Sihem et le Sakharov !!!

PARLEMENT EUROPEEN: UN PRIX SAKHAROV AUSSI
"POLITIQUEMENT CORRECT"
QUE POLITIQUEMENT INCONSISTANT

Déclaration d'Olivier Dupuis, député européen et secrétaire du Parti Radical Transnational

Bruxelles, le 18 Octobre 2001. "En attribuant le Prix Sakharov 2001 à M. Izzat Ghazzawi (Palestinien) et Mme Nurit Peled-Elhanan (Israélienne), la Conférence des Présidents a choisi de se faire plaisir, certes pas d'honorer les raisons qui ont été à l'origine de ce Prix.
Après avoir reçu en scéance plénière et solennelle les Présidents de la Knesset et de l'Assemblée législative de l'Autorité palestinienne, après avoir assisté - sans l'avoir encore vu - au torpillage par Yasser Arafat d'un accord de paix proposé par le Premier Ministre Barak et à quelques heures d'un dernier acte terroriste qui a coûté la vie au ministre israélien du tourisme, le Parlement persiste et signe en opérant un choix aussi politiquement correct que politiquement inconsistant.
Mais la tristesse face à ce "choix" n'est rien comparé à la tristesse face au non-choix d'une candidature, celle de Madame Sihem Ben Sédrine, qui aurait donné sens à toutes les déclarations s'insurgeant contre un prétendu conflit de civilisation entre le monde islamique et le monde chrétien dont nous ont abreuvés les "tenors" du centre-gauche et du centre-droit du PE depuis les attentats du 11 septembre.
On pouvait légitimement douter que ces déclarations aient été autre chose que purement déclamatoires, qu'utiles seulement à cacher l'existence du grand conflit d'aujourd'hui: le conflit entre les démocraties et les Etats autoritaires et totalitaires. Encore une fois notre Parlement a démontré qu'il n'a que faire de ce conflit, qu'il n'a que faire de la démocratie pour les pays arabes et musulmans tout comme il n'a rien à faire de ceux qui - comme Sihem Ben Sedrine - luttent jour après jour dans des conditions extrêmement difficiles pour affirmer la démocratie dans des pays qui en ont besoin comme du pain.
Honneur au groupe libéral, le seul groupe parlementaire qui ne l'a pas entendu ainsi.

Radical party .
Med Mouadda entame son 5eme mois de détention




 
Accueil chaleureux reservé à Faïza Kefi

De nouveau l'alibi féministe au secours d'une dictature à cour d'arguments. La vigilance est plus que nécessaire en ces temps où l'actuel locataire de Carthage veut profiter des événements dramatiques de Septembre pour redorer son blason.
Mais moi je me rappelle d'une phrase à un débat sur les droits de la femme organisé par la LDH à Frennes, dans la banlieue sud de Paris. Me Henri Leclerc, président d'honneur de la LDH, avait répliqué suite à une intervention tunisienne:
''les droits de la femme sont des droits démocratiques qui n'ont aucun sens si les droits de la personne ne sont pas respectés'', ''l'hypocrisie du régime tunisien veut nous faire croire l'inverse, il se trompe''.
Peut-en préparer l'arrivée de Madame l'Ambassadrice de Tunisie en France. Tout simplement évoquer le sort des milliers de femmes larguées au second rang de la citoyenneté pour avoir osé s'élever contre les désirs du souverain-président, le sort des milliers de filles, enfants d'opposants, de prisonniers ou d'exilés, à l'intérieur ou à l'extérieur du pays, interdites de soins, d'amour parental et parfois maternel, de conditions décentes de scolarisation, d'intimité, de paix tout simplement, les centaines de mères qui n'ont pu faire le deuil d'un enfant liquidé dans les locaux de police ou les nombreuses prisons qui administrent la mort dans tout le pays ou largués par les vagues de la méditerranée suite à une aventure de fuite, de ''brûlure'' mal terminée, aux milliers d'épouses punies pour avoir choisi comme compagnon de vie un opposant politique au régime ou un simple mécontent, aux dizaines de milliers de filles mises aux bancs de l'école pour avoir couvert les cheveux d'un simple foulard, au nombre incalculable de femmes qui ont fuit le pays pour se réfugier dans les quarte coins de la planète, aux centaines de milliers de tunisiennes qui galérent pour apporter un petit plus à leurs conditions d'être humain et aux leurs dans les pays de la diaspora.. Tout un peuple subit la rude dictature qui ne dit pas son nom, Madame l'Ambassadrice du 7 novembre, 7 années consécutives responsables de l'organisation féminine satellitaire du pouvoir du
souverain-président et juriste de renommé peut nous éclaircir faute de faire quelques chose pour les femmes et les hommes de ce pays meurtri.
Madame l'ambassadrice attend le courrier des défenseurs des droit de la personne, ceux-là même que son président n'aime pas, mais Madame l'ambassadrice doit s'y accommoder au calvaire quotidien des diplomates tunisiens..

