Treize en retard ...
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Bonne lecture !
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Per te, per me, e per O.K.
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Notre ami le perroquet | ||
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Qui de vous ne connaît pas des histoires intéressantes qui ont commencé par un malentendu ? Lorsque mon ami Imed, le correspondant de TUNeZINE à Sfax m'envoya un mail de deux pages, me révélant pour la première fois les premiers éléments de cette histoire à dormir debout, je n'en pouvais croire un seul mot. Avant même d'achever la lecture de son message, je fus saisi par une crise de rire hystérique qui réveilla le chat endormi à côté de moi. Je me dis ce jour-là : « Ça y est ! Les Tunisiens sont passés, sans transition, du stade de la rumeur à celui du délire. » Je répondis dès le lendemain à Imed en le priant d'arrêter cette enquête, sinon les lecteurs de TUNeZINE nous prendraient pour des fous. Sans cette brève dépêche d'une agence de presse suédoise spécialisée dans les infos sur les oiseaux et publiée dans les pages intérieures du journal finlandais Hufvudstadsbladet ( La feuille de la capitale), je n'aurais jamais reparlé de cette histoire avec Imed, ni ne lui aurais demandé de reprendre son enquête. Voici le contenu intégral de la dépêche : « Le ministère de l'intérieur tunisien a décidé de dissoudre l'Association des Amis des Perroquets à Sfax. Aucune explication n'a été fournie quant aux motifs de cette interdiction ». Ces trois lignes transformèrent ma première suspicion en quasi-certitude. L'histoire de Imed devait certainement avoir un noyau de vérité. Durant notre échange de courrier, Imed découvrit entre-temps un détail incontournable : Quelle que soit la piste qu'il emprunte, elle mène toujours vers un certain Hammouda Hammouda était déjà un grand amateur d'oiseaux pendant sa première jeunesse, passée dans sa ville natale, Sfax, avant de quitter définitivement la Tunisie au milieu des années soixante-dix pour s'installer en France. Sa passion pour les oiseaux l'aida beaucoup à supporter les difficultés d'adaptation et l'angoisse liée au dépaysement. Les canaris étaient ses tout premiers amis avant qu'il ne développe de solides amitiés avec les descendants des Gaulois. Mais sa passion particulière pour les perroquets, qui est maintenant pour lui presque une raison de vivre, ne commença que quelques années plus tard. C'est un livre, acheté chez le bouquiniste de sa petite ville de B., qui changea complètement sa vie : « Les perruches ondulées » (éditions Marabout). Hammouda, qui ne jurait que par les canaris, devint d'un seul coup un passionné de perroquets. Non seulement il tomba amoureux du premier couple de perruches ondulées qu'il avait acheté, à la fin des années quatre-vingt, mais il décida sur un coup de tête de vendre son petit commerce, une quincaillerie, et de se consacrer entièrement à l'élevage et au commerce des perroquets.
D'après les experts, le perroquet gris d'Afrique, appelé aussi perroquet Jaco, son nom scientifique, est le plus doué pour la parole. « Le vocabulaire du gris d'Afrique peut atteindre 1000 à 2000 mots, du moins chez les plus talentueux et les mieux entraînés. », affirme un journal canadien de Montréal [2]. Pourquoi les perroquets parlent-ils ? Pour attirer l'attention ? Pour nous démontrer qu'ils sont aussi intelligents que nous ? Nul ne le sait mais ils parlent ! Les dernières générations des perroquets élevés par notre compatriote Hammouda étaient non seulement capables d'apprendre 2000 mots mais aussi de réciter par cur un livre de 200 pages ! « C'était pour moi au début à la fois un divertissement et un défi que je me posais à moi-même et à mes perroquets », a déclaré Hammouda, contacté par téléphone. Mais ce divertissement se convertit en une activité « subversive » dès que Hammouda eut l'idée géniale qui allait faire papoter toute la ville de Sfax. La perruche la plus douée que Hammouda ait jamais élevée porte le nom de Chahrazad. Elle n'avait, d'ailleurs, rien à envier à l'illustrissime conteuse des mille et une nuits. Elle était aussi le premier perroquet avec lequel il avait tenté de réaliser son rêve le plus fou : lui apprendre par cur le livre le plus célèbre en Tunisie après le Coran : Notre ami Ben Ali. Hammouda, grand pédagogue et expert dans la psychologie des perroquets, prenait soin à ne pas épuiser la petite cervelle de Chahrazad. Sa « ration » quotidienne était une page par jour. En moins de six mois « Notre ami Ben Ali » était déjà stocké dans la mémoire vive du perroquet-prodige. Lorsque Hammouda débarqua à l'aéroport de Sfax par un beau jour de juin 2000 accompagné de Chahrazad, ni les policiers des frontières ni les douaniers ne pouvaient soupçonner que notre concitoyen émigré détenait une vraie bombe entre ses mains : un oiseau qui cachait un livre explosif dans les circonvolutions de son cerveau ! C'est à partir de cette date qu'avait commencé la grande passion sfaxienne pour les perroquets. De bouche à oreille on se racontait l'incroyable histoire : un perroquet qui raconte le livre le plus interdit dans le pays ! Le téléphone arabe fonctionnait à plein régime, à tel point que parfois ses lignes se trouvaient saturées. Tout le monde voulait avoir Chahrazad chez lui à n'importe quel prix, ne fût-ce que pour la durée d'une nuit. Chahrazad fit perdre leur tête aux Sfaxiens et aux Sfaxiennes. Peu leur importait le montant de la facture, ils voulaient tous l'oiseau rare. Une nuit avec Chahrazad coûtait à l'époque 20 dinars. Puis le prix commença à baisser à mesure que le nombre de ceux qui ne connaissent pas l'histoire racontée par Chahrazad diminuait. Chahrazad fut une pionnière qui avait ouvert des horizons nouveaux pour les Sfaxiens. D'autres perroquets, expédiés régulièrement par Hammouda et gérés par un de ses neveux, allaient rejoindre la reine des contes dans son combat pour la vérité. Les nouveaux arrivants, réunis ensemble, auraient constitué une vraie encyclopédie des contes interdits, de l'historique article d'Oum Ziad « Fausse Note » (Nachaz, 1988) jusqu'au dernier livre de Ben Brik. Aussi bien Hammouda que ses clients savaient que la police politique n'y pouvait rien : il n'y avait aucun support d'information qu'elle serait en mesure de saisir : Ni papier imprimé, ni disquette, ni CD, ni disque dur. Au début, lorsqu'un indicateur avait rapporté l'histoire des perroquets-conteurs à la Brigade des Renseignements de Sfax, le chef de ce service de police avait classé l'affaire dans le dossier des rumeurs. Mais ce qui lui mit les puces à l'oreille, quelques mois plus tard, fut cette nouvelle et mystérieuse passion des Sfaxiens pour les perroquets. Certains fans étaient allés jusqu'à créer une association : l'Association des Amis des Perroquets. Le fait que cette association fût légalisée en 2001 par le Ministère de l'intérieur prouve qu'à cette époque les autorités ne se doutaient de rien. En plus, les perroquets que Hammouda expédiait en Tunisie avaient tous leurs papiers en règle. Pourtant, durant ces deux dernières années, les rumeurs ne faisaient que gagner d'ampleur. Mais il ne s'agissait pas seulement de rumeurs, puisque les services de renseignements avaient noté une prolifération inquiétante des perroquets dans la ville de Sfax. Les responsables régionaux de la police politique ne savaient quelle attitude prendre face à ce défi inédit. Ils savaient, d'après leurs indicateurs, que ces oiseaux diserts étaient en train de raconter des choses pas très agréables à entendre pour le régime en place, mais était-il possible de considérer ces oiseaux comme des imprimés illégaux ? Les services de police risquaient de se faire ridiculiser en saisissant des oiseaux pour des raisons politiques ! Le Ministre de l'intérieur lui-même ne sut que faire de ces oiseaux bavards. Il demanda, sans tarder, l'avis de la Présidence. Zaba, connu pour son aversion pour les demi-mesures, donna l'ordre au directeur régional de la Sûreté de Sfax de saisir et d'interroger tous les perroquets de Sfax. Ce fut la chasse aux sorcières la plus surréelle que la dictature ait jamais entrepris. Dès qu'une maison abritant un perroquet était repérée par les indics, la police bouclait le quartier et des dizaines d'agents de la brigade d'intervention rapide escaladaient le toit de la maison en question, tandis que leurs collègues de la police politique procédaient à l'arrestation du perroquet. Les perroquets arrêtés furent expédiés sous forte escorte à la Direction de la Sûreté de l'Etat. Mais les officiers et les cadres de cette direction ne réussirent jamais à les faire parler. Au cours de ces interrogatoires serrés, ils ne purent leur arracher qu'une phrase en deux mots : « Yahya Zine » (Vive Zine !) . C'est ce que Hammouda leur apprit à dire si, par malchance, ils tombaient entre les mains de l'ennemi. Mais le coup le plus spectaculaire, celui qui valut à son instigateur un avancement dans le grade, fut l'arrestation de la légendaire Chahrazad, celle qui avait « avalé » Notre ami Ben Ali en moins de six mois. Un imposant cortège de voitures de la police et de la Garde nationale l'accompagna jusqu'à l'aéroport de Sfax où l'attendait un hélicoptère de la Présidence. Zaba, mis au courant depuis des mois des extraordinaires prouesses de cet oiseau-conteur, tint à interroger personnellement Chahrazad. Zaba eut beau lui offrir la plus délicieuse et la plus appétissante nourriture dont un perroquet pouvait jamais rêver, il ne put arracher à Chahrazad que l'ennuyeux « Yahya Zine ! » qu'elle répétait à longueur de journées. Qu'il affamât la pauvre perruche ou qu'il la bourrât de noix et de pistaches, le résultat était toujours le même : Vive Zine ! Un jour, alors qu'il était pris par une terrible crise de nerfs, suite à l'humiliation de l'un de ses généraux à Genève, il entendit sa prisonnière Chahrazad crier allègrement : « Yahya Zine, Yahya Zine ! ». Le dictateur enragé saisit l'oiseau rebelle, ouvrit l'une des fenêtres du Palais et le jeta en l'air. Avant de prendre son envol, Chahrazad lança sur un ton moqueur : « Zaba, roi des cons ! » [1] "An infamous incident involving the pet parrot of US President Andrew Jackson testifies to these birds' feisty character and keen intelligence - sometimes so acute as to be embarrassing. At Jackson's funeral in 1845, his Yellow-napped amazon "Pol" began to yell obscenities (presumably learned from its plain-speaking master) causing such a furore that it had to be ejected from the solemn proceedings !" (Firely Encyclopedia of Birds, edited by Christopher Perrins, Page 296) [2] "Intarissable Cocotte", La Presse de Montréal, Dimanche 17 août 2003, page C10 | ||
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Omar Khayyâm |
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21 septembre 2003
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Le mal a un nom : Habib Ammar, le mal-nommé.
