Je suis un lâche |
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Pourquoi je devrais m'en prendre aujourd'hui au juge qui a condamné
l'effigie emblématique des laissés-pour-compte tunisiens à un an de prison
avec sursis ? Qu'est ce que j'ai fait pour empêcher cette nième injustice
? lors de ses multiples procès j'étais toujours aux abonnés absents,
attendant ignoblement la dépêche de l'AFP ou de Reuters pour constater les
dégâts ! Quand M. Goujat décrit l'opposition tunisienne, le mot qui
revient le plus souvent était traîtres, sur ce point j'avoue que je suis
d'accord car j'ai toujours trahi d'une façon ou d'une autre les gens qui
me voulaient du bien, d'autant plus que je savais au moins depuis le
dernier procès en date que cet homme qui " propage des nouvelles vraies à
100% de nature à maintenir l'ordre public " n'aura jamais un non
lieu. Moncef Marzouki n'ira pas en prison aujourd'hui mais il aura
certainement fait son plein en terme d'injustice et d'arbitraire avec
cette épée de Damoclès appelée Justice tunisienne, comment aurais je le
courage de le voir dans ses yeux si nos regards se croisent le jour où je
déciderai enfin de prendre la relève, je suis sûr et certain qu'il viendra
me réconforter et me soutenir si j'étais à sa place ce 29 septembre 2001,
lui au moins il n'est pas né pour vivre lâche !!!
Le militant tunisien Moncef
Marzouki obtient le sursis en appel
TUNIS (Reuters) - La cour d'appel de Tunis a allégé la peine d'un an de
prison ferme infligée au militant des droits de l'Homme Moncef Marzouki
pour "diffusion de fausses nouvelles de nature à troubler l'ordre public"
en l'assortissant du sursis, apprend-on de source judiciaire. Marouki
était, au moment de sa condamnation en première instance, en décembre, le
porte-parole du Conseil national des libertés en Tunisie (CNLT),
organisation non reconnue, et venait de critiquer la gestion du Fonds de
solidarité nationale, un programme mis en place par les autorités pour
lutter contre la pauvreté. Professeur de médecine, Marzouki préside depuis
juillet dernier du Congrès pour la République, parti d'opposition qui
s'est fixé pour objectif de sortir le pays des "fausse république et
démocratie" qu'il prétend connaître depuis son indépendance, il y a 45
ans.
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| ettounsi. Samedi 29 septembre 2001 . |
" Seuls nos dictateurs sont méprisables. " |
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Il y a 2 semaines, nous avons condamné clairement les attentats dont
ont été victimes New York et Washington le 11 septembre. Attribués à des
terroristes musulmans, ces attentats ont aujourd'hui approfondi le fossé
qui sépare les pays musulmans de l'Occident, ou, pour être plus clair, le
fossé qui sépare l'Islam du monde judéo-chrétien. L'événement fait l'objet
d'analyses divergentes, de réactions différentes et finalement de
conclusions qui sont aux antipodes l'une de l'autre. Du coté américain
et pour une fraction des commentateurs européens, dès les premières
minutes après le drame, une réaction anti-musulmane a commencé à
s'exprimer. Jusque là déjà, l'Islam n'avait pas bonne presse dans les pays
non musulmans. Il était considéré comme une religion misogyne, intolérante
et barbare. Mais ce jugement de valeur était rarement exprimé. Grâce à
l'idéologie dominante qui rejette le racisme et tout préjugé de mépris à
l'égard de la civilisation d'autrui, les opinons désobligeantes à l'égard
des musulmans étaient généralement tues. Mais, depuis les attentats de New
York et de Washington, beaucoup laissent libre cours à leurs préjugés et
affichent leur hostilité à l'égard des musulmans. Ainsi, au moins une
