Ils ont tout dit le 28 Fevrier ! |
|
Dupé deux fois auparavant avec ce pseudo débat démocratique de canette
7, j'ai décidé qu'il n y aura pas une troisième surtout que le débat
d'hier tournait autour de la société civile et la vie associative. Je ne
vous caches pas que les boutades des pions de ZABA ne me font plus rire et
je commence a avoir une conviction que ces gens là ne changeront jamais,
ils font partie d'une époque révolue : la préhistoire ils croient encore
aux forces occultes et au surnaturel. ZABA est leur gourou il est unique,
clairvoyant, protecteur de la patrie et des croyances, sauveur etc. Un
surhomme pour ne pas dire une divinité qui a tous les droits et les
privilèges, sa société est divisée en deux classes la première est celle
qui a obtenu un récépissé, elle est composée essentiellement de pantins et
de gougeas et la seconde c'est celle qui attend l'accusé de réception qui
n'arrivera jamais, c'est la classe des traîtres, exilés, anonymes, vendus,
va-nu-pieds, laissés-pour-compte... appelée sous d'autres cieux la société
civile !

Je m'excuse auprès de ceux qui utilisent une langue vivante
et ne comprennent pas la langue de ZABA, car si ce texte est traduit il va
perdre toute sa quintessence, c'est un chef d'uvre écrit pour et par les
adeptes de la langue de bois.
|
| ettounsi du 20 Mars 1956 à nos jours . |
Le peuple sort de son silence : ce n'est qu'un début ! |

Traduction française :
Après l'intensification des initiatives et des luttes dans les milieux
politico-humanitaires, voici que le mouvement commence à faire tache
d'huile, en touchant cette fois-ci la rue. C'est ainsi qu'à la suite du
dernier rassemblement tenu à la place des Moutons en l'honneur de Sihem
Bensedrine, et l'appel lancé récemment sur Al Mustaquilla par M. Chokri
Hamrouni, responsable de l'information au Congrès pour la République, pour
que la rue dise son mot, voici que Dr Moncef Marzouki, président du CPR,
tient le 20 août dernier un meeting populaire improvisé dans sa ville
natale de Douz. La réunion a pu se poursuivre pendant deux heures sans que
les forces de police venus nombreux n'aient intervenu. Dr Marzouki a fait
connaître notre nouveau parti, et a annoncé la campagne contre le complot
organisé contre la constitution que prépare le régime pour présenter Ben
Ali pour la quatrième fois. A cet égard, il a appelé de ses vux la
constitution d'un large front démocratique pour s'opposer à la dérive
monarchique du régime. Cette réunion a été l'occasion pour le peuple
d'exprimer à voix haute ses frustrations, de dénoncer la répression et les
intimidations policières, la corruption, ainsi que le chômage et la cherté
de la vie. Ainsi, cette manifestation constitue-elle un coup d'envoi à
un mouvement politique populaire, que la scène politique tunisienne n'a
pas connu depuis les années 80.
|
| Salim Ben Hamidane-CPR . Paris, mardi 21 août 2001.
|
C.R.L.D.H. Tunisie : le bulletin d'août 2001 |
C.R.L.D.H.
Tunisie Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de
l'Homme en Tunisie |
21 ter rue Voltaire
75011 Paris- France Tél : (33)321964099 - Fax : (33) 3
21964307 |
Contact Site
web | membre du Réseau Euro-méditerranéen des
Droits de l'Homme
|
I- ACTIVITES DU COMITE |
Au cours de la période du 15 juillet au 20 août, le CRLDHT
a pris les initiatives suivantes : · Sur le plan interne, réunion des
membres Ile-de-France, le 17 juillet et échanges avec les membres
Marseille-Aix sur les propositions de publications et de rencontres
décidées à l'issue de la réunion du 9 juin 2001. · Contribution à
l'organisation de la conférence de presse du 26 juillet 2001 : A
l'initiative de quatre députés européens qui se sont rendus dans le
courant du mois de juillet en Tunisie - Harlem Désir, Hélène Flautre,
Olivier Dupuis et Roselyne Vaschetta - cette conférence de presse s'est
tenue le 26 juillet 2001 à 11H dans les locaux du bureau d'information du
Parlement Européen à Paris. Les députés ont présenté leurs témoignages à
la suite des missions d'observation en Tunisie qu'ils ont eues à effectuer
(affaires Marzouki, Raid, affaire Ben Sedrine, détention de M. Moadda,
affaire Yahiaoui) et de leurs rencontres avec les acteurs de la société
civile. · Cette conférence de presse a été organisée avec la
participation de Patrick Baudouin (Président d'Honneur de la FIDH), Eric
Goldstein (Human Rights Watch), de la section française d'Amnesty, de la
fondation France-Libertés, de l'Action des Chrétiens pour l'Abolition de
la Torture, de la Ligue Française des Droits de l'Homme et du CRLDHT.
Madame Danièle Mitterand, Présidente de la Fondation France-Libertés, qui
s'était rendue à Tunis en mission d'observation les 20 et 21 juillet (Cf.
infra), s'est fait excuser. La parole a par ailleurs été donnée au frère
de Maître Samir Dilou, à l'époque interpellé et libéré le 30 juillet (Cf.
infra) · Le 16 juillet, le CRLDHT s'est associé à la déclaration pour
une justice indépendante en Tunisie et de soutien à M. Yahiaoui, magistrat
tunisien. Cette déclaration, prise à l'initiative notamment du Syndicat
Français de la Magistrature et du CSLCPT, a été signée par une vingtaine
d'associations et par six personnalités démocratiques. C'est sur cette
base que le CRLDHT a participé à la délégation, composée des mêmes
initiateurs, qui s'est rendue à l'ambassade de Tunisie où une fin de
non-recevoir lui a été opposée. · Le même jour, le Président de la
FIDH, Maître Sidiki Kaba et le Président du CRLDHT, Kamel Jendoubi, ont
saisi, du cas du juge Mokhtar Yahiaoui, Monsieur Param Cumaraswamy,
Rapporteur Spécial sur l'indépendance des juges et des avocats de la
Commission des Droits de l'Homme de l'ONU. Alerté par le CRLDHT,
l'Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits de l'Homme,
programme conjoint de la FIDH et de l'OMCT, a lancé un appel urgent de
soutien au juge Yahiaoui : TUN005/00107/OBS063 Observatoire@iprolink.ch ·
Le 20 juillet 2001, le CRLDHT a publié un communiqué sur la nouvelle
agression à Marseille dont a fait l'objet notre ami Jalloul Ben Hamida,
membre du CRLDHT, brutalisé devant l'entrée du port de Marseille par des
nervis et des barbouzes du pouvoir en Tunisie. · Le 3 août, le CRLDHT a
adressé, avec la FIDH, l'Observatoire pour la Protection des Défenseurs
des Droits Humains et la LDH, un message à la journée " portes ouvertes "
organisée par le MDS légitime au domicile de M. Moadda (Cf. infra). Ce
message a été rendu public sur Internet le 8 août. · Le 7 août, le
CRLDHT a rendu public un communiqué sur la tentative d'interdiction de
visites à Sihem Ben Sedrine que les autorités ont essayé d'imposer à
Maître Radhia Nasraoui ainsi qu'à la mise à sac du bureau de HIchem
Gribaa, ex- vice-président de la LTDH, (Cf. infra) et à la campagne de
presse et d'intimidation contre la chaîne TV " Al Mustaquella ". · Le
CRLDHT est intervenu aux côtés notamment de la FIDH, de la CIMADE, de la
LDH, de l'ACAT et d'Amnesty Internationale - section France - concernant
l'interpellation à la frontière franco-suisse de Monsieur Abdelmajid
Najjar et des procédures administratives et judiciaires dont il a fait
l'objet concernant sa demande d'asile (Cf. infra). |
II- CHRONIQUE DE LA VIOLENCE POLICIERE EN TUNISIE |
· Communiqué commun LTDH, CNLT, ATFD et
ATJA (traduit de l'arabe par nos soins)
La Ligue tunisienne pour la défense des droits de l'homme (LTDH) Le
Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT) L'Association
tunisienne des femmes démocrates (ATFD) L'Association tunisienne des
jeunes avocats ( ATJA)
Tunis, le 18 août 2001 Un nombre important de militantes et de
militants des droits humains et du mouvement démocratique a répondu à
l'invitation du Conseil national pour les libertés ( CNLT) qui avait
appelé, le vendredi 17 août 2001, à une réception pour fêter la libération
de Sihem Ben Sedrine, son porte parole. Bravant l'interdiction de la
réunion et la présence imposante de la police qui a mis le local des
Editions Aloès, lieu de la réception, en état de siège, de nombreux
invités se sont rassemblés sur la Place Maakal Ez zaïm à Tunis distribuant
des sucreries aux voisins et aux passants . C'est alors que la police
politique a décidé d'intervenir sauvagement utilisant même de puissantes
motos pour disperser le rassemblement. Agressés violemment à coups de
poings et à coups d'injures dans des termes orduriers, les participants,
au nombre des quels des, personnes âgées et des enfants, ont été molestés
ce qui a nécessité le transfert à l'hôpital de la militante Fatma Ksila et
de Omar Mestiri Parmi les victimes de cette lâche agression, citons
également les militantes et les militants : Mme Sihèm Ben Sedrine, Mme
Amal Béjaoui, le Dr Khélil Zaouia, Me Mohamed Jmour, Me Abderraouf Ayadi,
Me Néjib Hosni, Me Abdelbassat El Ouni, Messieurs Ali Ben Salem, Ahmed
Semii, Lotfi Hidouri, Nidal Maatar, Ahmed Kilani, Tarek Soussi, Sakim
Barghouthi, Saleh Boughanmi, Mokhtar Arbaoui, Chadli Meghraoiui, et Lasaad
jouhri. De même, la jeune Essia Mestiri, âgée de 13 ans, fille de
Sihèm Ben Sedrine et de Omar Mestiri a été particulièrement visée par la
violence policière ce qui a provoqué de douleurs atroces.
