Halima retrouve ses habitudes


C'est l'histoire d'hier, d'il y un mois, de l'année dernière... l'histoire d'un rassemblement interdit, de militants tabassés par les gendarmes, de citoyens interdits de quitter le territoire, d'articles d'une presse soumise pleins de haine et de diffamation. C'est l'histoire d'un petit pays gouverné par un général hors la loi qui se permet tout. C'est la Tunisie de 2001 où le fait de célébrer une liberté conditionnelle !!!, de scander l'hymne national ou d'assister à un débat télévisé constitue un crime de lèse-majesté !!! C'est le seul pays au monde où l'urgence d'un hôpital à l'honneur d'accueillir des représentants (victimes) de toutes les sensibilités politiques et de la société civile le même jour c'est un peu dur à avaler mais ça c'est vraiment passé hier vendredi 17 août 2001 vers 18 heures, en effet une réception privée devait être organisée à la maison d'édition Aloès, avenue Abdelwaheb Mâakel Ezzaïm Tunis, par le CNLT à l'occasion de la libération de son porte-parole Sihem Ben Sedrine . Des policiers en civil ont encerclé le périmètre et ont empêché les invités : membres du CNLT, de la LTDH, syndicalistes, représentants d'ONG et de partis politiques, avocats, enseignants , médecins, journalistes... d'accéder au local. A 18h30 alors que des militants rassemblés sur la place aux alentours du local ont commencé a chanter l'hymne national des flics ont réagit violemment et ont malmené les présents en agressant des militants, des invités et des représentants de la société civile parmi lesquels : Mohamed Jmour , Sihem Ben Sedrine, Fatma Ksila, Mokhtar Arbaoui, Omar Mestiri, Abderraouf Ayadi ,Abdelmoumen Belanes , Nejib Hosni, Nidhal Mâater le fils de Abdelwaheb Mâater, Assia Mestiri la petite fille de SBS, Béchir Essid. Vous avez encore des doutes voila le récit d'un témoin oculaire qui veut garder l'anonymat :

La police tunisienne déteste les réceptions privées !

" Nous sommes le vendredi 17 août à l’avenue Abdelwaheb (Maakal El Zaïm). Il fait chaud et lourd sur Tunis. La majorité des " tunisois " ont déserté la capitale à la recherche d’un peu de fraîcheur. Après le quart d'heure de retard d'usage, nous arrivâmes à 18 H 15 à la réception organisée par le CNLT à l’occasion de la libération de Sihem Bensedrine. Nous fûmes agréablement surpris de constater que ce mois et demi de bagne n’a eu aucune effet sur son visage toujours aussi radieux; encore moins sur son air déterminé. Entourée de ses amis et de ses proches, un bouquet de fleurs dans les bras et un joli collier au cou, Sihem était, comme à son habitude, rayonnante. Arrivés sur les lieux, nous remarquâmes d'emblée que les militants des droits de l’Homme étaient tous attroupés en bas de la maison d’édition Aloès où devait avoir lieu la réception. Nous comprîmes rapidement que des policiers barraient la route à ces " dangereux militants " pacifistes (essentiellement des avocats, des enseignants universitaires, des docteurs, des journalistes) venus pour manger un petit gâteau et accessoirement pour féliciter Sihem. Rares ont été ceux qui ont eu le temps de le faire ! En effet, des dizaines de flics " courageux " avançaient vers les militants en proférant des menaces et des obscénités difficilement racontables. Hyper motivés, les policiers faisaient même du zèle en nous promettant une bonne bastonnade. Ces " excités " n’ont pas supporté d’entendre l’hymne national que les " irréductibles " commençaient à entonner. Sur les visages de ces " gros bras " en civil, une haine indescriptible se dessinaient. Les " protecteurs de l’ordre " en avaient visiblement marre de faire des heures supplémentaires sous un soleil de plomb et ce, à cause de quelques " vendus aux puissances étrangères " qui refusent de se la boucler. Personne n’a été épargné, pas même Me Béchir Essid, bâtonnier de l’ordre des avocats. Aux dernières nouvelles, M. Mestiri, membre du CNLT et époux de Sihem sur qui les " efforts " de la police se sont particulièrement concentrés, aurait été transporté vers l’hôpital suite à des blessures au visage et à la tête. La centaine d’intellectuels ne faisaient visiblement pas le poids. Bien habillés et affichant des sourires radieux, ils ont dû vite déchanter en découvrant que le régime de leur pays réprimait les réceptions où on distribue des gâteaux, des fleurs et une certaine " utopie démocratique ". Tous rentrèrent chez eux silencieux, amers et insultés dans leur amour-propre. Avant de dormir, certains n'auraient pas pu réprimer des larmes d'impuissance et de désespoir. Quel gâchis pour mon pays ! "
Tout ça me rappelle mon enfance quand je chantait avec désinvolture l'autre hymne national celui de Bourguiba (car en Tunisie on change d'hymne national !!!) sans comprendre le moindre mot : " Namoutou namoutou wa yahya el bachkoutou " maintenant j'ai tout compris ou presque avec le régime de ZABA on continue à mourir mais sans manger le moindre bachkoutou (Les biscuits de SBS) !