centaine de mosquées ont reçu des jets de pierres aux Etats Unis. Dans ce
pays et ailleurs, on fait plus attention au faciès des passagers dans les
avions, dans les trains, et même dans la rue. Plus grave encore, on a
parlé de la nécessaire levée de bouclier de l'Occident contre son
adversaire, l'Islam. On a opposé la barbarie des uns au monde civilisé des
autres. Certains se sont même permis une assimilation des islamistes aux
néonazis. On a opposé les forces du mal aux forces du bien et on est allé
jusqu'à promettre une croisade pour extirper le mal à sa racine. Comme si
l'assassinat d'innocents peut justifier la vengeance par l'assassinat
d'autres innocents. Il va sans dire que ce simplisme est
particulièrement dangereux et qu'il promet une réaction aveugle de nature
à nous enfoncer davantage dans le cercle vicieux de la haine et à donner
raison aux extrémistes des deux bords : d'une part Huttington et ses
partisans pour qui le monde de demain sera fait de guerres sans merci
entre les cultures d'Orient et d'Occident; d'autre part, les intégristes
islamistes qui rejettent le dialogue entre les religions et qui rêvent de
rallumer la flamme du conflit multi-séculaire entre le croissant et la
croix. Du coté islamique, il semble que la réaction, tout en étant
opposée, n'est pas très différente. Certes les officiels ont tous condamné
les attentats; mais c'est une condamnation du bout des lèvres. C'est la
réaction populaire qui compte le plus. Malheureusement, notre opinion
publique est muette car, dans la plupart des pays, les citoyens n'ont pas
la liberté de s'exprimer; et il n'existe aucun sondage d'opinions crédible
et, de ce fait, susceptible de nous renseigner, avec exactitude et
précision, sur ce que pense le musulman moyen. On est donc forcé de se
contenter des apparences ou des impressions. A mon sens, une proportion
non négligeable de musulmans ne désapprouve pas les attentats et, tout en
regrettant que des innocents aient trouvé la mort, éprouve une certaine
satisfaction devant le malheur de la plus grande puissance du monde. Bien
plus, Ben Laden a gagné des partisans et il passe aux yeux de certains
pour un héros. Car, ne nous voilons pas les yeux, osons regarder la
réalité en face, la rancur accumulée contre les américains est telle
qu'il existe aujourd'hui un fossé entre les Etats Unis et le monde
musulman. Il faut dénoncer ces deux attitudes extrêmes, rectifier les
analyses erronées et être constructif pour l'avenir. Du coté de
l'Occident certaines positions sont à saluer. Plusieurs responsables
politiques européens ont clairement mis en garde contre la tentation de
l'amalgame et celle de la vengeance primaire contre des innocents. Ils ont
dit et répété que tous les musulmans ne sont pas terroristes. Loin s'en
faut. De son coté, le Président Bush a visité une mosquée et affirmé que
l'Islam est une religion de paix. Il est cependant nécessaire d'aller plus
loin. Les américains ne peuvent pas se mettre à dos indéfiniment plus d'un
milliard de musulmans. Pour cela, il leur faut adopter une politique
étrangère juste, conforme au droit international et au droit des peuples à
disposer d'eux mêmes. Le drame palestinien doit cesser. Si les Etats Unis
le veulent, très vite, une paix juste et durable pourra voir le jour entre
l'Etat d'Israël et celui de Palestine. Ce dernier sera construit sur les
terres occupées en 1967 :la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem Est. Par
ailleurs, selon le témoignage de l'UNICEF, à ce jour, 10 ans après la
guerre du Golfe, plus d'un demi millions d'enfants irakiens sont morts de
malnutrition à cause d'un embargo qui semble illimité. Saddam Hussein est
un dictateur sanguinaire. Mais les enfants irakiens n'y sont pour rien.
