Y'en a du linge sale, ZABA ?

- Chaque fois que des touristes occidentaux viennent visiter un des monuments culturels de la Tunisie, en l'occurence SBS, ZABA oppose un refus catégorique et aprés il se demande pourquoi ces gens ne sont pas fidéles à la destination Tunisie. Cet homme est l'ennemi numéro un du tourisme tunisien.

- Un hnech vient de nous réveler que les familles Trabelsi et Ben ali utilisent les passeports confisqués par le ministère de l'intérieur pour importer illégalement des bananes. Les 120000 gorilles doivent avoir très faim.

- Hédi Jilani qui a vendu presque tous ses biens en Tunisie, vient de vendre dernièrement son âme au diable.

- On rappelle à Abdelbeki Bacha, qui est nul en calcul, que 5+5+5=15 et que l'article 39 du destour n'est pas assujetti à la T.V.A.

Un mendiant sonne à la porte de Ali Chaouech le secrétaire de l'ére cèdée
- Vous auriez pas un petit quelque chose pour moi ?
- Oui, vous aimez le "Boulis m'kettef" de la veille ?
- Ho oui, ho oui !
- Ben repassez demain !

Cette histoire vraie va se passer en 2004 : ZABA voit un billet de 5 sur l'autoroute. Il se précipite pour le ramasser, et manque de chance pour lui se fait écraser. Le sinistre de la santé arrive en catastrophe et note sur l'avis de décès : " Mort naturelle ".

C'est Mokhtar Yahyaoui, la veille de son conseil de discipline, qui téléphone à sa mère :
- Allô Maman ? Comment ça va ?
- Ça va bien...
- Oh ! Désolé madame, je me suis trompé de numéro...

Tunis- Automne 2001. ZABA est au pouvoir et applique ses théories des punitions collectives.
Un homme se présente au bureau d'état civil, et s'adresse affolé et terrorisé au fonctionnaire corrompu :
- Monsieur, il faut que je change de nom, vite.
- Bien, voici les conditions 726 dinars cash...
Alors Monsieur, quel est votre nom actuel ?
- Zin el Abine Marzouki
- Ah oui, effectivement, je comprends... et comment souhaiteriez-vous vous appeler ?
- Moncef Marzouki...

ettounsi@hotmail.com . Tunis, samedi 4 août 2001 .
ZABA est le seul responsable

LTDH: Mort suspecte à la prison de Gabes
Nous avons appris que M Amri Souheyl (prisonnier de droit commun) incarcéré à la prison de Gannouche / Gabes est décédé au cour du mois de Juin d'une façon suspecte suite aux mauvais traitements et aux actes d'agression dont il a fait l'objet; sa famille a demandé une enquête officielle sur sa mort et a porté plainte.

Source : zeitounatv .
Je n'ai pas vrai !!!!!!!!!!

Zouhaier Yacoub en grève de la faim depuis le 30 juillet dernier
On vient d'apprendre que le prisonnier politique Zouhaier Yacoub a entamé une grève de la faim depuis le 30 juillet 2001. Emprisonné depuis 1997 et condamné a trois ans de prison, l'administration tunisienne refuse de le libérer alors qu'il a largement accompli sa peine et ceci sous des pretexes fallacieux.

