Sang d'Irak...

TUNeZINE 110


Des milliers d'années de civilisation, 30 années de dictature, 3 semaines de terrorisme d'état, 3 jours de désordre et la Tunisie qui s'interroge sur les séquelles ... c'est à en pleurer.

KMA





Spécial Irak

Bonne lecture !
Faîtes l'Amourique ...

Faire la guerre à l'Amérique !
Vous plaisantez ...


L'Egypte semble chercher une bonne excuse pour se dédouaner de son manque d'action envers l'Irak en expliquant que la situation économique du pays ne lui permet pas de s'engager militairement, si j'ai bien compris.

Et il y a encore des gens qui croient que l'Egypte peut faire la guerre ou même la France ou la Russie. Soyons sérieux, mis à part l'arme atomique, aucun pays au monde n'est capable d'affronter militairement les USA dans une guerre de type classique comme celle qui vient se dérouler en Irak. A moins que l'Allemagne ne décide de se militariser, comme en 1933. Il faut lui donner dix ans de totale liberté pour fabriquer les armes qu'elle veut, et elle sera prête à affronter l'Amérique.

N'oublions pas qu'au cours de l'été 1944, trois mois après le débarquement allié en Normandie, les USA et leurs alliés disposaient de 3 millions de soldats sur le front ouest, tandis que l'union Soviétique massait sur le front est, tout au long d'une ligne de 8000 kms pas moins de 3 millions de soldats, soit au total 6 millions d'hommes à qui les allemands - bombardés jours et nuits par 2000 avions - avaient tenu tête de septembre 44 au mois de mai 1945, c'est à dire durant 9 mois. Voilà un pays qui sait faire la guerre, pourquoi ? Pour deux raisons la première parce que la guerre est un art et même de plus en plus une science exacte, et deuxièmement parce qu'on ne peut faire la guerre, la vraie, qu'avec des armes que l'on fabrique soi-même de A à Z. c'était le cas de l'Allemagne et cela devra être le cas de toute puissance qui aspire un jour affronter avec des chances de l'emporter, l'Amérique.

Un seul exemple, savez-vous comment les armées ottomanes, formées de nomades turkmènes à l'origine, avaient réussi à encercler Vienne en 1579 après avoir conquis la moitié de l'Europe continentale ? La guerre se faisait à l'époque essentiellement avec l'épée, le canon et des fusils rudimentaires. Pour subvenir à tous ses besoins en armement, l'armée ottomane transportaient sur 12000 chameaux, je dis bien 12 000 chameaux des usines démontables qui lui permettait de fabriquer épées, canons, fusils et cartouches comme de petits pains. L'empire ottoman est devenu, à partir de 1840, l'homme malade, comme se plaisaient les européens de l'appeler, le jour où il avait cessé de fabriquer ses propres armes.

Rappelez-vous aussi la réplique du Shérif Ali de la Mecque à Laurence d'Arabie qui lui disait : sir la Grande Bretagne est un tout petit pays qui domine le monde parce qu'il est une démocratie et que son peuple est libre. Le shérif lui répondit : Non Laurence, votre pays domine le monde parce qu'il a des canons qui tirent loin. Effectivement c'était grâce à leur artillerie, la meilleure du monde à l'époque, que les armées anglaises avaient réussi à balayer les armées ottomanes de tout le Proche Orient en l'espace de quelques mois y compris de la Palestine où ils installèrent le foyer national juif.

Cela fait aussi 50 ans que les Arabes combattent - sans succès - leurs ennemis avec des armes plus au moins obsolètes achetées à l'étranger. Vous voulez que les Egyptiens combattent les Américains avec des armes achetées en Amérique ? Non ce qui est demandé à l'Egypte et aux autres Etats arabes c'est tout simplement de réunir leurs ministres des affaires étrangères au Caire et de décider de rappeler en même temps et comme un seul homme, et pour simple consultation, leurs ambassadeurs à Washington et à Londres. C'est un usage diplomatique courant, admis et accepté dans les rapports entre nations et Etats indépendants. Car à partir du moment où un pays arabe comme la Syrie, qui n'a pas de problèmes avec les autres pays arabes comme c'était le cas de l'Irak, est menacé pour le compte d'Israël, il n'y a pas de doute là-dessus, il est du devoir de chaque pays arabes de voler à son secours. C'est un simple rêve car les régimes traîtres et tyranniques que nous connaissons sont incapables de faire même ce petit geste de solidarité. Que l'Amérique les casse et les balaye tous Arabie Saoudite comprise, comme elle a fait avec le régime de Saddam et justice sera rendue.



Dhiab Al Hilali

15 avril 2003
On en parle ...

Après l'Irak, la Syrie ?
Un dialogue


T.I.Z  : "Non je ne le crois pas. Les américains continuent de nous prendre pour des cons et ils ont raison vu la tournure des choses.

Cette nouvelle escalade contre le régime syrien n'est là que pour détourner l'attention de ce qui se passe en Irak. Ce cirque diplomatique par menaces interposées n'est là que pour nous faire parler d'autre chose et qu'on arrête de braquer nos yeux sur l'Irak. Ils le font pour que le monde arabe se focalise maintenant sur la Syrie et oublie l'Irak. Comme on a oublié la Palestine et les agressions israéliennes pendant la guerre d'Irak.

Non, je ne crois à une guerre proche contre la Syrie car pour l'Irak les américains ont pris leur temps. Peut-être plus de 20 ans. Certainement depuis la guerre Irak-Iran. Après cette guerre, l'Irak en est sorti affaibli. Les américains ont vu là une occasion de prendre le contrôle du pétrole. Mais au lieu de s'acharner ils ont pris le temps de préparer leur stratégie, de préparer leur coup et de faire passer tout ça sous le coup du pays victime du terrorisme qui protège la planète contre les dictateurs.

Oui ils ont affaibli l'Irak à petit feu : guerre du Koweit, embargo, missions des inspecteurs pour les désarmer. Et le coup de grâce qui arrive ensuite.

Pendant ce temps là le monde arabe est méthodiquement préparé à cette éventualité, pour que le moment venu on avale la pilule sans broncher. Et c'est ce qui s'est passé. On est en colère, on n'en revient pas encore de la défaite. Certains sont humiliés et ils ruminent leur amertume (comme toujours). Mais personne ne bouge. Certains pays vont même à fournir de l'aide logistique ou matériel pour venir nous envahir chez nous. Quand ce n'est pas un financement direct de l'armée américaine et de ses bases militaires chez nous. Triste destin pour le monde arabe. Oui le Koweit paye l'addition pour les bases militaires et les GI's qui sont sur leur sol. Le comble du ridicule c'est que cet argent provient des 25 % de la manne du programme pétrole contre nourriture instauré par l'ONU et destiné à rembourser le Koweit. Mais le Koweit le reverse intégralement à l'armée américaine sur son sol pour qu'il détruise l'Irak après. Ridicule.

Maintenant on veut nous faire croire à différents scénarios concernant le sort de Saddam. On ne prend encore pour des cons. On propage plusieurs rumeurs toutes différents pour qu'on continue à en parler. D'ailleurs on sait faire que ça parler, moi le premier. Et j'ai honte. Mais la vérité est que Saddam, ses minitres, ses proches, son armée, ses policiers et sa bande de déchainés ont disparu du jour au lendemain. Sans que personne ne se rende compte de rien. Même pas les américains ! ! ! Eux qui ont des satellites braqués en permanence sur la région. Eux qui ont des systèmes capables de voir dans le rayon d'une assiette. Ils n'ont rien vu de ce mouvement de masse ! ! ! Et le comble du hasard c'est que 2 jours avant cette mystérieuse disparition Condoleeza Rice était en personne à Moscou pour discuter. Pour discuter de quoi ? Allhou aalam. Mais toujours est-il que le lendemain l'ambassadeur russe à Baghdad a quitté les lieux et le surlendemain il n'y avait plus personne pour défendre Baghdad. Tous disparu dans la nature. Et les américains sont rentrés sans aucune résistance. Quel miracle ! Et il y en a qui croient encore que les Américains, contrairement aux Français, veulent en finir avec les dictatures. Il ne faut pas verser dans le ridicule, les Américains sont là pour le pétrole et le reste ne les intéresse pas. Au contraire maintenir le mythe du Saddam vivant c'est une raison de plus pour eux de nous faire croire qu'ils restent la-bas maintenir l'ordre et garantir les libertés des irakiens. Et comme ils savent qu'on est dupe et con ça va encore une fois passer. C'est les mêmes raisons qui les conduisent à laisser Ben Laden vivant, c'est toujours une excuse pour taper les gens au nom de la lutte contre le terrorisme.

Et du pétrole la Syrie n'en possède pas, à ma connaissance . Attaquer la Syrie en ce moment c'est faire un énorme cadeau à Israël. Et je crois que l'administration de l'autre crétin n'est pas prête de faire ce pas tout de suite. Là ça risque de destabiliser sérieusement la région. et ils ne sont pas fous à ce point.

A nous maintenant de ne pas nous laisser berner encore avec la propagande US et les mensonges qui nous servent en guise d'os à ronger pendant que dans notre dos ils préparent le pire. Il faut les prendre à leur propre piège et réclamer tous ensemble (nous les arabes) que nous aussi on partage leur vision des choses et qu'on veut à ce titre que les résolutions de l'ONU soient appliquées à tous et notamment à Israël. A nous aussi de réclamer de désarmer le plus dangereux pays de la région possédant des armes de destruction massive : Israël. Notre salut est de nous battre tous ensemble pour leur montrer que le temps du "deux poids deux mesures" est révolu. C'est de notre responsabilité. C'est notre survie qui est en jeu.

Quand à nous les Tunisiens, si on attend les américains viennent nous libérer de notre dictature (ressemblant à de multiples égards à la dictature irakienne) on se met le doigt dans l'oeil. Il ne faut pas se faire d'illusions on n'a pas de richesses en Tunisie qui peuvent faire envie aux Américains ! alors au boulot, on ne peut compter que sur nous-même.

Krankil  : Trop simpliste ta lecture des évènements d'avant la chute de Baghdad. Je suis d'accord sur quelques points mais pas sur d'autres.

Bien que je ne puisse qu'être content de la chute d'un dictateur tel que Saddam, je ne peux me réjouir que cela ait été fait grâce aux americains.

L'Irak avec Saddam aux commandes est mille fois meilleur qu'avec un américain.

Saddam est certes un dictateur hors pair (et son bilan en matière de droits de l'Homme est indéfendable). Mais au moins c'est un HOMME et il agit dans l'interêt de la nation arabe. La chute de Saddam (et l'humiliation qui s'en suit ) nous apprend comment la dictature (même quand elle est dans l'intérêt général) ne peut jamais gagner. Ceux qui exécutent les ordres du dictateur le font à cause de la peur et pas par conviction (ils n'ont d'ailleurs même pas le temps pour raisonner et être convaincu de la cause qu'ils "défendent"). C'est pour ça que dès que l'occasion se présente ils n'hesitent pas à le trahir.