Cet embargo doit cesser. Du coté musulman, les châtiments corporels,
flagellation, lapidation et amputation, pratiqués en Iran, au Soudan et
dans les pays du Golfe, les conditions d'esclavage absolument inhumain
infligé aux femmes en Afghanistan sont une honte pour l'ensemble des
musulmans du monde et doivent être dénoncés haut et fort. Il est grand
temps de supprimer les institutions moyenâgeuses telles que la polygamie
et la répudiation. De façon plus générale, la condition d'infériorité
juridique imposée aux femmes dans la quasi totalité des pays musulmans,
est absolument indéfendable et elle donne de l'Islam une image déplorable.
Enfin, il est malheureux de constater que la quasi totalité des Etats
du monde se démocratise à l'exception du monde musulman où les régimes
démocratiques sont rarissimes. Nos gouvernants doivent savoir que ne sont
respectés que les Etats respectables. Une bonne partie de l'opinion
occidentale à tendance à mépriser l'ensemble du monde musulman à cause de
l'absence de démocratie et d'Etat de droit, du non respect des droits de
l'homme. A la vérité, nos sociétés se développent, nos élites se forment.
Seuls nos dictateurs sont méprisables.
Mohamed Charfi à Radio - Médi 1 Forum Tunezine
envoi d'Ibn Khaldoun Propos recueillis le 27 - 9 -
2001
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Ni jihad , ni croisade, la solidarité obstinément |
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Parmi les nombreux ''effets collatéraux'' de cette catastrophe humaine
et politique qu'est l'attentat terroriste de New-york et de Washington, le
plus potentiellement dangereux me parait être ce slogan chuchoté puis vite
refoulé de guerre des civilisations. Il est vrai que le concept couve
depuis un bout de temps et qu'à voix basse, dans des cercles restreints,
certains avaient fait des élucubrations de ''Huntington '' sur les huit
cultures et leur inévitable affrontement, le credo d'un nouveau racisme.
Le plus grave c'est que le président Bush s'est laissé aller et a parlé de
façon aussi révélatrice qu'inquiétante de croisade . Un tel concept,
faisant l'amalgame entre le politique et le culturel, entre les innocents
et les coupables, entre l'Islam et l'Islamisme, entre l'Islamisme et le
terrorisme, manipulé par des politiciens sous pression, pourrait réveiller
dans une rue occidentale traumatisée par la peur, des haines ancestrales
et susciter une démarche politique pour un autre ''Djihad'', tel qu'il est
compris par nos illuminés. Qui a encore la force et le courage de
rappeler que ''Jihad '' est en Islam un concept spirituel et non
militaire, signifiant littéralement ascèse et dépassement de soi, alors
qu'il a fini par acquérir dans l'inconscient collectif le sens de combat à
mort pour détruire ou soumettre l'autre irrémédiablement dangereux et
désespérément diffèrent. Mais quel est au juste l'ennemi qui va faire
les frais du Jihad à rebrousse -poil afin de le soumettre aux valeurs et
aux intérêts de l'Occident ? S'agit-il de la rue arabe et musulmane ?
Il est indubitable que pour une bonne partie de cette rue, les
attentats de New -York et de Washington, constituent un juste châtiment
des crimes et injustices subies depuis si longtemps et des humiliations
que lui inflige depuis un siècle le diable Occidental. Mais qu'est-ce
que la civilisation aurait à faire dans des colères rancies par un trop
long conflit politique ? Va-t-on au contraire châtier les dictatures
arabes fonctionnant aux antipodes des valeurs occidentales et largement
responsables de par la répression et la misère qu'ils traînent dans leur
sillage de l'existence du terrorisme ?