Source : zeitounatv .
Faim de la fin de ZABA

LISTE DES PARTICIPANTS A LA GREVE DE LA FAIM LE 26 JUIN 2001 EN GUISE DE SOLIDARITE AVEC HAMMA HAMMAMI ET SES CAMARADES

NOM, PRENOM ET QUALITE :
1-ABID Béchir Ancien prisonnier politique, PCOT
2-AISSAOUI Zouhaïr Comité défense des prisonniers politiques, Paris
3-ALAÏGUI Amel Etudiante
4-AMAMI Nizar Syndicaliste- RAID
5-ARFAOUI Adel Com. Dir. LTDH
6-AYADI Abderraouf Conseil de l'Ordre des avocats, SG du CNLT
7-BALGHOUTHI Slim Professeur en chômage
8-BELAÏD Chokri RAID
9-BELANES Abdelmoumen Ancien prisonnier politique, PCOT
10-BELLILI Jamel Sec. Gén. Adj. UGET
11-BEN HENDA Mohamed Militant progressiste, éditeur, Suisse
12-BEN KHEMIS Abdelkader Professeur
13-BEN ROMDHANE Hédi LTDH Jendouba
14-BEN SAÏD Md. Hédi Membre du Comité défense Md.Moada
15-BEN SALEM Ali Amicale des anciens Résistants
16-BEN TAGHRAOUIT Ali Section LTDH, Bizerte
17-BEN YOUNES Com. Dir.Parti Démocratique Progressiste
18-BHIRI Noureddine Avocat
19-BOUINBA Mohamed Militant sun. de base
20-BOUKADDOUS Fahem Ancien pr. Po. PCOT
21-BRAHEM Sami Correespondant site Ezzaytouna
22-CHAMEKH Raja ATFD
23-CHAMKHI Fethi RAID
24-DBAK Fethi Syndicaliste
25-ESSID Béchir Bâtonnier de l'Ordre des avocats
26-FELLAH Ali UGET
27-FOURATI Mohamed. Journaliste
28-FRIOU Lotfi UGET
29-GALAÏ Ahmed Comité dir. Et section locale LTDH de Bizerte
30-GASMI Borhan Ancien prisonnier politique, PCOT.
31-GHALI Abdallah Etudiant
32-GHANEM Tarek Etudiant- syndicaliste
33-GHARBI Souad Bureau politique du MDS
34-GOUMANI Mohamed. PDP
35-HAMMAMI Jilani Syndicaliste
36-HAMMAMI Lotfi Etudiant- syndicaliste
37-HAMMAMI Nadia Elève
38-HAMZAOUI Salah Pt du Comité National de Soutien à Hamma hammami
39-HENI Ziad Journaliste
40-HIDOURI Habib Etudiant
41-HOSNI Md. Najib Avocat
42-HOSNI Najet Actrice
43-JALLOULI Ali UGET
44-JANDOUBI Chakib Etudiant
45-JEBALI Abdelkader Comité de défense des prisonniers politiques, Paris
46-JOMLI Lamjed Bureau Exécutif de l'UGET.
47-JOUHRI Lassaad Chômeur
48-KACHOUKH Mounir Universitaire
49-KEFIF Malek Médecin, Comité directeur de la LTDH
50-KHALFAOUI Basma Etudiante,
51-KHARBOUCH Adel PDP, ancien responsable de l'UGET
52-KHEMISSI Slaheddine. Etudiant
53-KHERIJI Moh. Salah Com. Dir. LTDH
54-KHIARI Sadri Peintre, CNLT
55-KILANI Ahmed Professeur
56-KOUSRI Anouar Comité directeur de la LTDH
57-KSILA Fatma Membre du CNLT
58--KSILA Khémaïs Secrétaire Général de la LTDH
59-LAGHRI Sameh Etudiante
60-LARBI Larbi Ancien prisonnier politique
61-LATIF Chokri Ecrivain
62-LATIFI Younès Etudiant
63-MAHDHAOUI Tarek Kaws el karama
64-MANAÏ Hédi Avocat, pt. section LTDH de Jendouba, ancien prisonnier. politique.
65-MANSOURI ANIS Psychologue
66-MARZOUKI Moncef Médecin
67-MECHICHI Saïd Avocat, LTDH, section de Jendouba
68-MEDDAHI Abdeljabbar
69-MENAÏ Hédi LTDH Jendouba
70-MKADMINI ZOHRA Etudiante
71-MOHSNI Balkis Juriste, ATFD
72-MOHSNI Loumoumba kaws el karama
73-MOUSSA Hichem Prof. Université
74-MSELLMI Mohsen Syndicaliste
75-MZAM Mohamed Etudiant
76-NASRAOUI Radhia Avocate, épouse de Hamma Hammami
77-OMRANI Sadok Etudiant- syndicaliste
78-OMRI Monji Etudiant
79-REZGUI Najoua Etudiante, UGET
80-SASSI Taha UGET
81-SEDDIK Oumeyya Militant associatif, France
82-SEMII Ahmed Professeur
83-SOUIHLI Sami Pt Comité santé, Bizerte
84-SOULI Noureddine LTDH, Jendouba
85-SOUMI Tarek Ancien pris. Politique
86-TABIB Chawki Avocat
87-TAÏEB Taïeb Producteur
88-TLILI Jamel S.G.Adj. UGET
89-TOUIHRI Hayet Militante UGET
90-ZAÏER Nadhem Etudiant
91-ZDINI Ali Comité dir LTDH
92-ZIADI Habib Avocat, Comité dir. LTDH
93-ZOGHBI Hamadi LTDH

