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Bonne Lecture !
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طائر الفجر | |
| أم مثل إن مثلك انعدم. أينتظر الزهو منك سجان أم لحنك الصمت و الصمد غني يا عصفر لا أرثي لحالك غني يا شادي القصور أمثل عصفري صاحبي أنت
أو لم تربى على الحبور
أمثل عصفوري يا صاحبي يرهبك القضيب و يضيق من قفص جديد رعب انهيار و اندحار أم عنت يذكي الوقار أو مثله تلقى السؤال و ترد صدا لا تبالي غني يا عصفور إيقاع التمني فلعل فنك بعض فني لم تحصي في القضبان حدا بعد حد ؟ و ترى الأنامل من يدي جندا كجندي أتعدني الطاغوت و الطاغوت ضدي إرحل لعلك الآمال تدركها بعيدا طر لرفيق خلف قضبان الحديد غنيه لا تدمع عيونه غنيه لا تذكي شجونه و اهتك بشدوك الحر صرح سجونه. | |
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المختار اليحياوي
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04-03-2003
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Le mal arabe | |
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Le professeur Moncef Marzouki a eu la gentillesse de
menvoyer le manuscrit de son livre, encore inédit, intitulé « Le mal
arabe ». Je lai lu dun seul trait, le jour même de sa réception par
courrier électronique. Avant de faire la critique de ce livre dans le
prochain numéro de TUNeZINE, je voudrais en citer les trois passages
qui mont touché le plus. Le premier extrait parle de ces Tunisiens
oubliés de Dieu et des hommes, doublement écrasés. Broyés par
limpitoyable machine répressive du régime et anéantis par la misère
économique. Le deuxième passage parle du téléspectateur d«Apostrophe »
le plus attentif et attentionné que Bernard Pivot ait jamais eu durant
toute sa carrière de journaliste culturel. Enfin, le troisième extrait,
qui pourrait bien inspirer le scénario dun court métrage, ma fait
rire et pleurer en même temps. Franz Kafka, le Juif tchèque
germanophone, est aussi un prophète tunisien
O.K. | |
| Entre lIntégrisme et la dictature, la Démocratie interdite | |
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PREMIER EXTRAIT
Aujourdhui cest ma tournée des grévistes de la faim. Ce nest pas plus amusant que la tournée des prisons ou des tribunaux, mais cest tout aussi instructif sur la face cachée de la Tunisie. Dans la voiture javais demandé à mon compagnon Lassaâd Jouhri de parler dautre chose que du commerce des mignons dans les prisons. Nous allons dabord chez Heidi Bjaoui en grève de la faim dans sa maison depuis des semaines. Il réclame ses droits élémentaires : papier didentité, carte de soins, travail. Lhomme a été condamné pour appartenance à Ennahda le parti islamiste écrasé au bulldozer. Il a purgé sa peine, mais la voilà qui continue sans la moindre justification légale. A peine installés, nous parlons des enfants et de leurs résultats dexamens pour oublier quon était au trente quatrième jour dune grève qui naboutira à rien. En prison, on refusait de nous communiquer les carnets de note de nos enfants. Les gardiens étaient jaloux des résultats. Cest bien connu que les enfants des prisonniers politiques sont les élèves les plus brillants par un mécanisme psychologique simple à imaginer. Comment fuir cette maudite répression ne fut-ce quun instant ? Je tire la longue tresse de la petite assise à côté de moi. Mes filles se sont coupé nattes et queues parce que je leur tirais toujours, et toi ton père, te tire-t-il les cheveux ? Jouhri intervient : Dites lui quil nest pas question de participer à la grève de la faim de son père. Des enfants faisant la grève de la faim. Seigneur dieu, dans quel pays je vis ! Nous devons aller rendre visite maintenant à un autre gréviste de la faim, tout aussi anonyme, et qui fait sa petite grève, dont personne na entendu parler, dans un village qui nexiste sur aucune carte. Il sappelle Abdessalem Smiri. Comme tous les anonymes il est au bas de léchelle socioprofessionnelle. Il est tourneur, sachant à peine lire, et vit dans un patelin au nord de Tunis au nom ridicule Ezzahra", car il ny a pas beaucoup de fleurs dans cette bourgade dont le nom en français donnerait la fleurie. Notre anonyme en question vit donc dans une maison ou plutôt une masure anonyme au fond dune ruelle poussiéreuse qui, cela va sans dire, ne porte pas de plaque. Je le trouve couché par terre sur une couverture rapiécée et ce sera le seul meuble dans le décor , car voyez vous les anonymes, les vrais, les durs, les purs, sont souvent TRES pauvres. En général, ce genre dêtres, sous dautres cieux, et même chez nous ne mange pas à sa faim, mais celui-là ne mange pas du tout. En grève de la faim depuis une semaine, lhomme na pas du tout lair bien. Comment un tel vieillard peut-il tenir depuis une semaine ? Je demande à Si (monsieur) Abdessalem son âge. Sa réponse me glace le sang. Le vieillard est plus jeune que moi. Il a à peine cinquante ans. Je cligne des yeux incrédules. Il en parait au moins soixante dix. Ici on fait intervenir dans la description de lanonyme, le flot de souffrances dont personne, bien entendu, na jamais entendu parler et qui ont blanchi la barbe et la crinière, voûté le dos, tracé sur le visage ces rides si profondes quon les prendrait pour des balafres. Arrestation selon le scénario quaffectionne la dictature. Des super flics sur le toit mitraillette au poing, le village bouclé, linterruption brutale dans la masure, les injures, les bousculades, la fouille (avec le grand classique du matelas découpé au couteau). Il aurait suffi, me dit-il dune convocation. Eh ! Oui mon vieux, mais comment se seraient-ils fait plaisir ? Donc arrestation, Donc torture, Donc condamnation à huit ans de prison sur une présomption de collusion avec les Islamistes. Mon compagnon de visite, islamiste et fier de lêtre, me dit accablé : huit ans pour rien. Lhomme nétait pas des nôtres. Il sait de quoi il parle parce que Lassaâd Jouhri emprisonné pendant des années, rendu paralysé par la torture a été jugé avec lui dans la même affaire. Les anonymes sont dexcellentes victimes expiatoires, et le menu fretin a toujours constitué le terrain de prédilection pour ce quon appelle sous dautres cieux, les erreurs judiciaires. Lhomme parle de ces années dhorreur avec des yeux embués. Un détail me frappe Sous la torture, ils mont cassé le poignet droit. Ils ont fini par memmener à lhôpital. Le gardien ma mis les menottes sur ce poignet. Je lai supplié de me les mettre sur lautre. Il a refusé. Je hurlais de douleur. Je vois : de lacier froid et très serré sur de ldème. Finissent enfin huit années de cauchemar dans lun des systèmes pénitentiaires les plus odieux de la planète, pourtant riche en lieux dhorreur et dabjection. Je sors pour quun autre cauchemar commence. Je retrouve mon travail de tourneur. La police sen mêle. Mon patron me chasse sans explication. Jessaie douvrir un garage de réparation de bicyclettes. La police sen mêle et le propriétaire annule la location. Les enfants nallaient plus à lécole depuis longtemps .Le petit dernier narrêtait pas de déambuler dans les vergers se parlant tout seul. Maintenant cela va un peu mieux, mais jai eu peur quil ne devienne fou. Ma femme, malade, sen va chercher du travail tous les matins chez les maraîchers du coin. Elle trime du matin au soir pour cinq dinars la journée (cinq euros). Elle revient accablée d e fatigue le soir pour soccuper du dîner et des trois enfants. Comment allons nous manger si elle tombe malade ? Nous navons pas droit au carnet de soins gratuits qui nest donné quaux gens du parti. Comment achèterions les médicaments alors que nous navons à peine de quoi manger ? Cest signé. Je reconnais toute le savoir faire de ce grand technicien de la répression quest Ben Ali. Feu de tout bois sur lennemi exécré. A la porte de Borj Erroumi, la prison qui surplombe Bizerte, et dont je sortais après avoir rendu visite à mon frère Mohamed Ali condamné à ma place à deux ans , une vieille femme pouvant à peine marcher, sapproche de moi. Mon enfant peux tu memmener avec à Bizerte ? Cest si difficile de trouver un taxi. Pendant quon roule La vieille femme, éclate en sanglots. Ces hommes ont-ils donc une mère ? Ont-ils des enfants ? Comment peuvent ils être si cruels ? Sont-ils seulement des musulmans ? Ne craignent-ils pas Dieu ? Je suis obligée demprunter à mes voisins pour pouvoir voir une fois par mois mon fils. Quest-ce que cela leur aurait coûté de le laisser à la prison de Sfax ? Non, il a fallu quils le mettent à Bizerte. Jhabite dans lîle de Kerkennah. Alors je dois prendre le ferry jusquà Sfax, un louage jusquà Tunis, un autre jusquà Bizerte, puis un taxi. Tu me vois faire tout cela à mon âge. Chaque visite me ruine et la bourse et la santé. Pourquoi font-ils tout cela ? Nont-ils pas de mère, nont ils pas denfants ? Sanglots le reste du chemin. Ils font cela de façon systématique et délibérée pour tous les prisonniers politiques .Ceux du Nord sont envoyés dans le Sud et vice et versa. Il faut isoler encore plus les prisonniers, déchirer au maximum les liens familiaux et assouvir une vengeance inextinguible. Ce que lon ne souligne pas assez cest a quel point tout dictateur est un extrémiste. Son exigence de la soumission totale est poussée jusqu au ridicule. Enfermé dans une logique paranoïaque, il se donne raison contre le monde entier. Il ignore ce quest le dialogue avec les adversaires politiques, ne laisse place à aucune négociation, accumulant les ennemis sur létendue du spectre politique. La caractéristique de tout système politique extrémiste quel qu'en soit le fondement ou lalibi idéologique - est dexiger une forte dose de violence pour perdurer. Rien détonnant à ce que le dictateur ait introduit dans le pays un tel niveau de brutalité inconnu auparavant, car inutile du temps de Bourguiba. Ne sachant pas faire des compromis en bon extrémiste, il est condamné à exercer encore plus de répression pour maintenir un pouvoir devenu de plus en plus intolérable et illégitime. Il existe une loi immuable en politique qui lie le niveau de violence politique à lillégitimité du système et à lextrémisme de ses dirigeants. Quand je pense à ce quont subi les Islamistes je nai quun mot qui me vient à lesprit : Apartheid. Ces tunisiens, idéologiquement de couleur noire, doivent être constamment stigmatisés comme terroristes, obscurantistes. Il faut les faire craindre et haïr par le reste de la population et donc les isoler, les retrancher du corps social. Les prisonniers nont aucun droit humain reconnu. Leurs familles doivent être disloquées chaque fois que cest possible. Il faut les affamer en punissant sévèrement toute aide, de quelque origine quelle vienne. Hors des prisons, ils peuvent survivre par tolérance et en rasant les murs. On voit moins de barbes ou de voiles dans les rues de Tunis, que