Souriez vous êtes en Tunisie

Question de goût
Dans les précédents numéros des articles ont été publiés faisant l'éloge du comité d'organisation des jeux méditerranéens ( Cojm ) pour les efforts dont il a fait preuve vis-à-vis des volontaires , de l'organisation des jeux... On a appris que le Cojm a procédé à la distribution des tenus des volontaires.
Quel sera L'habit des volontaires?
Et il s'avére que plusieurs de ces derniers ne sont pas très contents des uniformes si on peut appeler ça ainsi. Ils se plaignent de la couleur, de la coupe et même du tissu utilisé pour les vêtements. Environ douze uniformes sont destinés aux volontaires selon leurs spécialités. Pour les filles, on a fait des chemises mi-artisanales , mi-modernes, des jupes ou bien des jupes-shorts porte-feuille de couleur mauve qui ne sont pas assorties ni aux chemises écrues ni même au couleur bleues. Et pour les garçons, on a réservé des pulls blancs avec un pantalon bleue pétrole et des espadrilles vertes. Les plus chanceux ont eu des costumes gris.
Il est vrai que les uniformes sont de bonne marque mais reste à voir la coupe, et la qualité du tissu. Une des volontaires nous a confié : " Les tenus prévues pour les hôtesses ne sont pas pratiques, les chaussures sont dures et les couleurs sont horribles ". Une autre ajoute : " Je ne peux pas porter ces habits, sortir de chez moi et monter dans le bus. En plus de ça, je vais sûrement transpirer avec ce tissu-là, en polyster ". Faut-il se plaindre auprès du Cojm ou bien auprès de celui qui a fabriqué les vêtements? Et ce dernier, avait-il vraiment un grand choix de couleurs ?
Maher - La Paresse de Tunisi - 28/8/2001 - Directeur : Moncef Goujat

Commentaires :
- Le pauvre Maher va être accusé de diffusion de fausses nouvelles de nature à perturber l'ordre public (article 49 du code de la presse) et d'intelligence avec l'opposition tunisienne. TUNeZINE souhaite la bienvenue à ce nouveau traître si le bourreau des tunisiens et président du Cojm, Habib Ammar le laisse en vie.
- Du 2 au 15 septembre à Tunis se tiendra le plus grand rassemblement de clowns ( 7000 ), vous pouvez facilement les repérer ils sont vêtus en polyster avec trois couleurs dominantes le mauve, le bleu pétrole et bien sûr le rouge et si vous tombez par terre de rire vous noterez des espadrilles vertes, cardiaques s'abstenir !

ettounsi, vendredi 28 août 2001 .
Comité d'oppression des jeunes méditerranéens !

Sept personnalités françaises ont appelé lundi le nouveau président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge, à dénoncer les "crimes de torture" commis en Tunisie, sous la direction du général Habib Ammar, actuel président du Comité d'organisation des Jeux méditerranéens de Tunis.
"A quelques jours de l'ouverture des jeux méditerranéens à Tunis, des informations de plus en plus abondantes et précises viennent illustrer le rôle important qu'a joué le général Habib Ammar dans la propagation et la systématisation des crimes de torture en Tunisie", écrivent ces personnalités dans une lettre ouverte adressée à M. Rogge. Faisant état de "nombreux documents et témoignages qui étayent les crimes commis" lorsque le général Ammar était commandant de la Garde nationale, puis ministre de l'Intérieur, ces personnalités invitent M. Rogge à se "prononcer, au nom du CIO, au sujet de ces crimes condamnés par la conscience humaine et par la communauté internationale".
"Ces actes sont en contradiction avec l'esprit sportif en général et avec les principes qui animent le mouvement olympique en particulier (...). Nous ne pouvons imaginer que, lors de votre séjour à Tunis, vous serriez la main d'un homme qui a tant torturé jusqu'à mort s'ensuive, et que l'image de cette poignée de main fasse le tour du monde, associant votre image et celle du mouvement olympique à celle d'un tortionnaire", soulignent les auteurs de la lettre dont l'AFP a obtenu une copie.
Les signataires sont: L'ancien évêque Mgr Jacques Gaillot, les professeurs Albert Jacquard et Léon Schwartzemberg, l'écrivain Gilles Perrault, Dr William Goldberg, président de la Fédération Rhône-Alpes, LTDH (Ligue tunisienne des droits de l'homme), François Gèze, directeur des Editions La découverte, et l'universitaire François Poirier.
Vendredi, l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT), une ONG dont le siège est à Genève, a dénoncé la présence du général tunisien Habib Ammar, "responsable de tortures", à la tête du Comité d'organisation des Jeux méditerranéens. Ces Jeux doivent être inaugurés le 2 septembre. Selon l'OMCT, M. Ammar a exercé de 1984 à 1988 des responsabilités, d'abord en tant que commandant de la Garde nationale, puis comme ministre de l'Intérieur, une "période au cours de laquelle la torture a été pratiquée de manière systématique dans le pays".

