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PARLEMENT EUROPEEN: UN PRIX SAKHAROV AUSSI "POLITIQUEMENT CORRECT" QUE POLITIQUEMENT INCONSISTANT Déclaration d'Olivier Dupuis, député européen et secrétaire du Parti
Radical Transnational
Bruxelles, le 18 Octobre 2001. "En attribuant le Prix Sakharov 2001 à
M. Izzat Ghazzawi (Palestinien) et Mme Nurit Peled-Elhanan (Israélienne),
la Conférence des Présidents a choisi de se faire plaisir, certes pas
d'honorer les raisons qui ont été à l'origine de ce Prix. | ||
| Radical party . | ||
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De nouveau l'alibi féministe au secours d'une dictature à cour d'arguments. La vigilance est plus que nécessaire en ces temps où l'actuel locataire de Carthage veut profiter des événements dramatiques de Septembre pour redorer son blason. Mais moi je me rappelle d'une phrase à un débat sur les droits de la femme organisé par la LDH à Frennes, dans la banlieue sud de Paris. Me Henri Leclerc, président d'honneur de la LDH, avait répliqué suite à une intervention tunisienne: ''les droits de la femme sont des droits démocratiques qui n'ont aucun sens si les droits de la personne ne sont pas respectés'', ''l'hypocrisie du régime tunisien veut nous faire croire l'inverse, il se trompe''. Peut-en préparer l'arrivée de Madame l'Ambassadrice de Tunisie en France. Tout simplement évoquer le sort des milliers de femmes larguées au second rang de la citoyenneté pour avoir osé s'élever contre les désirs du souverain-président, le sort des milliers de filles, enfants d'opposants, de prisonniers ou d'exilés, à l'intérieur ou à l'extérieur du pays, interdites de soins, d'amour parental et parfois maternel, de conditions décentes de scolarisation, d'intimité, de paix tout simplement, les centaines de mères qui n'ont pu faire le deuil d'un enfant liquidé dans les locaux de police ou les nombreuses prisons qui administrent la mort dans tout le pays ou largués par les vagues de la méditerranée suite à une aventure de fuite, de ''brûlure'' mal terminée, aux milliers d'épouses punies pour avoir choisi comme compagnon de vie un opposant politique au régime ou un simple mécontent, aux dizaines de milliers de filles mises aux bancs de l'école pour avoir couvert les cheveux d'un simple foulard, au nombre incalculable de femmes qui ont fuit le pays pour se réfugier dans les quarte coins de la planète, aux centaines de milliers de tunisiennes qui galérent pour apporter un petit plus à leurs conditions d'être humain et aux leurs dans les pays de la diaspora.. Tout un peuple subit la rude dictature qui ne dit pas son nom, Madame l'Ambassadrice du 7 novembre, 7 années consécutives responsables de l'organisation féminine satellitaire du pouvoir du souverain-président et juriste de renommé peut nous éclaircir faute de faire quelques chose pour les femmes et les hommes de ce pays meurtri. Madame l'ambassadrice attend le courrier des défenseurs des droit de la personne, ceux-là même que son président n'aime pas, mais Madame l'ambassadrice doit s'y accommoder au calvaire quotidien des diplomates tunisiens.. A vos plumes, à vos claviers et que la lutte
continue Le cas Faïza Kefi Le cas de Mme Faïza Kefi est très intéressant pour les psychiatres tunisiens, français et italiens. Une femme tuniso-italienne qui a la nationalité et le passeport italiens qu'attend-elle pour brûler vers l'Italie? En effet la mère de Mme Faiza Kefi est italienne, de ce fait elle a automatiquement droit à la nationalité italienne. Même le Tunisien le plus arriéré mental, ayant le passeport italien, n'hésiterait pas une seconde pour "brûler" vers le pays de la dolce vita. Certains crétins vont dire :" mais quand même elle était ministre, qu'irait-elle chercher en Italie?" Ces crétins oublient ce que ça signifie la dignité humaine. Je préfère être pêcheur sur une embarcation de Catania en Sicile que ministre en Tunisie. Pensez seulement au nombre de "gifles" qu'a du recevoir Slaheddine Maaoui en une seule année. Dur, dur d'être ministre en Tunisie. Ton courrier est ouvert par la police politique, ton téléphone est toujours sur écoutes et Big Brother te suit partout. Je connais quelqu'un qui a un ami ministre de Ben Ali. Il m'a dit que lorsqu'ils veulent parler librement, le ministre met le volume de sa chaîne stéréo au maximum pour brouiller les micros de la Dakhilia (Petit clin d'il à nos amis de la Sûreté de l'État: Perfectionnez vos micros, certains ministres sont en train de déjouer vos plans!).