dans le métro de Paris ou de Washington. On doit leur interdire le travail ou les acculer à exercer les plus bas métiers même quand ils sont ingénieurs ou informaticiens. Il est hors de question quils accèdent à la fonction publique. Ce sont des citoyens de seconde zone dans un pays où, il nexiste pas de citoyens de toute façon. Un jour, une jolie jeune fille, habillée en jeans et T-shirt, les cheveux au vent est venue au siège du Conseil National pour les Libertés en Tunisie (CNLT) raconter une de ces nombreuses histoires de lapartheid. Son fiancé, officier, sest vu interdire de se marier avec elle parce quelle a dans sa famille un lointain cousin emprisonné pour Islamisme. La fille était au désespoir et nous avec. Comment peut-on pousser la haine à un tel niveau ? Quelles blessures profondes porte cet homme qui nous gouverne, que le pouvoir na pas guéries ? De quelles humiliations secrètes, subies on ne sait trop quand, où et comment, se venge-t-il ? Avec quels fantômes règle-t-il des comptes qui ne seront jamais soldés ? Pour qui devons nous payer ce prix prohibitif quest la souffrance de tout un peuple ? Le plus dramatique et drôle à la fois cest que de tous les Tunisiens, condamnés par lui à vivre dans la peur, il est probablement le plus terrorisé. Jai souvent réfléchi à la tactique du pouvoir avec les anciens prisonniers politiques. En sortant de prison, ils ne doivent ni travailler, ni sortir du pays chercher du travail, ni recevoir aucune aide selon la règle que tout le monde connaît cinq=cinq. Un don de cinq dinars fut-ce à un proche entraîne cinq années de prison. Une partie des prisonniers politiques sont les victimes du cinq=cinq. Comment condamner des milliers de familles à la faim, des femmes à la prostitution sans pousser les gens à la révolte ? Puis jai compris que tel était justement lobjectif. Ainsi on pourrait justifier a posteriori toutes les horreurs de la décennie noire et justifier le maintien de la machine répressive, au chômage depuis des années, et dont les pièces commencent à rouiller sérieusement. Le génie de notre peuple a été justement dopposer au terrorisme de lEtat une résistance pacifique, ou des hommes et des femmes ont brandi des principes contre des intérêts, la non-violence contre la brutalité, lintelligence face la bêtise la responsabilité face à la plus criminelle des irresponsabilités que peut commettre un pouvoir : pousser ses propres administrés à la violence. Je ne demande rien dautre que dêtre traité comme un humain. Je veux retrouver mon travail de tourneur, faire vivre ma famille, est-ce trop demander ? Cet homme meurtri dans sa chair et son âme, depuis tant dannées, qui na pour réclamer ses droits que cette dérisoire grève de la faim, est le symbole anonyme de ce refus calme et patient du règne de la force et de la brutalité. Je songe un instant au principe sur lequel fonctionne cette géniale invention quest la grève de la faim. Moi homme, je madresse à toi, qui sous ta carapace de colère, de peur et dignorance, reste mon semblable et mon frère, pour te demander de mettre fin à mes tourments. Je subodore que toi non plus, car comme moi enfant né dune femme et dune mère, tu nes ni heureux ni fier de tout cela. Alors rencontrons-nous et faisons la paix. Mais quelle chance a ce message de toucher le cur dun tel système, dun tel homme ? Tout dépend de lépaisseur de la couche de cynisme, de colère, de peur et dignorance que le message doit traverser pour parvenir à cette profondeur ou le divin est enfoui en chacun dentre nous. La nappe peut être chez les uns à ciel ouvert ou à quelques pas sous vos pieds. Creusez, creusez, ce nest quune question de profondeur même chez le serial killer. Des fois le miracle se produit. Bourreaux et victimes tombent dans les bras les uns des autres et la vallée de larmes devient lespace dun instant la vallée des sourires. Mais certaines âmes sont enfouies sous une couche si épaisse que le signal rebondit comme une balle de caoutchouc sur une plaque de ciment. Nous sommes pour linstant dans ce cas de figure. Point de miracle, mais la sordide réalité. Lhomme naura que ses yeux pour pleurer, et moi toute mon expérience de la psychothérapie pour le convaincre darrêter une grève suicidaire ne fût-ce que pour pouvoir continuer le combat. Je suis saturé de toute cette souffrance mais le pire est à v enir. En sortant de chez le vieux Abdessalem , Jouhri me chuchote à loreille. Dis à la vieille quil nest pas question quelle participe à la grève de la faim de son fils. Je le regarde sans comprendre. La mère de notre gréviste ne mange plus depuis que son fils sobstine à ne rien avaler. A son âge cest une folie. Je regarde éberlué une petite vieille ratatinée, portant sur son visage toute la mélancolie de ce monde. Elle nous tend un plateau avec des verres de Fanta et quelques gâteaux secs avec des larmes silencieuses. Des vieillards et des enfants faisant la grève de la faim ! Existe-t-il pire indicateur sur le délabrement moral de ce pays ? Le cur, disent les Français doit se bronzer ou se briser. Le mien se bronze et se brise à la fois. Pourtant la médecine ma bien entraîné à résister à la souffrance de lautre. Cette résistance est lune des garanties de lefficacité du combat contre elle. Mais comment lui résister quand elle vous environne de toute part, quand elle est à la fois dehors et dedans ? DEUXIEME EXTRAIT
-Il ny a pas que la chaîne tunisienne, me dit le gardien dun air entendu. -Comment ? Jai vu dès le premier jour que le bouton de changement de chaîne est enlevé. -Oui mais il y a le truc du bâton dallumette. Cest si simple. Oh vous les intellectuels ! Je tends loreille brusquement intéressée. -Tu vois, il suffit de mettre le bâton dans le petit trou et de tourner doucement. Mon premier rayon de lumière : la complicité des humains contre leur propre inhumanité et ce, par delà la distribution des rôles dans la tragi-comédie de lexistence. On ma souvent parlé de ces comportements paradoxaux y compris dans les salles de torture. Génial comme disent mes filles. Ça marche. Enfin pas souvent. Je me souviens davoir suivi un soir toute une émission de Pivot sur Voltaire, debout, avec mon bâton dallumette enfoncé dans le trou de la machine, pour maintenir un semblant dimage. Jamais Apostrophes na eu un téléspectateur plus méritant. Lun des secrets de la résistance de notre humanité tiendrait-elle aussi à notre capacité à nous créer des plaisirs humbles et des joies secrètes même dans la pire situation ? TROISIEME EXTRAIT
Il est rare que des tunisiens honorent des compatriotes. Même au sein de la mouvance des droits de lhomme, la rivalité peut être sans merci Nous voulions par ce prix, adoucir les murs rudes du mouvement démocratique, et rompre avec une tradition bien établie que seuls des associations de la société civile internationale, étaient capables de reconnaître les hommes et les femmes de qualité dans notre pays. Nous navions pas dargent pour doter ce prix et la médaille était de bric et de broc. Mais quimporte pour nous cétait Le prix. Je faisais chaque 10 décembre au soir un discours enflammé et notre doyen remettait en grand cérémonial un parchemin en papier ordinaire et une médaille sortie de la débrouillardise de Sihem Ben Sedrine. A cette occasion La maison de maître Chakroun se transformait en maison de la liberté. Mais ce 10 décembre 2000, mon problème est dy arriver. Impossible de semer mes éternels anges gardiens. Je hèle un taxi. Cest un cortège qui se forme derrière moi. Je saute du taxi. La meute sort de partout. Cest hallucinant. Ils me serrent de façon provocante. Je nai jamais vu rien de pareil dans ma longue carrière de gibier de la police. Jai en permanence limage de la chasse à courre. Je veux fatiguer ces fonctionnaires, mais en vain. Dans les ruelles où je mengage pour me débarrasser des voitures, ils lâchent sur moi les motos. Je décide de ne pas aller chez le doyen, craignant dêtre celui qui conduira la meute à la maison supposée non brûlée. En fait, ils savaient tout et la maison était bouclée depuis belle lurette. Tous nos invités avaient été refoulés, certains molestés. La police les pourchassera jusque dans les cafés pour les empêcher dêtre ensemble. Il y a de plus en plus de flics. Il en sort de partout. Bientôt je marche sur le trottoir avec une moto, roulant à mon pas, quasiment collée à moi et. Les rares piétons, sautent sur la chaussée inquiets de ce manège inhabituel. Soudain je me rappelle le prix ! Il faut quil soit décerné ce soir. La commission lavait attribué cette année à la ligue. Essoufflé, je rentre dans le premier taxiphone ouvert et jappelle son président Mokhtar Trifi. Il me confirme que les armées policières sont à pied duvre dans tout le pays. Les barrages, interceptent sur la route de Bizerte, les amis venant pour la cérémonie. Bon lui dis je, oublions tout cela. Je prends ma voix la plus solennelle en surveillant lentrée menaçante des policiers et le visage effrayé du propriétaire : Au nom du CNLT, je suis heureux de remettre le prix Hachemi Ayari de cette année 2000, à la Ligue tunisienne des droits de lhomme pour sa détermination à sauvegarder son indépendance et à lutter pour les libertés en Tunisie. Ouf, cest fait. Je sens Trifi aussi ému que moi à lautre bout du fil. -Je suis très honoré par ce prix. Nous allons continuer quoi quils fassent. | |
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Moncef Marzouki
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Transmis le 8 mars 2003
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Affaire n° 93808/11 Groupe de Zarzis | |
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Ligue Tunisienne pour la défense des droits de lhomme Infos Express 9 mars 2003 | |
| Ont comparu aujourdhui 8 mars 2003 devant le juge
dinstruction auprès du tribunal de première instance de Tunis
M. Faycel BOUSLIMI, les détenus suivants :
- Abderrazzek BOURGUIBA, né le 1er avril 1985, élève en 6ème année mathématique, arrêté le 8 février 2003 dans son domicile dans le gouvernorat de Zarzis, mineur de point de vue pénal. - Abdelghaffar BEN GUIZA, né le 10 août 1982, peintre, arrêté le 10 février 2003 à 23h00 dans son domicile par trois policiers en civil dans le gouvernorat de Zarzis. - Hamza MAHROUG, né le 4 octobre 1982, élève dans un institut de tourisme, arrêté le 9 février 2003 vers 1H30 après minuit dans son domicile par une dizaine dagents en civil. - Omar RACHED, né le 19 août 1982, élève en 6ème année technique, arrêté le 8 février, dans son domicile vers 21h00 par cinq agents en civil accompagnés par le « Omda » du village dEl Mouanassa à Zarzis. Une quinzaine davocats étaient présents pour les assister.