Source : AFP 27 août 2001 .
Un malheur n'arrive jamais seul

Je ne reconnais réellement plus mon pays, ou je suis atteint d'une désorientation temporo-spatiale que je n'arrive pas à diagnostiquer, ou alors c'est mon pays qui est désorienté par une régression et des contradictions que je n'arrive pas à comprendre ?
Je propose aux participants à ce site une série de contradictions qui me tourmentent.
La première contradiction : énorme
Je souhaite qu'on me corrige si j'ai mal interprété le fait que "la base" du parti au pouvoir qui est censé protéger la constitution et qui en a même fait son fondement "le Destour" appelle à la désobéissance civile en réclamant la modification de la Constitution, qui est déjà vidée de sa substance par le même parti depuis 1975 , surtout que le Président de la République garant du respect de la loi, n'a rien demandé. N'est-ce pas grossier par rapport à la conception de l'état de droit?
La deuxième contradiction : curieuse voire douteuse
Les anciens-nouveaux Journalistes qui apparaissent voire renaissent de leur cendre me bloquent ou peut être me débloquent. C'est quand même délirant de lire un certain Bahri répondant à un article du journal "Le Monde" que les tunisiens n'ont pas eu le droit de lire. Ses élucubrations occupent un espace du journal gouvernemental. Oui élucubrations, quand il étale son histoire africaine sans préciser dans quel domaine le faisaient travailler les régimes congolais ou togolais de l'époque. Les présidents de ces Etats ayant été souvent cités pour leurs pratiques mafieuses, il aurait servi à quelque chose puisqu'il a décidé de parler pour témoigner et nous dire quel rôle il a joué dans ce trafic international devenu depuis tristement célèbres. L'autre goujat des médias, le Charles-Louis de Born m'étonne par sa connaissance précise de ce qui se déroule dans notre pays et qui n'a d'équivalent que son ignorance quand il s'agit d'écrire son propre nom, tout aristocrate qu'il est. La simple consultation du Larousse des noms affirme l'inexistence historique de la famille de Born.
Par ailleurs, mais toujours dans le domaine des médias, je croyais que les orientations en matière de politique moyen-orientale étaient arabo-islamiques. Les droits des palestiniens et l'intégrité du territoire libanais passant avant tout. Je me retrouve en face de livres amplifiant les bienfaits du régime tunisien. Tenez-vous bien, livres écrits par la personne qui a présenté Michel Aoun comme un homme illustre du XXème siècle, alors qu'il est l'un de; alliés d'Israël. Cet "auteur" projette même de sévir encore une fois en annonçant son prochain titre "Le théorème de Tataouine". Tout ce que e peux espérer est que le fils réel de Tataouine que je salue et soutiens, lui a ôté toute envie de mentir, j'ai nommé l'honorable juge Mokhtar Yahyaoui. N'est-ce pas Monsieur Salvatore Lombardo que vous êtes un mercenaire de la plume ?
La troisième contraction : étonnante et malicieuse
Ce n'est pas plus clair lorsqu'il s'agit de la "Mostaquellah", cette chaîne qui est en train d'informer les tunisiens et de changer leurs attitudes politiques; grâce aux démocrates qui sont en fait son fonds de commerce; sinon qui s'y intéresserait ? Son fondateur, avec tout le respect que je luis dois reste un démagogue parfait loin de l'authenticité du bon communicateur; puisque même le jour où il avait comme invité Monsieur El Ajouri au discours insipide, il a continué à montrer symboliquement la chaise vide qu'il propose à chaque émission au représentant du pouvoir tout en sachant que son invité a été déjà l'unique désigné par le pouvoir comme contradicteur de Monsieur Mohamed Charfi, l'ancien président de la Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme et chef de file de l'opposition démocratique actuelle qu'il a refusé parce que politiquement il ne faisait pas le poids.
Le directeur de cette chaîne s'impose à nous à chaque émission pour oublier de remercier les intervenants tout en nous imposant un intégriste ambivalent au double discours quand il s'agit de s'adresser au Vatican dans son dialogue inter religieux il apparaît progressiste, alors que pour les siens il devient totalement obscurantiste. Il est surexploité par Héchmi Hamdi après l'avoir été par l'extrême gauche contre laquelle il s'est retourné pour la situer en dehors de "KHAYMATOU ALLAH", quel imaginaire désertique au point qu'il soit limité dans soi, anthropomorphisme où il représente maison de Dieu par une tente bédouine; comme si Dieu ne pouvait être qu'un nomade, alors qu'on est à l'ère des soucoupes volantes. C'est en fais un imaginaire régressif, obscurantiste par sa nostalgie à une époque révolue qui est la base même de l'intégrisme. Il s'agit là de Monsieur Mohamed Talbi serviteur aussi bien du régime du protectorat que de celui de Bourguiba ainsi que celui en place aujourd'hui jusqu'au moment où sa petite personne a été touchée. Pourquoi Héchmi Hamdi ne ferait-il pas la même chose avec les démocrates et la démocratie ? N'est-ce pas là la principale question de Gilbert Naccache que Héchmi Hamdi a essayé d'esquiver, tout en continuant à laisser un sombre personnage parler au nom de sa chaîne, alors qu'il s'agit d'un intrus dans la famille démocratique. Sa surenchère sur cette chaîne a-t-elle pour objectif l'infiltration policière du mouvement démocratique?
La quatrième contradiction: douloureuse
La chose qui fait le plus mal et sur laquelle j'attends vos suggestions c'est l'incivisme de mes concitoyens qui évoluent de plus en plus vers une égyptianisation de leurs mentalités et ce depuis l'entrée du mezoued à la télévision tunisienne. Rares sont ceux qui continuent à respecter le code de la route par exemple. La corruption est devenue un fléau, même chez les petits fonctionnaires, tel ce technicien, agent d'une petite mairie du Grand Tunis qui est devenu riche rien qu'en travaillant sur les lotissements de sa commune. Même la moralité familiale qui est la base de notre éducation, de nos normes sociales et de nos traditions, a reçu un coup. En témoigne les multiples faits divers qui remplissent les colonnes des journaux à scandale et dont je ne choisirais qu'un exemple significatif, tel cette famille où ils se mettent à quatre, père, mère et deux fils, pour voler un mouton sur le bord de la route et l'amener en voiture, afin de le sacrifier le jour de l'aïd, mettant de côté toute la symbole de ce rite qui est censé élever l'humain vers son Dieu et lui apprendre de se retrouver en Dieu par le partage de l'animal sacrificiel. La morale dans notre société est-elle aussi mal au point ?
La cinquième contradiction : agressive.
Comme un malheur n'arrive jamais seul, on assiste en même temps que la baisse de la moralité, à celle du goût qui entre de plus en plus en querelle pour ne pas parler de conflit avec l'esthétique, que ce soit dans les édifices privés que publics. Voir le nombre de "monuments" sous forme de salles de bain, installés dans les différents carrefours de la Tunisie, .comme si on avait sur la conscience des saletés à purifier. La confirmation vient par la dernière en date qui est entrain d'enlaidir le rond-point le plus prestigieux du pays "Carthage - Sidi Bou Saïd - La Marsa" en attendant son inauguration. N'est-ce pas là une agression à l'esthétique ?
La sixième contradiction : médiocre.
C'est de continuer à écouter un très beau discours qui vide totalement les concepts de leurs sens jusqu'à ce que l'un des barons du régime actuel dise devant des témoins "Le discours est bon, les textes sont moins bons, la pratique est mauvaise". N'est-ce pas là la médiocrité effective ?
La septième et non-dernière contradiction : pernicieuse.
Quand le ministère de l'intérieur qui gère tout dans le pays cède ses prérogatives gênantes au pouvoir judiciaire tel que la liberté de circulation et le retrait des passeports, les procès aux associations (LTDH), et la gestion des prisons. Justice qui est lui est soumise au doigt et à l'œil. N'est-ce pas là une substitution pernicieuse ?
Pour conclure, je pourrais comprendre que vous puissiez me traiter de délirant, mais je me donne quand même raison de décompenser et d'être désorienté quand je constate que moi que ma génération sommes nés en l'absence de toute démocratie et que malgré tout notre effort sublimatoire nous risquons de crever en son absence, sans jamais la connaître que chez les autres. N'est-ce pas très malheureux ?
Forum ettounsi : Envoi de Héchmi Dhaoui le 27 août 2001

