d'éviter le pire Du reste, les corrections physiques sont le propre de la « méthodologie pédagogique » de Ben Ali. Kamel Eltaief, l'homme d'affaires à qui Ben Ali doit son accession à la magistrature suprême, n'a-t-il pas été victime à deux reprises d'une sauvage expédition punitive et restée jusqu'à ce jour impunie : la première lui ayant mis à sac le siège de sa société et la seconde sa voiture, et ce pour avoir voulu, entre autres, avertir Ben Ali contre les serpentueuses intentions de son épouse ? Quant aux opposants qui ont eu à subir soit une agression physique contre leur personne, soit une violation avec destruction de leurs bureaux, soit une disparition de leur voiture, ils se comptent par dizaines. Une prochaine correspondance sera consacrée à cet état de faits. Aussi, l'agression contre Jilani a-t-elle été rapidement considérée par l'opinion publique comme portant la signature caractéristique de Ben Ali. Elle n'en est pas moins significative en tous cas de l'atmosphère délétère et pourrie de ce qui tient lieu de vie politique en Tunisie, et dont l'article du Matin n'aura été finalement qu'une sorte de révélateur chimique.

Quatrième incidence et non des moindres de par l'importance de sa signification :
Ben Ali vient de renforcer, nous apprennent nos informateurs qui semblent plus que jamais décidés à alerter l'opinion tunisienne et étrangère, le dispositif de sa protection personnelle. Désormais, il ferme sa chambre à coucher à double tour avant de pouvoir y chercher un sommeil de plus en plus fuyard. Un des hommes qui le côtoient régulièrement avoue qu'il craint pour l'équilibre nerveux de Ben Ali à force de s'abreuver de drogues et de médicaments de toutes sortes pour lutter contre le stress et l'insomnie. Il y a de quoi, en effet. En fait, la peur de Ben Ali est née bien avant que le plan de sa femme pour le mettre en otage ne soit révélé à l'opinion et à lui-même. Elle se manifeste d'une manière on ne peut plus criante à l'occasion du moindre de ses déplacements en dehors du palais de Carthage. Les dispositions sécuritaires qui y sont prises sont hors du commun. Au-delà de l'imaginable. Deux jours avant son déplacement, l'endroit où il se rend est passé, à un kilomètre à la ronde, au peigne fin. Pas une maison entourant le lieu de sa visite qui échappe à une fouille méticuleuse, pas un toit d'un édifice public qui ne soit investi par des agents le doigt sur la gâchette, pas une personne soupçonnée de simple sympathie avec l'opposition qui ne soit éloignée. Sous une couverture aérienne d'un ou de deux hélicoptères, son cortège est composé d'une impressionnante suite de voitures blindées qui ouvrent et ferment le convoi Quant aux personnes invitées à être présentes au lieu du déplacement, elles sont sévèrement sélectionnées et préalablement fouillées, fussent-elles membres de l'establishment Une innovation structurelle est apparue en outre récemment. Ce draconien dispositif sécuritaire est désormais assuré par une garde spéciale, prétorienne, dont l'autorité dépend directement et exclusivement de Ben Ali et qui transcende tous les corps constitués, y compris la police, la garde nationale et l'armée. C'est à elle et à elle seule qu'est dévolue la tâche d'assurer la protection rapprochée de Ben Ali. Ses membres agissent dans un mépris total de toute autre forme d'autorité que la leur. Ils bousculent tout durant l'accomplissement de leur mission sans aucun égard à qui que ce soit. Les militants et les fonctionnaires du siège central du RCD - parti au pouvoir - ne reviennent toujours pas de ce qu'ils ont eu à endurer quand Ben Ali s'y était rendu au mois d'octobre pour présider la réunion du comité central. Le siège - un immeuble ultramoderne de 24 étages - a été examiné à la loupe, centimètre par centimètre. Les bureaux ont été vidés, sans ménagement aucun, de leurs occupants. Pas un coin ou recoin, y compris les sous-sols, qui ne fut regardé de près. « C'était ahurissant, raconte un militant qui porte toujours en lui un profond sentiment d'humiliation, nous avons été traités comme si nous étions des assassins potentiels ». C'est dire si celui qui a fait de la sécurité son fonds de commerce politique n'a pas réussi lui-même à vivre en sécurité