Ils ont exigé le renvoi de laudience après le refus du juge
dinstruction et leur donner des permis de visite de leurs
clients à la prison civile de Tunis et une copie des
documents, objet de la saisie effectuée sur eux selon les
dires de la police. Après une discussion très vive sur la
nécessité du respect des droits de la défense, le juge a
accepté de renvoyer laffaire à la date du mercredi 12 mars
2003 tout en promettant de permettre aux avocats de visiter
leurs clients et de leur fournir une copie du dossier des
documents objet de la saisie.
Rappelons que deux autres accusés : - Omar Farouk CHALENDI, né le 18 novembre 1982, étudiant à la faculté des Sciences de Gabès, arrêté le 8 février 2003. - Ridha Bel Hadj IBRAHIM, né le 17 juillet 1966, professeur, arrêté le 8 février 2003 à Zarzis. ont été entendus le 03 mars 2003 par le juge dinstruction, sans la présence davocats en ce qui concerne Ridha BEL HADJ IBRAHIM. Ces accusés ont été déférés par le procureur de la république, le même jour, devant le juge dinstruction pour les chefs dinculpation suivants : - Constitution dune association dans le but de préparer et de commettre des agressions contre les personnes et les biens et en vue de semer la peur et la terreur. - Mettre à la disposition dun local pour la réunion de cette association. - Organisation de réunion sans autorisation. - Vol et tentative de vol. - Fabrication de matières explosives, les transporter et les emmagasiner - Possession sans autorisation dobjets et de matières entrant dans la constitution dengins explosifs. Les quatre accusés Abderrazzek BOURGUIBA, Abdelghaffar BEN GUIZA, Hamza MAHROUG, Omar RACHED ont déclaré au cours de laudience à leurs avocats quils ont été torturé tout au long des dix premiers jours après leur arrestation. Ils ont été transférés dès leurs arrestations à Tunis au siège du Ministère de lIntérieur ( Sûreté de lEtat ) où ils ont été laissés les premières vingt quatre heures sans manger, et où ils sont restés dix sept jours. Pendant les dix premiers jours, ils ont été interrogés sous la torture : coups avec des bâtons, coups de poings et coups de pieds sur tout le corps, morsures des oreilles ; suspension de Hamza MAHROUG et Omar RACHED par les mains au plafond, après les avoir dénudés dans le froid glacial ; suspension accompagnée de coups de bâton sur les pieds et les bras. Linterrogatoire ininterrompu durait pendant les quatre premiers jours de neuf heures du matin au soir, puis au cours des six derniers jours de midi au soir. Abderrazzek BOURGUIBA ( 17 ans ) a déclaré quil était tellement terrorisé quil a cru être devenu malade des nerfs. Hamza MAHROUG a déclaré quil a sérieusement pensé à se suicider pour échapper à la torture. Omar RACHED a déclaré quil a fait une grève de la faim le deuxième et le troisième jour ce qui lui fait trois jours sans avoir mangé ; quil a été vraiment terrorisé quand on la menacé damener sa mère et sa sur pour les torturer dénudées en sa présence. Après ces dix jours de tortures, ils ont été laissés dans des cellules individuelles pendant une semaine, vraisemblablement pour que les traces apparentes de la torture disparaissent. Puis ils ont été transférés à la caserne de Bouchoucha au environ du 25 février 2003 ( ils nont pas pu déterminer la date exacte du fait de la torture et de lisolement ). Ils ont été extraits environ trois fois de cette caserne pour être interrogés encore à la caserne dEl Gorjani. Tous les quatre ont déclaré quils ont signé des P.V de police sous la menace de les faire retourner au siège de la Sûreté de lEtat où ils ont été torturés. Omar RACHED a déclaré quil a signé un P.V de police à El Gorjani sans avoir été interrogé. Pendant les six jours où ils ont dormi à Bouchoucha, ils avaient eu faim parce quon ne leurs donnait quun seul casse- croûte toutes les vingt quatre heures. Les P.V de police prétendent que les arrestations ont commencé le 26 février 2003 sous la direction de la section des affaires criminelles de la police judiciaire alors que des attestations en possession davocats que ces arrestations ont eu lieu le 8 février 2003 ; et que des actions urgentes ont été émises par des ONG bien avant la date du 26 février 2003. Rappelons que larticle 13 bis de code de procédure pénale limite la durée de la garde à vue à trois jours renouvelable par le procureur de la république une seule fois ; que larticle 251 du code pénal considère larrestation ou la détention sans ordre légal dune personne comme un crime punissable dune peine qui peut aller jusquà la perpétuité ; que larticle 101 bis du même code considère la torture comme un crime punissable de huit années de prison. Il est à noter aussi que la police a consigné dans ses P.V quelle a saisi sur deux accusés ( Hamza MAHROUG et Omar Farouk CHALENDI ) des documents divers accessibles par internet, un tube de colle et un bout dune carte de téléphone collée par un fil à un bout de matière plastique. | |
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Tunisie, 6 mars 2003
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Où êtes-vous ? | |
La réussite de ZABA c'est dans le fait d'avoir baillonner la
Que se passe-t-il ? où sont les opposants ? où sont les résistants ? où
sont les militants ? où sont les défenseurs des droits de l'homme ? où
sont les penseurs libres ?