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Il faut arrêter et juger Habib AMMAR à Genève ! Track Impunity Always (TRIAL) A la différence de tous les autres membres du gouvernement et de toutes les instances dirigeantes de la Tunisie et du parti au pouvoir (RCD), ce général est tout autre qu'un pion de ZABA c'est son acolyte lors du putsch du 7 novembre 1987, ils ont préparé ensemble leur forfait au sein du tristement célèbre musée de l'horreur tunisien, plus connu sous le nom de "Dakhilia", les mains de cet énergumène sont encore moites du sang des gens qu'il a torturé ou assassiné en collaboration étroite avec ZABA c'est pourquoi tous les tunisiens demandent aux personnalités invitées, par les tortionnaires du comité d'oppression de la jeunesse méditerranéenne COJM, aux jeux méditerranéens de décliner ce cadeau venimeux ou du moins s'abstenir de faire de déclarations élogieuses de ces mafieux, la Tunisie est au bord du gouffre et la non-assistance aux personnes en danger est un délit. La mémoire des tunisiens n'est pas courte et les personnes impliquées regretteront leurs gestes un jour ou l'autre car ils savent tous ceux qu'ils vont côtoyer des jours durant. ettounsi, 1er août 2001, TUNeZINE 33. | ||
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Communiqué de presse Le Général Habib AMMAR a été, de 1984 à 1987, Commandant de la Garde nationale tunisienne. Au moment du coup d'Etat en novembre 1987, il est gratifié du poste de Ministre de l'intérieur, qu'il conservera durant une année. Le 17 septembre 2003, TRIAL (Track Impunity Always) et l'OMCT (Organisation mondiale contre la torture), ont saisi le Procureur général du canton de Genève d'une dénonciation pénale contre le Général Habib AMMAR, pour actes de torture. D'après de nombreuses organisations de défense des droits humains, le Général Habib AMMAR, est en effet responsable du recours généralisé à la torture en Tunisie dans les années 80. Ainsi, selon l'OMCT, « de 1984 à 1987, alors qu'il était Commandant de la garde nationale, la pratique de la torture s'est généralisée dans les locaux de la gendarmerie. Parmi les centres des tortures les plus notoire de l'époque, on peut citer, à titre d'exemple, le siège de la Garde nationale à la caserne de Aouina, les centres de l'Ariana, de la Cité de Tadhamoun et de Douar Hicher.
Pendant qu'il était Ministre de l'intérieur, les locaux du Ministère ont été transformés en centre de détention et de torture. Les méthodes de torture utilisées par les services de sécurité et les forces de l'ordre pendant cette période ont été particulièrement brutales, entraînant décès et séquelles durables chez de nombreuses victimes, dont certaines se sont réfugiées en Suisse. Deux victimes se sont d'ailleurs jointes à la dénonciation pénale en sollicitant également l'arrestation du Général Habib AMMAR. Le Parquet du Procureur général a toutefois fait savoir vendredi après-midi qu'il n'entendait pas donner suite à la dénonciation et aux plaintes pénales. Aucune motivation écrite n'a encore été fournie. L'association TRIAL est profondément déçue de l'absence de courage des autorités de poursuite genevoises. Cette inaction viole gravement la Convention contre la torture que la Suisse a ratifiée. L'art. 6 de cette Convention énonce en effet clairement que « tout Etat partie sur le territoire duquel se trouve une personne soupçonnée d'avoir commis une infraction visée à l'article 4 [à savoir : torture et tentative, instigation ou complicité de torture] assure la détention de cette personne ou prend toutes autres mesures juridiques nécessaires pour assurer sa présence ».
« Que les autorités tunisiennes n'engagent pas de poursuites contre les tortionnaires du régime est une chose. Que celles d'un pays aussi respectueux des droits humains que la Suisse restent inactives face à l'horreur de la torture, en violation des conventions ratifiées, est particulièrement choquant » à indiqué Me Philip GRANT, Président de TRIAL. L'impunité se nourrit du silence et de la passivité des organes de la justice. « Elle ne reculera que si, dans l'ensemble des pays démocratiques, les tortionnaires comme le Général Habib AMMAR sont poursuivis, jugés et condamnés », a encore ajouté Me GRANT. Une protestation publique contre cette inaction s'est tenue samedi matin devant l'hôtel où, aux toutes dernières nouvelles, logeait encore le Général Habib AMMAR, à quelques pas du Palais Wilson, siège du Haut Commissariat des Nations Unies pour les droits de l'homme. | ||
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www.trial-ch.org |
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20 septembre 2003
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Que d'amour ...
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Bravo Zouhair | ||
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Pendant que des animaux te calcinent l'âme et le corps, la vie prend forme ailleurs. Il te reste encore quelques bouts d'os, je ne sais pas s'il te restera encore de la chair, pour que tu puisses venir contempler le paysage qui se dessine. Tout cela parce que tu as osé relever ta tête, parce que tu n'as pas pu te passer de ta dignité, parce que tu as refusé qu'on te prenne pour un animal, parce que tu as voulu rire, tout simplement. Il a suffit de cinq mots de toi, Zouhair, pour que le visage de la Tunisie (le Royaume, la République, la Prison, le Zoo, le Rien) se démasque dans toute sa complexité. Intelligence et Morale sont des notions indépendantes. On peut être naîf et tellement adorable. On peut être intelligent et tellement inhumain. Zouhair, on m'a dit que t'étais chômeur. Que veux-tu faire, il y a d'autres tellement plus intelligents pour occuper les quelques "postes ouverts" en Tunisie. Mais on ne m'a pas dit que t'étais doué, Doué ! Depuis la nuit de mon temps, je n'ai pas vu de philosophe qui ait su illustrer les notions qu'on ignore : le Bien et le Mal. Ces antipodes qui maintiennent l'Univers dans son équilibre, pour que la Vie y suive son chemin. Toi Zouhair qui donne ta vie pour la Vie. Alors que la pierre cède, le Mal ne fléchit pas. Je pensais que Dieu nous faisait une figure de style, mais dites-vous que c'est pourtant la vérité, car Dieu dit Vrai. Je n'ai jamais su réaliser à quel point on peut être si glacial, si insensible, si inhumain. Je le vois sur cette page que tu nous fais écrire. Il a suffit de mots de toi, Zouhair, pour que le Coeur de la Tunisie (et même au-delà) jaillisse avec son Bien et son Mal, aux yeux de ses enfants, aux yeux du monde. Pendant que tu souffres Zouhair ; j'essaye de donner mon corps pour tenter de preserver le tien. Je dors mal, je mange mal, je travaille mal, je vis mal, j'ai mal. Pour toi Zouhair, et pour toi seulement, je m'incline. | ||
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Walid [eFighter] |
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19 septembre 2003
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Cryogénisation
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Le forum du RCD est gelé, suite à un chaud débat ! | ||
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Le RCD (Rassemblement des Corrompus Dépravés) a créé, il y a deux ans, un forum de discussion sur son site officiel (www.rcd.tn), mais ça n'a pas marché. En visitant ce forum, vous allez remarquer qu'il est gelé. Après le septième message, il n'y a rien. Pour ceux qui trouvent des difficultés à se connecter au forum du RCD à cause de la censure, en voici le contenu intégral : 1er message : Je suis à 100 % d'accord avec le Président Ben Ali. 2ème message :Je suis à 100 % d'accord avec vous. 3ème message : je suis tout à fait d'accord avec vous deux. 4ème mesage : Je partage entièrement l'avis de mes trois camarades. 5 ème message : Je soutiens votre point de vue. 6ème message : Je n'ai rien à ajouter puisque je partage sans réserve votre opinion. 7ème message : Puisque nous sommes maintenant sept, je propose d'envoyer tout de suite un télégrammes de soutien au Président Ben Ali. Il n'y a eu rien de nouveau [1] depuis cette discussion animée. Les sept bénaliénés sont sortis envoyer leur télégramme et ne sont jamais revenus au forum ! [1] "Rien de Nouveau " est un quotidien de langue française, organe du RCD. Il a beaucoup de succès auprès des "hammassa" (vendeurs de pois chiches grillés et de glibettes). | ||
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Omar Khayyâm |
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19 septembre 2003
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Un front pour faire le mur !
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Le mur et le front | ||
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Aujourd'hui au cours d'une discussion avec un ami qui me demandait des nouvelles de Zouhair j'ai été surpris de son commentaire - ô combien éloquent - sur sa situation :"on voit bien que c'est un têtu qui est en train de se cogner la tête contre un mur." Le mur est bien là. Face à nous tous qu'on soit à Tunis ou à l'étranger, on ne peut échapper à cette sensation de blocage, de ce "on ne sait quoi" qui nous bouche l'horizon et qu'on n'arrive pas à déplacer. Je ne veux plus écrire ces derniers jours, je doute que nous soyons dans un moment de lucidité pour pouvoir réfléchir et penser. J'essaye de méditer sur cette agressivité verbale qui caractérise nos discussions, nos commentaires et nos réflexions. Cet immense cratère qui nous donne l'impression de creuser au lieu de jeter les ponts de notre union. Le président n'est-il pas en train de se substituer au perchoir sur lequel on accroche tout nos amertumes et nos frustrations, Ivan n'est-il pas en train de devenir la même chose pour Derbali, les islamistes ne sont-ils pas en train de jouer le même rôle pour la gauche et le hijab pour les laïcs et... et... etc... Chacun a besoin d'un mur sur lequel il peut s'acharner librement, anonymement, solitairement et chacun identifie son mur dans un vis-à-vis qu'il veut rendre responsable de tous les maux de son pays pour légitimer sa destruction. Sommes-nous en train de nous rapprocher ou de nous éloigner les uns des autres. Heureusement qu'on est d'un pays bien gardé et que nos vis-à-vis ne sont pas des étrangers. On cherche juste à éradiquer, à effacer et à nier l'évidence de l'existence de ceux qui nous tourmentaient. Dans les études des phénomènes sociaux cette phase de désarroi et de suspicion généralisée où la subjectivité envahit chaque individu et où chacun croit détenir à lui seul toute la vérité et se croit dans l'obligation de mener son combat de titan avec tout le dégoût et l'hostilité que lui inspire la réalité, est bien connue. Il n'est pas exclu de voir des gens se cogner la tête contre le mur dans le sens propre du terme pour le faire bouger.
