La guerre de la communication

Il est inadmissible que les webmasters des sites tunisiens soient obligés de naviguer des heures pour trouver une information, un communiqué ou un article et de faire ensuite des contacts et des appels téléphoniques pour s'assurer que l'information est fiable, alors qu'ils ont des adresses mail où toute association ou parti ou personne concernée peuvent les joindre facilement !!!
On ne va pas être tendres avec l'opposition Tunisienne cette fois, car on aime le travail bien fait en premier lieu mais ce qu'on déteste le plus c'est la désinformation et le manque de respect pour l'arme la plus redoutable dont on dispose pour le moment, l'internet. Pour expliquer notre colère et notre démarche on va procéder avec des exemples récents :
Exemple 1 : L'article du professeur Marzouki qui nous est parvenu par mail en provenance du Maroc !!! parle entre autres de la boutade de weld el hejjela Sadok Châabane, le fait est survenu le mardi 31 juillet 2001 ( cf. : TUNeZINE 19 ), l'article du docteur Marzouki est fait à Sousse le lundi 30 juillet 2001 ( cf. : TUNeZINE 20 ) !!!
Exemple 2 : TUNISNEWS 446, publiée de la Suède à 2h du matin le dimanche 5 août 2001, donne la liste des 46 militants qui ont soutenu la grève de la faim du 26 juin 2001 en faveur de Hamma Hammami et ses camarades et une liste de 643 militants et personnalités nationales qui ont signé une pétition réclamant la cessation de toutes les poursuites engagées depuis des années contre Hamma Hammami et ses camarades contraints à la vie clandestine. TUNeZINE reçoit la veille un mail qui ne contient que la liste des 93 participants à cette grève de la faim du 26 juin 2001 !!! aucune trace du reste du communiqué ( cf. : TUNeZINE 21 ) !!!
Exemple 3 : Des sites étrangers parlent de la Tunisie de façon continue ou événementielle, la majorité apporte un soutien inestimable à notre lutte pour l'émancipation et l'instauration d'un Etat de droit, d'autres cherchent seulement à gonfler leurs compteurs de visites avec des articles et des commentaires hors sujet car ils ont une bonne idée de l'engouement des tunisiens pour le surf.
Exemple 4 : Le juge rebelle a donné une leçon à toutes les personnes qui veulent utiliser le web pour dénoncer le régime fasciste de ZABA mais il a commis une petite faute de parcours qui a risqué de gâcher tout lors de la publication de sa lecture du discours du 25 juillet 2001, cet article jugé "mou" par certains a été publié par un anonyme sur un site anonyme, résultat zizanie et doute car les gens ont pris l'habitude de consulter son site rebelle , certains de nos compatriotes ont même mis en doute l'authenticité de ce document et quand ils ont eu la confirmation sur Mizen il ont traité le juge de lâche et de traître ( cf. Forums : ettounsi, kalima ... ).
On va s'arrêter avec les exemples car ils sont innombrables et on va essayer de résumer le tout en quelques lignes :
- Du respect Messieurs pour vos sites militants qui travaillent dans des conditions absurdes : Censure, absence de financement, épuisement, attaques virales ...
- Envoyez vos informations directement aux tenants des sites : les webmasters.
- Arrêtez de faire du spam vous gênez beaucoup d'internautes avec vos mails non sollicités, si une personne ne veut plus de vos mails tachez d'enlever son adresse de votre carnet d'adresses ou de votre liste de diffusion.
- ZABA fait recours à la désinformation et à la propagande et nous on va l'achever ensemble avec des informations vraies !!!
Vive la république à bas les gougeas.

TUNeZINE .Tunis, dimanche 5 août 2001 .
Un signe qui ne trompe pas

Après l'émission " le grand Maghreb " consacré au militant Hamma Hammami qui restera dans la mémoire de tous les tunisiens et dans les annales du paysage audiovisuel tunisien et l'inévitable one man show de Hachemi Hamdi de plus en plus drôle, j'ai zappé avec la télécommande pour voir ma chaîne trash préférée canette 7, deux potiches essayent sans succès de redresser l'audimat en posant une question débile aux passants : Qui a un passeport ? 5 minutes plus tard l'une d'elles tombe sur une fille qui n'a pas encore son passeport confisqué par ZABA !!! et pour vérifier elles doivent prendre un taxi pour aller à la maison de l'heureuse miraculée. Elles arrêtent un taxi et commencent a s'installer en invitant le caméraman a prendre place c'est alors que se passe une scène inimaginable il y a quelques mois, le taxite invite ce beau monde a quitter son gagne pain, la potiche l'intimide alors : mais on a une autorisation officielle ! le taxiste réplique : Et alors ?!! et il part chercher des clients solvables.

ettounsi .Tunis, dimanche 5 août 2001 .
Hamma Hammami

Si vous avez raté l'interview de Hamma Hammami, TUNeZINE va vous résumez le tout en quelques mots :
- L'ennemi public numéro un c'est ZABA, les gougeas ne sont que des pions.
- La Tunisie n'est pas une république et il n'y a pas encore de constitution.
- Appel à un cessez le feu entre les composantes de l'opposition tunisienne et à une unité face au tyran de Carthage.
- Le PCOT ne baissera jamais les bras même en clandestinité.
- Le régime présidentiel actuel pourra disparaître d'ici 2004.
- Le miracle économique tunisien est mis en doute, statistiques à l'appui.
- Hamma a fait un hommage vibrant à tous les prisonniers politiques tunisiens.