ettounsi@hotmail.com . Tunis, samedi 18 août 2001 .
Chronique de l'arbitraire et de la répression au quotidien

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La réception organisée aux Editions " Aloès " suite à la libération de Sihem Bensédrine est interdite et la police moleste les participants : Fatma Ksila, Sihem, Omar Mestiri et Maître Jmour brutalement agressés.Souad Garbi membre du bureau politique du MDS-légitime et Maître Ayachi Hammami sont empêchés d'embarquer pour Londres où ils devaient participer à l'émission hebdomadaire d'Al Mustaquella
1) Moins d'une semaine après sa mise en liberté provisoire, Sihem Bensédrine a été de nouveau agressée vendredi 17 août 2001 devant le siège des Editions Aloès dont elle est la directrice. Une réception pour fêter sa sortie de prison avait été organisée à 18 heures et les premiers arrivants, militants de la LTDH, du CNLT, de l'ATFD, de l'ATJA et de l'opposition démocratique étaient déjà sur place quand la police a confirmé l'interdiction de la réunion. Dans une atmosphère festive et conviviale, les organisateurs et les participants décidaient, après avoir dénoncé cette mesure arbitraire de se rassembler sur la place devant le siège des Editions Aloès, suscitant la sympathie spontanée des passants et des badauds. C'est alors qu'intervint l'ultimatum de la police d'évacuer la place. Le rassemblement se transforma en seating et la charge policière qui s'en est suivie a été particulièrement brutale. Traînés par les cheveux, frappés à coups de matraques et à coups de pieds alors qu'ils étaient au sol, plusieurs participants ont été gravement molestés. Quatre personnes en particulier ont été sérieusement malmenées, ce qui a nécessité leur transfert au service d'urgence des établissements hospitaliers : Sihem Bensédrine, Fatma Ksila membre du CNLT et épouse du secrétaire général de la LTDH, Maître Mohamed Jmour, secrétaire général du conseil de l'ordre des avocats et Omar Mestiri, époux de Sihem, membre du CNLT et du Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés.
Dès le samedi 18 août, les associations autonomes, d'une part, et le barreau, d'autre part, sont appelées à réagir à cette nouvelle agression. Aux uns et aux autres, et particulièrement aux personnes agressées, le CRLDHT réitère l'expression de sa sympathie et de sa solidarité.
Le CRLDHT dénonce ce nouvel acte d'arbitraire et de répression qui confirme la volonté de l'Etat RCD et de son régime policier de continuer à mener la vie dure à toute forme d'expression libre et à multiplier les provocations et les intimidations à l'égard des militants des droits humains et des libertés.
2 ) Quelques heures auparavant, une provocation inédite avait permis d'empêcher Maître Ayachi Hammami et Souad Garbi militante du MDS-légitime et membre du bureau politique de ce parti d'embarquer sur le vol Tunis-air à destination de Londres où ils devaient participer à l'émission du " Grand Maghreb " du dimanche 19 août sur la chaîne Al Mustaquella consacrée à la détention de Mohamed Moadda, Président du MDS-légitime. Alors qu'ils avaient en main leur billet, le préposé à l'enregistrement les informe que leurs réservations avaient été annulées… à leurs demandes à la suite d'appels téléphoniques. Incroyable mais pourtant vrai ! Souad Garbi et Maître Hammami ont protesté mais en vain. L'avion est parti sans eux ; ils n'ont d'autres recours que de déposer une plainte contre Tunis-air qui, bien sûr, sera classée sans suite.Ce sont là, deux illustrations de l'Etat de non-droit en Tunisie, l'une de l'arbitraire policier et de l'agression brutale et l'autre de la collusion, hors de toute légalité, entre la compagnie nationale de transport aérien et les officines du ministère de l'Intérieur. Malgré les matraques, l'intimidation et les coups tordus, ces deux épisodes seront quand même évoqués dimanche sur Al Mustaquella ; des centaines de milliers de téléspectateurs en prise directe ou via les cassettes en seront ainsi quand même informés. C'est bien là le combat perdu - celui de la communication et des médias - du régime policier du Président Ben Ali.