Le défoulement par le hurlement ou en cherchant quelqu'un à tabasser pour se vider de sa charge d'agressivité est en train de prendre forme sur le forum de TUNeZINE par ces disputes malsaines et insultantes qui sont en train d'éclater pour un oui ou pour un non, n'importe quand et comment. Chercher à modérer, c'est comme chercher le sage dans un asile d'aliénés. Je pense que c'est un signe de bonne santé, il n'y a pas meilleur traitement à une vie d'oppression que de telles cures de défoulement. La frustration de déroute devant des repères perdus sans trouver les véritables signalisations adaptées pour identifier notre nouvelle réalité a besoin des douleurs de la conception de notre avenir, qui est en train de naître des entrailles de notre passé. On finira par pleurer, par se désespérer, en martyrs ou en aliénés mais beaucoup s'en sortiront guéris, bien aguerris et immunisés pour être apte à vivre libre en démocratie. Ce texte je l'ai écrit à e-fighter. Son texte je ne peux pas le commenter mais il me donne encore la confirmation de ma conviction que l'abolition du véritable mur qui bouche notre horizon a déjà commencé car on a aussi besoin d'amour pour avoir une volonté. Vos mots donneront à l'entêtement de Zouhair ses raisons. labodda lil kaidi an yankaçir ya walid. | ||
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Mokhtar Yahyaoui |
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19 septembre 2003
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Delenda Carthago
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Le manuscrit J'ai profité de mes moitiés de vacances Tunisie/Turquie pour fouiller dans les archives du "Bachvekalet Arshivisi" et j'ai trouvé un manuscript incroyable. Il semble daté de l'année 2004 ou 2005 et son auteur apparemment Ben Dhia(f), je n'arrive pas à bien lire, avec un prénom "A", peut-être Ahmed, peut-être Abdelaziz. En tout cas, il semblerait que l'auteur ait été plusieurs fois ministre ou au moins conseiller proche du pouvoir. C'est une source incroyable pour étudier cette période. J'ai traduit uniquement quelques passages ; si vous pensez que c'est intéressant je peux traduire le reste et en faire une édition annotée et critique. | ||
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Feuillet 10 : C'est le samedi 15 Rabi-ul-Awal de l'année 1408 (ndt : 7 Novembre 1987 ) que notre Maître Abou Mohamed Zine-el-Abidine (ndt : ZABA) s'installa sur le glorieux Trône du Beylik de Tunis. Dieu est Témoin qu'il n'avait pas fait couler le sang des Musulmans pour monter sur le Trône d'Ifriquiya. Et son avénement fut ressenti par le commun comme par les notables et ceux qui nouent et qui dénouent (ndt : "Ahl el Hal wal Aqd"), comme le commencement d'une ére de prospérité, de félicité et de liberté pour le Royaume. Ce Bey inaugura son règne en accordant leur grâce aux criminels, en libérant les prisonniers et en autorisant le retour des exilés. Il leur restitua ce qui subsistait des biens immeubles et propriétés car les autres biens avaient déjà disparus. Il confirma dans leurs fonctions les hauts dignitaires de l'Etat et du Ercédé et leur donna une place privilégièe dans son entourage et ses intimes. A la vérité, on peut dire qu'ils étaient déjà ses hommes et son parti, car ainsi que nous l'avons déjà dit, sous le règne de son prédecesseur Abou Abdallah Habib Bourguiba, c'était déjà lui qui régnait. L'événement donna lieu à de grandes festivités et à une généreuse distribution de présents. Les affaires politiques faisaient trêve et les espoirs de jours heureux se donnaient libre cours. Feuillet 11 :
Feuillet 12 : Au débur de Rabi-ul-Awal1408 , Notre Maître choisit comme Grand Vezir, le distingué, l'intègre, le savant, le choisi parmi ses pairs, Abou'l Massarra Hédi Baccouche. On dit - mais Dieu Seul Sait - qu'il avait été le penseur qui a confié à d'autres l'épée de la Samssâma (ndt : la Samssâma est l'épée du guerrier-poète Amr, célèbre par la pénétration de sa lame). Mais bientôt quand le gouvernement fut dans l'embarras à cause de la dévaluation de la piastre et des exactions des favoris et des familiers, la situation s'aggrava. Le Bey rejeta le blâme sur son ministre. Les critiques s'acharnèrent sur lui ; les mauvaises langues le déchirèrent et les envieux le prirent pour cible, comme ils l'avaient fait pour les autres auparavant. Cependant, il n'était en vérité qu'un esclave qui exécutait les ordres de son maître et du Effémi. Le despostisme des souverains absolus fournit bien des exemples de cela. Plusieurs années et feuillets plus loin... Feuillet 64 : Au début de Shawwal1423, une tension et un conflit éclatèrent entre le Sultan des Américains (ndt : nous croyons savoir qu'il s'agit de Georges Deubeuliou) et le Souverain absolu de Bagdad Abou Hafs Saddam Hussein, ce qui allait plus tard entraîner la guerre et son cortège de malheurs comme nous le verrons plus loin. Le Pacha de Badgad n'attacha pas d'importance à leur colère ; il se fit des illusions sur la puissance de ses fortifications et s'imagina qu'il pourrait les faire prisonniers sans difficultés. Comme il a raison celui qui dit : ... "Le Lion dans son antre n'est pas défendu s'il n'a d'autre protection que son antre ...". Voilà ce qui se produit lorsqu'on abandonne toute sagesse et qu'apparaissent des dissensions entre le souverain et ses sujets. J'ai lu le récit de cette affaire dans un recueil consigné dans un carnet publié au pays des Chrétiens et qui s'appelle "ill moundde" et un autre "ill figaroo". Car dans notre pays, Notre Maïtre avait interdit qu'on en parlât ; il avait reçu l'envoyé du Sultan et lui avait promis de mettre à raison - si necessaire par la bastonnade et la prison - ceux de ses sujets qui auraient voulu soutenir le Maïtre de Bagdad alors que d'un autre côté il promettait au Pacha toute son aide contre l'envahisseur. " Ne compte pas que ceux qui se réjouissent de ce qu'ils ont accompli et qui aiment à être loués de ce qu'ils n'ont point fait, ne compte pas que ceux là soient hors d'atteinte du Tourment ! Ils auront un tourment cruel !" (ndt : Sourate III, verset 185 /188) | ||
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Osmanli |
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18 septembre 2003
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Tous ces inconnus ... du déjà-vu !
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Les Inconnus | ||
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Cette chanson nous est maintenant plus que connue : « Des inconnus ont tiré sur le journaliste Ryadh Ben Fadhl », « Le cabinet de Madame Radhia Nasraoui a été cambriolé par des inconnus », « La voiture du militant Omar Mestiri a été volée par des inconnus », " « La fille du juge Mokhtar Yahyaoui agressée par des inconnus ». D'ailleurs, le juge lui-même n'a pas échappé aux coups de ces inconnus, connus pour extrême violence. Il y a une semaine ou deux, ça devient presque une routine, Abderrahmane Tlili, connu pourtant pour sa « sagesse », a été tabassé par ces fameux inconnus. Qui sont ces inconnus et où se cachent-ils ? Nul ne connaît leur vraie identité. C'est normal, puisque ce sont des inconnus ! En plus, ils n'ont pas vraiment besoin de se cacher, puisque après chaque forfait, ils se noient dans la foule. La chose la plus inquiétante c'est que ces inconnus sont partout et nulle part. En débarquant chaque fois à l'aéroport de Tunis-Carthage, je sens tout de suite leur présence. La tâche la plus difficile est de les distinguer au milieu de cette foule bigarrée faite de voyageurs, de porteurs, de personnel aéroportuaire et de dizaines de personnes qui attendent leurs visiteurs. Dès que le taxi qui me ramène de l'aéroport, traverse le centre-ville, je perçois des milliers d'inconnus en train de rôder partout. Parfois, lorsque le taxi s'arrête à un feu rouge, des yeux d'inconnus transpercent les vitres du véhicule pour voir le visage du voyageur inconnu. Il n'est pas rare qu'au moment où le taxi me dépose devant ma destination finale, des inconnus assis sur la terrasse d'un café, me dévisagent avec une insolence inconnue ailleurs. Je n'aime pas me promener dans les rues de la capitale, car je risque de croiser des inconnus à chaque carrefour. Dès que je m'installe dans un café et sors un livre ou une revue de mon sac à dos, des inconnus jettent des regards curieux, essayant de deviner la nature de la littérature en ma possession. Comme je trouve un malin plaisir à dépiter ces inconnus, dans les lieux publics, je choisis toujours des lectures dans une langue qui leur est complètement inconnue. Je reste rarement plus d'un jour ou deux à Tunis, la ville où il y a la plus forte concentration d'inconnus, car j'y risque de plonger dans la phobie : La phobie des inconnus, une maladie que j'ai frôlée plusieurs fois dans ma vie. La maladie peut facilement s'installer de façon pernicieuse. On commence à imaginer des inconnus dans chaque coin de rue, dans chaque rangée de cinéma, autour de chaque table de café. Ils peuvent même intervenir de façon musclée dans vos rêveries diurnes et faire une descente foudroyante dans vos rêves nocturnes, les transformant en cauchemars Une fois une militante très connue a photographié les inconnus qui la poursuivaient dans une voiture banalisée dont la plaque d'immatriculation s'est révélée, plus tard, inconnue du service des mines. En montrant cette photo à la police, cette dernière a déclaré que les visages lui étaient inconnus. Depuis que j'ai eu vent de cette affaire, je ne cesse de me poser la question : pourquoi, bon sang, la police n'établit-elle pas un fichier "spécial inconnus" ? Au moins dans le futur, si ces inconnus commettent un nouveau forfait, on pourrait reconnaître parmi eux quelques visages connus, c'est-à-dire figurant déjà dans le fichier « spécial inconnus ».
