Le 8 éme art est né !!!

TUNeZINE a lancé un appel aux artistes tunisiens - TUNeZINE 13 - pour qu'ils sortent de leur mutisme, la réponse est venue très vite avec le communiqué du CNLT du 21 juillet 2001. L'étau se resserre de plus en plus autour du dictateur, ne manquez a pas votre rendez vous avec l'Histoire et n'oubliez pas que La rentrée universitaire s'approche avec sa pluie d'automne (Ghasselet ennwader) qui va balayer ce régime policier et tous ceux qui l'ont soutenu. TUNeZINE va s'adresser maintenant au clan mafieux des gougeas : Vous préparez déjà votre campagne pour un 4eme mandat et vous oubliez que vos chances pour terminer ce 3eme mandat sont a jamais compromises, nous on vous conseille de préparer vos bagages et d'aller chercher l'asile politique dans une république bananière et n'oubliez pas d'emporter vos 120000 gorilles.

CNLT Appel lancé à l'initiative du Conseil national pour les libertés en Tunisie
Contact - Paris téléphone-télécopie : 00 33 (0)1 43 40 48 59.
Extrait ... Nous, intellectuels, artistes, écrivains et éditeurs, appelons instamment les autorités tunisiennes à respecter leurs engagements pris lors de la signature des conventions et pactes internationaux relatifs à la protection des libertés collectives et individuelles ...
- Parmi les 179 signataires, ces noms ont retenu notre attention.
Cliquez sur l'image et admirez le chef d'oeuvre de ZABA
Jalila BACCAR________________Comédienne
Raja BEN AMMAR_____________Comédienne
Hechmi BEN FREJ___Ingénieur son et lumière
Mohamed CHALBI_______________Plasticien
Khaoula ELHADEF_____________Comédienne
Zeyneb FARHAT________Directrice de théatre
Ezzeddine GANNOUN_______Metteur en scène
Hichem GRIBAA__________________Ecrivain
Fadhel JAIBI_____________Metteur en scène
Teoufik JEBALI______Auteur-metteur en scène
Ali MOSBAH______________________Ecrivain
Shahrazade R'HAIEM_________Artiste-peintre
Moncef SAYEM__________________Comédien


Lundi 23 juillet 2001 .
Alerte, putsch !

Une rumeur insistante circule depuis quelques jours selon laquelle des agents du régime contacteraient différentes associations et organismes professionnels ou économiques (donc n'ayant en principe aucune vocation politique !) Pour les inciter - voire leur intimer l'ordre - d'exprimer publiquement leur désir irrépressible de voir l'actuel chef de l'Etat présenter sa candidature aux prochaines élections présidentielles et, bien entendue, de les remporter à quelques 99% des voix. Cette information, si elle s'avérait fondée (et la presse des prochaines semaines ne manquera pas de nous éclaircir sur ce point), confirmerait l'intention déjà affichée par le parti au pouvoir de condamner notre peuple à une présidence à vie renouvelable automatiquement tous les 5 ans. Dans d'autres pays, cela s'appellerait un putsch ou un coup d'Etat permanent. Un précédent illustre existe dont il est bon de se souvenir. Un autre président de la république, neveu du grand et exécrable Napoléon Bonaparte, se trouvait au milieu du siècle dernier (le XIXème, en fait) dans une situation similaire. La constitution républicaine qui lui avait permis d'accéder au sommet de l'Etat lors des élections présidentielles du 10 décembre 1848, lui interdisait, à son grand désespoir, de prétendre à un second mandat. Pris au piège d'une loi fondamentale pour laquelle il n'avait que mépris et dont l'esprit et la lettre contrecarraient ses projets dynastiques, il résolu, le 2 décembre 1851, à la veille de la date fatidique à laquelle il devait rendre son tablier, de dissoudre toutes les institutions républicaines et d'enfermer à double tour tous les opposants probables. Douze mois, plus tard, il se fera Empereur des français. Le règne de cet homme - qui ne fut pas éternel, qu'on se rassure ! - fut marqué par la répression, le népotisme et la corruption. Mais ce n'est pas en cela qu'il se distingue de notre prétendant Bonaparte à nous. Lorsqu'il fit son coup d'Etat, Napoléon III, disposait d'un large soutien populaire et, quoiqu'il eut recours à un référendum plébiscitaire comme celui qu'on nous prépare, c'est dans la rue qu'il trouvait sa légitimité. Dans le cas qui nous préoccupe, le plébiscite factice n'aura d'autre fonction que de masquer le mécontentement populaire et c'est dans la rue que Zine 1er risque de perdre la légitimité qu'il n'a pas.

