No one is innocent

C'est invraisemblable, Oussama Ben Laden et ses moujahidins sont passé du jour au lendemain du statut de libérateurs de la terre sainte de l'islam ( Afghanistan, Bosnie, Kosovo, Arabie Saoudite, Yémen…) au statut d'abominables terroristes !!! Le jour même de l'attentat contre le WTC, le 11 septembre 2001, presque tous les dictateurs des pays arabes et/ou musulmans ont choisi leur bouc émissaire et donné leur accord pour mettre la main dans la main avec la plus grande puissance mondiale et son allié sioniste pour anéantir le peuple afghan en oubliant au passage de condamner l'attentat contre Abou Mustapha le leader du FPLP assassiné sauvagement par des missiles air-sol !!! quelques jours auparavant et de commémorer le génocide de Sabra et Chatila quelques jours plus tard ( 16-17 septembre).
Ce consensus n'a jamais été atteint même pas pendant la guerre du golfe où 33 pays se sont acharnés contre 17 millions d'irakiens avec un échec total au bout de la ligne, en effet 10 ans plus tard le président des USA s'appelle Bush et celui de l'Iraq Saddam !
Un colon reste un colon même après 2 siècles et Manhattan et toute l'Amérique pour ceux qui l'ont oublié appartient aux indiens pas aux 50000 " innocents " de ce gigantesque centre commercial, de même pour Al Quds elle restera toujours une terre arabe et aucun acte contre les colons sionistes ne peut être qualifié de terroriste.
Nous n'avons rien a nous reprocher et si quelqu'un est atteint d'une manie de condamnation d'attentats il peut trouver son vivier en Palestine et partout dans le monde arabo-musulman et pour ceux qui insistent et persistent a condamner sans rien comprendre à la situation désastreuse que vit les arabes en particulier et les musulmans en général un petit cadeau signé par le grand poéte Moudhaffer Enna"web" !



ettounsi . Lundi 17 septembre 2001 .
Notre part historique du fardeau

Nous y voilà. Toute l’histoire moderne du Moyen-Orient, la chute de l’Empire ottoman, la déclaration Balfour, Lawrence d’Arabie, la révolte arabe, la fondation de l’Etat d’Israël, quatre guerres israélo-arabes et trente-quatre ans d’occupation impitoyable de terres arabes par les Israéliens, tout cela a été effacé en quelques heures quand ceux qui prétendent représenter une population opprimée, humiliée, ont riposté avec l’obscène et horrible cruauté d’un peuple condamné. Est-il juste, est-il moral d’écrire cela si tôt, sans indice, sans une once de preuve, quand on sait que le dernier acte barbare en Oklahoma s’avéra être en fait l’œuvre de citoyens américains ? Je crains que oui. L’Amérique est en guerre et, à moins de me tromper grossièrement, des milliers d’autres personnes sont désormais destinées à mourir au Moyen-Orient, et peut-être aussi aux Etats-Unis. Quelques-uns d’entre nous avaient averti du “risque d’explosion”. Mais jamais nous n’aurions imaginé un tel cauchemar.
Que les Palestiniens puissent se réjouir du massacre de 20 000, peut-être 35 000 innocents n’est pas seulement le symbole de leur désespoir, mais aussi de leur immaturité politique, de leur incapacité à voir qu’il s’agit là de ce qu’ils ont toujours reproché à leurs ennemis israéliens : une riposte disproportionnée. Pourtant, nous avions été prévenus. Toutes ces années de rhétorique, toutes ces promesses de frapper au cœur de l’Amérique, de trancher la tête du “serpent américain”, que nous avions prises pour des menaces en l’air. Comment un assemblage de régimes arriérés, conservateurs, dictatoriaux et corrompus et de groupuscules violents auraient-ils pu tenir des promesses aussi absurdes ? Maintenant, nous savons.
On nous parlera probablement du “terrorisme aveugle”, le côté “aveugle” étant essentiel si l’on veut nous empêcher de comprendre à quel point l’Amérique est aujourd’hui haïe sur la Terre qui a vu naître trois grandes religions. Demandez à un Arabe ce qu’il pense de la mort de 20 000 à 30 000 innocents et il vous répondra, comme toute personne sensée et de bonne volonté, qu’il s’agit là d’un crime abominable. Mais il vous demandera aussi pourquoi nous n’avons pas parlé en ces termes des sanctions qui ont détruit les vies d’un demi-million d’enfants en Irak, pourquoi nous ne nous sommes pas emportés contre la mort de 17 500 civils lors de l’invasion du Liban par Israël en 1982, pourquoi nous avons laissé un Etat du Moyen-Orient ignorer les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU tout en bombardant et en sanctionnant tous les autres pays qui ont fait de même. Et toutes ces raisons qui, fondamentalement, expliquent l’embrasement du Moyen-Orient depuis un an, l’occupation de territoires arabes par Israël, l’expulsion des Palestiniens, les bombardements et le terrorisme d’Etat, les tortures israéliennes, toutes ces raisons devront être tues par crainte de les voir expliquer ne serait-ce qu’une infime partie de la sauvage catastrophe de mardi dernier.
Non, ce n’est pas la faute d’Israël, comme ne manqueront pas de le prétendre Saddam Hussein et les autres dictateurs grotesques. Mais l’influence pernicieuse de l’Histoire et notre part dans le fardeau qu’elle représente sont autant impliquées que les auteurs des attentats suicides. Les promesses que nous n’avons pas tenues, et peut-être même le fait que nous ayons détruit l’Empire ottoman, tout cela a mené inévitablement à cette tragédie.
Evidemment, les Etats-Unis vont vouloir frapper en retour le “terrorisme mondial”, qui les en blâmerait ? D’ailleurs, qui aujourd’hui pourrait montrer du doigt les Américains pour leur usage de ce terme péjoratif et parfois raciste de “terrorisme” ? Nombreux sont ceux qui condamneront immédiatement tout effort visant à analyser les raisons historiques véritables d’un acte de violence digne d’une guerre mondiale. Mais, si nous ne nous livrons pas à une analyse de ce type, nous risquons de nous trouver confrontés à un conflit tel que la planète n’en a plus connu depuis la mort de Hitler et la reddition du Japon. En comparaison, la Corée et le Vietnam pâlissent déjà.