Saddam a été trahi par l'un des siens. Saddam est mort. C'était le 7 Avril 03 lors du bombardement du quartier Mansoura. Dès qu'ils ont infiltré son cercle restreint et se sont assurés de la défection de quelques-uns de ses proches les américains ont fait une mise en scène de facon à ce que tout paraisse comme si un "deal" avait été passé entre les américains et Saddam (Rice va en Russie, le lendemain l'ambassadeur russe revient a Baghdad et tout d'un coup Saddam disparait ! !). Le but c'est de démoraliser le peuple arabe qui a vu en SAddam un CHAMPION qui défie la plus grande puissance au monde et préfére la mort plutôt que se soumettre à la volonté des sionistes.

Mettre dans la tête des arabes qu'il s'est enfui n'a pour but que de dire aux arabes : VOUS ne pourrez jamais produire quelqu'un qui peut nous tenir tête. Ils finiront toujours par vous trahir. Donc SOUMETTEZ vous.

Je ne vois pas pourquoi Saddam qui a refusé l'offre avant le début de la guerre l'accepterait après avoir cause la mort de dizaine de milliers d'Irakiens. Est-ce qu'il ne connait pas la machine de destruction americaine ? Est-ce qu'il pense qu'ils ne sont pas sérieux ? Est-ce qu'il pense que les arabes qui l'ont respecté pour avoir refusé de se soumettre vont le respecter encore plus s'il s'enfuit apres la mort de milliers d'Irakiens à cause de lui ? It doesn't add up !

T.I.Z  : Ta thèse comme la mienne ne sont que spéculations et on ne connait pas la vérité, ni toi, ni moi.... Attendons de voir ce qui va se passer mais l'histoire m'a appris que de tout temps les américains n'ont jamais cherché à tuer leurs adversaires. Ils s'en servent toujours après comme alibi pour perpétrer leur horreurs.

Tout comme toi je n'ai jamais appruvé l'agression américaine contre le peuple irakien. Et j'ai toujours soutenu que s'il faut changer de régime en Irak c'est uniquement aux irakiens de le faire. Peut-être aidés de l'extérieur par les arabes eux-même (mais je ne me fais pas d'illusion) ou pourquoi pas par des occidentaux. Mais jamais par une intervention militaire. Je vais même plus loin, je trouve qu'il est de notre devoir de porter plainte contre Bush et son gouvernement pour crime contre l'humanité et contre le peuple irakien.

Par contre voir Saddam en champion du monde arabe, excuse-moi mais là je te suis pas. Ou alors je ne comprends rien. J'ai peut-être raté un épisode ? En quoi Saddam a-t-il été bénéfique au monde arabe ? Qu'est-ce qu'il a fait de spécial ou de mémorable pour la nation arabe ? A part discourir et envoyer son peuple au front se faire massacrer pendant plusieurs guerres à sa place, je ne vois rien d'extraordinaire.



T.I.Z, Krankil

14 avril 2003
En tenue de camouflage

Sur l'état lamentable des gouvernants Arabes


Décidément, rien n'ébranle les certitudes des gouvernants Arabes. Ils continuent malgré les humiliations répétées à servir à leur populations la même soupe, maintes fois réchauffée, sur l'importance qu'ils sont censés avoir dans le concert des nations.

Maintenant que le régime Irakien s'est effondré, et alors qu'ils n'avaient pipé mot depuis des semaines, les voilà qui sortent timidement la tête de leurs terriers pour déclarer que le gouvernement Irakien devrait être désigné par le peuple Irakien. Cette déclaration émane des Présidents Syrien, Egyptien et Tunisien. Pourquoi ces gouvernants qui sont une chance exceptionnelle pour leurs peuples (à croire leurs serviteurs et chiens de garde zélés ) ne commençent-ils pas à appliquer chez eux ce qu'ils demandent pour le peuple Irakien ? Que ne l'avaient-ils pas demandé plus tôt au président Irakien malgré toutes les souffrances qu'il a pu infliger à ses populations ? Ces trois gouvernants sont bien sûr un modèle de démocratie dans leurs pays ! ! ! ! ! ! !

En Syrie , on a inventé à la mort d'Assad, la République Monarchique (rappelez-vous comment, dans l'heure qui avait suivi la mort d'Assad, l'on a modifié la constitution pour que son fils puisse le remplacer), évidemment aucun autre Syrien , à part le fils d'Assad n'avait la compétence , l'abnégation, le dévouement , bref toutes les qualités se trouvant dans le dictionnaire pour prétendre à la magistrature suprême.

En Egypte , faute de candidat acceptable (aucun Egyptien ne pouvant prétendre aux qualités de Moubarak) on a par souci d'économie et de simplification inventé les élections par référendum oral sous forme de manifestation dans la rue exigeant de Moubarak de rempiler, toute autre solution ne pouvant être que catastrophique pour l'Egypte.

En Tunisie, Ben Ali, s'est encore sacrifié pour son peuple, qui le lui a demandé ! ! ! ! ! ! Il a opéré un tripatouillage, pas propre du tout, dans la constitution . Il a modifié l'article de la constitution limitant le nombre de mandats pour pouvoir se représenter en 2004. Depuis 1987, il n'y a eu aucun Tunisien pour arriver à la cheville de Ben Ali et quand on pense que du vivant de Bourguiba il n'y avait personne non plus ( pas même Ben Ali ), on réalise avec effarement où se situe la valeur des Tunisiens, où plutôt la valeur que les gouvernants Arabes octroient à leurs populations.

Aux dernières élections , Ben Ali a été "élu" par 99.4% des votants, seuls 0.6% d'ingrats, traitres, jaloux, vendus à l'étranger, connus de la police n'ont pas voté pour lui. Je vacille à l'idée que Ben Ali mourra un jour. Que vont devenir les Tunisiens ?

Ce constat s'applique aisément à tous les pays Arabes. Autant les gouvernants sont excellents, autant leurs populations sont arriérées, pas mûres, pour un sou, pour la démocratie et ont besoin de simili-Staline pour leur dire, y compris dans les détails les plus personnels ou intimes, ce qu'ils doivent faire , quand et comment ils doivent le faire. Les gouvernants Arabes méprisent leurs populations, les traitent comme des sous-hommes, les manipulent, les empêchent de travailler , leur suppriment le passeport et selon leur bon vouloir, les torturent quand ils osent exercer ce simple droit de s'exprimer librement, leur dénient le moindre libre arbitre et la moindre intelligence.... Et pourquoi dans ce cas les autres (Administration Américaine, Autorités Israéliennes...) ne feraient-ils pas la même chose ?

Que peuvent valoir pour le commun des mortels les déclarations des Etats de la ligue Arabe s'opposant à l'intervention Anglo-Américaine quand dans le même temps la plupart des Etats Arabes ont ouvert leurs frontières au soldats Anglo/Américains. De qui se moque-t-on ? L' Arabe moyen est-il si débile que ça ? Où alors si c'est le cas , à qui incomberait la faute après un demi siècle d'indépendance pour la plupart des pays Arabes.

Les gouvernants Arabes seraient-ils les seuls à ne pas se rendre compte que leurs gouvernances ont conduit leurs populations à la catastrophe et à la régression dans tous les domaines ?

Le citoyen Arabe ne se rend-t-il pas compte que seul un Etat de droit, avec des droits et des obligations pour chacun, le respect de la dignité humaine (dans humain il y a les hommes et les femmes ), l'épanouissement par le travail et le sens de l'effort, les libertés de s'exprimer, de se réunir, de s'organiser, la liberté de vivre la religion et la sexualité de son choix, disais-je, que seules ces valeurs sont à même de permettre aux populations Arabes de s'épanouir, se développer, de progresser, se faire respecter... Le moindre compromis sur ces valeurs ne fera que prolonger la misère, dans tous les sens du terme, des populations Arabes.

Les gouvernants Arabes, déja disqualifiés, le sont lors de chaque crise encore plus. Il devront s'effacer pour laisser respirer leur populations étouffées. Que l'on arrête avec les sauveurs, les messies, avec les qualificatifs pompeux (Combattant suprême, Artisan du changement, leader suprême, Emir al mouminin, Serviteur des lieux saints et tutti quanti) Qu'il y ait à la tête des pays Arabes des gens simples et normaux qui se font faire des gâteries par une stagiaire ou piochent dans la caisse, mais qui se font traduire par des juges devant les tribunaux.

Les Arabes sont des humains avec des qualités et des défauts, ils ne peuvent pas "dealer" avec des " êtres supérieurs" comme le sont leurs gouvernants. Dans les années 1970 , le FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine) disait que la libération de la Palestine passait par le renversement des régimes Arabes. A cette époque, je ne partageais pas cet avis. Je pense à présent, trente ans après que cette idée était trés pertinente.



Rahmouni

13 avril 2003
Les leçons, on les tire toujours ... mais on ne les retient jamais.

Les leçons de l'agression et de l'occupation de l'Irak


Il est inutile de rappeler que l'agression et de l'occupation de l'Irak par les anglo-américains est illigitime juridiquement parlant, immorale humainement parlant, et de plus préparé et imaginée depuis mars 2000, bien avant les attentas du 11-09-2001, et enveloppée dans un nuage de raisons (plutôt mensonges  : terrorisme et pocession d'armes de destruction massive) indéfendable et insoutenable. D'ailleurs, le patron de l'inspection M. Blix, a reconnu publiquement, mais tardivement et avec lacheté une fois la guerre terminée, que l'Irak ne possédait pas d'armes chimique, bactériologique.

Cette agression-occupation devrait être analysée afin de tirer les leçons qui s'imposent aux peuples arabes. En voici une rapide et modeste tentative.

Un dictateur et un régime despotique s'écroulent comme un château de cartes. La résisatnce des villes du sud était plus forte que celle de Bagdag où soit disant la garde républicaine veille et attend avec impatience l'arrivée des troupes anglo-américaines qui rentrent dans la ville presque sans combattre !

C'est la preuve que personne ne veut combattre pour défendre une dictature sauf par intérêt (ça fait pas beaucoup de monde pour prendre les armes) face à une puissance de feu inégalée. Bagdad a capitulé plus vite qu'on ne le pensait même si la majorité des Bagdadis n'accueillent pas les occupants avec beaucoup de joie.

C'est la preuve que la dictature, quel quelle soit, est indéfendable, une cause légitime et une terre sont défendables. Le culte de la personnalité, du despotisme, et l'éducation par la médiocrité, par la corruption et le clientèlisme ne permettent pas de défendre un régime même contre les pires ennemis, car le patriotisme des soient disant défenseurs (la milice du parti au pouvoir, la police politique, l'armée et les forces de l'ordre soumis au dictateur, les pseudo journalistes et propagandistes...) est très lié au bénéfice et aux miettes que le dictateur veut bien distribuer. Dès que le dictateur est en difficulté, les clients (partisants et "patriotes") se font de moins en moins nombreux.

Au contraire, la dictature et le despotisme créent et nourissent un esprit de vengence et de revanche. Sinon comment expliquer le comportement des pillards à Bagdad et ailleurs. Piller les biens publics et en particulier le patrimoine culturel est très révélateur d'un malaise et de perte de repères. Eh oui, le bien public est assimilé à un bien privé appartenant au pouvoir et non à l'état encore moin à la collectivité donc au peuple. L'esprit de vengence ne peut que se traduire par le pillage de tout ce qui a été accaparé par le parti au pouvoir, spolié et possédé par les dictateurs d'hier et interdit au peuple, en somme les richesses du pays.