TUNeZINE .Tunis, dimanche 5 août 2001 .
Pour faire plaisir à ZABA

- ZABA n'arrête pas de répéter que dans son pays il n'y a aucun prisonnier politique, nous aussi on répète la même chose : En Tunisie il y a seulement des prisonniers de guerre, notre guerre froide et pacifiste contre le caïd de Carthage.
- Concenant la liberté d'expression lisez ce qui va suivre 16 ans de prison pour un article de presse !!!

POW- WOW. Tunis, dimanche 5 août 2001 .
Lettre ouverte à M. Ben Ali

Nous soussignés journalistes des différents organes de Presse, avons voulu attirer votre attention sur la situation jugée critique de deux de nos confrères, qui entament une grève de la faim depuis le 4 juin 2001. Il s'agit de M. Hammadi jebali ex - directeur du journal "Al Fajr" condamné le 9 juillet 1992 à 16 ans de prison à la suite d'un article paru dans son journal, le 27 octobre1990 sur "l'inconstitutionnalité des cours militaires dans une société démocratique" et qui se trouve actuellement à la prison de "Nadhour à Bizerte" ainsi que M . Abdallah Zouari ex- journaliste au même hebdomadaire incarcéré le 12 avril 1991 et qui a été condamné le 9 juillet 1992 à onze ans de prison, détenu à "9 avril 1938 Tunis".

Nous tenons à vous exprimer, Monsieur le Président, notre profonde inquiétude sur le sort de ces deux confrères.

Nous demandons leur libération immédiate et inconditionnelle ainsi que la cessation de toute autre forme de poursuite et de harcèlement à l'égard de tous les autres confrères, afin qu'ils puissent s'exprimer librement et exercer leur métier dans des conditions dignes et respectueuses nous demandons également l'abandon de la procédure actuelle établie contre notre consœur Siham Ben Sedrine journaliste militante et porte parole au sein du conseil national des libertés en Tunisie.

Signataires

Nom et Prénom_______________Nationalité - Organe de Presse Pays

1-Tahar Labidi________________Tunisienne - s / Le Parisien France
2-Jacques Dor________________Frannçaise - Le Parisien France
3-Fabien Cocuron_____________Frannçaise - Le Parisien France
4-Roujol Gulaine______________Frannçaise - Le Parisien France
5-Lakdhar Khalfaoui___________Algerienne - S.G JAFE France
6-Thierry Kyalimba____________Zairenne - Dr. La Vision France
7-Toufik Methlouthi____________Frannçaise - Radio Méditerranée France
8-Maud Gentil________________Frannçaise - Le Parisien France
9-Noureddine Aouididi_________Tunisienne - Agence Quds Press Royaume uni
10-Virginie Belle______________Frannçaise - Le Parisien France
11-Eyoum Ngangue___________Frannçaise - Pr. JAFE France
12-Ibrahim Seaga Show________Seralionaise - M. JAFE France
13-Lionel Ormieres____________Frannçaise - s / Le Parisien France
14-Mamadou Diallo____________Binine - M. JAFE France
15-Rabha Attaf_______________Frannçaise - J. Indépendante France
16-Yaho Charles______________Cameronaise - M. JAFE France
17-Iyasou Elemayehu__________Ithyopienne - M. JAFE France

Pour toute autre information prière contactez: Tahar labidi
Tél/Fax: 01 40 36 33 80 P: 06 14 30 68 50 -Tahar.labidi@libertysurf.fr

Comité International de Solidarité pour les Prisonniers Politiques en Tunisie

Paris, le 12-07-2001
Faut-il s’empresser de crier victoire ?

Ben Ali a ordonné la réintégration du juge Yahiaoui à son poste de juge à la cour d’appel de Tunis. Pourquoi l’a-t-il suspendu trois semaines auparavant alors ? L’affaire Yahiaoui est-elle close par cette réintégration ?

