Qui est qui ?

Abdelmoumen Belâanès torturé et agressé
maintes fois par les barbouzes du règime tunisien

Certains lecteurs de TUNeZINE nous reprochent entre autres de médiatiser une poignée de personnages au dépends d'autres et de ne pas faire assez pour faire connaître le reste du lot, ainsi on a assisté - sans intervenir - hier à un débat intéressant sur le forum ettounsi autour du thème de la communication et de l'importance des témoignages visuels et sonores ( Photos et bandes vidéos et/ou sonores ), les participants étaient presque tous d'accord - chose rare - sur l'importance de ce genre de témoignage et ont proposé différentes solutions pour pallier à ce manque, mais ils ont oublié de signaler que le fait de filmer une assemblée ou une protestation est presque impossible en Tunisie car le nombre de flics et de mouchards est toujours supérieur au nombre de participants ( deux fois supérieur selon le ministère de l'intérieur, cinq fois supérieur selon les organisateurs !!!) mais la volonté des militants tunisiens nous cache souvent de belles surprises !
On va commencer dés aujourd'hui avec un des militants dont on parle peu, malgré qu'il fait beaucoup pour l'émancipation de ses cons-patriotes, il s'agit de Abdelmoumen Belâanes membre du PCOT et du RAID et ancien détenu politique, ce militant de la gauche tunisienne est l'une des cibles privilégiées de la police tunisienne mais il n'a jamais manqué à l'appel !
Post-Scriptum :
1) On compte beaucoup sur votre aide pour les autres, exemple : on cherche des photos du "grand combattant" Ali Ben Salem.
2) La photo n'est pas de Mel Gibson et elle n'a rien à voir ou presque avec le film Braveheart, elle est tirée d'un autre film : "Il était une fois la Tunisie" où ZABA rafle tout, la réalisation, la production, le tournage, le casting ... et surtout le premier rôle !
3) Se moquer du drame des gens n'a jamais été notre intention.

ettounsi & TUNeZINE. Tunis, vendredi 24 août 2001 .
Pour l'histoire

Le procès en appel de Moumen Belaanès :
un nouvel épisode des procès iniques en Tunisie

Après une première audience vendredi dernier, c'est aujourd'hui 10 septembre 1999 que s'est tenu à Tunis le procès en appel de Moumen Belaanès, confirmant la peine de 4 ans de prison ferme prononcée à son encontre en première instance.
En état d'arrestation depuis le 21 février 1999, Moumen Belaanes a été condamné en première instance le 17 août dernier à 4 ans de prison ferme pour : diffusion de fausses nouvelles de nature à perturber l'ordre public (article 49 du code de la presse), appel à transgresser les lois du pays (art. 44 du code de la presse), maintien d'une organisation non reconnue - Union de la Jeunesse Communiste de Tunisie - (art.30 de la loi sur les associations), distribution de tracts de nature à perturber l'ordre public (art.62 du code de la presse) et diffamation de l'ordre public et des instances judiciaires (art. 50 et 51 du code de la presse).
Comme c'était le cas en première instance, le procès en appel de ce matin était une vraie mascarade faisant preuve, une fois de plus, d'une justice aux ordres en Tunisie. Les droits de la défense ont été littéralement bafoués, contraignant la défense à se retirer sans plaider. La demande des avocats d'accéder aux pièces à conviction saisies chez leur client a été une nouvelle fois rejetée, le même sort fut donné aux demandes d'expertise médicale et d'expertise de la signature figurant en bas du procès verbal relatif aux pièces saisies au domicile de leur client au moment de son arrestation. Moumen Belaanès a affirmé qu'il n'a jamais signé ce procès verbal et qu'il s'agit d'un document falsifié. Maître Radhia Nasraoui, son avocate, n'a pu obtenir un accusé de réception de la plainte contre torture qu'elle a déposée. Devant ces graves dépassements les avocats ont refusé de plaider et ont quitté la salle du tribunal en signe de protestation.