S'agit-il de soumettre les sociétés civiles arabes. Mais elles jouent
le jeu, non de la guerre des civilisations, mais de leur rencontre, de
leur osmose, de leur mutuel enrichissement ? Il est clair que pour
toute la société civile de ce côté- ci de la Méditerranée, les derniers
attentats terroristes constituent un crime, qui ne venge pas ceux commis
contre les enfants irakiens et palestiniens, mais qui s'y
ajoute. L'inquiétude de cette société civile arabe est d'autant plus
profonde qu'elle sait que la liste des crimes n'est pas prête d'être
close, qu'il s'agisse de ce qu'on appelle impudiquement les effets
collatéraux des frappes à venir,ou des réactions encore plus
désespérées et plus folles qu'elles vont susciter. Or un tel dérapage va
rendre sa position intenable et sa fonction impossible. La société
civile arabe n'est pas l'amie de l'Occident au sens ou ce terme est
utilisé par les régimes arabes. Elle n'est pas politiquement à la botte
des Etats occidentaux. Elle ne constitue pas une cinquième colonne
culturelle occidentale . Sur le plan économique elle ne tient pas les
comptoirs pour le compte de ses maîtres étrangers. Elle est un pont jeté
entre les deux civilisations, un lien précieux entre les rues occidentales
et musulmanes qui s'ignorent, et à l'occasion de tels drames se mettent à
se mépriser et à se haïr. Ce pont est profondément ancré dans le
terroir local, mais, comme tout pont fixe son arche de l'autre côté du
vide, de l'inconnu et du danger. A travers ce pont les hommes et les
femmes des deux cultures, qui ont jadis échangé l'Algèbre dans un sens,
ont échangé dans l'autre, des valeurs devenues communes de démocratie et
des droits de l'homme. Pendant que les deux rues, sont chauffés à
blanc, la bas par le choc des images des montagnes de gravats
ensevelissant des milliers d'innocents, ici par celles des mères pleurant
l'enfant mort par balle en Palestine ou par cachexie en Irak ; pendant que
les hommes politiques cherchent fébrilement à savoir comment tirer parti
de cette terrible situation ; les sociétés civiles occidentales et arabes,
elles n'ont cessé d'échanger les messages de condoléances, de solidarité,
publiant sans relâche condamnations et appel à la raison, donnant une
magnifique image de la collaboration et de la rencontre des
cultures. La prise position de « Human Rights Watch » rejetant les
amalgames faciles, est le prototype même de cette attitude que crée la
connaissance approfondie de l'autre si semblable bien qu'apparaissant si
différent. Subrepticement et derrière le dos des rues manipulées et
des Etats cyniques,une politique de collaboration entre les sociétés
civiles arabes et occidentales s'est mise en place depuis deux décennies,
se développant en tâche d'huile et basée sur un consensus et des demandes
communes . Aujourd'hui la responsabilité première des décideurs
occidentaux est de parier sur cette rencontre et fructueuse collaboration
des sociétés civiles. Les dirigeants occidentaux vont renforcer dans
des proportions kafkaïennes la protection de la forteresse ''Europe'' et
''Amérique du Nord '' à la fois contre les attentats et contre
l'immigration. Ils risquent de frapper vite, fort et loi en Afghanistan et
ailleurs. Mais n'est-il pas temps pour eux, de traiter les causes du
terrorisme plutôt que ses effets et d'admettre que rien ne pourra les
protéger longtemps sans un approfondissement de la collaboration entre nos
cultures et ce pour faire barrage aux fauteurs de guerre des deux bords.
Or leur conception de cette collaboration se réduit à celle des polices et
au soutien indéfectible aux régimes anti-démocratiques qui oppriment et
appauvrissent-leur peuples et entretiennent de ce fait le terreau de
l'émigration et au terrorisme. Pour les régimes autoritaires arabes,
les attentats constituent une aubaine pour justifier à posteriori, voire
relancer une politique de répression tout azimut ou l'on vide en même
temps que l'eau Islamiste, le bébé démocratique. C'est cette boucle
infernale qu'il faut briser en endossant l'accord entre les sociétés
civiles : : rejet du terrorisme et du racisme , solution justepour le
peuple Palestinien , levée de l'embargo contre le peuple Irakien , appui à
la démocratisation et partenariat pour un développement durable
.. Aujourd'hui la priorité est d'éteindre les dangereux brasiers par
ces remèdes de fond et non d'allumer des contre-feux qui ne feront
qu'étendre et renforcer l'incendie. C'est là notre seule vraie protection
les uns et les autres.
