Habib Bourguiba (1972) : « Il y a entre le peuple tunisien et moi 40
ans de vie passés ensemble, de souffrances subies en commun, ce qui
n'existera pas avec celui qui viendra après moi. ». Le grand dictateur
Bourguiba s'est trompé, nous nous préparons a fêter nos 14 ans de
"souffrances en commun" avec ZABA qui aura achevé son troisième mandat à
l'échéance 2004 (1989-1994, 1994-1999, 1999-2004), en 1987 il etait l'un
des plus jeunes chefs arabes et maintenant l'un des plus vieux en plus il
est retaité ( ZABA a 63 ans ) entre temps des gougeas (Le renouveau,
Assabah, Le temps du 15 juillet 2001) évoquent pour la première fois la
candidature de ZABA pour un nouveau mandat en 2004, ces articles ne
portent aucune signature et constituent selon le ministere de la justice
une action de dépit suite a notre article Tu t'es vu quand t'as
bu !!! la Constitution tunisienne prévoit un mandat de cinq ans de
souffrance en commun renouvelable deux fois, soit trois mandats en tout,
sauf complications. Le pouvoir politique continue a nier que la Tunisie
est une monarchie en soulignant que la présidence à vie est supprimée
jusqu'a nouvel ordre. Pour l'histoire ZABA est aujourd'hui en visite de
solidarité a son collégue le monarche marocain. | ||
| Source : Anarchistes associés .Tunis, jeudi 19 juillet 2001 . | ||
TV7 a choisi et comme d'habitude le moment inopportun pour nous lancer
et en prime time un nouveau mensonge : " ce soir un vrai débat
démocratique", aprés avoir perdu 3 heures de notre misérable existence,
devant la chaine trash de l'Etat-RCD financée par les pauvres
contribuables tunisiens chaque fois qu'un appareil éléctroménager est mis
en marche !!! on a tous compris que "canette" 7 ne changera jamais et n'a
aucune chance devant sa rivale Almustakillah. Tous ses programmes
finissent tot ou tard par tomber dans le ridicule et le grotesque. Cette
chaine dirigée par Le clan mafieux des gougeas, a utilisé le débat du
mardi 17 juillet 2001 pour faire avaler a un peuple dont l'élite est en
grêve de la faim, 5 pillules a la fois : | ||
| Le con-citoyen .Tunis, jeudi 19 juillet 2001 . | ||
![]() | ||
| Abou Ilyes, Hollande, mercredi 18 juillet 2001 . | ||
Pour la première fois, la télévision tunisienne a ouvert mardi soir le dossier de la démocratie en Tunisie en organisant un débat contradictoire sur ce thème considéré jusqu'alors comme un sujet tabou pour les médias tunisiens, surtout dans l'audiovisuel. Bien que n'étant pas allé tout à fait au fond des choses, ce débat a été qualifié de ''bon début'', ne serait-ce que parce qu'il a permis d'aborder divers aspects du ''processus démocratique'' tunisien. ''Pourvu que ce ne soit pas un feu de paille'', a commenté un téléspectateur anonyme. De l'état des lieux de la démocratie, des libertés et des droits de l'Homme à l'indépendance du pouvoir judiciaire, avec l'affaire du juge rebelle Mokhtar Yahyaoui qui défraie la chronique depuis plus d'une semaine, en passant par la liberté de la presse, les prisonniers d'opinion et la question de l'amnistie générale, tout y est passé de manière tantôt approfondie, tantôt superficielle. Le secrétaire général du parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), Ali Chaouch, et celui du principal parti d'opposition, le Mouvement des démocrates socialistes (MDS), Ismail Boulehia, se sont opposés sur l'appréhension du processus démocratique. Pour l'opposant, la démocratie ''trébuche'' aujourd'hui en Tunisie. ''Il est impérieux de se pencher sur les causes pour y remédier'', soutient M. Boulehia. ''Je ne partage pas cette opinion'', a rétorqué le responsable du puissant RCD. ''L'édifice démocratique en Tunisie évolue avec assurance, par