Rappelons que :

le procès en première instance, initialement prévu pour le 10 août 1999, a été successivement reporté au 12 puis au 17 du même mois sur la demande de la défense qui n'a pu avoir accès au dossier que le 16 août. Ayant disposé de moins d'une journée pour l'examiner et préparer leur plaidoirie, les avocats ont protesté en refusant de plaider le lendemain. Cela n'a pas empêché le président du tribunal de prononcer une lourde peine de 4 ans de prison ferme à l'encontre de l'accusé !!!
Pendant son arrestation Moumen Belaanès a été victime de tortures et de mauvais traitements. Lors de la visite de leur client, trois semaines après son arrestation, et pendant les audiences d'instruction, en présence même du juge d'instruction, Maîtres Radhia Nasraoui et Anouar Kousri nous ont confirmé avoir constaté des traces apparentes de torture autour des poignées et sur les plantes des pieds (Belaanès traîne des séquelles à cet endroit héritées de sa première arrestation en novembre 1995 - voir plus bas - et depuis n'arrive plus à marcher normalement). Le prévenu souffre également de douleurs aiguës au niveau du côté gauche dues aux coups qu'il a reçus et ne peut plus dormir sur ce côté. Il n'a bénéficié d'aucun soin et a dû faire une grève de la faim du 11 au 18 mai dernier pour exiger un examen médical, mais aucune suite n'a été donnée à sa demande.
Depuis quelques années Moumen Belaanès fait l'objet d'un acharnement particulier de la part des autorités tunisiennes parce qu'il refuse de renoncer à son droit de s'exprimer librement et de défendre ses opinions. Il y a deux ans il a purgé une peine de 12 mois de prison pour des "délits" similaires. Il vient également d'être condamné le 19 mai 1999 dans le cadre d'une affaire qui remonte à novembre 1995, en compagnie de Bachir Abid et Ali Jellouli, à 18 mois de prison ferme pour incitation à commettre des crimes contre la sûreté intérieure de l'Etat et distribution de tracts de nature à perturber l'ordre public. Sa famille et ses proches n'ont pas échappé au harcèlement des autorités et sa fille âgée de quatre mois est privée de son père depuis sa naissance.
Moumen Belaanès, ainsi que plusieurs autres tunisiens, ont été jetés en prison, torturés et condamnés uniquement pour avoir exprimé leur opinion et défendu la liberté.

Le CRLDHT et Hourriya/Liberté :

Réclament l'ouverture d'une enquête sur les tortures subies par Moumen Belaanès et la poursuite de ses tortionnaires.
Dénoncent avec force l'acharnement des autorités tunisiennes contre Moumen Belaanès et contre toutes les autres personnes victimes de la répression en Tunisie.
Exigent la libération immédiate et l'arrêt des poursuites contre Moumen Belaanès et tous les autres prisonniers politiques en Tunisie.

Hourriya/Liberté - C.R.L.D.H.TUNISIE . 10 septembre 1999
... mais tout le monde l'appelle ZABA !

Avertissement : Les événements de ce poème ne sortent pas de mon imaginaire, les croyants, les vrais savent de quoi je parle. Les autres feraient mieux de réfléchir et d'approfondir leurs connaissances du Livre, et de se remettre en question et revoir leurs idées reçues avant qu'il soit trop tard. Je témoigne devant Dieu mon Seigneur que tout être vivant ou mort suivra le chemin ainsi tracée pour finir en enfer ou au paradis. Quant à toi Ben Ali, si tu lisais çà tu pourrais changer d'avis, car c'est çà qui t'attend réellement si tu continues ta folle marche vers l'abîme entraînant avec toi beaucoup de victimes.

Récit en quatrains :

Il était une fois un homme en costa fait comme çA :
D'os, de chair, de tête, de jambes et de brAs.
Le teint mat, les cheveux gominés et l'air sympA.
Il se fait appeler roi, mais tout le monde l'appelle ZabA.