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| Omar Khayyam - Samedi 20 octobre 2001 . | ||
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Quel titre pourrait-on donner au roman de la vie de Zine El Abidine Ben
Ali? Je choisirais celui donné par Stefan Zweig à l'une de ses meilleures
nouvelles : " Brûlant secret " Depuis qu'il est devenu l'étoile montante
du régime au milieu des années quatre-vingt, j'ai commencé à m'intéresser
à ce personnage énigmatique, qui agaçait Bourguiba par son mutisme. Un
mutisme assourdissant. Au Fil des années, en observant ce dictateur de
loin, j'ai acquis une quasi-certitude : cet homme cache un secret. Mais,
lequel? Son vrai niveau scolaire? Sa médiocrité intellectuelle? Ses
relations secrètes avec les Américains? Sa mystérieuse amitié avec Kamel
Letaief? A mesure que Ben Ali montait les échelons du pouvoir, les points
d'interrogations ne faisant qu s'ajouter les uns aux autres. J'ai parfois
l'impression que le tentaculaire système sécuritaire qu'il a bâti au fil
des années n'a pour mission, en résumé, que de veiller à ce que ce secret
reste secret! Les exemples ne maquent pas. Pourquoi Ben Ali a-t-il fait
assassiner l'étudiant Marwan Ben Zineb en 1989? Pourquoi a-t-il fait
incendier les locaux de Kamel Letaief dans la banlieue de Soukra? Quelle
est la nature des dossiers secrets que ce dernier détient encore? Pourquoi
maintient-il sa première femme Naïma Kefi enfermée du palais de Carthage?
Que sait-elle de lui? Pourquoi son dossier de Saint-Cyr a-t-il disparu?
Trois événements majeurs ont marqué la carrière de Ben Ali : Je vais, tout d'abord, tenter de dresser un portrait psychologique de ce petit dictateur. Les biographes officiels de tous les dictateurs évitent toujours d'évoquer ce volet essentiel qui peut nous aider à comprendre "ces malades qui nous gouvernent. " Toutes les sources, y compris ses biographies officielles en arabe et
en français, admettent que Ben Ali est né au sein d'une famille très
pauvre de Hammam Sousse le 3 septembre 1936. Son père était gardien au
port de Sousse. La famille était nombreuse et ses ressources limitées. La
pauvreté n'est pas une tare puisque personne ne choisit son lieu de
naissance ni ses parents. Mais chez certaines personnes la misère vécue
pendant l'enfance peut laisser des traces indélébiles et marquer la
personnalité à jamais. Elles se traduisent par un sentiment de frustration
et d'une rancune inconsciente contre le destin. Cette frustration peut
rester latente pendant des années, mais dès qu'elle trouve une " voie
d'évacuation " elle s'exprime par des actes, qui jugés de l'extérieur
paraissent puérils. On comprendra plus tard, en examinant ses actions et
ses passions (construction des palais de Hammamet et Sidi Bou Saïd, goût
marqué pour la pompe et le luxe, folles soirées à Hammamet etc.) que Ben
Ali appartient à cette catégorie d'individus. La seule chance de Zine E-Abidine de sortir de la misère c'était les études. Il réussit cahin-caha ses études primaires, mais sa médiocrité devient apparente lorsqu'il débarque au Lycée de Garçons de Sousse. Garçon timide et réservé, il passe inaperçu par ses profs et ses collègues. Son dossier ayant disparu quelques jours après le putsch du 7 novembre 1987, il est difficile de savoir son niveau scolaire réel. A-t-il été renvoyé à sa quatrième ou à sa cinquième année d'études secondaires? Est-il un président bac moins trois ou bac moins deux? Mystère. Les biographies officielles parlent d'activités de résistance contre l'occupant français pour expliquer son renvoi du Lycée. Or, ce passé de militant a été inventé de toutes pièces quelques années après son accession au pouvoir. Nous sommes au milieu des années cinquante, Ben Ali n'a pas encore 18 ans lorsqu'il voit son avenir compromis. Il est acculé au chômage et au désuvrement. Il est plein de ressentiment envers sa condition sociale et ses capacités intellectuelles très moyennes. Rien n'est plus pénible pour un médiocre que d'être conscient de sa propre médiocrité. L'adolescent Zine El-Abidine, révolté contre tous ses handicaps hérités et acquis, est encore présent dans les comportements du petit