Le sarcasme a un pseudo Omar Khayyâm est un illustre poète perse hors pair, rendu célèbre en
Arabie par ses quatrains merveilleusement chantés par Oum kalthoum, Amin
Mâalouf lui a rendu hommage avec son chef d'uvre Samarkand. L'auteur
évoque que le livre de Omar Khayyâm repose au fond de l'océan atlantique
avec le non moins célèbre Titanic. | |
| ettounsi. Tunis, jeudi 6 septembre 2001 . | |
La publication de la lettre de Mme Hachicha par REALITES est un exemple éclatant de la liberté d'expression en Tunisie. Notons aussi le courage de M. Taïeb Zahar, qui n'a pas hésite une seconde a publier cette lettre malgré son contenu explosif. La rédaction de Réalités craignait que le magazine ne soit saisi par la police politique, mais heureusement le ministère de l'intérieur n'a pas entravé la publication de la lettre controverse malgré l'impopularité de son contenu. Saluons aussi le courage de Mme Hachicha qui a pris le risque de nager à contre-courant. Mme Hachicha a prouvé son audace et la fermeté de ses convictions politiques. Ne lynchons pas Mme Hachicha et défendons sa liberté d'exprimer ses idées politiquement incorrectes. Je suis fier, heureux (je dirais même au comble du bonheur), et content de vivre dans un pays qui respecte les idées iconoclastes et garantit la liberté d'expression même aux extrémistes benalistes. Parfois j'ai l'impression de vivre au paradis. Il y serait absurde et insensé d'avoir des revendications ou formuler des critiques lorsque on nage dans le bonheur jusqu'au cou ! | |
| Forum ettounsi - Envoi de OMAR KHAYYAM le 22 août 2001 . | |
Je vais vous raconter un autre exemple criant, éclatant et émouvant de
la liberté d'expression qui règne en Tunisie. | |
| Forum ettounsi - Envoi de Omar Khayyam le 23 août 2001 . | |
Pendant l'été 2001 est apparue une secte secrète et discrète. Mais elle n'a pas échappé à l'il vigilant des Renseignements Généraux Tunisiens. Lorsque les indicateurs du Ministère de l'Intérieur délivraient leurs premiers rapports sur cette secte, les officiers de la sûreté ont cru qu'il s'agissait d'une blague de mauvais goût ou d'une opération d'intoxication d'un service ennemi. Leur enquête ne laisse pourtant aucun doute. Cette secte non seulement existe, mais ses adeptes sont plus nombreux qu'on le croyait auparavant. Je ne suis pas encore arrivé à connaître le vrai nom de cette secte étrange, mais on peut pour le moment lui donner le nom provisoire " secte benalo-alaouite". Commençons par résumer les dogmes de cette secte politico-religieuse. Les benalo-alaouites croient que Zine El-Abidine Ben Ali est le douzième Imam caché et de ce fait il est la réincarnation vivante du Prophète et de Ali. Il est le khalife de Dieu sur terre jusqu'au jour du jugement. Ils croient que Ben Ali est immortel et invulnérable. Il va unifier le monde arabo-africo-islamique sous sa bannière et créer le dernier empire islamique avant la fin du monde. La secte benalo-alaouite trouvent des signes évidents qui corroborent leur croyance. Ils parlent des Sept Signes Cachés ( d'ailleurs leur chiffre magique c'est le sept): - Zine El-Abidine est le nom de l'arrière-petit-fils de Ali. - Le nom de famille Ben Ali n'est pas une coïncidence, il contient déjà le nom de Ali, le 4ème khalife. - Ben Ali se peint les cheveux comme le Prophète. - Il est analphabète. - Il n'a pas de fils et n'a eu que des filles exactement comme le Prophète. - Sa nourrice s'appelle Halima (comme celle du Prophète) - Son nom contient onze lettres en arabe, il manque donc la douzième lettre, symbole de l'Imam caché. Les benalo-alaouites croient que Ben Ali est infaillible (maassoum en arabe) et que s'opposer à lui c'est en vérité s'opposer à la volonté de Dieu. Pour eux ceux qui s'opposent à Ben Ali ne sont pas seulement des mécréants, mais aussi des criminels à éliminer physiquement. Le benalisme extrême de cette secte embarrasse les services de sécurité tunisiens. Peut-on arrêter des gens parce qu'ils croient fermement en Ben Ali et déclarent qu'il est éternel ! Les laisser agir à leur guise est aussi dangereux que l'interdiction pure et simple de la secte. C'est un vrai casse-tête. | |
| Forum ettounsi - Envoi de Omar Khayyam le 23 août 2001 . | |
Je vais vous raconter une histoire qui a bouleversé ma carrière académique et démenti toutes les thèses que je défendais à l'époque. Il y a deux ans une femme de ménage travaillant dans un lycée d'une petite ville du Sahel a été désignée par la cellule du RCD (chooba) pour aller applaudir le Président lors de sa visite à Mahdia. La pauvre femme a dit non au début. Elle devait se lever à six heures du matin, prendre un bus spécial plein d'applaudisseurs, attendre sous un soleil de plomb quatre heures pour applaudir le Président quelques minutes c'est pas très marrant, bien que le président de la chooba a promis à tous les applaudisseuses des casse-croûtes gratuits! Est-ce que vous savez qui a menacé cette femme du pire châtiment si elle ne pas acclamer le Président? Personne d'autre que son mari, un