MONCEF MARZOUKI Sousse, le 28 SEPTEMBRE
2001.
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Dr Sahbi el-Amri : nouvel épisode |
Dr Sahbi el-Amri nous apprend que le domicile de son
père à Tunis a été cambriolé par une bande de jeunes voleurs comprenant
une fille. Ceux-ci ont été arrêtés. Seulement, la police les a relâchés
aussitôt qu'elle a appris que la victime n'est autre que le père du Dr
Sahbi el-Amri, persécuté depuis bientôt une quinzaine d'années pour ses
engagements politiques et sa détermination à combattre l'Etat de non
droit. Dr Sahbi doit savoir que ces persécutions ne font qu'accroître
notre détermination à combattre le régime honni et vomi de Ben Ali, et que
notre solidarité avec lui et avec tous ceux qui se trouvent dans son cas
est entière.
Mondher
Sfar
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| Paris, le 26 septembre 2001 . |
DECLARATION |
Nous, soussignés, Abdelmoumen Belanes et Ali Jellouli,
ex-prisonniers d'opinion du Parti Communiste des Ouvriers Tunisien (PCOT),
attirons de nouveau l'attention de l'opinion publique sur le fait que les
autorités tunisiennes continuent à nous priver arbitrairement de notre
droit au passeport. Nous rappelons que nous avons déposé des demandes
contenant tous les documents nécessaires et ce depuis le 4 - 9 - 2000 pour
A. Belanes, et le 22 - 12 - 2000, pour A. Jellouli; nous avons également
publié des communiqués le 3 - 11 - 2000, et le 25 - 5 - 2001 où nous
rappelions que le refus des autorités est illégal et contraire aux droits
civiques et humains les plus élémentaires, et où nous réaffirmions notre
attachement à ce droit, et notre ferme volonté de lutter par tous les
moyens afin de l'acquérir. N'ayant jusqu'à ce jour obtenu aucune
réponse, nous déclarons à l'opinion publique notre décision d'entamer une
grève de la faim à partir du jeudi 4 octobre 2001 jusqu'à l'obtention de
notre revendication. Nous appelons tous les militants pour les libertés
et les droits humains à se mobiliser avec nous pour imposer le droit
inaliénable à la citoyenneté.
Abdelmoumen Belanes & Ali
Jellouli
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| Tunis le 26 Septembre 2001 . |
MISE AU POINT |
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NR : 688/01
Association tunisienne des
femmes démocrates
Suite aux différentes déclarations et articles de presse, notre
association rappelle que :
1 - En tant qu'association attachée à ses principes fondateurs et
particulièrement à son autonomie, seul le Comite Directeur est habilité à
communiquer les décisions et les positions de l'Association Tunisienne des
Femmes Démocrates.
2 - En tant qu'association qui a développé depuis des années sa lutte
contre les violences subies par les femmes dans le cadre de son centre
d'écoute et d'orientation des femmes victimes de violences, notre démarche
a été, est et sera celle de la solidarité et de l'accompagnement des
femmes victimes de violences pour leur défense.
3 - Notre association respecte le principe de la confidentialité,
aucune identité de femmes n'est rendue publique même dans les campagnes de
sensibilisation et surtout pas sans leur accord. Mais vu les informations
publiées sur la relation entre la secrétaire de la LTDH et l'ATFD, nous
sommes dans l'obligation de déclarer que la concernée sera accompagnée
conformément a notre démarche à l'égard de toutes les femmes victimes de
violences.
Le Comite Directeur La Présidente Bochra Bel Haj
Hmida
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| Tunis, le 28 septembre 2001 . |
L'avis d'un expert |
"Ne combattez pas les
taliban, combattez les terroristes !"