dictateur d'aujourd'hui. En psychologie comme en physique rien ne se perd rien ne se créé tout se transforme. Tournant en rond, Zine El-Abidine craint de rater son " décollage social. " Plusieurs jeunes Tunisiens de l'époque sont sortis de la misère grâce aux études. Il a raté cette chance. En plus, il ne dispose pas des qualités d'un autodidacte. Il ne s'intéresse ni aux livres ni aux arts. L'on remarquera quelques décennies plus tard la haine que voue Ben Ali aux intellectuels, aux écrivains et aux scientifiques. Un proverbe arabe dit : " On est toujours l'ennemi de ce qu'on ignore " Le monde de l'esprit, de la réflexion, des arts et de la littérature est complètement étranger à Ben Ali. Baccouche faiseur de présidents On dit que la chance ne sourit qu'une fois. Pourtant, elle a souri à
Zine Al-Abidine au moins trois fois! Ben Ali part donc en France avec d'autres jeunes tunisiens pour
recevoir une formation militaire. De retour à Tunis, il est immédiatement
affecté au service du général Kefi. Les circonstances de sa rencontre avec
la fille du général ne sont mentionnées par aucun de ses biographes.
S'agit-il d'une véritable histoire d'amour? Ben Ali a-t-il joué l'amoureux
par arrivisme? Quel que soit la réponse, son mariage avec la fille du "
patron " ouvre au jeune officier des horizons nouveaux. Sans cet heureux
mariage, Ben Ali ne serait pas général en 1987. Ses anciens collègues de
Saint-Cyr étaient à cette époque colonels (Habib Ammar) ou
lieutenants-colonels (Mustapha Hachicha.). Grâce à son beau-père il va
être toujours sur la liste des militaires stagiaires envoyés en France ou
aux USA. L'adolescent frustré du milieu des années cinquante n'a plus à se
plaindre : En 1964 il est à 28 ans le Directeur de la Sécurité Militaire.
Le renseignement correspond très bien à la personnalité timide et repliée
de Zine El-Abidine. Il n'a pas beaucoup de fréquentations et son poste le
met un peu à l'écart des chefs de l'armée. Il reste peu connu jusqu'à
1978. Un apprenti bourreau L'armée tunisienne, à part les deux dates tragiques du 26 janvier 1978
et du 2 janvier 1984, est dans son ensemble un corps sain qui respecte les
règles strictes de l'honneur militaire. Elle n'a jamais été impliquée dans
des actes de torture, d'exécutions sommaires ou de coups tordus. Il en est
autrement pour les forces de l'ordre. L'irrésistible ascension de Ben Ali Le général Ben Ali va profiter de l'état de crise de la société
tunisienne et du système bourguibien pour asseoir son influence au sein du
plus important ministère en Tunisie. Il devient tellement puissant au fil
des mois qu'il ose espionner son " patron " Mohamed M'zali. Zine
El-Abidine commence à venger ses " années de braise" Il se sent maître
d'un appareil redoutable qui tient toutes les commandes du pays. Les
étudiants du milieu des années quatre-vingt se rappèleront toujours de la
férocité avec laquelle il matait leurs manifestations. C'est le début des
méthodes musclées qui caractériseront quelques années plus tard le système
Ben Ali. Le recrutement intensif de policiers et d'indicateurs commence
aussi avec Ben Ali ministre de l'Intérieur. Un président qui n'en croit pas ses yeux Tous ceux qui ont suivi les évènements du 7 novembre 1987 ont vu un Ben Ali nerveux et peu sûr de lui. Il n'a jamais rêvé de monter aussi haut dans la hiérarchie du pouvoir. Lorsque la " bande des trois " a préparé le coup, on s'est mis d'accord pour que la présidence incombe, quelques mois plus tard, à Baccouche. Ben Ali ne serait présidant que parce que, d'après la Constitution, c'est le Premier ministre qui succède au président en cas d'incapacité. Il céderait ensuite sa place au plus " politisé " des trois, Hédi Baccouche. Voilà donc le pauvre garçon timide, le raté des années cinquante, qui devient président. " Un président malgré lui " ou presque. Ben Ali, l'homme de l'ombre, est intimidé par les cameras et les projecteurs. Il s'y habituera avec le temps. Il souffre de ne pouvoir lire correctement ses discours. Sa diction est lamentable. Bourguiba était parfois agacé par cet homme taciturne et peu éloquent. Malgré les efforts de ses " encadreurs ", Ben Ali ne s'est