Héchmi Dhaoui - Psychiatre Psychanalyste .
Grèves de la faim



Source : Communiqué de l'Icsppt du lundi 27 août 2001

Les grèves de la faim surgissent de nouveau dans les prisons tunisiennes. Ces prisonniers politiques et d’opinion qui croupissent dans les bas fonds des geôles en Tunisie n’ont de moyens pour faire entendre leur voix que de se livrer à la faim. Nous venons d’apprendre que depuis le 25 août, une trentaine de prisonniers sont en grève à la prison civile de Sfax. Parmi lesquels nous citons MM. Ajmi Lourimi, Belgacem Dekhil, Noureddine Jaouali, Jamel Mami, Jalel Ben Mabrouk, Mohamed Ammar, Ibrahim Bouricha, Fakhreddine Chillik, Halim kacem, Abdel Hamid jelassi.
Ayant tous subit la torture sans relâche, ils en portent les séquelles et celles de plus d’une décennie d’incarcération. M. Ajmi Lourimi, condamné à perpétuité par le tribunal militaire en avril 1991 est victime d’une torture qui lui a causé des séquelles physiques et des troubles mentales. Parmi les actes de tortures dont il subit encore les conséquences nous citons le versement de l’éther dans ses yeux. Il ne pouvait dormir pendant 3 mois que dans l’obscurité tellement la lumière le faisait souffrir.
Parmi les grévistes figure, également, M. Jalel Ben Mabrouk, lequel âgé de 33 ans, souffre d’une immobilité physique, d’insuffisance rénale et de l’asthme. Cela est dû aux différentes formes de tortures qu’il a pu subir allant des électro-chocs, à l’éther dans les yeux et les coups de bâtons cloués, les bains de javel et d’eau sale, etc..…..
Depuis 23 jours, notamment, M. Zouheir Yacoubi, poursuit une grève de la faim pour protester contre son maintien en détention malgré qu’il a achevé les 18 mois de prison auxquels il a été condamné. Son état de santé est en perpétuelle dégradation au terme de ces 23 jours.
Privés de soins médicaux, mauvais traitements, surpeuplement et des conditions inhumaines, tel est le pain quotidien des prisonniers politiques et d’opinion sous le règne du régime de BEN ALI. La situation devient plus difficile et pénible pendant l’été en raison de la chaleur et du manque d’hygiène. Dans son rapport sur « l’isolement dans les prisons tunisiennes »(mai 2000), Vérité-Action a déjà mis l’accent sur les conditions inhumaines et dégradantes dans lesquelles vivent les détenus dans les prisons de Tunisie.
A la lumière de cette situation, Vérité-Action apporte son soutien et sa solidarité avec les grévistes de la faim et tous les prisonniers politiques en Tunisie. Et considère que les autorités tunisiennes sont seules responsables de la torture et des années d’incarcération arbitraires et injustes dont sont victimes ces « otages ».
Vérité-Action appelle à ce que ces grévistes soient, immédiatement, libérés ainsi que tous les prisonniers d’opinion. L’AMNISTIE GENERALE étant encore une fois urgente pour que les souffrances de milliers de familles tunisiennes soient apaisées. Pour Vérité-Action : Elafif GHANMI, Président.

Source : L'ICSPPT & Vérité-Action. Lundi, 27 août 2001 .
A propos de l’article : Qui pense pour Ben Ali ?