Sadri Khiari. Tunis, le 22 juillet 2001 .
Moncef Marzouki



TUNeZINE s'excuse du retard . Bizerte, samedi 14 juillet 2001 .
Sihem Ben Sedrine

Selon les informations recueillies par RSF, Sihem Bensedrine n'a toujours pas été entendue par le juge d'instruction et aucune date d'interrogatoire n'a encore été fixée. Elle aurait pourtant dû être libérée le 5 juillet dernier. Mais le juge avait ordonné son maintien en détention. "La situation de Sihem ressemble à un cercle vicieux. Pour qu'elle soit libérée, il faudrait qu'il y ait de nouveaux élements apportés à son dossier. Un interrogatoire de Sihem par le juge d'instruction pourrait constituer une première avancée dans cette direction. Mais ce dernier ne fait rien pour débloquer la situation" a déclaré un des avocats de Sihem Bensedrine à RSF. La journaliste ne reçoit toujours pas de journaux ni de livres. L'administration pénitentiaire a promis que les colis expédiés par ses proches, notamment des livres et du papier, lui seront bientôt délivrés. L'administration pénitentiaire les retient actuellement pour "vérification". De même, elle pourra bientôt se procurer des journaux. Ses avocats la visitent quotidiennement. "Son moral est bon, elle sait que beaucoup de gens la soutiennent et cela la réconforte", a affirmé l'un d'eux.

Source : RSF . Vendredi 20 juillet 2001 .
Méthode « démocratique »

Les syndicalistes de la région de Kairouan ont été très étonnés de voir un certain nombre de syndicats de base de la région de SBIKHA figurer parmi la liste des cellules du RCD (parti au pouvoir) qui « appellent » le président actuel de la république a présenter sa candidature pour un quatrième mandat en 2004. Cette liste a été éditée le vendredi 20 juillet 2001 sur les pages de « EL-HOURRYA » (organe officiel du même RCD) Monsieur Ali Hamdi le secrétaire général local de l’UGTT (SBIKHA) contacté par des responsables du bureau exécutif régional (KAIROUAN) a déclaré qu’il a été « intimidé » par le délégué de la région (sa fonction est administrative !) qui l’a appelé à joindre la voix des syndicats à celle des cellules du RCD ????????? Certains secrétaires généraux des syndicats concernés ont bien confirmé qu’ils n’ont pas été consultés. (Une enquête est en cours pour cette affaire) Voilà un échantillon des méthodes « démocratiques » classiques utilisées par les autorités tunisiennes pour violer la volonté du peuple tunisien. Mais il semble que ces autorités n’ont pas encore saisi que le peuple est maintenant vacciné contre ces méthodes qui ne passent plus.

Ahmed Smiai. Kairouan, lundi 23 juillet 2001 .
La famille Dilou longuement reçue par Mme Mitterand

La famille DILOU se mobilise pour sauver Samir, qui vient d'être réincarcéré, seulement trois jours après avoir quitté la prison, au terme d'une peine de dix ans d'emprisonnement pour ses opinions politiques et ses activités syndicales. Avec l'aide et l'assistance de Omar MESTIRI, dirigeant du Conseil National pour les Libertés en Tunisie (CNLT), la maman et la sœur de Samir ont été longuement reçues cette après midi par Mme Mitterrand au siège de la Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme (LTDH), la rencontre s'est très bien déroulée. Elles ont rencontré aussi Me Mokhtar TRIFI, président de la Ligue, le Bâtonnier Me Béchir ESSID etl'avocat, défenseur des victimes de la torture et de la répression politique, Me Néjib HOSNI, ainsi que d'autres personnalités de la société civile tunisienne. Me Samir DILOU a quitté la prison de Borj-El-Amri, dans l'extrême Nord-Est du pays, le 18 juillet après avoir purgé la totalité de sa peine de dix ans. Le 20 juillet, une convocation lui a été remise à son domicile à Rafraf pour se présenter le lendemain à la Direction régionale de la Police à Bizerte. Le 21 au matin, il se présente à ladite Direction et on l'informe, verbalement, d'une inculpation dans deux affaires à Sousse. Il a été immédiatement arrêté pour être transféré à Sousse pour le lendemain, en dépit de son état de santé alarmant. Sa mère a pu le visiter le jour même avant de se rendre à Tunis pour mobiliser autour de la libération de son fils. La liberté de Maître Samir DILOU n'a pas duré plus de trois jours. Il risque sans doute au moins dix autres années, pour les mêmes chefs d'inculpation. C'est le scénario classique des procès à répétition. Décidément Ben Ali est loin de songer à l'amnistie générale. L'AVTT rend hommage à la famille DILOU, à l'action du CNLT, de l'Ordre des Avocats, de la LTDH, à Madame Mitterrand et à la solidarité de tous les militants en Tunisie et dans la diaspora, tout en demandant la plus grande vigilance pour sauver Maître DILOU et les milliers qui sont attendus à la sortie de prison pour un nouveau tour du monde carcéral pour les mêmes chefs d'inculpation. Ce procédé unique, peut-être, au monde, qui consiste à réincarcérer les prisonniers libérés dans les jours, et parfois aussi dans les heures, qui suivent leur libération, est un acte d'enlèvement perpétré par des agents de la force publique, en toute illégalité. C'est une nouvelle technique de torture. Les dégâts psychologiques sont terrifiants tant pour la victime que pour les membres de sa famille, rien n'est plus terrible qu'une rechute. Le système semble décider à administrer la mort lente, sous forme de doses carcérales successives, une façon dupe de procéder à des exécutions extrajudiciaires, en se basant sur une ''justice parallèle'' dénoncé par les magistrats tunisiens libres. Au-delà de libération immédiate et inconditionnelle, de Maître Samir DILOU et sa prise en charge médicale par l'Etat, c'est tout le système de torture qu'il faut démonter et la réforme de la justice qu'il faut amorcer.