guère amélioré. Tous ceux qui ont suivi son discours improvisé devant les directeurs des journaux " indépendants " en mai 2000 ont été choqués par la pauvreté de ses idées et de son vocabulaire. C'est, ironiquement, son accession au pouvoir suprême qui l'a démasqué et rendu visible sa médiocrité. Celui qui a posé la question : " qui pense pour Ben Ali? " a bien compris que ce président est intellectuellement vide. Ceci explique le pouvoir exorbitant qu'exercent certains conseillers du président. Ben Ali a toujours besoin d'un " président bis. " Cette fonction est assumée, aujourd'hui, par Abdelwahab Addallah, l'éminence grise de Carthage. Une jeunesse éternelle Certains ont remarqué qu'au fil des années Ben Ali a changé : Il est
devenu obsédé par son look, a pris l'habitude de se faire teindre les
cheveux, a divorcé de sa première femme Naïma Kefi pour épouser une femme
plus jeune, s'est fait construire deux palais, organise des soirées dignes
des milles et une nuit à Hammamet, tente de devenir président à vie etc.
Possédant déjà une villa à deux étages à Kantaoui, Ben Ali ne s'est pas
contenté de faire construire un palais de rêve a Merazka, une région
touristique située entre Nabeul et Hammamet, mais il a pris possession
d'un terrain militaire à Sidi Dhrif pour construire un second palais. Pour
quelle raison a-t-il besoin de plusieurs palais? Pourquoi se prend-il,
durant ses folles soirées au palais de Hammamet pour Haroun Al-Rachid?
C'est tout simplement pour combler un vide intérieur. N'étant ni
intellectuel ni dilettante, il ne peut combler ce vide que par
l'accumulation des richesses, les plaisirs charnels et l'extase du
pouvoir. Le pouvoir est comme les drogues dures : il crée une accoutumance
qui dégénère en dépendance. Non seulement on ne peut plus arrêter, mais on
augmente petit a petit la dose nécessaire pour atteindre l'extase. Ben Ali
ne peut plus arrêter. Il se trouve maintenant dans un stade de dépendance
avancé. Le pouvoir ou la mort, un jeu du quitte ou double, une recherche
effrénée de paradis artificiels qui se révéleront les anti-chambres de
Géhennes. Bourguiba junior a dit, quelques jours après le 7 novembre 1987
: " Ben Ali a sauvé Bourguiba de lui-même ". Malheureusement pour Ben Ali
pas l'ombre d'un sauveur à l'horizon.. C'est Méphistophélès qui l'attend
quelque part, caché dans les recoins de l'un de ses palais. A force de
jouer l' " invulnérable " on ne fait plus partie du royaume des hommes,
Hadès devient plus proche que Gaia. Méphistophélès : Nom du démon dans la légende de Faust. Exploit de Omar
Khayyam
Pour interviewer Ben Ali, un journaliste doit faire le parcours du combattant. Il y a quelques mois, jai téléphoné au bureau du directeur du cabinet présidentiel. Au bout de la ligne cétait la secrétaire adjointe de la secrétaire de Monsieur le directeur adjoint. Elle nétait pas très aimable, surtout lorsque je lui ai dévoilé mes intentions : interviewer le Big Boss. Jai dû appeler chaque jour pendant trois semaines pour la convaincre me passer, enfin, la secrétaire de ladjoint du responsable présidentiel. Pour passer de la secrétaire à ladjoint du directeur jai du attendre quatre semaines. Et ainsi de suite. Quand le directeur du cabinet présidentiel a daigné prendre lappel, jai cru avoir vu le bout du tunnel. Cen était rien. Il ma dit que je devais tout dabord passer par la Direction de la Sûreté de lEtat. Un rendez-vous était fixé et je devais être très ponctuel, sinon mon projet tomberait à leau. Dès que jai approché le redoutable édifice de la Dakhilia, une sentinelle sest avancée vers moi pour me demander ce que je cherchais. Je lui ai expliquée que javais un rendez-vous avec un responsable de la Sûreté de lEtat. Il ma conduit au policier réceptionniste qui ma jeté un regard inquisiteur qui ma terrorisé au point que je commençais à balbutier en lui expliquant la raison de ma visite. Dailleurs les regards inquisiteurs me poursuivaient partout tout au long de mon « séjour » à lIntérieur. Pour parvenir au lieu du rendez-vous, jai dû passer par un labyrinthe
de couloirs et descaliers accompagné par un policier en civil. Dès que je