A vos plumes, à vos claviers et que la lutte continue
Abdel Wahab HANI

Le cas Faïza Kefi

Le cas de Mme Faïza Kefi est très intéressant pour les psychiatres tunisiens, français et italiens. Une femme tuniso-italienne qui a la nationalité et le passeport italiens qu'attend-elle pour brûler vers l'Italie? En effet la mère de Mme Faiza Kefi est italienne, de ce fait elle a automatiquement droit à la nationalité italienne. Même le Tunisien le plus arriéré mental, ayant le passeport italien, n'hésiterait pas une seconde pour "brûler" vers le pays de la dolce vita.

Certains crétins vont dire :" mais quand même elle était ministre, qu'irait-elle chercher en Italie?" Ces crétins oublient ce que ça signifie la dignité humaine. Je préfère être pêcheur sur une embarcation de Catania en Sicile que ministre en Tunisie. Pensez seulement au nombre de "gifles" qu'a du recevoir Slaheddine Maaoui en une seule année. Dur, dur d'être ministre en Tunisie. Ton courrier est ouvert par la police politique, ton téléphone est toujours sur écoutes et Big Brother te suit partout. Je connais quelqu'un qui a un ami ministre de Ben Ali. Il m'a dit que lorsqu'ils veulent parler librement, le ministre met le volume de sa chaîne stéréo au maximum pour brouiller les micros de la Dakhilia (Petit clin d'œil à nos amis de la Sûreté de l'État: Perfectionnez vos micros, certains ministres sont en train de déjouer vos plans!).

 

Omar Khayyam - Samedi 20 octobre 2001 .
ZABA par Omar Khayyam


Brûlant Secret
Portrait psychologique de ZABA

Quel titre pourrait-on donner au roman de la vie de Zine El Abidine Ben Ali? Je choisirais celui donné par Stefan Zweig à l'une de ses meilleures nouvelles : " Brûlant secret " Depuis qu'il est devenu l'étoile montante du régime au milieu des années quatre-vingt, j'ai commencé à m'intéresser à ce personnage énigmatique, qui agaçait Bourguiba par son mutisme. Un mutisme assourdissant. Au Fil des années, en observant ce dictateur de loin, j'ai acquis une quasi-certitude : cet homme cache un secret. Mais, lequel? Son vrai niveau scolaire? Sa médiocrité intellectuelle? Ses relations secrètes avec les Américains? Sa mystérieuse amitié avec Kamel Letaief? A mesure que Ben Ali montait les échelons du pouvoir, les points d'interrogations ne faisant qu s'ajouter les uns aux autres. J'ai parfois l'impression que le tentaculaire système sécuritaire qu'il a bâti au fil des années n'a pour mission, en résumé, que de veiller à ce que ce secret reste secret! Les exemples ne maquent pas. Pourquoi Ben Ali a-t-il fait assassiner l'étudiant Marwan Ben Zineb en 1989? Pourquoi a-t-il fait incendier les locaux de Kamel Letaief dans la banlieue de Soukra? Quelle est la nature des dossiers secrets que ce dernier détient encore? Pourquoi maintient-il sa première femme Naïma Kefi enfermée du palais de Carthage? Que sait-elle de lui? Pourquoi son dossier de Saint-Cyr a-t-il disparu?
Qui est Zine El Abidine Ben Ali? Quels sont les clefs qui pourraient nous aider à déchiffrer sa personnalité? Si l'Histoire ne l'avait pas projeté au devant de la scène politique tunisienne, il n'aurait attiré l'attention d'aucun journaliste ni écrivain. Il serait aussi effacé et insignifiant que son collègue de Saint-Cyr Mustapha Hacicha, l'officier qui commande le détachement militaire d'honneur de la Présidence.

