J'ai trop perdu et je n'ai plus rien à perdre.

Voilà où nous en sommes, un autre tunisien est prêt à se sacrifier pour ses compatriotes, chacun de vous peut être est entrain d'écrire son testament sous forme de lettre ouverte et publique, la confrontation est éminente et l'ennemi se retranche dans ses enclaves. Désorganisés mais mus d'une volonté farouche, les tunisiens creusent chacun de son côté, en largeur, en hauteur, du sud au nord et d'est en ouest la tombe de notre déshonneur et la source de malheurs, notre force a toujours été dans nos différences et tout consensus national a porté notre pays à la dérive, le dictateur Bourguiba avait t-il raison quand il a dit " La Tunisie est une poussière d'individus " ? c'est vrai nous sommes éparpillés, désunis et négligeables mais la poussière s'est avérée d'or pur, et elle va donner bientôt des lingots durs, denses et résistants dont la lumière va aveugler les indécis et les craintifs.
TUNeZINE urge ses lecteurs à rester comme ils sont : des "loups" anonymes, ça fait 14 ans de sécheresse et de famine maintenant, il ne reste plus que quelques brebis galeuses à chasser et on est obliger de faire avec, personne ne doit faire de vous de la chair à canon pour assoiffer son désir aveugle de riposte ou de vengeance, on doit fêter tous ensemble la fin de notre ère cédée à l'RCD. La bête est mortellement blessée et gare à qui s'expose trop, ses jours sont comptés et elle finira tôt ou tard par crever toute seule.
Le courageux Dr. Sahbi El Amri, le kamikaze qu'on espère encore en vie, n'en peut plus, il crie en solitaire son désarroi et annonce haut et fort : " N'importe quelle conséquence de mes présents aveux et plaintes ultérieures, auprès des instances internationales compétentes, ne m'intriguent puisque le mal est déjà fait. J'ai trop perdu et je n'ai plus rien à perdre. " Ce médecin soupçonné à tort, torturé sans pitié, emprisonné arbitrairement, ruiné, acculé devant l'injustice et l'indifférence, mais encore debout et plus fort que jamais est venu défier le dictateur le plus sanguinaire de l'histoire de la Tunisie et son rouleau compresseur : l'ère nouvelle ! avec un témoignage fleuve, précis et émouvant.
Ironie du sort ou ironie de l'histoire la vérité est sortie d'une bouche que tout le monde croyait cousue à jamais, c'est mal connaître les tunisiens, ce peuple naïf et débonnaire a décidé d'en finir avec la dictature et personne ne pourra arrêter sa marche silencieuse et triomphale.

TUNeZINE. Samedi, le premier septembre 2001 .
La lettre du Dr. EL AMRI SAHBI

LETTRE OUVERTE A L'ATTENTION DE
Monsieur JACQUES ROGGE
Président du Comité International Olympique
& A Monsieur CLAUDE COLLARD
Président du Comité International des Jeux Méditerranéens

Dr. EL AMRI SAHBI
Médecin de libre pratique
90 Avenue Habib Bourguiba.
Dahmani. 7170 / Le Kef - Tunisie
tél. : 00216 (8) 28 05 03
00216 (9) 44 74 55
00216 (9) 73 33 72
00216 (9) 22 27 51


Tunisie le 30 Août 2001.