croisais un fonctionnaire, ses yeux perçants et méchants me dévisageaient
avec une insolence indescriptible. Ces sempiternels regards inquisiteurs
menlevèrent toute velléité de résistance. Je commençais déjà à trembler
bien quon ne maccusât de rien. Jessayais de me convaincre que je
nétais ici que pour une vérification de routine et quil ny avait rien à
craindre. Le premier à rompre le silence était le « Docteur ». Cest ainsi que
les six autres sadressaient à lui tout au long de notre réunion « amicale
». Il ma dit : « Alors Khayyâm tu veux interviewer le Président ? ». Jai
répondu, avec une voix tremblante : « Cest la raison pour laquelle je
suis votre invité aujourdhui». - Parle-nous de tes idées politiques ? Et tout dun coup les questions fusaient comme des rafales. Comment
sappelle ton coiffeur ? Quel genre de revues lis-tu ? Es-tu homo ? Ecolo
? Disco ? Boulot-métro- dodo ? etc. Ils me mitraillaient au rythme
infernal de sept questions par minute. Leur guerre dusure a usé mes nerfs
et ma patience. Jétais sur le point de jeter léponge et renoncer à cette
interview tant attendue. Cest alors que le cravaté en chef me signala la
fin de lentrevue. Ils mont dit dattendre une semaine avant de reprendre
le contact avec le cabinet présidentiel. NAIMA BEN ALI SELF-MADE-WOMAN Tout le monde parle du miracle économique tunisien. Ce miracle réalisé par des femmes et des hommes anonymes ou presque. Je vais vous parler dune success story typiquement tunisienne. Cest lhistoire dune self-made woman, dune femme daffaires dont parle toute la région du Sahel. Elle vient dune famille modeste de Hammam Sousse. En quelques années elle est devenue lune des plus riches femmes de cette petite ville industrieuse. Elle ne détient ni un MBA (Master degree in Business Administration), ni même un bac économique. Son niveau scolaire est bac moins sept. Pourtant elle a le sens des affaires et le flair des bonnes occasions. Elle sappelle Naima Ben Ali. Ce nest pas lex-femme du président tunisien, mais de sa sur. Je dis cela pour votre information, car il ny a aucune corrélation entre sa fulgurante carrière économique et les succès politiques tout aussi écrasants de son frère bien-aimé. Certaines mauvaises langues disent que cest grâce à lui quelle sest enrichie, elle et toute sa famille. Ce qui est, bien sur, archi-faux. Notre président, un président tellement occupé quil ne prend jamais de vacances, ninterfère pas dans ces petits détails familiaux. Si Naima a réussi dans les affaires cest grâce à ses innovations dans le domaine économique. Lune de ses brillantes idées est de faire de limportation sans jamais importer quoi que ce soit ! Si tu es importateur agréé, elle te propose un deal très alléchant : Tu payes, par exemple, 10 000 dinars, et en contrepartie les douanes font comme si tu importais des conteneurs vides. Pas le moindre contrôle ni de formalités superflues. Cest génial ! Je me demande ce quattendent nos hommes daffaires en herbe pour copier cette ingénieuse idée de Naima. Le président ne peut pas empêcher des femmes et des hommes daffaires qui réussissent de réussir ! Il a dit, noir sur blanc, à toute sa famille : Je ne suis pas votre bienfaiteur. Débrouillez-vous pour trouver un moyen de subsistance. Et ils se débrouillent bien. La preuve, ils réussissent et réalisent des chiffres daffaires à vous laisser rêver. Vous navez quà faire comme eux au lieu de répéter à longueur de journée un concept qui ne colle pas a notre miracle tunisien : Népotisme. Cachez-moi ce gros mot que je ne saurais voir. Naima est aussi une grossiste qui fournit en produits dépicerie plusieurs villes du Sahel. Une activité on ne peut plus légale. Ce dynamisme dont elle fait preuve ne peut que susciter notre admiration. Dès que les envieux voient un camion décharger des produits dépicerie au Sahel, ils lancent à lunisson : « Voilà les marchandises de la sur de Zine ». Veuillez excuser leur ignorance de la chose politique chers lecteurs. Quel rapport y a-t-il entre un chef dEtat deux fois docteur et des marchandises dépicerie ? Il faut être analphabète politique pour faire un tel amalgame. Ils oublient que Zine a dautres chats à fouetter euh pardon ! Dautres docteurs à fouetter (Marzouki, Amri, Ben Jaafar, Mouaada). Si la Tunisie se porte bien et est sur le point de décoller, cest