Le pillage des richesses culturelles est aussi très révélateur du type de société que la dictature a constitué : une société de médiocrité et de non culture. Sa seule culture est le culte de la personnalité et du despotisme. Donc il ne faut pas s'étoner de la réaction populaire (il ne faut pas non plus la justifier) à la chute forcée d'un régime dictatorial. C'est une réaction naturelle d'une société privée de curlture, appauvrie, asoifée, spoliée et terrorisée : la violence du régime génère forcément la violence chez les citoyens.

Il est possible que ce comportement de pillage des biens publics (même les hôpitaux) soit accentué par le sentiment d'insécurité sous l'occupation étrngère, mais trouve son origine dans la violence morale et physique exercée pendant des décennis par un régime sans loi ni foi. Le comportement de la population serait plus maîtrisé et plus civique si la chute de la dictature était provoquée par le soulèvement populaire. Beaucoup d'exemples le montrent, la Serbie (la chute de Milosevic), Le Sénégal (la chute de Diouf), l'Allemagne de l'est (la chute du communisme)...

Les dégâts psychologiques et comportementaux d'une dictature ne s'éffacent pas d'un coup de baguette magique juste à la chute du régime, il faut mettre en place un programme volontariste pendant une génération ou deux pour effacer les comportements, reflexes et réactions négatifs voire violents de la société, et construire un esprit critique et rationnel.

Nous souhaitons un débat autour de ces leçons et des conséquences de la chute de la dictature et l'occupation de l'Irak afin d'éviter le pire à nos pays arabes menacés aujourd'hui par l'occupation de régimes despotiques et demain par une occupation étrangère.

Parmi les idées que nous souhaitons développer et débattre :

-  considérant la dictature comme un régime d'occupation interne, est-il souhaitable de constituer, même symboliquement, un gouvernement d'opposition pour la libération du pays.

-  considérant la ligue arabe comme instrument au mains de régimes dictatoriaux, est-il souhaitable de constituer, même symboliquement, une ligue arabe bis et véritable représentant des aspirations et intérêts des nations arabes.

Salutations démocratiques, Hurrya Tunes



Hurrya Tounes

12 avril 2003
Ca Peut Rater ...

Communiqué du CPR
"Le despotisme prépare la colonisation, la colonisation est l'aboutissement du despotisme"

Tunis, le 11 avril 2003
Congrès Pour la République
33, Avenue Bab Dzira, Tunis


(Extraits traduits de l'arabe)

"Comme prévu et attendu, deux riches puissances nucléaires, totalisant plus de 400 millions d'habitants, ont pu casser la résistance d'un peuple arabe, épuisé par l'ambargo et le despotisme et qui ne dépasse pas les 24 millions d'habitants. On a occupé ses terres pour le déposséder de ses richesses, derrière un écran de fumée de paroles des nouveaux colonisateurs. Ce sont toujours les mêmes arguments, hier pour nous libérer du sous-développement, aujourd'hui pour nous apprendre la pratique de la démocratie et des droits de l'homme..."

"... Le CPR considère que ce qui s'est passé en Iraq est une occupation et non une libération. C'est un retour de la colonisation directe. Et de ce fait, le CPR met face à leurs responsabilités : les pouvoirs actuels en Tunisie, ainsi que dans tous les pays arabes, en cas de reconnaissance d'un quelconque pouvoir irakien qui serait issu du nouveau colonialisme et pas de la volonté du peuple irakien après le départ des envahisseurs..."

"... Le CPR a souvent distingué entre l'engagement national véritable et la dépendance à un quelconque pouvoir despotique sous couvert de son patriotisme. Il a toujours cru que le despote ne peut être un juste et que le juste ne peut être un despote. Il a considéré le despotisme et la colonisation comme deux faces de la même pièce de monnaie. Le despotisme n'est qu'une colonisation interne et la colonisation n'est qu'un despotisme externe. Et c'est en partant de cette conception, de l'engagement national et patriotique, que le CPR appelle les forces du peuple et de la nation à redoubler la lutte contre la colonisation en ce qu'elle représente une lutte contre le despotisme..."

"...Et pour mener à bien le combat pour la reconquête de notre souveraineté interne et externe, il nous faut une nouvelle ligne politique. Qui prenne en considération les fondements de notre nation et ses valeurs sacrées, sans négligence ni excès, et qui adhère à la démocratie politique et sociale comme moyen incontournable, dans le but de la libération interne du despotisme, de la libération externe du colonialisme et pour le retour de notre nation sur la scène de l'action historique."

"Et pour concrétiser cette nouvelle ligne politique, seule capable d'unir les forces agissantes, le CPR appelle les différentes forces d'opposition dans le monde arabe à se réunir dans les plus brefs délais. Pour tracer la voie à des peuples qui attendent de leurs directions spirituelles, politiques et morales qu'elles assument leurs reponsabilités historiques, dans une situation qui se caractérise par l'effondrement total de l'ancien ordre arabe, avec toutes ses structures et ses mécanismes, ainsi que par l'absence d'alternatives mises à part des réactions sentimentales sans impact ni portée."

"Nous sommes aujourd'hui à un très dangereux croisement de chemin, qui risque de fixer pour longtemps le devenir de notre nation, après que l'occupation de l'Iraq ait bouleversé les anciennes donnes, en imposant une nouvelle réalité politique et psychologique. Et bien qu'on soit dans une situation extrêmement difficile, entre le marteau de la colonisation et l'enclume du despotisme, nous avons une grande source d'inspiration et d'espoir dans la farouche résistance du peuple irakien et du peuple palestinien, dans l'éveil de nos peuples et enfin dans notre accord sur la source de nos malheurs. Un espoir pour une nation forgée dans les graves épreuves des siècles, et qui reste encore jeune, vivante et capable de relever les défis et d'occuper sa place naturelle parmi les nations."

Le peuple Irakien n'a jamais perdu la guerre Mr Marzouki ! par Live Free or Die

Je suis très desolé et triste que le CPR et le Dr Marzouki aient publie leur dernier communiqué.Il semblerait qu'ils aient tout juste suivi le reste des blablablablistes.

Je veux leur dire seulement une chose : SEUL LE PEUPLE IRAKIEN ET LE TEMPS NOUS DIRONT SI CETTE GUERRE EST LIBERATRICE OU OCCUPANTE !

Je voudrais que le CPR revienne à la raison (comme il l'a fait dans son premier communique) et dise très haut que c'est le régime du tyran qui a perdu la guerre. Le peuple Irakien n'a pas combattu et n'a pas defendu le tyran. Le tyran a utilisé son peuple et a essayé de gagner du temps tandis que les pauvres irakiens (de bonne foi ou non) donnaient leur vies au sud. Quand le premier char est apparu à Bagdad, les dirigeants se sont enfui sans tirer un seul coup.

C'est la tyrannie et l'affairisme, Mr Marzouki. Ils ont utilisé le pauvre peuple jusqu'à la dernière seconde et puis... ils ont pris la poudre d'escampette.

Ce qui s'est passé était prévisible. La résistance au sud a été surprenante mais quand les premiers chars entraient à Bagdad, mon ami Tunisien m'a dit "Tu vas voir, tous ces généraux et ces ministres... Personne ne se battra.

En bref : L'IRAK n'a jamais perdu la guerre car le peuple Irakien n'a jamais participé. C'est la Tyrannie qui a perdu la guerre.

Ci après l'intégralité du communiqué en arabe :

المؤتمر من أجل الجمهورية

حتى تتحقق السيادة للشعب والشرعية للدولة والكرامة للمواطن

33 نهج باب الجزيرة .تونس

بيان

11-4-2003

الاستبداد تمهيد للاستعمار و الاستعمار تتويج للاستبداد

كما كان متوقعا وحتميا، استطاعت دولتان نوويتان غنيتان يفوق تعداد سكانهما أربعمائة مليون نسمة كسر مقاومة شعب عربي لا يزيد على أربعة وعشرين مليون نسمة أنهكه الحصار والاستبداد ، وتمّ احتلال أرضه لمصادرة خيراته تحت ستار دخان لفظي برّر به المستعمرون دوما دخول أراضينا لتخليصنا في السابق من التخلّف واليوم لتعليمنا ممارسة الديمقراطية وحقوق الإنسان .

وكما لم يكن متوقّعا، قاوم الشعب العراقي ، المنهك ، المجوّع ، المحاصر ، في أم قصر والبصرة والنجف وكربلاء والناصرية والموصل وبغداد من أجل الأرض والعرض. ونحن إذ نتوقّف اليوم بالذكرى خشوعا و ترحما على الشهداء وتعاطفا مع كلّ الذين أصابهم القصف والرصاص والإذلال بجروح الروح والجسد ، وإذ نذكّر أن الحرب الظالمة على الشعب العراقي لا يجب أن تنسينا الحرب الأخرى التي تتواصل بنفس الوحشية ونفس العنجهية ضدّ شعبنا العربي في فلسطين ، فإنه من واجبنا تجاوز مشاعر الحزن والغضب التي تعصف داخل وجداننا الجريح لنستنفر كل قوانا من أجل مواجهة الوضع الجديد بأخطاره وتحدياته وهي بالأساس بسط الهيمنة الامريكية و الصهيونية على المنطقة و نهب ثرواتها .

إن المؤتمر من أجل الجمهورية ، في تناغم مع ضمير شعبنا وأمتنا ، يعتبر مع كل الوطنيين الصادقين أن ما جرى في العراق احتلالا وليس تحريرا وعودة للاستعمار المباشر ومن ثمة هو يحمل السلطة الحالية في تونس وفي كل قطر عر بي مسئوليتها في حالة الاعتراف بأي نظام عراقي يستمد وجوده من الاستعمار الجديد ولا ينبثق من إرادة الشعب العراقي بعد رحيل الغزاة . و هو يرفض بشدّة المبرّرات التي يسوقها الاستعمار الأمريكي من فرض الديمقراطية فالحرية لا تفرض خاصة من قبل دولة كانت ولا تزال ركيزة كل أنظمتنا الاستبدادية مطالبا بإنهاء الاحتلال وتتبع مجرمي الحرب الذين تسببوا في قتل الكثير من العزّل و الأبرياء من بينهم صحافيون رفض الغزاة أن يشهدوا على جرائمهم .

كما يلاحظ المؤتمر أن هذا الغزو يندرج في إطار استفزاز بالغ الخطورة لجرّ المنطقة والعالم لحرب حضارات رفضناها دوما مسجلين بكل اعتزاز وأمل تجنّد كل الشعوب والمجتمعات المدنية الغربية سواء في أمريكا ذاتها وخاصّة في أوروبا ضدّ غطرسة الغزاة وخروجهم السافر على الشرعية الدولية .