Messieurs les présidents,

Permettez moi de vous dire le calvaire d'un médecin ordinaire vivant dans le pays, le mien, qui s'apprête à se livrer aux "joies" du sport durant les jeux méditerranéens de Tunis 2001.
Sous la terreur, je vis. Sous l'angoisse, je travaille. Sous la peur, je rentre chez moi. Je combats le coup d'éponge qui essaie de m'effacer. Pourtant on n'est pas en état de guerre chez nous en Tunisie. Mais on vit sous la tutelle d'un Etat policier où règne la sécurité du responsable et l'insécurité du citoyen.
Les persécutions, harcèlements, détentions illégales, menaces allant de l'agression physique à la tentative d'assassinat sur la voie publique aux meurtres sous la pression tortionnaire préméditée, à la suppression d'emploi, à la persécution financière et fiscale, à la confiscation de biens personnels sans jugement et autres pratiques malsaines, sont devenus une monotonie de la multitude de formes et manœuvres manipulées par la police politique.
Ma vigilance permanente pour assurer ma sécurité personnelle et familiale par des moyens primitifs, me fatigue l'esprit et déconcentre mes objectifs ainsi que les horizons de mes enfants.
Je suis un opposant politique du régime du Président Ben Ali dès l'aube de 07 novembre 1987.
J'étais accusé d'avoir fomenté un coup d'état le 08 novembre 1987 avec un groupe d'opposants tunisiens sans avoir jamais été ni inculpé ni jugé ni condamné puisque le groupe a décidé de s'aligner et soutenir le coup d'état de Président Ben Ali survenu le 07 novembre 1987.
On était pris en otage à la prison civile de Tunis en vue d'un marchandage politique avec les courants d'opposition.
J'étais arrêté le 22 novembre 1987 par la police politique du Président Ben Ali dans les locaux du département de la sécurité de l'état au Ministère de l'intérieur dont le patron des scènes de torture et de barbarie était le général Habib Ammar qui venait d'être nommé à l'aube de 07 novembre 1987 Ministre de l'intérieur par le Président Ben Ali.
J'y ai vu ce que je n'imaginais pas faisant partie de la réalité amère de la Tunisie. J'ai vécu durant 38 jours au sous-sol du ministère de l'intérieur ce que je ne croyais pas être compatible avec la déclaration historique du Président Ben Ali à l'aube du 07 novembre 1987.
Au fait ce n'était qu'un masque qui cachait l'horreur d'un exécrable. La torture dans les lieux de détention au ministère de l'intérieur au cours de l'enquête préliminaire était un art où les tortionnaires manifestaient leurs vocations sadiques et inhumaines : Les insultes, les injures, les coups de poing en pleine figure et en pleine poitrine ou ventre, le crachat… ne pouvaient prendre place devant d'autres plus graves atrocités pour voiler le terrorisme de l'état tunisien.
C'est un terrorisme codé et autorisé sous l'impunité des hauts responsables. Les coups de bâtons fermes, la dénudation, la position de "rôti" entre deux bureaux, l'électrocution, les brûlures par mégots de cigarettes, la sodomisation par bâton, les menaces de viol de l'épouse ou de la sœur, l'arrestation des parents, les violations de domicile au cours desquelles les vols de biens personnels passent sous les yeux des détenus, l'introduction de clous entre les métacarpes de la main et les métatarses des pieds, l'attelage pieds au plafond tête en bas, noyade de la tête dans une bassine d'eau de javel, menace par arme à feu à tirer dans le crane, menace d'enterrement vivant dans un lieu désertique, brûlures caustiques…
J'ai pu visualiser au cours de mon séjour au sous-sol du ministère de l'intérieur des actes de barbarie et de sauvagerie : Le général Habib Ammar était content et fier du boulot de ses collaborateurs frustrés.
Tout se cache. Rien ne sort, personne n'en parle sauf les familles des détenus victimes de l'inhumanité des humains sous la rigidité du général Habib Ammar.
Au cours de mon arrestation dans ce foyer infecte d'esprit et d'âmes le 22 novembre 1987, j'ai vu à mon passage au bureau destiné à mon interrogatoire des urines coulées sous les portes. J'ai senti l'odeur de matières fécales humaines qui jaillissait des bureaux dans le couloir jointivement avec des cris de souffrances et de gémissements entrecoupés par des bruits de coups de bâtons ou de caoutchouc et des voix d'enquêteurs qui émettaient des injures et des insultes ainsi que des questions en rapport avec les éléments propres de l'enquête.
Personnellement, mes enquêteurs de la police politique ont constaté à quel point j'étais effrayé et déstabilisé par cette horreur, Moncef Ben Guébila le sous directeur de la direction de la police politique m'a offert à mon arrivée le premier jour d'hospitalité dans les locaux du ministère de l'intérieur, un café et une bouteille d'eau qui se sont avérés par la suite contenir un certain produit qui déprime rapidement la vigilance. Je ne pouvais me tenir convenablement assis sur une chaise. Je ne pouvais relever ma tête. Ma langue devenait de plus en plus lourde. Je m'appuyais sur le bureau du policer et du mur d'à côté sous les injures et les insultes (de l'agent d'en face) dont je ne suis nullement habitué.
L'enquête quotidienne durait de 9 heures du matin à 17 heures pendant 11 jours consécutifs avec une pause de 30 minutes à 13 heures.
J'assistais, après ma phase d'enquête, à la sortie de détenus de la geôle marchant à pieds et revenir le soir transporté par deux agents de la police politique dans une couverture grise en émettant des sons de gémissements et de souffrances suite à des séances prolongées de torture.
J'ai même assisté aux conséquences graves de la torture physique subie par le commandant Mohamed Mansouri dans la nuit du 29 au 30 novembre 1987.
Je l'ai bien examiné au dernières heures de sa vie suite à une panique de deux criminels policiers qui m'ont appelé de ma geôle n° 4 en qualité de médecin pour secourir la victime après l'avoir bien tabassée et électrocutée.
Le certificat médical de la commission mercenaire des médecins légistes comportait la mention de mort subite par arrêt cardiaque donc mort naturelle dans les locaux de la police politique.
Pourtant la vérité est autre. C'est bizarre les médecins tunisiens deviennent des complices à la pratique de torture.