Quoi qu'il en soit, des événements et des évolutions à la fois importantes et imprévisibles sont attendues à Tunis par tout le monde. D'autant que la situation économique, contrairement aux images d'Épinal sur « Le dragon de l'Afrique » que serait la Tunisie, est catastrophique et fera l'objet de notre prochaine correspondance. Le bras de fer entre les deux clans est entré dans une phase décisive qui exclut d'ores et déjà la possibilité qu'ils puissent coexister encore longtemps ensemble. Ben Ali n'a plus en fait le choix. Il doit trancher sur le vif s'il ne veut pas lui-même se retrouver tranché de sa propre raison d'être : le pouvoir.



Reçu sur le forum TUNeZINE le 7 janvier 2003
Paroles de syndicat

Source d'infos Union Générale Tunisienne du Travail


EDITO

Irak : Bruits de bottes

La résolution 1441 du Conseil de sécurité de l’ONU censée écarter les risques d’une nouvelle tension en Irak résonne étrangement ces dernières semaines comme une déclaration de guerre tant l’administration américaine s’emploie à la vider de toute substance et à l’instrumentaliser pour des fins militaristes et guerriers. Sans même attendre les conclusions des experts de l’ONU concernant les documents sur le programme militaire de l’Irak que Washington s’est prorogé le droit d’acquérir d’une manière indélicate, musclée et illégale, l’administration américaine multiplie les déclarations hostiles et met en place un dispositif militaire et un arsenal qui tout porte à croire qu’il sonne déjà le glas à une nouvelle campagne contre l’Irak, avec ou sans l’accord du Conseil de sécurité et de la communauté internationale. L’UGTT et les travailleurs tunisiens s’opposent à une nouvelle campagne de destruction d’un pays déjà terrassé par 12 ans d’embargo. Nous estimons que de nouvelles frappes américaines n’auront pour résultats que plus de morts parmi les civils, plus de souffrances pour les femmes et les enfants, plus de destructions des usines et l’anéantissement des moyens de subsistance des travailleurs irakiens. Nous estimons que le mouvement syndical international libre se doit de s’opposer aux nouvelles visées américaines et défendre , comme il l’a toujours fait, les droits humains, la paix et la justice dans le monde.

L’EVENEMENT

ICAP : Un exemple éclatant de solidarité syndicale

Le dénouement heureux de l’affaire ICAP donne la preuve de l’efficacité de la solidarité syndicale et de l’importance de la collaboration entre les partenaires sociaux. L’accord conclu le 10 décembre 2002 entre la partie syndicale, la partie patronale et les représentants locaux de l’administration a permis un épilogue satisfaisant de l’affaire ICAP et l’arrêt de la grève de la faim entamée depuis le 13 novembre 2002 par 22 des employés de cette entreprise mixte de textile de la région de Moknine au sahel. Cet accord stipule la réintégration de certains employés, l’indemnisation conséquente des employés licenciés abusivement par l’administration de l’entreprise depuis le mois d’août dernier, la possibilité pour certains de bénéficier de la retraite anticipée et l’engagement de l’administration à faciliter la reconversion des plus jeunes d’entre–eux dans d’autres secteurs de services. Licenciés depuis le 7 août dernier d’une manière abusive, 22 des employés d’ICAP ont entamé une grève de la faim le 13 novembre 2002 au siège de l’union régionale du travail de Monastir pour protester contre le refus de toute négociation de la part de la direction de leur entreprise mixte de textile qui était jadis le fleuron de l’industrie textile du pays. En effet, cette entreprise étatique dans les années 60 a été privatisée en l’année 2000 ouvrant ainsi à sa nouvelle direction franco-tunisienne la voie d’une gestion arbitraire et abusive : en l’espace de deux ans des centaines d’ouvriers ont été licenciés sous couvert d’un plan de restructuration, des dizaines de machines ont été démontées, celles qui fonctionnaient encore ne sont plus qu’à la moitié de leurs capacités ; et pour mieux dilapider le patrimoine de l’usine, la direction a décidé de vendre les 48 milles mètres carrés de terrain appartenant à l’entreprise. Tout cela accompagné par des mesures abusives contre les ouvriers et un mépris total de leurs droits. La solidarité sans faille entre les travailleurs de ICAP et le sens de la responsabilité chez les responsables syndicaux de la région de Monastir, soutenus par le bureau exécutif de l’UGTT ont fini par vaincre l’entêtement de la direction d’ICAP. Mais ce dénouement de cette affaire ne devrait pas occulter un comportement dangereux de plus en plus répandu du côté des investisseurs étrangers opérants dans le pays consistant au mépris des lois et des droits des travailleurs locaux. C’est dans ce sens que l’affaire ICAP sonne la sonnette d’alarme pour que l’engagement dans la voie de la privatisation de l’économie et l’encouragement à l’investissement ne soit pas au détriment des intérêts de la force de travail.