étapes et selon une démarche progressive'', a fait valoir M. Chaouch en énumérant une longue liste des mesures prises dans ce sens depuis l'accession du président Ben Ali au pouvoir en 1987. Pour le numéro un du MDS, ''nous avons besoin d'un nouveau souffle, d'une nouvelle dynamique qui réponde aux aspirations des nouvelles générations. La Tunisie mérite aujourd'hui un système à la mesure des attentes du peuple tunisien.'' Autre point de divergence, la question de l'amnistie générale a partagé les participants sur le plateau, dont un journaliste, un professeur de droit et un représentant de la ''société civile'', mais aussi les téléspectateurs intervenus dans le débat. Tandis que M. Boulehia, soutenu par de nombreuses voix, se prononçait en faveur d'une telle mesure, M. Chaouch s'y déclarait complètement opposé. ''Il n'est pas question que des gens qui se sont rendu coupables d'agressions au vitriol et d'autres actes répréhensibles soient amnistiés'', a-t-il plaidé. En fait, cette initiative constitue une parade à ''l'effet Al Moustaquilla'', la chaîne de télévision arabe émettant à partir de Londres et dirigée par Hachémi Hamdi qui, dans un récent appel téléphonique à l'Associated Press, affirmait avoir rompu depuis mai 1992 avec le mouvement islamiste tunisien Ennahdha (interdit), dont il était l'un des dirigeants. Cette chaine, très suivie en Tunisie, est devenue une plateforme pour les plus farouches opposants au régime tunisien, qui se sont relayés ces derniers mois sur son plateau, provoquant au passage les affaires Mohamed Mouada, réincarcéré le 19 juin alors qu'il était en liberté conditionnelle, puis celle de Sihem Ben Sédrine, arrêtée le 26 juin à son retour à Tunis et inculpée pour diffamation d'un magistrat, et la reprise du procès en appel de Moncef Marzouki, condamné en première instance à un an de prison. | ||
| Source : Bouazza Ben Bouazza AP.Tunis, mercredi 18 juillet 2001 . | ||
![]() | ||
| REUTERS Tunis, mercredi 18 juillet 2001 . | ||
|
contacts en Suisse | ||
| AVTT Abdel Wahab HANI.Le mercredi 18 juillet 2001 . | ||
Derrière ses vingt-sept ans, son beau visage qu'éclaire un sourire
lumineux, sa fine silhouette, ses yeux noirs et sa longue chevelure brune
se cache une farouche détermination. Imen Derouiche fait partie de ces
femmes qui ont marqué l'histoire du Maghreb. Imen aurait terminé ses
études d'économie à l'université de Tunis si le destin n'en avait pas
décidé autrement. Arrêtée, torturée, violée, elle a passé un an et demi en
prison à Tunis. Son crime : avoir animé et dirigé des grèves à
l'université de Tunis. Le 3 avril dernier, le Parlement européen lui a
décerné, ainsi qu'à son compagnon, Noureddine Ben Ticha, le prix Matoub
Lounès pour les jeunes qui défendent les droits de l'homme. Récit. "
Avant, explique-t-elle, quand on organisait une grève, nous étions
arrêtés, mais libérés le jour même. " " Le 20 février 1998, on a organisé
une journée de protestation contre la présence policière à l'université de
Tunis. Nous voulions étudier et vivre comme tous les étudiants à travers
le monde. On revendiquait le départ de la police universitaire et qu'il
n'y ait plus de poste de police qui contrôle les entrées et sorties à
l'université afin de ne pas être en permanence " fliqué ", sans qu'on ait
l'impression d'étudier dans une caserne. On a demandé également la
gratuité des frais d'inscriptions comme le prévoit la loi, etc. Il faut
savoir que les frais d'inscriptions sont de 300 dinars (1 500 francs),
soit l'équivalent d'un salaire de cadre. Le mouvement a été largement
suivi dans toutes les universités tunisiennes et notre manifestation a été
pacifique. Même les étudiants membres du parti au pouvoir, le RCD