Paris, 17 août 2001
Mme Mitterrand et la Tunisie : Le délire d’ingérence ou la paille et la poutre
Avertissement : Excusez nous de publier une telle obscénité, où Mme Miterrand est traité de raciste, sourde, aveugle... et HH de serial killer, mais c'est une parade pour pousser ettounsi a écrire un droit de réponse à son "ami" le goujat puisque l'article est publié sur TUNeZINE !

L’article que Mme Danielle Mitterrand vient de faire paraître dans le journal Le Monde (15/8/2001) incite autant à l’étonnement qu’à l’indignation. En lisant Mme Mitterrand, l’on ne peut s’empêcher de s’interroger si, pour certains, le droit d’ingérence ne confine pas au délire. Certes, il y a bien longtemps «qu’elle n'était allée en Tunisie », mais il y a bien longtemps aussi, visiblement, qu’elle en a une idée toute faite, certainement sur la foi de témoignages puisés à 2.000 kilomètres de Tunis. Enfermée dans des apriorismes douteux, enferrée dans les méandres d’une croisade pseudo-libertaire caractérisée, elle persiste et signe un propos assurément conçu et élaboré pour et par d’autres. Elle débarque donc à Tunis le 21 juillet 2001, comme l’on débarquait jadis de Métropole en Colonie. Avec, dans sa besace, une «mission civilisatrice» et un carnet d’adresses sélectif et bien ciblé.

Lorsqu’elle arrive à Tunis, sa première impression qu’elle avoue presque avec regret, est celle d’un «pays florissant, jeune et accueillant. La préparation des Jeux méditerranéens de septembre va bon train; les badauds se promènent sous un soleil clément, le long de l’avenue Habib-Bourguiba. Telle est la Tunisie que des millions de touristes apprécient et le récit de leurs vacances fera rêver plus d’un de leurs amis». Pourtant, le pays réel, elle n’en a cure. Ce qui l’intéresse, en revanche, c’est la vision réductrice et surannée qu’elle en a. Ce que Mme Mitterrand omet évidemment de relever, c’est que, contrairement à tous les préjugés accumulés, elle a pu, au cours de son séjour, et en toute liberté, rencontrer qui elle voulait et là où elle voulait. N’est-ce pas curieux pour un pays tel qu’elle le décrit ?

Entre deux rencontres et quatre rendez-vous, elle finit par retrouver le fil d’Ariane de ses illusions. Et d’exprimer toute sa haine envers notre pays, ses institutions, ses hommes et sa souveraineté. Profondément attachée à ses archaïsmes conceptuels et spéculatifs, elle n’a de cesse de traquer l’anomalie et de déceler la bavure aux détours des commérages et des bavardages de salons. Le reste, la Tunisie profonde, la Tunisie industrieuse et studieuse, celle qui prend à bras-le-corps les défis du développement et du progrès social, et qui peaufine au jour le jour le corpus de ses acquis démocratiques, elle ne daigne même pas la regarder.

Ainsi donc, Madame promène son fiel sur les remparts de ses lubies. Elle invente même la fable d’un «enfant âgé de trois ans, harcelé au jardin d’enfants par des policiers»!!! Fiction pour fiction, autant mettre le paquet : «tortionnaires» croisant quotidiennement leur «victime» sur les bancs de l’université (autre curiosité de ce pays), trois femmes parcourant pas moins de cent kilomètres pour faire le pèlerinage de Danielle Mitterrand et lui demander conseil et bénédiction notant, au passage, l’existence de «corruption» et de «clientélisme» : Mme Mitterrand est pourtant en position privilégiée pour en parler à propos d’autres pays que la Tunisie.

Un tableau apocalyptique dont les formules sont parfois empruntées à un prétendu journaliste dont les clowneries ont indigné plus d’un et dont la crédibilité a été mise en pièces en France même, un tableau digne des pires émotions dantesques. L’alchimie de l’aigreur n’a pas de limites, la spirale des préjugés est vicieuse. Ne reculant devant aucune extrémité, Mme Mitterrand n’hésite pas à utiliser, pour atteindre ses objectifs, tous les moyens médiatiques, y compris le lugubre plateau d’Almostaquilla, la télévision des terroristes intégristes de Londres. Elle n’est pas gênée de traiter avec des personnages dont les mains sont souillées par le sang parfois encore tout chaud d’hommes, de femmes et d’enfants égorgés ou brûlés vifs.