Liberté d'expression. Ici on trouve un espace pour l'exercer et personne n'en profite. A trop vouloir laisser le terrain au despote, nous allons laisser non seulent nos libertés mais bientôt notre dignité. Car il ne va pas s'en priver pour nous humilier encore plus, pour raffler toutes les richesses du pays. Continuons sur ce chemin et l'opposition va rester dans l'opposition pour des lustres ;-) Si les prisonniers sont encore dans les géôles c'est parce qu'en les isolant l'activité a baissé. Par exemple pour Hamadi, personne n'a repris sa pertinence, sa justesse et son courage dans l'écriture. Donc ZABA pense qu'il a raison de continuer à le laisser en tôle. Un autre exemple, pour Zouhair, depuis son incarcération, il n'y a plus sur le forum des discussions aussi poignantes et aussi régulières. Le e-mag n'a plus de contributeurs et les sujets de discussions sur le forum futiles. Alors ZABA à tout à fait raison de penser qu'il a cassé une dynamique. Que faire ? C'est à nous de reprendre le flambeau et de montrer à la dictature que NON, la résistance ce n'est pas les prisonniers d'opinion seulement. On est tous avec eux et on est tous très déterminés. C'est à nous de lui prouver qu'il n'a pas mis un terme à la révolte en emprissonant quelques personnes. Le combat continue. A vos plumes messieurs, dames... A vos claviers pour débattre des sujets concernant la Tunisie de demain. Avant2004 , après ça sera trop tard !!! Discutons de sujets important pour notre avenir et laissons de côté les réflexions assassines, les insultes mutuelles et le non respect qui est devenu de rigueur. Proposons, débattons, échangeons... En un mot CONSTRUISONS. Et ensemble si possible ! | |
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TIZ
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Forum TUNeZINE, 6 mars 2003
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INTERVIEW DE SIHEM BENSEDRINE | |
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Omar Khayyâm: Bienvenue à TUNeZINE Sihem et merci pour le numéro spécial
de Kalima sur Zouhair Yahyaoui, notre rédacteur en chef. Sihem Bensedrine: C'est plutôt vous, léquipe de TUNeZINE qu'il faut remercier pour avoir maintenu la pression afin que Zouhair ne sorte pas de l'actualité. OK: Pouvez-vous nous parler de votre manifestation devant la prison de Borj el-Amri? SBS: J'avoue que nous étions contents d'avoir réussi notre coup. Les flics ont été pris au dépourvu et n'ont été alertés qu'a notre arrivée devant la prison, le temps qu'ils arrivent, nous étions sur la piste du retour. Ils étaient très contrariés et ils ont inventé le prétexte de la caméra pour prendre leur revanche. Nous avions convoqué le rassemblement très discrètement la veille au soir sans faire usage ni du tel ni d'Internet. Nous étions sortis par petits groupes de lieux divers et à des horaires divers et le rassemblement avait réussi ainsi. Ils étaient tous là ou presque : RAID, LTDH, ATFD, AISPP, CNLT à lappel du CLZY. OK : L'arrestation de 20 internautes à Zarzis et la violence extrême contre les manifestants à Sfax, Gafsa, Tunis et ailleurs démontrent l'extrême nervosité du régime aujourd'hui? SBS : Bien sûr, il est très fragile et pense que le moindre mouvement de rue peut virer à l'émeute, il est très isolé, même au sein du régime. Mais il ne faut pas se tromper, la société n'est pas prête pour un soulèvement, les structures sont démantelées, les choses ne sont pas mûres, la peur domine encore les curs. OK : Vous avez parlé à la télé, avant votre arrestation en juin 2001, du phénomène de la corruption et du népotisme. Il sest converti aujourdhui en un système bien établi. Le malaise a-t-il atteint les couches supérieures de la société? SBS : Cela fait des années que les couches supérieures de la société sont gênées par la corruption et la dérive mafieuse du pouvoir, tous en parlent dans leurs salons. Mais nous avons affaire à des hommes d'affaires qui s'accommodent et prennent leur parti du nouveau climat. Certains s'y intègrent même bien, suivant en cela l'exemple de ceux qui répandent ces pratiques, les multinationales des pays démocratiques. Ceux qui ne tolèrent pas ces dérèglements sont déjà partis. Finalement, peu trouvent à y redire, sauf pour animer leurs salons. Les hommes d'affaires de l'ère Ben Ali sont imprégnés de l'air du temps. OK : Même le capitalisme a besoin d'un minimum des règles pour fonctionner normalement. On ne peut qualifier le système benalien de "capitaliste", car tout y est imbriqué: Administration, justice, police etc. Le CNLT a-t-il pensé à faire une étude sur le coût insupportable de la dictature? Je parle surtout du coût économique. SBS: Ce n'est pas le mandat du CNLT de faire des enquêtes sur la corruption. C'est plutôt le rôle de RAID. Par contre nos journalistes -y compris moi-même- sont interpellés par ta question. C'est une enquête à faire. Quant à l'absence de règles, la banque mondiale leur a déjà fait la remarque. Et n'eût été le 11 septembre, le régime aurait été soumis à une bonne pression. Malheureusement tout le monde en Occident trouve du charme à Ben Ali depuis le 11/9. OK: La Tunisie a connu des inondations très graves, avec des morts et des milliers de sans-abri. On parle de black-out du régime et d'une opposition cantonnée aux salons de Tunis. Croyez-vous que l'opposition a fait tout ce qui était de son pouvoir pour aider et informer? SBS: Avant de parler, il faut faire une enquête. L'opposition s'est mise à parler de morts non prouvés. Cela décrédibilise! Peu se sont déplacés pour rendre visite aux sans-abris. Juste quelques militants de la LTDH et du CNLT et personne n'a pu vérifier les morts. Notre opposition a, elle aussi, besoin de mûrir. Il est aussi important de situer les responsabilités et de dire exactement ce qu'on attend des autorités publiques dans chaque situation. Il est clair quil y a eu des négligences coupables. D'autant que l'année dernière le même phénomène s'est produit, et la responsabilité des autorités est indéniable. OK: Même sans révolte populaire, la dictature sécroulera suivant ses propres lois de décomposition interne. La Tunisie risque de passer sans transition du pays de l'ordre absolu à celui de l'anarchie absolue. La chute du système Parti-Etat en Tunisie ne va-t-elle pas entraîner un vide autour de la nouvelle équipe qui dirigera la transition démocratique ? SBS: Vous allez vite en besogne. D'où tenez-vous qu'il y aura une transition démocratique? Certaines dictatures ont eu de longues vies. Si Ben Ali tombe aujourd'hui, c'est une clique de son régime qui lui succèdera. Je ne suis pas sûre qu'on serait gagnants. La transition démocratique ça se prépare, et la classe politique - alternative- n'est qu'au début de son chemin, il lui reste un long parcours où elle devra faire l'apprentissage de la conquête du pouvoir en usant de tous les points forts de la société comme d'une seule arme. Elle me paraît aujourd'hui davantage préoccupée par le partage de ce qu'elle ne possède pas encore et incapable de réfléchir en terme de stratégie de combat. OK : L'engouement des Tunisiens pour des chaînes telles que al-Jazeera et, pour une courte période, pour "al-Mustakillah" ne signifie-t-il pas que la population rejette le système et ne se laissera pas berner encore une fois par un "nouvel artisan" d'une "nouvelle Ere Nouvelle"? SBS : Les Tunisiens sont très conscients de la situation et rien ne leur échappe. Le paysan le plus démuni de la campagne la plus reculée ne se fait aucune illusion sur ce régime et il arrive que ces « messieurs-tout-le-monde » soient plus perspicaces que nos fins politiques. Cela ne fait pas d'eux des révolutionnaires. Il faut avoir les moyens de se révolter. Les moyens, ce sont les liens politiques, syndicaux et associatifs. Ces cadres qui font ressentir à un individu qu'il n'est pas seul et que sa structure le protège. Ben Ali s'est appliqué à les briser durant cette décennie. Tout est à reconstruire. Nous en sommes encore au début. Sinon, qu'est-ce qui aurait empêché la centrale syndicale de décréter la grève générale après ce qui est arrivé à ses membres à Sfax? La colère ne suffit pas pour faire une insurrection, il faut l'organisation et la connaissance de sa force réelle. Et en l'absence des moyens de la révolte devrait-on se résoudre à qu défaitisme Je pense, par contre que nous assistons à un éveil de la société civile (partis, associations, médias ) qui commence à conquérir des parcelles de territoire de lespace public aux dépens du monopole de lEtat-parti. Le changement se fera par ces espaces gagnés sur la dictature qui sera placée en situation de céder à la société ce qui lui revient : sa liberté. A partir de là tout peut se jouer. | |
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Interview d'Omar Khayyâm
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Hambourg, le 19 février 2003.
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Haj Ben Ali, l'humaniste ! | |
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Ô l'aimable Ben Ali ! Voilà que ce charmant démocrate rallie la position
des ténors en politique internationale, la France et l'Allemagne,
rejoignant ainsi le camp de la paix et de la raison. Comme eux, il
affirme qu'il existe encore une solution autre que la guerre en Irak.
Comme eux, il propose de renforcer les inspections. Ca fait plaisir de
recevoir pareil soutien ! Du coup notre chère Président à l'impression
que les relations Franco-Tunisiennes sont tout à fait cordiales. Il a
dû déchanté, depuis, quand Chirac a affirmé "plus d'impunité pour les
dictateurs en Afrique". Ben Ali est allé en France pour le sommet France-Afrique ? Pensez vous, sa parano le paralyse et l'empêche d'entreprendre le moindre déplacement en occident. Il a peur qu'un illuminé, après avoir mal digéré l'exil, puisse porter plainte contre lui, un jour où il est mal luné (l'exilé bien sûr). En revanche, ça se bouscule devant la porte de Carthage. Ministre après Ministre, la France nous envoie tout son contingent gouvernemental au nom de la copération fraternelle entre nos deux pays. Sarko, Villepin, Alliot Marie,... Qui d'autre encore ? Tout ça en attendant la visite de Chirac himself, programmée pour le deuxième semestre 2003. Que d'honneur pour la Tunisie, le pays ami ! Tout ce beau monde et personne n'ose lui lancer le moindre reproche sur le référendum (pour le putsh anticonstitutionnel) qu'il organisé le 26 Mai 2003. Mieux, la Tunisie est vu de l'autre côté de la méditéranée comme un havre de paix parmi tous les pays arabes. Un pays souvent cité comme modèle de réussite économique et sociale. Les politiques français devraient venir plus souvent chez nous ! C'est merveilleux. Voilà un pays en état de siège, où règne la terreur à grande échelle.
Toute manifestation pacifique et spontanée est réprimée dans un bain de sang et une
hécatombe de blessés hospitalisés le plus souvent. La police d'Etat pratique la torture
systématique. Les intimidations et menaces contre les réfractaires sont monnaie courante.
Le pillage est de régle. Chaque jour des civils sont spoliés de leurs terres, chaque jour des
entreprises sont raquettés. Chaque jour des prisonniers sont torturés. Les techniques de la
suspension ou du poulet roti font fureur. Aucun journaliste étranger ne peut pénétrer dans ces ténébres made in Tunisia.