ACTUELLES

Le Bureau Exécutif de la CISL à Tunis ?
Le prochain Bureau Exécutif de la CISL pourrait se tenir à Tunis. Le principe a été retenu lors de la dernière réunion de la CISL à Bruxelles mais la décision finale sera prise ultérieurement. Au cours de cette réunion, la candidature de l’Union des travailleurs palestiniens, appuyée par l’UGTT a été acceptée à l’unanimité. La Palestine devient ainsi le 9e pays arabe membre de la CISL. Les effets de les mondialisation sur le secteur de la métallurgie La Fédération internationale des ouvriers de la métallurgie, FIOM, a organisé en collaboration avec l’UGTT du 18 au 18 décembre 2002 à Tunis, une réunion régionale des organisation affiliées au Maghreb : Tunisie, Algérie, Maroc, Libye et Egypte. Les participants à cette réunion ont discuté les répercussions de la mondialisation sur le secteur de la métallurgie et les moyens de promouvoir la présence de la femme dans un secteurs d’activité traditionnellement accaparé par les hommes. Plusieurs communications d’experts ont apporté des éclairages sur ces deux axes longuement discutés par les participants à cette réunion. Le 6e congrès de l’organisation africaine de métallurgie et de Pétrole se tiendra à Tunis L’organisation africaine des syndicats de la métallurgie, du pétrole et des industries chimiques a tenu le 12 et 13 décembre à Casa, au Maroc les assises de son Conseil Central qui a décidé de tenir son prochain congrès à Tunis au cours du deuxième semestre de l’année 2003. Par ailleurs, le Conseil Central de cette importante organisation sectorielle régionale a accepté la candidature de nouveaux membres. Il s’agit du Gabon, le Mozambique, le Congo et la Palestine. Rappelons que la délégation tunisienne à été conduite par Mohamed Sehimi, secrétaire général adjoint de l’UGTT et composée par Hassen Issaoui, Hasnaoui Semiri et Faouzi Chibani.

L’USTMA fête son 13e anniversaire
L’Union Syndicale des Travailleurs du Maghreb Arabe a fêté le 7 décembre 2002 son 13e anniversaire. Créée à Casa au Maroc en 1989, cette jeune organisation syndicale régionale regroupe les organisations syndicales ouvrières des cinq pays du maghreb. A cette occasion, le secrétariat général de l’USTMA dont le siège est Tunis a organisé le 9 décembre dernier une cérémonie pour célébrer l’événement. CISA : quels rapports entre les syndicats arabes et les ONG ? Le secrétaire international de l’UGTT, Mohamed Trabelsi a pris part aux travaux de la commission statutaire des relations arabes et internationales de la Confédération internationale des syndicats arabes, CISA, qui ont eu lieu du 14 au 17 décembre à Damas. Les membres de la commission ont analysé la situation syndicale dans les pays arabes et certains pays africains notamment la Somalie, Djibouti et Mauritanie, les relations de la CISA avec les organisations syndicales internationales, ses relations avec les syndicats des pays africains et ses rapports avec les différentes organisations non gouvernementales.

LUTTES OUVRIERES

De nouveaux accords dans les entreprises publiques
Les négociations sociales dans les entreprises publiques sont sur le point d’aboutir. La semaine dernière, un accord a été signé portant sur les augmentations salariales triennales des agents de la Société nationale des chemins de fer tunisiens. Peu avant, deux accords ont été conclus concernant l’Office de l’aviation civile et des aéroports et l’Office de la marine marchande et des ports. Avant eux, à la fin du mois de novembre dernier, 15 accords concernant les agents des sociétés de transport des voyageurs ont été signés. Rappelons que les négociations salariales triennales concernant le secteur privé et les agents du secteur public qui se sont étalées sur six mois depuis avril dernier ont abouti à des résultats probants qui ont préservé les droits et les acquis des travailleurs tout en prenant en considération les difficultés économiques du pays suite à trois années de sécheresse et aux incidences fâcheuses de l’attaque du 11 septembre 2001 sur le tourisme tunisien.