Ce faisant, Mme Danielle Mitterrand ne se rend peut-être pas compte qu’elle agit à l’instar de cet homme que racontent les Evangiles, qui voit la paille dans l’œil du voisin et ne voit pas la poutre dans le sien. Il y a un peu plus d’une année, elle avait provoqué un tollé dans le syndicat français de la magistrature suite aux déclarations blessantes et avilissantes qu’elle avait proférées à l’endroit des juges français, l’un d’eux ayant enquêté sur les trafics d’armes de son fils en Afrique, des armes qui ont servi à tuer des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants
sur notre continent.

Mais comme c’est une affaire franco-française, nous ne voudrions guère nous y attarder, laissant à chacun le soin de balayer devant sa porte. Là où le bât blesse en revanche, c’est lorsque dans son article, elle s’en prend à l’ambassade de France en Tunisie, coupable à ses yeux de «délit de portes closes»! et de «non-ingérence» dans les affaires tunisiennes. Ainsi donc, après avoir réclamé à cor et à cri, en France même, une justice à deux vitesses, Mme Mitterrand s’en prend maintenant aux règles élémentaires de la diplomatie. Au risque de porter atteinte aux liens historiques profonds d’amitié et de coopération existant entre la Tunisie et la France et de brouiller la sérénité de leur entente.

Mais que faudrait-il donc faire pour satisfaire Mme Mitterrand ? Ressusciter les vieux démons du délire colonial et, pour bien corser le tout, l’agrémenter du complexe du colonisé de ce côté-ci de la Méditerranée? Cajoler l’histoire à rebrousse-poil et lever les contingents de goumiers au profit des derniers tenants du cercle des colonisateurs disparus?

Libre à elle de vivoter encore dans une époque qui n’est plus la nôtre. Mais force est de constater que, là encore, les droits de l’homme ne sont qu’un prétexte, un paravent qui dissimule mal les vrais fondements de son équipée aux desseins inavoués, comme l’arbre qui cache la forêt.

La Tunisie poursuit sa marche en toute souveraineté. Elle ne compte que sur le labeur et le dévouement de ses propres enfants. Attelée à une passionnante et formidable oeuvre de progrès multiforme, respectueuse de la démocratie, des libertés fondamentales et des droits de l’homme — choix fonda-mentaux et irréversibles qu’elle a librement consentis —, elle récuse le prêt-à-porter démocratique et autres formules pseudo-libertaires clés en main.

L’édifice démocratique n’en est encore qu’à ses débuts et il appartient à tous les Tunisiens de contribuer à son renforcement continu. C’est là une vérité dont sont conscients tous les Tunisiens, y compris ceux qui, paradoxalement, prétendent à l’impunité tout en revendiquant la consolidation de l’Etat de droit.

Il existe bel et bien, sous d’autres cieux, en terre palestinienne et ailleurs, des situations véritablement tragiques où la dignité des peuples est quotidiennement bafouée, au mépris de la légalité internationale et des principes d’équité et de justice, et où les droits de l’homme les plus élémentaires, dont le droit à la vie, sont chaque jour foulés au pied. Mais là aussi, visiblement, Mme Mitterrand s’en tient aux deux poids et deux mesures, qui frise le racisme. N’est-il pas vrai qu’il n’y a de pire sourd que celui (ou celle) qui ne veut rien entendre ?

Mais que Mme Mitterrand se rassure: elle pourra encore revenir en Tunisie, toutes les fois qu’elle le voudra. Peut-être finira-t-elle un jour par ouvrir enfin les yeux et avoir le courage de dire la vérité, la vraie ?

Moncef Gouja. La Presse : Tunis,samedi 18 aout 2001
Tunisie: la police a brutalisé des militants des droits de l'homme

A Tunis, des policiers ont brutalement dispersé des dizaines de militants des droits de l'homme. Ils fêtaient la sortie de prison de la journaliste Sihem Bensédrine. Des témoins ont dit avoir vu des policiers gifler et frapper à coups de poing plusieurs militants. Ils se sont particulièrement acharnés sur le mari de Mme Bensédrine et sur Fatma Ksila, célèbre défenseuse des droits de l'homme. Sihem Bensédrine a été libérée samedi dernier après avoir passé près de sept semaines en détention. Elle avait dénoncé des atteintes aux droits de l'homme et des tortures présumées. © ATS

Edicom.Vendredi 17 août 2001 .