 
Le «petit juge» réintégré

Menacé de révocation, suspendu de ses fonctions et privé de traitement pendant plusieurs semaines le juge Mokhtar Yahyaoui a finalement été réintégré.

Source : Tunis-Hebdo

Président de la 10e chambre civile au tribunal de première instance de Tunis, Mokhtar Yahyaoui avait adressé, le 6 juillet, une lettre ouverte au président Ben Ali, dans laquelle il dénonçait l'absence totale d'indépendance de la justice tunisienne. Les réactions ne s’étaient pas fait attendre. A 48 ans, le juge était suspendu et privé de salaire. Un conseil de discipline devait décider, le 2 août de sa révocation de la m! agistrature. Une campagne tendant à nuire à la crédibilité du juge Yahyaoui était alors lancée. On faisait état, à Tunis, de son amertume d’avoir perdu un procès le concernant à propos de la vente d’un terrain. Le secrétaire général du parti au pouvoir, le Rassemblement Constitutionnel démocratique (RCD), Ali Chaouch, affirmait qu’il était impliqué dans un accident de la circulation à bord d’une voiture présentant un défaut d’assurance. Les avocats de Mokhtar Yahyaoui ont porté plainte pour diffamation contre le secrétaire général.

Mais, d’un autre côté, le Conseil de l'Ordre des avocats tunisiens exprimait sa solidarité envers le magistrat qui a rompu la loi du silence, de même que l’Association des magistrats. Le site internet de Mokhtar Yahyaoui a été censuré en Tunisie et accueilli sur un hébergeur français. En effet, le bras de fer entre le «petit juge» et le gouvernement tunisien a largement dépassé les frontières du pays. Le Medel (Magistrats européens pour la démocratie et les libertés) avait demandé aux autorités tunisiennes d’abandonner sans délai les poursuites et de réintégrer le magistrat dans ses fonctions au nom de l’Etat de droit, de la liberté d’expression de l’indépendance de la justice. Mokhtar Yahyaoui a également reçu le soutien de Danielle Mitterrand, présidente de la Fondation France-Libertés. Sans que l’on sache précisément ce qui a entraîné cette décision, le juge a été réintégré dans ses fonctions à la 10e chambre civile au tribunal de première instance de Tunis, son salaire rétabli et le conseil de discipline qui devait statuer sur son cas, jeudi, a été annulé à la dernière minute. Le juge Yahyaoui voit dans ce recul du pouvoir une prise en compte au moins partielle de ses revendications pour une justice et une magistrature indépendantes en Tunisie. Il entend bien poursuivre l’effort afin d’ouvrir une discussion «transparente» sur ce thème dans le pays. Ce geste d’apaisement du pouvoir tunisien intervient alors que les quotidiens nationaux commentent abondamment ce fait nouveau qu’est la programmation sur les écrans de la télévision tunisienne de deux débats sur la démocratie et les droits de l’homme. Ils auraient pour objectif de redresser l’audience de la télévision tunisienne face à la chaîne privée montante qui émet de Londres, Al-Moustakillah. Dans le même temps une campagne en faveur d’un quatrième mandat pour le président Ben Ali se développe dans les organisations proches du pouvoir, alors que la constitution tunisienne limite à trois le nombre des quinquennats présidentiels.