Durant ce séjour historique, les détenus mangeaient un quart de pain avec un peu de confiture qu'on nous ramène après 17 heures dans le sous-sol du ministère de l'intérieur.
La qualité et la quantité de la bouffe dans les geôles faisaient partie de la torture par la faim. Il fallait tomber vraiment malade et ne souffrant pas de douleur de torture physique pour avoir le privilège d'un demi-litre de lait par 24 heures.
L'amaigrissement, l'anémie, le vertige, l'insomnie, les cauchemars en cas de sommeil bref compliquaient l'état de santé des détenus devant l'angoisse, l'anxiété et l'avenir abstrait.
Dès que les traces de torture s'effaçaient spontanément, les détenus sont transférés au juge d'instruction militaire le colonel Abdel Jalil Abbane (originaire de Kairouan) qui refusait d'entendre les plaintes et les requêtes à propos de la torture pratiquée dans les locaux de la police politique du ministère de l'intérieur et les mettait sur le compte d'une simple pression pour enquête et interrogatoire poussé malgré qu'il est totalement convaincu de l'existence de la pratique inhumaine manifeste de la torture par des criminels tortionnaires de police politique au ministère de l'intérieur.
Le simple fait d'évoquer et soulever ces violations horribles à la rédaction du procès mettait le poste de colonel, sa carrière et ses privilèges en péril pour l'inculper de sympathie avec le groupe dit sécuritaire qui est pris en otage et en captivité pour un procès intentionnel.
Aucun passage à l'acte n'a été élaboré puisque le groupe sécuritaire a porté son soutien au changement du président Ben Ali avec toute confiance au 07 novembre 1987.
Personne ne voulait et ne voudrait entendre parler de la torture exercée dans les locaux de la police politique qui domine toutes les situations sous l'impunité totale manifeste et l'absentéisme de la Loi et des législations en vigueur.
Nombreux crimes commis dans ces locaux ont été exécutés sans qu'il y ait de suites conséquentes.
Tant d'handicapés de torture qui circulent aujourd'hui après détention ou emprisonnement, tant de malades chroniques victimes de cette procédure inhumaine lèvent les yeux au ciel pour demander réparation.
Pourtant personne n'ose en parler… Sujet tabou. Les risques sont connus.
La relève à la tête de ministère de l'intérieur n'a jamais ramené de mystère : toujours la même souche de mauvaise graine… Abdallah Kallel succède au général Habib Ammar sur un terrain propice. Il devait continuer la tâche inachevée du général partant. Mais toujours est-il à sa manière et à la perfection ? Il devait se mesurer à un militaire tortionnaire sans pour autant faire un pas en arrière. Il devait laisser ses empruntes de ministre criminel tortionnaire et rentabiliser l'activité dans la boucherie des locaux du ministère de l'intérieur. Ses victimes se comptent par centaines sinon des milliers et parmi elles mon cas :
Cinq jours après l'assassinat du président algérien BOUDHIEF à Annaba le 29 juin 1992, la police politique de Tunisie m'a arrêté le samedi 04 juillet 1992 et m'a fait subir toutes les formes et variétés de torture imaginaires et possibles dans les locaux du département de la sécurité de l'Etat au ministère de l'intérieur à Tunis.
Les pratiques des tortionnaires s'étalaient entre les coups de poing en pleine figure et poitrine, à la position de "rôti" en étant dénudé avec des coups de bâton sur la plante de mes pieds et des coups de pointes de chaussures dures sur le coccyx, la nuque et le visage.
Je pleurais. Je criais. Je les suppliais. Je les insultais. Mes mains enchaînées noircissaient à leurs yeux tout en étant en position de " rôti "
Aucune pitié. Aucun sentiment humain.
Je hurlais au point de m'évanouir.
Ils étaient quatre agents musclés, féroces, bien répartis au bureau pour me faire subir leurs atrocités.
Je me souviens de quelques noms : Abderrahmène Guesmi connu au département sous le nom de "BOKASSA", Mahmoud Ben Amor, Mohamed Naceur, Zouhaier Redissi, qui étaient tous supervisés par leurs chefs hiérarchiques : Ezzeddine Jnaieh (Frère du président de l'équipe de l'étoile sportive du Sahel) et Hassen Abid.
Ils étaient à la recherche d'une chaîne de renseignements généraux et d'espionnage qui visait à assassiner le président Ben Ali à la même période que le président algérien BOUDHIEF. Prêcher le faux pour avoir le vrai. Puisque les dirigeants du pays n'ont pas la conscience tranquille.
Je n'étais au courant de rien et je ne savais pas de quoi ils parlaient.
On me brûlait la jambe, déjà enchaînée, par un mégot de cigarette pour que je ne succombe pas à l'évanouissement d'après leur savoir.
On me prenait alors par une chaîne d'attelage rattachée par une poulie au plafond de la pièce, tout nu, tête en bas, pieds en haut, mains enchaînées, derrière le dos.
L'épreuve était pour moi d'un moment très difficile inoubliable et très humiliante.
Les coups de bâton, les coups de pieds et les coups de poings me parvenaient de toutes directions au point où je ne pouvais réagir surtout après avoir reçu quelques coups d'électrocution.
On me faisait alors descendre la tête dans une bassine d'eau de javel où l'un des tortionnaires m'étranglait du cou pour me faire suffoquer, réagir, et parler.
Parler pour respirer.
Parler pour dire n'importe quoi surtout ce que voulaient entendre les tortionnaires par imagination.
Ils se sont donc convaincus que je n'avais rien à l'esprit.
Cependant les tortionnaires me relâchaient tout nu par terre dans une pièce mouillée d'eau de Javel, de sang et de vomissements sanguinolents.
J'étais dans un état lamentable.
Je ne pouvais me mettre debout ni marcher ni descendre les escaliers.
Je ne pouvais remettre tout seul mon slip, pantalon et chemise souillés de sang et d'eau de javel.
La générosité des tortionnaires les ordonna de m'aider à le faire pour m'emmener dans une autre pièce d'aveux où toute leur équipe de responsables est réunie après avoir arrêter ma sœur professeur au lycée mère de trois enfants, pour m'humilier devant elle et me provoquer en me menaçant de la violer en ma présence.
J'étais atteint d'aréflexie.
Je ne pouvais rien faire devant leurs insultes, injures et humiliations car je n'avais rien à avouer puisque je ne savais absolument rien de ce qu'ils prétendaient.