Et voilà que, dans cette joyeuse ambiance, la milice présidentielle va organiser le congrès de l'ambition du RCD (parti du pouvoir) pour préparer les prochaines élections présidentielles de 2004. Des élections pour demander aux Tunisiens si ils n'en ont pas assez de vouloir être indépendants. S'ils veulent bien continuer le chemin avec le sauveur, "l'artisan du changement". D'ailleurs entre nous, je trouve cette expression doublement juste et pertinente. D'abord c'est vrai il y a eu changement. Depuis 15 ans la Tunisie va de mal en pis. Quand d'autres nations progressent nous on préfère la marche à reculons. Et quelle vitesse SVP ! tous les ans on prend trois dans la vue. Encore un quinquenat et on sera sous occupation française (oui faites les comptes). Puis ensuite "artisan" ! oui tout à fait. On ne peut pas prétendre à mieux avec un bac-4, chacun son niveau. A nous donc, les juges, les avocats, les médecins, les ingénieurs, les profs, les chercheurs, les journalistes, les philosophes, les écrivains, les militants, les chefs d'entreprises, les chefs de famille, de réagir face à l'artisan et de ne pas nous laisser berner encore une fois. Et ces élections vont être tellement bien organisées par les sbires du PDG, un vrai modèle de consultation démocratique, que les 10 millions de Tunisiens (dont beaucoup de faux électeurs) vont voter oui comme un seul homme. OUI ! nous voulons nous mettre sous la protection de l'ex-agent de la CIA Ben Ali. Car, ne vient-il pas de le prouver aux bellicistes de tout poil ? c'est un homme pieux et de paix ce Haj, un hommiste, un vrai constructeur d'avenir. Avec lui, les Tunisiens vont connaître une ère de prospérité et de tranquilité. Comme dit Tekkari, on se sent bien dans les prisons. En plus il paraît que l'espérance de vie est meilleure... | |
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TIZ
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le 28 février 2003
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Paradis touristique entaché par la torture | |
| La journaliste Bensedrine critique le régime tunisien | |
| Par notre rédacteur Rainer Kabbert, WESER KURIER © 2003 weser-kurier online Brême. Limage idyllique du paradis touristique était entachée depuis longtemps, avant même lattentat meurtrier de Djerba. La situation des droits civils dans ce pays ensoleillé laisse à désirer. La journaliste tunisienne Sihem Bensedrine na pas des griefs uniquement contre le régime du président Ben Ali. Aussi bien lAllemagne que lUnion européenne semblent mener un jeu ambivalent en Tunisie. Pendant que les touristes sadonnent aux plaisirs de la plage et du soleil, plusieurs Tunisiens vivent dans la peur, pense Sihem Bensedrine. Elle sait déjà ce que ça veut dire être prisonnier, victime des violences policières, et avoir des contusions ou des côtes brisées. La plainte contre ses agresseurs est restée sans résultat. Elle est depuis longtemps un paria aux yeux du régime tunisien. En poursuivant ses études à Toulouse, elle fonda le Parti des Socialistes Progressistes et appela lancien président Habib Ben Ali Bourguiba à démocratiser son régime. Il fit arrêter la dissidente pour la première fois 1985. La situation ne saméliora guère deux ans plus tard, lorsque Ben Ali déclara le vieux président inapte à assumer ses fonctions et lenvoya à la retraite pour prendre sa place au Palais de Carthage. Aussi bien les méthodes expéditives des forces de lordre que le harcèlement des opposants restèrent inchangés. Sihem Bensedrine nobtint pas lautorisation nécessaire pour publier son propre journal, cest pourquoi elle lança un magazine en ligne. Mais la cyber-police du Ministère des communications était toujours sur ses talons: le transfert de fichier fut bloqué et laccès à internet censuré. Big Brother ne pardonne pas. Même ses collaborateurs néchappèrent pas à larrestation, aux interrogatoires et aux menaces. Ses espoirs de diffuser des informations critiques, dans un pays où il nexiste aucune télé, radio ou presse libre, sont brisés. Entre-temps, Sihem Bensedrine irrita le gouvernement tunisien à tel point quune nouvelle loi, qui interdit à quiconque dexercer simultanément des fonctions dans un parti politique et dans une organisation des droits humains, fut adoptée. Bensedrine décida de quitter la direction de la Ligue des Droits de lHomme. Elle reçut plusieurs prix pour son courageux engagement: Le prix Johann-Philipp-Palm pour les droits humains et une distinction dAmnesty International. Après la dernière confrontation avec la police en juillet 2002, cette femme âgée de 52 ans, décida daccepter une invitation provenant dAllemagne. Elle est, pendant un an, linvitée de la Fondation Hambourgeoise pour les Persécutés politiques. De sa résidence en Allemagne, elle continue ses activités, poste sur Internet des informations conce rnant la situation dans son pays et continue dexercer ses fonctions de porte-parole du Conseil National pour les Libertés en Tunisie. Elle cherche des contacts avec les médias et les personnalités politiques. Elle est invitée à Brême par le Centre dInformation sur les Droits Humains et le Développement et par dautres organisations de la même ville. Elle considère son activité comme un travail de lobbying en matière de droits humains. ![]() Elle fit la connaissance de plusieurs personnes attachantes et sincères. Plusieurs se sont portés volontaires pour laider. Elle dut réviser son préjugé sur la "froideur des Allemands". Mais dès quil sagit de diplomates et de politiciens, elle change dopinion. Lambassade dAllemagne en Tunisie mène, daprès les expériences personnelles de Madame Bensedrine, une politique dapaisement et est tombée dans le piège de la complicité avec le régime tunisien. Les autres ambassades, par exemple celles des USA, de Grande-Bretagne ou des pays scandinaves appellent la torture par son vrai nom: Torture. "Pourquoi les hommes politiques allemands ont-ils accepté de former des tortionnaires tunisiens dans une école de police à Munich?", sinterroge la journaliste. Elle pose aussi des questions critiques à lUnion européenne. Dans laccord dassociation avec Tunis Objectif: zone de libre échange dici 2009 larticle 2 exige le respect de la démocratie et des droits humains. Mais ces droits ne sont pas respectés en Tunisie. LUE le sait, mais elle sabstient de critiquer le régime. A quand la fin de la complicité de lUnion européenne avec le régime tunisien? Elle rejette les arguments selon lesquels il ne sagit, en fin de compte, que de lutter contre le terrorisme: Cest le contraire qui est vrai, Ben Ali produit de nouveaux terroristes, en coupant toutes les voies de la libre expression. Pour beaucoup de Tunisiens il nexiste que trois choix possibles: la prison, lexil ou la violence. Je suis terrorisée par lidée que mes enfants pourraient devenir un jour des terroristes. Cest surtout chez les jeunes que le désespoir est à son comble, car ils sont privés de la liberté de communication et vivent sous la menace demprisonnement. Tunisie, pays de vacances une histoire dhumour noir? Non, elle est contre le boycott du tourisme. Beaucoup de Tunisiens vivent de lexotisme des Européens. En outre, Ben Ali a dautres sources de financement. "Les gens doivent continuer à venir nous visiter, mais ils doivent voyager les yeux grands ouverts et voir les barreaux visibles et invisibles! | |
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traduit de lallemand par Omar Khayyâm
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Février 2003
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Tunisie: 'Sept versions de la Pravda' | |
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Le Président Zine el-Abidine Ben
Ali, est "lun des pires 10 ennemis de la presse," selon le Committee
to Protect Journalists, basé à New York
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| Revue de Presse mondiale en ligne: Liberté dexpression
Roland Lank Tunis, Tunisie 18 février, 2003 La Tunisie fut le premier pays islamique à avoir une constitution et le troisième après la Turquie et lEgypte à promouvoir une presse indépendante. Mais malgré ces réalisations, la liberté de presse en Tunisie est pratiquement inexistante aujourdhui. Alors que léconomie a fait des progrès impressionnants depuis larrivée au pouvoir du président Zine el-Abidine Ben Ali en 1987, lui donnant une place à part parmi ses partenaires arabes, les libertés politiques ont connu une nette détérioration. Ce pays, qui compte 10 millions dhabitants, a deux chaînes de télévision hertzienne (Tunis 7, lunique chaîne tunisienne captée par satellite, et Canal 21), sept stations radio, et une multitude de journaux quotidiens, hebdomadaires et mensuels en arabe et en français. LEtat a le monopole de toutes les chaînes de télé et de radio, et possède avec le parti au pouvoir (RCD) quelques grands quotidiens de la place, tels que le quotidien en langue française La Presse, et aussi le journaux Al-Sahafa, Al-Hurriya, et Le Renouveau. Les plus importants quotidiens en langue arabe Al-Sabah et Al-Shurouq sont tous les deux des propriétés privées, mais elles ne se hasardent guère à critiquer le gouvernement à propos de sujets sérieux de politique générale. Les journaux des partis de lopposition alliée au pouvoir, ont disparu faute de lecteurs, laissant le champ libre pour deux journaux qui sont réellement opposés au régime: lorgane du mouvement Attajdid Al-Tariq al-Jadid (La Nouvelle Voie, mensuel) et lhebdo du Parti Démocrate Progressiste Al-Mawkif ( Position ou Point de vue). Depuis le début de 2001, Al-Mawkif est paru de façon sporadique à cause la pression exercée par lEtat (y compris la privation dannonces des ministères et des organismes publics) surtout après avoir publié des articles qui expliquent les pratiques de corruption et critiquent la politique du gouvernement en matière de démocratie et de médias. Aujourdhui vous ne pouvez pas publier un hebdomadaire dinformations générales, car le Pouvoir vous met des bâtons dans les roues, dit un éminent journaliste de lopposition travaillant dans ce journal, dont les Tunisiens ordinaires nont même pas entendu parler. Les zones rouges décrétées par le gouvernement sont la corruption et les droits humains. Ceci inclut aussi les discussions à propos des mouvements islamistes interdits, dont linfluence est difficile à évaluer à cause de la répression de leurs activités par le régime durant les années 1990. Selon ce journaliste de lopposition, Le pouvoir craint que si la porte de la critique de la corruption soit ouverte, elle souvrira de plus en plus et à la fin il ne sera plus capable de la contrôler. Le magazine Réalités sest trouvé dans une mauvaise posture après avoir publié en décembre 2002 un article sur les conditions des prisons et a été obligé de licencier le journaliste qui avait effectué lenquête. Aucun journal ne sest opposé en 2002 aux amendements constitutionnels qui permettent au président de rester au pouvoir pendan t un nombre illimité de mandats. Des élections présidentielles sont prévues en 2004. En conséquence, il y a deux styles de journalisme en Tunisie:
des reportages quotidiens sans saveur sur les activités
gouvernementales et un flot darticles de faits divers, dans le style
des tabloïds, rapportant des crimes et des infos du monde du spectacle
et des stars. En voici des exemples récents: La couverture de lhebdomadaire Al-Annouar du 7 février comporte deux reportages de football, un article sur lIrak, un article sur les vols de voitures, un autre sur un présentateur de télé israélien accusé dharcèlement sexuel de ses invitées sur le plateau et enfin un autre article sur la jeunesse perdue dans des fumoirs de hasch. Akhbar al-Jumhouriya du 6 février montre une actrice tunisienne en tenue légère pour illustrer un article sur le cinéma, publie deux articles, le premier sur une étudiante agressée par son copain jaloux et le deuxième sur un homme qui a été séduit par une femme pour conclure avec elle un mariage illégal (urfi). Cependant, ce numéro dAkhbar al-Jumhouriya, fait peu de commentaires sur les récentes inondations dans le nord du pays, un événement presque passé sous silence par la télé tunisienne, alors que des médias étrangers ont rapporté la mort de quelques personnes, victimes des inondations. Alors que les sinistrés ont loué les efforts déployés par la police, les autorités municipales, larmée et les ministères dans la gestion de cette crise humanitaire, ils ont toutefois montré leur grogne face à une télévision qui a brillé par son absence dans le reportage des événements et la mise en garde de la population des risques engendrés par la situation des vallées et le niveau des eaux. Même les bulletins météos nont rien signalé, au contraire de ce qui se passe dans les télés étrangères, commente le journal sans évoquer des cas de décès. Les plus importants journaux tunisiens sont sept versions de la Pravda ils sont identiques. La Tunisie, la Corée du Nord et la Libye sont les seuls pays à entretenir encore des médias de type stalinien, dit un journaliste de lopposition. Les lecteurs tunisiens sont entourés par un cordon de protection. Les exceptions sont rares. Des informations économiques sont publiées par les hebdomadaires LEconomiste Maghrébin et Jeune Afrique LIntelligent, basé à Paris, et le quotidien londonien Al-Quds al-Arabi, dans les cas où ce journal nest pas interdit de vente ou saisi. Le plus important quotidien panarabe Al-Hayat, basé lui aussi à Londres, a été interdit de vente en Tunisie pendant plus de deux ans, comme lont été également les journaux Le Monde et Libération, à cause de leurs articles critiques du Pouvoir tunisien. Rien détonnant, si la loi interdit encore au journaux tunisiens de sassocier avec les journaux mondiaux les plus connus, alors que cette politique de partenariat fait rage au Liban et au Maroc. Ainsi, même les journaux les plus vendus ont un tirage modeste: Al-Shurouq vent 45 000 exemplaires par jour, La Presse à peu près 30,000. Les éditeurs de journaux se plaignent de létroitesse du marché et lEtat, avec son obsession de tout contrôler, ne fait que compliquer les choses. Les règlements dobtention dune autorisation de publier sont draconiens et la pratique gouvernementale de placer quotidiennement une douzaine dannonces publiques est une forme de subvention qui affecte ce secteur. La majorité des journaux sont très dépendants des annonces que leur offre le gouvernement, exerçant ainsi une pression sur le contenu des articles publiés. Les autorités tunisiennes peuvent intervenir aussi dans les services postaux pour saisir des journaux qui publient des articles quelles jugent biaisés. Enfin, le gouv ernement achète des périodiques de létranger et les vend à la presse tunisienne à des prix modérés, ce qui constitue un autre mécanisme de contrôle qui pourrait être utilisé, le cas échéant, comme moyen de pression. La politique darabisation adoptée depuis 1987 par le régime de Ben Ali pour renverser la tendance de la domination du français dans la vie publiqueun résidu de lépoque colonialea réussi à créer une classe moyenne et une basse classe moyenne pour lesquelles larabe constitue la langue déducation primordiale. Par conséquent, la part de marché de la presse francophone est en baisse continue et les observateurs estiment que dans dix ans il ny aura plus guère de publications en français. Auparavant, les Tunisiens dont la langue maternelle est le dialecte tunisien dérivé de larabe, trouvait plus facile dexprimer en français tous les sujets de conversation qui allaient au-delà de la vie de tous les jours. Je ne pense pas que les publications en français ont un futur. Dans dix ans, larabe dominera, dit Hedi Mechri, rédacteur en chef de LEconomiste Maghrébin. Nous sommes à la croisée de chemins. Mon éducation était en totalité en français au primaire et au secondaire et larabe était marginalisé. Maintenant il y a un renversement de rôles. Les efforts de lEtat de réduire le français à sa portion congrue ont été aussi le reflet du mécontentement officiel face aux critiques exprimées par les médias français: La nouvelle vague de zèle en faveur de larabisation de plusieurs secteurs de la vie publique a coïncidé avec des périodes de tension avec la France. Dautre part, langlais est en train de progresser à petits pas: Les suppléments de LEconomiste en anglais ont eu beaucoup de succès durant les dernières années, mais il nexiste encore aucune importante publication en langue anglaise. Démontrant lextrême sensibilité du régime face aux critiques extérieuresqui pourrait, selon lui, nuire au mini-miracle économique du pays durant la dernière décennieBen Ali a déclaré en juillet 2001 durant une réunion du parti au pouvoir, le RCD, que les opinions divergentes étaient les bienvenues, mais que ceux qui critiquaient le pays dans les médias étrangers étaient des traîtres qui seraient confrontés à la rigueur des lois nationales. La télévision nest guère plus libre. Cest une télé dEtat gérée selon les règles des années 1970, aussi bien dans son style que dans son contenu. Cest pourquoi les Tunisiens se réfugient dans la multitude de chaînes arabes et européennes disponibles par satellite. Alors que la télévision dEtat avait attiré 80% des téléspectateurs en 1999, les chiffres montrent quen 2002 et 2003 le pourcentage na pas dépassé les 50%, augmentant seulement pendant le Ramadan, le mois sacré durant lequel la télé diffuse des séries tunisiennes et arabes spécial ramadan dans le but dattirer les téléspectateurs. La pression sur la télé pour quelle change de comportement provient du syndicat des publicitaires tunisiens, qui avait réussi après des années de démarches auprès des autorités à obte nir de larges espaces publicitaires en 1999. Mais comme lexplique un expert en publicité: Ils sont tous des fonctionnaires et ne donnent aucune importance à ce que les gens veulent réellement. Seulement 3% de la population regarde Canal 21, une chaîne qui diffuse les programmes indésirables de Tunis 7. Des figures de lopposition disent que le gouvernement augmente son budget des programmes de divertissements aux dépens des programmes politiques et culturels dans le but prémédité de détourner les regards des Tunisiens des thèmes sérieux de vie publique qui pourraient menacer le statu quo politique. La télé dEtat a des difficultés même au niveau des programmes de divertissement. Les chiffres officiels montrent que la chaîne égyptienne est en somme la chaîne qui détient le deuxième rang en popularité en Tunisie, alors que les chaînes Al-Jazeera, basée à Qatar, et Télé-Dubai attirent les téléspectateurs qui sintéressent aux infos. Deux chaînes satellitaires basées à Londres, dirigées par des dissidents Tunisiens, Al-Mustaqilla (lIndépendante) et Zeitouna (cest le nom de la plus importante mosquée de Tunis, qui était aussi une importante école de théologie en Afrique du Nord), ont ouvert en 2001 des débats houleux sur les droits humains en Tunisie, mais elles sont maintenant en train diffuser des spots pub sur le tourisme tunisien. Cest pourquoi les Tunisiens ordinaires pensen t que le régime tunisien a conclu un deal avec les propriétaires des deux chaînes. Il est difficile dévaluer la part de marché de ces deux chaînes. Le gouvernement déclare quil est en train de promouvoir la liberté de presse dans la mesure du possible. En avril 2001, le parlement a adopté une série damendements du Code de la Presse, abrogeant certaines de ses clauses les plus répressives. Au cours dune interview accordée à des journalistes dAl-Sabah et Al-Shurouq, Ben Ali déclare, Je vous le dis encore une fois de la façon la plus claire: Ecrivez sur nimporte lequel des sujets que vous préférez... Il ny a pas de tabous, excepté ceux interdits par la loi et la déontologie de la presse. Mais les autorités disent quelles doivent défendre lhonneur des personnalités publiques face à des infos biaisées et sensationnalistes dans un milieu médiatiquement sous-développé, et empêcher les médias de dépasser les limites des bonnes murs. Ces positions ont produit un certain nombre dincidents peu élogieux pour le régime, des incidents documentés par les organismes internationaux de surveillance de la liberté de presse et par le Département dEtat des USA. Pendant la période de mauvaises relations entre le régime tunisien et la France en 2000-2001, certains journalistes et militants des droits civiques se sont plaints de harcèlements suite à lexpression dopinions critiques dans les médias locaux et étrangers. Parmi