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Puisque Le monde est censuré en Tunisie voila l'article en
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Il a suffi du courage d'un juge, Mokhtar Yahyaoui, président de la 10e chambre civile au tribunal de Tunis, pour qu'un vent d'optimisme souffle à nouveau sur les milieux de l'opposition tunisienne. Non seulement un homme a fait à ses compatriotes la démonstration éclatante que "citoyenneté" n'est pas un vain mot en Tunisie, mais il a révélé l'état des fondements du régime. En dénonçant publiquement il y a quelques jours, dans une lettre ouverte au président Ben Ali, l'absence totale d'indépendance du pouvoir judiciaire en Tunisie, Mokhtar Yahyaoui a peut-être porté le coup le plus rude jamais asséné au palais de Carthage. Qu'un haut magistrat, inconnu de l'opposition et des mouvements de défense des libertés, entre en rébellion et assume ses propos sans se cacher derrière l'anonymat constitue indiscutablement un tournant. La nouvelle a d'ailleurs provoqué une telle surprise à Tunis que personne, ou presque, n'a cru à la véracité de cette information pendant plus de vingt-quatre heures. "Pourquoi donc un juge s'amuserait-il à jouer les kamikazes ?", se demandaient les uns, tandis que les autres affirmaient, catégoriques : "C'est un piège." Il se confirme pourtant que les deux outils dont s'était emparé le président Ben Ali pour consolider son système sécuritaire - la justice et l'information - sont en train de lui échapper. Car la rébellion du juge Yahyaoui - qualifié par tous ceux qui le connaissent d'homme "travailleur, intègre, irréprochable" - est le reflet d'un large malaise au sein de la magistrature tunisienne. Déjà, le 27 mai, après une longue période de léthargie, l'Association des magistrats avait publié une résolution remarquée appelant à l'indépendance du pouvoir judiciaire. Et, le 5 juillet, quelque quatre-vingts magistrats avaient fait circuler sur Internet un manifeste - non signé - dans lequel ils se disaient prêts à se battre pour rendre à la justice tunisienne son honneur et sa dignité. Attendue, la contre-attaque du pouvoir aux révélations du juge Yahyaoui a paru dérisoire : ce magistrat serait un ripou et un aigri, mû par une volonté de vengeance personnelle, si l'on en croit le communiqué publié par le ministère de la justice le 12 juillet... Mais qui le régime croit-il encore convaincre par ce genre d'affirmations ? En maintenant ce style de riposte à l'heure d'Internet et des télévisions satellitaires, le palais de Carthage se bat contre des moulins à vent. Ce n'est pas l'argent mais l'information qui constitue, de nos jours, le nerf de la guerre. Or ce combat-là, le président Ben Ali l'a déjà perdu. Que peut-il contre Al Mustaquilla, chaîne de télévision privée basée à Londres, devenue en l'espace de trois mois le lieu d'expression privilégié des opposants tunisiens ? Le succès d'Al Mustaquilla est tel, en Tunisie, qu'on peut parler de phénomène de société. Chaque dimanche à la mi-journée, les rues se vident dans le pays, à l'heure de l'émission-phare de la chaîne, "Le Grand Maghreb". "C'est à croire, chaque fois, qu'un couvre-feu est instauré", rapportent de nombreux témoins. Peu importe que le propriétaire d'Al Mustaquilla, Hachmi Hamdi, ait eu des alliances successives douteuses (l'islamisme, puis le "bénalisme", puis l'opposition). L'essentiel n'est pas là, mais les autorités tunisiennes ne l'ont toujours pas compris, de même qu'elles se refusent à admettre qu'on ne peut domestiquer les ondes comme on domestique les individus. Dans les coins les plus reculés de Tunisie, chacun a ainsi pu entendre, le 17 juin, Sihem Bensedrine, éditrice, journaliste et porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT, interdit), exposer dans le détail une affaire de corruption impliquant le beau-frère du président Ben Ali, Moncef Trabelsi. C'est parce qu'elle avait osé dénoncer le système mafieux qui prévaut en Tunisie - et non parce qu'elle s'était rendue coupable "d'outrage à magistrat et de diffusion de fausses nouvelles", comme l'indique la version officielle - que Mme Bensedrine, selon l'opposition, a été envoyée en prison à son retour de Londres. DECALAGE GRANDISSANT Combien de contestataires le régime placera-t-il sous les verrous, au motif que ces derniers se seront exprimés sur une chaîne étrangère, faute d'avoir eu accès aux médias de leur propre pays ? Combien de temps lui faudra-t-il pour comprendre que, pour chaque opposant arrêté, dix autres prendront la relève, lui infligeant des coups infiniment plus rudes ? "Cela me fait penser à l'époque du chah d'Iran, se souvient l'un d'eux. Il y avait une manifestation par semaine, de plus en plus importante, et de plus en plus durement réprimée. Eh bien, cela a continué ainsi jusqu'à ce que le chah finisse par tomber..." Toutes ces dernières années, la contestation n'a cessé de s'étendre en Tunisie, lentement mais sûrement. S'il est prématuré de parler de "printemps de Tunisie", il est indéniable que la prise de conscience générale sur le thème de "Nous méritons mieux que cela !" s'accélère. Loin de reprendre l'avantage comme il le devrait et le pourrait, le pouvoir semble en décalage grandissant avec la société civile. Fidèle à un scénario prévu et redouté de longue date par l'opposition, le président Ben Ali vient de lancer l'idée d'un quatrième mandat en 2004. Il faut donc s'attendre à l'annonce prochaine d'une révision de la Constitution, celle-ci ne permettant pas aujourd'hui à M. Ben Ali de postuler une nouvelle fois à la présidence de la République. L'ironie de la situation tient au fait que c'est M. Ben Ali lui-même qui avait introduit en 1987, juste après son arrivée au pouvoir, un article limitant à trois le nombre de mandats du chef de l'Etat, pour une durée de cinq ans chacun. Presque quatre mois après l'annonce solennelle d'un tournant en matière de libertés et d'information, rien ne paraît devoir changer en Tunisie. En censurant l'édition du Monde du 6 avril dans laquelle le nouveau titulaire du portefeuille des droits de l'homme et de la communication, Slaheddine Mâaoui, prenait cet engagement, le palais de Carthage discréditait d'entrée de jeu son ministre et son action. Quelle que soit la volonté de M. Mâaoui, l'intéressé ne pourra lutter contre le refus obstiné du pouvoir de procéder à des changements de fond. Et pourtant, il y aurait urgence pour le régime à accomplir bien autre chose que des "ouvertures en trompe-l'il", comme les qualifie l'ancien député exilé en France, Khemmais Chammari. Le bateau prend l'eau de toutes parts et les rats commencent à fuir le navire. Même les partis alibis de l'opposition légale lâchent le commandant et se rapprochent de l'opposition non reconnue. D'un bout à l'autre de l'échiquier politique, les démocrates s'entendent pour réclamer deux choses : une amnistie générale et le départ du président Ben Ali en 2004, précédé d'une transition pacifique. Fait inédit : le secrétaire général de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT, centrale syndicale unique), Abdessalem Jrad, s'est démarqué du pouvoir et a annoncé à son tour, le 15 juillet, qu'il s'associait à la demande d'une amnistie générale. L'autisme du palais de Carthage et la discrète mais réelle connivence de l'Union européenne avec le régime seront-ils longtemps la seule réponse ? | |||
| Florence Beaugé LE MONDE. Paris, samedi le 21 juillet2001 . | |||
Il faut faire très attention au terme mounadhilin "Militants", il est employé par un parti très connu en Tunisie, c'est un autre signe que les choses ne sont plus les mêmes. La Tunisie des valeurs est entrain de faire surface. | |||
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Envoyer vos messages de solidarité même de façon anonyme au juge qui a dit fort ce que vous êtes entrain de chuchoter. Mokhtar Yahiaoui | |||