Pour l'AVTT
Le Secrétaire Général
Abdel-Wahab HANI
+41(0)76 50 42 834

AVTT. Genève, dimanche 22 juillet 2001 .
L’écran de la honte Par Moncef GOUJAT

Le petit-fils d’OAS dont le père tirait les Algériens comme des lapins à la Casbah d’Alger au début des années soixante et l’oncle un putschiste partisan de l’Algérie française, a donc avoué en direct que son seul objectif ainsi que celui de sa bande est de s’attaquer «aux intérêts tunisiens» là où il peut. Il l’a déjà montré, en occupant et en saccageant les locaux de l’Office du tourisme tunisien à Paris, avant d’être expulsé par un arrêt du tribunal parisien. Il vient d’annoncer qu’il compte continuer dans sa stratégie visant à nuire au tourisme tunisien et donc toucher au gagne-pain d’une bonne partie des citoyens de notre pays. Il n’arrivera certainement pas à ses fins, mais cela mérite qu’on s’y intéresse de plus prêt. C’est sur les écrans de la tristement célèbre TV de l’intégriste intégral Hachemi Hamdi, financée par des fonds spéciaux en provenance d’un pays qui a créé et qui continue à diriger l’internationale intégriste née à Khartoum, il y a quelques années et qui a généré le groupe terroriste Ben Laden, que Ménard a déclaré sa guerre, non seulement au régime républicain en Tunisie mais aux intérêts de tous les Tunisiens. Jamais Ménard n’est allé manifester devant l’ambassade d’Israël à Paris, pour protester contre l’assassinat de Mohamed Al Dorra et des milliers de Palestiniens. J’accuse même Ménard de faire tant de tapage sur la Tunisie pour détourner l’attention de l’opinion publique française sur ce qui se passe en Palestine. Mais invité par le nouvel animateur intégriste de la TV de Hamdi, il a confirmé son soutien depuis dix ans à certains chefs des terroristes tunisiens, qui furent condamnés pour tentative de putsch et pour avoir préparé un plan visant à assassiner les hauts responsables de l’Etat. Eux-mêmes avaient avoué, dans leur littérature interne et externe, ces faits et Ménard continue à les présenter comme des journalistes «pacifiques» et victimes de la répression. Ce n’est plus de la connivence, c’est une alliance claire qui ne laisse plus de doute sur qui est qui ! En donnant la parole à un ennemi de notre pays pour qu’il annonce sa stratégie de sabotage de l’économie tunisienne, Hachemi Hamdi a franchi le pas qui le mène du fanatisme religieux vers la trahison. Sous couvert de liberté d’expression, on émarg e sur des fonds spéciaux d’Etats étrangers et on s’at-taque au fleuron de l’économie tunisienne : le tourisme. Cette position de Hamdi, rappelons-le, n’est pas nouvelle, déjà lorsqu’il dirigeait les phalanges intégro-fascistes au campus de Tunis, ses camarades avaient commis des attentats contre des hôtels, et des touristes étrangers avaient été victimes de leur violence. Voilà où veut nous ramener l’alliance entre l’extrême droite et l’extrême gauche en Tunisie. Mais ce qui est alarmant, c’est le silence teinté de lâcheté de ceux qui prétendent parler au nom de la société civile. Un démocrate a-t-il le droit de se taire quand un étranger s’attaque aux intérêts de son pays et le déclare solennellement ? Un démocrate n’est-il pas patriote par essence ? Si les démocrates font semblant, par lâcheté ou par tactique, d’oublier le passé, les intégristes, eux, ne l’oublieront jamais et ils figureront toujours sur les listes noires quels que soient les services qu’ils offrent à ces ennemis fondamentaux de la démocratie. Les cas de Gotb Zadeh, de Bani Sadr en Iran, du commandant Massaoud en Afghanistan, et des démocrates algériens égorgés par le GIA et le FIS, sont des exemples que personne n’a le droit d’oublier. Hachemi Hamdi n’est qu’une tête de pont du programme intégriste et les propositions qu’il fait en direct sur son écran constituent le programme minimum de la mouvance intégriste dont l’objectif politique est de manipuler et récupérer les élites laïques et s’en servir contre le projet républicain de Ben Ali. Que ceux qui se cachent derrière l’alibi démocratique pour justifier leur alliance avec l’intégrisme aient le courage d’avancer à visage découvert. Que ceux qui appellent à l’ingérence étrangère en matière de droits de l’homme se prononcent sur cette ingérence qui s’attaque à l’économie d’un pays sous prétexte de pression sur le régime, mais qui vise à orien-ter les touristes vers d’autres destinations. Il n’est pas difficile de deviner laquelle ? Pour qui roule Ménard ? Voilà une question à laquelle il faut répondre, surtout qu’il finance certainement cet «espace francophone» sur un écran qu’on peut qualifier sans hésiter d’«écran de la honte».