Dr H. Hamam vient de publier un article original dans son genre s’intitulant « qui pense pour Ben Ali ? ». Dans son article l’auteur a insisté à poser cette question aux partis politiques de l’opposition dans le pays. Pour lui nous ne pouvons pas bien comprendre ce qui se passe dans le pays, sans avoir trouvé la bonne réponse à cette question.
Une réponse correcte à cette question pertinente peut, certainement, nous aider à mieux comprendre ce qui se passe dans le pays. Quant à qui faut-il poser cette question ? A la place du Dr. Hamam, nous ne la posons pas aux partis politiques seulement, mais nous la posons, en priorité, à l’ensemble du peuple tunisien. Parce que c’est lui qui est le premier concerné de tout ce qui se passe dans le pays. Et aussi parce qu’une fois la bonne réponse trouvée, c’est lui aussi qui doit agir en conséquence.
Certains minables esclaves du Général dictateur ont pris l’habitude, d’une façon voulue et programmée, d’appeler ce super flic l’architecte du changement du 7 novembre 1987. L’appeler ainsi revient à insulter l’architecture et la science d’une façon générale. La vérité est tout autre. Il n’est qu’un sous-officier ayant accédé à ce sublime grade qu’après avoir échoué de pouvoir poursuivre ses études secondaires que les gens les plus normaux du monde peuvent le faire sans aucune difficulté. Pour lui, s’il était incapable de le faire c’est parce qu’il était vraiment presque un arriéré mental. Il a fait partie alors de la poubelle du système éducatif de l’époque. C’est grâce à Naïma, sa première épouse, et surtout à son père, le vrai Général Kéfi, qu’il a eu toute sa gloire.
Sans entrer, encore plus, dans d’autres vérités, encore plus dérangeantes pour lui, notre Général n’est architecte que de rien, si non de la répression, la terreur, la corruption et la délinquance. Le complot du 7 novembre 19897 est un complot clef de palais en main. Les services spéciaux italiens et autres sont ses vrais architectes. A l’époque, lorsqu’ils ont vu que le pays commence à basculer du côté des islamistes, leur bête noire, ils ont vu bon d’intervenir pour décider du destin du peuple tunisien ou, en termes plus exacts, ils ont décidé de défendre leurs intérêts dans notre pays au détriment des intérêts et de la volonté de notre peuple. C’est dans ce cadre que ce fameux complot a été préparé et exécuté. Le rôle réservé pour ce dictateur super flic, suite à cette opération chirurgicale, n’est rien d’autre que celui d’un gardien des intérêts de ses vrais architectes.
En contre partie de cette sale et humiliante tache, et malgré ses faux galons de Général, Ben Ali a été assuré de la protection de ses maîtres qui lui ont offert les clefs du palais de Carthage. Tout cela doit être évident à tous dans le pays. Que les choses soient claires, depuis le 7 novembre 1987, la mission dont on l’a chargé de l’accomplir dans le pays est celle de la plus haute et la plus grave trahison. De ce fait, et en sa qualité du plus dangereux traître dans le pays, il a intérêt à fermer la gueule et à ne plus parler du tout ni de patrie ni de patriotisme. Notre chère patrie n’a pas besoin de ses discours de menteur hypocrite. Lui, qui gonfle sa poitrine comme une dinde, pour nous parler, et leurrer le peuple, de son insoupçonnable patriotisme et de son refus catégorique de l’ingérence française et je ne sais pas quoi d’autre dans les affaires tunisiennes, je ne sais s’il peut vraiment garder le pouvoir si l’Union Européenne, et surtout la France, le livre à lui même et à ses propres moyens deux ou trois mois seulement.
Sur cette base de cette façon réaliste de voir les choses, un gardien, même du FED américain, ne peut pas être un homme de réflexion et de conception. Il ne peut être qu’un homme d’exécution. C’est exactement le cas de notre Général bidon. Par sa nature et son historique il n’est pas prédisposé à la réflexion. Même s’il le peut, en sa qualité de protégé, il n a pas le droit de le faire. La division des taches ici est très évidente. C’est aux maîtres de mettre à jour la conception du complot et de veiller à sa bonne exécution. C’est à eux aussi que revient le service après-complot. C’est à dire la réflexion continue pour déterminer les grandes lignes de la politique à suivre de la part du Général protégé et les grandes décisions qu’il lui faut faire semblant de prendre, par lui-même, pour préserver les intérêts des protecteurs. Quant au gardien protégé, il lui revient la tache de combler le vide politique, et de donner l’impression au peuple que le pays dispose d’un vrai président qui détient vraiment les reines du pouvoir. Il lui revient aussi de défendre tout le temps et sans failles les intérêts de ses maîtres, faute de quoi, il risque d’être changé par quelqu’un d’autre plus performant que lui. En conclusion, les premiers qui pensent pour Ben Ali se sont ses maîtres protecteurs par le biais des rapports top secrets qui lui sont livrés par certaines chancelleries étrangères, par le biais des visites secrètes des grands responsables et experts venant de certains pays influents amis, par des communications téléphoniques directes de l’un ou de l’autre de ses maîtres protecteurs et par d’autres moyens encore plus subtils.