Trois événements majeurs ont marqué la carrière de Ben Ali :
· Son mariage avec Naïma El Kefi.
· Sa nomination par Hedi Nouira en 1978 comme Directeur Général de la Sûreté
· Sa désignation comme Premier ministre par Bourguiba le 2 octobre 1987

Je vais, tout d'abord, tenter de dresser un portrait psychologique de ce petit dictateur. Les biographes officiels de tous les dictateurs évitent toujours d'évoquer ce volet essentiel qui peut nous aider à comprendre "ces malades qui nous gouvernent. "

Toutes les sources, y compris ses biographies officielles en arabe et en français, admettent que Ben Ali est né au sein d'une famille très pauvre de Hammam Sousse le 3 septembre 1936. Son père était gardien au port de Sousse. La famille était nombreuse et ses ressources limitées. La pauvreté n'est pas une tare puisque personne ne choisit son lieu de naissance ni ses parents. Mais chez certaines personnes la misère vécue pendant l'enfance peut laisser des traces indélébiles et marquer la personnalité à jamais. Elles se traduisent par un sentiment de frustration et d'une rancune inconsciente contre le destin. Cette frustration peut rester latente pendant des années, mais dès qu'elle trouve une " voie d'évacuation " elle s'exprime par des actes, qui jugés de l'extérieur paraissent puérils. On comprendra plus tard, en examinant ses actions et ses passions (construction des palais de Hammamet et Sidi Bou Saïd, goût marqué pour la pompe et le luxe, folles soirées à Hammamet etc.) que Ben Ali appartient à cette catégorie d'individus.
Les biographes officiels utilisent l'origine modeste de Ben Ali comme moyen de propagande populiste : Ben Ali veut, sans aucun doute, gagner la sympathie des couches pauvres du peuple.

La seule chance de Zine E-Abidine de sortir de la misère c'était les études. Il réussit cahin-caha ses études primaires, mais sa médiocrité devient apparente lorsqu'il débarque au Lycée de Garçons de Sousse. Garçon timide et réservé, il passe inaperçu par ses profs et ses collègues. Son dossier ayant disparu quelques jours après le putsch du 7 novembre 1987, il est difficile de savoir son niveau scolaire réel. A-t-il été renvoyé à sa quatrième ou à sa cinquième année d'études secondaires? Est-il un président bac moins trois ou bac moins deux? Mystère.

Les biographies officielles parlent d'activités de résistance contre l'occupant français pour expliquer son renvoi du Lycée. Or, ce passé de militant a été inventé de toutes pièces quelques années après son accession au pouvoir.

Nous sommes au milieu des années cinquante, Ben Ali n'a pas encore 18 ans lorsqu'il voit son avenir compromis. Il est acculé au chômage et au désœuvrement. Il est plein de ressentiment envers sa condition sociale et ses capacités intellectuelles très moyennes. Rien n'est plus pénible pour un médiocre que d'être conscient de sa propre médiocrité. L'adolescent Zine El-Abidine, révolté contre tous ses handicaps hérités et acquis, est encore présent dans les comportements du petit dictateur d'aujourd'hui. En psychologie comme en physique rien ne se perd rien ne se créé tout se transforme. Tournant en rond, Zine El-Abidine craint de rater son " décollage social. " Plusieurs jeunes Tunisiens de l'époque sont sortis de la misère grâce aux études. Il a raté cette chance. En plus, il ne dispose pas des qualités d'un autodidacte. Il ne s'intéresse ni aux livres ni aux arts. L'on remarquera quelques décennies plus tard la haine que voue Ben Ali aux intellectuels, aux écrivains et aux scientifiques. Un proverbe arabe dit : " On est toujours l'ennemi de ce qu'on ignore " Le monde de l'esprit, de la réflexion, des arts et de la littérature est complètement étranger à Ben Ali.