Aussi, les associations signataires du présent communiqué dénoncent
avec force la violence sauvage exercée par la police politique contre des
figures connues pour leur dévouement en faveur des libertés et des droits
de l'homme. Elles expriment leur solidarité aux victimes de cette grave
escalade ainsi que leur appui à toute personne désireuse d'engager des
poursuites judiciaires à l'encontre des auteurs cet acte criminel tout en
attribuant au Ministère de l'Intérieur toute la responsabilité des
événements.
Elles dénoncent également l'interdiction arbitraire de voyager
signifiée, vendredi 17 août 2001 à Mme Souad Gharbi et Me Ayachi Hammami
et , avant eux, au professeur Tahar Ecchaieb, qui , tous les trois ,
devaient participer à des émissions télévisées sur la chaîne "
Almustaquilla ". Elles condamnent, par ailleurs, le harcèlement et les
abus dont sont l'objet M.Tahar Echaieb et les membres de sa
famille. Nos organisations invitent toutes les composantes de la
société civile - associations, syndicats, personnalités, partis- à
dénoncer cette dangereuse dérive sécuritaire et à défendre le droit de
notre peuple à jouir de la liberté, de la démocratie et d'une citoyenneté
effective.
Pour la LTDH, le président , Me Mokhtra Trifi Pour le CNLT, la
porte-parole, Sihem Ben Sedrine Pour L'ATFD, la présidente, Me Bochra
Bel Haj Hamida Pour l'ATJA, le président , Me Chawki
Tebib.
· Communiqué du CRLDHT Chronique de
l'arbitraire et de la répression au quotidien La réception organisée
aux Editions " Aloès " suite à la libération de Sihem Ben Sédrine est
interdite et la police moleste les participants : Fatma Ksila, Sihem, Omar
Mestiri et Maître Jmour brutalement agressés. Souad Gharbi membre du
bureau politique du MDS-légitime et Maître Ayachi Hammami sont empêchés
d'embarquer pour Londres où ils devaient participer à l'émission
hebdomadaire d'Al Mustaquella
1) Moins d'une semaine après sa mise en liberté provisoire, Sihem Ben
Sédrine a été de nouveau agressée vendredi 17 août 2001 devant le siège
des Editions Aloès dont elle est la directrice. Une réception (NB : à
l'initiative du CNLT) pour fêter sa sortie de prison avait été organisée à
18 heures et les premiers arrivants, militants de la LTDH, du CNLT, de
l'ATFD, de l'ATJA et de l'opposition démocratique étaient déjà sur place
quand la police a confirmé l'interdiction de la réunion. Dans une
atmosphère festive et conviviale, les organisateurs et les participants
décidaient, après avoir dénoncé cette mesure arbitraire de se rassembler
sur la place devant le siège des Editions Aloès, suscitant la sympathie
spontanée des passants et des badauds. C'est alors qu'intervint
l'ultimatum de la police d'évacuer la place. Le rassemblement se
transforma en seating et la charge policière qui s'en est suivie a été
particulièrement brutale. Traînés par les cheveux, frappés à coups de
matraques et à coups de pieds alors qu'ils étaient au sol, plusieurs
participants ont été gravement molestés. Quatre personnes en particulier
ont été sérieusement malmenées, ce qui a nécessité leur transfert au
service d'urgence des établissements hospitaliers : Sihem Bensédrine,
Fatma Ksila membre du CNLT et épouse du secrétaire général de la LTDH,
Maître Mohamed Jmour, secrétaire général du conseil de l'ordre des avocats
et Omar Mestiri, époux de Sihem, membre du CNLT et du Forum Démocratique
pour le Travail et les Libertés. Dès le samedi 18 août, les
associations autonomes, d'une part, et le barreau, d'autre part, sont
appelées à réagir à cette nouvelle agression. Aux uns et aux autres, et
particulièrement aux personnes agressées, le CRLDHT réitère l'expression
de sa sympathie et de sa solidarité. Le CRLDHT dénonce ce nouvel acte
d'arbitraire et de répression qui confirme la volonté de l'Etat RCD et de
son régime policier de continuer à mener la vie dure à toute forme
d'expression libre et à multiplier les provocations et les intimidations à
l'égard des militants des droits humains et des libertés. 2 ) Quelques
heures auparavant, une provocation inédite avait permis d'empêcher Maître
Ayachi Hammami et Souad Gharbi militante du MDS-légitime et membre du
bureau politique de ce parti d'embarquer sur le vol Tunis-air à
destination de Londres où ils devaient participer à l'émission du " Grand
Maghreb " du dimanche 19 août sur la chaîne Al Mustaquella consacrée à la
détention de Mohamed Moadda, Président du MDS-légitime. Alors qu'ils
avaient en main leur billet, le préposé à l'enregistrement les informe que
leurs réservations avaient été annulées
à leurs demandes à la suite
d'appels téléphoniques. Incroyable mais pourtant vrai ! Souad Gharbi et
Maître Hammami ont protesté mais en vain. L'avion est parti sans eux ; ils
n'ont d'autres recours que de déposer une plainte contre Tunis-air qui,
bien sûr, sera classée sans suite. Ce sont là, deux illustrations de
l'Etat de non-droit en Tunisie, l'une de l'arbitraire policier et de
l'agression brutale et l'autre de la collusion, hors de toute légalité,
entre la compagnie nationale de transport aérien et les officines du
ministère de l'Intérieur. Malgré les matraques, l'intimidation et les
coups tordus, ces deux épisodes seront quand même évoqués dimanche sur Al
Mustaquella ; des centaines de milliers de téléspectateurs en prise
directe ou via les cassettes en seront ainsi quand même informés. C'est
bien là le combat perdu - celui de la communication et des médias - du
régime policier du Président Ben Ali. Paris, 17 août 2001 |
III- BEN SEDRINE SIHEM EST LIBRE : |
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La nouvelle de la mise en liberté provisoire de Sihem Ben Sedrine le
samedi 11 août en tout début d'après-midi a suscité joie et émotion parmi
les démocrates tunisiens, en Tunisie même et au niveau international. Le
CRLDHT a réagi par un bref communiqué à 16 h pour réitérer l'expression de
son soutien à Sihem, pour saluer son courage et sa détermination et pour
transmettre un message d'amitié et de solidarité à son époux Omar Mestiri,
à ses enfants, à ses amis et à toutes les personnalités et les
organisations qui ont uvré pour sa libération. La première réaction de
soulagement et de joie légitimes passée, il convient de rappeler un
certain nombre de faits : Sihem est libre mais cette décision - prise
à des fins d'instrumentalisation politique à l'occasion de la Fête
Nationale de la Femme le 13 août - est une mise en liberté provisoire.
Sihem continue de faire l'objet d'une procédure en justice avec tout ce
que cela comporte comme contraintes, tracasseries et risques. Cette
décision positive est le résultat de la formidable mobilisation,
nationale, arabe, africaine et internationale, qui s'est développée depuis
sont interpellation le 26 juin. Sihem, dès sa sortie, a donné le ton,
particulièrement dans ses commentaires aux agences de presse occidentales,
à Radio France International RFI et à la chaîne TV " Al Mustaquella ".
Faisant preuve d'une admirable combativité, elle a mis l'accent sur le
caractère inique de la procédure et de la détention dont elle a fait
l'objet et sur les conditions carcérales à la prison des femme La Manouba,
notamment les brimades et les humiliations pratiquées à l'occasion des
fouilles corporelles auxquelles sont astreintes les détenues à l'occasion
des visites de leur famille et de leurs avocats. Enfin, cette
libération que le CRLDHT a saluée chaleureusement, ne doit pas éclipser,
dans les esprits et dans l'action quotidienne, la situation du millier de
prisonniers politiques en Tunisie (Cf. infra) et celle de Mohamed Moadda,
embastillé dans les conditions arbitraires et scandaleuses que l'on sait
(Cf. infra), ainsi que les contraintes auxquelles est exposé Moncef
Marzouki (Cf. infra). Comme l'affirme notre ami Olivier Dupuis -
secrétaire du Parti Radical Transnational et député européen - : " La
libération de Sihem Ben Sedrine, porte-parole du CNLT, est
incontestablement une bonne nouvelle pour elle et pour sa famille tout
d'abord mais aussi pour tous ceux qui luttent en Tunisie et dans le reste
du monde pour l'instauration de la démocratie et de l'état de droit dans
un pays qui en a besoin comme du pain. Il convient maintenant de ne pas
baisser la garde (
) car on a trop coutume à considérer ces libérations -
qui, dans le cas de Sihem Ben Sedrine et de nombreux autres inculpés, ne
signifient pas absolution - comme des gestes d'ouverture du régime,
oubliant au passage l'arbitraire avec lequel ce même régime avait ordonné
ces arrestations, inculpations et incarcérations. " En attendant, Sihem
Ben Sedrine - porte-parole du CNLT, directrice de la maison d'édition
Aloès, directrice de l'hebdomadaire en ligne Kalima et secrétaire générale
de l'Observatoire pour la liberté de la presse, de l'édition et de la
création (OLPEC) - continue de faire l'objet d'une procédure judiciaire
pour diffamation à l'égard d'un magistrat et pour diffusion de fausses
nouvelles de nature à troubler l'ordre public. Ces procédures font suite à
l'émission à laquelle elle avait été invitée par la chaîne de TV " Al
Mustaquella " et au cours de laquelle elle a notamment fait état de propos
scandaleux d'un juge zélé, des présomptions de mauvais traitements et de
tortures à l'égard d'un détenu de droit commun mort dans des conditions
suspectes selon les constats convergents de la LTDH et du CNLT, ainsi que
des révélations concernant des actes d'abus de pouvoir et de corruption
auxquels se serait livré Moncef Trabelsi, l'un des beaux-frères du Chef de
l'Etat. Ce dernier grief n'a pas été officiellement retenu mais son poids
dans le dossier est bien réel. Les deux premiers griefs ont été également
retenus dans l'assignation qui a été faite par le gouvernement tunisien à
la chaîne " Al Mustaquella " devant la justice anglaise. |
IV - MOHAMED MOADDA EMBASTILLE ARBITRAIREMENT DEPUIS PLUS DE
DEUX MOIS. |
|
Arrêté le 19 juin 2001, Mohamed Moadda est toujours détenu à la Prison
Civile du 9 Avril à Tunis sans avoir la possibilité de rencontrer ses
avocats. Les autorités tunisiennes lui font ainsi payer, de la façon la
plus arbitraire, ses prises de positions politiques et sa collaboration
avec l'hebdomadaire et la chaîne TV " Al Mustaquilla ". Faisant l'objet
d'un scandaleux retrait de la mesure de mise en liberté conditionnelle
dont il avait bénéficié le 30 décembre 1996, Mohamed Moadda devrait, selon
la lettre de cachet présidentielle dont il a ainsi fait l'objet, purger le
reste de la peine de onze ans à laquelle il avait été condamné en 1996.