N’oublions pas surtout que le complot du 7 novembre 1987 a été fait dans le but de contrecarrer le soit disons danger islamiste. C’est à dire que parmi les missions du traître gardien est de rester toujours vigilent contre ce soit disons danger islamiste et de réserver pour ses militants le traitement de faveur le plus impitoyable. Mission toujours accomplie à la perfection par ce traître Général. Seulement ce dernier n’est pas, malheureusement, le seul traître dans le pays. Il y en a d’autres qui adhèrent aux mêmes vœux que lui, qui sont, comme lui aussi, avides de pouvoir, et qui ne cessent pas du tout de présenter leurs services au Général lui-même ou, directement à ses maîtres protecteurs, dans une vision totalement concurrentielle à lui. C’est parmi les membres de cette cinquième colonne que le Général recrute ses conseillers et ceux qui pensent pour lui. Certains, non recrutés et appartenant à cette très basse caste, n’hésitent pas à penser pour lui. Charfi n’est pas le seul. Un noyau dure de cette basse catégorie humaine, souvent des faux démocrates, recrutés par le tyran ou non recrutés, lui sont des alliés objectifs et pensent pour lui. Même s’ils abusent, de temps à autre, de certains slogans démocratiques, ils ne le font qu’à titre publicitaire hypocrite. Leur qualité de démocrates se limite à leur faux discours, elle n’a rien à voir avec la réalité. Entre un régime totalitaire dictatorial comme celui du Général et un régime authentiquement démocratique qui réserve pour le mouvement islamiste, comme pour n’importe quel autre parti politique d’ailleurs, sa place sur la scène politique, ils voteront toujours pour le premier et jamais pour le second.
En Tunisie, certainement, il y a quelque part un vrai militantisme patriotique pour un ordre démocratique authentique. Seulement les choses restent toujours biaisées. Entre le vrai, l’authentique et le faux, l’hypocrite ; il y a une large gamme de variétés. A la fin des années quatre-vingts début des années quatre-vingt-dix le test s’est conclu par un basculement de la majorité des formations politiques, qui ne traduisent pas forcement la majorité au niveau du peuple, du côté du faux. Ce qui fait que l’expérience nous a appris de se méfier des apparences et des beaux discours, avant de voir les résultats concrets sur le terrain.
Actuellement, et depuis quelques années, ce basculement, du côté du régime, s’est rompu, à cause de la généralisation de la répression et de la corruption de celui-ci, plus que par principes et conviction de la part des partis de l’opposition. La preuve à cela réside dans la persistance en vigueur de la diabolique règle : deux poids deux mesures. Chaque fois que la répression et l’arbitraire du Général touchent un non islamiste, la colère des défenseurs des droits de l’homme tunisiens, ceux à l’étranger sont libres de procéder comme ils l’entendent et on les livre à leurs consciences, se déchaîne. Alors que lorsque les mêmes arbitraire et répression, touchent un islamiste, ces mêmes défenseurs ne bougent pas ou presque, même s’ils contestent pour marquer la présence ils le font que très timidement. Ce genre de comportement ne peut se comprendre que comme une sorte de soutien déguisé au dictateur. En plus, ça constitue pas un bon signe quant à l’avenir démocratique dans le pays. Je crains, sur cette base, que le Général garde toujours des alliés, si non réels, du moins objectifs parmi l’opposition tunisienne. Le fait que, plus de mille prisonniers politiques restent toujours en prison, sans que la ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme, le conseil national des libertés, les partis de l’opposition et l’ensemble de la société civile tunisienne, ne se mobilisent dans un front commun et mettent énergiquement tout le paquet, avec toute transparence et sincérité, en faveur de leur libération, prouve bien la fragilité de l’opposition d’une façon générale et la fragilité de ses convictions dans les valeurs de la dignité humaine, les libertés et la démocratie.
Comme nous l’avons bien précisé, ci-dessus, le rôle du Général, à partir de la place où il a été placé, est, en quelque sorte, semblable à celui d’un chien berger allemand de garde. Lui, il est chargé de garder le pays contre le danger islamiste. Pour mener à bien cette mission, il s’est doté d’une impressionnante armée policière qui s’est transformée, avec le temps, en classe sociale influente et ayant ses grands intérêts à défendre. De ce fait, la pensée régnante au sein du régime est, en bonne partie, une pensée sécuritaire. Sur ce terrain, il faut l’avouer, le Général a sa propre pensée et son modeste esprit bouge. En plus, dans ce domaine aussi, il y en a trop de spécialistes dans cette fameuse pensée sécuritaire, qui a détruit complètement le pays, qui pense pour lui et pour les intérêts de la classe policière tout entière.
N’oublions pas, aussi, que Ben Ali s’est attaqué à la société tunisienne par tous les moyens détruisant la personnalité et la volonté du peuple et ses capacités de réaction, de refus et de soulèvement contre son arbitraire, sa répression, sa dictature et sa délinquance. Il a réussi à généraliser l’usage de l’alcool et de la drogue, même dans les endroits les plus reculés dans le pays. Il a réussi aussi à propager parmi toute la population le virus de la consommation. La majorité de la société tunisienne est hypothéquée auprès du système bancaire et des grandes sociétés de distribution des produits de consommation, souvent propriétés de Ben Ali lui-même et de ses proches. Sur ce terrain, l’épanouissement de la pensée et plus facile à atteindre. Les coureurs du profit et de l’enrichissement rapide en se sont chargés. Sur ce plan, ceux qui pensent pour Ben Ali sont nombreux et très généreux. Ce sont les sept célèbres diaboliques familles et toute la classe des profiteurs qui soutiennent le régime pour défendre leurs intérêts.
C’est notre point de vue rapide sur la question de ceux qui pensent pour Ben Ali. Elle mérite, certainement, plus de recherche et d’analyse. J’espère que le débat, sur cette question très importante, continue pour bien comprendre ce qui se passe dans notre pays. Surtout que la compréhension de la nature du terrain et de l’adversaire est la base fondamentale de tout programme de changement. Je n’appelle pas seulement les partis politiques, dont certains parmi eux peuvent être des alliés objectifs du régime et ne sont là que pour faire la fausse opposition au dictateur, mais aussi et surtout l’ensemble du peuple tunisien, qui à lui et à lui seul que revient la souveraineté, de participer à ce débat et de prendre ses résultats en considération pour décider de son destin et déterminer les orientations de son avenir. Salah Karker - France