D'ailleurs, un cadre du Ministère de l'intérieur, qui ne veut être ni identifié ni connu, a déclaré à cette militante que dans cette montagne de dossiers - des millions selon lui - qui augmente de volume chaque jour, certaines vieilles archives contenant, peut-être, des infos utiles sur ces inconnus restent encore peu connues, voire totalement inconnues. « Ils nous arrivent de tomber par hasard sur des fiches d'inconnus, mais elles n'ont mené jusqu'ici que vers des personnes que personne ne connaît. » a encore dit ce fonctionnaire dont les compétences sont, pourtant, reconnues par tous au sein de son ministère. Elle a tenté sa dernière chance avec les représentants de la justice. En la recevant dans son bureau, un substitut du procureur auprès duquel elle a déposé une plainte contre ses poursuivants inconnus, lui a dit presque la même chose : « Vous n'êtes pas sans savoir, Madame, que ces cas de poursuites et d'agressions perpétrées par des inconnus sont maintenant très connus. Même si personne n'en parle, bien sûr. ». Cette militante, qui veut rester anonyme mais que certains lecteurs ont certainement reconnue, est sortie de ses gonds en entendant les propos du substitut. Elle a tapé fort sur son bureau et lui a crié dans le visage : « Mais qu'est-ce qui vous empêche d'arrêter ces inconnus ? ». Le substitut, lui a répondu sur un ton d'impuissance et de résignation : « Je ne peux pas, Madame, ça me dépasse. Et je ne peux même pas vous dire la raison, mais vous n'allez pas me dire qu'elle vous est inconnue ! » | ||
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Omar Khayyâm |
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16 septembre 2003
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Vous ne vous sentez pas un peu ballonnés ?
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Le latex : une matière dangereuse | ||
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mardi 16 septembre,18 h35 TUNeZINE News Agency (TNA) Tunis - de notre correspondant Les douanes tunisiennes ont réussi un coup d'éclat en saisissant un important stock de ballons en latex. "Ce succès n'est qu'un épisode de plus d'un vaste programme de démantèlement d'un réseau de trafic de ballons" a déclaré un haut responsable de la DST (Direction de la Sûreté du Tyran) Cette opération est le fruit d'un long travail d'entraînement de chiens renifleurs qui ont pu attirer l'attention des douaniers sur un sac anonyme. Ce sac était plein de ballons colorés portant des figures de prisionniers tunisiens et sentant une forte odeur de liberté, ce qui a alerté les chiens douaniers.
Depuis, n'excluant pas cette hypothèse, ZABA serre les fesses très fort, a-t-on appris de sources officielles. Dans le même registre, des gardes du corps ont opéré une brillante descente dans la chambre des petites filles de ZABA et ont confisqué les ballons qui leur avaient été offerts à différentes occasions. "Certains ont failli s'étouffer avec des bretzels, alors vous imaginez le risque avec des ballons dans les mains de petites filles ! C'est bien plus dangereux que des sacs en plastique" a déclaré la nonne des petites qui sont aujourd'hui en toute sécurité. Sous prétexte que les ballons sont poudrés à l'intérieur, tous les services de courrier sont vigilants avant de délivrer toute enveloppe à un haut fonctionnaire zabatique de peur qu'elle ne contienne un ballon, rappelant ainsi la paranoïa de l'anthrax qu'avaient connue les Etats-Unis. Cependant, les services de sécurité ont avoué qu'ils ont du mal à mettre à niveau leurs détecteurs de métaux pour pouvoir détecter le latex, qui est une matière très furtive vu qu'elle ne réfléchit pas les ondes électromagnétiques. S'inspirant d'une politique réactionnaire à la manière de G. W. Bush, et décidé à combattre l'axe du mal, le régime de ZABA a engagé de vastes opérations d'éradication des ballons. Tous les moyens sont bons : destruction des stocks des bureaux de tabac (ou "vendeurs de glibettes"), suspension de l'industrie du latex, interdiction de l'import de latex, allant même jusqu'à l'achat de tous les ballons dans les différents pays du monde. Cette dernière méthode est bien maîtrisée par les agents de ZABA qui l'emploient déjà pour liquider et faire disparaître les livres dangereux. "C'est bien justifié, le latex est bien plus dangereux que le papier" a déclaré le Sinistre de la Culture. Pour ces fins, et profitant de l'habituelle excellente situation économique et de la perpétuelle forte croissance, ZABA s'est adressé à lui-même pour demander 8 millions de dinars qui lui sont nécessaires pour mener à bien son combat contre le terrorisme (entendre ballonnisme), et "finir le travail". "Ce sont des armes très dangereuses, différentes têtes peuvent être chargées sur ces ballons, l'ogive la plus dangereuse étant la tête zouhailéaire. Aussi nous ne ménagerons aucun effort dans notre programme de dézouhairement..euh de désarmement" a affirmé un expert militaire. L'espace aérien tunisien est interdit aux ballons. A défaut de pouvoir installer des balises anti-ballons ou d'acheter suffisamment de lance-roquettes, le Ministère de la Défense a légué la tâche au Ministère de l'Intérieur. Désormais les130 . 000policiers tunisiens sont équipés de lance-pierres, les traditionnelles "tire-boulettes", et se doivent d'abattre tout ballon à vue. Une nouvelle circulaire promulgue l'interdication d'approcher ou de s'approprier des ballons. Toute personne trouvée en possession de ballons fait l'objet de terribles interrogatoires et persécutions. Les assidus des mosquées et les porteuses de voile en savent long sur ces méthodes. Les opérations anti-ballons sont devenues le lot quotidien de toutes les forces zabalistiques. Par exepmle, une pizzeria à El Manar a été évacuée et encerclée à la suite d'une alerte donnée par un indic au commissariat du district. La pizzeria était piégée aux ballons décoratifs. La toujours excellente police technique a réussi à les neutraliser au bout d'une longue et périlleuse intervention. "Désarmer..euh dégonfler un ballon est très délicat, la moindre erreur de manipulation et le ballon peut éclater" a affirmé Mekki avec insistance, un expert de longue haleine dans le désamorçage des explosifs. Bien sûr, la pizzeria fut définitivement fermée pour des raisons d'hygiène alimentaire (ceci pour ne pas semer la panique chez les citoyens, première priorité du régime, et ne pas troubler l'ordre public ainsi que la tranquillité des jasmins) Bien que la situation sur le terrain soit bien contrôlée, le régime de ZABA craint des satellites-ballons qui seraient probablement lancés par des fusées depuis Paris et éventuellement d'autres villes selon les rumeurs. Confiant après la réussite de son projet en faveur de la Caisse Nationale de Racket, ZABA projette de proposer à l'ONU une résolution anti-ballons. Dans les cités tunisiennes, les jeunes ont abandonné les drogues et le tabac pour se convertir au souffler du ballon. Les commissaires ont été immédiatement chargés de réprimer ces pratiques, et les patrouilles se sont multipliées pour appréhender les dealers de ballons. | ||
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Walid [eFighter] |
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16 septembre 2003
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Surtout ne jamais se dégonfler !