C'est donc pour plus de neuf ans et demi qu'il a été à nouveau envoyé dans
les geôles du pouvoir tunisien. La campagne de soutien, qui s'est
développée à son égard - en relation notamment avec la détention de Sihem
Ben Sedrine et la situation de Moncef Marzouki - doit à présent être
vigoureusement relancée. Après les prises de positions en ce sens de
l'ensemble des grandes organisations internationales de défense des droits
de l'homme, et notamment de la FIDH, AMNESTY INTERNATIONALE a décidé, dans
un important appel urgent, de " considérer Mohamed Moadda comme un
prisonnier d'opinion et de demander sa libération immédiate et sans
conditions " (Index AI :MDE30/020/01, sur le site d'AI
:http://www.amnesty.org). La journée " portes ouvertes " organisée le 3
août par le MDS légitime au domicile de Mohamed Moadda a par ailleurs
suscité un élan de solidarité unitaire remarquable (Cf. le message du
CRLDHT, de la FIDH, de l'OPDDH et de la LDH). Consacrée au soutien à
Mohamed Moadda et à Sihem Ben Sedrine, cette initiative a constitué un
moment important de la campagne nationale de solidarité. Al Mustaquilla TV
doit consacrer son émission du " Grand Maghreb " du dimanche 19 août à la
situation de Mohamed Moadda. |
V - DE NOUVELLES DECLARATIONS DU MAGISTRAT MOKHTAR YAHIAOUI
|
|
La lettre ouverte au président de la République - en date du 6 juillet
2001 - rendue publique le 8 juillet par le juge Mokhtar Yahiaoui,
président de la 10ème Chambre près le Tribunal de première instance de
Tunis, a constitué un événement majeur. S'adressant au Chef de l'Etat, en
sa qualité de président du Conseil supérieur de la magistrature, le " juge
rebelle " avait dénoncé avec vigueur le manque d'indépendance de la
justice tunisienne et son instrumentalisation à des fins politiques. Après
avoir été convoqué, le 13 juillet, par l'adjoint du directeur de
l'Inspection générale des services du Ministère de la Justice, Monsieur M.
Yahiaoui avait persisté dans ses déclarations dans un document relatant
cette entrevue. Le 16 juillet, il était suspendu de ses fonctions de
magistrat et les versements de son salaire étaient interrompus à compter
du 14 juillet par décision du Ministre de la Justice. Déféré devant le
Conseil de Discipline, il a, en définitive, fait l'objet d'une mesure de
réintégration après que son audition, prévue pour le 2 août, ait été
renvoyée sine die. Dans l'intervalle, " l'affaire Yahiaoui " a connu un
retentissement politique et médiatique sans précédent. Les associations
démocratiques et de défense des droits humains ainsi que les instances
syndicales professionnelles de magistrats et d'avocats, en Tunisie même,
dans le monde arabe et au niveau international, se sont largement
mobilisés en sa faveur en raison du caractère arbitraire des mesures
prises à son encontre et du courage de sa prise de position qui a confirmé
l'état de sujétion d'une justice totalement aux ordres de
l'Etat-RCD. Cible d'une campagne de calomnie, portée à son paroxysme
par le directeur du parti gouvernemental lors d'une émission diffusée par
la télévision tunisienne le 17 juillet, le juge M. Yahiaoui a bénéficié du
soutien de l'Association Tunisienne des Magistrats et de l'ensemble de
l'opinion démocratique face à ces attaques indignes.
Après avoir accueilli favorablement certains engagements annoncés par
le Chef de l'Etat lors de son discours de la Fête de la République le 25
juillet dernier, le juge Yahiaoui a présenté une demande d'annulation de
la mesure de suspension dont il avait fait l'objet au ministre de la
justice et ce dernier y a accédé. Par-delà l'appréciation apportée au
discours plutôt musclé du 25 juillet, la contribution du juge Yahiaoui et
sa détermination à l'occasion du bras de fer engagé contre lui, marqueront
de façon décisive le combat pour l'indépendance de la justice en Tunisie.
C'est ce qui ressort notamment du rapport de mission de la délégation des
juristes (magistrats et avocats) qui se sont rendus en Tunisie du 1er au 3
août (Cf. le communiqué du CSLCPT du 1er août 2001, e.mail
:luttesentunisie@yahoo.fr). Cette délégation était constituée d'un délégué
du bâtonnier du Barreau de Paris (Mr. Carbon de Sèze), d'un membre du
bureau du Syndicat des Avocats de France (Mr. Gérard Tcholakian), d'un
membre du bureau de la Fédération Nationale des Jeunes Avocats (Mr.
Laurence Morisset) et de la Présidente du Syndicat de la Magistrature
(Madame Evelyne Sir-Marin). Cette dernière a rendu publique, le 8 août, le
rapport de cette délégation dont la lecture est édifiante
(syndicat.magistrature@wanadoo.fr). Cette mission, mise sur pied par le SM
et le CSLCPT, s'est conjuguée (délégation commune) avec celle mandatée, en
concertation avec le CRLDHT, par la FIDH, l'OMCT (dans le cadre de
l'Observatoire des Défenseurs) et Avocats sans Frontières - Belgique.
Cette mission a été conduite par Madame Marina Coppieterf-'T Wallent,
magistrate belge, qui doit rendre son rapport à la rentrée de
septembre.
Le 7 août, le juge Mokhtar Yahiaoui a publié un texte important
intitulé : " Logique du dialogue. Logique du refus. " dans lequel il
déclare notamment " Nous sommes encore présents, réintégrés et encore plus
libres, pour affirmer que la question de la réforme de la justice en
Tunisie est plus que jamais d'actualité et reste entièrement posée, ses
termes ne pouvant être prédéterminés que par le dialogue qui doit être
instauré. " s'adressant au Chef de l'Etat, il conclut : " Nous avons
besoin de préparer l'avenir dans un climat de calme et de paix dans le
cadre de la légalité et de la constitutionnalité. Aussi, Monsieur le
Président, vous voudrez bien excuser mon insistance à vous répéter que vos
responsabilités constitutionnelles vous font obligation de prendre des
décisions que nécessite la levée de toute tutelle sur la Justice et sur
toutes les institutions de l'Etat, de façon à permettre à tous les
citoyens l'exercice effectif de toutes les libertés garanties par la
Constitution. " (Source : numéro 24 de l'e-mag TUNeZINE,
"http://site.voila.fr/tunezine/index.html"
Ce texte d'une grande rectitude semble avoir déplu à certains. C'est
donc sans surprise que les téléspectateurs de l'émission " Le Grand
Maghreb " de la chaîne Al Mustaquilla TV ont appris par la bouche du juge
Yahiaoui, dimanche 12 août, qu'une campagne insidieuse de calomnie à son
égard s'amorçait à nouveau. Sa probité et son intégrité sont pourtant
reconnues par l'ensemble de ses pairs et des avocats. Mais, calomniez,
calomniez
! (l'affaire est donc à suivre avec vigilance). |
VI - LA SITUATION DE MONCEF MARZOUKI |
|
Le Docteur Moncef Marzouki continue de faire l'objet d'une interdiction
de sortie du territoire et d'un harcèlement policier quotidien. Le 26
juillet, il a tenté d'embarquer à l'aéroport de Tunis-Carthage en
direction de Paris. Cette tentative s'avérera vaine. Deux semaines plus
tôt, le Comité de soutien à M. Marzouki avait rendu publique, le 14
juillet, un communiqué signé par Ali Ben Salem - coordinateur du Comité -
qui rappelait toutes les brimades auxquelles est confronté l'ex-président
de la LTDH et membre fondateur du CNLT (nesnestn@yahoo.fr). Depuis, la
ligne téléphonique de son frère, le Dr. Mokhles Marzouki, interrompue
durant trois semaines, a été rétablie le 4 août. Le 18 juillet,
l'assemblée générale de l'UIPS (Union Internationale de Promotion de la
Santé et de l'Education pour la Santé), réunie à l'occasion du
cinquantième anniversaire de l'association, en présence de délégués de
deux cents pays, a adopté une résolution de soutien à Moncef Marzouki. Le
Comité international de soutien à M. Marzouki a diffusé cette résolution à
travers le réseau international de la santé publique - Libertés - à
l'initiative notamment du Dr. Virginie Halley des Fontaines (Institut
Santé et Développement) : site à visiter,
"http://moncefmarzouki.multimania.com"
Le CRLDHT réitère à Moncef Marzouki l'expression de sa solidarité
agissante et n'aura de cesse à lutter pour que soit mis un terme aux
épreuves arbitraires qui lui sont imposées. Le 24 juillet, a par
ailleurs été rendu publique la déclaration officielle constitutive d'un
nouveau parti présidé par Moncef Marzouki : Le Congrès pour la République
(69, rue Bab El Jazira - Tunis). |
VII - LA MISE A SAC DU BUREAU DE HICHEM GRIBAA |
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Ancien vice-président de la LTDH et l'un des initiateurs du Manifeste
des Démocrates Progressistes du 20 mars 2001, Hichem Gribaa est, depuis
quelques mois, dans la ligne de mire des services de la police tunisienne.