Francine QUENTIN - RFI Actualités .vendredi 03 août 2001 .
Mieux vaut un Vrai Royaume qu’une Fausse République !

Bokassa s’était auto-proclamé Empereur. Pourquoi Ben Ali ne s’auto-proclamerait-il pas Roi ? Depuis l’avènement de la république en Tunisie, voilà plus de 40 ans déjà, aucun mécanisme sérieux pour sa matérialisation n’a été mis en œuvre et, nous continuons à vivre encore sous un régime qui n’a de république que le nom. Aujourd’hui des voix s’élèvent, comme à la même période du règne de Bourguiba, pour pérenniser encore l’état actuel des choses ; « Ben Ali à vie », « Pas d’alternative à Ben Ali » etc. Alors soyez clairs et rien qu’une fois sincères ; Vous voulez une REPUBLIQUE ou un ROYAUME ! Si vous voulez une république, une vraie, alors arrêtez immédiatement cette mascarade, si par contre c’est un royaume que vous voulez dites-le clairement et qu’on en finisse.

Le président est détenteur de tous les pouvoirs y compris et surtout la possibilité de réviser la constitution quand il veut et comme il veut ‘drôle de constitution’. Alors qu’il l’abroge ou la révise en s’auto-proclamant Roi et, je jure par tous les dieux qu’il n’y aurait pas un seul homme de ce qu’on appelle le ‘parti au pouvoir’ pour dire NON au Roi Ben Ali.
Ils le veulent ‘l’Il abed’ alors ainsi soit-il ! Et seulement ainsi il sortirait de ses propres contradictions (déclaration du 7 novembre, article 39 de la constitution). Ce faisant plus besoin :
de Mr. Chaouch de torturer … d’emprisonner les Sihem Ben Sédrine de bâillonner les Marzouki etc.
Resterait à négocier avec Juan Carlos et la reine d’Angleterre son admission au club des Majestés et à
voir si le budget Tunisien suffirait à la famille royale..

La bataille, la vraie bataille dans mon pays serait donc entre les authentiques républicains et les royalistes.

J’ai dit ce qu’on appelle le ‘parti au pouvoir’ car pour moi il n’a jamais eu en Tunisie un parti au pouvoir mais un homme au pouvoir avec deux appareils : L’état pour l’exécution de son programme de gouvernement et le parti pour l’exécution de ses ambitions c’est pour cela que le parti dit au pouvoir n’a fourni depuis l’indépendance ni président de république ni programme de gouvernement et encore moins le moindre mécanisme épargnant au pays les déboires de fin de règne de Bourguiba et, aujourd’hui nous nous installons déjà dans les déboires de fin de règne de Ben Ali. Hélas tout a une FIN.

Alors où est ce parti au pouvoir si parti au pouvoir il y a ?

Le compagnon. samedi 4 août 2001 .
La défense des papillons est un acte politique

Mohamed Berkani
La police tunisienne a arrêté la porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT), Sihem Bensedrine, le 26 juin dernier, pour " outrage à magistrat ". Et depuis, elle est incarcérée dans une prison pour femmes, non loin de la capitale. Sadri Khiari, membre du CNLT, appelle à la fin de la répression en Tunisie. Interview.
18/07/01 : Le Conseil national pour les libertés en Tunisie milite pour la défense des droits de l'Homme et pour la démocratie. Non reconnu par le régime de Ben Ali, le mouvement a vu sa porte-parole, la journaliste Sihem Bensedrine, arrêtée le 26 juin à l'aéroport de Tunis par la police. Elle est depuis placée en détention. Et son procès est reporté sine die. Sadri Khiari, membre du CNLT, appelle à la libération des prisonniers d'opinion et à la refonte de la Constitution pour limiter le pouvoir de l'appareil exécutif. Interview express.