Source TUNISNEWS Nr 468 du 27/08/2001 . Salah Karkar .
un projet impérialiste



Le partenariat tuniso-européen.
Sous un vernis philanthropique se cache un projet impérialiste.

La Tunisie est liée depuis 1995 à l'Union européenne par un accord dit d'association (ou bien accord de partenariat). Cet accord n'est pas un simple contrat de coopération, c'est un traité global. Il est comparable, à plusieurs égards, au "Traité de Bardo" de 1881 par lequel la France officialisa sa domination colonialiste sur la Tunisie. En signant l'Accord d'association, le pouvoir local a mis le sort de la Tunisie entre les mains des représentants des marchands et des spéculateurs des grandes métropoles.
Un drôle de partenariat !
Un consortium de 15 états puissants lancés dans la course pour la domination mondiale, face à un état post-colonial empêtré dans une situation de blocage socio-économique. Voilà ce que les porte-parole des marchands et des spéculateurs veulent nous faire avaler comme étant un partenariat offrant une réelle issue à l'arriération et à la domination. De la pure mystification qui ne résiste pas à l'analyse objective des faits. D'ailleurs, le Traité du Bardo parlait aussi d'une mission civilisatrice et d'une offre généreuse de développement et de modernité…
Une Union européenne avec des visées hégémoniques…
En 1995, l'Europe libérale lance une vaste offensive vers les pays des deux rives sud et ouest de la Méditerranée, dans le but de les intégrer, en tant que périphéries dominées, dans une vaste zone de libre échange avant l'an 2012. L'Union européenne prétend agir ainsi pour la "prospérité", "la paix et la stabilité" dans le bassin méditerranéen. Pour y arriver, le Partenarial Euro-méditerranéen prétend aussi qu'il n'y a qu'une seule voie possible ; la dictature des marchés. Selon un expert européen[1] : "la totalité du processus est compatible avec l'OMC. Il n'y a guère d'autres possibilités si un pays veut participer au jeu économique global". Autrement dit, le Partenarial Euro-méditerranéen, se propose d'achever, pour le compte des multinationales et le capital financier européen, la détestable tâche des Programmes d'ajustement structurel (PAS).
Face à une Tunisie dont l'économie est en panne
Le pouvoir tunisien, non satisfait d'avoir gaspillé quatre décennies dans une prétendue "lutte contre le sous-développement" qui plus est, a fini dans l'impasse totale, livre la Tunisie aux représentants du capital européen qui leur sert de laboratoire grandeur nature pour leurs expériences malveillantes et pour satisfaire les appétits insatiables de ce capital.
En effet, c'est en juillet 1995 que l'Accord d'association fut signé dans le secret, quatre mois avant l'ouverture du sommet de Barcelone qui a donné le coup d'envoie à ce qui va désormais s'appeler le processus de Barcelone.
Quelques retombées économiques de l'Accord d'association
En Tunisie, l'information concernant cet accord inégal n'a pas dépassé les hautes sphères du pouvoir. Ainsi, les premiers intéressés, les Tunisiens, étaient tenus à l'écart.
La constitution de RAID (Attac Tunisie) en 1999 et l'expertise citoyenne qu'elle a développée depuis, ont permis de lever une petite partie du voile qui cache cette politique ultra-libérale dont on commence à peine à mesurer les terribles conséquences économiques, politiques et sociales sur le pays tout entier. Les résultats de ce travail qui se déroule dans des conditions extrêmement pénibles, notamment à cause de la répression, sont encore assez maigres mais le peu dont nous disposons est assez éloquent.
L'Accord d'association est entré en vigueur en mars 1998. Mais, le pouvoir tunisien n'a pas attendu cette date pour se lancer dans l'aventure, puisqu'il a commencé à l'appliquer dès le 01 janvier 1996. Du côté de l'Union européenne l'accord devait attendre d'être présenté aux 15 parlements nationaux pour ratification, mais du côté tunisien le parlement n'est qu'une simple procédure formelle. En fait, l'Union européenne cherchait surtout, par la conclusion précipitée de cet accord, à avoir un argument de plus, lors du sommet de Barcelone, face aux états récalcitrants du sud encore hésitants à se lancer dans l'aventure euro-méditerranéenne à l'instar de l'Algérie ou de la Syrie.
La signature de l'accord a fourni des arguments décisifs aux chantres du tout libéralisme en Tunisie. D'autant plus que la thérapie de choc libérale, appliquée depuis 1986, dans le cadre du PAS, n'a pas réussit à débloquer de façon décisive la situation économique de la Tunisie. De plus, l'entrée en vigueur de l'accord a donné un coup de fouet au processus de destruction structurelle de la société tunisienne.
L'observation de la progression du programme de privatisations en est l'illustration la plus éclatante. En effet, entre 1987 et 1996, 81 entreprises ont été privatisées pour le prix de 316 millions de Dinars (MD) ; soit un rythme moyen de 8 entreprises par an pour une valeur moyenne de 3,9 MD par entreprise. Entre 1997 et 2000, 66 entreprises ont été privatisées pour le prix de 1090 MD (16,5 entreprises par an en moyenne) pour un prix moyen de 16,5 MD par entreprise.
Le programme qui a été annoncé pour l'année en cours est assez impressionnant : 41 entreprises sont proposées à la vente pour une valeur estimée à 1847 MD contre 1340 MD de recette réalisée depuis le lancement du programme en 1987. Par ailleurs, la part du capital étranger, presque exclusivement européen, dans ces ventes s'élève à 67%
Il n'est pas difficile de constater que cet accord ne manque pas d'intérêts pour le capital européen, même si les enjeux ne sont pas décisifs pour lui, loin s'en faillent. Toujours est-il qu'il est en train de se tailler la part belle du gâteau tunisien. Le capital français d'abord ; en tant que premier investisseur en Tunisie avec 30,6 % de parts d'investissement et un stock de capital de l'ordre de 3,2 milliards de francs, et environ 400 filiales d'entreprises françaises en Tunisie, celui-ci fait de bonnes affaires. Il a même du confectionner son propre ABI (Accord bilatéral su l'investissement) avec le gouvernement tunisien. Cet accord, conclut en octobre 1997, garanti aux investisseurs français le bénéfice d'une "protection et d'une sécurité pleines et entières", et l'article 5 de l'accord proscrit les mesures d'expropriation ou de nationalisation.