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En avant-première Par les RG, j'ai eu la maquette du "Canard Enchainé" de demain ... | ||
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Canard Déchainé ; 17 Septembre 2003, page 8 (dernière de couve) A Carthage, L'Art de la Gonflette .... Alors qu'on croyait le président tunisien à bout de souffle, voilà qu'il gonfle les pectoraux, non pas pour pousser la chansonnette mais pour... souffler dans le ballon... Il semblerait que même les pandores attitrés du général-président n'en soient pas revenus ; alcootest négatif certifié par le premier président de la Cour des Comptes (et des Mal-Comptes). Au jeu de "qui perd gagne", ZABA veut montrer qu'il est toujours le plus fort ; alors que la capitale tunisienne bruisse de rumeurs les plus invraisemblables concernant des saisies de latex en douane et l'interdiction de lâchers de ballons - une info reprise et commentée par nos confrères de l'agence TNA - l'homme fort de la Tunisie entend montrer à l'opposition qu'il est toujours là "ad ballonem aeternam". Sous couvert d'anonymat un diplomate en poste à l'ambassade de France à Tunis nous a même déclaré : "... même Chichi n'aurait pas osé, c'est l'art de la gonflette à l'état pur !". Un porte-parole de l'ambassade américaine après s'être prudemment retranché derrière un "No Comment, Hell" (NCH en anglais américain, pas de commentaires, enfer et damnation) a suggeré en riant que c'était peut être "...Thanksgiving tous les jours en Tunisie..". La Dinde et le Ballon aurait dit le poète perse Omar Khayamm. Ainsi, alors que Bourguiba avait fait rire ses compatriotes et sujets en avouant publiquement qu'il n'en avait qu'un seul (de ballon), ZABA qui a toujours prétendu mieux faire en reconnait trois, un pour chacun des clans qui gravitent autour de lui. Certains sont plus gonflés que d'autres et prennent parfois leur envol.... Mais c'est à un Titi tunisien rencontré au détour d'une ruelle des souks qu'on laissera le dernier mot : "Bourguiba n'en avait peut-être qu'un mais au moins il a pu avoir un fils... !". Et notre ami qui se prénomme Zouheïr a conclu : ".. ZABA a dit qu'il n'allait faire qu'une bouchée de la Tunisie et des opposants tunisiens, qu'il était maintenant gonflé à bloc contre tous..." pour aussitôt reprendre avec cet inimitable sens de l'humour tunisien : "... gonflé à bloc ! gonflé à bloc.. mais alors... une simple épingle pourrait faire éclater cette baudruche... !" | ||
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Osmanli |
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16 septembre 2003
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Remise en question
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L'avenir en question | ||
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Il serait temps de revenir aux recettes de nos précédents. Trop compliquer, c'est aller vite en besogne sans avoir véritablement assumé le sujet. D'Ibn Khaldoun à Ibn Abi Dhiaf on ne reconnaît que deux types de gouvernement : le pouvoir absolu et le pouvoir régi par la loi. Ce n'est pas pour repenser la république et remettre en question la monarchie mais c'est tout simplement la notion de modernité comme celle d'authenticité qui ne peuvent être remises en question. Il parait même que notre bon sens a été faussé par cette affaire de réformes "Islahat" chère à Khaireddine malgré son échec flagrant et que notre élite a repris depuis sans jamais trouver le moyen d'impliquer la société dans son action. Aujourd'hui tout donne l'impression du déjà vu. Le système avec lequel on est en train de commencer le nouveau millénaire a tous les ingrédients de celui des derniers siècles auparavant. Le pouvoir reste un métier réservé à une minorité qui n'a de légitimité que par la force des corps qu'ils recrutent pour les garder, les méthodes non plus n'ont pas changé, que ce soit les intrigues des palais ou la razzia contre toute résistance ou opposition pour tuer dans l'uf toute contestation. Pour le simple "citoyen" face à une administration gangrenée par la corruption et une justice qui fait défection, rien n'a changé depuis que "Sidna" a été chassé de son palais. "Le combattant suprême" n'a fait que rationaliser le despotisme pour plus d'efficacité, pour asseoir ses pouvoirs illimités et depuis qu'on a reconnu sa folie ceux qui l'ont remplacé n'ont pas trouvé meilleur maître que lui. Au delà du discours qui change à chaque fois pour s'adapter aux exigences du moment les pratiques se sont figées dans d'ancestrales traditions de soumission et de cupidité. Les clans des régnants n'ont jamais eu que des agents apprivoisés et imbus de soumission. Avant on les achetait au marché des esclaves pour les éduquer au service de leur maîtres et pour s'en servir après comme des ministres, des chefs d'armées et même comme des "Ghilmans" homosexuels pour répondre à leur caprices dépravés. Maintenant c'est l'école de la république qui se charge de cette mission, docteurs et agrégés des plus grandes universités continuent à s'adonner à la prostitution politique par leur savoir ou leur corps comme avant. Comme si l'éducation dans les normes de la modernité ne leur avait rien ajouté se demandent certains ? Mais que pouvons nous attendre d'êtres humains dépourvus de dignité ? Toute la question reste posée : indépendant ou colonisé, ignorant ou cultivé, riche ou déshérité, autoritaire ou obéissant, où est l'homme dans la construction de notre projet de société ? Ni la modernité ni l'authenticité n'ont pu trouver une place dans leurs conceptions à son universalité. L'homme avait toujours été réduit à des sujets "rouaa" composant la "raaia" de sa majesté. Ces "hamaj" comme Bourguiba les désignait. Même si parfois on l'affirme sans conviction dans de trompeuses déclarations que "le peuple tunisien n'est plus un amas de poussière d'individus" comme il a été bien dit en novembre 1987 alors qu'avant lui la constitution l'a promu souverain sans aucun attribut de son émancipation annoncée. Aujourd'hui après presque un demi-siècle de pouvoir exercé en son nom, ne sommes-nous pas en droit d'exiger de remettre en question l'homme qu'on est, avant toute discussion de projet, de culture ou d'identité ? Nous avons besoin de reconnaître que nous ne sommes pas encore parvenus à cerner le sens de l'individu ni dans son identité ni dans les attributs de sa personnalité ce qui a conduit a paralyser l'expression des normes essentielles de toute organisation sociale faisant référence à la modernité. Le principe égalitaire semble de plus en plus s'éloigner de notre réalité entraînant avec lui justice et droit et application rationnelle des lois. La notion même de liberté ne peut plus s'exprimer sans des qualificatifs de restriction, de contrôle et de limitation sauf comme une menace grave à la sécurité. La tutelle imposée à une société immature n'a fait que remplacer le protectorat qu'on subit quand on été colonisé. Les mots ont changé mais le statut de l'homme dans ce pays est bel et bien inchangé. Si l'individu n'a pas pu s'émanciper et s'est trouvé incapable de retrouver son autonomie, ne doit-on pas repenser la structure de notre société et voir si l'origine de l'oppression n'est pas dans sa propre constitution ? Cette structure qui est en train de nous reproduire le même genre d'élite mercenaire et acculturée, corrompue et qui ne demande qu'a être instrumentalisée au service de tout pouvoir, jalouse de son statut de confort et des avantages qu'elle tire de servir l'autorité. On pourra avoir de lâches illuminés qui nous laisseront des uvres posthumes, qui n'ont jamais eu le courage d'assumer les idées mais cela n'empêche qu'on a toujours la même élite qui se génère et s'accommode très bien avec le berceau de l'arbitraire. Nous constatons aussi la stagnation de notre société dans les même contradictions le citadin "béldi" opposé au paysan "arbi" et le littoral "sahel" face au profond "afak" sans trouver aucune difficulté à distinguer où les privilégiés se recrutaient et où les déshérités s'amassaient avec toujours cette ponction qu'exerce les premiers sur les derniers pour les paupériser d'avantage et les réduire à l'infini à être les otages d'un statut d'infériorité et de désolation continues. L'affront de l'aliénation que subit notre société dans sa structure politiquement et socialement figée n'a d'égal que la sape en profondeur que constituent les idéologies de diversion pour la maintenir loin de prendre conscience de l'impératif de son auto-émancipation. Ces démagogies sont parvenues à gommer les structures premières du projet de société dans notre pays en le noyant dans de chimériques ensemble territoriaux et sociaux au nom d'un panarabisme ou panislamisme ou communisme qui n'ont aucune base dans la réalité et ne trouvent aucun début de concrétisation. Sur le plan psychique de la société, ces idéologies démagogiques sèment le désarroi général et intériorise le sentiment de l'échec et de la démission sociale, ils ne font qu'éloigner notre communauté de la responsabilité de son destin en lui faisant assumer la responsabilité du combat perdu auquel elle n'a jamais pris part et qui n'aurait jamais dû l'intéresser. Ces courants d'importation sont aujourd'hui complètement démasqués et on n'a plus à décrire l'état de désastre qu'ils ont laissé tellement la situation présente en fait la démonstration dans tous les pays du monde arabo-musulman. Notre avenir est en question, il n'est plus possible d'assumer ses multiples défis si nous ne posons pas la question de faire agréger l'homme au statut de citoyen et lui restituer tous les attributs de sa souveraineté confisquée. Sortir de ce monde archaïque, délabré, infeste et corrompu où l'homme n'a plus aucun espoir de retrouver la sérénité de la vie. La haine, l'arbitraire, la violence et l'esprit sectaire l'ont habité. S'il y a une concorde à réaliser, c'est en nous-même que tout doit se jouer, en nous débarrassant de nos fureurs accumulées, de ce sentiment de persécuté, de ce besoin de vengeance et de sang, ce cercle infernal n'a pas de fin. C'est criminel de laisser notre société en proie à cette double frustration, locale comme peuple dominé et régionale comme appartenant à une communauté humiliée. Peut-être que le plus grand bien qu'on peut donner à nos frères en islam et à nos frères en arabité est de leur montrer qu'une issue peut toujours exister. | ||
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Mokhtar Yahyaoui |
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10 septembre 2003
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Une voie à deux voix
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Parler de lui ... | ||
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On aurait envie, avec les dernières nouvelles concernant la condition morale et physique de Zouhair Yahyaoui, d'écrire pour assurer, et se rassurer, que son courage, que son indépendance, que son besoin vital de liberté dureront toujours, au delà de lui-même, dans tous ceux à qui il a insufflé ce courage, à qui il a fait comprendre que la liberté, ça s'exerce. Facile de parler de liberté, et le mot courage perd son sens quand ce droit peut s'exercer, mais aussi quand la privation devient ultime. Quel courage ? Celui de rester emprisonné, de rester vivant, de rester lui-même ? On aurait envie de parler ainsi, et pourtant le courage de tenir de tels propos triomphalistes me manque. Un être humain meurt d'exister. La liberté est un besoin vital, et en Tunisie cette phrase prend tout son sens. En être privé, signifie la mort. Je n'arrive pas à digérer ça : il y a des centaines de personnes dans le même cas que Zouhair Yahyaoui dans les prisons tunisiennes, à mourir à petit feu de souffrances atroces, dans le silence, dans l'indifférence de ceux qui ont décidé leur mort. Zouhair, en particulier, ressemble forcément à tous ceux qui écrivent sur des forums, qui ont choisi cette forme d'expression comme ballon d'air, pour tenir le coup et ne pas mourir de la privation de cette chose vitale - la liberté. Une catégorie d'âge, une façon de penser, une aisance d'expression pour dire ce que beaucoup ont envie de dire, sans forcément toujours en trouver le courage, ou les mots ; le plaisir d'une génération d'un mode d'expression particulier, celui des forums sur internet. Toutes ces choses font le quotidien de millions de Zouhair, qui ne savent même pas que pour bien moins que ce qu'ils font et disent, ailleurs on meurt en prison. Tout ceci fait que tellement de personnes peuvent s'identifier en Zouhair : "ça pourrait être moi". On aurait envie pour exorciser la peur