Du haut de son palais perché sur la colline de CarthA.
Il régnait sur un troupeau d'agneaux, de poules et de rAts.
Aidé en cela par son âne Maoui et son chien de KellA.
Et autour de lui, s'affairent beaux-frères, neveux, gendres et gougeAs.

Dans son petit royaume d'Ifriqiya, au Nord-africA.
Ce prince de Zaba, se croyait un nouveau HannibA.
Il se faisait passer pour Khériddine, MustaKémal et JugurthA.
Il se prenait pour tout ça à la fois, le petit JouhA.

Pour faire taire les houlas, il cognait à tout vA.
Femmes, hommes, grands et petits, tout passA.
Des cachots pleins à craquer, faits de cellules et de ghorfAs.
Enfermés par milliers, qui crie, qui souffre, qui mourrA.

Un temps passait, puis un jour, ce qui devrait arriver, arrivA.
C'est écrit dans les livres, personne n'échappera à çA.
L'ange de la mort appela, et Zaba entendit le nidA.
Et l'ange de passer en courant, et le saisit par le brAS.

Il lui coupa le souffle et le traîna jusqu'à la maqbarA.
Ou l'on enterre le partant, non loin de BourguibA.
Une voix cria: Quels joyeux compagnons ces deux lA.
Sa mission terminée, l'ange passa la main à Naker wa Nakir et s'en vA.

Il est temps de faire passer à Zaba l'examen de rattrapA.
Dis-nous petit malfrat, seigneur de ce monde ci-bAs.
Qui t'a crée, t'a fait roi et vers Qui tu retournerAs.?
Ha, ha, ha, je ne sais pas qui me créa, dit le malfrAt.

L'un des anges dont le bras est un gros bâton comme çA.
Lève la main et assigna un coup sec sur la tête ZabA.
Goûte-moi ça toi qui cognais à tout va autrefois: Ai ça fait mA.
Continuons l'examen de passage, et dis-nous quel est ta millA.?

Ha, ha, ,ha, c'est quoi tout ça! la milla connaît pAs.
Un deuxième coup s'abat sur la tête du mécréA.
Dis-nous, qui est ce messager de paix que Dieu envoyA ?
Pour demander aux hommes de croire dans l'audelA.


De suivre ses pas et de ne pas s'en écarter d'un iotA.?
Ha, ha, ha, je ne sais pas qui est cet homme lA ?
Un dernier coup assomme Zaba qui, à jamais, s'endormA.
Puis un temps long, faits de jours et de nuits passA.

Jusqu'au jour où un ange saisit la Corne et y soufflA.
Si fort, que tout le monde, soudain, se réveille du comAs.
Les mers disparaissent, les montagnes s'affaissent et la terre tremblA.
D'une lumière éblouissante le monde s'éclaira, c'est Yawm al QiyamA.

Tous égaux devant LUI, les yeux grand ouverts et la tête en bAS.
Des hommes et des femmes par milliards parcourent un chemin qui montA.
Vers le ciel, leurs livres à la main contenant hasana et sayyiA.
Mais Zaba se trompe de main, son livre à sa gauche, il se présentA.

Devant le pont suspendu du Sirat que toute personne traversA.
Avant d'arriver au bout du voyage, pour mériter le Paradis ou JahannamA.
Alourdi par son fardeau de pêchers, Zaba trébuche, bascule et tombA.
Où ça? Là où l'attendaient mécréants, taghouts et apostAs.

Il y a là namroud, pharaon, qaroun, et le menteur mousaylimA.
Continuant son envole vers le bas, dans un terrible brouhahA.
Zaba entendit une voix, qui en arabe, l'interpellA:
Eh toi! c'est moi, tonton abou lahab, rappelle-toi tabbat yadA.

Que fais-tu là? Tu n'as pas suivi les pas de mon neveu pour mériter çA.
Et ou tu vas? Tu es venu seul! Je ne vois pas laylA.
Regarde derrière toi, c'est hammalat alhatab, tata oum chawkA.
Qui autrefois semait les épines sur la route de MohammadA.