Les autres pays de l'Union ne sont pas du reste ; il s'agit tout particulièrement du Portugal dont deux sociétés CIMPOR et SECIL, se sont portées acquéreuses, à la faveur de la présidence de ce pays de l'Union européenne, des deux plus grandes cimenteries tunisiennes (SCJO et SCG). Deux autres cimenteries, la société "Ciment d'Enfidha" et la société "Ciments artificiels de Tunisie", ont été respectivement achetées par l'Espagnole UNILAND et l'Italienne COLACEM.
Autre forme de privatisation, la formule de la concession a été introduite récemment en Tunisie, elle touche les activités de construction d'autoroutes, de dessalement d'eau, le traitement des eaux usées et surtout la production d'électricité (depuis 1997). Dans ce domaine, nous trouvons là encore des entreprises européennes tel que le groupe français CEGELEC[2]. En dehors de la zone européenne, nous pouvons signaler la progression de l'investissement américain dont la part dans l'investissement étranger s'est élevé à 17%. Par ailleurs, les investissements en provenance des pays arabes se concentrent surtout dans les secteurs de la banque et du tourisme.
Voici ce que dit un rapport de "la commission des affaires étrangères" au sénat français (n° 419 session ordinaire 1997-1998) à propos des effets de la libéralisation sur l'économie tunisienne :
- "… Il n'est pas exclu que, dans un premier temps, la confrontation de l'appareil productif tunisien à la concurrence industrielle de l'Europe conduise à la disparition d'un tiers des entreprises du secteur manufacturier…" Et d'ajouter qu'un autre tiers est menacé de disparaître à moins de fournir "un effort d'adaptation substantiel". Rien moins que les 2/3 du tissu industriel local qui sont promus à la casse ! Sacrés flambeurs ces libéraux…
- "Dans l'immédiat, l'augmentation inéluctable des importations ne sera pas compensée par une augmentation proportionnelle des exportations, d'où une dégradation probable de la balance commerciale"
- "Dans la même logique, la perte d'une part non négligeable des droits et taxes à l'importation, qui constituent près de 18% des recettes fiscales tunisiennes, créera un manque à gagner non négligeable pour le budget tunisien…"
L'illusion des "bonnes performances" que nourrit la propagande officielle en Tunisie cache mal les difficultés économiques grandissantes sans parler des difficultés sociales qui seraient, selon toute vraisemblance, alarmantes. Plusieurs indices témoignent de ces difficultés sociales grandissantes ; l'explosion du chômage des jeunes (le pouvoir vient de mettre en place un fonds spécial -fonds 21.21- qui prétend vouloir y faire face) et surtout le chômage des jeunes diplômés, l'explosion du travail informel avec toutes ses ramifications "légales" et souterraines, sans parler de la dégradation perceptible des services de la santé publique et de l'enseignement du fait de la politique de désengagement de l'état et du report d'une part croissante de leurs coûts à la charge des citoyens. Mais, à croire le gouvernement, la Tunisie est en train, au contraire, de résoudre définitivement tous ces problèmes sociaux ! Eh oui ! D'après lui, notre pays compte la plus faible proportion de pauvres au monde ; seulement 6% de l'ensemble de la population !
L'accélération du processus libéral se constate aussi au niveau du secteur agricole qui a été touché par l'Accord de 1995. Mais une étape importante dans la libéralisation des échanges agricoles entre la Tunisie et l'Union européenne vient d'être franchie le 25 décembre 2000 avec la signature d'un accord complémentaire.
Ce second accord porte sur l'allégement des droits de douanes et l'assouplissement du régime des quotas sur les produits agricoles circulant entre les deux parties.
Les principales mesures, côté tunisien, concernent notamment l'augmentation de 21,7% du quota de l'huile d'olive sur cinq ans, et de 12% pour les agrumes.
Dans le même temps, l'Accord reconduit les faveurs accordées aux agriculteurs de l'Union européenne, notamment les producteurs de viandes bovines (8000 tonnes) et de lait (9700 tonnes). De même qu'il reconduit en les renforçant, les avantages accordés entre autres aux producteurs d'huiles végétales (100.000 tonnes avec droit 0% en 2005) et de céréales (1/2 million de tonnes de céréales avec des droits de douanes variant entre un taux de 0% et 20%). Ce contingent céréalier représente tout de même le 1/4 de la production locale en 1999.
Ce sont notamment les petits producteurs qui risquent fort bien de faire les frais d'une telle politique. L'écart au niveau de la productivité est évident : les rendements pour le blé tendre tunisien ont oscillé durant les dix dernières années entre 4,3 quintaux par hectare (Q/ha) et 18,6 Q/ha. Les rendements de l'orge, autre céréale visée par la libéralisation des échanges, ont fluctué durant la même période entre 2,1 Q/ha puis de 11,5 Q/ha. Nous sommes bien loin des 50 Q/ha (voire même beaucoup plus) que réalisent les agricultures européennes.
La différence notable des rendements se traduit par des écarts importants au niveau des prix en faveur des producteurs européens. En effet, les prix moyens d'importations pour l'orge et surtout pour le blé tendre sont largement en dessous des prix à la production en Tunisie. Pour 1999, le prix local de la tonne de blé tendre a été de 250 dinars tandis que celui de la tonne importée était de 113,1 dollars (à peu près 136 dinars), tandis que pour l'orge ces prix ont été respectivement de 170 dinars pour la tonne locale et 90,2 dollars (108 dinars) pour celle importée.
Qui va faire les frais de cette libéralisation agricole imposée par l'Union européenne et acceptée par un pouvoir local qui a faillit dans son prétendu projet national de développement et qui non seulement évoque la sacro-sainte fatalité du libéralisme triomphant pour expliquer sa soumission, mais aussi trouve le moyen d'en être fier ?
Il est certain que les petits producteurs céréaliers tunisiens, qui constituent l'écrasante majorité du secteur des céréalicultures, ne pourront pas tenir tête longtemps face à la concurrence des céréales européennes. La ruine de bon nombre d'entre eux paraît inéluctable ! La concurrence des céréales européenne risque aussi d'être fatale pour les régions de céréaliculture vivrière des zones arides et semi-arides qui ne peuvent, elles aussi, relever le défi de cette concurrence écrasante.
Face à une libéralisation des échanges agricoles, les faibles rendements du secteur agricole céréalier posent problème. Dans la logique libérale, la solution est apportée par le marché ! Autrement dit, une grande partie de ce secteur est réellement condamnée. C'est la conception libérale du développement… durable !