Grèves
Les travailleurs de la raffinerie de pétrole de Bizerte ont observé le 20, 21 et 22 novembre dernier une grève de protestation contre le refuse de la direction de tenir des réunions de négociation avec leurs représentants.
· Les travailleurs du complexe du sucre à Jendouba, nord ouest, ont observé le 25 décembre dernier une grève de 4 jours pour protester contre le blocage des négociations sociales dans leur entreprise. Rappelons que l’administration propose des augmentations salariales qui ne représentent que 59% des augmentations de la période 1999 – 2001. Bien entendu, ces propositions ont été rejetées par les représentants des travailleurs et une première grève de 2 jours avait même été observée le 10 décembre dernier pour pousser l’administration du complexe du sucre à réviser ses positions. En vain.
· Le bureau exécutif de l’union régionale de travail de Gabès au sud du pays, a adressé aux autorités compétentes un préavis de grève concernant la Société de marbre. Cette grève de 3 jours (du 6 au 8 janviers 2003) entend marquer le mécontentement des employés de la société de marbre Gabès après le refus de la direction de respecter les accords conclus avec la partie syndicale.
· Les employés des 3 entreprises appartenant au groupe Triki à Sfax ont observé le 12 novembre une grève pour défendre le droit syndical et s’opposer aux mesures abusives prises systématiquement par la direction du groupe contre les représentants des travailleurs.
· La grève des employés de la santé dans le région de Sfax au sud du pays a été un sucées. 100 pour cent des employés de la santé ont répondu à l’appel du syndicat le jeudi 12 décembre pour défendre le droit syndical et réclamer la réintégration de leurs camarades licenciés.
· Les marins de la région de Sfax ont observé le 9 décembre dernier une grève pour protester contre une circulaire ministérielle concernant les contraventions et les amendes jugées excessives et arbitraires par les métiers de la mer et leurs représentants .
· Les employés de la briqueterie de Bizerte ont porté le 16 décembre le brassard rouge en signe de protestation contre leur direction qui refuse de tenir une réunion de négociation avec les représentants des travailleurs concernant plusieurs revendications professionnelles et sociales.

Union générale tunisienne du travail /UGTT

7 janvier 2003
Enseignant ? ça eût payé ...

Enseignants universitaires :
à quand la prime Yahyaoui, le juge


Je voudrai attirer votre attention sur ce forum sur cet état de chose et vous détourner des analyses trop théoriques, dogmatiques et des débats stériles entre islamiques et laîcs comme ci on se trouve à un deuxième tour des élections démocratiques. Et comme disait OM ZIAD: "dans le noir, on ne distingue pas les couleurs".

Un complexe résidentiel au profit des magistrats à Bizerte

Un complexe résidentiel va être construit à Bizerte au profit des magistrats exerçant dans la région. Le complexe comprendra 29 appartements sur une superficie totale de l’ordre de 3.526 m2, soit 100 à 135 m2 par appartement en moyenne. Une enveloppe de l’ordre de 1,880 million de dinars devrait être consacrée à la réalisation de ce projet dont les travaux seront engagés au cours du premier trimestre de l’année 2003. La concrétisation du projet devrait s’étaler sur 12 mois.

Beaucoup plus docile envers le régime de ben ali, beaucoup plus effacé de la dynamique de la société civile exigeant une vraie démocratie et des vraies libertés civiles, le corps des enseignants universitaires (dans sa majorité) n'en est pas pour autant choyé que le corps des magistrats et des juges. En effet, pour des diplômes plus élevés (minimum requis bac+6), la moyenne des salaires (primes et avantages en nature comprises) que touchent les enseignants des universités tunisiennes est beaucoup moins élevée que celle des juges et magistrats qui dans leur majorité sont dépourvus de diplômes post-universitaires.

Ce qui me permet de déduire que la prime "juge Yahyaoui" n'est pas exclusivement fonction exponentielle positive de la variable "docilité" (avoir même la carte du Rcd pour un grand nombre d'universitaires faisant partie de la génération ben ali).