Dans le nuit du vendredi 3 au samedi 4 août 2001, son bureau professionnel
(Bureau d'Etudes en Communication et Information) a été mis à sac dans des
conditions qui ne laissent guère de doute quant à l'identité des visiteurs
nocturnes qui se sont introduits par effraction dans les bureaux, rue de
la Palestine, en plein centre de la capitale. L'intervention " musclée " a
été en effet plutôt bruyante et, malgré le vol d'un certain nombre
d'équipements de bureautique, la destruction des meubles et du matériel
avaient toutes les allures d'un avertissement de barbouzes convaincus de
leur impunité. L'Observatoire pour la Protection des Défenseurs des
Droits de l'Homme (programme conjoint de la FIDH et de l'OMCT), alerté par
la LTDH et le CRLDHT, a lancé le 9 août une action urgente sur cette
agression (observatoire@iprolink.ch; site : "http://www.fidh.org") Le
CRLDHT, solidaire de Hichem Gribaa, dénonce avec force cette agression et
se joint à cet appel ainsi qu'au communiqué de la LTDH publié le 7 août
2001.
· Communiqué de la LTDH La ligue a appris avec
une grande consternation l'agression perpétrée contre M Hichem Gribaa
l'une des figures connues du mouvement des droits humain et l'ex -vice
président de la LTDH. c'est ainsi que des agresseurs ont défoncé la porte
de son bureau sis à la rue de la Palestine en plein centre de la capitale
;ils ont détruit du matériel et ont volé deux imprimantes ,un fax ,deux
appareils téléphoniques ,une calculatrice ,une machine à écrire et une
serviette contenant des documents commerciaux et juridiques .Ils ont
également dispersé le contenu des boites d'archives .Notons que M Hichem
Gribàa est depuis quelque temps l'objet d'une filature continue de la part
de la police ,c'est pour cela que cette agression nocturne et cet acte de
vandalisme suscite plusieurs interrogations d'ailleurs M Hichem Gribàa a
exprimé ces inquiétudes et ses interrogations sur l'identité des
agresseurs et a mis en cause certains responsables lors de sa déposition
devant les services de sécurités au poste de police rue Barto La Ligue
Tunisienne pour la défense des Droits de l'Homme dénonce fermement cette
agression contre M Hichem Gribàa et considère que ces agissements illégaux
n'ont absolument aucun fondement et pourraient ouvrir la voie à des
dérapages dont les conséquences sont dangereuses et incontrôlables . La
LTDH demande avec insistance de mettre fin a de telle agression et de
traduire les agresseurs quelle qu'en soit l'identité et la position devant
la justice. Pour le comité directeur Le président Mokhtar Trifi
|
VIII -LES CAMPAGNES D'INJURES ET DE CALOMNIES DE LA PRESSE DE
CANIVEAU DE L'ETAT RCD |
|
La chaleur estivale et la fébrilité croissante des officines du
pouvoir, face à la montée de la contestation démocratique, ont acculé les
chiens de garde du régime à se lancer dans une escalade effrénée d'injures
et d'anathèmes contre l'opposition (non-gouvernementale !), les
associations autonomes, les ONG et la presse internationales. De ce
lamentable florilège, nous retiendrons, pour la dernière période :
Le papier fleuve (deux pleines pages) du 4 juillet, de l'hebdomadaire
en langue arabe " Al-Hadath " de l'abominable Abdelaziz Jéridi, cerbère
forcené du pouvoir et qui, entre deux " cuites ", la bave aux lèvres,
commet, toutes les semaines, des torchons qui constituent le pire des
déshonneurs pour une profession, il est vrai, sinistrée. Le papier
délirant et haineux du 4 juillet est intitulé : " La réalité de
l'opposition en Tunisie : de la marginalité
à la vassalité
à la
complicité avec les desseins colonialistes !! ". Minable et abominable
galimatias d'un plumitif qui ne mérite que le mépris
ou le traitement
d'urgence en hôpital psychiatrique.
L'article, écrit par le bien-nommé Moncef Gouja, transfuge de
l'ultra-gauche parisienne RCD après s'être compromis à Paris avec la
frange dite " pro-arabe " de l'extrême droite française (cf. le livre "
Notre ami Ben Ali " de J.P. Tuquoi et N. Beau). Parue dans la Presse du 23
juillet 2001, cette philippique, insignifiante parce que démesurément
excessive, est intitulée " L'écran de la honte ". Moncef Gouja s'en prend,
dans l'inimitable langue de bois des inquisiteurs de toutes obédiences à
Hachemi al Hamdi, directeur d'Al Mustaquilla, et Robert Ménard, directeur
de Reporters sans Frontières. La paranoïa de l'auteur et son recours
systématique à l'injure, à l'amalgame et aux mensonges les plus éhontés,
sont révélateurs des dérives de cette " presse de la honte " qui sévit
actuellement en Tunisie.
La troisième illustration, au style il est vrai beaucoup plus châtié,
est la réponse signée par Slaheddine Maaoui, Ministre délégué auprès du
Premier Ministre, chargé des Droits de l'Homme, de la Communication et des
Relations avec la Chambre des Députés, à l'article publié par Le Monde du
22/23 juillet et intitulé " Tunisie : le combat perdu du Président Ben Ali
" (www.lemonde.fr). Rédigé, semble-t-il, par l'équipe de Abdelwahab
Abdallah au Palais de Carthage, ce papier prend violemment à partie
Florence Beaugé, accusée de " brosser un tableau apocalyptique de la
situation en Tunisie " pour se venger " à la suite de l'intox grossière
colportée dernièrement à l'encontre de l'auteur de cet article, et à
laquelle aucune personne, si naïve soit-elle, ne pouvait ajouter foi ".
Comme en termes peu galants et si mystérieux ces choses là sont dites ! Et
combien de lecteurs de cette réponse, parue dans la Presse du 30 juin
2001, ont pu saisir le sens caché de ce type d'allusions. Retenons
toutefois de ce texte, que Le Monde a eu la sagesse de ne pas reproduire,
cette phrase ahurissante dans la bouche d'un Ministre des Droits de
l'Homme : " Laissant de côté, pour une fois, la tarte à la crème des
droits de l'homme, Le Monde ouvre son réquisitoire en dissertant sur le
cas d'un magistrat. " ( !)
Enfin, et après le chapelet de papiers plus infâmes les uns que les
autres, réservés à Al Mustaquilla et à son directeur, il y a eu l'article
" d'Ech-Chourouk " du 1er août 2001, page 13, intitulé " La Tunisie n'est
pas à vendre ?!! ". Une charge anonyme et ignoble contre les démocrates
et, particulièrement, huit d'entre eux. On trouvera, ci-dessous, le texte
de la déclaration commune de la LTDH, de l'ATFD et de l'ATJA, datée du 3
août et intitulée " Cela suffit ! ". Cette déclaration a eu un écho
important dans les milieux démocratiques mais elle a suscité une mise au
point critique de la part de Hachemi Al Hamdi qui s'est étonné que les
trois associations n'aient pas fait référence aux attaques dont il fait
l'objet. Par-delà cette réserve, le seul commentaire à ajouter à la très
ferme position des associations concerne le directeur " d'Ach-Chourouk ".
Comme l'a rappelé Khémaïs Chammari le 12 août, sur la chaîne Al
Mustaquilla, Slaheddine Amri - le directeur en question - est très mal
placé pour donner des leçons de patriotisme puisqu'il a été condamné, il y
a 25 ans, et au terme d'un procès régulier, pour intelligence avec l'Union
Soviétique sur la base des informations qu'il transmettaient, moyennant
rétribution, au directeur de l'agence Novosty à Tunis ! Ses surenchères
nationalistes et patriotiques n'en sont que plus indécentes et procèdent,
si l'on ose dire, de la forme véreuse de la roublardise (de Roubles, bien
entendu
!).
· Déclaration commune LTDH, ATFD, ATJA Source :
perspectivestunisiennes"
Cela suffit !
Les associations signataires, au vu de l'article, comme d'habitude
anonyme, publié par le quotidien tunisien "Achourouk" en date du 1er août
2001 sous le titre "La Tunisie n'est pas à vendre", et considérant ce que
cet article colporte comme diffamations, insultes et accusations de
trahison adressés aux militants tunisiens des droits de l'homme: a..
M. Mohamed Charfi, président d'honneur de la Ligue Tunisienne de Défense
des Droits de l'Homme et ancien ministre, b.. M. Khemaies Ksila,
secrétaire général de Ligue Tunisienne de Défense des Droits de l'Homme,
c.. Maître Mohamed Nejib Hosni, avocat et membre du Conseil National
des Libertés, d.. Mme Khadija Cherif, membre du comité directeur de
l'Association Tunisienne des Femmes Démocrates, e.. Maître Chawki
Tabib, président de l'Association Tunisienne des Jeunes Avocats et de
l'Organisation Arabe des Jeunes Avocats, f.. Maître Radhia Nasraoui,
avocate et ex-membre du Conseil de l'Ordre National des Avocats de
Tunisie, g.. M. Kamel Jendoubi, président du Comité pour le Respect
des Libertés et des Droits de l'Homme (CRLDH), h.. M. Khemaies
Chammari, militant des droits de l'homme et ex-député au parlement;
1.. Déclarent leur conviction que ces articles non signés attestent de
la lâcheté de leurs auteurs et de leur incapacité à assumer les
responsabilités politiques et historiques de leurs actes, 2..
Expriment leur dénonciation et leur indignation de la poursuite de telles
campagnes de presse, viles et de bas niveau, contre des militants et des
responsables d'associations tunisiennes indépendantes, exprimant librement
leurs opinions et refusant d'être l'instrument de propagande de qui que ce
soit, 3.. Attribuent au pouvoir politique la responsabilité de la
recrudescence de ces campagnes et de la dégradation du niveau du débat
politique dans le pays et dont l'une des manifestations la plus marquante
a été illustrée par les termes scandaleux par lesquels M. Sadok Chaabane,
membre du gouvernement, a qualifié Mme Danièle Mitterand au cours d'un
récent débat télévisé, 4.. En appellent à l'autorité judiciaire afin
qu'elle assume pleinement son rôle dans la défense des personnes contre
toute atteinte, d'où qu'elle vienne, d'autant que la poursuite de telles
campagnes est de nature à semer, de façon préoccupante, la discorde entre
les tunisiens.