Le modèle d'agriculture industrielle telle qu'il se développe au Nord est un modèle de destruction de la paysannerie. En lui permettant de s'imposer chez nous il risque de faire des ravages dans le monde paysan en transformant des régions entières en déserts humains et en portant de graves atteintes aux équilibres environnementaux.
En somme, cet accord de libre échange agricole avec l'Union européenne n'augure rien de bon pour l'agriculture tunisienne. Comment en effet peut-il en être autrement alors que celui-ci vise à mettre une agriculture sous-développée en confrontation directe avec les agricultures développées et unies des 15 pays de l'Union européenne ? Que peut-on espérer d'une concurrence aussi déséquilibrée ?
Bien sûr, les négociateurs tunisiens ont obtenu une maigre consolation sur le quota de l'huile d'olive et les agrumes ainsi qu'une franchise totale sur les dattes. L'agriculture tunisienne devra désormais faire face aussi à l'agressivité commerciale agricole européenne pour des produits stratégiques tels que la viande, le lait, les céréales ou les fruits. Plusieurs secteurs agricoles tunisiens risquent vite de laisser leur peau dans cette lutte à armes inégales. Que pensent les éleveurs de bétail, notamment les petits et les moyens d'entre eux, de la libéralisation rampante de viande de bœuf ? Quel est l'avis des milliers de paysans pauvres dont le sort dépend des cultures d'orge et de blé, des réductions, voire des exonérations, des droits de douane (de 0 à 17%) d'un contingent de 508.000 t de céréales ? Peut-être trouveront-ils une consolation dans les 10.000 tonnes d'huile d'olive que les oléiculteurs ont obtenu grâce à cet accord ?
Il est clair que l'accord soutient les produits agricoles destinés à l'exportation, contre ceux qui sont destinés au marché local, sous prétexte de créer un effet d'entraînement pour tout le secteur agricole. Mais une telle politique ne risque-t-elle pas, au contraire, d'engendrer des écroulements en chaîne des activités agricoles tunisiennes ?
Il est par ailleurs certain que l'accord agricole cherche à attirer les investissements agricoles européens en Tunisie, spécialement dans la production des primeurs. Ce qui revient à vouloir transformer les meilleures terres agricoles tunisiennes en jardin potager produisant pour le marché européen et entièrement contrôlé par lui.
Les inquiétudes légitimes, que soulève cet accord en Tunisie, ne se limitent pas à la sphère agricole, ils concernent tous les aspects de la vie économique et sociale. Parmi eux, nous pouvons citer les retombées éventuelles de l'accord sur la santé publique. Face aux facilités douanières accordées aux producteurs européens de viande de bœuf, qu'elles sont les garanties sanitaires pour le consommateur tunisien, tout en sachant que des deux côtés de la chaîne les acteurs sont, libéralisme oblige, des intérêts privés ? Cela pose la question de la transparence à tous les niveaux des circuits d'approvisionnement, de l'indépendance des organismes de contrôle de la qualité, et surtout, la possibilité réelle pour les citoyens tunisiens de créer des associations de consommateurs réellement indépendantes. La collusion entre certains services de l'Etat et des intérêts privés, l'absence totale de transparence et la négation des libertés publiques ne laissent rien présager de bon pour le consommateur tunisien.
L'Accord d'association un appui politique majeur au régime de Ben Ali
La conclusion de l'Accord d'association en 1995 est intervenue à un moment décisif dans l'évolution du régime de Ben Ali. En effet, la thérapie libérale appliquée jusque là n'avait pas aidé l'économie tunisienne à sortir de façon décisive de la crise de la moitié des années 80'. L'économie traîne le pas c'est ce que trahissent des taux de croissance du PIB assez médiocres : 2,2% (1993), 3,3% (1994) et 2,4 (1995). Dans le même temps, le poids de la dette extérieure ne cesse de s'alourdir, tandis que les investisseurs étrangers rechignent à investir en Tunisie malgré le nombre impressionnant d'avantages et autres concessions.
Par ailleurs, le pouvoir de Ben Ali, profitant de la défaite rapide et sans appel de l'armée de Saddam Hussein et de l'impact psychologique négatif que cela a produit dans les rangs des Tunisiens, a entrepris une vaste campagne de répression contre son principal adversaire politique ; le mouvement séléfiste "Ennahdha". Cette répression a été étendue assez rapidement pour toucher toute l'opposition sans distinction. Cette vague répressive a été aussi grandement facilité par les événements tragiques que connaissait l'Algérie voisine.
En 1995, l'échec de Ben Ali était donc double : une économie en rade malgré la lourde facture sociale et une répression terrible qui fait tomber le masque démocratique avec lequel Ben Ali est apparu après son coup d'état de 1987.
On comprend dés lors l'importance de la signature de l'Accord d'association qui intervient à un moment critique afin de garantir la stabilité du régime. Le soutien politique que l'Union européenne continue de fournir au régime de Ben Ali est toujours aussi fort même si Ben Ali n'a plus les mains aussi libre qu'auparavant pour réprimer à sa guise au moment où la nature répressive, voire même dictatoriale, du régime commence à apparaître au grand jour.
L'Union européenne doit cesser sa politique hostile à l'égard du peuple tunisien. Nous refusons d'être sacrifiés sur l'autel des intérêts des marchands et des spéculateurs. Le renouveau que connaît la lutte démocratique en Tunisie depuis deux ans et la détermination et le courage dont font preuves les militantes et les militants de la liberté et de la dignité sont les plus solides garants pour un avenir meilleur pour la Tunisie.
Déjà l'action de RAID (Attac Tunisie) couplée avec celle d'Attac Rhône et relayée par des dizaines d'associations du pourtour méditerranéen a posé, lors de l'Autre sommet de Marseille, en novembre dernier, la question de la légitimité du processus de Barcelone tout en posant les premiers jalons d'une vraie alternative de coopération solidaire et démocratique entre les divers peuples de la Méditerranée.

[1]Lors de la Conférence Euro-Méditerranéenne sur l'Investissement qui s'est tenue à Lisbonne du 28-2 au 1.3.2000
[2] centrale électrique à Sousse pour un investissement de 260 millions de francs et le montage de postes à haute tension pour un investissement de 90 millions de francs

Fathi CHAMKHI le 25 Août 200
Porte-parole de RAID (Attac Tunisie)
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Forum ettounsi : Envoi de Fathi CHAMKHI le 27 Aout 2001 .