grâce à ces femmes et ces hommes daffaires qui préfèrent, par souci de
modestie, rester dans lanonymat. Je voudrais les faire sortir de
lanonymat pour que les jeunes les prennent pour exemples. Ils sont plus
instructifs que les cours de la HEC ou de lISG. Saluons nos soldats
anonymes et soyons tous les pilotes du décollage tant attendu (chers
co-pilotes attention à la single tower du RCD !) | ||
| Omar Khayyam . | ||
Le Comité International de Soutien des Prisonniers Politiques en
Tunisie informe l'opinion publique nationale et internationale que Mr
Lassaad Jouhri membre du comité directeur de l'ICSPPT et victime de la
torture encore sous traitement médical, a été victime d'un acte de
violence par la police politique en le mettant à terre (alors qu'il est
handicapé et ne peut se déplacer que sur ses deux béquilles), aujourd'hui
le 19/10/2001 dans la station du métro de la rue de Rome vers Denden
(banlieue de Tunis) à 13h15 heure locale. | ||
| Londres, vendredi 19 octobre 2001 . | ||
Une fois de plus, un procès politique est intenté au militant Abdelmoumen BELANES : en effet, il comparaît de nouveau devant la Cour dAppel de Monastir, le lundi, 22 octobre 2001 sous la double accusation de «complicité dappartenance à une association non reconnue» ( Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie- PCOT ) et de « distribution de tracts hostiles au régime ». En vérité, la date de ce procès, repris aujourdhui, remonte au mois de décembre 1991 à loccasion dune action de « collecte de crayons et de cahiers pour les enfants de lIrak » dans le cadre dune campagne contre lembargo imposé au peuple irakien. Le tribunal qui a eu, à plusieurs reprises, à examiner cette affaire, a rendu, par deux fois, un jugement de non-lieu. De ce fait, cette affaire aurait dû être classée : si elle est, paradoxalement, reprise aujourdhui par les Autorités, cest seulement parce que A. BELANES a entamé une grève de la faim le 4 octobre 2001 pour faire valoir son droit au passeport et à la libre circulation. A cause de ses activités dopposant politique, A BELANES a fait lobjet de plusieurs procès et subi plusieurs condamnations à la suite de jugements rendus par la Cour dAppel de Tunis le 14 juin 1997, sous le n° 66192/14, la Cour dAppel de Tunis le 14 juillet 1999, sous le n°4094/14 et la Cour dAppel de Tunis le 10 septembre 1999 sous le n° 8354. Ces différentes condamnations se sont soldées par plus de 7 ans et demie de prison ferme pour le seul crime davoir milité avec acharnement pour son droit légitime à la libre expression et à la libre association. Victime de procès politiques en chaîne et continuellement harcelé par la police, A. BELANES a passé toute la décennie écoulée (1991 2000) entre la prison et la clandestinité, subissant, tout au long de cette période, différentes formes de tortures dont il garde encore de graves séquelles tant corporelles que psychologiques. Or, ses souffrances ne cessèrent pas quand il quitta la prison la dernière fois le 10 juin 2000 : il continua à être privé de ses droits civiques et politiques les plus élémentaires tels que le travail et le droit aux soins nécessaires pour enrayer les effets de la torture. Les signataires soussignés dont laction sinscrit dans le cadre de la lutte du mouvement démocratique pour lamnistie générale et refusant de voir se prolonger cette injustice, proclament, en guise de solidarité avec Abdelmoumen BELANES, leur intention de créer un Comité national de soutien à ce militant en exigeant, notamment : - que soit annulé le procès du 22 octobre 2001; - quil soit mis fin aux tracasseries dont il ne cesse de faire lobjet ; - quil soit en mesure de jouir de tous ses droits civiques et politiques et - quil soit indemnisé pour les sévices subis. Tunis, le 20 octobre 2001 Comité national de soutien à A. BELANES : -1-AZZOUNA Jalloul, universitaire Cette liste n'est pas définitive : tous les militants démocrates et
progressistes sont invités à rejoindre les rangs de ce
comité. | ||
| Tunis, samedi 20 octobre 2001 . | ||