On me faisait signer des papiers que j'ignorais le contenu puis on m'a fait descendre dans une geôle au sous-sol du ministère de l'intérieur.
J'y ai passé dix neuf jours où j'ai attrapé la gale et un essoufflement persistant à l'effort depuis cette détention. Des précordialgies et des arythmies irrégulières me sont installées depuis cette date.
J'ai passé deux mois de convalescence sans pouvoir reprendre mon activité à mon cabinet médical.
Je ne pouvais ni m'asseoir ni marcher convenablement à l'aise.
Dès le début du mois de septembre 1992, le contrôle administratif s'installa à mon égard sans procès ni jugement ni condamnation. C'est une forme de prison à domicile non coûteuse au régime de la dictature de Ben Ali. C'est une répression gratuite.
Au cours de cette période je me chargeais d'acheter à chaque fois un registre de mon propre argent sur lequel je passais signer au poste de police du village de Dahmani au nord ouest de la Tunisie deux fois par jour à des horaires qui ne me convenaient nullement et bien choisis en conséquent par les policiers.
Cette situation s'est prolongée durant six ans et trois mois. C'est à dire du premier septembre 1992 au 07 novembre 1998.
Comme vous le constatez, on vit toujours en Tunisie à la merci du Président Ben Ali et on survit toujours grâce aux festivités de la commémoration du 07 novembre.
Cependant au cours de cette période de violations, de mesures pratiques abusives à la Tunisienne, tant d'évènements choquants ont marqué ma vie dans la grande prison de Tunisie par les prolongements et dérivés de la police politique et de la milice du parti au pouvoir (RCD) : Humiliations - Intimidations - Persécutions - Harcèlements - Rejet socioprofessionnel - Pressions fiscales - Violations de domicile à des horaires indisposant sans réquisitions du procureur (La police politique est toujours à la recherche de rien du tout chez moi) - Retrait du permis de conduire sans motif légal - Procès judiciaires de chèque sans provision que je n'ai jamais signé ni avoir connu le bénéficiaire (l'écriture fait foi ainsi que d'autres indices) - Provocations de mes enfants à l'école - Harcèlement de mon épouse médecin à l'hôpital - contrôle d'identité de mes malades à l'intérieur de la salle d'attente à mon cabinet médical - Persécutions de la belle-famille algérienne au niveau des postes frontaliers Tuniso-Algériens à l'entrée et à la sortie de la Tunisie (Fouille à corps et à poils hommes et femmes)…
Toutes ces pratiques invalidantes étaient orchestrées par les services spéciaux de police politiques avec la coordination des renseignements généraux du ministère de l'intérieur où les décideurs de ces locaux n'ont jamais apprécié la grâce présidentielle que m'a attribué le président Ben Ali aux premières festivités du 07 Novembre 1988 avec le groupe sécuritaire.
Tout le boulot dans et les efforts des tortionnaires étaient mis dans l'eau. Leur bilan est nul.
Mais leur traces et séquelles sont gardées à vie. Les témoignages de leurs atrocités en cette période courent de bouche à oreille à l'intérieur et à l'extérieur de la Tunisie. Cependant après avoir repris ma fonction le 07 Novembre 1988 en tant que médecin de la santé publique à Dahmani, j'étais réhabilité. J'ai reçu l'ensemble de mes salaires et primes de l'année de détention avec régularisation de ma situation administrative (Ancienneté - Grade - Echelon…). Cette mesure a vivement provoqué l'orgueil de la police politique obligeant de façon indirecte le ministre de la santé publique Mr. Dali Jézi ex-militant des droits de l'homme et ex-opposant politique à m'adresser un télégramme de Regret Mise Fin Fonction sans aucun motif ni raison légale après quinze mois de reprise de travail suite à une grâce présidentielle à la sortie de prison et réhabilitation totale.
La réconciliation bafouée les calculs des services spéciaux de la police politique du ministère de l'intérieur qui devait trouver toujours un chewing-gum à mâcher.
La police politique ne peut vivre en Tunisie que dans les milieux infectes de tensions sociopolitiques. Elle doit toujours provoquer les crises et les affrontements politiques. Il n'y a que des professionnels pour les magouilles des saletés.
La sérénité du pays fait mal à la tête des tortionnaires. Personne ne doit rester tranquille en Tunisie. Il fallait toujours créer des litiges. Toutes les structures de la police politique du parti au pouvoir exécutent les instructions frauduleuses et mensongères pour envenimer la vie socio-politique sans fondement.
A un certain moment, entre 1992 à 1998 mon cabinet médical était transformée en un bordel par le chef de la police de Dahmani le nommé Ahmed Hassen qui ramenait sa concubine pour la baiser sur le lit de la salle des soins de mon bureau en fermant la porte devant mes yeux après avoir garé la voiture de la police (Ritmo noire et blanche) devant l'entrée de mon cabinet médical pour effrayer les malades qui comptent consulter chez moi.
Cela s'est passé au regard de tous les habitants du village de Dahmani (Nord Ouest de la Tunisie). Je ne pouvais parler à l'époque par craintes de répercussions de représailles au contrôle administratif de la prison à domicile dont se charge le dit Chef de la police locale. Si ce n'était pas un voyou, il n'osait pas faire d'acte pareil à mon bureau dans un petit village surtout qu'il était marié et père de plusieurs enfants.
Les représailles ne sont dénoncées en Tunisie par personne.
On vit la police. On respire la police en Tunisie.
Quant aux arrestations abusives, aberrantes, multiples et fréquentes, je les subissais à mon bureau au regard de mes malades par au moins six agents armés jusqu'au dents pour semer la terreur et me faire sortir les mains enchaînées en blouse blanche. C'étaient des mises en scène de cinéma policier pour montrer à l'opinion publique que la police politique est bien vigilante sur tout le territoire.
Aucun soutien n'a été relevé par le Conseil de l'Ordre des Médecins Tunisiens ni par des institutions qui se considéraient défendre les droits de l'homme.
Mon seul soutien était mon épouse, mes enfants et la belle-famille algérienne.