Source : La Presse, lundi 23-07-2001 .
Goujat, t'es nul

Tout le monde sait que ce goujat ne peut ni écrire ni même penser (chose rare) sans demander l'autorisation de ses supérieurs hiérarchiques à savoir le "monsieur 2 colonnes" Slaheddinne Mâaoui ( lisez les 2 éditoriaux différents des 2 numéros !!! De la presse parus le 7-11-1987) et l'analphabète ZABA ( il suffit d'examiner sa calligraphie lors de son manuscrit préparé avant son coup d'Etat du 6-11-1987 pour être sûr de son niveau intellectuel) et sans l'assistance pédagogique d'une équipe de correcteurs et de "journalistes" mais le résultat est toujours décevant et ressemble à un aveux sous torture plutôt qu'a un article de presse. Concernant le dernier en date intitulé "L'écran de la honte" quelques remarques s'imposent, primo RSF est une organisation qui défend les journalistes en premier lieu et quand elle défend Sihem c'est parce qu'elle est journaliste tout comme ses 2 confrères du "Fejr" emprisonnés depuis 10 ans et le directeur du "Badil" contraint à la clandestinité depuis 3 ans quant à Mohamed Ed-dorra c'est à toi goujat d'aller protester devant l'ambassade d'Israël à Tunis au lieu d'assister aux fêtes organisées par David Lévy et n'oublies pas que ton macabre journal est fondé par des juifs tunisiens et que tu risques ton gagne pain avec ton "anti-sémitisme"!!! Secundo le goujat a traité le directeur de notre première chaîne nationale "Almustakillah" de traître dans un article précédent, mais sa mémoire s'est avérée courte car il lui ont fait écrire ceci quelques jours après "... Hachemi Hamdi a franchi le pas qui le mène du fanatisme religieux vers la trahison" nos félicitations à M. Hamdi pour le passage de grade. Tertio encore une faute "d'ortografe" mais moins grave que la précédente (Tunisi), même les plus "maigres" en français comme nous se sont aperçus : "...qu'on s'y intéresse de plus prêt " Nous on a compris pourquoi le monsieur zéro fautes ou presque! A écrit prêt au lieu de près car selon un de nos rapporteurs sans frontières, présent sur les lieux du délit, au moment où le goujat était entrain de dénigrer M.Hamdi son patron ZABA est rentré de sa randonnée de chasse quotidienne (Chasse à la sorcière) et quand 2 putschistes se rencontrent le subordonné doit dire (pas écrire) : Prêt. Concernant ta thèse sur le tourisme, personne n'aime les touristes qui viennent bronzer idiot, nous on aime les gens munis du guide du routard qui partagent nos toilettes publiques avec plaisir pas ton tourisme de masse qui sert d'alibi au blanchissement d'argent et n'oublies jamais qu'en 1992, MBA, le frère de ZABA a été condamné à 10 ans de prison par la justice française pour narco-trafic et blanchiment d'argent et que ton chef a commis un fratricide pour étouffer l'affaire dans l'œuf. ( JUGURTHA publie la biographie de ZABA depuis le 22 Juillet 2001, en épisodes, sur le forum ettounsi)

Appel à l'académie française: On demande au nom de tous les traîtres tunisiens à votre honorable institution de nous trouver un pronom pour pouvoir adresser la parole aux membres du clan mafieux des gougeas car les pronoms comme tu, il, elle ou vous n'expriment pas notre sentiment. Il est inadmissible que les anglophones utilisent le pronom " it " pour parler a ces choses alors qu'on est dépourvus d'un pronom similaire en ce début du 3éme millénaire. Merci d'avance.