de se dire que Zouhair ne mourra jamais, il sera toujours en chacun de nous, de vous. Non, non, si Zouhair Yahyaoui meurt, ce sera bien un être unique qui va mourir, et avec lui une partie de tous ceux qui se sont identifiés à lui. Si Zouhair meurt, ce sera un homme en chair et en os que Ben Ali aura assassiné, et avec ça un bout de l'espoir de milliers de personnes. Je ne crois pas que le désespoir enlève de la force aux gens, je pense même le contraire. Le désespoir incite à agir, à faire, plus on ferme des portes autour des gens, mieux ils seront disposés à les enfoncer. Si Zouhair meurt, ce sera certes un meurtre à ajouter au macabre registre de l'ignominieuse dictature. Mais nous préférons un Zouhair vivant sous la dictature, qu'un Zouhair héros et martyre qui par sa mort accélèrerait la chute de l'innommable régime. Il paraît que le petit dictateur rancunier et acariâtre a décidé de le tuer, mais qu'il sache que l'exécution d'un opposant n'étouffera ni les voix de l'opposition, ni celles des courageux militants à l'intérieur du pays qui maintiennent la flamme du combat allumée contre vents et marées. Lassaâd Jouhri, un vrai martyr-vivant, agressé récemment par les SS du dictateur de Carthage continuera malgré tout son combat pour la dignité, dût-il le faire sur une chaise roulante. Son handicap, causé par les tortures qu'il avait subies dans les sinistres locaux de l'Intérieur, est en lui-même un acte d'accusation on ne peut plus accablant contre le Voyou Suprême et sa machine de répression. Le régime est incapable de freiner la dynamique créée par Zouhair en créant TUNeZINE. Qu'ils le tuent ou le gardent en vie, ils sont dans les deux cas perdants. Nous savons que le régime, depuis qu'il avait refusé en dernière minute la grâce prévue le 25 juillet, voulait encore une fois utiliser la vie de Zouhair comme moyen de chantage. Le message est clair et univoque : vous avez à choisir entre la vie de votre ami et celle de son site. Certains se sont facilement prêtés au jeu macabre du régime. Ils disaient, et disent encore aujourd'hui : « Fermez TUNeZINE pour sauver Zouhair ! ». Tuer TUNeZINE pour que Zouhair ne soit pas tué ? Ceux qui sont séduits par ce compromis oublient deux choses : 1- Le régime tunisien n'a jamais demandé à négocier un « deal » avec l'équipe de TUNeZINE. Pour lui, ce site n'existe pas. 2- Ce même régime ne pardonne jamais ce qu'il considère comme des crimes de lèse-majesté. Ceux qui vivent en dehors des murailles de cette grande prison qu'est devenue la Tunisie doivent être la voix de ces Tunisien(ne)s, jeunes et moins jeunes qui veulent respirer, s'exprimer, s'éclater, bref vivre... Le courage du désespoir : peu importe si c'est du courage ou juste du désespoir, il mènera à de nouvelles voix de l'expression libre. La torture de Zouhair, si on s'obstine à le garder arbitrairement dans cet étouffoir qu'on appelle prison, est une indécence supplémentaire, un scandale de plus à la boutonnière d'un régime déjà si peu crédible face à la communauté internationale. Les pitoyables tentatives de nouer des relations économiques avec les pires vautours du monde occidental ne sauveront pas la face de ce système de déconstruction des institutions et destruction d'un pays entier. Zouhair Yahyaoui est connu, aujourd'hui, par la communauté internationale, et avec lui la situation des prisonniers politiques en Tunisie, et l'état de délabrement de ce pays qui se voile d'un progrès peint en trompe-l'il sur une façade lézardée. Il y a certes ceux que les intérêts personnels incitent à s'aveugler, de plus en plus isolés politiquement, de moins en moins libres dans leurs profits. Les voix s'élèvent, et de plus en plus de gens refusent d'accepter un silence opportuniste. Les réactions s'étoffent, leur nombre s'accroît. La situation de Zouhair ne marquera pas l'arrêt de ce mouvement, il va l'accélérer. L'"état de grâce" du profit économique sauvage ne trompe pas : c'est le début de sa fin. Ce régime croit tirer de la force nouvelle de ses relations opportunistes. Il apprendra bientôt que l'ingérence, que l'avancée de comportements arbitraires sur d'autres territoires que ceux qu'il contrôle par la terreur ne peuvent être acceptées, et ne le seront pas. Il apprendra l'erreur d'engager des batailles sur des terrains qu'il ne peut pas manipuler. D'autres voix encore s'élèveront. D'autres refus. Zouhair Yahyaoui en est aujourd'hui le drapeau, il n'est pas seulement un homme dont on veut se venger personnellement. Il apprendra que le territoire qu'il pense contrôler lui échappe, car la terreur laisse un espace toujours grandissant avec elle pour la révolte. La terreur est insupportable, quand on la vit on ne désire que d'y échapper enfin. Ce n'est pas Zouhair, ni l'opposition, ni les centaines de prisonniers politiques malmenés quotidiennement qui sont responsables du fait que partout dans le monde, n'importe qui sait aujourd'hui que le régime tunisien est une dictature. N'importe qui : l'homme de la rue, n'importe lequel, le sait aujourd'hui. Ce sont les agissements mêmes de ce régime, de son dictateur, de ses conseillers qui le laissent porter la responsabilité pleine de leurs pillages, de toute cette cour des miracles qui tient le pays sous la coupe d'une police politique créé avec la seule compétence que Ben Ali possède : celle de transformer des personnes en tortionnaires, des gens qui ont perdu tout espoir dont le seul espoir d'existence sociale est d'infliger des souffrances atroces à d'autre êtres humains comme eux. | ||
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Omar Khayyâm, Angelica |
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9 septembre 2003
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Le Journal de la République de Demain est pour demain
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Journal du Dimanche | ||
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Ce 31 Août n'est pas seulement le dernier dimanche avant la rentrée ; c'est aussi le dernier jour de vacances. Je dois regagner avec ma famille Tunis, j'ai vu ma femme se préparer depuis quelques jours sans vraiment croire avec cette canicule qui n'en finit pas que je vais bientôt me retrouver en appartement en plein centre ville. Mi endormi mi-réveillé je lui ai rappelé de ne pas oublier de m'apporter un journal quand elle m'a annoncé qu'elle allait faire ses courses de la journée. L'atmosphère lourde et suffocante de chaleur m'a réveillé immédiatement après, du balcon le ciel est brumeux et la mer à l'horizon calme comme une glace que rien ne perturbait est pratiquement déserte contrairement à l'accoutumée. Tout donne l'impression que l'automne s'est bien installé et que le village est restitué à ses habitants après le départ des plaisanciers. A peine ai-je pris mon café et le tour des informations à la télévision que ma femme est déjà rentrée
Je me précipite pour le chercher mais il n'est plus là, ma fille l'a déjà pris, me voyant approcher elle l'a immédiatement lâché se contentant de feuilleter le supplément consacré aux programmes de TV de la semaine. Déçu, je n'ai pas pu m'empêcher de m'exclamer : " Pourquoi tu m'as apporté celui-là c'est un journal d'annonces et de publicité ? !" Je me rappelle qu'hier je lui ai fait la même observation alors qu'elle m'avait apporté deux autres titres différents, en réalité aucun titre ne m'aurait contenté. Le journal que je cherche n'a pas encore vu le jour. Pourtant par habitude, je continue à acheter des journaux qui s'empilent sur mon bureau sans qu'ils n'aient jamais servi comme outil d'information. 42 pages grand format avec un supplément de 50 page A4 le tout pour 0,350 dinars. Mon quotidien a tout l'air d'un journal important comme il se fait dans tous les pays du monde aujourd'hui.
En première information à gauche de la première page c'est la campagne des présidentielle dans 15 mois qui est lancée avec la photo du président candidat souriant et un titre en gras : " Les scouts tunisiens fiers de la candidature de Ben Ali". L'article est inconsistant et se contente juste de rapporter le contenu d'un télégramme des scouts en congrès au chef de l'état. Juste après sur la même largeur, on trouve l'annonce de deux titres des pages intérieures : "Le conseil municipal de Tunis se félicite des décisions présidentielles" et "Monastir reconnaissante au chef de l'état" et il s'agit dans les deux cas de télégrammes du même genre que le premier et juste après l'éditorial du journal consacré au premier sujet. Le sujet central de première page et consacré à l'attentat du Najef sous le titre : "El-Kaida montrée du doigt" en police de 50 au moins et en gras alors qu'il ne s'agit que de l'intégralité d'une dépêche de l'AP. Le seul article signé de première page porte sur les prévisions météo d'une nette amélioration en vue que le caricaturiste du même journal avait tourné en risée juste dans le journal de dimanche dernier en commentant qu'à ce rythme de prévision de rafraîchissement la Tunisie doit être glacée maintenant. En réalité mon journal ne va pas me décevoir à ce point il reste la colonne de droite du haut de la première page où un dossier fracassant est annoncé avec trois titres en gras d'affilée.
Seulement au bout du dernier titre il est indiqué discrètement entre guillemets (lire nos pages sport dans notre supplément). Quelle déception ! ! ! Vous voyez pourquoi on n'a pas besoin de dépasser la première page et que toute cette encre ne vaut pas son prix. Pour vous apporter une preuve de plus je vous renvois aux prévision météo de la page 22 où il est annoncé des maxima de 34 à 45 ° pour aujourd'hui et des température stationnaires pour demain. Même sur l'appréciation du temps il ne peuvent plus être cohérents. J'avais au cur pour mon pays un autre journal que celui-ci. Un journal vivant qui parle des événements, de ce qui se passe, de ce que nous voulons et de ce que nous dénonçons. Ce journal, ma femme ne pourra jamais me le trouver si nos journalistes ne se rende pas compte qu'ils doivent commencer à le rédiger mais peuvent-ils vraiment le faire tant qu'ils n'aurons pas compris qu'on peut devenir un journaliste aussi important et influent que tous les postes de soumission qu'ils cherchent à briguer par leur zèle dans la déformation de la réalité et la trahison du code d'honneur de leur métier en le percevant en simple fonction rémunérée. | ||
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Mokhtar Yahyaoui |
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31 août 2003
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Subsister - Exister - Résister !
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De la nécessité d'une approche de résistance civile - A propos de l'Affaire Ferid Khaddouma - | ||
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Mr Ferid Khaddouma militant et romancier comparaîtra ce jeudi 28 Août 2003 devant la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Gafsa pour répondre des délits de diffamation et d'insulte. La comparution de Férid fait suite aux événements qu'avait connu la cité Hached Ksar Gafsa, le matin du 21 Août dernier lorsque les autorités locales ont décidé la démolition d'une construction en exécution d'une décision municipale jugée injuste et illégale. Pour protester contre cette mesure arbitraire, Ferid Khaddouma a « osé » mettre à l'entrée de la construction à démolir deux banderoles adressées au président de la municipalité, dans la première il est écrit « La démolition est une politique de Sharon à Gaza - Palestine » et la seconde disait « Non à la politique de la démolition ». Chose dans laquelle les autorités ont vu une insulte et une diffamation. Mr Ferid fut arrêté le jour même par la police locale qui a falsifié à son insu un procès verbal non signé par lui. Le ministère public a pris la relève et a ordonné sa comparution. Mr Ferid Khaddouma qui a passé plus que huit ans dans les prisons de la dictature, n'a pas cessé depuis sa libération en 1999 de militer pour l'exercice effectif de ses droits de citoyenneté. Les banderoles qu'il a attaché sur les murs du bâtiment à démolir en signe de protestation, si elles ne contiennent légalement aucune infraction à la loi en vigueur, elles témoignent d'une initiative de résistance civile à l'arbitraire que Mr Ferid Khaddouma en tant qu'écrivain et intellectuel n'a cessé de prêcher dans ses écrits, notamment dans son roman « Terchiche le Boiteux ». Il a par son geste , réalisé la symbiose entre le slogan théorique et la pratique concréte, laquelle symbiose est indispensable pour vaincre la peur, pour exercer effectivement les droits de citoyenneté.