(Rassemblement constitutionnel démocratique), ont marché. Le recteur a
même tenu à nous féliciter parce que tout s'est passé sans incident ",
assure-t-elle. " Après, Noureddine et d'autres étudiants ont été les
premiers a être arrêtés. Moi, je me suis enfuie et je me suis cachée
pendant une quinzaine de jours chez une amie, une femme ordinaire, une
handicapée, qui n'a rien à voir avec la politique. C'est chez elle que
j'ai été arrêtée. Elle aussi a été arrêtée pour m'avoir hébergée. " La
suite. " On m'a conduite une première fois à la caserne de Bouchoucha,
près du quartier du Bardo. Là, on m'a frappée. Sans plus. Puis on m'a
conduite au siège de la Sûreté de l'Etat, un bâtiment jouxtant le
ministère de la Justice. Un immeuble de trois étages où se pratique la
torture contre ceux qui osent contester l'ordre du président Ben Ali. Dans
ce centre de la Sûreté tunisienne, il y a plusieurs équipes de
tortionnaires. Chaque équipe est spécialisée dans une technique. Chacune a
son étage, raconte Imen. · la tête de ces tortionnaires, Ali Mansour,
directeur du centre de sûreté. Comment je le sais ? Quand on m'a emmené
dans son bureau, son nom est inscrit sur une écritoire posé devant lui. "
Imen poursuit : " Après, on m'a conduite face au plus ancien tortionnaire
du régime, surnommé Bokassa, de son vrai nom Abderahmane Gasmi, ancien
agent de police au commissariat de Zarzouna, dans la région de Bizerte. Il
m'a regardée et m'a dit : tes camarades ne t'ont pas avertie ? Personne ne
t'a parlé de Bokassa ? C'est un spécialiste de la technique de la
suspension au palan. Il est passé maître dans l'art de ficeler les mains
sans laisser la moindre trace. ". " Bien sûr, avant de commencer son sale
boulot, Ali Mansour m'a demandé de révéler l'endroit où se cache Hama
Hammami, dirigeant du PCOT (Parti communiste ouvrier tunisien, extrême
gauche). En contrepartie, il me laissera libre. Je lui ai répondu que je
n'en savais rien. " " Pour moi, ce fut la torture médicale. On m'a injecté
un produit de couleur bleue. La première fois, j'ai senti une bouffée de
chaleur suivie de douleurs qui se sont propagées sur tout mon corps. Je me
suis retrouvée par terre, je me griffais sur toutes les parties du corps.
C'était atroce. Dès que ça cessait, Ali Mansour m'injectait une seconde
piqûre. Il me disait : " Dis nous où se cache Hama Hammami, et on arrête.
" · un moment, je n'en pouvais plus. Je leur ai dit d'arrêter et que
j'étais prête à parler. On m'a injecté une autre piqûre qui aussitôt a
fait cesser mes douleurs. Je leur ai dis que je ne savais pas où il se
cachait, sans doute est-il chez ses parents. " " Les tortures reprennent.
J'ai perdu plusieurs fois connaissance. Je suis cardiaque. Mes
tortionnaires prennent peur. Alors que j'étais dans les vapes je les ai
entendus parler : " ça va le pouls. Il a repris ". Quelques heures après,
j'ai repris connaissance dans une salle bien équipée en matériel médical
et où exerce un médecin. Je me suis adressée à lui en le suppliant que je
n'en pouvais plus et qu'ils vont me tuer. Ce dernier me répond : " Il faut
assumer ta responsabilité ". Et s'adressant à Ali Mansour, il lui a dit :
" Son cour risque de lâcher, il faut utiliser d'autres moyens. " J'ai
compris à ce moment-là que ce médecin n'est pas là pour soigner mais pour
superviser les tortures et conseiller les tortionnaires. " Imen hésite,
réfléchit, puis lâche d'une voie calme : " Après, ils sont passés à un
autre stade. Le viol. Ils m'ont dit : " Tu ne vas pas en parler. Tu sais
bien que si tu en parles, tu seras rejetée par ta propre famille ! Rares
sont les femmes qui en parlent. C'est dur de révéler ce qu'on a subi.