Mes arrestations duraient entre trois à quatre jours tous les deux mois environ entre 1990 et 1992 sans que je puisse avoir des explications ou justifications du motif de ces mesures.
J'étais toujours séquestré ou plus exactement en captivité provisoire les mains et pieds enchaînées et rattachées au pieds d'un bureau et je dormais par terre sur un carton sans couverture. Un bout de pain sec m'est donné le soir à 20 heures chaque jour.
Par générosité mes agresseurs me laissaient prendre mon burnous en hiver avant de m'embarquer pour une durée inconnue.
Aucun papier ne m'a jamais été livré à ce propos.
Toutes les structures de l'Etat et du parti au pouvoir étaient complices dans ce processus pour me briser ma carrière professionnelle de médecin dans le secteur privé puisque j'étais renvoyé du secteur public sans oser franchir les frontières du pays pour l'exil à l'étranger. Je suis déjà en exil à l'intérieur de mon pays.
Le propriétaire du local qui me sert de cabinet médical à Dahmani a été condamné injustement pour trois ans de prison qu'il l'a purgé puis il a été renvoyé de ses fonctions d'instituteur pour un motif qui n'a jamais été révélée mais au fond pour m'avoir loué la maison de ses parents et défié l'autorité qui lui a donné des instructions au refus de me louer le cabinet médical et m'empêcher de m'installer à Dahmani en médecin de libre pratique.
Mais les harcèlements de la police politique ne cessent de continuer par compression de mes droits de citoyenneté dont la forme prend le cadre de la discipline socio-administrative :
Malgré la traduction de mon épouse médecin à l'hôpital de Dahmani devant le conseil de discipline au ministère de la santé à maintes reprises sous la tutelle du ministre Hédi Mhenni pour des motifs imaginaires (Venir en retard - Partir avant l'heure, divulgation des secrets de la santé publique, perte du carnet à souches…) qui lui valaient des suspensions provisoires de salaires avec mise à pieds.
Le recours du ministre de la santé publique Hédi Mhenni le 24 Juillet 2000 à la muter du Nord Ouest (Dahmani) au Sud (Sidi Bouzid) par mesure disciplinaire avec obligation de changement de résidence, avait pour but réel la fermeture de mon cabinet médical à Dahmani dont l'idée ne m'a jamais effleuré l'esprit après onze ans d'ancienneté dans le secteur privé. Le ministre de la santé continue le travail de persécutions et harcèlements du ministre de l'intérieur.
Devant mon refus de partir de Dahmani et changer le lieu de travail, une tentative d'assassinat s'est orchestrée à mon égard par la police politique en vue de simuler un accident de la voie publique le 31 Juillet 2000 : Un semi-remorque a tenté en me croisant en ligne droite à 80 Km /heure de m'écraser sous ses roues, ma déviation brusque et brutale m'a valu une paralysie de l'épaule gauche et une voiture neuve de Seize Mille Dinars en épave (Citroën Saxo).
Les deux agents de la police politique les nommés Abdallah Bouazizi et Mouldi Khemassi qui me supervisaient au Kef le soir même de l'accident avant de prendre la route en ligne droite du Kef à Sidi Bouzid m'ont rendu une visite au service des urgences à l'hôpital du Kef vers sept heures du matin, le premier août 2000. L'accident est survenu le 31 Juillet 2000 à Neuf heures du soir à cinq - six kilomètres de la sortie du Kef, les secours de la garde nationale de circulation et de la protection civile étaient arrivés le premier août 2000 à une heure du matin.
Il fallait quatre heures pour secourir une victime d'un accident de la voie publique à cinq - six kilomètres du Kef. D'ailleurs ils n'ont pas mis beaucoup de temps pour venir sur le lieux. Ils croyaient que j'étais froissé.
L'agresseur ne s'est jamais arrêté et découvert.
La police et la garde nationale ne m'ont jamais soulevé ce sujet tabou.
Les révélations y sont proscrites à vie.
La voiture que mon père me l'a passé ensuite à titre de prêt au début de Juin 2001 (Renault Express) après rétablissement progressif et lent de mon état de santé pour me faciliter mes déplacements entre mon lieu de travail au Nord Ouest (Dahmani), mon domicile au Sud (Sidi Bouzid) et le lieu de réadaptation fonctionnelle à l'Est (Tunis).
La police de la circulation sous ordre de la police politique m'a retiré la Renault Express sans motif légal bien que ses papiers étaient en règles pour me laisser me déplacer en bus et en taxi en plein été avec une bandoulière rattachée au cou depuis plus d'un an.
Le motif de cette confiscation abusive ou vol manifeste en plein jour était : Voiture suspecte.
Le véhicule demeure toujours au dépôt municipal de Dahmani à partir du 22 Juin 2001 sans aucun papier justificatif de cette mesure abusive qui a été prise cinq jours après mon intervention téléphonique du 17 Juin 2001 à l'émission Grand Maghreb à la chaîne Al Mustakilla de Londres. C'est à dire le jour où l'honorable Madame Sihem Ben Sedrine a fait des révélations qui n'ont pas plus à l'autorité au pouvoir qui l'a séquestré abusivement du 26 Juin 2001 au 13 Août 2001.
Madame Ben Sedrine est sortie du prison après ses déclarations publiques et mon véhicule demeure toujours en dépôt après une communication téléphonique à la même émission du même jour à la chaîne Al Mustakilla à Londres.
Violation, vol, banditisme, mépris… Je ne peux qualifier ces gestes et je vous laisse le soin d'en conclure et juger.
Quant à mon passeport, la police politique m'a toujours épargné la fatigue et les dépenses des déplacements à l'extérieur de la Tunisie depuis 1990. Refus catégorique malgré le jugement prononcé au tribunal administratif le 07 Juin 2001 qui annule la décision du ministre de l'intérieur pour ce refus non justifié à la délivrance du passeport et le droit au voyage à l'étranger.
La police politique a séquestré l'air du citoyen sous l'énigme de la prévention du terrorisme religieux (bien que je suis croyant non pratiquant depuis mon jeune âge) qu'elle essaie de me le coller gratuitement.
En Tunisie toute personne manifestant des idées contraires à celles de l'Etat est qualifiée d'intégriste jusqu'à preuve du contraire.
Actuellement je suis sans passeport en l'absence d'une interdiction légale. Je suis privé de voyager depuis plus de dix ans, bien que j'ai des amis de la famille éparpillés au monde entier.