إلاّ أنه لا يجب أن يغيب عنّا أنّ سقوط عاصمة الرشيد في أيدي الغزاة هو آخر ' إنجازات ' النظام العربي الفاسد بشقه المتواطئ مع الاستعمار والشق الذي أدّعى مقاومته . لقد فرّق المؤتمر من أجل الجمهورية دوما بين الالتزام الوطني الحقيقي وبين التبعية لأي نظام استبدادي بحجة وطنيته و آمن أن المستبد لا يكون عادلا والعادل لا يكون مستبدّا ، ودعا لاعتبار الاستبداد والاستعمار وجهي نفس قطعة النقد حيث أن الاستبداد استعمار داخلي والاستعمار استبداد خارجي. ومن منطلق مفهومه هذا للالتزام القومي والوطني فإن المؤتمر من أجل الجمهورية يدعو أكثر من أي وقت مضى شعبنا وأمتنا إلى تكثيف النضال ضد الاستبداد بما هو نضال ضدّ الاستعمار وتكثيف النضال ضدّ الاستعمار بما هو نضال ضدّ الاستبداد.

ورغم ارتفاع معنويات المجتمعات العربية أمام المقاومة الباسلة للشعب العراقي والاستنفار العالمي ضدّ العدوان واستعداد شعوبنا الواضح للتجاوب مع روح المقاومة وسلوكيات التحدّي التي أعطى الشعب الفلسطيني البطل أروع أمثلتها ، فإنه لا يجب أن يغيب عنّا أننا لا نمتلك لحدّ الآن رؤية واضحة لإدارة معركة استرجاع السيادة الداخلية والخارجية ولا مناص من خط سياسي جديد يأخذ بعين الاعتبار ثوابت الأمة ومقدساتها دون تفريط أو إفراط ويتبنى الديمقراطية السياسية والاجتماعية وسيلة لا مناص منها وتكون غايته التحرّر الداخلي من الاستبداد والتحرّر الخارجي من الاستعمار وعودة الأمة لساحة الفعل التاريخي. ولبلورة هذا الخطّ السياسي الجديد القادر وحده على توحيد القوى الفاعلة ، ينادي المؤتمر مختلف قوى المعارضة في الوطن العربي إلى الاجتماع في أقرب وقت ممكن لترسم خارطة الطريق لشعوب تنتظر من قيادتها الروحية والسياسية والمعنوية أن تضطلع بمهمتها التاريخية في وضعية تتسم بالانهيار الشامل للنظام العربي القديم بكل هياكله وآلياته وبانعدام البدائل ما عدا ردود فعل عاطفية لا تغني ولا تسمن من جوع.

إننا نقف اليوم أمام منعطف طريق بالغ الخطورة قد يحدّد لأمد طويل مسار أمّتنا بعد أن قلب احتلال العراق كل المعادلات القديمة وفرض واقعا سياسيا ونفسيا جديدا. ورغم أننا في وضعية بالغة الصعوبة ونحن بين مطرقة الاستعمار وسندان الاستبداد فإن لنا في المقاومة الباسلةللشعبالعراقيوالشعبالفلسطينيوفياستفاقةشعوبناوفي اتفاقنا أخيرا على سبب الداء ، مصدر إلهام وأمل لأمّة عركتها خطوب القرون ولا تزال شابة حيّة قادرة على رفع كل التحديات واحتلال مكانها الطبيعي بين الأمم .

عن المؤتمر من أجل الجمهورية

د منصف المرزوقي



Moncef Marzouki

11 avril 2003
Et pendant ce temps ... le monde rame.

Irak - La stratégie de la pagaille

La virulence des attaques que j'ai subies suite à mon dernier texte (triste fin d'un tyran) qui expose une face de mes réflexions sur la situation engendrée par la guerre d'Irak ne vont pas me dissuader à continuer de penser et à m'exprimer librement. J'espère que cette fois aussi les événements confirmeront la justesse de mes analyses de la situation. Je reviendrais une autre fois sur la contradiction qui peut apparaître entre les deux analyses exposées.


En moins de 24 heures tout un pays a été destructuré. Un appareil d'un Etat complet a été démonté. Cette auto-dissolution de tout un système en si peu de temps laisse perplexe stratèges, analystes et observateur ou simples spectateurs des événements.

Ce n'est pas Saddam qui n'est pas trouvé, c'est tout un appareil d'état, ministres, gouverneurs, et dirigeants se sont subitement volatilisés. Aucune précision sur le sort de toute une armée dont les prisonniers chez l'adversaire ne dépassent pas quelques milliers (7200) ainsi que tout l'appareil d'un partis qui quadrillait auparavant tout le pays par des centaines de milliers de cadres et de militants sans parler des Fidains et des souscris a l'armée populaire "El Kods" qui comptait plusieurs millions de citoyens formés à la lutte armée.

A toutes ces questions personne ne donnent la moindre indication. On a l'impression de vivre un scénario dont personne ne connaît le plan ni l'aboutissement. On ne peut en vouloir qu'à la médiocrité de notre intelligence et de notre information. Les Américains et les Anglais ,même s'il ont leur explication, n'apportent rien a éclaircir la situation. Venus pour destituer un dictateur ils ont été réduit à déboulonner des statues. La bataille de Bagdad a été réduite à une promenade ovationnée d'une armée dont le seul exploit est un abominable forfait contre des journalistes témoins encombrants d'une bataille manquée.

Personne n'a pu prouver jusqu'à présent ni fuite ni reddition ni compromis ni capitulation ni destruction du dispositif armé Irakien. Les alliés n'ont encore pu se prévaloir d'aucun prisonnier ou victime de guerre de renom. C'est à partir de ce constat qu'on doit peser la situation.

Ce qui c'est produit c'est une pagaille généralisée avec le spectacle humiliant joué par quelques suppôts de colonisation contre leur nation.

Tout laisse à penser que le monde s'est trompé sur la stratégie adoptée par les Irakiens pour affronter l'agression. Ils ont choisi comme les Talibans de s'écarter de la gestion du pays et de se consacrer à la lutte armée de libération suivant le modèle de la guerre d'Algérie. Si cela avait été le cas cela prouverait qu'ils auraient été assez intelligents pour deviner les intentions belliqueuses des Américains depuis bien longtemps et dpréparer un tel plan. Cela voudrait dire que la véritable Guerre n'est pas encore commencée et confirmerait leur réputation de grands stratèges qui s'est mise en contradiction avec l'apparence des faits relatés par les chaînes d'informations.

Ils auraient laisser les alliés s'enliser dans la gestion du chaos : pénuries, gestion des villes, approvisionnement luttes fratricides au sud et guerres civiles au nord, en les aggravant pour se consacrer à la lutte armée tout en préservant leur mobilité. Seule cette guerre d'usure à laquelle leurs ennemis ne se sont pas préparés peut aboutir à sauvegarder les chances de l'Irak de se libérer tout en réglant définitivement les différends entre ses communautés mais d'ici là les sombres jours ne font que commencer.



Mokhtar Yahyaoui

10 avril 2003
Dialoguons encore et encore ...

Au secours du juge Mokhtar Yahyaoui

Le texte de Mokhtar Yahyaoui "la triste fin d'un tyran" avait déchainé les passions. Vous pourrez retrouver sur reveiltunisien.org une partie des échanges ayant eu lieu sur le forum TUNeZINE.


Je suis pour la liberté d'expression et de la critique suivant les règles de bonnes manières, c'est à dire sans excès. Pour moi il y a trois choses à ne pas faire sur ce forum : Le blasphème car nous sommes pour la plus part entre nous croyants, les menaces contre les personnes et l 'appel à la violence et enfin les obscénités contraires à nos valeurs et à notre éducation. Pour le reste le champsest libre. Le juge Yahyaoui s'est exprimé en donnant son point de vue sur des évènements en cours dont l'aboutissement peut lui donner raison… à posteriori.

C'est normal qu'on lui réponde, que l'on critique son point de vue, je défends moi-même des positions proches depuis très longtemps.

Ce que je voudrais faire c'est apporter de l'eau à son moulin en expliquant d'avantage pour quoi les causes de nos malheurs, nos défaites, nos humiliations nous autres arabes ne sont pas toujours l'Occident, l'Amérique, la CIA et le Mossad. Notre part de responsabilité est énorme et nos régimes dictatoriaux sont à l'origine de presque tous nos malheurs. Hier je vous ai parlé des gentils et des méchants dictateurs, je continue mais sur un autre registre.

Certains jeunes ne semblent pas réaliser l'étendue de la catastrophe dans laquelle ces odieux régimes nous enfoncent chaque jour un peu plus. Il y a ce que vous savez et il y a ce que- peut être- vous ne s'avez pas.

En effet cela fait cinquante ans que les pays, les Etats et les peuples arabes pataugent dans la boue de la honte, des traîtrises et des humiliations.

1948 les Arabes perdent leur première guerre contre Israël en tant que nations indépendantes, et par la même occasion la moitié de la Palestine sur fond de traîtrises et de paroles non tenues, ce fut la première des Nakba.

2 1956 eme guerre contre Israël, deuxième défaite et deuxième Nakba. L'Egypte de Jamal Abdennaçar dit Nasser qui menait le jeu à l'époque le faisait de la même façon que Saddam aujourd'hui : mensonges, répressions, trahisons, amateurisme…

3 1967 eme guerre contre Israel et3 eme défaite et3 eme Nakba. La je vais entrer un peu dans les détails. L'Egypte de l'époque était en guerre officielle et ouverte contre l'Etat hébreu. Le 2 juin Nasser décide de fermer le golfe d'Akaba et interdit aux bateaux israéliens civils et militaires de le traverser pour accéder au port israélien d'Eleit. Nous sommes dans la guerre car quand vous enfermer votre ennemi dans une nasse il faut s'attendre à ce qu'il vous attaque.

Dans ces lointaines années 60 la chanteuse Oum kalthoum tenait le haut du pavé de la chanson arabe. Le1 er jeudi de chaque mois elle donnait un grand concert au Caire que les radios égyptiennes transmettaient en direct et des millions d'arabes de Baghdad à Casablanca qui passaient une nuit blanche complètement ivres de mélodies et d'alcool pour les uns et de mélodies et de thé pour les autres. Le jeudi 5 juin 1967 au soir Oum Kalthoum donnait donc son habituel concert avec assis au premier rang de nombreux officiels égyptiens et les hauts officiers de l'armée parmi lesquels le maréchal Abdel Hakim Amer commandant en chef de l'armée égyptienne et Salah Nasr le chef des services des renseignements,. Le concert se termine vers minuit après quoi ce public de set jet se disperse dans la célèbre avenue des Pyramides où sont alignés les cabarets, hauts lieux de débauche de tout arabe capable de dépenser 100 dollars la nuit, une fortune à l'époque. Aux premières lueurs du jour, la tête alourdie d'alcool et de sons de musique, tout le monde va se coucher jusqu'à midi au moins, le vendredi étant jour férié dans l'Egypte socialiste et laïque de Nasser et son parti unique, l'Union socialiste Arabe, une sorte de parti baath couleur locale la brutalité sanguinaire en moins. Nous sommes le 6 juin au matin, toute l'Egypte dort. A 5 H pile la chasse israélienne donnent l'assaut à un pays doublement ivre et profondément endormi.

Des centaines d'avions militaires israéliens attaquent simultanément les aéroports civils et militaires et détruisent90 % de l'aviation égyptiennes avant que le soleil ne se lève. Au même moment l'armée de terre israélienne se lance à la conquête de la Sinaï occupant au passage gaza où elle y est toujours. Israël attaque en même temps la Jordanie et lui enlève Jérusalem et la Ci Jordanie et la Syrie dont elle s'empare des plateaux du Golan. La guerre se termine le mercredi suivant, elle n'aura durer que 6 jours d'où le nom qu'on lui a donné : La guerre de six jours.