Yuri Vorontsov était l'ambassadeur de l'Union soviétique en
Afghanistan, de 1987 à 1989. Sa mission était spéciale. Il n'était pas
seulement un ambassadeur ordinaire, mais également l'émissaire spécial du
président Mikhail Gorbatchev, dont la tâche était de négocier le retrait
des troupes soviétiques. Cette mission diplomatique était autrement plus
ardue que les opérations militaires. Lors de leur retraite, les troupes
russes pouvaient aisément être attaquées par les moujahidin, dans les
vallées étroites du nord de Kaboul. M. Vorontsov se souvient
aujourd'hui que le dirigeant pro-russe de l'époque ne croyait pas à un
retrait soviétique, après que tant d'efforts eussent été déployés pour
combattre les rebelles musulmans. De leur côté, les guérilleros afghans
n'y croyaient pas non plus, estimant qu'il s'agissait d'une nouvelle ruse
des Soviétiques. L'ambassadeur dut donc convaincre à la fois ses alliés et
ses ennemis que l'Armée rouge voulait réellement quitter le pays. En
1988, il dirigea des négociations avec tous les groupes rebelles
originaires d'Arabie saoudite, qui faisaient office d'intermédiaires avec
les autres groupes de moujahidin. Tous les mouvements armés afghans
donnèrent alors l'assurance qu'ils ne feraient pas feu sur les divisions
russes en retraite. Ils ont tenu promesse et, en février 1989, le dernier
soldat soviétique avait quitté l'Afghanistan.
Dmitri BABICH - Selon vous, quel problème majeur les Américains
vont-ils rencontrer en Afghanistan ?
Yuri VORONTSOV - Ce qu'il faut à tout prix éviter, c'est de confondre
les taliban et les terroristes. Les taliban sont un mouvement
réactionnaire extrêmement archaïque. Mais la grande majorité de leurs
membres, ainsi que la majorité des Afghans en général, ne sont pas
impliqués dans des actes terroristes. Les taliban sont simplement mauvais,
mais ils ne sont pas des terroristes. Et de fait, les Américains devraient
comprendre que leur objectif doit être la destruction des bases
terroristes et non une guerre contre les taliban.
D.B. - Mais peut-on vraiment détruire ces bases sans se confronter
aux taliban et les combattre ?
Y.V. - Bien sûr que c'est possible. C'est une erreur de penser pouvoir
conquérir l'Afghanistan ou y installer un gouvernement ami, en demandant
aux Afghans de se battre les uns contre les autres. Nous avons fait cette
erreur dans les années 80, lorsque nous avons soutenu l'armée de
Najibullah [le président afghan pro-soviétique, exécuté en 1993, ndlr] et
attendu d'elle qu'elle combatte l'opposition. Cela n'a pas marché. Les
Afghans ne voulaient pas tuer d'autres Afghans. Le jour, les soldats de
Najibullah restaient assis dans les tranchées, la nuit ils buvaient le thé
avec leurs adversaires.
D.B. - L'Alliance du nord combat pourtant sérieusement les taliban
?
Y.V. - En effet. Et les Américains peuvent les aider, en leur
fournissant des vivres et des équipements. Mais ils ne doivent pas
combattre directement les troupes taliban. Ils doivent se concentrer sur
les bases terroristes. Ce ne sera pas facile, car je suis sûr que les
terroristes sont déjà partis ou ne resteront pas longtemps. Cette
opération militaire va s'étendre au-delà de l'Afghanistan. S'agissant
de leur implication concrète en Afghanistan, les Américains feraient bien
de détruire les infrastructures terroristes par des raids aériens, ou même
essayer d'arrêter ou d'éliminer quelques terroristes grâce à l'action des
bérets verts. Quoi qu'il arrive, ce sera une opération limitée, mais
certainement pas la troisième guerre mondiale. Les taliban vont agir
avec prudence, désormais. Même s'ils se font punir d'une manière ou d'une
autre par les Américains, je ne vois aucune raison pour les Etats-Unis
d'affronter directement les taliban.