Je n'ai jamais pu assister à un congrès ou réunion à l'étranger depuis l'arrivée du président Ben Ali au pouvoir.
Je suis privé de conduire une voiture personnelle ou autre par risque de confiscation abusive sous l'ordre de la police politique et sans raison légale.
J'habite à Sidi Bouzid (à 350 Km au Sud de la capitale).
Je travaille à Dahmani (à 200 Km au Nord Ouest de la capitale Tunis).
Je poursuis une cure de réadaptation fonctionnelle à Tunis (la capitale) deux fois par semaine durant une autre année. C'est à dire jusqu'au mois d'Août 2002.
Pour joindre ma famille à Sidi Bouzid de Dahmani, je dois parcourir 150 Km.
Je me déplace en autobus et en taxi : ma voiture personnelle est en épave suite à une tentative d'assassinat perpétrée par la police politique en Juillet 2000. La voiture que mon père m'a prêté m'a été confisquée sans raison légale en Juin 2001.
Ma ligne téléphonique subit souvent des restrictions discriminatoires de certains numéros bien déterminés sinon elle est l'objet de suspension abusive sans justification.
La facture de télécommunication me devient de plus en plus salée pour que l'autorité puisse justifier l'ultérieure coupure ou suspension totale et définitive de ma ligne téléphonique (incapacité de payer gratuitement les factures salées).
Je suis le seul témoin oculaire potentiel d'un assassinat d'un commandant militaire Mohamed Mansouri dans les locaux de la police politique au ministère de l'intérieur dans la nuit du 29 au 30 Novembre 1987 par agression physique sauvage et électrocution massive malgré la prétention de l'autorité tunisienne que ce décès résulte d'un arrêt cardiaque et mort naturelle.
J'ai subi tant d'injustices à l'air du général Ben Ali par ses collaborateurs musclés.
Je garde des séquelles corporelles de pratique de torture depuis Novembre 1987 et Juillet 1992 et une impotence partielle permanente de 38 % suite à la tentative d'assassinat par simulation d'un accident de la voie publique en Fin Juillet 2000 par la police politique.
J'étais aussi victime depuis un an d'une escroquerie perpétrée par le chef de cabinet de l'ex-ministre de la santé le nommé Kamel Cherbib. Il m'a volé Douze Mille Dinars (Equivalent de 12 Mille Dollars environs) en promettant à mon père de suspendre les persécutions administratives engagées à l'encontre de mon épouse médecin. Il lui a vendu une voiture accidentée (PEUGEOT 306) dont le prix ne dépassait pas sur le marché les Six Mille Dinars (Six Mille Dollars environs). Mon père a accepté cette transaction malhonnête (corruption) pour arranger la situation administrative de mon épouse médecin Docteur ALLAOUA NADIRA. Mais aucune suite ne s'est révélée ultérieurement de ce compromis.
Mais à la suite d'une plainte administrative et juridique engagée de ma part à l'encontre de ce voleur administrateur, Mr. Hédi Mhenni est nommé ministre des affaires sociales et rapatrie Kamel Cherbib dans son nouveau cabinet aux affaires sociales à titre de couverture d'impunité administrative. Mes requêtes en ce sens courent dans les couloirs des tribunaux et dans les oubliettes.
Un embargo professionnel élaboré par la police politique étouffe la rentabilité financière de mon cabinet et déstabilise la concurrence légale loyale et légitime avec les confrères du village.
Nombreuses plaintes judiciaires que j'ai engagées, à l'encontre du ministre de la santé, du ministre de l'intérieur, du ministre des télécommunications, du ministre de la jeunesse et du sport, n'ont jamais eu de suites.
En Tunisie du général Ben Ali, on ne vous tue pas mais on vous laisse crever en silence dans l'obscurité.
Donc après quatorze ans de silence et de souffrance individuelle et familiale depuis le 22 Novembre 1987 date de ma première arrestation et captivité, je lève le ton et je me décide à tirer le rideau de la peur pour hausser la voix en claquant sur la table.
N'importe quelle conséquence de mes présents aveux et plaintes ultérieures auprès des instances internationales compétentes ne m'intriguent puisque le mal est déjà fait.
J'ai trop perdu et je n'ai plus rien à perdre.
J'ai supporté la torture physique, morale et financière.
Je me déchaîne et je me révolte sans peur ni regret contre tous ceux qui ont porté atteinte de loin ou de près à ma personne et à ma famille avec le bâton, l'électrode, la torture par la faim, le sourire et la propagande de l'hypocrisie démocratique avec les beaux discours du président le général Ben Ali.
Mon drame tragique a commencé avec l'arrivée du général dictateur le président Ben Ali au pouvoir du 07 Novembre 1987 où le citoyen ne crie plus pour exprimer ses souffrances mais gémit aux coins des rues et sous les murs à basse voix.
La dignité et la fierté de chacun ont été manifestement touchées.
Il est honteux et injuste de voir des tortionnaires représenter la Tunisie et le peuple tunisien dans les cérémonies internationales officielles.
La complicité des responsables des pays frères et amis de notre pays tend à adoucir les différents avec les criminels tueurs de leur peuple.
Les victimes et leurs familles en sont profondément touchées des exigences des procédures du protocole d'Etat qui les obligent à supporter des scènes qui réactivent leurs mémoires en matière de torture et de toute sorte de violation de droits de l'homme.
La Tunisie et le peuple tunisien ne méritent pas toute cette misère imposée par les représailles d'un régime dictateur qui se dit Démocrate.
Messieurs les présidents, Pardonnez-moi pour la longueur de ces propos qui ont pour seule intention de vous illustrer la gravité des atteintes insupportables, scandaleuses et inadmissibles aux droits de l'homme les plus élémentaires en Tunisie, et en particulier par le général Habib Ammar actuel président du COJM.
J'en appelle à votre conscience pour dénoncer ces crimes inqualifiables perpétrées par le général Habib Ammar, et je suis convaincu que votre moralité vous empêchera de serrer la main à ce criminel, de vous asseoir à ses côtés ou en sa présence.
La présence de ce criminel au sein du mouvement olympique constitue non seulement une violation des principes éthiques et moraux qui animent le sport et l'olympisme mais aussi une insulte à ses victimes, et à la mémoire des personnes assassinées.