Surpris dans leur sommeil, la plus part des généraux égyptiens apprennent la nouvelle par la radio officielle dont un célèbre speaker nommé Ahmed Said, une sorte de Sahhaf irakien puissance4 , annone que la défense antiaérienne égyptienne a abattu 70 avions ennemis le premier jour, Nasser lance : Nous jetterons les juifs à la mer, avant de demander cinq jours après honteusement à l'Union soviétique d'agir au sein du Conseil de sécurité de l'Onu pour imposer un cessez le feu avant que les israéliens ne prennent le Caire comme aujourd'hui les américains Baghdad.

Plus tard nous apprenons que la défense antiaérienne égyptienne n'a pas abattu un seul avion israélien durant cette guerre, que l'armée égyptienne s'est enfuie sans se battre, évaporée dans le désert, laissant armes et chaussures derrière elle pour courir plus vite, l'armée de Saddam n'a pas fait mieux.

1973 , cela faisait six ans que l'Egypte s'arme et s'entraîne pour se venger de la défaite de1967 . Nasser est mort et Sadate prit sa place. L'Egypte divorce de l'Union Soviétique et se rapproche timidement de l'Amérique mais continue à se battre avec des armes russes. Sadate, Assad de Syrie et le roi Hussain de Jordanie décident alors de coordonner leurs efforts pour attaquer Israèl en même temps afin de libérer leurs territoires occupés. Le 6 octobre les trois chefs se retrouvent au Caire pour décider ensemble de la date du déclenchement de la guerre. La date du 10 octobre fut retenue et chacun retourne dans son pays pour en informer son état major.

Savez-vous ce qu'a fait le roi Hussain de Jordanie ? Sitôt rentré à Amman il téléphone à Goda Meir Premier ministre israélien et demande à la voir de toute urgence. Elle lui envoi un hélicoptère israélien qui l'amène à Tel Aviv où maman Golda l'attendait avec patience avec son ministre de la défense Moshé Dayan. A la question : Quel jour vous avez décidé de nous attaquer ? Le 10 octobre madame, répond le roi. Félicitations sir, sachez qu'Israël et le peuple juif vous en seront éternellement reconnaissant. Le jour de sa mort en 1998 la communauté juive mondiale et les loges franc-maçonniques, dont il est membre38 eme échelon, mobilisent pour ses obsèques 40 chefs d'Etat avec à leur tête le président américain Bill Clinton qui marchèrent une heure durant dans les rues d'Amman, profondément amis par la perte d'un ami irremplaçable.

Imaginez que Tony Blair, après avoir décidé avec Georges Bush de la date de l'attaque de l'Irak, s'envole pour Baghdad, rencontre secrètement Saddam Hussain et lui dit : Nous avons décidé de vous attaquer le 20 mars au soir, prenez garde ! ! ! !

C'est ce qu'a fait le roi de Jordanie, qui une fois sa trahison accomplie rentre chez lui et refuse de participer à la guerre au grand dam de ses deux alliés. Israël ne fut que partiellement surpris par l'attaque du 10 octobre. C'est ce qu'ont dit Dayan et Meir dans leurs mémoires. Moi je les crois, et le roi n'a jamais démenti sa trahison. Il a même eu l'occasion d'embrasser Sadate mille fois sur deux joues.

Car si Hussain a trahi ses deux amis, Sadate s'est trahi lui-même. En effet après trois jours de combats victorieux et après une remarquable traversée du canal de suez, au moment même où l'armée égyptienne s 'enfonce dans le Sinaï à la rencontre a l'armée israélienne, Sadate ordonne au général Saaddine Elchadhli de stopper l'offensive en arrêtant ses connes blindées à 30 km à l'est de suez et d'attendre les ordres. L'armée ennemie arrive et balaie les troupes égyptiennes en état statique.

Quelques jours après, le général Ariel Sharon, toujours lui, réussit, à la tête de son armée, à traverser le canal de suez en sens inverse, s'enfoncer avec ses chars en Egypte. Heurement qu'une résolution de cessez-le feu votée à la hâte par le Conseil de Sécurité l'oblige à s'arrêter à 101 km du Caire. Plus tard on apprenait que Sadate avait fait un deal avec les Américains stipulant que l'armée égyptienne traverse le canal mais n'ira pas plus loin, car la guerre devait servir seulement comme moyen de déclenchement d'un processus diplomatique qui allait conduire l'Egypte à conclure une paix séparée avec Israel en1978 .

Tout le reste c'est de la mise en scène pour enflammer momentanément la rue arabe. Sadate cacha l'existence de ce deal à Assad de Syrie et au petit roi jordanien et même à son propre état major. La guerre fut gagnée au début et perdue par la suite, car le scénario été décidé d'avance. Sadate avait trahi comme le roi Hussain et tous les autres dictateurs arabes, un vrai drame. Ils sont tous des traîtres, des tyrans, de moins que rien.

Alors vous n'êtes toujours pas d'accord avec ce que dit le juge courage ? C'est votre droit le plus absolu. Tout le monde se trompe, moi, le juge et les autres. Lui a exprimé des émotions, moi je vous ai donné les faits. La différence c'est que quand l'un de nous se trompe cela ne fait du mal à personne, mais quand Sadate, Hussain de Jordanie ou Saddam se trompe et trahit c'est la catastrophe, karitha, pour250 millions d'arabes, leur avenir, leur honneur et leur dignité. A suivre



Dhiab Al Hilali

9 avril 2003
Cela justifie-t-il les moyens ?

Triste fin d'un tyran

Au risque de choquer, la responsabilité de tout homme de principe et de conviction face aux événements qu'on connaît maintenant est de se déterminer et d'assumer clairement la responsabilité de ses idées sans attendre l'humeur publique pour s'adapter.


Le régime de Saddam chancelant n'aura plus longtemps pour rendre l'âme et emporté avec lui une triste période d'histoire et d'illusions.

Encore une fois les Arabes ont été trompé par leur propagande et leurs informations. Certains ont continué à caresser l'illusion que cette guerre peut être gagnée. Ce régime mis en paria depuis plusieurs années par le monde entier c'est replié sur un discours ultra nationaliste et religieux pour manipuler un peuple séquestré et une opinion publique arabe humilié dont l'élite même a perdu les repères et ne sais plus a quoi s'en tenir ni que faire.

La couverture de cette guerre nous a monté un système bâti sur le culte d'un tyran à force de statues et d'effigies et une folie de grandeur et de confort ostentatoire au mépris d'un peuple laminé par les guerres, les privations, la misère et la médiocrité de la vie qu'on lui a imposé sans prendre son avis.

Le "Baath" Ce parti fasciste ultra nationaliste fondé sur les complots et les exécution des opposants s'est approprié par sa bureaucratie de profiteurs tout le pays grâce a la terreur de ses milices, de son système policier et para militaire et ses organisations parallèles qui ont vidé le pays de toutes ses institutions.

L'armée mal armée et mal organisée impliquée dans de folles prétentions de dissuasion a été déstabilisé et détournée de sa mission de défendre son pays a constituer le fer de lance de chimériques projets d'un dictateur avant de la réduire en garde privé. Ni son bravoure ni son courage et son dévouement ne suffiront a évité son écroulement.

Nous assistons à moins de 20 jours de a la décomposition d'un système autoritaire fondée sur l'arbitraire. Son appareil est en train de s'écrouler, ses milices s'enfuient jetant armes et uniformes il ne pensent qu'a se préserver pour se recycler au service de la prochaine autorité et seront ses délateur et ses corrupteurs et les plus zélés des défenseurs de ses excès. L'histoire des sept million d'homme armés et entraînés pour repousser les américains sur une population de 24 million s'est avérée un canular et en assiste tragiquement a l'effritement d'une autorité sans légitimité.

Cette guerre nous apporte l'édifiante démonstration qu'un système dictatorial autoritaire ne peut survivre à une confrontation s'il perd sa main mise sur la population. Parce que ce même peuple qu'il n'a fait que tromper et humilié ne trouvera plus aucun intérêt a la sauver. Si l'Irak aujourd'hui est en phase d'occupation par des étrangers le peuple irakien est en train de se liberté du véritable joug qui a censuré sa volonté et ses libertés le réduisant en proie disputée par d'autres nations. C'est a ce peuple maintenant d'assumer son destin et de se libéré définitivement avec le soutien de toute l'humanité et les pays épris de justice t de liberté et nous devrant être au premier rang car de son succès dépendra en partie notre destin.

A nos intellectuels et à nos démocrates qui n'arrivent pas a voir clair dans leurs idées je dis qu'il ne faut plus se tromper de projet et douter que la tyrannie peut fournir les base d'un projet national démocrate et pluriel. Nous devons se garder de s'insérer dans cette propagande qui prépare l'autel des lamentations pour la nouvelle Nakba comme ils l'ont fait en 1967 pour justifier plus de tyrannie et de persécution dans tous nos pays. Cette fois c'est la Nakba des tyrans, des dictateurs, des usurpateurs d'autorité et de ces partis bandits qui s'approprient nos pays.

Laissons tomber le passé et oeuvrons avec plus de conviction pour le présent et l'avenir pour émanciper nos société dans la justice par la démocratie, la liberté et la paix, C'est le seul moyen d'édifier une nation digne de ce nom, d'exprimer le vrai sens de notre civilisation et de se réalisés en tant que citoyens émancipé et souverains. Faisons de cette défaite le déclenchement de notre véritable résurrection.



Mokhtar Yahyaoui

9 avril 2003
Le yin, le pyong et le yang

Méchants et gentils dictateurs


Si tout le monde en Occident est d'accord pour dire que les pays arabes sont presque en totalité dirigés par des dictatures, les divergences apparaissent dès qu'il s'agit d'appréciations à porter sur chacune de ces dictatures. Là chaque pays fait passer ses intérêts avant de se soucier de l'aide à apporter à ces malheureux peuples arabes pour se débarrasser de leurs affreux régimes. Car ce qui est une dictature abominable pour les USA ne l'est pas forcément pour la France ou l'Angleterre et vis versa. A chacun sa dictature sachant que la plus affreuse est celle du voisin.

Nous voilà nous autres arabes baladés entre méchants et gentils dictateurs. Je me rappelle encore de l'étonnement de beaucoup de français quand ils découvrent que vous n'aimez pas Bourguiba ou Ben Ali. Ils vous prennent pour un traître à la patrie de votre beau pays fait de soleil, de douceur et de jasmin. En effet quand vous dites à votre interlocuteur que vous êtes tunisien, son visage s'illumine d'un grand sourire, il vous tape avec amour sur l'épaule et déclare heureux : aaaaah Bourguiba, la libération de la femme, la laïcité, la modernité…. Peu importe à ses yeux que vous soyez un réfugié politique, d 'avoir été emprisonné et torturé. C'est à peu près le même son de cloche qu'entend un saoudien parlant pour la première fois à un américain : Ô Saudi Arabia, oil, business, money, desert ...

L'affreux dictateur est le dictateur pauvre qui n'a rien à offrir à l'occident et qui ne lui a pas emprunté quelques valeurs gréco-romaines ou judéo-chrétiennes. C'est comme ça que naissent les gentils et les méchants dictateurs, que les uns disparaissent sous les bombes et tandis que les autres se maintiennent éternellement.