Pour la Ligue Tunisienne de Défense des Droits de l'Homme Mokhtar Trifi
Pour Association Tunisienne des Femmes Démocrates Bochra Belhaj Hmida
Pour l'Association Tunisienne des Jeunes Avocats Chawki Tabib
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IX- INFORMATIONS BRÈVES |
1. La grève de la faim de Abdelatif Bouhjila
A la mi-juillet, Me Radhia Nasraoui lançait un appel désespéré
pour alerter l'opinion sur la situation de son client Abdelatif Bouhajila,
condamné le 15 mai 2001 dans un procès sans défense à 17 ans de prison
ferme pour appartenance à une " association de malfaiteurs ", en
l'occurrence le parti islamiste " Enahdha ". Depuis cette date, il a
arrêté de s'alimenter pour protester contre ce verdict inique puis contre
la détérioration de sa condition de détention après son transfert à la
prison de Borj Erroumi à Bizerte, loin de ses parents âgés de soixante
seize ans. L'appel de Me Nasraoui a été relayé par un appel urgent
d'Amnesty International en date du 24 juillet (UA184/01, sur le site
d'A.I. : "http://www.amnesty.org"). A la suite de quelques améliorations
et des promesses qui lui ont été faites, A. Bouhajila a accepté, en
définitive, de mettre un terme à cette très éprouvante grève de la faim et
son état de santé demeure très préoccupant.
2. La séquestration de Samir Dillou Arrêté le
17 mai 1991 et torturé (fracture du bras gauche), Samir Dillou a purgé les
dix années d'emprisonnement auxquelles il a été condamné dans des
conditions de détention pénibles qui ont entraîné une baisse considérable
de son acuité visuelle, un déchaussement dentaire et de sérieux problèmes
rénaux. Ancien dirigeant du syndicat islamiste étudiant, l'UGTE, Samir
Dillou qui avait obtenu le CAPA d'avocat juste avant son arrestation, a
été libéré le 18 juillet pour être interpellé à nouveau par la police
trois jours plus tard et être séquestré à Sousse dans les locaux de cette
même brigade de police politique qui l'avait torturé il y a dix ans. La
mobilisation de ses avocats et des organisations de défense des droits
humains a permis sa libération le 30 juillet. Le 26 juillet, son frère
était intervenu sur l'invitation des organisateurs de la conférence de
presse qui a eu lieu dans les locaux du Parlement Européen à Paris (cf.
supra). L'Association des victimes de la torture en Tunisie (AVTT -
Genève) et le Comité de Défense des Prisonniers Politiques en Tunisie
avaient assuré le relais avec ses avocats et Olivier Dupuis (TDI-radical)
s'était mobilisé sur son cas ("http://www.radicalparty.org").
3. Appels en faveur des détenus politiques A
l'initiative de l'International Committee of Solidarity for Political
Prisoners in Tunisia (icsppt@hotmail.com), des appels périodiques sont
lancés en faveur des prisonniers politiques dont un grand nombre est
détenu depuis 1991. C'est ainsi que des appels ont été lancés concernant
Ali Laarayidh, Hamadi Jebali, Ali Salem Hidri et Mohamed Akrout... De son
côté, le Comité de Défense du Professeur Moncef Ben Salem a lancé avec le
soutien du Professeur Laurent Schwartz (Mathématiques), un appel pour que
soient délivrés les passeports du Pr. Ben Salem, ancien détenu politique,
soumis à une surveillance policière constante, et de son fils Abbès âgé de
16 ans. (Docteur Ahmed Amr ; cdpmb@yahoo.fr).
4. La pétition pour l'amnistie totale des victimes
de la répression en Tunisie lancée à l'initiative de la LTDH et du CNLT
avec le soutien de plusieurs partis politiques continue de circuler,
recueillant plusieurs centaines de signatures (Contacts LTDH et CNLT).
5. Parmi les détenus politiques récemment libérés
après avoir purgé l'intégralité de leur peine d'environ dix ans :
Abdelatif Mekki, l'ancien Secrétaire Général de l'UGTE. Très éprouvé par
sa longue détention, A. Mekki a été confronté à la mi-juillet, selon le
CDPPT, à des tracasseries policières durant près de dix jours.
6. Solidarité marocaine. Le 18 juin, et à
l'occasion de la visite du Président Ben Ali au Maroc, l'OMDH et l'AMDH
ont adressé au Chef de l'Etat tunisien une lettre ouverte dans laquelle
elles ont réclamé " la libération de tous les détenus politiques,
l'amnistie générale et l'élargissement du champ des libertés publiques en
Tunisie ".
7. La visite de Madame Danielle Mitterand En
relation notamment avec le CRLDHT et le Réseau Euro-méditerranéen de la
Jeunesse Citoyenne, la Fondation France-Libertés a organisé pour sa
Présidente, Madame Danielle Mitterrand, une visite d'écoute et de soutien
en Tunisie auprès de la société civiles, les 21 et 22 juillet. Cette
visite a eu un écho considérable auprès des associations autonomes et elle
a suscité un intérêt médiatique important
("http://www.France-liberté.fr"). Madame Mitterrand a rencontré la LTDH,
le CNLT, l'ATFD, l'ATJA, le RAID, le bâtonnier Bechir Essid, Moncef
Marzouki, les familles de Sihem Ben Sedrine et Mohamed Moadda - auxquels
elle a demandé en vain de rendre visite en prison, plusieurs personnalités
démocratiques et le juge Mokhtar Yahiaoui. Ulcérées par ce séjour réussi,
les autorités tunisiennes ont réagi par le " black-out " médiatique mais
aussi par une vilaine charge à la télévision à l'occasion d'un débat sur
les droits de l'homme ( !) en Tunisie. Au cours de ce débat pipé (cf.
infra), Mohamed Bouchiha, pdg d'une société nationale et chargé de mission
gouvernementale à la tête d'un des partis du décor parlementaire, le PUP,
a estimé que " Madame Mitterrand devrait plutôt s'occuper des trafics
d'armes organisés par son fils ". Et Sadok Chaabane, un des dignitaires du
régime, ministre de par sa fonction et mauvais garçon de par son état, de
surenchérir en qualifiant Madame Mitterrand de " veuve éplorée ". Le
CRLDHT réitère l'expression de sa sympathie et de son estime à Madame
Mitterand et dénonce avec vigueur la polémique indigne dont elle fait
l'objet dans les médias officiels tunisiens.
8. Le comité de soutien à Hamma Hammami A
l'initiative de ce comité, présidé par le Professeur Salah Hamzaoui, une
pétition en faveur du recouvrement des droits de Hamma Hammami,
porte-parole du Parti Communiste des Ouvriers Tunisiens (PCOT) et de ses
trois compagnons Ammar Amroussia, Abdeljabbar Maddouri et Samir Taamallah,
contraints à la clandestinité, a recueilli plus de six cents signatures
auxquelles il convient, bien sûr, d'ajouter les membres fondateurs du
Comité National de Soutien et celle des membres du CRLDHT. Adresse :
(salah_hamzaoui@yahoo.fr)
9. Solidarité internationale Un communiqué
commun FIDH, HUMAN RIGHTS WATCH et AMNESTY INTERNATIONAL pour la
libération de tous les détenus d'opinion en Tunisie. Cet appel, en
français, anglais et en arabe, est diffusé depuis le 29 juin 2001 :
(http://www.amnesty.org; http://www.hrw.org; http://www.fidh.org)
A l'occasion de la conférence de presse du 26 juillet 2001,
l'Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits de l'Homme
(programme conjoint FIDH-OMCP) et HUMAN RIGHTS WATCH ont publié la version
française du remarquable rapport sur la Tunisie intitulé " Le procès
contre la Ligue des Droits de l'Homme : un affront à tous les militants ".
La publication de cette version française a été précédée par celle d'un
communiqué en date du 25 juillet résumant le rapport (dont la version
initiale est en langue anglaise) et apportant son soutien à la conférence
de presse. Adresses : celles des trois organisations déjà citées.
10. Une initiative de Human Rights
Watch Préoccupée par la situation en Tunisie, HRW a adressé, le
9 août, une lettre et un dossier sur la situation des droits de l'homme et
des libertés en Tunisie aux Etats membres du " Convening Countrees of the
Community of Democracies " (Chili, Tchéquie, Inde, Mali, Mexique, Pologne,
Portugal, République d'Afrique du Sud, Corée du Sud et Etats Unis
d'Amérique). La Tunisie se retrouve ainsi sur la sellette en compagnie de
sept autres pays (Russie, Egypte, Azerbaïdjan, Burkina Fasso, Kenya, Haïti
et Kyrgyzstan). Pour lire la totalité de la lettre et du dossier,
consulter :
http://www.hrw.org/press/2001/108/democracies-0809-ltr.htm#tunisia)
11. Le comité exécutif du Forum Tuniso-Suisse des
Libertés a adressé un appel au Président Ben Ali concernant la
nécessité du respect des droits de l'homme et de la liberté d'expression
ainsi que la mise en garde contre la tentation d'un amendement
constitutionnel lui donnant la possibilité d'exercer un quatrième mandat
(ftsdl@hotmail.com) .
12. La 52eme session de la Sous Commission des
Nations unies pour la promotion et la protection des droits de
l'homme. Bien que la réforme de cette instance ait malheureusement
supprimé les débats sur les pays et que l'ultime réunion préparatoire de
la prochaine conférence mondiale de Durban contre le racisme (fin
août/début septembre) ait éclipsé en grande partie cette 52ème session, la
politique du gouvernement tunisien en matière de droits de l'homme a tout
de même été sur la sellette avec les interventions de plusieurs
organisations internationales des droits de l'homme, telles la FIDH,
l'OMCT, la LIPDP, etc
(http://www.unhchr.ch). Une délégation de cinq
fonctionnaires représentant les Organisations Véritablement
Gouvernementales (OVG tunisiennes) a prêté main forte, à cette occasion,
aux services sécurité de l'ambassade de Tunisie, tout en s'accordant une
petite semaine de " shopping " genêvois " Au Serpents " - le café du
Palais des Nations - on les appelle les " sans " car, pour la plupart, ils
usurpent les titres des organisations " sans frontières ". En fait, ce
sont les ONG " sans " légitimité !