Veuillez agréer, Messieurs les présidents, l'expression des mes sentiments les plus respectueux.
Salutations et respect

Dr. EL AMRI SAHBI
Médecin de libre pratique
90 Avenue Habib Bourguiba.
Dahmani. 7170 / Le Kef - Tunisie
tél. : 0216 (8) 28 05 03
00216 (9) 44 74 55
00216 (9) 73 33 72
00216 (9) 22 27 51


Source : TUNISNEWS du vendredi 31 août 2001 .
Habib Ammar est un assassin

A la différence de tous les autres membres du gouvernement et de toutes les instances dirigeantes de la Tunisie et du parti au pouvoir (RCD), ce général est tout autre qu'un pion de ZABA c'est son acolyte lors du putsch du 7 novembre 1987, ils ont préparé ensemble leur forfait au sein du tristement célèbre musée de l'horreur tunisien, plus connu sous le nom de "Dakhilia", les mains de cet énergumène sont encore moites du sang des gens qu'il a torturé ou assassiné en collaboration étroite avec ZABA c'est pourquoi tous les tunisiens demandent aux personnalités invités, par les tortionnaires du comité d'oppression de la jeunesse méditerranéenne COJM, aux jeux méditerranéens de décliner ce cadeau venimeux ou du moins s'abstenir de faire de déclarations élogieuses de ces mafieux, la Tunisie est au bord du gouffre et la non assistance aux personnes en danger est un délit. La mémoire des tunisiens n'est pas courte et les personnes impliquées regretteront leurs gestes un jour ou l'autre car ils savent tous ceux qu'ils vont côtoyer des jours durant.

ettounsi. Samedi, le premier août 2001 .
Communiqué du CPR

Traduction française : La Tunisie accueillera du 2 au 15 septembre les XIVe Jeux méditerranéens, dans un climat de morosité sociale de plus en plus perceptible. Et pour cause, les libertés n'ont jamais été aussi bafouées, l'administration aussi gangrené par la corruption, l'avenir des Tunisiens aussi incertain et l'image de la Tunisie à l'étranger aussi écornée !
En dépit d'une intense propagande officielle qui a jusqu'ici coûté très cher, cette manifestation sportive n'enchante pas les Tunisiens, tant leur déception est énorme et le régime actuel impopulaire à leurs yeux.
Outre ce constat alarmant, d'autres anomalies graves viennent perturber le déroulement des jeux et reléguer la dimension sportive au second plan.
Il s'agit tout d'abord de la présence d'un ancien ministre de l'intérieur, impliqué dans des actes de torture, à la tête du comité d'organisation de ces Jeux. Habib Ammar dont la responsabilité est avérée dans la répression des opposants, continue de jouir de l'impunité et des faveurs du régime actuel.
A cette occasion, et tout en exprimant sa profonde consternation, le Congrès Pour la République ( CPR ) rappelle que l'intéressé n'est qu'un chaînon d'une longue suite de responsables de ce fléau qu'est la torture.
Ensuite, et au moment où s'amplifie le génocide de nos frères palestiniens, le régime tunisien décide encore une fois de fuir ses responsabilités et son devoir de solidarité avec la Palestine martyre en refusant d'inviter une délégation palestinienne à ces jeux et casser l'isolement dans lequel se trouvent acculés les héros de l'Intifada.
Le CPR, tout en déplorant cette décision qui ne reflète en rien la grande mobilisation des Tunisiens en faveur de leurs frères palestiniens, assure de son soutien indéfectible ces derniers dans leur lutte légitime contre les forces de l'occupation pour le recouvrement de leurs droits et l'instauration de leur Etat, avec Elqods en tant que capitale.
Par ailleurs, le CPR tient à exprimer son indignation devant le slogan de ces Jeux " à Tunis, la Méditerranée est en fête ", car de cette fête sont exclus les dizaines de milliers d'hommes et de femmes et leurs enfants qui attendent en vain la vraie fête, celle de l'amnistie générale, et de leur libération des mouroirs que sont devenues les prisons tunisiennes où ils souffrent le martyre.

Pour le Congrès Pour la République
Le responsable de l'information, Chokri HAMROUNI


Chokri HAMROUNI-CPR. Paris, le 31 août 2001 .
Débat : Les Gaulois et les héritiers d'Hannibal