D.B. - Mais ne pensez-vous pas que les Américains aimeraient remplacer
le régime taliban par un autre gouvernement ?
Y.V. - Les Afghans ont déjà, formellement, un autre gouvernement.
M. Rabbani [le président du gouvernement afghan encore reconnu par la
communauté internationale, ndlr] a été élu par toutes les factions de
moujahidin, après la chute du gouvernement Najibullah. Aujourd'hui,
l'Alliance du nord a toutes les chances de s'emparer de Kaboul. Et ce qui
se déroulera ensuite n'est qu'une affaire intérieur afghane, qui ne
regarde ni la Russie ni les Etats-Unis.
D.B. - Les Américains caressent l'idée de restaurer la monarchie en
Afghanistan. Que pensez-vous des chances du roi Zaher Shah de reprendre
les rennes du pays ?
Y.V. - Nous avions eu la même idée en 1988. Je m'étais rendu en
Italie et avait pu discuter avec le roi. Cette entrevue n'avait rien
donné. Le roi était déjà trop vieux. Il était presque sourd, j'avais du
mal à lui parler parce que je devais hurler tout le temps. Je pense que ce
n'est pas une bonne idée d'essayer de le faire remonter sur le trône de
son pays.
D.B. - Pensez-vous que les Américains feront les mêmes erreurs que
nous, en poussant l'Alliance du nord dirigée par des Tadjiks contre les
taliban issus de l'ethnie pachtoune ?
Y.V. - Ils peuvent faire cela, en effet. Mais ils échoueront de la
même manière que nous, s'ils font cette erreur. Les Afghans souhaitent
ardemment maintenir l'unité de leur pays. Beaucoup de tentatives ont été
faites pour diviser l'Afghanistan selon des critères ethniques. Mais les
Afghans les ont toutes fait échouer. Ils n'ouvrent pas leur pays au monde
extérieur, ce qui est une erreur. Et cela les fait souffrir. Mais ils
disent toujours : "Bon ou mauvais, c'est notre pays. Et cela ne vous
regarde pas".
D.B. - Il existe deux opinions en Russie, sur le rôle que nous
pourrions jouer dans cette situation. La première veut que nous ayons une
chance unique d'améliorer nos relations avec l'Occident en rejoignant la
coalition antiterroriste. Une autre veut que nous devrions nous tenir
éloignés de ce conflit, de manière à ne pas altérer nos relations avec le
monde musulman. Quelle ligne devrions-nous suivre ?
Y.V. - Il existe également une troisième idée, que j'appellerais
une "ligne moyenne". Nous devrions dire que nous soutenons tous les
efforts visant à combattre le terrorisme. Nous devrions dire et répéter
que nous avons été les premiers à le faire, en combattant en Tchétchénie.
Souvenez-vous que nous n'avons cessé de dire que c'était le terrorisme, et
non un conflit entre superpuissances, qui était le problème majeur du XXIe
siècle. Personne ne nous a écouté en Occident. L'Europe et l'Amérique ont
continué à dire que des terroristes tchétchènes comme Bassaïev étaient des
héros et des combattants de la liberté. Toutefois, nous pouvons ne pas
être d'accord avec les Américains sur les méthodes pour combattre le
terrorisme. Ils ont affirmé pouvoir le combattre en outrepassant l'avis de
l'ONU. Je veux dire que nous pouvons nous réserver le droit de critiquer
leur façon d'agir. S'ils commencent à faire les mêmes erreurs que nous et
à combattre le peuple afghan au lieu de s'attaquer aux terroristes,
pourquoi devrions-nous les aider ? Nous devrions plutôt les calmer, dans
ce cas. Négocier, consulter, partager nos expériences : c'est le mieux que
nous puissions faire pour aider les Américains. Ce qu'il faut éviter
surtout, c'est de se précipiter dans les extrêmes.
Interview de Dmitri BABICH Les Nouvelles de
Moscou Traduction et publication TF1
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