Tout d’abord, en Tunisie il n’y a pas d’affaire Yahiaoui en tant que personne. Par contre, il y en a une très grave affaire, parmi plusieurs autres en Tunisie, liée à Yahiaoui en tant que juge, à tous les autres juges dans le pays et à la justice dans son ensemble dans le pays. Celle-ci est liée à la dépendance totale du secteur judiciaire au pouvoir exécutif. Yahiaoui a eu le courage et le mérite de dire cela haut et fort dans sa lettre ouverte à Ben Ali. Ce dernier, par arbitraire et abus de pouvoir, l’a suspendu de son poste de travail en tant que juge. C’est à dire, il a présenté, par cet acte arbitraire, une preuve supplémentaire sur sa main mise sur la justice et sur son mépris pour les juges. Maintenant, si sous de très fortes pressions nationales et internationales, il a reculé et a ordonné la réintégration de Yahiaoui dans son travail, cela ne veut pas du tout dire qu’il a levé sa main sur la justice. Alors il est très taux de crier victoire sur ce plan. Car nous sommes encore très loin de l’objectif fixé, l’indépendance de la justice. Je suis plus que sûr que cet objectif ne sera jamais atteint tant que Ben Ali reste au pouvoir. Seulement nous devons militer pour cet objectif entre autres dans le but d’accélérer la chute du dictateur.

Le juge Yahiaoui a déclaré qu’il a enregistré la présence de certains points positifs dans le dernier discours du dictateur du palais de carthage. Je ne sais pas s’il l’a fait par tactique ou par conviction. Je doute fortement que Yahiaoui l’a dit par conviction, surtout qu’il n’y a rien de positif dans ce discours totalement creux. En plus, il ne faut jamais s’attendre de quoi que ce soit de positif de la part de ce dictateur sauvage. Au contraire, il faut toujours s’attendre au pire de sa part, telle que la présidence à vie par exemple ou la recrudescence de la répression pour garder encore le pouvoir contre le gré du peuple. Mais s’il l’a fait par tactique, pour éviter sa colère et sa répression, et bien c’est une très grave erreur de la part de notre brave juge. En effet avec ce Général il faut assumer la responsabilité, être très sérieux, appeler les choses par leur nom et les décrire telles qu’elles sont. Il ne faut jamais faire semblant de lui lancer des fleurs ou de faire son éloge. Il ne le mérite pas, car c’est un flic de dernière catégorie. Il a commis de très graves crimes contre le peuple tunisien, c’est à dire contre l’humanité. Ce qu’il faut faire avec ce dictateur c’est de tenir bon avec lui, maintenir et accentuer la pression contre lui, le dénuder en plein jour, discréditer énergiquement ses sales manœuvres contre le peuple et éclairer, préparer et encadrer les forces populaires pour un soulèvement de masse contre lui et son régime qui tourne définitivement sa page.

Cette réintégration de Yahiaoui est certainement une tactique de sa part pour se dérober devant les très fortes pressions qui se sont déclanchées contre lui par le biais de cette affaire et aussi un moyen pour calmer un peu le jeu pour faire passer sa compagne orchestrée pour un quatrième mandat pour les soit disons élections présidentielles de 2004. Il se trompe totalement, et il oublie que son théâtre mesquin ne passe plus avec le peuple tunisien qui l’a déjà condamné avec sursis au plus lourdes des peines. Au lieu de nous jouer ses acrobaties, il fait mieux s’il plie bagage et fiche le camp. A cette occasion, je préfère ne pas mâcher mes mots et être complètement franc et appeler solennellement le peuple tunisien à rompre avec la peur, à la contestation, à la rébellion et au soulèvement populaire massif contre ce dictateur sauvage pour le renverser et libérer le pays de son joug. C’est le seul choix qui nous reste à utiliser avec lui, j’en sûr et vous allez voir. Pour ma part, je suis prêt de mettre toutes mes compétences à la disposition de mon peuple pour mener à bien une telle stratégie. Toutefois, si d’autres stratégies meilleures et plus convaincantes permettant d’atteindre le même objectif, je n’hésite pas une seconde à me mettre à la disposition de ceux qui les présentent.

Ce qui m’a obligé à prendre cette position, c’est que Ben Ali, en plus de sa dictature, sa répression, sa corruption et sa délinquance, il traite, maintenant plus qu’auparavant, le peuple tunisien avec de plus en plus de rancune. C’est sous l’effet de cette rancune qui le ronge qu’il garde plus de mille prisonniers islamistes depuis plus de dix ans en prison dans les pires des conditions inhumaines. Seulement dans le simple but d’assouvir sa soif de rancune. C’est sous le même effet qu’il s’est déchaîné contre une femme fragile, mère de famille, Siham Bensedrine, à cause de son patriotisme héroïque et son militantisme pour les libertés, la démocratie et la dignité humaine, et l’a cloîtrée en prison dans des conditions des plus dégradantes pour une femme noble de son genre. La même rancune viscérale, qui la prouve pour l’autre et pour le peuple tunisien d’une façon générale, l’a poussé à s’abattre sur Mohamed Mouaada et l’a incarcéré seulement dans le but de le punir contre sa participation aux émissions de la chaîne « Elmoustakilla » à Londres. Depuis longtemps, tout le monde sait que le Général souffre d’un déséquilibre psychique grave. Maintenant ce déséquilibre s’est aggravé davantage, à un tel point que le pays n’est plus gouverné maintenant que par les passions. Sommes-nous donc gouverné par un fou ?

Salah Karker samedi 4 août 2001 .