MM. Bush et Blair n'ont-ils pas déclaré la main sur le cœur qu'ils veulent libérer les arabes de l'oppression en leur apportant la démocratie et ses bienfaits mirifiques ? Vous allez voir qu'ils vont vite changer d'avis quand il faudra passer à l'étape suivante, une fois le régime de Saddam vaincu. Ils trouveront des excuses à chaque dictateur arabe : les uns sont jeunes et modernes, ils changeront forcement en cours de route, les autres sont vieux ils n'ont plus pour longtemps. Puis les uns et les autres sont engagés avec nous dans la lutte antiterroriste, ou dans le processus de paix américano- israélien, les alibis ne manquent pas.

Entre temps les dictateurs, qui pour plaire à l'Amérique sont près à vendre leurs pères et leurs mères, se sont engouffrés dans la brèche laissée grande ouverte par les attentats du 11 septembre pour faire une rente de situation permanente leur collaboration dans la lutte antiterroriste, un exemple récent la visite du ministre allemand de l'intérieur en Tunisie cette semaine.

Tandis que les dictateurs arabes les plus bêtes et les plus bornés continuent à se taper la tête contre le mur et à agiter le spectre du nationalisme arabe moribond pour se donner des raisons de vivre, de durer et même de faire la guerre à une coalition terrible, les dictateurs les plus malins ont ravalé leur dignité et s'avancent la queue entre les pattes, le dos courbé pour servir leurs seigneurs.

La méthode est simple, voilà la recette : vous commencez par envoyer comme ambassadeur, dans les plus grands pays, Amérique, France ou Angleterre votre meilleur diplomate du moment, une femme moderne parlant la langue du pays. Puis vous recrutez à prix d'or quelques goldens boys à tout faire - type Raghid Ecchammaa - sous couvert de spécialistes de Publics Relations pour une campagne de lobbying. Les cibles sont bien choisies : journalistes, hommes politiques, intellectuels, hauts fonctionnaires nationaux et internationaux aimant la bonne chère et la joie de vivre et plus au moins facile à corrompre du genre de ceux qui vous tapent sur le dos pour vous dire tout le bien qu'ils pensent de votre président ou votre roi bien-aimé. Et moyennant des dîners bien arrosés et entourés, des voyages tous frais payés pour une semaine de vacances sur le Nil, à Hammamet ou à Marrakech, vous gagnerez les cœurs et les esprits de ces grands hommes.

Et quand une quelconque ONG des droits de l'homme vient vous embêter avec des histoires de torture, de droit d'expression ou de démocratie, vous faites fonctionner vos golden boys de "public relations" qui font réveiller les consciences de leurs recrues dans les hautes sphères de la politique, du journalisme et de l'intelligentsia en leur rappelant le bon vieux temps des vacances tous frais payés. Ceux-ci n'hésitent pas à renvoyer l'ascenseur en mettant la pression sur les gouvernements de leurs pays afin de foutre la paix au gentil dictateur, leur laissant les mains libres pour s'occuper de méchants dictateurs seulement.

Vous avez compris maintenant pourquoi les Ben Ali, les Moubarek, les Assads, les Al Saoud et quelques généraux bien conseillés peuvent se maintenir au pouvoir jusqu'à ce que mort s'en suive. Même un type comme Saddam était durant des années le chouchou de beaucoup d'hommes américains et européens qui lui trouvaient de grandes qualités de démocrate laïc, surtout quand il faisait la guerre à l'Iran...par procuration.

Tiens, un seul exemple l'Arabie Saoudite dont les gentils dirigeants disent gouverner leur pays par le seul coran et la sounnah où le buveur d'alcool reçoit 80 coups de fouet et le forniqueur avéré se voit trancher la tête, n'ont pas hésité à appliquer la méthode des golden boys à tout faire. Ils ont commencé par envoyer comme ambassadeur à Washington, non pas une femme, pas encore, mais un prince fils à papa avec crédit illimité. L'homme a acquis la réputation d'avoir la meilleure table en organisant des dîners somptueux où sont servis les meilleurs Whisky et champagne du monde des mains de quelques hours terrestres.

Mais tout ça n'a pas suffit, car le jour où 15 saoudiens ont fait sauter les tours de New York tout le château de cartes s'est écroulé. Erreur, les saoudiens n'ont pas renoncé à leur soft public relations, au contraire, ils ont envoyé en renfort pour épauler l'infortuné ambassadeur mis à mal par les évènements du 11 septembre, un jeune diplômé des States avec une carte de crédit pesant 170 millions de dollars. Celui-ci s'est mis à arroser tout le monde, vous levez la main en criant vive le roi et un paquet de dollars vous tombe dans la poche. Après une année de dur labeur et au moment où les gentils dirigeants saoudiens tendent la main pour cueillir le fruit mûr de leurs investissements massif en publics relations et lobbying à tout va, les américains leur balancent quelques hot dog brûlants à la figure.

En effet lors d'une réunion au Sénat américain à l'automne dernier, un certain nombre de sénateurs des plus connus ont discuté tout bonnement du partage de l'Arabie Saoudite en trois Etats plus ou moins indépendants : L'Etat du hijez avec les lieux saints où la majorité des habitants sont d'origine étrangère, un Etat à l'est où se trouve le pétrole mais aussi où la population est majoritairement chiite et un Etat bédouin au centre à Nejd où il n'y a rien à boire ni à manger et d'où est originaire la famille royale. En réalité pour les Américains l'Arabie Saoudite est d'ores et déjà le quatrième membre de l'axe du mal dont ils préfèrent taire le nom. Et tant pis pour les centaines de millions de dollars gaspillés en pure perte. Ce que ces dictateurs arabes n'ont pas compris c'est qu'aucune garantie ne leur est donnée pour rester tout le temps gentil ou méchant dictateur. Cela peut changer à tout moment. C'est angoissant.



Dhiab Al Hilali

8 avril 2003
Ben Ali, sa dame, son pas lourd, ses traits tirés, ses cheveux gominés ...

Saddam Hussein, ses portraits géants ...
ses statues et ses palais luxueux


Je voudrais commencer par dire que je ne suis antisaddam et antibaath par intérêt ou par opportunisme car je le suis depuis des années et des années. Je n'aime cet homme et son idéologie parce que je sais qu'ils représentent une catastrophe pour l'Irak, son peuple et sa stabilité.

J'ajoute que je ne suis ni irakien ni kurde mais un citoyen du monde. Aujourd'hui on découvre un pays misérable, des routes et des rues poussiéreuses et mal entretenues, des équipements vieillissants, une population pauvre mal logée et mal nourrie, mais des statues et des portraits géants et flambants neufs, des palais luxueux et même un appartement de luxe doré et bien entretenu au sein même de l'aéroport, c'est une première. Ceci sans parler de ce cigare cubain à cent dollars pièce que fume le dictateur qui appelle bien sûr au jihad.

Combien coûte ce luxe ? Combien il y a de portraits et de statues dans un pays semé du sud au nord de ces idolâtries qui ont fini écrasées par les chars américains et anglais. Pourquoi ce tyran d'un autre âge n'a-t-il pas tiré la leçon de l'exemple de shah d'Iran son ex-voisin dont les statues et les portraits ont connu le même sort, écrasés et piétinés il y a déjà 25 ans. Le coût de chaque portrait et de chaque statue aurait pu servir à creuser et à équiper un puits ou à aménager un canal pour irriguer une terre riche et fertile.

Le prix de chaque palais aurait pu servir à créer une usine d'engrais ou un atelier mécanique. Non le papa des baathistes de tout bord, jusqu'à ceux qui entoure et conseillent le tyran tunisien Ben Ali, préfère construire des palais et ériger des statues à sa gloire éphémère, vous appelez ça un musulman vous !

Quand je pense à tous ces jeunes arabes bernés et galvanisés par la propagande baathiste qui ont volé au secours du tyran par milliers et risquent de finir morts, blessés, prisonniers et humiliés pour rien. Cela me fend le cœur de tristesse. A bas la tyrannie baathiste et laïque qui sévit en Irak, en Syrie et ailleurs.



Dhiab Al Hilali

7 avril 2003
Pays sages ? ...

Paysages après la bataille
Par Juan Goytisolo, © El País 3 avril 2003

Traduit de l'espagnol par Abdelatif Ben Salem
Source : http://www.autodafe.org


Dans un article d'opinion publié dans le quotidien El País (« Exégèse d'une victoire héroïque », 16/3/1991), j'ai tiré des conclusions provisoires sur les séquelles probables de la guerre du Golfe menée par le père de l'actuel président des Etats-Unis. Il serait utile à mon sens d'établir un parallèle entre ces conclusions et celles qu'on pourrait déduire, douze ans après, de la guerre de Bush fils. A présent que le scénario de l'invasion de l'Irak planifié par ce dernier et par ses conseillers après l'horrible attentat du 11 septembre est poussé jusque ses ultimes conséquences ; que les Etats-Unis ont confirmé leur rôle d'unique superpuissance planétaire et leur dessein manifeste de diriger le monde ; que leur complexe militaro-industriel s'est assuré la mainmise sur les ressources des hydrocarbures d'Irak et de la Péninsule arabique ? Qu'Aznar a sorti l'Espagne de son coin et lui a donné la place qu'elle mérite parmi les grandes puissances ; que le président nord-américain maintient pour le moment l'indice de sa popularité pour avoir redonné à ses compatriotes le sentiment de fierté patriotique sérieusement malmené par la vulnérabilité face au terrorisme, il n'est peut être pas oiseux d'examiner certains points de l'invasion actuelle - en particulier les ressemblances et les différences avec ceux du conflit précédent - en sachant qu'aucun effort de réflexion personnel, ni aucune manifestation de rue n'entameraient le consensus « moral » des gouvernements des Etats Unis, de Grande Bretagne et de l'Espagne autour de la guerre livrée contre l'Irak et « l'héroïque campagne » anglo-américaine contre le despote arabe. Il est vrai que défendre à la fois la paix, la démocratie, la liberté et la possibilité de redessiner une nouvelle carte du Proche-Orient conforme aux intérêts stratégiques de Washington n'est pas une occasion qui se présente tous les jours ! Je ne m'étendrais pas sur les plans et sur les manœuvres de Bush au cours des neuf derniers mois qui ont précédé la phase militaire du conflit, ni ne m'attarderais sur l'analyse des modifications successives de l'objectif fixé : démontrer le lien entre Saddam Hussein et Al-Qaida ; détruire les armes de destruction massive ; renverser le régime dictatorial de Bagdad ; instaurer un régime démocratique sous la férule américaine, et ce sans attendre le rapport final des inspecteurs de désarmement ni l'acceptation par l'Irak des conditions imposées par l'Onu, ni le rejet de l'option militaire par la majorité des membres du Conseil de Sécurité. Les conjonctions et disjonctions de 1991 à 2003 sont connues de tous et il serait inutile de revenir la-dessus.

