Oligarchie

Il y'a une seule personne qui commande ici en Tunisie, nous on a choisit de l'appeler ZABA, c'est vrai que c'est insolent mais ce sont ses vraies initiales et ce n'est pas de notre faute, en plus son nom est tout un programme et notre espace d'hébergement est assez limité donc on ne peut pas se permettre de répéter à chaque fois, comme la presse : Son excellence Monsieur le Président de la république chef d'Etat major des forces armées et président du conseil supérieur de la magistrature … Monsieur Zine el Abidine Ben Ali, avouez que c'est un peu long, deux lignes pour dire ZABA, quel gâchis !!! Alors ce ZABA qui tient la Tunisie avec une main d'acier inoxydable fait tous les boulots possibles, il est président du conseil de discipline , ministre de l'intérieur, chef de rédaction, homme d'affaire, artisan … et parfois président de la république ! Cette dernière est celle qu'il exerce le moins car il a un emploi du temps très chargé le pauvre.
Hier, ZABA a eu un peu de temps libre et il a décidé de se pencher sur le cas du juge rebelle, un quart d'heure plus tard tout est rentré dans l'ordre comme dans blanche neige et les 7 nains ! notre juge rebelle est devenu un ange et un exemple à suivre ( Sobhan Allah ). Tout ça mérite qu'on s'y intéresse de plus prés car il est inadmissible de prendre 10 millions de personnes moins un ( ZABA ) pour des cons. Nous on a tiré une seule conclusion :
Si SBS, MoMo et les centaines de prisonniers sont là où ils sont, si La famille Marzouki souffre le martyre, si des dizaines d'associations et de partis sont interdits, si des militants sont torturés dans les locaux du ministère de l'intérieur, si la moitié de la population active est au chômage si … si … c'est que l'emploi du temps de ZABA est très chargé et avec un peu de patience vous serez tous servis.

TUNeZINE. Tunis, Jeudi 2 août 2001 .
Pauvres nous ! Pauvre frère

Un article publié sur TUNISNEWS suivi d'un mail m'ont troublé énormément, un de nos concitoyens termine sa dixième année d'isolement continu et total sur une poignée de mètres carrés de notre chère patrie, ces mêmes mètres carrés que des " fellagas " ont payés très cher pour que leurs enfants jouissent de la liberté. Je suis sûr que la majorité des tunisiens ne savent pas de quoi est accusé cet ingénieur originaire de Mednine, lui non plus d'ailleurs je présume même que l'intéressé, M. Ali Lâaridh est inapte a trouver une explication à tant d'acharnement à son égard. ZABA de quel droit t'inspires tu ? Es ce que tu peux essayer de rester enfermé dans ta luxueuse salle de bain même pendant 24 heures ? Je suis sûr que non ! Alors pourquoi fais tu souffrir cet homme qui a fait il y a 10 ans ce que je suis entrain de commettre à l'instant. Si j'accepte et je me tais c'est que je mérite le même sort et il y aura encore plus de Hamma Hammami, de Ali Lâaridh et de ZABAS aussi. Vous pouvez continuez ci dessus avec le professeur qui montre si bien la marche à suivre ...

ettounsi@hotmail.com. Tunis, jeudi 2 août 2001 .
Lettre aux Tunisiens et à tous mes amis de par le monde

En très bref, et en vrac ces émotions et ces quelques idées :
-Ma gratitude et celle de tous mes compagnons pour les nombreuses félicitations, encouragements, marque de sympathie, à la suite de la naissance du Congrès pour la République.
-les excuses de n’y avoir pas à temps, car mon téléphone a été coupé le jour même de l’annonce de la création du parti. L’accès à Internet a été rendu du même coup impossible. Les publinet en Tunisie étant aussi des "flicinet", et ne voulant pas mettre en danger les lignes téléphoniques de mes amis , j’ai été réduit au silence toute cette semaine . La communication va devenir un enjeu permanent de la bataille à venir . Ils ne savent pas qu’ils l’ont déjà perdue.
-L'indignation devant la coupure du téléphone le même jour à mon frère Mokhles. Ces gens qui coupent le téléphone privé et professionnel d’un médecin simplement parce qu’il est mon frère, mettant en danger des malades innocents, n’ont que la loi à la bouche. Cet incident banal est hélas symptomatique de l’état d’esprit de ces grands légalistes, démocrates et droithomiens qui nous gouvernent Un ministre en exercice l’a appelé la veuve par dérision, se moquant de toutes les veuves. Je comprends qu’il n’aime pas beaucoup cette grande dame qu’est Danielle Mitterrand. Et pour cause elle a diagnostiqué en deux mots les caractéristiques de ce régime légaliste au point d’avoir fait de l’arbitraire la seule loi de ce pays : Duplicité et mauvaise foi.
-La détermination à continuer le combat pour la souveraineté du peuple, la légitimité de l’Etat, la dignité du citoyen, avec vous tous sans sectarisme ou volonté de domination .. L’appel aux hésitants, aux déçus de la politique, aux attentistes, aux pessimistes, à ceux qui ont peur d’être manipulés par des politiciens malhonnêtes, à vous tous je dis : Tout se remet à vivre sous la chape de plomb. Faites partie de la résurrection N’ayez plus jamais peur.
Engagez vous sur tous les plans et dans tous les domaines et en permanence car la Tunisie qu’on veut réduire à une féodalité gouvernée par la force et le mensonge vous appelle à son secours.