Mais Zaba ne fait que passer et continue sa chute infernA.
Quant une autre voix en arabe l'interpella. Il hésitA,
Puis se retourna: Qui es- tu? C'est moi, le premier à être arrivé lA.
Tonto abou jahl. N'as- tu pas entendu parler du caïd de MeccA.

Je te connais pas. Qu'as tu fait pour mériter ça, demande Zaba.?
Je régnais en maître sur la Kaaba, quand un homme, un jour se présentA.
Il se mit à maudire nos idoles, manat, houbal et la uozzA.
Aidé en cela par une bande d'intégristes comme ceux d'Al MustaquillAh.

Il prêchait un drôle de milla et nous disait de se consacrer à l'audelA.
Il interdisait la vengeance, le kamia, la drague et le ribA.
Moi, qui n'aimait pas ça, je cognais à tout va, comme toi, sur tous ces renégAts.
Au fait, tu as faim? Viens partager mon festin, et goûte ce repAs.

C'est du zaqqoum, et du dharih que j'arrose du hamim et de himA.
Je n'ai que ça, c'est un cocktail infernal qui me brûle l'estomAc.
C'est ma vie, moi je suis là, et Bilal nage dans le bonheur de la JannAh.
Eh! Mais où tu vas Zaba? Je continue, ma place est plus bAs.

Enfin, il arrive et atterri sur une grosse braise qui brûlA.
Il a pour voisin une étrange créature. Il n'a jamais vu çA.
Une bête à deux cornes qui hurlait, rugissait et criA:
Qui est là? Ah, c'est toi Zaba je t'attendais, approche-toi -A.

C'est moi, le démon, Satan ,Lucifer, le dragon et serpA.
Ou si tu préfère, iblis, alkhannas, alwaswas qui te trompA.
En te poussant, sans le savoir, à briguer un 4e mandAt.
Pour te faire aimer d'avantage, le pouvoir du monde bAs.

Et te faire oublier pour toujours qu'on pouvait se trouver-lA.
Dans le sous-sol de l'enfer toi et moi et quelques autres mécréAs.
Car moi, le premier à avoir pêché par orgueil ,mon bonheur s'arrêtA
Le jour où je défiais par arrogance, le Seigneur qui me demandA.

Alors que nous étions la-haut, de se prosterner devant Adam et HawA.
J'ai juré de tromper la plus part de leurs enfants, pourquoi j'ai fait çA.
Pour ne pas me trouver tout seul dans cet endroit lA.
Regarde autour de toi, l'enfer est plein n'est ce pAs ?

C'est ça qui fait ma grande joie, moi Satan le pariA.
Heureusement pour moi que tu n'as pas lu le poème de BouwazrA.
Qui t'aurait ouvert les jeux et les oreilles grand comme çA.
Qui t'aurait remis sur le droit chemin avant d'en arriver lA.

" Que ferai-je sans toi, un vieux ami, un compagnon de route fidèle.
Qui n'a jamais failli à son devoir pour n'avoir que moi pour model.
Ce qui compte c'est d'être là, tous les deux attachés par des ficelles.
En bonne compagnie, n'ayant que l'enfer pour demeure éternelle "


© Bouwazra : Poème inédit, tous droits réservés à l'auteur qui détient la copie originale.

Bouwazra. L'exil mercredi 22août 2001 .
DECLARATION : A propos du «congrès» du RAID