Le comité du Forum Tuniso- Suisse des Libertés lance un appel à tous les tunisiens pour soutenir le juge Mokhtar Yahyaoui dans son combat contre le régime dictatorial de Ben Ali, pour assurer l'indépendance du pouvoir judicaire. Soyez vigilent et ne tombez pas dans le ridicule des autorités tunisiennes, il faut se mobiliser avant qu'il arrive un malheur à Monsieur Yahyaoui. Le FTSDL dénonce l'attitude du gouvernement tunisien et demande de faire réeintégrer Mr Mokhtar Yahyaoui à son poste sans délai et sans aucune condition. Le FTSDL a demandé aux autorités fédérales Suisse d'envoyer un message au président tunisien pour qu 'il arrête les intmidations et les persuctions dont sont victimes les défenseurs des droits de l'homme en Tunisie et à l'étrangers. Chokri Yacoub Coordinateur | |||
| FTSD . ftsdl@hotmail.com . | |||
Danielle Mitterrand, présidente de la fondation France-Libertés, a rencontré samedi en Tunisie plusieurs représentants de la société civile pour discuter de la situation des droits de l'Homme dans le pays. La veuve de François Mitterrand n'a toutefois pas pu rendre visite à la journaliste et militante des droits de l'Homme Sihem Ben Sédrine, écrouée à la prison pour femmes de La Manouba, dans la proche banlieue de Tunis. Elle n'a pas pu non plus rencontrer Mohamed Mouada, ancien président du principal parti d'opposition, le Mouvement des démocrates socialistes (MDS), réincarcéré en juin dernier après l'annulation de la mesure de liberté conditionnelle dont il bénéficiait après sa condamnation en 1996 à onze ans de prison pour ''intelligence avec un pays étranger'', en l'occurrence la Libye. M. Mouada a conclu dernièrement à Londres une alliance avec Rached Ghannouchi, N1 du parti islamiste tunisien interdit ''Ennahdha''. Quant à Mme Ben Sédrine, c'est la porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT, non reconnu). Elle a été arrêtée le 26 juin dernier à son retour à Tunis à la suite d'une plainte en diffamation déposée contre elle par un magistrat qu'elle a mis en cause lors d'une émission de la chaîne arabe de télévision ''Al Moustaquilla'', basée à Londres. Les autorités tunisiennes ont affirmé à Mme Mitterrand qu'elles n'avaient pas reçu sa demande, selon une source au sein de l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD). La présidente de France-Libertés, qui devait séjourner à Tunis jusqu'à dimanche, a tenu samedi matin une réunion avec des membres du comité directeur de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH), avec lesquels elle a discuté de la situation dans ce pays et évoqué une éventuelle coopération entre les deux organisations. Danielle Mitterrand s'est également rendue au siège du CNLT, où elle a rencontré des membres de la famille Ben Sédrine et Moncef Marzouki, figure de premier plan de l'opposition tunisienne et membre fondateur du CNLT, ainsi que le comité de défense Sihem Ben Sédrine, issu de l'ATFD. Dans l'après-midi, Mme Mitterrand s'est entretenue à sa demande avec le juge Mokhtar Yahyaoui, qui a défrayé la chronique ces derniers jours après la publication d'une lettre ouverte adressée au président Zine El Abidine Ben Ali, dénonçant ''la situation catastrophique'' de la magistrature tunisienne. M. Yahyaoui est suspendu de ses fonctions et privé de salaire depuis le 14 juillet et doit comparaître devant le conseil de discipline notamment pour ''infraction à l'obligation de réserve et atteinte au prestige du corps de la magistrature''. La veuve du président français a aussi rencontré d'autres représentants de la société civile, dont Salah Hamzaoui, président du comité de soutien à Hamma Hammami, dirigeant du Parti ouvrier communiste tunisien (POCT, interdit), condamné à neuf ans de prison? Epoux de la militante des droits de l'Homme Radhia Nasraoui et père de trois filles, il vit dans la clandestinité depuis près de trois ans. | |||
| TUNIS (AP). Samedi 21 juillet 2001 . | |||
Samedi 21 juillet 2001 lancement officiel de la chainne satellitaire ZEITOUNATV : SATELLITE : EUTELSAT W2 , 16 DEGRE EST, en DIGITAL et en NUMERIQUE sur cette Frequence : 11013 HORIZONTAL. On souhaite bonne chance a cette nouvelle chaine et plein de malheurs a TV7.