13. Torture Depuis deux semaines, le bulletin
quotidien TUNISNEWS (fvf@swipnet.se) a choisi de mettre en exergue à ses
livraisons cette terrible phrase de Sadok Chaabane, ministre et dignitaire
de l'Etat-RCD :
|
"le fait qu'un prisonnier ait eu les deux jambes
coupées à cause de liens serrés trop fort n'est pas de la torture
mais une négligence!!!". Le
Docteur en « Droit » et ex-ministre de la justice Sadok
Chaâbane. Tunis, le 31 juillet
2001. |
S. Chaabane faisait référence aux quatre tortionnaires d'Ali Mansouri
condamnés, au début du mois de juillet, à quatre ans d'emprisonnement pour
sévices et 300 000 dinars d'amende (1,5 M. FF). A. Mansouri, un ancien
boxeur, détenu de droit commun, avait eu les deux jambes amputées, au
printemps dernier, à la suite des sévices subits et la LTDH avait alerté
sur son cas, tout en mandatant Maître Abderrahmane Kraiem comme avocat. Ce
dernier participait à l'émission télévisée du 31 juillet au cours de
laquelle S. Chaabane s'est lâché !
Indignes, les commentaires de celui-ci
relativisent singulièrement le profit politique que les autorités
escomptaient tirer de cette " première " judiciaire en tout état de cause
positive. C'est auprès, notamment, du Comité Contre la Torture des Etats
Unis que le gouvernement tunisien compte " rentabiliser " ce verdict.
Par-delà la " gaffe " significative de S. Chaabane, saluons le rôle joué
dans cette procédure par Mr. Kraiem et sa très bonne prestation télévisée
en sa qualité d'ancien dirigeant de la LTDH.
14. L'affaire Jhinaoui Les conditions
suspectes de la mort de Abderrrahmane Jhinaoui, jeune détenu de droit
commun âgé de 25 ans, avaient été révélées, en leur temps, au mois de mai
dernier, par la LTDH et le CNLT, alertés notamment par la longue grève de
la faim de son frère Sadok. Sihem Ben Sedrine avait fait état de cette
affaire (cf. communiqué CRLDHT) sur la chaîne Al Mustaquilla et elle avait
présenté, à cette occasion, des photos de la victime après son autopsie.
Ces photos avaient été auparavant publiées sur Internet. Il ne fait aucun
doute, malgré les pressions exercées actuellement sur sa famille et sur
son avocat, qu'Abderrahmane Jhinaoui a subi des sévices et a été torturé.
Toute la question est de savoir quelle relation y a-t-il eu entre ces
mauvais traitements criminels et son décès le 9 mars 2001 ? Seule une
enquête judiciaire, indépendante et sereine, peut permettre de répondre à
cette question. En lieu de quoi, les autorités tunisiennes préfèrent
poursuivre, pour diffusion de fausses nouvelles, Sihem Ben Sedrine (en
occultant ses propos mettant en cause, dans une affaire de corruption, le
jeune beau-frère du Chef de l'Etat). A cette procédure, s'ajoute
aujourd'hui celle intentée, en Angleterre, contre la chaîne Al Mustaquilla
et son Directeur, en invoquant, entre autres, cette affaire. Un dossier à
suivre avec la plus grande fermeté et une vigilance de tous les
instants.
15. Manipulation du code de procédure
pénale. Le 3 juillet, la Chambre des Députés a adopté une
révision des articles 356 et 359 du Code de Procédure Pénale, relatifs à
la liberté conditionnelle et à l'annulation de celle-ci en cas de nouvelle
condamnation du bénéficiaire ou de transgression des conditions de remise
en liberté. Déjà pratiquée de façon arbitraire, la procédure de mise en
liberté conditionnelle voit ainsi aggraver le rôle discrétionnaire du
Gouvernement et renforcer le caractère de menace et d'intimidation qu'elle
a toujours eu. L'année 2001 aura été illustrée par deux cas majeurs de
recours à la remise en cause de la liberté conditionnelle. Contre Me Nejib
Hosni, d'abord, puis contre Mohamed Moadda, Président du MDS légitime.
Dans le cas de Me Hosni, le pouvoir avait été obligé de reculer devant
l'ampleur de la campagne nationale et internationale de soutien. C'est
l'objectif à atteindre s'agissant de M. Moadda, tout en dénonçant le
caractère répressif d'une procédure conçue comme " une épée de Damoclès "
et dont le caractère arbitraire vient d'être renforcé à la suite de la
récente manipulation législative.
16. Les Jeux méditerranéens Du 2 au 15
septembre 2001, Tunis accueille en grande pompe les XIVème jeux
méditerranéens. Source de bien des enrichissements illicites et de
scandales financiers dont le " joyau " est le stade de Radès, ces jeux
constitueront un enjeu de prestige et d'image majeur pour le président Ben
Ali. La débauche sécuritaire organisée à cette occasion est à la mesure du
pari engagé. Non événement international, ces jeux constituent, notamment
pour les pays de la rive sud de la Méditerranée, un rendez-vous sportif et
médiatique important. Le site officiel des jeux est hébergé à l'adresse
http://www.2001.tunis.com..En réponse à la campagne de propagande dont ce
site est le support, Reporters sans frontières (RSF) a lancé un site
d'information sur la situation des droits de l'homme en Tunisie à
l'adresse http://www.tunis.2001.com Au menu une page d'accueil sur " Le
visage caché du régime Ben Ali ", un article intitulé " bienvenue dans le
pays de Ben Ali ! " qui, partant du constat, de la participation de 23
pays regroupés en 23 disciplines propose 23 arguments sur le caractère
répressif du régime autour de 2 thèmes : " un état de censure " et " un
régime policier ". Suivent deux articles de Taoufik Ben Brik : " Ben Ali
champion à vie " et " Kalamity Sihem " en hommage à S. Ben Sédrine. Enfin
4 portraits de 4 journalistes détenus en Tunisie : Sihem Bensédrine,
libérée depuis, Hamma Hammami ( dirideantdu PCOT), Hamadi Jebali
(dirigeant d'Enahdha) et Abdallah Zouari (du même parti). Une
excellente initiative qu'il convient de saluer.
17. TUNeZINE Magazine en ligne " gratuit copié
et collé à Tunis ", TUNeZINE en est à son numéro 25 avec en prime le "
scoop " de l'affaire du juge Yahiaoui. Professionnellement efficace et
politiquement intéressant et utile, TUNeZINE s'est imposé en quelques mois
dans l'espace cybernétique consacré à la Tunisie.
http://site.voila.fr/mizen/index.html
17 Docteur Honoris Causa ... Nostra La bien
modeste université de Dowling à New-York a accordé au président Ben Ali
son énième diplôme de Docteur Honoris causa. A Tunis on ajoute, par
référence au système mafieux, le terme de " Nostra " à cette distinction à
la valeur assurément sonnante et trébuchante. Mais au delà du caractère
dérisoire de " l'événement ", c'est l'interview accordée au quotidien " La
Presse de Tunisie " par M. Norman Holub, président du conseil
d'administration de cette université qui vaut le détour. On peut y lire en
particulier, entre autres perles, " Nous avons accordé le doctorat Honoris
Causa en droit civil au Président Ben Ali eu égard à sa clairvoyance et à
sa vision avant-gardiste consistant à faire de la Tunisie un pays moderne
". Spécialiste en droit civil pour un militaire qui ignore délibérément
les droits des citoyens, c'est quand même une bonne trouvaille de M. Holub
( !). Drôle d'olibrius !
18. En route pour le quatrième mandat Après le
départ manqué du 20 mars 2001 (les " T-shirts " avec le slogan " Ben Ali
pour l'éternité " étaient prêts) et la riposte des pétitions du printemps
dernier contre la réforme constitutionnelle destinée à donner la
possibilité à Ben Ali de se présenter à un 4ème mandat en supprimant toute
référence à la limitation du nombre de ces derniers dans l'article 39 de
la constitution qu'il avait lui même proposée après le 7 novembre 1987, le
processus plébiscitaire est à nouveau engagé. Depuis le début du mois
d'août et à partir d'une " information " dans la un quotidien
gouvernemental, les appels à une nouvelle candidature non
constitutionnelle de Ben Ali se multiplie. Appels, bien entendu, "
enthousiastes qui insistent pour que le président Ben Ali poursuivent
l'uvre de développement réussie en dirigeant la Tunisie vers le progrès
". Et c'est " spontanément " que des centaines structures du RCD et
d'associations de la nébuleuse de l'Etat RCD se sont lancées dans une
surenchère qui ne fait que commencer. Au nombre de ces appels, celui -
solennel, avec audience présidentielle - de 323 associations tunisiennes
en France ! La barbouzerie du Q.G. Botzaris dans le 19ème arrondissement
est ainsi sur le pied de guerre, qu'on se le dise ! Fausse note
immédiate, le communiqué du Parti Démocrate Progressiste (ex RSP) dirigé
par Maître Néjib Chebbi. Dans ce communiqué du 17 juillet 2001 le PDP
considère que " les appels publiés les 14 et 15 juillet 2001 par les
cellules et les fédérations du parti au pouvoir constituent une tentative
de contournement des dispositions de l'article 39 de la constitution, une
esquive des réformes nécessaires à la préparation du pays pour une
alternance pacifique à l'échéance de 2004 et un reniement des engagements
du 7 novembre 1987 concernant la présidence à vie ". Une prise de position
ferme et conséquente à laquelle le pouvoir a répondu immédiatement par une
opération sans précédent qui a consisté à organiser une " saisie déguisée
" de l'hebdomadaire du PDP, " Al Mawqif ", sous la forme d'un véritable
hold-up du numéro 213 du journal qui ne reprendra sa parution qu'à la
rentrée. La lecture de la dépêche de l'agence AFP du 1er août concernant
ce " hold-up " et la réaction du PDP est édifiante. Les spadassins de
l'Etat RCD ne recule décidément devant rien et n'ont malheureusement aucun
sens du ridicule.
19. A l'occasion du 25 juillet une pétition contre
le 4ème mandat a été mise en circulation en prélude à la campagne
multiforme contre la réforme de la constitution qui doit s'amorcer à la
rentrée de septembre-octobre 2001.