Le 9 septembre 1999, un groupe d'intellectuels, de cadres syndicaux, ouvriers et étudiants, de sensibilités politiques et de tendances intellectuelles diverses, mus par le désir de proposer des alternatives autres face à une " mondialisation " conçue dans un sens opposé aux intérêts des masses laborieuses et des sociétés non encore développées, ont osé proclamer la création du Rassemblement pour une Alternative Internationale du Développement (RAID).
Comme on pouvait s'y attendre, les Autorités, fidèles à leur politique de négation du droit à la liberté d'association, ont refusé d'accorder aux fondateurs du RAID, l'autorisation d'agir en toute légalité.
Mais, face à cette attitude, contraire au droit élémentaire de s'associer pour défendre, en toute indépendance, des idéaux légitimes, les fondateurs du RAID ont opté, collectivement, pour le choix d'exister en tant qu'association, même si le pouvoir s'y opposait. Et c'est ainsi que nous avons agi publiquement, multipliant les initiatives à l'intérieur comme à l'extérieur du pays. Ce qui valut au RAID une notoriété et une reconnaissance de fait, lui permettant de se manifester en tant qu'association aux côtés de toutes celles, reconnues ou non par le pouvoir, qui oeuvrent pour une prise de conscience des enjeux réels que notre société, appelée à devenir un sujet et non un objet de l'histoire du monde.
Mais, cette expérience collective, initiée par des militants venant de bords différents, a très vite rendu nécessaire le fait d'approfondir la réflexion sur des questions majeures, de préciser les choix qu'impose une situation aux contours imprécis et problématiques, et de poser des règles de conduite pour assurer plus d'indépendance, de démocratie et d'efficacité à la marche de l'association. Du reste, ces problèmes sont ceux qui se posent à toute organisation jeune qui doit inventer les réponses à des questions inédites, dans un climat de répression politique.
Le 1er congrès du RAID devait, précisément, définir les grandes orientations et poser les règles de conduite en fonction des problèmes rencontrés et des divergences enregistrées au cours de l'expérience commune, notamment celles relatives à l'identité de l'association et à son mode de fonctionnement. Mais, à notre grande stupéfaction, un groupe du RAID a préféré une voie dont le but était d'écarter la grande majorité des adhérents et, surtout, ceux dont l'attachement à la pluralité, à la démocratie et à l'indépendance étaient connus. C'est pourquoi, nous, fondateurs et membres du RAID, signataires de ce texte :

I- Informons l'opinion publique de ce qui suit :