Je crois que c'est là un sujet qu'il est temps de débattre. Le tunisien n'est pas aujourd'hui en panne de théorie. Son expérience sous Bourguiba et surtout sous Ben Ali lui a permis de connaître suffisamment les retombées désastreuses de la négation des droits, de la terreur, de l'injustice et de l'arbitraire sur l'ensemble du pays et sur son avenir. Le Tunisien moyen, ce dont il a réellement besoin en urgence, c'est de prendre conscience de la nécessité de lutter au quotidien pour se défendre, pour faire face aux agressions quotidiennes qu'il subit. En substance le tunisien a hautement besoin d'apprendre à résister civilement individuellement et/ou collectivement aux moindres injustices qu'il encaisse partout et à chaque moment dans sa vie de tous les jours : dans la rue, à l'école, au travail, par la municipalité, la police de circulation, l'administration, etc ... C'est là une tâche brûlante qu'en dépit de son importance vitale, notre peuple n'a malheureusement pas encore entamée. Car si une telle résistance civile aux injustices diverses n'a pas été effectivement excercée par nous tous individuellement et/ou collectivement ,aucune libération ne serait prévisible même à long terme. Certes, un demi-siècle environ de dictature depuis 1956 est arrivé à faire ériger la peur et l'extrême prudence en mode de comportement tendant à se prémunir contre la répression, mais il est certain aujourd'hui que la peur elle-même est devenue inopérante et inefficace puisque imprudent ou peureux, le tunisien n'échappe plus à la machine oppressive d'une dictature devenue conquérante et omniprésente partout dans tous les aspects de sa vie quotidienne . Vaincre la peur donc c'est là le sens profond du geste de Ferid Khaddouma qui, par un acte civique élementaire a osé dire non à une décision municipale injuste. A ce titre Férid a le mérite en tant qu'intellectuel, de marier théorie et pratique. Quant à moi je me permets en son nom d'interpeller les militants et combattants de la dictature d'ouvrir un débat sérieux sur les approches, les modalités, les voies et moyens de la résistance civile de nos compatriotes, non seulement sur le plan politique mais surtout et en premier lieu, la résistance aux différentes injustices vécues au quotidien par le citoyen tunisien individuellement ou pris collectivement . Un tel débat, je pense, pourrait nous être d'un grand secours, il pourait contribuer, s'il s'attache aux aspects concrets de la vie quotienne du citoyen, à dégager des formes de résistance accessibles sans grand risque à tous nos compatriotes et dont l'accumulation permettra, à coup sûr de mettre sur pied tout un système détaillé de défense citoyenne non seulement paralléle au système répressif et mafieux de la dictature mais entant que préalable pour l'abolition définitive de ce dernier. | ||
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Abdelwaheb Maatar |
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27 août 2003
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Un soutien vaut mieux que deux "tu l'auras" !
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Soutenons-les A tous ceux qui partagent avec moi l'appartenance à cette terre qu'est la Tunisie. Je voudrais leur dire ce qui suit... | ||
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Le fait d'accompagner mes amis Mokhtar Yahyaoui, Abderraouf Ayadi et Abdelwahab Maatar pour rendre visite à Monsieur A. Zouari et à d'autres compatriotes de Zarzis était pour moi un enchantement, mêlé d'honneur , l'honneur de pouvoir rencontrer des tunisiens et des tunisiennes, dignes et libres. Ce sentiment d'enchantement, mêlé d'honneur, était de la même ampleur lorsque j'allais rendre visite de soutien à Radhia Nasraoui, Taoufik ben brick, Hamma el Hammami, Saleh Hamzaoui , Bejaoui, Smiri, Sihem ben sédrine, Amroussia, Abid, Neffati, même Moaada, et beaucoup d'autres damnés de la Tunisie. Les damnés survivants d'une horde de prétendus tunisiens ; des prétendus qui, au fait n'aspirent qu'à une chose, c'est pouvoir faire saigner au propre comme au figuré leurs compatriotes et devenir une malédiction pour les tunisiens et tunisiennes. Ces damnés d'un régime sans foi ni loi , n'ont nullement été pour moi des saints, non plus des créatures parfaites. Ce sont des tunisiens comme tous les autres tunisiens avec leurs défauts et leurs qualités et que, dans des conditions de vie citoyenne normale et démocratique je pourrai comme feraient peut-être d'autres compatriotes, ne pas les soutenir, ne pas les choisir pour me représenter. Mais faisant un constat aussi simple que primaire que devant un tel régime, une telle illustration parfaite et achevée d'une vraie dictature des temps modernes, prête à tous sacrifier pour ne pas disparaître, pouvant mobiliser tous les moyens publics, privés, humains, financiers , les moyens d'une économie de plus en plus dépendante, fragile et surendettée pour en première stratégie asservir les hommes et les femmes de ce pays par leurs propres compatriotes quitte par la suite à les asservir par des hommes et des femmes venus d'ailleurs. Faisant le constat qu'un tel régime avait longtemps montré ses limites, ses dispositions à se reconcilier avec le peuple, à pacifier entre elles les composantes de la nation : les administrations, les institutions, les organisations, les partis, les familles, les individus. Faisant le constat qu'un tel régime ne peut et ne pourrait être économiquement efficace et viable et qu'il n'a à proposer à la tunisie qu'une « politique économique des erreurs » version Bourguiba et une « mauvaise gouvernance » version, Ben ali. Car , tout simplement, les hommes et les femmes qui l'ont composé et qui continuent à le composer sont choisis pour leur médiocriété, leur incompétence, leur manque de scrupules et de moralités d'une part et pour leur désintêret total à édifier une rél développement de l'économie tunisienne d'autre part. Faisant enfin le constat que le régime qui s'est imposé aux tunisiens et aux tunisiennes est par sa nature un systéme égocentique à structure pyramidale , cohérent, homogène, cybernétique et totalisant, point disposé à faire des concessions, à gérer les consensus et les compromis, à accepter les différences et les esprits autonomes, à composer avec les autres pour un intérêt particulier ou collectif pouvant mettre en danger le système et par voie de conséquence l'intérêt particulier ou collectif du dictateur. En faisant cet ensemble non exhautif de constats que bien d'autres penseurs libres parmi mes compatriotes tunisiens l'ont déjà fait sur des différents supports, je me suis mis à l'évidence qu'en tant que tunisien, j'ai le devoir de soutenir des hommes et des femmes qui sacrifient leurs carrières, leurs vies de famille, leurs libertés. Des hommes et des femmes qui, paradoxalement, possèdent tant d'atouts pour vivre « imbécilement » heureux, et qui ,malgrè tout, continuent de survivre sans se « prostituer » et sans courber l'échine. Des hommes et des femmes qui souffrent car ils pensent, à tort ou à raison, autrement que l'omniscient, le détenteur éternel de la vérité absolue et du secret du bonheur des tunisiens et tunisiennes. Des hommes et des femmes qui subissent tous les châtiments qu'excelle à concocter sans modération et sans limite la police, la justice , la douane, et l'administration , non pour des crimes et délits qui empoisonnent de plus en plus le quotidien des tunisiens et des tunisiennes, mais pour leurs opinions qu'elles soient de gauche, de droite, du centre, qu'elles soient laïques ou confessionnelles. Que j'ai le devoir de les soutenir sans préjugés et sans procès d'intention ;car je suis convaincu qu'il n'y a pas pire sentence que celle des Urnes et de la Justice. Que le bon sens, la raison m'interdisent ainsi de sanctionner politiquement ex ante des hommes et des femmes qui n'ont jamais été responsables d'actes ou d'affaires publiques et qu'il revient par ailleurs aux juges, et non à ma personne, de sanctionner les délits de droit commun, si délits existent. Que j'ai le devoir de les soutenir sans faire de différence car la dictature n'en fait pas et n'en ferait jamais la différence, et que par essence, une dictature pour survivre doit faire du vide, elle doit écraser tout, avec un agenda préalablement déterminé. Elle s'attaque en priorité aux vulnérables et aux laissés pour comptes pour se retourner tôt ou tard contre tous les autres même les siens et ses alliés inconditionnels ou de circonstance d'aujourd'hui. Ainsi à tous ceux qui partagent avec moi l'appartenance à cette terre, et qui n'ont pas le choix d'aller vivre ailleurs, à tous ceux qui veulent vivre librement chez-eux, s'exprimer librement, se déplacer librement, pouvoir choisir librement les hommes et les femmes pour les représenter et défendre leurs intérêts, à tous ceux qui veulent contribuer librement à édifier un grand pays pour eux-mêmes et pour les générations futures, je demande à tous ceux-là de soutenir ces hommes et ces femmes, ces paria, ces épouvantails de la dictature. | ||
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Fathi Jerbi |
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27 août 2003
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Droit de cité
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La cité des poules mouillées مدينة الدجاج | ||
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المختار اليحياوي ,
Decepticus |
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27 août 2003
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Cyberfolie
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Les fous du Cyber-Village | ||