20. Le discours présidentiel du 25 juillet
2001 " Le Président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a souligné
mercredi 25 juillet la nécessité de faire appliquer la loi et fustiger
ceux qui l'ignore au nom de la démocratie et des libertés en référence aux
opposants à son gouvernement . ". C'est en ces termes que l'agence AFP a
amorcé le texte de la dépêche qu'elle à consacré au discours présidentiel
de la fête de la République. Un discours particulièrement musclé et,
comme à l'accoutumée, un plaidoyer pro-domo sans nuance et dans
l'habituelle langue de bois si chère à tous les despotes. Une nouvelle
occasion manquée et une nouvelle déception pour les optimistes impénitents
qui guettent le moindre frémissement pour tenter d'accréditer
l'éventualité d'une ouverture politique. A ceux là et aux chancelleries
occidentales, le président Ben Ali consentira, après avoir durci le ton
tout au long de son discours, une ultime référence surréaliste à son
adhésion " au dialogue fondé sur le consensus " comme une " plate forme de
base pour l'exercice de la démocratie " et au " droit à la différence "
comme fondement du système républicain. Comme dirait le " Canard enchaîné
" c'est cela la politique du gourdin et du jasmin tendu.
21. les contre-feux de la télévision tunisienne
Parallèlement au déluge d'injures et d'anathèmes qui s'abat depuis
plusieurs semaines sur les opposants et les animateurs associatifs qui
sont intervenus sur la chaîne Al Mustaquilla ainsi que sur le directeur de
cette dernière, les stratèges en communication de l'Etat RCD tentent de
mettre en place, à travers la presse écrite mais surtout la télévision
tunisienne, quelques contre-feux
au prix (politique) le moins
coûtant. C'est le sens qu'il convient de donner au lancement d'une
émission de " débat " de deux heures et dont les deux premiers épisodes
ont été diffusés les mardis 17 et 31 juillet. Relayé par le correspondant
complaisant d'une agence de presse internationale - associated press pour
ne pas la nommer - , cela donne comme titres : " quand la TV tunisienne
s'ouvre au débat démocratique " (18 juillet) et " Après la démocratie, la
TV tunisienne brise le tabou des droits de l'Homme " (1er août). Il n'y
a pourtant pas de quoi pavoiser tant ces deux débats ont été pipés et ont
illustrés les limites de ces gestes d'"ouverture " en
trompe-l'il. Certes le tabou de certains noms " rebelles " a été brisé
mais, exceptés quatre intervenants honnêtes et dignes, les deux " plateaux
" ont bel et bien confirmé l'incapacité du RCD, de ses partisans et de ses
courtisans à accepter réellement le débat contradictoire. La palme de
l'arrogance et de l'intolérance est revenue pour la première émission à
Ali Chaouch (secrétaire général du RCD) et pour la deuxième émission à
Sadok Chaabane (Ministre et idéologue du " Benalisme ").
22. " Des femmes racontent la
prison" L'association tunisienne des femmes démocrates (ATFD)
continue dans des conditions difficiles à développer des activités
intéressantes et novatrices. Après le passionnant débat organisé sur la
question de l'inégalité homme-femme dans l'héritage, l'ATFD s'est beaucoup
investie dans la solidarité avec Sihem Bensédrine. Elle avait auparavant
pris des initiatives positives concernant le soutien au peuple palestinien
ainsi que dans l'affaire, qui a heureusement fait long feu, engagée au
Caire contre la militante féministe Naouel El Saadaoui. Le 27 juillet
2001 l'ATFD a organisé une journée " porte-ouverte pour la solidarité avec
Sihem " sur le thème : " Des femmes racontent la prison ". Avec en clôture
du débat sur la situation et les droits des prisonnières en Tunisie, des
témoignages de femmes sur leur vécu en prison. Autre élément notable :
la belle lettre ouverte adressée par la présidente de l'ATFD, Maître
Bochra Bel Hadj Hamida, au juge M. Yahiaoui.
23. les invités de la semaine de l'Humanité
Pendant 5 jours, du lundi 16 au vendredi 20 juillet, Imen
Derouiche et Nourredine Ben Ticha, ex prisonniers politiques en Tunisie et
fondateurs du réseau Euro-méditerranéen de la jeunesse citoyenne ont été
les invités du quotidien " l'Humanité " pour une chronique en 5 épisodes
qui a retenu l'attention par sa spontanéité et la chaleur de son
engagement.
24. l'arroseur arrosé : quand la propagande du RCD
tente de piéger le maire de Paris. Bertrand Delan?é, aime la Tunisie,
son peuple. C'est donc à Bizerte sa ville natale qu'il a passé comme les
années précédentes quelques jours de vacances d'été. Les premières en
Tunisie depuis son élection à la mairie de Paris. Le 12 juillet 2001,
alors qu'il se trouvait à Moscou pour défendre la candidature de Paris aux
jeux olympiques, il confirmait son intention de se rendre en Tunisie pour
y passer ses vacances à Bizerte. Selon le " Parisien libéré ", Bertrand
Delan?é aurait insisté sur le fait qu'il n'oubliait pas la défense des
droits de l'Homme : " Je ne vais pas changer de comportement parce que je
suis devenu maire. Les opposants tunisiens sont mes amis. Je les
défendrais jusqu'au bout
". Mais voilà que le 9 août, " Le Renouveau " -
l'organe très peu lu et illisible du RCD - titre " Le maire de Paris salue
l'expérience politique du Président Ben Ali " et prête à Bertrand Delan?é
les propos suivants au sujet du chef de l'Etat tunisien : "C'est un vrai
militant qui est parvenu grâce à son expérience politique et à sa
clairvoyance à mettre en place les fondements d'une marche réussie,
permettant à la Tunisie de se détacher des pays en voie de développement
et de devenir un pays émergeant où il fait bon vivre " . L'agence
officielle TAP relaie immédiatement et l'AFP reprend la dépêche de TAP.
Etonnement, consternation et colère sur les sites internet non
gouvernementaux tunisiens. Malaise à la mairie de Paris et démenti de
Bertrand Delan?é le 10 août auprès de l'AFP. " Présent en Tunisie dans un
cadre privé, le maire de Paris n'a fait aucune déclaration à caractère
politique et il dément formellement les propos qui lui ont été prêtés par
l'agence Tunis Afrique Presse ". Sans commentaire.
25. Il y a quarante ans l'assassinat de Saleh Ben
Youssef Le 12 août 1961, 3 hommes de main dirigés par l'ancien
baron du régime du Président Bourguiba, Béchir Zarg El Ayoun,
assassinaient dans un hôtel à Francfort Salah Ben Youssef, le leader rival
du " Combattant suprême ". Ce dernier officialisait 13 ans plus tard dans
un discours célèbre la version avancée dès le lendemain de l'assassinat
par l'opposant Brahim Tobal aujourd'hui décédé. L'ex Président Bourguiba
citait les noms des tueurs et justifiait le recours à cet assassinat
politique. A l'époque, l'opposition démocratique s'était distinguée par un
silence assourdissant sur ce tragique épisode et il faudra attendre 4 ans
plus tard pour que le groupe d'études et d'action socialiste (GEAST)
dénonce dans son organe " Perspectives tunisiennes " ce lâche assassinat.
40 ans plus tard, Chokri Latif lance à partir de Tunis un appel
circonstancié sur le thème : " 40 ans d'impunité
cela suffit ! ". Relayé
à partir de l'envoi de fouednejm@hotmail.com, cet appel vise à la fois à
une véritable réhabilitation de Salah Ben Youssef et à l'ouverture d'une
enquête sur les conditions et les auteurs de son assassinat. Le même jour
un site publiait une biographie du défunt
(http://majed.multimania.com/personnages/benyoussef/benyoussef.html).
Le CRLDHT, fidèle à ses choix en matière de défense des droits
humains, de lutte contre l'impunité et de vérité et justice, appelle à son
tour à la mise en place d'une commission internationale d'enquête sur
l'assassinat de Francfort le 12 août 1961.
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DERNIERE MINUTE. |
Le CRLDHT vient d'apprendre, au bouclage de ce bulletin la
mort de Maître Abderrahman Hila, une figure emblématique du barreau
tunisien qui a été de tous les procès engagés contre les opposants
politiques et les militants des droits humains et des libertés en Tunisie
depuis 1966. Maître Hila, à l'humour décapant, était un ténor du barreau,
un éminent juriste et un érudit en matière de poésie arabe. Avec la
dérive despotique de l'Etat RCD, il avait été lui aussi victime d'une mise
à sac de son bureau et de vol de documents et d'effets personnels qui
l'avaient beaucoup affecté. Il y avait vu les conséquences de sa
candidature aux élections législatives en 1989, mais cela ne l'avait pas
pour autant dissuadé de continuer à être aux côtés des victimes de la
répression politique. Ses dernières affaires politiques auront ainsi été
les procès engagés contre : Khémaïs Chammari, Moncef Marzouki, Radhia
Nasraoui, Néjib Hosni, la LTDH, Mohamed Moadda et Sihem Bensédrine. A son
enterrement, deux oraisons : celle du bâtonnier Béchir Essid et celle
remarquable et poignante de l'ex bâtonnier Lazhar Karoui Chabbi. Et la
présence inédite dans des cortèges funèbres exclusivement masculin de
Sihem Bensédrine et Radhia Nasraoui. En dépit des grincements de dents de
certains, Maître Hila aurait quand à lui sûrement apprécié. Adieu OSTADH
(Maître), on t'aimait bien tu sais !
MESSAGE DE
SOLIDARITE De la FIDH, de L'OPDDH, de la LDH et du CRLDHT
Cher(es) ami(es),
A l'occasion de votre initiative du 3 août pour le soutien à Sihem Ben
Sedrine et Mohamed Moadda, la Fédération Internationale des ligues de
Droits de l'Homme (FIDH), l'Observatoire pour la Protection des Défenseurs
des Droits de l'Homme (OPDDH), la Ligue des Droits de l'Homme (LDH-France
) et le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en
Tunisie (CRLDHT) vous réitèrent l'expression de leur solidarité agissante
avec toutes les initiatives tendant à sensibiliser et à mobiliser les
opinions tunisienne et internationale afin de contribuer à leur libération
inconditionnelle, au classement des procédures diligentées arbitrairement
contre eux et au recouvrement de l'ensemble de leurs droits civiques et
politiques.