balayeur de la municipalité. Il lui a carrément dit : " Si tu refuses d'y aller je vais demander le divorce " Et le bonhomme était on ne peut plus sérieux. La pauvre femme a dû se résigner à la volonté de son mari. Cette histoire a bouleversé toutes mes idées préconçues. Voilà un simple balayeur, d'un niveau scolaire très moyen, prêt à sacrifier sa vie conjugale, à ruiner son foyer, à causer une tragédie familiale, rien que pour rester fidèle aux idéaux et aux principes de son parti. C'est un exemple de militantisme pur et dur, une preuve que les idéaux politiques et sociaux sont encore vivants. Ce balayeur, sans jamais avoir lu ni Guevara ni Neruda ni Gramsci, est un modèle de l'engagement politique presque aveugle. Cet homme était prêt à tout sacrifier, car ce qu'il défend c'est un idéal qui transcende sa simple et modeste vie de balayeur.J'étais à l'époque en train d'écrire une thèse de troisième cycle dont le thème est " Mort des idéologies et fin du militantisme dans le monde" Lorsque j'ai raconté cette histoire à mon encadreur, il a tout pigé. Il m'a dit: " Ta thèse est tombée dans l'eau!" Ce petit balayeur de rien du tout a balayé toute une année de recherche, de lecture et d'écriture! Non Messieurs, le militantisme n'est pas mort dans le monde. Un petit balayeur d'une petite municipalité dans une petite région d'un petit pays a renvoyé à la poubelle toutes les théories sur la fin de l'engagement et du militantisme dans le monde. Toute une théorie, développée dans des dizaines de livres et d'articles a été évacué par... un coup de balai! | |
| Forum ettounsi - Envoi de Omar Khayyam le 25 août 2001 . | |
J'ai été toujours fasciné, subjugué par ce mastodonte, cette gargantuesque machine politique, ce géant aux pieds de béton. Mon amour s'appelle RCD. J'ai toujours rôdé autour de ce gigantesque édifice sans jamais y mettre les pieds. Dans le roman de Kafka "Le château" le personnage principal K. tournait autour de l'édifice imposant et brumeux, mais n'a jamais pu l'atteindre. Je suis dans le même cas que K. Je ne me sentais pas et je ne me sens pas encore à la hauteur pour appartenir à ce parti de masse. C'est pour moi le Parti avec un très grand P. Il est à la fois une école de militantisme, un "think tank" à 100% tunisien, une forteresse bien défendue où l'on peut trouver l'élite de l'élite, la crème de la crème de l'intelligentsia du pays. Lorsqu'un jour le président de la cellule du RCD de mon quartier me proposa une carte de membre j'ai tout de suite dit non. Je ne suis qu'un pauvre khobziste, un consommateur bête, un imbécile heureux. Je ne serai jamais à la hauteur de la tâche. Car adhérer au RCD c'est sacrifier toute sa vie au militantisme et au noble combat politique. Il faut être animé par ce romantisme révolutionnaire des années soixante, par de grands idéaux politiques et sociaux pour pouvoir être digne de ce Parti sans égal. Un parti confortablement installé dans son histoire( L'on peut même dire très confortablement installé après l'achèvement de son nouveau siège) Rien qu'à voir cet édifice imposant qui pointe vers le ciel pour sentir une émotion quasi-religieuse. C'est du majestueux, du sublime, du surhumain. A côté de ce monument je me sens presque en état de lévitation, l'extase est tellement forte. Vais-je un jour être à la hauteur de ce chef-d'uvre politique, économique, social, intellectuel, culturel, et idéologique? Je me sens déjà en délire rien qu'en pensant à lui. Le délire des grands amoureux. Non mon amour est plus grand que moi, il me dépasse, il m'intimide. Je ne peux jamais lui déclarer mon amour. Je ne suis rien, il est tout. Je vais adorer mon amour de loin en silence, sans essayer de l'approcher ou de l'importuner. Comme tout grand amour , le mien est sans espoir. | |
| Forum ettounsi - Envoi de OMAR KHAYYAM le 27 août 2001 . | |
La Brigade Canine (firkat el anieb) du ministère de l'intérieur a lâché à l'aéroport de Tunis-Cartahge un chien d'une férocité inégalable. Ce chien s'appelle Bouboune. Il a été dressé par un des meilleurs dresseurs de chiens au monde: le fameux Zabata. Ce chien ne renifle ni la cocaïne ni la héroïne ni le cannabis. Il est capable de détecter d'autres produits dangeureux tels que : Amnesty, RSF, FIDH, Human Rights Watch etc. Ce chien voue à son maître Zabata un amour sans faille. Il suffit que Zabata lance : "attaques Bouboune" pour qu'il quitte la race canine et devenir requin ou crocodile. Il a des dents qui déchirent tout sur leur passage, cuir, tissu, chair humaine, il est même capable des briser les os en deux. Dans tous les aéroports du monde qui desservent Tunis par des vols réguliers vous allez entendre ce message : "Avis à tous les passagers en partance pour Tunis, Faites très attention à un chien méchant en liberté qui rôde à l'intérieur de l'aéroport Tunis Carthage. Les compagnies aériennes n'assument aucune responsabilité au cas où des passagers sont attaqués par ce chien enragé". | |
| Forum ettounsi - Envoi de OMAR KHAYYAM le 28 août 2001 . | |