Dans une lettre adressée au ministre de l'Intérieur, Abdallah Kaâbi, RSF a protesté contre l'interdiction de diffusion du "Monde Diplomatique" du mois d'octobre 2001. "Le gouvernement tunisien interdit de manière systématique les journaux étrangers lorsqu'ils contiennent des articles déplaisant au régime", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation. "Nous vous demandons des explications sur cette mesure de censure", a-t-il ajouté. Selon les informations recueillies par RSF, le numéro d'octobre du "Monde Diplomatique" n'a pas été diffusé en Tunisie. Il contenait un article de Kamel Jendoubi, président du Comité pour le respect des libertés et des droits de l'homme en Tunisie (CRLDHT). Dans cet article, intitulé "La peur peut-elle changer de camp ? Course de vitesse en Tunisie", il évoquait notamment "les dérives autoritaires du régime". De nombreuses publications étrangères sont toujours interdites en Tunisie dont la presse française ("Libération", "Charlie Hebdo", "La Croix", "Le Canard enchaîné" et "L'Humanité"). Par ailleurs, les journaux autorisés comme "Le Monde", "Jeune Afrique - L'Intelligent" ou "Courrier International" sont censurés lorsqu'ils contiennent des articles critiques sur la Tunisie. Renseignements supplémentaires | ||
| IFEX. Vendredi 19 octobre 2001 . | ||
We all love you! The whole Tunisian society adores you as much as a holy prophet! God has sent you to us in order to give us a political system based on democracy! Whenever I go to a mosque in Tunisia, the Imam is always mentioning your name, praising you like a holy character. I think that your name should be printed on every mosque... You mean for us more than any other person in this world! You don't only talk about democracy, you're protecting democracy with violence, because democracy deserves this state! Don't let people write bullshit about you, you're entitled to hit them up! Ghannouchi, Ben Brik, Zoghlami, Ben Sedrinne & co are national betrayers. They should be sentenced to death, but thanks to your sentimental heart you didn't let them be executed (If other Arab countries could only enjoy such an amnesty for political enemies...) You're representing the true way of democracy, if other people have another political view, we all know that they are crazy, they don't fit into your political concept! Most Tunisians don't know yet that democracy has already reached Tunisia. The Tunisian state channel always makes shows about harsh topics, like sexual abuse e.g.! Those Tunisian town halls have established officially runned "Bordels" in the "Quartiers", owned by the Tunisian government (I always visit them, the bitches there are good value, no bargaining is necessary, thanks!) Whenever I go to Tunisia, I always take full advantage of your corrupt system by bribing your well behaved police men after doing my bad business (A good way of keeping yourself away from consequences), that's what I call freedom! They accept all foreign currencies, and I also hope credit cards in future! You see that Tunisia is an internationally open and tolerant country! Hey, Mr. President, I've got a good suggestion for you how to save money. The 120000 police-men in Tunisia aren't really necessary to protect your political system, because approximately 99,99 % of all Tunisians are on your side! We don't need 120000 police-man for just 0,01 % of crazy people! So just keep on doing so, we all need you ! SO PEACE ; NoName 2nisian PS: Many compliments to the architects of the new 21 storey RCD
headquarter building, nice shed! | ||
| Source . | ||