Appel à nos chers lecteurs : Si vous tombez par hasard sur un article diffamatoire en lisant notre misérable presse envoyez le à l'adresse suivante ettounsi@hotmail.com nos apprentis légistes auront un plaisir fou à le disséquer, mais n'achetez aucun "journal" tunisien sauf El-mawqif journal à qui on interdit toute publicité !!!

Ingérence dans les bêtises de la presse tunisienne .
Valéry : «L'Histoire est la science des choses qui ne se répètent pas»

Le Président Ben Ali en campagne contre les "médias sataniques"*

« L'objectif premier d'El Jazira consiste à combattre tout esprit progressiste et laïc en privilégiant la pensée fondamentaliste dont les adeptes sont devenus les illustres invités des différentes émissions de la chaîne ». "Qui finance Al Jazira et que veut-elle de la Tunisie ?", Les Annonces du 5 novembre 1999.

« Au grand dam de la cinquième colonne que forment les apôtres de la francophonie, la Tunisie a définitivement rompu avec le doute qui a longtemps plané sur l'identité du pays et son appartenance à l'environnement arabe (...) ». Ridha Mellouli, "Arabisation et primauté de la Constitution", L'Observateur du 10 novembre 1999.

Depuis son accession au pouvoir en novembre 1987, Zine El Abidine Ben Ali s'est doté de moyens considérables pour recrédibiliser l'image de la Tunisie à l'étranger et asseoir la représentation d'un pays stable et ouvert sur le monde. Outre les nombreuses campagnes de publicité dans la presse internationale vantant ses atouts touristiques et économiques, le régime a entrepris de rationaliser sa communication en créant l'Agence tunisienne de communication extérieure (ATCE), institution spécialement chargée de la promotion de l'image de la Tunisie à l'étranger et qui dispose pour cette tâche d'un budget relativement considérable, comparable à celui d'un ministère. A la "face séductrice" de la politique de communication extérieure se surajoute une "face répressive", visant à lutter contre toutes les tentatives de "déstabilisation" du régime. Au banc des principaux accusés figurent les chaînes satellitaires arabophones (AL Jazira, MBC...), les télévisions européennes captées par voie hertzienne (France 2 et la RAI Uno) [1] , les sites internet des organisations non gouvernementales (Amnesty International, FIDH...) [2] mais aussi la presse francophone dans son ensemble [3] qui couvre les principaux événements électoraux et politiques du pays sur un registre de plus en plus critique.

La chaîne satellitaire Al Jazira sur la sellette : la "face orientale" du complot

Depuis sa création, la chaîne arabophone El Jazira a connu un développement rapide dans les foyers tunisiens, devenant même la "chaîne de référence" pour tout ce qui concerne l'actualité politique et sociale du pays. S'il est vrai que les émissions traitant directement de la situation de la Tunisie sont rares, elles suscitent à chaque fois dans le pays un engouement qui se traduit, dès lendemain, par des discussions passionnées dans les familles et sur les lieux de travail. En quelques années, El Jazira a contribué à recréer un intérêt des Tunisiens pour la "chose politique", jouant à certains égards le rôle de champ politique de substitution, voire même de sublimation. Les émissions d'El Jazira nourrissent les petites histoires et les rumeurs politiques sur des personnalités qui sont totalement occultées dans le paysage médiatique officiel. Le passage à l'antenne du dirigeant islamiste Rached Ghannouchi, aujourd'hui en exil à Londres, ou celui de l'ancien Premier ministre, Mohammed Mzali ou encore de l'opposant Moncef Marzouki (CNLT), alimentent les discussions pendant plusieurs semaines, chacun allant de ses commentaires et esquissant son propre scénario quant à l'avenir du régime de Ben Ali. La programmation des émissions de la chaîne qui ne fait l'objet d'aucune publication dans la presse tunisienne - censure oblige - est connue plusieurs semaines à l'avance par le système du "téléphone arabe" et le jour de l'émission, les rues des principales villes tunisiennes sont désertes, comme au moment de la retransmission des matchs de football. Il arrive aussi fréquemment que certaines émissions annoncées par la rumeur publique ne soient jamais diffusées, parce que tout simplement elles ont été purement imaginées par le public tunisien : ce fut le cas du soi disant passage sur El Jazira de Néjib Khattab, ancienne vedette de la télévision nationale (le Michel Drucker tunisien), décédé quelques mois auparavant, dont la rumeur publique affirmait qu'il s'était en fait exilé à l'étranger pour rejoindre les militants islamistes [4] . Cette rumeur est instructive à plus d'un titre : Néjib Khattab animait des émissions de variétés sur la chaîne tunisienne Canal 7. Son soutien au pouvoir néo-destourien ne fut jamais démenti pendant ses vingt années de carrière. Le présentateur vedette a même eu droit à des obsèques nationaux, en présence des cadres du RCD et des autorités officielles. Il est intéressant d'analyser les différents registres sur lesquels s'est construite la rumeur du "mort ressuscité" par El Jazira. Elle a quelque sorte procédé à un retournement symbolique des registres de soutien au régime (la vedette de la télévision nationale, fidèle serviteur du pouvoir) en un registre oppositionnel (la nouvelle vedette d'Al Jazira passée dans le camp des islamistes). La rumeur publique précisait que le présentateur était apparu sur El Jazira portant une grande barbe noire, comparable à celle des frères musulmans (khouanjis), revêtant ainsi tous les attributs du militant islamiste.