Les appels lancés par Bush père pour chasser Saddam Hussein au cours des dernières heures de la « Tempête du désert » sont dirigés, comme nous le savons, contre le sommet politico-militaire de Bagdad et non contre le malheureux peuple irakien entraîné malgré lui dans deux guerres meurtrières par la mégalomanie et les erreurs de calcul grossier de son dictateur : l'avenir politique des chiites du sud-est et des Kurdes du nord n'entrait pas alors dans la vision stratégique de la Maison Blanche pour la région et furent par conséquent froidement abandonnés à leur sort. D'un coup, Saddam a repris son statut antérieur d'un Saladin de mauvais aloi, tout juste capable de conduire son peuple à la boucherie et lui faire endurer pendant douze ans les conséquences épouvantables d'un embargo qui n'a fait que consolider paradoxalement son pouvoir, au détriment des besoins élémentaires de la population civile et de la mort par malnutrition et manque des médicaments d'un demi-million d'enfants irakiens. Les fanfaronnades et les délires prophétiques de Saddam au cours de ces derniers mois, ont servi à Bush fils sur un plateau - comme le dit Edwards Saïd, « il n'y a de pire ennemi pour les Arabes que leur rhétorique funeste » - l'occasion rêvée de faire de lui, contre toute évidence, un double ou un parrain de Ben Laden, avec lequel il n'eut en réalité qu'un seul point commun : celui d'être comme lui une créature de l'Occident. Est-il besoin de rappeler que les Etats-Unis ont soutenu la guerre d'agression de l'un contre l'Iran des Ayatollahs et le jihâd de l'autre contre le régime prosoviétique d'Afghanistan ? les fameuses armes chimiques et bactériologiques « susceptibles de tuer des centaines de milliers de personnes », comme le clamaient Bush et ses conseillers, furent utilisées sur le front iranien sans que personne ne voulut connaître l'ampleur des dévastations qu'ils provoquèrent. En 2003, le président américain a approuvé l'objectif laissé en suspens par son père. Saddam Hussein sera liquidé, et aucun homme sensé ne versera une larme sur lui. Cependant l'horizon de l'après guerre avec le probable protectorat militaire américain semble assombri. La conquête à feu et à sang de Bagdad soulève en effet beaucoup plus d'interrogations que des certitudes. Dévaster un pays n'est pas la meilleure façon de le doter d'un régime démocratique. La manne pétrolière peut certainement accomplir des miracles. Comme en 1991 pour le Koweït, la reconstruction de l'Irak fut programmée avant même le déclenchement des hostilités : conformément à la logique du profit capitaliste, il faut détruire d'abord pour ensuite reconstruire ; nul doute à ce que les entreprises américaines proches du président emporteraient les plus gros contrats. L''Irak n'est pas un pays marginal ni périphérique comme l'Afghanistan, et les exemples de l'Allemagne et du Japon appartiennent à des contextes bien différents pour être appliqués mécaniquement à un Proche-Orient volatile et plein d'inconnues quant au devenir de ses peuples et de ses gouvernements. Pour finir, « les valeurs » de Bush, de ses conseillers et idéologues n'ont rien à voir avec ceux qui ont inspiré l'action de F.D.Roosevelt et Truman. L'objectif de ces derniers était de protéger l'Europe occidentale de la menace soviétique. Aujourd'hui Georges W.Bush propose au contraire la constitution d'un front contre le défi économique lancé par la consolidation de l'Union européenne - celle de l'euro contre le dollar -, grâce au contrôle, à travers un intermédiaire irakien docile, des ressources énergétiques dont dépendait son économie.

Ce que cette dernière guerre a confirmé - et de quelle manière ! - c'est l'écrasante suprématie technique, militaire et économique des Etats Unis sur un dictateur du tiers-monde qui eut la folle témérité de les défier et de marchander ses réserves pétrolières avec d'autres puissances (Russie, France, Chine). Comme les stratèges et experts occidentaux ne manquent pas de le signaler, l'opération (« Liberté pour l'Irak ») constitue une occasion idéale pour tester les nouvelles technologies de destruction de l'adversaire élaborées depuis 1991 par le complexe militaro-industriel américain. Ce auquel nous avons assisté au cours de ces trois semaines, constitue une escalade dans l'absolutisme négateur et suicidaire d'une modernité débridée dont Bush fils et ses conseillers sont les meilleurs représentants. Comme disait Max Picard dans d'autres circonstances, cette guerre « n'appartient déjà plus à l'échelle humaine, elle se situe au-delà de l'humain, elle est devenue un instrument de laboratoire et une mécanique industrielle. Le (« Choc et Stupeur ») de l'opération n'est pas destiné uniquement au régime iraquien totalement disloqué : il constitue aussi une mise en garde au monde entier lui signifiant que nous entrons désormais dans un nouvel ordre mondial, et que l'incontestable hégémonie américaine se drape d'une bien douteuse valeur d'universalité. De 1991 à 2003, nous avons accompli un grand pas sur le chemin de l'autodestruction et de la fragilisation de l'avenir de notre planète. Cette nouvelle guerre attisera vraisemblablement le désir de vengeance des radicaux de tout bord et nul pays, aussi puissant soit-il, ne sera à l'abri des attentats meurtriers.

Si les raisons qui ont poussé Bush à mener sa pétrocroisade ne sont un secret pour personne, celles du bellicisme conquérant de Aznar, au cours des semaines ayant précédé le conflit, se prêtent en revanche à toutes les conjectures. Quel besoin avait-il de se mettre en première ligne et de cosigner l'ultimatum des Açores ? Ignore t-il qu'en prenant la picaresque initiative de transformer un article d'opinion sollicité par le Wall Street Journal en la fameuse « Lettre des huit », il allait provoquer une crise aux graves conséquences au sein de l'Union européenne, à laquelle notre intégration constituait l'objectif prioritaire depuis les temps rudes du franquisme ? Le président du Gouvernement croit-il sincèrement qu'il a sorti notre pays du coin de l'histoire où il dépérissait depuis le règne de Philippe II, pour l'élever au rang de grandes nations de ce monde ? Son image, remplie d'orgueil, de se savoir parvenu, croyait-il, au faîte de son imaginaire carrière de partenaire privilégié, est tout à la fois grotesque et pathétique. Manquant du poids économique, politique et militaire propre à une grande puissance, cette gloire éphémère de l'Espagne est condamnée à s'éteindre dés qu'on fera parler les armes. Pour cela, son alignement inconditionnel sur la guerre de Bush, se conclura par un solde négatif : Affrontement avec La vieille Europe ; régression dans la construction de l'Union Européenne ; perte des dividendes de sa politique antérieur en Amérique latine ; inimité des peuples arabes. Mais les Açores et le ranch de Texas valaient-ils vraiment une messe ? Depuis l'épisode risible du caillou de Persil et les noces, plus que solennelles de sa fille au Panthéon de l'Escorial, l'enflure égotique de Aznar a pris des proportions proprement hallucinantes. Sourd au fracas intérieur et extérieur provoqué par son obstination à jouer dans la cour des grands, le président du Gouvernement s'est contenté de disqualifier maladroitement ses adversaires et de faire la sourde oreille aux clameurs de la rue contre la guerre, avec l'attitude digne d'un caudillo élu par la grâce divine que d'un responsable politique choisi par le peuple. Monsieur Aznar a t-il vu les images, même celles passées au crible de la censure militaire américaine, des bombardement apocalyptiques de Bagdad et des visages terrorisés des bombardés ? contempler un rat pris dans la souricière mortelle ; un cafard qui, fuyant la lumière, court vers sa propre mort, écrasé par la semelle justicière d'une paire de chaussures de marque, une corrida où le taureau fanfaron vacille sous les coups des piques, des banderille et d'estocade impeccable portée avec brio par le matador et sa cuadrilla sous les acclamations de la foule : Telles étaient mes sentiments, moins de « choc et de stupeur » que de dégoût, devant l'écran de télévision. Mais les rats, les cafards et les taureaux n'étaient pas seulement Saddam et ses acolytes, mais le peuple irakien, épuisé et affamé par douze ans d'embargo et vingt deux ans de guerre. Quelles étaient les impressions de monsieur le président du Gouvernement ? la mine satisfaite qu'il affichait à l'annonce du début des hostilités s'est elle estompée pendant au moins un petit instant ?

Lorsque peu après la chute du régime communiste, des milliers d'Albanais sans papiers ont débarqué sur la côte Adriatique de l'Italie, les autorités de ce pays apprennent médusées, qu'ils ne venaient pas pour s'installer chez eux : leur destination finale était Dallas. Un premier signe qui ne trompait pas, de ce qui adviendra plus tard des pays de l'Est livrés à Staline à Yalta. Pour devenir européen, ils ont pris comme de nombreux anciens franquistes chez nous, le chemin le plus court : s'américaniser. Parce que la vieille Europe, clouée au pilori par Rumsfeld n'a pas bougé le petit doigt pour les libérer du carcan soviétique, et c'est pourquoi, face à une Russie affaiblie mais inquiétante et son président sinistre et cynique, ils ont préféré mettre leur confiance dans l'emblème militaire du Pentagone. C'est ainsi que leurs gouvernements ont accueilli l'opportuniste lettre de Aznar : Européens oui, mais surtout proaméricains. Le président du gouvernement espagnol oublie malgré tout que non seulement Washington ne s'est pas opposé à la dictature franquiste mais elle a aussi pactisé avec elle. La visite de Eisenhower à Franco a permis au dictateur de se maintenir au pouvoir pendant trois décennies ; la réaction de l'opinion publique hostile au suivisme belliqueux de Aznar de la politique impériale de Bush, prouve que nos concitoyens n'ont pas la mémoire courte comme il le prétendait. L'expérience historique de l'Europe de l'Est se situe en réalité aux antipodes de la nôtre.

L'autre nouveauté par rapport à la guerre de 1991, c'est le retour en force de Dieu sur le champ de bataille. Les théologiens qui entourent Bush et inspirent Ben Laden n'hésitent plus à justifier leur barbarie sanguinaire au nom de la cause qu'ils défendent : le Bien contre le Mal ; la mission rédemptrice contre la perfidie des impies. Le Bush ressuscité grâce aux exercices spirituels et aux prêches des télé-évangélistes - un internaute anonyme s'est écrié : « Maudit le jour ou il a arrêté de boire ! » - a découvert l'art et la manière de conjuguer, pour ce nouveau siècle, le message divin avec les visées impériales de l'Amérique du Nord. Saddam Hussein semble lui emboîter le pas ces derniers temps. La privatisation effrénée à l'échelle mondiale au cours de ces dernières années, a fait un bond qualitatif d'une importance inestimable : elle a étendit son rayon d'action dans l'au-delà. Aux imprécations des extrémistes religieux juifs et musulmans, répondent les prières du complexe militaro-industriel américain et des magnats texans du pétrole qui ont fait de Dieu leur domaine réservé.