Afrik : Avez-vous des nouvelles de votre porte-parole ?
Sadri Khiari : Sihem Bensedrine a un moral d'enfer. On a de ses nouvelles par ses avocats et les membres de sa famille. Malheureusement, les droits de visite sont très limités. Elle se porte bien mais elle risque de nombreuses années de prison.

Afrik : Comment voyez-vous la suite du procès ?
Sadri Khiari : Avec le pouvoir tunisien, il est difficile de faire des pronostics. Les autorités ne tiennent pas compte de la loi. Tout dépend de leurs humeurs. Nous espérons sincèrement qu'ils seront raisonnables. Nous sommes inquiets car le procès est reporté aux calendes grecques.

Afrik : Il y a une forte mobilisation pour la libération de Sihem Bensedrine…
Sadri Khiari : Il est vrai que Sihem a acquis une grande notoriété mais le pouvoir tunisien privilégie toujours la répression. Il faut qu'il revienne à la raison car il a tout à perdre avec le tout répressif. Il est en train d'imploser. Vous n'avez qu'à voir ce qu'ils ont fait avec le juge Mokhtar Yahyaoui *. Au CNLT, nous revendiquons une nouvelle constitution pour limiter les pouvoirs exorbitants de l'exécutif et principalement ceux du chef de l'Etat. Nous demandons aussi la libération du millier de prisonniers politiques actuellement détenus.

Afrik : Vous êtes une association ou un parti politique ?
Sadri Khiari. Nous sommes une association non reconnue officiellement ! Mais en Tunisie, la défense des papillons est un acte politique si elle ne répond pas aux critères des autorités ! Tout acte a une dimension politique.

Afrik : Le parti au pouvoir, le RCD, vient de demander à Ben Ali de se présenter de nouveau aux présidentielles…
Sadri Khiari : C'est inouï, le parti du président demande au président de violer la constitution ! Là, par contre, ils vont tout mettre en œuvre pour organiser un référendum afin de changer la Constitution (selon la loi en vigueur en Tunisie, l'actuel président n'a pas le droit de se présenter une nouvelle fois aux présidentielles, ndlr). Il faut que les autorités sachent qu'elles ont tout à perdre avec la répression. Et il faut que les tortionnaires et leurs commanditaires passent devant les tribunaux ! Nous militons pour les libertés, toutes les libertés.

© Afrik.com .
L'ére cèdée new look

Les ennemis du web et les gougeas sont entrain de repenser leur politique de communication, aprés avoir perdu la guerre audivisuelle ils cherchent sans succés a attrapper la new wave c.a.d. l'internet. Leurs sites webs qui ont une fréquentation digne de la page perso d'un gosse de 5 ans vont connaitre une mise a niveau intégrale. Un autre fiasco attendu !

© TUNeZINE .
Internet : Ben Ali le funambule

Comment développer les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) tout en gardant la main haute sur l'information en Tunisie ? C'est le numéro de funambule auquel se livre le président Ben Ali. Avec un succès inégal.
15/05/01 : Be Net or not be Net ? La très existentielle et shakespearienne question est récurrente au sommet de l'Etat tunisien. L'homme qui l'incarne est un passionné des nouvelles technologies de l'information et de la communication. L'homme n'est autre que Zinedine Ben Ali. Fasciné, certes, mais aussi effrayé. Question encore : comment profiter de ces nouvelles technologies sans supporter leur pendant démocratique et l'appel d'air que constitue la Toile pour une presse indépendante que le régime s'ingénie à museler ?

Fascination réelle : peu après sa prise du pouvoir aux dépens d'un Bourguiba vieilli, Zinedine Ben Ali est le premier président arabe et africain à se pencher sérieusement sur les nouvelles technologies. Dès 1989, note le journal en ligne, Kalima, Tunis investit dans des systèmes ultra-modernes (nœud Earn/Bitnet, liaisons X. 25). Le summum à l'époque. Deux ans plus tard, le pays est connecté au réseau des réseaux. Il faudra patienter encore deux années pour qu'en 1993, tous les centres de recherches soient connectés et reliés via le Réseau national de recherche et de technologie (RNRT). Formidable. Seulement, alors que le pouvoir renforce le développement technologique du pays, il s'applique à verrouiller consciencieusement les applications permettant aux intellectuels, universitaires, journalistes, opposants politiques et simples citoyens de s'emparer de cet outil afin de communiquer avec le reste du monde.