Conscient des "effets de chaîne" provoquées par les émissions d'El Jazira (réelles ou imaginaires), le pouvoir benaliste a réagi en deux temps. Il a d'abord adopté une attitude de retrait, sachant que toute façon il ne pouvait pas censurer la transmission satellitaire, à moins d'interdire l'usage des paraboles [5] . Mais de plus en plus agacé par le passage de figures emblématiques de l'opposition illégale (R. Ghannouchi, M. Mzali, M. Marzouki...), il a finalement adopté une attitude plus offensive, organisant une campagne de presse officielle dénonçant "l'entreprise de déstabilisation" menée par les dirigeants de la chaîne. Pour ce faire, il a eu recours au traditionnel argument de la "menace islamiste" contre la Tunisie, "îlot de modernité et de tolérance" :

L'objectif premier d'Al Jazira consiste à combattre tout esprit progressiste et laïc en privilégiant la pensée fondamentaliste dont les adeptes sont devenus les illustres invités des différentes émissions de la chaîne. Les présentateurs d'Al Jazira tiennent à présenter les figures du fondamentalisme comme des victimes et les érigent en défenseurs de la démocratie, de la liberté et de la tolérance ! Il s'agit bien sûr d'une intention délibérée d'enjoliver l'image de ces extrémistes, d'éclipser les avis différents et de présenter les régimes arabes comme des dictatures de l'unique souci de traquer ces "pauvres victimes", oubliant ou feignant d'oublier qu'ils sont les plus grand apôtres du terrorisme intellectuel et religieux et les pires ennemis de la démocratie et de la différence... [6] .

Si les émissions en langue arabe diffusées par les chaînes satellitaires inquiètent le régime, parce qu'elles touchent une majorité de Tunisiens (notamment dans les milieux populaires non francophones), les articles de la presse européenne remettent en cause directement le mythe fondateur de sa légitimé : le choix de la modernité contre l'obscurantisme religieux. Or, précisément, ce mythe benaliste semble de moins en moins convaincre les observateurs et les journalistes étrangers qui se rendent en Tunisie.

Campagne officielle contre la presse française : la "face occidentale" du complot

La sortie du livre critique Notre Ben Ali ou l'envers du miracle tunisien [7] écrit par deux journalistes, Jean-Pierre Tuquoi du Monde et Nicolas Beau du Canard Enchaîné, intervient dans un contexte déjà tendu entre les médias français et le pouvoir tunisien. Dès le début de l'année (février), lors d'une visite à Paris, le conseiller porte-parole du Président Ben Ali, Abdelwaheb Abdallah, a protesté auprès du PDG de France Télévision, Xavier Gouyou Beauchamp, pour la diffusion d'un reportage de France 3 sur la dégradation de la situation des droits de l'homme en Tunisie. Au mois de mai, le ministère de l'intérieur tunisien décide de faire saisir le dernier livre du directeur du Nouvel Observateur, Jean Daniel, Les Carnets. Avec le Temps, paru aux éditions Grasset. L'ouvrage en question comporte un bref passage sur le régime de Ben Ali, décrit comme un autocrate sans envergure. Une présentation publique du livre initiée par l'Institut français de coopération de Tunis (IFC-Ambassade de France) est annulée à la dernière minute. Simultanément, le ministère de l'intérieur interdit une exposition photographique sur Michel Foucault, organisée par la femme du journaliste français, Michèle Daniel, à l'espace culturel Sophonisbe de Carthage (banlieue nord de Tunis et siège du pouvoir présidentiel). L'affaire Jean Daniel, mal gérée par les services de la censure, contraint le régime à faire marchine arrière et a présenté publiquement des excuses à celui qui est pourtant considéré comme l'un des plus fidèles soutiens de la Tunisie à l'étranger. L'opposition légale, d'habitude prudente, en profite pour dénoncer les maladresses commises au plus haut niveau de l'Etat :

Les intellectuels tunisiens sont unanimes pour considérer le journaliste français Jean Daniel comme l'un des véritables amis de la Tunisie. En effet, son attachement indéfectible aux intérêts de notre pays, à sa sécurité et à sa stabilité s'est manifesté à maintes occasions et dans différentes étapes importantes de l'histoire de la Tunisie... Certaines personnes ont entrepris de retirer Les Carnets de Jean Daniel [...]. Qui sont-ils ? Pourquoi éloignent-ils de nous les amis ? Qui a retiré Les Carnets de Jean Daniel du marché ? Autant de questions qui nous troublent et que nous sommes en droit de poser, car ce qui s'est passer ne peut à notre avis profiter au pays [8] .