Une minorité dont quatre membres seulement du Comité directeur (CD), outrepassant ses droits et prérogatives, a décidé, sans même consulter l'autre partie du CD, ni même informer la plus large majorité de l'Association, de tenir un congrès. Aussi bien la date de celui-ci que le lieu où il devait se tenir ont été arbitrairement décidés et seule une minorité (moins du tiers des adhérents à l'Association) en a été avertie. Cette décision était d'autant plus inacceptable qu'au cours de ses réunions, le CD, chargé de la préparation du congrès, jugeait que le niveau de préparation de celui-ci était insuffisant, pour, au moins, deux raisons :
- parce que les projets de résolutions, exprimant les divergences de vues, relatifs à la plate-forme de l'Association, à son règlement intérieur, à son programme d'action, etc. n'ont pas été distribués, au préalable, de façon à permettre un réel débat sur les questions de fond et les moyens de développer notre action ;
- parce que les adhérents dont la liste définitive n'a, d'ailleurs, pas été arrêtée, n'ont pas été convoqués dans les délais ;
C'est, en considération de tous ces facteurs que le Comité Directeur a pris, majoritairement, dans sa réunion du mercredi 27 juin 2001, la décision de transformer le congrès dont la date avait été, d'ailleurs, prévue pour le 30 juin et non le 1er juillet, en une assemblée générale d'information au cours de laquelle la liste définitive des adhérents serait, officiellement, arrêtée, les différents documents et projets de résolutions distribués aux membres et la date
du congrès collectivement fixée.
De plus, les conditions de répression qui ont marqué la période au cours de laquelle la LTDH et d'autres associations humanitaires ont appelé à des réunions pour réclamer l'amnistie générale, notamment l'intervention de la police empêchant l'accès aux sièges des associations et aux domiciles de certains militants dès le 29 juin 2001, dont certains devaient abriter le congrès, rendaient difficile de maintenir la date du 30 juin comme date de tenue de celui-ci et celle du 1er juillet pour la conférence de presse.
D'autre part, le Comité directeur, après une longue discussion sur la nécessité d'affirmer la spécificité du RAID, en tant qu'ONG indépendante des pouvoirs politiques, avait décidé, à la majorité de ses membres, que les invitations pour assister, non aux travaux du congrès, mais à la conférence de presse qui devait clôturer ces travaux, se limiteraient, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, aux ONG et aux syndicats amis. Mais, cette décision, comme tant d'autres, a été transgressée par le groupe qui a organisé le prétendu congrès et qui n'a pas hésité à inviter des eurodéputés et un sénateur italien pour suivre ses travaux.
II- Condamnons cette action antidémocratique qui témoigne de la volonté d'un groupe minoritaire de s'approprier la direction de l'Association dans le but d'en travestir l'identité.
Pour ce faire, ce groupe a opté pour une démarche :
-refusant le principe du débat démocratique comme moyen privilégié de trancher entre les points de vues opposés sur les questions majeures qui se posent ;
-ne reconnaissant pas le principe de la pluralité des sensibilités et des points de vues comme source d'enrichissement de l'existence collective du RAID.
En effet, le coup de force opéré devait permettre de trancher, d'une façon antidémocratique, le débat qui avait cours sur le fait de considérer le RAID comme une organisation indépendante, mais agissant solidairement dans le cadre du mouvement mondial contre le développement du libéralisme capitaliste ou, plutôt, comme une section d'ATTAC. Depuis le prétendu congrès, on l'a vu, RAID était, systématiquement, désigné par le groupe en question comme ATTAC-TUNISIE.
La démarche suivie est d'autant plus intolérable qu'elle semble ignorer la grave crise par laquelle est passé RAID qui a vu 5 parmi les membres fondateurs de son Comité directeur démissionner en mai 2000 et son activité quasiment paralysée depuis la fin du contre-sommet de Marseille en novembre 2000.
Le congrès fondateur du RAID aurait dû être l'occasion de tirer les leçons qui s'imposent de cette crise et d'impulser son action grâce au débat démocratique et à la mobilisation de tous ses membres en vue de concrétiser ses buts et d'imposer son droit à l'existence légale face à la politique répressive du régime.
III- Compte tenu de ce qui vient d'être exposé, nous, membres fondateurs, signataires de ce texte, tout en réaffirmant notre attachement aux principes qui ont présidé à la création du RAID en tant qu'association démocratique, indépendante et militante :
1- considérons que le prétendu congrès dont il est question, qui n'a, d'ailleurs, même pas réuni le tiers des membres de l'Association, est nul et non avenu ;
2- appelons à la tenue du congrès constitutif du RAID le 9 septembre 2001, date anniversaire de sa création. Ce congrès aura pour tâche de se prononcer, d'une façon démocratique, sur :
- le projet de plate-forme de l'Association,
- le projet de règlement intérieur,
- le projet de programme d'action, d'une part, et
- élire une direction, d'autre part.