Robert Fisk - The Independent - Londres

Source : TUNISNEWS 487
Ennahdha : La liberté d'expression ?



 
Les Jeux ne sauvent pas l'image

Bien que préparés avec soin, les Jeux méditerranéens n'ont eu aucun écho hors frontières. Il faudra autre chose pour redorer l'image de marque du régime tunisien.

TAÏEB MOALLA - TUNIS
La quatorzième édition des Jeux méditerranéens, qui s'est close hier à Tunis dans la discrétion en raison des événements américains, avaient un enjeu autant politique que sportif. En misant sur une organisation parfaite et sur un engouement populaire plus ou moins spontané, le pouvoir cherchait surtout à améliorer une image écornée en matière de libertés. Mais les faits ont la vie dure.
Car l'été a été chaud. Tout d'abord, il y a eu la lettre ouverte envoyée par le juge Mokhtar Yahyaoui, début juillet, au président de la République Zine El Abidine Ben Ali, où le « rebelle » dénonçait la situation catastrophique de la magistrature tunisienne. Une campagne médiatique s'était alors engagée pour dénigrer le juge en le qualifiant de tous les noms. Bizarrement, cette campagne calomnieuse s'est rapidement arrêtée et le ripou mû par une volonté de vengeance personnelle se transforma, comme par magie, en magistrat honorable et unanimement respecté.
Le pouvoir refuse « le café instantané démocratique »
Ce revirement n'est certainement pas étranger à l'écho médiatique et à la solidarité grandissante que le cri d'alarme du juge n'avait pas manqué de déclencher. Une telle solidarité avait presque disparu en Tunisie ces dernières années.
La même logique prévaut en ce qui concerne l'affaire Sihem Bensedrine. Cette journaliste téméraire a été arrêtée pendant un mois et demi (voir « Le Soir » du 10 juillet) après son passage sur l'antenne d'El Mustakillah, une chaîne satellitaire arabe basée à Londres et dirigée par un Tunisien donnant la parole aux opposants de tout bord.
Comme à son habitude, la journaliste n'avait pas ménagé ses critiques envers le pouvoir. En rentrant au pays, elle avait été emprisonnée. Pour « diffamation à l'encontre de particuliers » et « propagation de fausses nouvelles de nature à troubler l'ordre public ». Mais c'est surtout en parlant de corruption et en citant nommément des proches du président que Mme Ben Sedrine avait largement franchi les lignes rouges. En libérant Ben Sedrine deux jours avant de célébrer en grande pompe la Fête de la femme, le régime a consenti un geste d'apaisement.
Ces gestes, bien accueillis par l'Union européenne, permettent au pouvoir d'améliorer son image pendant quelque temps sans, pour autant, changer vraiment les règles du jeu. Déjà, début juin, le ministre tunisien des Affaires étrangères, Habib Ben Yahia, expliquait, sans rire, que le pouvoir refusait le café instantané démocratique que certains en Europe lui proposent et qu'il (le pouvoir) préférait œuvrer lentement mais sûrement à la consolidation des acquis démocratiques. Des « acquis » qui ne semblent plus convaincre grand monde.
En fait, c'est l'échéance présidentielle de 2004 qui est au cœur de toutes les pensées et des arrière-pensées des uns et des autres. En l'état actuel des textes, la Constitution ne permet pas au président sortant Ben Ali de se représenter pour un quatrième mandat. Mais, depuis la mi-juillet, une campagne médiatique dans la presse écrite, en faveur d'un autre mandat de Ben Ali, a été déclenchée. Ainsi, et depuis deux mois, chaque jour apporte son lot de listes d'associations et de personnes exhortant le président à se représenter en vue d'achever l'œuvre qu'il a lui-même entamée.·

© Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2001

Bruxelles . Samedi 15 septembre 2001 .
« Nous, médecins belges... »


Beaucoup de médecins belges se sont émus du sort réservé à leur collègue Moncef Marzouki, harcelé par le régime tunisien. Voici leur pétition, qui avait recueilli 1.117 signatures à la date du 10 septembre. Elle a été envoyée au président Ben Ali et au gouvernement tunisien.
Le professeur Moncef Marzouki est une des figures marquantes de la médecine en Tunisie : il était notamment professeur de santé publique à l'Université de Sousse, poste dont il a été déchu en juillet 2000 par décision du pouvoir tunisien. Il se trouve sans travail dans son propre pays et, de plus, empêché d'en sortir. M. Moncef Marzouki est harcelé par le régime tunisien, essentiellement en raison de ses positions pour la défense des droits de l'homme et de l'enfant. Il a été président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, dissoute en novembre 2000. L'Université de Bobigny l'attend depuis mars 2001 comme professeur associé en santé publique mais il ne peut évidemment pas occuper cette chaire puisqu'on lui interdit de se rendre à l'étranger. Le professeur Marzouki a été empêché de sortir de Tunisie à de multiples reprises, ne pouvant ainsi honorer les invitations qui lui sont faites de partager ses connaissances et expériences avec des confrères de tous les pays : séminaires de santé publique, Unesco, etc.
Un groupe de médecins belges, amis de Moncef Marzouki, l'a invité ces dernières semaines à donner une série de conférences et séminaires dans plusieurs institutions : CUMG de l'UCL, Observatoire de Santé du Hainaut, Institut de médecine tropicale à Anvers. Il était attendu en Belgique à partir du vendredi 1er juin 2001 mais vient de se voir, une fois de plus, interdire de quitter son pays par les autorités tunisiennes alors que la libre circulation de ses ressortissants est inscrite dans la Constitution tunisienne.
Nous, médecins et professionnels de santé belges dont les coordonnées suivent, nous nous élevons contre ces pratiques qui ne respectent pas les droits de l'homme alors que la Tunisie a signé la Convention internationale des droits de l'homme.
Nous demandons avec insistance aux autorités tunisiennes que ces pratiques cessent et que le droit international soit respecté.
En conséquence, nous demandons que notre confrère, le docteur Marzouki, soit libre de ses mouvements et puisse librement entrer et sortir de Tunisie.
Comment se rendre encore sereinement en Tunisie pour participer à un congrès médical ou simplement pour y passer quelques jours de vacances ?; comment poursuivre encore sereinement la coopération médicale entre la Tunisie et notre pays si des gestes concrets ne sont pas posés ?

© Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2001

Bruxelles . Samedi 15 septembre 2001 .