C'est dur d'être à la fois leur victime et celle de la société. Il faut
que ça se sache. " " Je suis restée cinq jours entre les mains de ces
tortionnaires. " Son père le sait-il ? Imen marque un temps d'arrêt : " Il
doit le savoir. Mais que voulez-vous qu'il dise ? La seule chose qu'il m'a
dite quand il me rendait visite à la prison : maintenant, il faut penser à
étudier ". De son séjour en prison, elle garde, curieusement, un bon
souvenir. " Pourtant, j'ai été sauvagement tabassée par les " matones "
quand elles ont voulu me contraindre de changer de cellule. En prison, on
se trouve face à la réalité de la société tunisienne. J'ai appris qu'il ne
faut pas juger les gens : il y avait des femmes forcées à se prostituer.
D'autres qui ont tué leurs maris qui les avaient maltraitées. D'autres qui
ont volé ou qui se sont livrées au trafic de drogue pour nourrir leurs
familles. Ces femmes m'ont beaucoup aidée. Elles m'ont encouragée à
poursuivre mes études. Elles ont soutenu ma grève de la faim pour que
j'obtienne le droit d'étudier. De mon côté, je les aidais à écrire leur
courrier à leurs familles, au juge ou aux avocats, car elles étaient
majoritairement analphabètes. · côté, il y a des bourgeoises condamnées
pour toutes sortes de trafic, qui ne parlent qu'en français, qui sont
mieux traitées et qui se comportent avec le reste des prisonnières comme
des maîtres face à leurs valets. Ce sont des minables. " " Comme je ne
voulais pas rester à rien faire, j'ai fait une grève de la faim qui a duré
du 1er au 8 avril 1998, pour obtenir le droit d'étudier afin d'obtenir ma
licence en économie. J'ai donc arraché le droit d'étudier. Ma famille et
mes avocats m'ont rapporté des livres. Le seau me servait de siège et le
plateau de bureau. Pour moi, c'était un défi. Il fallait que moi, et mes
compagnons qui se trouvaient dans la prison pour hommes, démontrions au
pouvoir que nous n'étions pas des délinquants et que la Tunisie avait
besoin de gens diplômés. " " Fin mai 1999, je passe avec succès mes
examens et j'obtiens ma licence. Ce jour-là ce fut la fête dans la prison.
". " En mai, je suis passée en jugement. Il y a eu plusieurs sessions.
Mais quand j'ai évoqué l'agression sexuelle dont j'ai été l'objet de la
part d'Ali Mansour et ses acolytes, le juge a essayé de me faire taire au
motif que je tenais des propos immoraux. Il m'a fait expulser et a refusé
de prendre déposition de ma plainte. La seule plainte qu'il a acceptée est
celle que j'ai déposée contre les matonnes. " " J'ai été condamnée à un an
et demi de prison. En août 1999, je suis remise en liberté, mais j'étais
interdite de travail et, de plus, on m'a refusé mon inscription à
l'université de Tunis. Je suis restée une année à tourner en rond avec des
flics qui me surveillaient en permanence. Il ne me restait qu'une chose à
faire, partir étudier en France. Grâce aux ONG des droits de l'homme, j'ai
pu avoir un visa pour la France, où je suis installée depuis octobre 2000.
" " Je veux ajouter une chose : depuis que je suis en France, je ne me
sens pas en sécurité. J'ai été menacée à plusieurs reprises par des flics
tunisiens. · Grenoble, lors d'une conférence-débat, un membre de
l'ambassade m'a menacée en public, en toute impunité. " Elle conclut : "
Depuis que j'ai obtenu le prix Matoub Lounès avec Noureddine, mon
compagnon, nous essayons d'organiser un réseau euro-méditerranéen de
jeunes pour la défense des droits de l'homme. Je vais m'y mettre
sérieusement. " | ||
| Hassane Zerrouky .Source : L'humanité 14 avril 2001 . | ||