Provider unique

L'exercice est périlleux, mais il sera tenté. D'abord, on va créer l'Agence Tunisienne d'Internet ( ATI). Confiée aux proches du clan présidentiel, elle va servir de socle au développement technologique et d'opérateur –unique, cela va de soi.

Pour les particuliers, la connexion à la Toile relève quasiment du pari impossible. " Il fallait déposer sa signature et sa carte d'identité dans un commissariat ", relate Kalima, les responsables de l'ATI se réservaient le droit d'accepter (ou de refuser) l'accès au provider national.

Les cybercafés qui fleurissent aux quatre coins du pays se voient imposer un cahier des charges plus que restrictif : e-mails et téléchargements interdits ou sévèrement contrôlés, présentation de carte d'identité, pour l'utilisateur, PC obligatoirement reliés à un ordinateur " vigile " enregistrant tout ce qui est consulté sur les postes voisins, seconde par seconde.

Problème : le pouvoir va devoir revoir sa politique d'encadrement des NTIC pour deux raisons. D'abord, les petits malins ont tôt fait de détourner l'ATI. Ainsi Takriz, le site des jeunes contestataires qui, crânement, expliquent à leurs lecteurs comment leur serveur " a été doté des meilleures protections contre le spooking/snuffing qu'utilisent les contrôleurs de l'ATI ". Mieux : " Cher citoyen, dès que tu te connectes à l'irc Takriz.org, saches que ton IP (…) sera impossible à identifier ". Et toc ! Devant tant d'insolence, les responsables de centres publics d'accès ont été invités, au terme d'une convocation du ministère de la Communication qui s'est déroulée en janvier dernier, à enregistrer tous les envois et téléchargements de leur clientèle sur les disques durs, à relever l'historique de tous les sites visités et à communiquer à l'autorité les noms et adresses des abonnés. Du coup, certains zélés ont purement interdit dans leur société, disquettes, cédéroms et usage de l'imprimante.

Disquettes et imprimantes interdites dans les cybercafés

Autre combine –facile– que l'association Reporters Sans Frontières ( RSF) tente de généraliser : passer par un opérateur étranger. Outre le mensuel Kalima et Takriz, le Conseil National pour les Libertés en Tunisie publient régulièrement des rapports des plus sévères sur la question des droits de l'Homme…

Le second grain de sable (de taille) dans la mécanique de contrôle est d'ordre économique : le Palais de Carthage doit céder à la pression des opérateurs économiques étrangers. Pression accrue avec l'ouverture du marché européen et les accords d'associations qui en sont les pendants naturels. Pression renforcée avec l'essor du marché Telecoms et Internet dans un pays comme le Maroc… Où le développement des nouvelles technologies vient donner un coup de pouce à la croissance économique.

Plus question donc de transiger avec le principe de l'Internet pour tous. Mais encore une fois, pas n'importe comment. En septembre 1997, deux opérateurs privés sont lancés sur le marché à l'intention des particuliers, à des tarifs accessibles. Parmi ces deux heureux élus, " Planet ", rafle 11 000 abonnés sur les 16 000 officiels que compte la Tunisie. Coïncidence : Planet a été confié à la fille de l'actuel président au terme d'un appel d'offres public tout à fait officiel. Fait extraordinaire : les 100 premiers gérants de centres d'Internet publics (intitulés Publinets) qui ont demandé l'agrément au ministère de la Communication étaient abonnés… à Planet. Bref, l'Internet s'ouvre à Tunis ? Il s'entrouvre.

Roch Sonnet - © Afrik.com.