ces incidents on peut noter celui de la journaliste Fethia el-Beji, qui a été licenciée dAl-Sabah suite à des articles sur les livres de Taoufik Ben Brik, un dissident notoire qui publie en France. Le frère de Ben Brik, le militant des droits civiques Jalel Zoghlami, na pas eu lautorisation de publier son journal Qaws al-Karama (Arche d e la Dignité). La journaliste Sihem Bensedrine sest réfugiée dans Internet pour publier son journal Kalima (Parole), auquel certains Tunisiens peuvent avoir accès malgré la censure de lunique fournisseur dinternet en Tunisie, lATI. En 1998, le Committee for the Protection of Journalists (CPJ), basé à New York, a placé le président Ben Ali parmi les 10 pires ennemis de la presse dans le monde. En 1997 lAssociation tunisienne des Directeurs de Journaux a été exclue de lAssociation Mondiale des Journaux, à cause de sa passivité dans la défense de la liberté de presse, selon cette organisation. Ce pays a récemment gagné en célébrité à cause de son contrôle dInternet. Zouhair Yahyaoui, un Tunisien de 35 ans, a été condamné à deux ans de prison en 2002 pour avoir critiqué le gouvernement dans son site TUNeZINE et fait des commentaires sur le référendum de mai 2002, durant lequel 99.52% des électeurs ont approuvé les amendements constitutionnels permettant à Ben Ali de postuler pour un quatrième mandat présidentiel. Son incarcération démontre le mépris des autorités tunisiennes à légard des médias qui font des reportages critiques, a déclaré le CPJ dans un communiqué du 10 février. Les journaux de lopposition, Bensedrine, et dautres figures de la dis sidence ont organisé des réunions de soutien à Yahyaoui, mais peu nombreux sont ceux qui y étaient présents et encore moins nombreux sont ceux qui ont été informés par une presse qui sait fermer la gueule. Apparemment, pour le moment les Tunisiens ont des soucis plus urgents que ceux de libérer leurs médias. Certains diplomates européens disent, de façon confidentielle, que les limites dans lesquelles travaillent les médias sont acceptables pour la majorité des citoyens dans un pays qui a su réaliser des progrès économiques impressionnants. Mais les représentants de lopposition considèrent cette situation comme dangereuse, et disent que lexplosion de la synagogue de Djerba en 2002, probablement un attentat dAl-Qaïda, démontre ces dangers. Tous les amis de la Tunisie disent que lexplosion de Djerba était une sonnette dalarme, que sil ny a aucune initiative pour permettre la libre expression, le terrorisme surgira comme cest le cas ailleurs, dit un journaliste de lopposition. Depuis la guerre du Golfe, il ny a eu aucun développement politique, médiatique ou démocratique en Tunisie. | |
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traduit de langlais par Omar Khayyâm
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18 février 2003
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Le général Zabatta et ses « concons matoutes ». | |
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« Le général Flikomann Zabatta, dictateur de la Crétinésie depuis le
coup dEtat du 11 juillet 1987, a présenté aujourdhui sa démission au
président du parlement Fidelius Bassotta, son successeur provisoire. Sa
démission, attendue depuis des mois, a donné lieu à des déchaînements
de foule que ni la police, ni la gendarmerie ni même larmée nont été
capables de contenir. Labdication de ce petit dictateur qui avait
gouverné son pays dune main de fer durant deux longs septennats, a
déclenché des vagues de violence inédites dans ce paradis touristique
du Pacifique. On rapporte même des scènes de pillage des palais et des
villas des familles proches du pouvoir. » Cest après avoir lu cette dépêche de lagence Beurenesia News que jai décidé de faire ma valise et prendre le premier avion à destination de Cétinus, la capitale de la Crétinésie. Cette « république palmière » est une petite île qui fait partie de la Beurinésie, un archipel du Pacifique sud, divisé en une vingtaine dEtats indépendants, théoriquement « frères », mais presque toujours en conflit. Pourtant, ces îles partagent la même culture et parlent des dialectes issus, presque tous, du beurinésien, leur langue officielle commune. La Crétinésie, cette petite île de rêve où débarquent chaque jour des milliers de touristes et embarquent chaque nuit des centaines de clandestins à destination de leldorado voisin, lAustralie, vit de tourisme, de pêche et surtout de lexportation de noix de coco. ![]() Pour meubler les 13 heures de vol et les trois heures descale, jai acheté, avant de prendre lavion, quelques livres et téléchargé quelques articles de presse sur la Crétinésie et son lugubre dictateur. Daprès un artticle du quotidien « Die Welt », publié à loccasion de lénième réélection du despote avec un taux qui frise les 100%, « Le président crétinésien ne dépare pas dans un monde beurinésien où prospèrent les autocrates. Son pouvoir est sans partage et l'opposition ressemble à un moulin condamné à ne brasser que du vent ». Cet ancien élève de lécole de la CIA « au physique de déménageur... reste un inconnu, un personnage lisse. Il est à la fois omniprésent et absent. » Maintenant que l « absent » a quitté le pays pour une destination inconnue, le mystère reste entier. Le général Zabatta sest dabord distingué comme limpitoyable chef des « concons matoutes », les terribles milices de lancien chef de lîle, Habmann Brugabatta. Le « Grand Libérateur » Brugabatta était un despote plus ou moins éclairé, formé dans les meilleures écoles britanniques. Il gouverna la Crétinésie pendant trente ans sans partage. Mais le vieux chef, usé physiquement et politiquement, fut évincé par le pire « concon matoute » que la Crétinésie ait jamais enfanté, lénigmatique général Zabatta. Quelques années seulement après son accession au pouvoir, ce grand spécialiste de la répression multiplia le nombre des « concons matoutes » par quatre et enveloppa la petite île dans une toile invisible faite d « écouteurs », délateurs, indicateurs et autres informateurs. Il mena une guerre sans merci contre le mouvement fondamentaliste chrétien « Rinascimotta » (Renaissance), fit torturer, parfois jusquà la mort, et emprisonner des milliers parmi les membres de ce parti politique interdit. Peu après son coup dEtat, Zabatta divorça de sa première femme, la fille du général Kuffotta, celui qui propulsa la carrière de son gendre et accéléra son irrésistible ascension. Le « Concon Matoute » Suprême, qui navait eu que des filles de sa première femme, était obsédé par lidée davoir un héritier mâle. Il épousa son ancienne maîtresse, Marie-Lila Tripoletta, une artiste esthéticienne, issue dune famille pauvre dun quartier populaire de Crétinus. En quelques années seulement, Marie-Lila devint lune des femmes les plus riches et les plus influentes de Crétinésie. Sa mère, ses frères et surs, neveux et nièces, bref toute la famille Tripoletta, devinrent les hommes et les femmes daffaires les plus prospères de lîle, leurs limousines se multiplièrent à la vitesse de reproduction des cellules cancéreuses et leurs palais poussèrent comme des champignons. Un exemple parmi dautres, son frère Belharassius Tripoletta devint tellement riche quil fonda sa propre compagnie aérienne, Carraquenotta Airlines, qui finit par phagocyter la compagnie nationale Cretinesia Airlines. Mais le général Flikomann Zabatta noublia pas pour autant sa propre famille, au sens le plus large du mot « famille ». Son frère Menacius Zabatta était, avant sa mort tragique et mystérieuse, le « capo » dune blanchisserie dargent sale. Au début des années 1990, un tribunal new-zélandais le condamna, pour trafic de drogue, à 10 ans de prison ferme par contumace. Sa sur Nimonetta se spécialisa dans limportation illégale de marchandises et la distribution en gros des produits dépicerie. Sa fille Syrinotta était la « reine dInternet » et son gendre Salimus Tchibubetta, le chouchou du général Zabatta, le « roi du foot ». Lorsque lavion atterrit finalement à Crétinus, jeus une soudaine crise de mélancolie. Pourtant, latmosphère à lintérieur de laéroport était à la joie. Les policiers et les douaniers, qui mavaient accueilli auparavant avec des visages de croque-morts, étaient tous sans exception en liesse, comme si la Crétinésie venaient de gagner la coupe du monde de football. Daprès larticle précité du journal Die Welt, « Sa photo est partout. Elle orne les rues des villes, décore les bâtiments officiels, envahit les échoppes. » Mais je nen vis aucune, ni à lintérieur de laéroport, ni dans le taxi qui me conduit à mon hôtel, ni dans les rues de la capitale. Le chauffeur de taxi mexpliqua tout. Dès que la démission du dictateur fut annoncée, les habitants, animés par une haine quils durent dissimuler pendant des années, se mirent à arracher ses photos et à les brûler en pleine rue. On alla jusquà organiser la nuit des cérémonies de « crémation » des portraits de Zabatta avec des flammes gigantesques qui pointaient vers le ciel. Il me dit que ceux qui arboraient sa photo risquaient dêtre lynchés par une foule hystérique qui devenait chaque jour encore plus incontrôlable. Cest pourquoi il se débarrassa très vite des photos de lex-dictateur, qui ornaient sa voiture. LAvenue Habmann Brugabatta, la principale artère de Crétinus, était pleine à craquer de Crétinésiens en transe. Les roulements de tambours, et tam-tam, me donnèrent la chair de poule. Malgré la forte présence de larmée, la capitale chantait et dansait au rythme du nouveau « changement ». Nul ne sait où se trouve actuellement le général Zabatta. Daprès certaines rumeurs, ses patrons de la CIA lui auraient déniché un petit coin tranquille en Amérique centrale. La Banque centrale de Crétinésie tente maintenant de percer le mystère des comptes secrets de lex-dictateur à létranger, mais il y a fort peu de chances quelle puisse récupérer la totalité des dizaines de millions de dollars détournées. Pour démasquer les comptes secrets dun ex-patron de services secrets, qui avait des liens secrets avec la CIA et bien dautres services secrets, la Banque Centrale de Crétinésie naurait pas besoin dexperts financiers mais plutôt dagents... secrets ! | |
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Omar Khayyâm.