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Maître Samir DILOU vient d'être kidnappé au poste de police de Bizerte, quelques jours à peine après sa libération au terme de dix longues années d'emprisonnement pour ses opinions politiques. Samir a été convoqué, par oral, pour ''affaire le concernant'', le jeudi 19 juillet (le jour anniversaire de la Nuit de la Volonté, 19-07-1962 à Bizerte), par des policiers du poste de Rafraf, qui se sont présentés au domicile de ses parents, sis au: 18, rue Arrayahine à Rafraf, du gouvernaurat de Bizerte, dans le Nord-Est du pays, à 45 Km au nord de la capitale Tunis. Du poste de Rafraf, Samir a été transféré immédiatement à la Région de police de Bizerte, ou il se trouve depuis, et probablement pour tout le Week-end. La police a signifié, verbalement, à ses parents qu'une affaire l'attend à Sousse, à 140 Km au sud de Tunis, pour un motif fallacieux de ''règlement d'une affaire le concernant''. Ni Maître DILOU ni sa famille, ni son Avocat Maître Houcine BOUZAIANE, du Barreau de Sousse, n'ont reçu de notification officielle. Il s'agit bel et bien d'un acte de kidnapping perpétré par les agents de la force publique, en l'absence de toute justification ou procédure légale. Samir est sorti affaibli de cette dure épreuve du monde du calvaire carcéral. Selon sa famille, il serait souffrant de problèmes et douleurs rénaux, oculaires et dentaires, ainsi que de troubles du sommeil et d'amaigrissement général. Il devrait se rendre ce matin même à Tunis pour une consultation. La torture, les mauvais traitements et les traitements cruels, dégradants ou inhumains sont monnaie courante dans les prisons tunisiennes. Nombre de prisonniers ont trouvé la mort dans des conditions suspectes. Les observateurs indépendants, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, mettent en cause l'administration carcérale, dans la dégradation, voulue, des conditions de la détention, qui est utilisé pour briser les détenus et les détruire moralement et physiquement. La pratique de Kidnapping des anciens détenus politiques, à la sortie de prison, quelques heures ou quelques jours après leur sortie de prison, est une chose assez courante dans le système répressif tunisien. Les ''anciens'' détenus politiques et d'opinion accumulent les procès et donc les peines, successivement et parfois même simultanément, pour les mêmes chefs d'inculpation, devant différents tribunaux. Maître DILOU, né le 30 décembre 1966, à Rafraf, est major de la première promotion de la Faculté de Droit de Sousse, où il obtint sa maîtrise de droit en 1989 et son Diplôme des Etudes Approfondies (DEA), et ou il entama la préparation de sa thèse de Doctorat de troisième cycle en Droit Privé. Maître DILOU, détenteur du Certificat d'Aptitude à la Profession d'Avocat (CAPA) fut arrêté en 1991 avant de pouvoir exercer le métier qu'il a tant admiré. Maître DILOU fut représentant des Etudiants au Conseil scientifique de la Faculté de Droit de Sousse, membre de la section locale, du Bureau régional et du Conseil d'Administration de l'Union Générale Tunisienne des Etudiants (UGTE), avant sa dissolution par décision arbitraire du ministre de l'Intérieur de l'époque, le sinistre Abdallah KALLEL. L'AVTT: -Exige la libération immédiate et inconditionnelle de Maître DILOU, et son rétablissement dans l'intégralité de ses droits civils et politiques, de façon à lui permettre le plein exercice de ses droits et de son métier. - Exige sa prise en charge médicale par l'Etat tunisien, qui porte la responsabilité des agissements de ses services et agents, eu égard à la gravité de son état de santé, et conformément aux dispositions internationales et à la mise en cause de l'Etat tunisien dans la condamnation récente des tortionnaires exécutants, dans l'affaire dite Ali Mansouri. - Urge la Commission des Droits de l'Homme et le Haut Commissariat des Droits de l'Homme des Nations Unies, d'user de leur prérogatives pour sauver Maître DILOU et les milliers qui croupissent dans l'horreur carcérale du ''jardin secret du président Ben Ali''. - Urge la Commission Internationale des Juristes et le Rapporteur Spécial de la Commission des Droits de l'Homme sur la Protection des Magistrats et l'Indépendance de la Justice, d'intervenir pour libérer Maître DILOU et de demander l'arrêt immédiat des pratiques de kidnapping des anciens détenus, ainsi que la pratique de clonage des procès pour les mêmes chefs d'inculpation. - Demande aux associations et organisations de défense des droits de la personne, à l'Ordre des Avocats Tunisiens et à l'Association Tunisienne des Jeunes Avocats, de mettre en place un système commun de protection et de suivi, permettant le contrôle des conditions de la relaxe au terme de la période d'emprisonnement. - Demande, incessamment, aux magistrats tunisiens, de refuser de se plier aux ordres de la justice parallèle et de sauver l'honneur de leur métier. Le haut magistrat Mokhtar Yahyaoui a donné l'exemple, des centaines le font quotidiennement. C'est toute la société qui attend la justice. | |||
| Message posté par Abdou sur le forum ettounsi.Genève, samedi 21 Juillet 2001 . | |||
Je ne suis pas spécialiste de la Tunisie. Après mon voyage dans ce pays, je crois que je vais le devenir. Je suis frappé par la volonté de Ben Ali d'écraser le peuple tunisien, si hospitalier et si méditerranéen. Il n'y a aucune raison d'agir ainsi. Etrange manière d'un président à l'avenir plus que jamais incertain. Il est prisonnier d'abord de lui-même. Je lance mon projet de livre sur ce pays : "De la Tunisie en général et de Ben Ali en particulier. Tout éclairage m'intéresse". Merci. | |||
| E-mail : jk.rousseau@voila.fr . | |||