Dans ce contexte, la publication de Notre ami Ben Ali, au mois d'octobre 1999, est particulièrement mal accueillie par la présidence de la République tunisienne qui exerce de nombreuses pressions sur le gouvernement français pour faire interdire le livre. Simultanément, les agences de presse officielles (TAP, ATCE...) organisent une riposte médiatique "interne" sur les thèmes classiques du "retour du colonialisme français" et des "tentatives de déstabilisation orchestrées par les ennemis de la Tunisie". Le durcissement du régime à l'égard de la presse française atteint son paroxysme avec les résultats des élections présidentielles (99,4% pour Ben Ali) : les cadres du parti (RCD), les intellectuels de la nation et les soutiens "traditionnels" de la Tunisie se voient convier à défendre l'image du pays. La riposte officielle emprunte deux registres récurrents, d'une part, l'appel aux "amis français" (Philippe Séguin [9] , Edouard Balladur [10] , Christian Poncelet [11] , Maurice Druon [12] , Jacques Lanxade [13] , Michel Dary [14] , Pierre Lafitte [15] ...), dont les citations sont largement reproduites dans les journaux tunisiens, et, d'autre part, le recours aux soutiens populaires, sous la forme d'articles "spontanés" rédigés par des citoyens lambda. Parmi les réactions françaises pro-Ben Ali, c'est celle de Philippe Séguin qui sert de référence suprême aux propagandistes du régime. Sa thèse du "relativisme démocratique" [16] est reprise par la quasi-totalité des médias tunisiens :

Je voudrais dire que cette campagne est injuste et qu'elle traduit une méconnaissance et de la réalité tunisienne et de la réalité politique en général. Pour bien comprendre, en effet, que ces élections présidentielle et législative sont une nouvelle étape du processus démocratique qu'a choisi de conduire la Tunisie. La Tunisie veut construire une démocratie forte et durable. Elle entend l'établir sur des fondements inébranlables [...] [17] .

L'académicien français Maurice Druon a surenchéri sur ce thème, en exposant aux médias tunisiens sa propre conception de "l'évolutionnisme démocratique" : Nous ne pouvons, nous Français, en tant que vieille démocratie, juger l'évolution démocratique d'un pays selon nos propres critères. Nous ne saurions demander aux Tunisiens d'être dans le pluralisme exactement dans le même niveau démocratique, dans les mêmes habitudes que nous, qui avons mis plus d'un siècle à nous y adapter [...] [18] .

Mais ce ton de fraternité franco-tunisienne contraste avec la virulence de la presse officielle qui cloue au pilori les médias français sans distinction et sans nuance. Durant deux mois, les journaux pro-régime vont publier quotidiennement des articles dénonçant l'attitude "déviationniste" des journalistes français : des esprits chagrins et malveillants, peut-être aussi certains nostalgiques du colonialisme à la française, ont, à travers certains organes de presse, recours à tous les moyens pour porter préjudice à la Tunisie, à ses valeurs, à son succès. Aux fins d'intoxiquer l'opinion, ces explorateurs de caniveau partent à la recherche du détail sordide [19].

Il est vrai que le recours à la thèse du "retour du colonialisme" n'est pas récent : elle fut largement instrumentalisée par le régime de Habib Bourguiba (1956-1987) dans les périodes de crises et de tensions accrues entre la France et la Tunisie. Face aux critiques des médias français, le régime actuel est tenté de réactiver le thème du Hiz el França (le "parti de la France"), cher aux islamistes dans les années quatre-vingt, et qui est toujours susceptible de mobiliser une opinion tunisienne déçue par la politique française en matière d'accueil et de visas. Mais ce registre identitaire n'est pas exclusif. Le régime benaliste recourt aussi très largement au mythe mobilisateur de « la République en danger », dénonçant les bases arrière des Khouangis, à savoir les pays du Golfe apportant un soutien financier et politique aux anciens dirigeants de Nahda (El Jazira étant considérée comme leur canal médiatique), cherchant par là à effrayer les élites francophones et "sécularistes". Certes, on peut voir dans ce "maniement paradoxal" des registres identitaires l'expression d'une certaine habileté politique, visant à se concilier la sympathie, ou du moins la passivité - le terme nous paraît davantage approprié dans le cas de la Tunisie d'aujourd'hui - , de groupes sociaux aux intérêts et aux valeurs contradictoires. Mais, compte tenu des faibles passions qu'il suscite dans la population tunisienne, on serait plutôt tenté de l'interpréter comme le symptôme de l'incapacité profonde du régime benaliste à produire une image efficace sur le plan symbolique, c'est-à-dire propre à mobiliser des soutiens significatifs à l'intérieur et à l'extérieur du pays.