Profitant de la concentration médiatique autour des attaques du 11 septembre sur le World Trade Center et leurs retombées, le régime tunisien na pas laissé loccasion passer sans décréter des mesures très graves allant dans le sens dun durcissement de la politique de la main forte et dont voici les traits les plus importants : Officialisation de la candidature anti-constitutionnelle du président aux présidentielles de 2004 rejetant ainsi tous les appels faits pour quil respecte la charte fondamentale du pays. Une campagne est en train dêtre menée pour demander lextradition de tous les opposants politiques à lexil sous prétexte de combattre le terrorisme. La continuation des condamnations à caractère politique dont notamment celle de M. Moncef Marzouki (et qui a été suivie par une abominable agression à lencontre de deux membres de Amnesty International ayant assisté au procès). Dans le même cadre, létau répressif sest resserré autour des prisonniers politiques. En grève de la faim depuis le mois daoût (dans les prisons de Tunis, Sfax notamment), ils ont connu ces dernières semaines une escalade sans précédent de mesures répressives : - Intervention musclée dans la prison de 9 avril dans la capitale le 26 septembre qui sest soldé selon un communiqué du CISPPT (Comité International de Solidarité pour les Prisonniers Politiques en Tunisie) par de graves atteintes à leur santé Cest le cas notamment de Abderrazek Mezgarichou et Hichem Jaraya. - Retour à la politique déloignement pour couper les prisonniers de leurs familles. - Durcissement de la politique disolement qui, en soi, est déjà une mesure de mort lente qui contredit même les textes de loi que le président sest taillé à sa mesure. Dans la prison centrale de Tunis, des cas de décès à cause de la tuberculose ont été enregistrés ces derniers mois, et on parle même denviron 200 cas datteinte de la maladie et dont les victimes sont entassées dans le secteur G de cette prison. Dautre part, pas moins de 300 ex-prisonniers politiques voulant reprendre leurs études universitaires se heurtent au refus catégorique de ladministration malgré que quelques-uns parmi eux soient au bénéfice dun jugement favorable acquis auprès du tribunal administratif. Sur un autre plan, une vaste campagne policière sen prend aux jeunes filles et femmes qui portent le foulard en application du décret 108/81 allant de linterpellation, aux interrogatoires et arrivant jusquà lexpulsion des lycées et universités. Vérité-Action est très préoccupée par cette escalade répressive qui prolonge la souffrance des prisonniers politiques et qui renforce la main mise de la police, forte de 130 milles agents, sur la société. Elle appelle à une mobilisation forte et concertée pour exiger la promulgation dune loi damnistie générale et le respect inconditionnel du choix du peuple tunisien à élire ses représentants, dans une perspective davenir meilleure pour le peuple tunisien ayant longtemps souffert du monopole de LEtat dans tous les domaines. Fribourg, le 15 octobre 2001 | ||
| Vérité-Action. Fribourg, le 15 octobre 2001 . | ||
Mohamed Mseddi, employed as a Tunis Air pilot at the time of his arrest on 29 July 1993, is a typical prisoner. A married man, father of two boys, and a practising Muslim, he was arrested at home in the middle of the night in the great wave of repression against opponents of the regime. Held in secret and tortured for 37 consecutive days, he was sentenced on 4 September 1993 to 27 years' imprisonment for membership of a subversive movement (En-Nahda) and plotting against the state. In an SOS that recently reached Paris, Mseddi reports an alarming deterioration in his health, difficulty in standing and using his right hand, life-threatening heart and kidney complications. Two support committees were then formed in France, calling for the prisoner to be given medical treatment and released. One consists of French and Tunisian intellectuals and Sud aérien union members living in France, the other of retired members of the Air France flight crew union wishing to show active professional solidarity as they have already done for other foreign pilots who have been victims of repression. Mseddi's case is not the only one. His name appears on a non-exhaustive list, published in France, of 344 prisoners tortured while under arrest or in prison, 31 of whom have died. It is accompanied by a provisional list naming 133 Ministry of the Interior torturers, actively responsible for giving or executing the relevant orders between 1990 and 2000 (see "Torture en Tunisie (1987-2000): plaidoyer pour son abolition et contre l'impunité", published by the CRLDHT). Posted by : Omar Khayyam. | ||
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