Salut

Commentateur

10 janvier 2003
Comment espérer encore ?

A quand la délivrance ?


Par ces quelques lignes, je vais tenter d’exprimer la lassitude, la souffrance, le désespoir de tout un peuple, peuple au passé noble, a l’histoire millénaire. Tout tunisien, digne de ce nom, se doit de réagir aux atteintes à la dignité humaine, aux droits fondamentaux que subit tout un chacun depuis le 7 Novembre 1987. Fête nationale pour le système et ses privilégiés, jour sombre pour toute une nation.

Depuis l’accession au pouvoir, ‘Tonton’ BENALI n’a cessé d’opprimer toute personne qui osait exprimer une opinion différente de la sienne. Des milliers d’opposants ont été jetés en prison dans des conditions inhumaines, certains depuis plus de dix ans, pour avoir exprimer leur opinion pour le bien de tout un peuple. Ajouté a cela, le harcèlement que subissent les familles des détenus politiques, tels que la privation des droits essentiels (droit aux soins médicaux, a l’éducation, a l’emploi).

évasionAu fil des ans, notre président ‘élu’ s’est bâti tout un empire économique, avec l’aide de sa famille, voire sa belle-famille, en se servant dans les caisses de l’état, au détriment des citoyennes et citoyens tunisiens luttant tous les jours contre les affres de la pauvreté tout en tenant compte de leur privation de tout ce qui peut se rapporter aux normes de la liberté, la dignité, la loyauté, la persévérance et de la décision. Dans une telle situation, des milliers de jeunes tentent une fuite vers d’autres cieux plus cléments au détriment de leur liberté et de leurs vies. Exemple pris sur les quatorze (14) noyés sur les plages italiennes.

Dignité ? Ehh… Qui ose dire vivre un état d’esprit dans lequel il peut se voir maître de lui-même sans se voir pencher la tête tout en s’assourdissant d’effets mesquins dont il ne peut échapper dans son quotidien. Dire ne plus avoir son propre droit à se faire monter une idée ou un projet même si ces derniers constituent pour lui un propre rêve déclinant d’une énergie tenace propre a son concept familial axé de son propre phénomène sous réserve qu’il soit père, fils ou enfant.

Loyauté ? Comment et quand ? Pourront espérer vivre ou toucher un instant où quiconque rien que par son origine et dire honorablement ‘Tunisien’ sentira, vivra la paix de choisir en premier et en dernier des effets de ses pensés ou de ses actes.

Il suffit de voir ou de vivre l’obsession du jeune tunisien perdu au plus profond de lui-même pris entre l’enclume de ses espérances et le marteau de son entourage exprimé par une mauvaise volonté de parvenir a lui tendre la main dans l’espoir de réaliser un rêve pour en faire de lui une personne de bonne volonté et de sainteté d’esprit.

Malheureusement, penser comme tout tunisien le sait ne fait pas plus partie d’un espoir mais plutôt d’un horrible cauchemar évident du moment où la moindre de ses manifestations se rapporte ou touche au milieu politique ou Présidentiel, car et malheureusement encore faut-il se poser réellement la question : Est-ce que le peuple tunisien octroi et vie concrètement un régime présidentiel ou il ne s’agit que d’un nouveau type de dictature caché sous des griffes de peine et de malheur.

Malgré tout et ce n’est pas tout, vivre avec un réel esprit tunisien nous conduit tout le temps et malgré tous les obstacles, vivons l’espoir et l’esprit de la persistance et de l’optimisme quant a une nouvelle année la où nous ne céderons pas et nous ne baisserons pas les bras et ce a travers nos diverses énergies comme nous le faisons a travers notre association qui encore une fois vous invite a avoir l’esprit lucide quant a notre volonté de vivre libre et saint de tout malfaisant pouvant nuire au minimum et au plus superficiel de la qualité et l’esprit tunisien.

Tout en gardant une pensée pour un peuple qui souffre tous les jours, en leur souhaitant une année pleine de liberté et de paix.

Que vive la Tunisie libre

Mehrez Drandi
Association des Jeunes Tunisiens au Canada
www.ajtc.org
admin@ajtc.org


03 janvier 2003
Fond sonore : I'll stand by you