* à paraître dans l’Annuaire de l’Afrique du Nord

[1] Notons que France 2 et la RAI Uno sont reçues directement en Tunisie par voie hertzienne sans parabole (accords tuniso-français et tuniso-italien). Toutefois, cette réception a fait l'objet de multiples censures et "amputations" selon le bon vouloir du Palais de Carthage. A la fin de l'année 1999, les deux chaînes européennes ont complètement disparu du paysage audiovisuel tunisien, n'étant plus accessibles que sur le satellite.

[2] Selon l'organe du Rassemblement socialiste progressiste (RSP), « il semble que la censure; très présente dans la presse écrite, ait déjà touché le réseau internet. En effet, l'abonné tunisien ne peut plus accéder à certains sites tel Amnesty international, Reporters sans frontières... La censure s'exerce également au niveau du courrier électronique. En effet, la confidentialité de la correspondance n'est plus garantie par les fournisseurs d'accès tunisiens comme Planet Tunisie... Cette restriction édifiante, étouffante de la liberté de correspondance et du droit de l'information représente une altération de la spécificité du réseau internet. Cela constitue également une violation du secret de la correspondance, garanti par les conventions et les chartes internationales, ainsi que par la Constitution », Taïeb Moalla, "Levez la censure sur internet !", El Mawquif, janvier 1999.

[3] En dehors de la presse tunisienne en français, les journaux étrangers francophones les plus lus en Tunisie sont Le Monde, Le Figaro et Libération. Parmi les hebdomadaires, on peut citer Jeune Afrique qui dispose d'un bureau à Tunis, le Nouvel Observateur et Le Point.

[4] Cette rumeur a circulé la même semaine que l' "affaire de Béja", où plusieurs supporters de football avaient trouvé la mort. Cf. Vincent Geisser, Chronique Tunisie 1999.

[5] Ce qui paraît impossible tant sur les plans politique que technique, compte tenu du nombre de foyers qui possèdent aujourd'hui une parabole avec ou sans autorisation, puisque la loi tunisienne oblige l'enregistrement des paraboles auprès des municipalités de résidence.

[6] Al Ialan ("Les Annonces") du 5 novembre 1999.

[7] Nicolas Beau, Jean-Pierre Tuquoi, Notre ami Ben Ali ou l'envers du miracle économique tunisien, Paris, La Découverte, 1999, 224 p (préface de Gilles Perrault).

[8] Extraits d'al Ouahda, organe du Parti de l'unité populaire (PUP) du 14 mai 1999.

[9] Président du Rassemblement pour la République (RPR).

[10] Ancien Premier Ministre (1993-1995).

[11] Président du sénat français.

[12] Secrétaire perpétuel de l'Académie française.

[13] Ancien ambassadeur français en Tunisie (1995-1999).

[14] Vice-président du Parti Radical français.

[15] Sénateur français.

[16] Cf. sur ce point l'analyse de Patrick Jarreau, "L'archaïque relativisme démocratique de M. Séguin", Le Monde du 30 octobre 1999.

[17] Dépêche de l'agence officielle TAP du 24 octobre 1999.

[18] Dépêche de l'agence officielle TAP du 18 octobre 1999.

[19] Abdelhamid Gmati, "Délit de malhonnêteté", La Presse du 24 octobre 1999. Voir aussi, Slaheddine Dridi, "Elle revient....la meute !", Le Renouveau du 24 octobre 1999 ; Abdelhamid Riahi, "Certains journaux français seraient mieux à la poubelle", Al Chourouk du 24 octobre 1999 ; "Allégations de certains médias étrangers contre la Tunisie : la société civile désapprouve", La Presse du 24 octobre 1999 ; "La voix de son maître", Le Renouveau du 25 octobre 1999 ; "Souci démocratique ou fonds de commerce ?", La Presse du 25 octobre 1999 ; "Balivernes", Le Renouveau du 25 octobre 1999 ; "A propos d'une certaine presse : intox", Le Renouveau du 25 octobre 1999 ; "Profonde leçon pour les trompettes de la provocation", Al Bayane du 25 octobre 1999 ; Kamel Chérif, "La ritournelle", L'Observateur du 27 octobre 1999.

Auteur : Vincent Geisser Chargé de recherche à l'IREMAM (CNRS ) .