Vouloir justifier la politique des Etats-Unis au Proche-Orient en prenant argument de leurs valeurs démocratiques (dangereusement dévalorisées depuis le 11 septembre 2001), passe sous silence le fait essentiel qu'il n'y a jamais eu la moindre concordance entre les libertés dont jouit l'Occident et le système de spoliation, d'oppression et de barbarie cautionné par lui à l'extérieur de ses frontières. Le message démocratique de Bush -un prétexte pour la guerre et l'occupation de l'Irak - s'accorde mal avec sa défense des régimes autocratiques, pire encore que celui de Saddam sur la question des droits de la femme et le respect des droits humains. L'expérience historique, particulièrement riche dans une région convoitée pour ses immenses réserves pétrolières, prouve qu'on ne peut répondre à la violence par une violence plus grande sans engendrer des nouvelles et imparables spirales de brutalité. Il convient de se demander ici si les Irakiens « libérés » avec une telle barbarie du despotisme de Saddam Hussein connaîtraient un jour la paix et la démocratie. Quel sort réserve t-on aux Kurdes, aux Chiites, aux Turcomans et aux autres minorités ethniques en conflit entre elles ? La victoire écrasante des Etats unis renforcera t-elle par exemple le camp réformiste de Khatami en Iran, la cause des Palestiniens, la démocratisation en Turquie, la balbutiante société civile dans les pays du Proche-Orient ou ouvrira t-elle la boite de pandore des nouvelles confrontations, en consolidant l'infâme apartheid de Sharon et la persistance des dictatures et des théocraties arabes ? Comme nous le savons, la guerre de 1991, n'apporta ni paix, ni justice, ni liberté à une région qui n'a de cesse de les réclamer désespérément et je doute fort que l'actuelle guerre le fera sans une implication forte de l'Union Européenne. Une occupation militaire américaine de l'Irak et l'appui des Etats-Unis à la politique de colonisation de la terre de Sharon tuera dans l'œuf tout espoir de changement. Le nouveau plan Marshall pour Bagdad, dont on a souvent parlé au cours de ces dernières semaines, évidemment financé cette fois grâce aux revenus pétroliers irakiens, sera t-il viable en l'absence d'une force internationale mandatée par l'Onu ? L'Irak doit être reconstruit et sa reconstruction doit faire de lui un pays distinct de celui que nous connaissons. Mais les forces centrifuges et les conflits tribaux subsisteraient et le danger de voir apparaître des royaumes de taifas comme ceux de l'Afghanistan ne peut pas être facilement écarté.

Une fois de plus Israël a prouvé qu'il est le récipiendaire exclusif de la commisération et de la sollicitude de la classe politique américaine. Pour nous, qui avons maintenu vivant le souvenir d'Auschwitz, il est compréhensible que la sécurité de l'Etat juif à l'intérieur de frontières internationalement reconnues soit une préoccupation prioritaire. Mais nous nous demandons pourquoi personne, quasiment personne dans les cercles de l'administration néo-conservatrice et extrémiste de Washington n'a fait preuve de la moindre compassion à l'égards de Palestiniens expulsés de leur patrie en 1948 et en 1967, et soumis à un régime d'occupation inhumain, victimes depuis la deuxième Intifada d'une répression féroce et implacable ? La politique de deux poids deux mesures conforme aux intérêts économiques et stratégiques des Etats-Unis, ne peut être plus flagrante : le nombre incalculable de résolutions votées par l'Onu condamnant la politique annexionniste d'Israël en Cisjordanie et à Gaza furent jetées à la poubelle, alors que celles concernant l'Irak ont été appliquées avec toute la rigueur qui s'impose, sans l'aval de la majorité des membres du Conseil de Sécurité. Quelle splendide leçon d'équité administrée aux peuples arabes qu'on prétend sauver du sous-développement et du despotisme de leurs gouvernants à coup de bombe à fragmentation

Comme je l'ai écrit en 1991, le devenir du monde arabe se décide une fois de plus sur le dos des Arabes. Ce sont les puissances européennes qui ont tracé au cordon les frontières artificielles au Proche-Orient à la suite de l'effondrement de l'empire ottoman, ce sont eux qui ont inventé de toutes pièces des monarchies d'opérettes et furent à la source du conflit judéo-arabe avec la déclaration Balfour, transformant la région en poudrière. Comme la France et le Royaume Uni en 1920 et les trois grands de Yalta, les Etats Unis redessineront la nouvelle carte de la région conformément à leurs intérêts, sans que les peuples du Machrek - exception faite d'Israël et des monarchies pétrolières du Golfe - interviennent en quoi que ce soit à propos de la répartition des prébendes et des sanctions de la pax americana Il convient de se demander, à la lumière de ce qui précède, si les sociétés arabes soumises à ce cocktail mortel de fatalisme, de frustration et de léthargie allaient finalement se réveiller ? Vont-ils réagir avec l'autocritique nécessaire aux désastres qui les accablent, sans faire appel aux théories commodes de conspiration ? Affronteront-ils les mensonges de leurs gouvernants en leur demandant de comptes ? Il existe une différence notable dans la perception de ce qui s'est passé en 1991 et 2003. Il y a douze ans, la colère et la rancœur étaient dirigés contre l'Occident dans son ensemble. Cette fois-ci, la position énergique de pays tels que la France et l'Allemagne contre une guerre illégitime et les grandes manifestations de protestation contre les gouvernements de l'Espagne, du Royaume Uni et de l'Italie, ont crée des nouvelles affinités et tordu le cou à nombre d'idées reçues. A son retour d'une marche de solidarité avec les peuples palestinien et irakien, un instituteur m'a dit « Chirac et Schröder nous ont mieux défendu que nos dirigeants et les Anglais et les Espagnols ont crié plus fort que nous. Dorénavant nous devons apprendre d'eux et exiger plus de liberté et de démocratie si nous voulons vraiment sortir du trou où nous nous trouvons. »

Malgré la noirceur du tableau, j'entrevois quelques rayons de lumière : réveil sans précédent de l'opinion internationale ; préservation de la légalité internationale grâce à la vieille Europe, à la résistance de plusieurs pays, du Canada au Chili et du Mexique à la Turquie et au refus de se soumettre aux pressions de l'ami américain ; réseaux de communication et de solidarité mis en place pour contrer les tromperies et les faux arguments qui couvrent la volonté inassouvie de pouvoir des fondamentalistes du marché et de la technoscience. Pour terminer ces réflexions, je voudrais évoquer ici la phrase d'un auteur que le président du Gouvernement cite fréquemment, probablement sans l'avoir lu, ou s'il l'a fait, c'est pour n'en tirer que peu de profit : « La plus grande absurdité qu'on peut commettre dans l'action c'est de la conduire comme si on avait la toute puissance entre les mains et l'éternité en face. Tout est limité, provisoire, à la mesure de l'homme. Rien n'est plus vrai pour le pouvoir » (Manuel Azaña, La velada en Benicarló) Aznar ne nous a pas sorti du coin de l'histoire : il nous renferme à nouveau dedans. Le cadre de coexistence démocratique instauré par la Constitution de 1978 commence à se lézarder à cause de son arrogance de petit caudillo et du castillanisme rétrograde qui titille les propensions souverainistes radicales mais aussi modérés des autres nationalités historiques. La prolifération des drapeaux de la République espagnole lors des manifestations antiguerre constitue une mise en garde, parce que les événements peuvent se reproduire et l'obstination dans les calculs erronés se paie tôt ou tard, une fois disparue la gloire éphémère.



El Pais

3 avril 2003
The (secret) game is over.

Alliance contre l'Irak : Le jeu du secret


Depuis le début du conflit je ne parviens pas à dresser la liste des pays de la coalition dans la guerre contre l'Irak. Selon Colin Powell ils sont maintenant au nombre de quarante cinq (45) pays.

Les Etats-Unis (1) et la Grande-Bretagne (2) forment la tête du serpent suivant la description du ministre Irakien de l'information, L'Australie (3) s'est joint en fanfare au dernier moment à cette guerre alors que la Pologne (4) en fait déjà aussi partie avec plus de discrétion.

Deux autres pays méditerranéens de l'Europe occidentale ont joué un rôle de premier plan dans sa promotion et constituent d'importants piliers de son exécution : L'Espagne (5) pays qu'on croyait ami et l'Italie (6) de Berlusconi. Deux autres inconditionnels : Le Danemark (7) et la Hollande (8) nous laissent perplexes devant leur évaluation de la situation.

Le Japon (9) et la Corée du sud (10) ne sont pas encore en mesure de se différencier comme l'a fait l'Allemagne de leur protecteur Américain.

Les républiques baltes : Estonie (11) Lettonie (12) et Lituanie (13) Les ancienne républiques Soviétique : Azerbaïdjan (14) Géorgie (15) et Ouzbékistan (16). Les nouvelles recrues atlantiques de l'ancien pacte de Varsovie : Bulgarie (17) Hongrie (18) Roumanie (19) R. Tchèque (20) et Slovaque (21). Les Balkans ont aussi fourni leurs contributions : L'Albanie (22) et la Macédoine (23). On n'a pas de difficulté à comprendre le ralliement du Nicaragua (24) Salvador (25) et de la Colombie (26). Celui d'Afghanistan (27) n'a pas besoin d'être compris. Il y a aussi des cas particuliers : comme les Philippines (28) et la Turquie (29) et si l'Erythrée (30) veut figurer parmi les alliés l'Ethiopie (31) devient aussi obligée.

Seuls ces pays ont osé se déclarer franchement ennemi de l'Irak malgré l'illégalité de cette action.

En réalité les véritables commanditaires, supports et soutien de la guerre ne se sont pas révélés et mènent leur action en alliés clandestins.

Israël (32) et le Koweït (33) comme tout un chacun le sait sont les deux commanditaires et les plus directement bénéficiaires de l'agression, il y va de leur destin.

L'Arabie Saoudite (34) Bahreïn (35) Qatar (36) Emirat Arabe Unies (37) Oman (38) Jordanie (39) et même Djibouti (40) peuvent se dire en même temps étrangers au conflit alors que le conflit est lancé directement des bases situés dans leurs pays.

Les manquant un éminent journaliste les décrivait comme des roitelets : " leurs pères ont été agents ou laquais de la Grande Bretagne, eux sont agents ou laquais des Etats-Unis auxquels par habitude ou faiblesse, ils ne refusent rien et ne conçoivent même pas qu'ils puissent le faire…" Le Maroc (41) la Mauritanie (42) l'Égypte (43).

Je ne vais pas révéler les noms des deux derniers pour ne pas enlever la curiosité de deviner au jeu du secret ; ne pensez sur tout pas que c'est par lâcheté de subir les conséquences de tout déjouer.



Mokhtar Yahyaoui

27 mars 2003
On spécule sur le pécule

Spéculation sur cette guerre


L'enlisement (avec ou sans saddam) me parait être la seule issue de cette guerre.

Maintenant que les US ont envahi ce pays, la meilleure solution pour eux est d'occuper les champs pétrolifères, de s'installer dans le désert et passer la main à l'ONU pour essayer de régler le problème autrement.

L'embourbement des USA, et si l'occident consomme sa rupture avec l'Islam, c'est la montée de la Chine en position dominante dans les 20 ans tout au plus. D'où d'ailleurs l'intelligence des européens de par leur opposition à cette guerre malgré leur alliance naturelle avec les USA ... Ils veulent, à mon avis, préserver un monde multipolaire (et donc multiculturel et multi confessionnel).

La guerre entre Islam et occident actuelle ressemble à un vieux couple de 80 ans qui se dispute une victoire sur le passé ... Un spectacle absurde pour un jeune !

Ce qui me parait fondamental, ce sont les échéances : J'ai du mal à croire que le soufflé va retomber pour des dizaines d'années quelque soit le scénario.



KMA

25 mars 2003