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Pourquoi la Police de la Pensée est-elle paniquée ? Les filtres de la Cyber-Police sont-ils bouchés ou quoi ? Le petit dictateur de Carthage, ce président qui "aime pianoter sur son ordinateur", est apparemment tombé dans son propre piège. Internet, le Réseau des réseaux, est en train de miner le pouvoir du Parrain des... réseaux mafieux de Tunis. Ironie du destin, la Toile qui a fait la fortune de la fille, Syrine, va probablement causer la ruine du père, Zine. Ils veulent propager, inculquer, intérioriser la peur, car ils savent qu'ils sont en train d'être débordés. La Toile est devenue pratiquement le seul espace de liberté pour les centaines de milliers de jeunes. Faute de pouvoir "brûler" hors des frontières, la jeunesse tunisienne a "émigré" vers la Toile. Au lieu d'intimider les internautes, la censure aiguise encore leur curiosité et les incite à relever le défi et sauter les barrières érigées par la police d'Internet. Des mesures ridicules telles que la "fermeture" de Yahoo ou de Hotmail rendent notre pays cyber-célèbre dans les quatre coins de notre petite planète câblée. Nous sommes, en quelque sorte, devenus les fous du Cyber-Village ! Ces vaines tentatives de "cacher le soleil par une passoire" (proverbe tunisien), entrent dans le cadre du " combat perdu du président Ben Ali" [1] . Trop tard pour la dictature de cacher son "brûlant secret". Le roi est nu depuis au moins quatre ans. "En maintenant ce style de riposte à l'heure d'Internet et des télévisions satellitaires, le palais de Carthage se bat contre des moulins à vent." [2] [1] Florence Beaugé : Le combat perdu du président Ben Ali ; Le Monde du 21juillet2001 . (http://membres.lycos.fr/polprisoners/articles.htm) [2] Op.cit. | ||
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Omar Khayyâm |
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26 août 2003
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Récit piquant
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Kanfoud au Palais | ||
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mercredi 6 août 2003, 19 h 20 TUNeZINE News Agency (TNA) - Exclusif Des écologistes se sont dernièrement intéressés à la vie des hérissons. Ils ont sélectionné un échantillon de différents hérissons pour les étudier en laboratoire ainsi que dans la nature. La coutume veut qu'on labellise les animaux avec des étiquettes afin de pouvoir suivre leur périple et leur vie. Mais avec les technologies modernes et pour un meilleur résultat, les chercheurs arrivent à équiper les animaux étudiés avec des systèmes d'observations sophistiqués et très discrets ; micros et caméras en fibres qui n'encombrent pas et ne "dénaturent" pas l'animal observé. Et voilà qu'en suivant les errements d'un hérisson des bois de Carthage bâptisé Kanfoud, un chercheur suisse, le Dr Amnestild, fit une découverte stupéfiante. Il a envoyé une copie de son rapport avec une cassette des enregistrements observés à TUNeZINE News Agency, que nous vous faisons découvrir : Kanfoud cherche du kaNfouCH (son aliment principal et préféré) sur les collines carthaginoises, il s'arrête, il regarde au loin. On voit une sorte de grand bunker au bord de la mer, on voit aussi dans l'eau des éléments artificiels qui font penser à un système de défense. Le bunker a l'allure d'un palais gardé. Espérant y trouver son bonheur, Kanfoud se précipite vers ce mystère. Une fois arrivé, Kanfoud escalade les bouts de murs et passe entre les barreaux des grilles. Il tombe de l'autre côté comme une pomme de terre. Il se roule pour se remettre sur ses pattes et continue à marcher. Avec quelques zooms, on arrive à distinguer dans la scène quelques éléments qui ressemblent étrangement à des caméras de surveillance. Kanfoud continue sa percée dans le jardin. Après quelques pas, on entend des bruits bizarres : "khech khech chhekh kheech" puis tout s'interrompt. Quelques secondes après on entend le même son que le Dr Amnistild ne comprend pas, il écrit dans son rapport que c'est peut-être un langage d'une espèce inconnue qui ne vit que dans ce bunker, cela le mène à la conclusion qu'un microcosme spécifique s'est développé dans ce territoire isolé et fermé. Voici les sons : "hna batata..hawel" "hna slata..hawel" "hala adiya..hawel" "allouch 1 ila bordgana3 , andek marlboro ? ..hawel" En tout cas ce ne doit pas être un langage compris par l'espèce des Kanfoud car ce dernier continue son évolution indifféremment. Mais soudain on arrive à distinguer dans le champ de vision des êtres d'une forme humanoïde barraquée, ils portent des carapaces semblables à des costards noirs. Le recoupement du son stéréo et de la reconstitution3 D de l'image prouve que ce sont les sources des sons déjà évoqués.
L'étude révèle aussi que cette espèce est régie par un chef. Le chef, légèrement différencié, se caractérise par des poils très sombres sur la tête, qui sont mouillés en permanence par un liquide visqueux qui semble se dégager par l'épiderme. La variante du chef est dénommée "zaba". Autre fait marquant chez zaba, il ne sort jamais. Alors que les autres zabalites vont se promener et profiter de l'extérieur, lui il ne quitte jamais l'épave. Le Dr Amnestild s'est particulièrement penché sur l'étude de zaba. Le zaba actuel est pâle et fatigué. Il est zaba des zabalites depuis longtemps. Il laisse trahir des signes d'exténuation et de maladie. Autre élément à souligner, zaba est excité, nerveux, inquiet. Le Dr Amnestild explique que comme dans tout règne animal, les zabalites cherchent à évoluer en zaba, surtout quand le zaba a trop duré et qu'il s'affaiblit, et l'agitation observée chez les zabalites du bunker laisse croire que la fin du zaba actuel est proche. "On ne peut rien affirmer, on ne connaît pas vraiment cette espèce. Mais avec les éléments que nous avons, nous espérons pouvoir analyser plus finement son comportement" déclare le chercheur. "La société des zabalites est tellement fascinante !" affirme avec enthousiasme le Dr Amnestild. Par ailleurs, la TBC (TUNeZINE Broadcasting Channel) a annoncé qu'elle diffusera prochainemant un documentaire inédit sur zaba et les zabalites. | ||
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Walid [eFighter] |
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6 août 2003
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Zaba la zabeille
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Précision de la CIA Commentaire à la dépêche de Walid | ||
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Très intéressant ta dépêche de l'agence TNA, j'attends avec impatience le reportage... Du coup, j'ai parcouru quelques revues scientifiques spécialisées et j'ai quelques précisions à apporter. Ce sont des études récemment publiées dans la fameuse revue scientifique britannique "Nature" et dans le non moins fameux "American Journal for Third World Studies and Control" Une équipe de chercheurs du C.I.A. (qui comme chacun sait est le "Center on Insects Artifacts" ; ils ont de très gros moyens, des équipes partout et un système de monitoring appelé "Big Brother" qui permet parait-il d'entendre tout ce que les insectes disent et même ce qu'ils font ; à côté ton Kanfoud-Caméra peut aller se cacher ...) a montré une très grande ressemblance, dans l'organisation sociale entre l'espèce Zabalite dont tu as parlé et les Abeilles. Comme les abeilles, les Zabalites vivent dans une ruche qui est d'ailleurs fort belle (vue sur mer ou sur belles montagnes, magnifique désert etc...) ; comme les abeilles ils ont aussi une Reine (la Reine des Zabeilles) à qui tout est permis et pour laquelle ils ont une adulation presque divine. Comme ton Dr Amnestild, Tom Hanks dans "Nature" et Jeremy Irons de la CIA sont d'accords pour classer l'espèce en plusieurs variantes :
T. Hanks dans "Nature" note une autre différence avec les abeilles : il y aurait parmi cette population une sous-variante (qu'il a nommé Kawadii) et qui serait chargée à l'aide de danses secrètes de renseigner le Maître sur le comportement de ses ouvrières. J. Irons de la CIA n'est pas d'accord avec cette opinion et classe cette sous-variante parmi les Boulissii... Je dois t'avouer que je n'ai pas d'avis n'ayant pas en main les éléments scientifiques. Si tu ne t'es pas endormi à la lecture de tout ça, je continue mon cher Walid ... Ah oui, il parait que parmi ces ouvrières de base, certaines (qui doivent certainement avoir mauvais esprit) vont chercher ailleurs, dans d'autres rûches, espèrant un Miel plus doux ; l'étude a recensé de nombreux cas de Z. Tunisiensis qui se seraient noyées dans les fleuves avant de rejoindre d'autres ruches ou qui ont été violemment stoppées par des bourdons (espèces , Berlusconiss, Sarkosiis etc ..). C'était triste mais personne ne les a pleurées car la Reine des Zabeilles avait d'autres "chats" à fouetter : il semble selon l'étude de la CIA que des sujets de base se soient ouvertement révoltés mais simplement pour réclamer un peu plus de Miel et surtout la possibilité d'exprimer les doléances de leur dure vie à la Reine sans passer par sa cour. Car ce qui est aussi intéressant, il y a autour de la Reine et à d'autres moindres niveaux, d'autres variantes de Zabalites. Je te résume l'article pour faire court. Par exemple :
Il semble que les plus redoutés et qui font partie de l'entourage immédiat de la Reine soit la variante Mafiosii, ce sont des bourdons venimeux que J. Irons a encore classé parce qu'ils se piquent aussi entre eux .Mais mon cher Walid je ne vais pas t'ennuyer avec toutes ces classifications d'espèces qui relèvent plus de la Zoologie que de la lettre à un ami. Juste pour terminer, deux choses : Un des articles parle aussi des rites d'accouplement pour la Reine ; j'ai cru comprendre que c'était souvent le Baîser de la Mort ... Il paraît aussi que la Reine prépare ceux (celle ou celui) qui vont lui succèder en les gavant de ce qui est le nectar du Miel, la gelée royale .... Mais d'autres font la même chose ... Enfin il y a aussi dans ces articles des graphiques qui montrent qu'il y a parmi cette espèce une population appelée Oppositionnii : ils sont difficiles à reconnaître parce qu'ils tournent autour de la Reine en espérant simplement des gouttes de gelée royale ... Par contre, c'est écrit en tout petit, il y a parait-il une nouvelle variante qui est en train d'apparaître et qui n'a pas toutes les tares des autres... Cette variante a pour nom Zouhaïrii .... et elle se réfugie dans Tunezine .... Et je ne t'ai même pas parlé de l'origine évolutive de l'espèce.Il semblerait en fait que Zaba est un sous-clone de B. Bourguibiensis mais ça... c'est une autre histoire. | ||
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Osmanli |
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6 août 2003
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