Cette revendication s'inscrit dans le cadre du combat qui nous est
commun pour relayer l'action, de la LTDH et du CNLT notamment, en vue de
la libération de tous les détenus politiques et d'opinion et de la
promulgation d'une loi d'amnistie pour toutes les victimes de la
répression en Tunisie conformément à la démarche consacrée par l'appel à
l'organisation le 26 juin dernier d'une journée nationale et
internationale pour l'amnistie en Tunisie.
A travers cette action se trouvent par ailleurs posées, avec une
vigueur accrue, la question de l'indépendance de la justice -
remarquablement mise en exergue par la courageuse réaction du juge Mokhtar
Yahyaoui - celle de la torture et celle du combat contre l'impunité des
tortionnaires et des auteurs et des commanditaires de crimes contre les
Droits Humains.
Nous voulons vous redire, à cette occasion, que notre soutien à Sihem
Ben Sedrine et à Mohamed Moadda ne souffre aucune réserve par référence
aux principes qui sont les nôtres. C'est sur cette base que nous avons
appuyé, à chaque fois que nous avons été sollicités, les initiatives en
leur faveur. C'est sur cette base aussi que nous nous sommes impliqués
dans les mobilisations de la journée du 26 juin pour la libération de tous
les détenus politiques et d'opinion et pour l'amnistie. C'est enfin sur
cette base que nous avons constamment pris position en faveur des détenus
en grève de la faim, que nous lançons un cri d'alerte concernant le sort
de A. Bouajila détenu dont la grève de la faim risque de conduire
tragiquement à l'irréparable, que nous avons été aux côtés de Sadri Khiari
et des responsables de l'association RAID, que nous soutenons la campagne
permanente pour le recouvrement des Droits de Hamma Hamami et de ses
camarades contraints à la clandestinité, et que nous avons accueilli
positivement la mise en place du Comité National de Défense de Sihem Ben
Sedrine, Mohamed Moadda et Moncef Marzouki. Le refoulement de celui-ci le
26 juillet à l'aéroport de Tunis Carthage, alors qu'il tentait à nouveau
de partir pour l'étranger, constitue une illustration supplémentaire du
récent raidissement du pouvoir à l'égard des défenseurs des droits
humains. Ce raidissement a été engagé, faut-il le rappeler, avec les
arrestations arbitraires de Mohamed Moadda et de Sihem Ben
Sedrine. Saluant la détermination de l'un et de l'autre, nous nous
associons à vous pour réclamer à nouveau leur libération et pour dénoncer
avec force le recours à la procédure du retrait du bénéfice de la liberté
conditionnelle. Celle-ci se traduit - quelques mois après avoir été tentée
contre Maître Néjib Hosni - par une nouvelle détention de neuf années et
demi pour Mohamed Moadda en vertu d'une véritable lettre de cachet qui lui
interdit même tout contact avec ses avocats. De même que nous dénonçons
avec toute la vigueur requise la détention à la prison des femmes de La
Manouba depuis cinq semaines de Sihem Ben Sedrine qui n'a pas encore eu la
possibilité de s'expliquer lors d'une véritable audition devant le
magistrat instructeur. Nous saluons à cette occasion la formidable
mobilisation des dizaines d'avocats qui se sont constitués en sa faveur et
l'attitude conséquente du Conseil de l'Ordre des Avocats, de l'Association
des Jeunes Avocats (ATJA) ainsi que la mobilisation multiforme des
associations autonomes tunisiennes féminines tout particulièrement
l'Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD).
Dans l'intervalle, le discours solennelle du Président Ben Ali le 25
juillet et les commentaires officiels sur le fait qu"il n'y a pas de
détenus politiques en Tunisie" (sic!) nous ont donné la mesure du
durcissement en cours, mais aussi du manque d'assurance d'un pouvoir
ébranlé par la montée de la contestation démocratique et par la quinzaine
d'émissions hebdomadaires de la chaîne "El Mustakillah". Les invités de
cette chaîne et sa direction - ainsi que la famille de son directeur
Hachemi El Hamdi - continuent de faire l'objet de harcèlements
inadmissibles et de campagnes de presse dont nous n'avons cessé de
dénoncer le caractère diffamatoire et malsain. Aussi sommes nous partie
prenante de la concertation inter-associative qui s'est engagée à Paris et
à Londres pour conforter la défense judiciaire de cette chaîne menacée par
l'action en justice engagée contre elle, à Londres, par les autorités
tunisiennes avec les moyens financiers que l'on devine.
Enfin c'est avec stupeur et indignation que nous avons appris qu'un des
dignitaires et idéologues du pouvoir tunisien, M. Sadok Chaabane, s'en
était pris une fois de plus et avec virulence, lors d'une émission de la
télévision tunisienne le mardi 31 juillet, aux ONG tunisiennes autonomes,
aux OING de défense des droits humains et des libertés fondamentales et à
la solidarité active de personnalités dont l'intervention nous honore,
telles mesdames Marie Claire Mendés-France et Danielle Mitterrand,
qualifiées par ce consternant personnage de "veuves éplorées"!
Pour la libération de Sihem Ben Sedrine, Mohamed Moadda et de
l'ensemble des détenus politiques et d'opinions en Tunisie.
Pour le retour des militants en exil, et pour leur recouvrement de
leurs droits ainsi que de ceux des opposants contraints à la
clandestinité.
Pour l'amnistie totale de toutes les victimes de la répression
politique en Tunisie.
Paris, Genève le 1er août 2001.
Communiqué du CRLDHT
Affaire Ben Sedrine. Maître Radhia Nassraoui fait l'objet d'une
mesure d'interdiction de visite scandaleusement arbitraire
Quatre jours après le succès de la journée " portes ouvertes "
organisée le 3 août 2001 au domicile de Mohamed Moadda par le bureau
politique légitime du MDS (mouvement des démocrates socialistes) en
solidarité avec Sihèm Ben Sedrine et Mohamed Moadda et quarante huit
heures après l'interview de Hamma Hammami sur la chaîne " El Mustaquella
", Maître Radhia Nassraoui, figure emblématique du barreau et épouse de H.
Hammami, a fait l'objet, mardi 7 août 2001, d'une scandaleuse provocation
de la part du juge d'instruction chargé de l'affaire de Sihèm Ben Sedrine.
Ce dernier lui a refusé la délivrance d'un permis de visite à Sihèm Ben
Sedrine actuellement détenue à la prison des femmes de La
Manouba. Maître Radhia Nassraoui a vainement essayé de convaincre le
magistrat du bien fondé de sa demande et donc, du caractère arbitraire de
ce refus. Devant la détermination du magistrat, Maître Nassraoui a décidé,
en signe de protestation, de ne pas quitter les lieux. Le bâtonnier Maître
Bechir Essid, alerté, s'est rendu en compagnie de deux membres du Conseil
Maîtres A. Ayadi et M.Hatfi auprès du juge d'instruction. Ce dernier leur
a explicitement redit son refus de délivrer à Maître Nassraoui
l'autorisation de visite. Ce refus scandaleux a été confirmé par le
ministre de la Justice lui-même à la suite de l'intervention du Bâtonnier.
A 14h30, le juge a menacé de faire intervenir la police pour procéder à
l'évacuation de Maître Nassraoui ; le Conseil de l'ordre a alors convaincu
cette dernière de quitter le bureau du magistrat tout en appelant
d'urgence à une assemblée générale extraordinaire des avocats pour le
mercredi 8 août 2001. En agissant de la sorte, le magistrat instructeur
ne fait, semble-t-il, qu'exécuter les ordres du pouvoir qui tente, par une
telle provocation, d'intimider la défense de Sihèm Ben Sedrine, donnant
ainsi le signal d'un nouveau bras de fer destiné à une reprise en main
musclée d'une magistrature et d'un barreau. Rappelons que le récent
soutien apporté par ces derniers au juge Yahiaoui avait obligé le
gouvernement à réintégré ce magistrat précédemment relevé de sa charge à
la suite de ses déclarations sur l'inféodation du système judiciaire
tunisien. Dans le même temps, il est probable que les autorités
espèrent que cette rodomontade à l'égard de Radhia Nassraoui leur
permettent d'intimider la défense de Sihèm Ben Sedrine à un moment où le
mouvement de solidarité va se développant à l'intérieur du pays. Enfin, il
n'est pas exclu que cette mesure constitue aussi une mesure de rétorsion à
la suite de la prestation télévisée de Hamma Hammami, le dimanche 5 août.
Ce dernier contraint à la clandestinité depuis plus de trois ans, en même
temps que ses trois camarades, Anouar Amroussia, Abdeljabbar Madouri et
Samir Taamallah, a accordé à la chaîne " El Mustequalla " dirigée par
Hachemi Hamdi une longue interview. Quant au directeur de cette chaîne, il
continue de faire l'objet d'une violente campagne de presse en Tunisie,
campagne dénoncée avec vigueur par l'ensemble des démocrates
tunisiens. La situation de Sihèm Ben Sedrine, objet de brimades à
l'occasion de la fouille qu'elle subie lors des visites de ses avocats et
de celle de M. Moadda, à présent privée de la visite de tout avocat,
suscite un mouvement de sympathie et de solidarité de plus en plus
large. Enfin, la mise à sac, dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4
août 2001, du bureau de Hichem Gribaa, ex-vice-président de la LTDH et
signataire d'une pétition lancée le 20 mars 2001 par des démocrates
progressistes constitue encore une autre preuve du climat répressif que le
pouvoir entend faire régner. Le CRLDHT dénonce cet acte de banditisme
d'Etat sur lequel nous aurons l'occasion de revenir et il réitère à Maître
Radhia Nassraoui l'expression de son soutien dans l'attente des résultats
de l'assemblée générale extraordinaire des avocats du 8 août
2001. Paris, le 7 août 2001 |
| Source : Bulletin d'information du CRLDHT. Paris, lundi
12 août 2001 . |
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