Nom, prénom et qualité
1 - ABDELKEFI Ilhem Enseignante, membre fondatrice du RAID
2 - AMOURI Boubaker Instituteur
3 - AOUALI Mohamed Instituteur
4 - AZZABOU Naji fonctionnaire
5 - BACHAR Fattouma Etudiante
6 - BEDHIAFI Adel Fonctinnaire
7 - BEDOUI Abdeljelil Economiste, membre fondateur du RAID
8 - BELAÏD Chokri Juriste
9 - BELANES Abdelmoumen Ex. détenu politique (PCOT)
10- BELARBI Atef Economiste , membre fondateur du RAID
11- BELGHOUTHI Slim Diplômé chômeur, membre fondateur du RAID
12- BEN M'RAD Faouzi Avocat, membre fondateur du RAID
13- BORSALI Noura Enseignante, membre fondatrice du RAID
14- BOUAZIZ Abdelaziz Etudiant
15- BOUAZZI Ahmed Universitaire
16- CHAOUACHI Mohammed Etudiant syndicaliste (UGET)
17- CHEKIR Hafidha Juriste, membre fondatrice du RAID
18- CHEMINGUI Noureddine Poète
19- CHIHI Chawki Poète
20- DRIDI Kamel Syndicaliste, membre fondateur du RAID
21- DRISSI Mohamed selim Etudiant
22- FAREH Chedli Syndicaliste
23- FARID Lotfi Etudiant syndicaliste (UGET)
24- FENNI Asma Etudiante
25- GASMI Borhane Ex. Détenu politique
26- GHANEM Tarak Etudiant syndicaliste (UGET)
27- GHEZALA Adel Enseignant
28- HADFI Mongia Etudiante,
29- HAMZAOUI Salah Universitaire, membre fondateur, membre du comité directeur du RAID
30- HAMMAMI Jilani Syndicaliste
31- HAMMAMI Lotfi Poète
32- JELLOULI Ali Etudiant syndicaliste (UGET)
33- KHALFAOUI Basma Etudiante, membre fondateur du RAID
34- LAOUINI Abdennacer Etudiant, membre fondateur du RAID
35- LAOUINI Hatem Enseignant
36- LATIF Chokri Ecrivain, membre fondateur du RAID, membre du comité directeur
37- MAALI Mohamed Membre fondateur du RAID, journaliste
38- MAKHLOUF Saïfeddine Etudiant
39- MANAÏ Mehrez Enseignant
40- MATHLOUTHI Mohamed hédi Universitaire, membre fondateur du RAID
41- MOALLA Taïeb Juriste, membre fondateur du RAID, Membre du comité directeur
42- OMRANI Sadok Etudiante syndicaliste (UGET)
43- REZGUI Nejoua Etudiante syndicaliste (UGET)
44- OUESLATI Ahlem Enseignante,
45- ROUISSI Jalel Enseignant, membre fondateur du RAID
46- SAADALLI Ferjani fonctionnaire, membre fondateur du RAID
47- SADOK Souad Fonctionnaire
48- SAHMIM Abdelmalek Etudiant
49- SASSI Taha Etudiant syndicaliste (UGET)
50- SENOUSSI Mohamed Etudiant
51- SOUISSI Souad Institutrice
52- TAÏEB Taïeb Producteur artistique
53- ZAÏRI Ammar Universitaire, membre fondateur du RAID

 
Nos excuses

Lors du numéro 29 de TUNeZINE, il y avait - comme d'habitude - quelques fautes :
1- On a confondu Bouwazra avec son fils, qui sont tous les deux des exilés, le fils a envoyé un mail dont voici la teneur : " …J'ai bien aimé que tu me confondes avec mon père! je n'ai pas participé aux discussions du forum parce que je ne connais pas assez la situation et que je pense qu'il existe un moyen de diminuer les problèmes mondiaux globalement… si vous gardez le capitaliste, vous aurez, à la place du gouvernement actuel, la dictature des touristes et des pays occidentaux (via le FMI). Ils ne torturent pas mais il faut les servir correctement ou ils ne donnent plus d'argent … le FMI ne prête pas aux pays qui se soucient de leur population mais à ceux qui arrêtent les aides sociales, privatisent et renvoient des fonctionnaires. En échange, la dette augmentera et ils achèteront nos produits pour quelques centimes. Nous n'avons pas de pétrole mais nous avons des idées : vous devez trouver un autre système sans quoi, il faudra oublier le redressement économique même en étant à la botte des pays du Nord. Contrairement à maintenant, vos plaintes seront moins entendues. Je suis désolé mais je reste pessimiste sur l'avenir, même si je soutiens votre combat…
P.S. Si vous voulez savoir ce que je pense, allez voir les forums de Libération "
2 - Des amis anonymes ont souligné que : " … le site de Le Monde n'est pas censuré depuis octobre 2000 … "

TUNeZINE. Tunis, vendredi 24 août 2001 .