Les dérives du pouvoir en Tunisie deviennent de jour en jour alarmantes!
Le Pays est pillé chaque jour d'avantage par des voyous dont les méthodes sont pire que celles de la mafia. On a l'impression que le général Ben Ali est entrain de défier l'humanité entière par:
A - Le mensonge : En faisant croire pendant plus de dix ans a l'occident qu'il est leurs protecteur contre le terrorisme islamique. Il n'en est rien, puisque tous les actes terroristes commis en Tunisie (vitriol, etc.) ont été commis par son appareil répressif fort de 140 000 policiers. Il a leurré la CIA et les européens en leur annonçant périodiquement des attentats imaginaires pour incriminer ses opposants.
B - Le mépris des lois universelles : en bâillonnant son peuple et en s'adonnant à la torture ,au crime et à la subordination de la justice.
C - Le crime international : En faisant de la Tunisie, place stratégique de la Méditerranée, la plaque tournante du trafic de tous genres :
- Drogue : L'affaire Couscous connection orchestrée par son propre frère (mort assassiné) continue avec d'autres hommes et d'autres ports à inonder l'Europe.
- Cigarettes : Les containers saisis à Marseille appartenaient à son beau frère.
- Vol de voitures en Europe: Sa famille est leader mondial de ce genre de trafic. L'écoulement est assure sur un vaste marché qui s'étend de l'Afrique au moyen orient.
- etc.
D-Le chantage : En sont victimes surtout les français.
Un triple objectif est visé par le Général Président:
- Bâillonner les médias français (surtout la TV, la presse est déjà censurée)
- Obtenir des déclarations de complaisance en faveur du régime La dernière condamnation du parti socialiste Français est une preuve d'amitié envers ce peuple opprimé. Un vieux militant n'a pas hésité à qualifier la FRANCE de "Om hanina" la mère affectueuse.
- Soutirer le maximum de commissions et de pots de vin sur les gros
marches de l'état par la famille du général président.
E - L'ingratitude : L'amitié entre les peuples français et tunisien date de plus de 23 siècles. En permettant a Hannibal de traverser tout leur territoire et en se ralliant a lui, les gaulois avaient un objectif commun avec les Tunisiens : Vaincre Rome pour obtenir leur liberté. Aujourd'hui encore les deux peuples manifestent cette amitié par les faits suivants:
- La France est le premier client et fournisseur de la Tunisie.
- Un million de Français visitent chaque année la Tunisie
- 500 000 Tunisiens vivent en France.
- Plusieurs centaines de milliers ont la double nationalité, et représentent de ce fait une influence sur la politique des deux Pays.
-La Tunisie a donne a la France plusieurs célébrités internationales:
Alaia, Azzaro, Boujnah, Ouaki(Tati), Lanoux, Adel, Yamina, Elie Kakou, Anconina, Daniela
Lambrozo, Lotfi Belhsine, Ben Ammar, Moati, Cacoub, Marouani..., et aussi des hommes politiques estimes tel que M. Seguin et le maire actuel de Paris M.Delanoe.
- La langue dominante en Tunisie est le français. Cette amitié et ces liens sont devenus sacres.
En aucun cas, nous ne permettrons a qui que soit de les bafouer. Il semble que le général président n'est pas de cet avis :
-Il n'hésite a payer des publi-reportages sur de quotidiens américains pour condamner la politique nostalgique de la France pour le colonialisme.
- Il ne cesse d'humilier les symboles de l'amitié franco-tunisienne:
- Mr Jean Daniel a mis sa vie en jeu en allant sur le franc de la bataille Bizerte a fait l'objet d'une inadmissible humiliation.
- Mme Mitterrand (première dame de France pendant 14 ans) a été traitée en direct a la TV par un ministre en exercice de "akab hajjala ou de vulgaire veuve qui ferait mieux de s'occuper de l'affaire de son fils qui trafique des armes qui tuent nos frères Africains"
- Le corps des enseignants Français qui ont vu l'un de leur collègue expulse en moins de 24h. sur simple décision arbitraire du général président.
- Les journalistes qui sont violentes, fouilles ,expulses ou interdits de séjour en Tunisie.
- La mise en faillite de centaines de PME Françaises qui se font tout simplement arnaquer par les proches du général président car la justice leur est soumise.
- La présence sur le sol français de milliers de policiers du général président. Le réseau a été mis en place par l'ex-ambassadeur le Général Ben Cheikh.
- La langue Française est agressée par le général président lui même puisqu'il a ordonne de supprimer le français sur les enseignes et a ordonne de supprimer Antenne 2.Ces gestes hostiles sont en contradiction avec la culture et la vocation touristique du Pays.
-L'atteinte a l'honneur a des personnalités françaises en leur faisant déclarer ce qu'ils n'ont jamais dis(voir le démenti de Mr Delanoë).
L'énumération de ces gestes hostiles est longue, et le général président est bien décide a aggraver encore les choses.
Tous les Tunisiens sans exception souffrent de cette situation malsaine.
Ils n'admettent pas qu'on leur supprime ANTENNE 2, qu'on expulse leurs professeurs, qu'on censure les journaux qui les informent avec objectivité, qu'on les prive de la conférence ou de lire le livre de Mr Jean DANIEL ,qu'on vienne déranger leur hôte Mr Delanoë pendant ses vacances dans sa ville natale...
Non, ils n'admettent pas qu'on bafoue les règles sacrées de l'hospitalité, de l'amitié et de l'éthique.
Ils veulent le crier haut et fort! Mais ils ne peuvent pas, ils sont bâillonnés, tortures et tues s'ils s'expriment!
A moins que les Gaulois d'aujourd'hui se souviennent de l'histoire et aident à leur tour les héritiers d'Hannibal à retrouver par des moyens adéquats la liberté.

Envoi de YEZZI FOK - le 31 août 2001:
Réponse à : LES GAULOIS ET LES HERITIERS D'HANNIBAL
Envoi de Bouwazra le 31 août 2001:

Tout à fait d'accord avec vous sur l'essentiel, mais il y a certaines choses que vous n'avez pas dites, à commencer par ce soutien actif donc le général Ben Ali et son régime continue à bénéficier dans des milieux français qui préfèrent fermer les yeux et se boucher les oreilles pour ne pas voir ce qui se passe en Tunisie:
Des personnalités françaises comme Seguin, Delanoë, Jean Daniel, Gisèle Halimi, Claire Mendès France, Frédéric Mitterrand entres autres ont soutenu le régime Ben Ali jusqu'à ces derniers mois et c'est grâce à ce soutien complaisant qui a duré dix ans que Ben Ali a pu violé tous les droits élémentaires du peuple tunisien, torturer, chasser ses opposants, affamer leurs familles, emprisonner son peuple dans une prison à ciel ouvert.
La France n'a jamais ménagé son soutien à Ben Ali et son régime est présenté par M. Chirac lors de sa visite officielle en Tunisie en 1995 comme un modèle de démocratie. la Tunisie n' a jamais été condamné pour violation des droits de l'homme devant une seule instance internationale tout simplement parce que la France s'y oppose à chaque fois et continue à le faire.
C'est grâce aux accords de coopération sécuritaire signés en 1994 entre Charles Pasqua ministre français de l'intérieur et Abdallah Kallal que les centaines de policiers tunisiens peuvent agir librement en France et traquer, tabasser, menacer les opposants, que les deux services de police français et tunisiens peuvent échanger leurs informations sur les activités de l'opposition tunisienne en France et ailleurs; C'est en fin grâce aux accords de coopération économiques que la Tunisie peut obtenir de la France tout ce qu'elle veut comme crédits, facilités de paiement, aide de l'Union européenne.
il faut donc savoir ceci: Sans le soutien de ses amis français, et de la France, le régime Ben Ali tombera comme un fruit mûr à court ou à moyen terme.
Que faut-il faire? mettre la pression médiatique sur les actuels et anciens amis de Ban Ali pour qu'ils cessent de le soutenir, dénoncent ses crimes et reconnaissent leurs erreurs passées. Qu'ils le disent publiquement Jean Daniel, Philippe Séguin et Delanoë en tête. Que la France fasse un geste en donnant un signal fort à Ben Al i: Arrêtes tes conneries sinon on retire notre soutien et tout de suite.
J' ai voulu compléter cher ami votre discours pour que les tunisiens soient bien informés.

Source forum ettounsi. Vendredi 31 août 2001 .