Moncef Marzouki. Sousse le 30 Juillet 2001 .
Le PDP accuse

Le Parti démocratique progressiste a indiqué que sa revue hebdomadaire "Al-Mawquif" n'était pas parue dans les kiosques mercredi, accusant les autorités tunisiennes d'avoir pratiqué une "saisie déguisée". Dans un communiqué, le PDP affirme que le numéro 213 du journal, paraissant le mercredi, était introuvable dans les kiosques, tandis que les copies destinées aux abonnés n'avaient pas été livrées non plus.Aucune explication n'a pu être obtenue auprès de l'imprimeur, ni de la société de distribution, ajoute le communiqué, précisant que le numéro concerné contient le point de vue du parti sur l'élection présidentielle, ainsi qu'un article sur la révolte du juge Mokhtar Yahyaoui contre le fonctionnement de la justice en Tunisie. Le PDP est le seul des six partis de l'opposition légalement reconnue à s'être prononcé contre un amendement de la Constitution devant permettre au président Zine El Abidine Ben Ali de briguer un quatrième mandat à la présidentielle de 2004, la Constitution les limitant à trois.Le parti a accusé le gouvernement d'avoir pratiqué une "saisie déguisée", et d'avoir usage à la censure indirecte, "tout en multipliant les discours sur la nécessité de libéraliser la presse".Des copies de l'édition saisie ont été déposées dans un seul point de vente du pays, près des locaux du journal "pour faire croire à une distribution régulière" du journal, selon le communiqué."Cette saisie qui ne dit pas son nom témoigne de la nature de l'ouverture promise par les autorités et démontre une persistance dans la voie du repli et de la restriction des libertés", ajoute le communiqué.
Le PDP, dirigé par l'avocat Ahmed Néjib Chebbi, demande au gouvernement de "lever immédiatement la saisie" et de "respecter les libertés de presse et d'information". Un numéro de Al-Mawquif, qui contenait des articles critiquant la politique du gouvernement, avait été formellement saisi en janvier dernier par le ministère de l'Intérieur. Reconnu mais non représenté au parlement, le PDP s'est démarqué ces derniers mois du reste de l'opposition en affichant des positions plus critiques à l'égard du pouvoir.

AFP. TUNIS, mercredi 1er août 2001 .
Associated Press

Après la démocratie, la TV tunisienne
brise le tabou des droits de l'Homme


Deux semaines après avoir ouvert le dossier de la démocratie, la télévision publique tunisienne a brisé un autre tabou mardi soir en abordant pour la première fois celui des droits de l'Homme qui est au centre de l'actualité en Tunisie depuis plusieurs mois.
Les participants du débat de plus de deux heures sur TV7 n'ont toutefois pas été jusqu'à évoquer certains dossiers chauds comme celui de la journaliste et militante des droits de l'Homme, Sihem Ben Sédrine, et de l'opposant Mohamed Mouada, tous deux en détention, ainsi que l'affaire du juge ''rebelle'' Mokhtar Yahaoui, qui ont été passés sous silence ou presque. Tout de même, ce débat a suscité d'autant plus d'engouement auprès des Tunisiens qu'il intervient après la polémique soulevée notamment par les prises de position du Parti socialiste français et de l'organisation Reporters sans frontières (RSF) jugées ''inacceptables'' par Tunis qui les considèrent comme des ''ingérences'' relevant d'une ''époque révolue''. Les articles, publiés régulièrement par certains médias français, en particulier ''Le Monde'', ont ajouté un grain de sel à cette polémique, d'autant que les responsables du quotidien parisien ont refusé à deux reprises ces derniers jours d'accorder un droit de réponse au ministre tunisien des Droits de l'Homme et de la Communication. A défaut, Slaheddine Maaoui a dû se contenter de faire publier ses répliques dans la presse locale. De même, la mission effectuée la semaine dernière en Tunisie par Danielle Mitterrand pour rencontrer des représentants de la société civile n'a pas l'air d'avoir été appréciée. Les participants, toutes tendances confondues, ont semblé même choqués par la déclaration faite par la présidente de la fondation France-Libertés selon laquelle elle était venue à Tunis pour porter ''assistance à personne en danger''. ''Mme Mitterrand aurait plutôt intérêt à s'occuper des agissements de son fils qui fait du trafic d'armes en Afrique'', a lancé, agacé, le secrétaire général de l'une des principales formations d'opposition, le Parti de l'unité populaire (PUP), Mohamed Bouchiha. Encore une fois, le débat télévisé a commencé par ce que d'aucuns ont considéré comme une ''fausse note''. L'animateur Abdemalek Berrabah a d'emblée donné lecture d'un message de protestation qui lui a été adressé par le président de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH), Mokhtar Trifi, pour n'avoir pas invité un représentant de la direction de la LTDH. Pour le ministre de l'Enseignement supérieur, Sadok Chaabane, l'actuel comité de la LTDH n'a pas de qualité légale en vertu du jugement rendu dernièrement par la cour d'appel de Tunis le chargeant uniquement d'organiser un nouveau congrès après l'annulation des assises d'octobre 2000 contestées par quatre membres de la Ligue. Ces assises avaient été marquées par l'élection d'une direction hostile au régime tunisien. Tout en déplorant ''certains abus et entraves'' en matière de droits de l'Homme, les participants au débat télévisé ont été d'avis que la Tunisie est ''sur la bonne voie'' et que pour surmonter les problèmes en suspens, il importe d'engager un dialogue tuniso-tunisien. ''La Tunisie vit un moment décisif dans ce domaine qui exige du pouvoir de traiter et de composer avec la société civile'', a suggéré M. Bouchiha qui a joint sa voix à la journaliste Faouzia Mezzi et à l'universitaire Hatem Kotrane pour souligner l'importance que revêt ''une presse libre'' dans la défense des droits de l'Homme.

AP. Tunis, mercredi 1 aout 2001 .