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Quelque part en Crétinésie, le 8 mars 2003
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ZOUHAIR, de nouveau malade, réclame ses droits | |
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Comité International de Soutien à Zouhair Yahyaoui
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Les précédents communiqués sont accessibles à partir de la page de la
campagne Zouhair Yahyaoui
Toute autre information sur la campagne en cours est disponible sur le même lien. Paris, et autres pays, 5 mars 2003 Conséquence du manque d'hygiène et de la promiscuité, Zouhair souffre d'une grippe, d'une infection urinaire, de douleurs reinales, et supporte depuis son passage à tabac il y a plusieurs mois, une douleur persistante à la jambe, particulièrement violente le matin au lever. Suite au rassemblement de soutien qui avait eu lieu le jeudi6 février devant la prison de Borj El Amri, la situation a beaucoup empiré. Une fouille complète de la cellule par plusieurs gardiens et un "civil" a eu lieu, et à la suite de celle-ci Zouhair s'est rendu compte que certains de ses effets personnels avaient disparu, en particulier le cahier sur lequel il notait ses souvenirs et les quelques lettres qu'il avait reçues. Alors qu'il refusait déjà que sa famille lui apporte le couffin de nourriture car celui-ci lui parvenait incomplet ou souillé, Zouhair, privé désormais de la visite de ses oncles, a décidé ne plus accepter la visite hebdomadaire et a demandé à sa famille de ne pas se rendre la prison la semaine prochaine. Il ne cesse de réclamer que soient respectés ses droits les plus élémentaires, et il refuse d'accepter plus longtemps les poussières de droits qu'on lui accorde. Alors que la tension internationale grandissante semble recouvrir d'un voile opaque les crimes toujours renouvelés du régime tunisien à l'encontre de ses propres citoyens, nous demandons, plus que jamais, la libération immédiate et inconditionnelle de Zouhair Yahyaoui. | |
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Pour le Comité, |
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Paris, 5 mars 2003. Plus d'infos : contact@tunezine.com.
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Pour notre ami ![]() | |
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Pensée pour mon ami Zouhaïr
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- 9 mois depuis que l'homme libre, que tu es, est en prison.
- 9 mois : c'est le temps qu'il faut pour qu'une mère donne vie à son enfant. - 9 mois que TUNeZINE donne, grâce à toi, vie à plein d'"Ettounsi(ETTE)S" combatif(VE)s qui militent pour ta libération, la libération des autres détenus d'opinion et la libération du citoyen tunisien. Sache que tu es toujours présent dans nos coeurs. Salutations militantes l'ami Tahya Nithalia Lecteur Assidu | |
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Un neuf a éclos
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| Alors que le tunezine "sang neuf" sera
certainement publié cette semaine, nous devons célébrer aujourd'hui tes
neuf mois d'enfer, neuf mois de perdus, neuf mois de non-sens, et de
souffrance, neuf mois de nos rires pleins de larmes. Zouhair tes amis sont là, nous sommes tous là, mais j'ai perdu mes mots alors aujourd'hui, 4 mars2003 , 9 mois après ce jour où ma vie s'est suspendue au fil de ta détention, je ne vais pas utiliser de mots tout neufs, mais des mots écrits par d'autres, que nous saurons certainement voir ... d'un oeil neuf. Nous t'attendons, toi l'inconnu, l'ami, l'amour. Nous t'attendons, et nous nous battrons jusqu'à ce jour qui nous verra de nouveau respirer à l'unisson. Je ne peux pas dire qui je serai demain. Chaque jour est neuf et chaque jour je renais. Lorsqu'il y a dix pas à faire vers quelqu'un, neuf n'est que la moitié du chemin. Mille choses avancent ; neuf cent quatre-vingt-dix-neuf reculent : c'est là le progrès. Derrière le bébé, il n'y a pas seulement les neuf mois de conception d'un individu, mais les millions d'années de l'espèce ! Construire du neuf sur le présent c'est bâtir du néant sur du rien. Sophie | |
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Bonne année 1424 quand même
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Puisse-t-elle te revoir parmi nous, toi, Ettounsi de tunezine, mon ami...
Bonne année à tous, avec tous mes souhaits de santé et de bonheur ... Decepticus | |
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Gooooooooood Moooooooorning Zouhair
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Je n'ai pas d'autres mots à dire donc je ne dis rien, mais tes amis sont là et les actions pour ta libération se poursuivent.
Ivan (Mourad) Le terrible | |
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Salut zouhair !
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| Tu vas lire ces lignes dans très peu de
temps, j'en suis sur. et tant mieux car je ne suis pas patient et
j'attends depuis ta réponse à un post concernant la création de
reveiltunisien.org. Pour ma part, je n'oublie pas que grâce à ton
travail sur Tunezine, ton travail ... et tes délires, nous avons pu à
quelques uns commencer à échanger, à aller au delà de ce qui nous
séparent pour nous retrouver autour de nos points communs. Bon, bref,
le travail n'est pas fini, nous l'avons entamé sur réveil mais nous
t'avons gardé ta part. On t'attend et sois sur que l'on ne baisse pas
les bras pour ta libération. Hasni | |
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Courage !
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Courage Zou !
tous ceux qui aiment la Tunisie et la liberté sont avec toi, car on est tous des touensa (et sophie par adoption ;-) ! celui qui te fait du mal, fait du mal à tous les tunisiens... Vive la Tunisie libre ! AraBe | |
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Pour Zouhair, aucune fête ne peut être triste.
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| Grâce à des amis aussi solidaires que
vous et son adorable petite amie, sa vie ne ne peut être qu'un océan de
bonheur malgré toutes ses souffrances. Merci à vous tous en attendant qu'il puisse le faire lui même. lectrice | |
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9 mois de perdus
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C'est beaucoup et c'est peu, si seulement la Tunisie y trouve sa societe civile qui
oeuvre toujours avec acharnement pour recouvrer ses libertes perdues.
Le tyran de Carthage peut jouir de ses derniers moments de despotisme, il sait desormais que ses jours sont comptes. Le prix à payer parait eleve au regard de la vie d un homme mais le zouhairisme est necessaire pour sauver la Tunisie l Etat et les institutions du discredit. Normalement apres 9 mois on attend une bonne nouvelle : le forum continue et ZABA tremble avec raison face a l union la cohesion et la determination des opposants tous unis fiers et disciplines jusqu a la victoire la liberation le vrai changement. Vive Ettounsi ! tsar boris | |
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forum TUNeZINE, le 4 mars 2003
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قصة زائر الليل | |
راع .. و كلب .. و شياه في زريبة
في قصتي راع ، روع الذئب كلابه و غشى الرعب صوابه طلب العصا .. هم بها انقبضت يداه على جرابه. في قصتي كلب عوى و ارتد في الجحر بنابه راع جرى متبعثرا خلف حجابه و الريح تعصف بتلابيب ثيابه لم يدري أمثل الكلب يعوي أم يجابه في قصتي لازالت الأغنام تربض في الزريبة و الراعي قد ترك العصا ضم الحقيبة أجزعه العواء لا من يجيبه ضم الجراب و اندس في حضن الحبيبة في قصتي لا كلب .. لا راع لها تلك ال... تتواتر الأحداث مفزعة عصيبة ماذا جرى ؟ هلع و ريبة في قصتي لن أحكي مجزرة رهيبة حلت بنا شاة غريبة أنست بأنعام مروضة في القيد تجتر كئيبة وردة بيضاء جرت على العسس مصيبة. | |
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المختار اليحياوي
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تونس 25 فيفري 2003
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Lhistoire du visiteur de la nuit | |
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Un pâtre
un chien
. des brebis dans une bergerie
Dans mon histoire, Un pâtre dont les chiens furent par le loup effrayés Et dont la raison fut par la terreur voilée Il chercha son bâton Voulut le saisir... Ses mains se serrèrent sur sa besace Dans mon histoire Un chien Qui aboya et sen fut, avec ses canines, Se terrer Un pâtre Qui courut, désordonné, derrière son voile, caché Le vent jouant avec ses habits Il ne savait sil devait, Comme le chien, aboyer Ou faire face Dans mon histoire Les brebis nont pas quitté la bergerie Le pâtre avait abandonné le bâton et fait ses valises Les hurlements du chien linquiétaient Personne ne répondait à lappel Il serra sa valise et sengouffra Dans les bras de la bien-aimée Dans mon histoire Il ny a pas de chien pas de pâtre à ces Les évènements se succédèrent Pénibles, effroyables Que se passa-t-il ? Frayeur et méfiance Dans mon histoire, Je ne raconterai pas un terrible carnage Parmi nous vint une brebis étrangère ; Elle se plut parmi des bêtes apprivoisées, ruminant tristement, enchaînées Une fleur blanche porta malheur à la garde. | |
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Mokhtar Yahyaoui (traduction TUNeZINE)
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Tunis, le 25/2/2003
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