Baccouche faiseur de présidents

On dit que la chance ne sourit qu'une fois. Pourtant, elle a souri à Zine Al-Abidine au moins trois fois!
Ironie du destin : celui qui a changé la vie de Ben Ali et lui a ouvert la voie de l'ascension sociale sera trente ans plus tard renvoyé du poste de Premier ministre et calomnié par la presse de caniveau. Hédi Baccouche, jeune militant du Neo-Destour issu de Hammam Sousse, emprisonné par les Français au centre de détention de Zaarour en 1952, jouit déjà en 1956, date de l'indépendance, du prestige nécessaire pour aider Zine El-Abidine à joindre les rangs de la jeune armée tunisienne. Le Destour était à l'époque en train de préparer une liste de candidats sélectionnés pour une formation militaire en France. Comment expliquer l'ingratitude de Ben Ali envers son bienfaiteur? Il faut avoir recours à la psychologie pour comprendre la logique de l'ingratitude. L'Histoire pullule de cas de tyrans et dictateurs ingrats. Le calife Abou Jaafar Al-Mansour a assassiné celui qui l'a mis sur le trône, Abou Muslim El-Khorassani. Le premier calife fatimide El Mehdi a réservé le même sort à son bienfaiteur, propagandiste et bras droit Abou Abdillah.
Celui qui nous rend un service nous oblige. Plus le service est grand plus la dette psychique est importante. Consciemment ou inconsciemment nous nous sentons " petits " envers nos bienfaiteurs. L'ingratitude devient flagrante lorsque l'on souffre déjà de sentiments d'infériorité. Or, tous les dictateurs, sans exception, souffrent de sentiments d'infériorité. Ceux qui leur ont tendu la main en période de difficulté, seront un jour " punis " d'avoir été " supérieurs".
Staline, le pauvre séminariste de Georgie dont le père était un cordonnier alcoolique, n'a fait en humiliant, emprisonnant et exécutant ceux qui l'ont aidé à écarter son rival Trotski, que régler une dette psychologique insupportable. Ben Ali n'échappe pas à la règle. Il se sent inférieur à Baccouche pour deux raisons :
· Il était son intercesseur lorsqu'il a voulu joindre l'armée tunisienne.
· Il a non seulement obtenu son bac mais il a réussi ses études universitaires.

Ben Ali part donc en France avec d'autres jeunes tunisiens pour recevoir une formation militaire. De retour à Tunis, il est immédiatement affecté au service du général Kefi. Les circonstances de sa rencontre avec la fille du général ne sont mentionnées par aucun de ses biographes. S'agit-il d'une véritable histoire d'amour? Ben Ali a-t-il joué l'amoureux par arrivisme? Quel que soit la réponse, son mariage avec la fille du " patron " ouvre au jeune officier des horizons nouveaux. Sans cet heureux mariage, Ben Ali ne serait pas général en 1987. Ses anciens collègues de Saint-Cyr étaient à cette époque colonels (Habib Ammar) ou lieutenants-colonels (Mustapha Hachicha.). Grâce à son beau-père il va être toujours sur la liste des militaires stagiaires envoyés en France ou aux USA. L'adolescent frustré du milieu des années cinquante n'a plus à se plaindre : En 1964 il est à 28 ans le Directeur de la Sécurité Militaire. Le renseignement correspond très bien à la personnalité timide et repliée de Zine El-Abidine. Il n'a pas beaucoup de fréquentations et son poste le met un peu à l'écart des chefs de l'armée. Il reste peu connu jusqu'à 1978.
Si feu Hedi Nouira ne l'avait pas invité en janvier1978 à quitter sa tenue militaire et à devenir Directeur Général de la Sûreté au Ministère de l'Intérieur, Ben Ali serait maintenant un paisible retraité de l'armée inconnu de 99,94% des Tunisiens. Le Destin en a voulu autrement. Son passage au Ministère de l'Intérieur va révéler Ben Ali à lui-même et aux Tunisiens.

Un apprenti bourreau

L'armée tunisienne, à part les deux dates tragiques du 26 janvier 1978 et du 2 janvier 1984, est dans son ensemble un corps sain qui respecte les règles strictes de l'honneur militaire. Elle n'a jamais été impliquée dans des actes de torture, d'exécutions sommaires ou de coups tordus. Il en est autrement pour les forces de l'ordre.
Le passage de Ben Ali du militaire au sécuritaire va le transformer en un monstre et révéler les points cachés de sa personnalité. Le Ministère de l'Intérieur a été depuis les années Bourguiba, une école de vulgarité et de bassesse. La médiocrité intellectuelle de Ben Ali va trouver un terrain propice pour s'exprimer. C'est le coup de foudre : Enfin une spécialité qui n'exige rien d'autre que la cruauté, le sadisme et la manipulation des instincts primitifs des hommes. Le culte du secret, rattaché à de telles fonctions, s'accorde très bien avec sa timidité et sa nature réservée. L'honorable officier et père de famille va devenir un superviseur de bordels publics, un gérant de réseaux d'indicateurs et de mouchards et l'instigateur d'opérations louches contre les opposants. Bref, il retrouve ses " vraies racines " au sein de ce Ministère malfamé.
Ben Ali quitte l'Intérieur pour les Affaires Étrangères comme ambassadeur à Varsovie suite aux événements tragiques de Gafsa en 1980. Mais son " exil " ne durera pas plus que quatre ans. Le Premier ministre de l'époque, Mohamed M'zali avait besoin de lui après les émeutes sanglantes de janvier 1984. Après sa nomination en tant que Directeur de la Sûreté, puis comme secrétaire d'État à l'Intérieur, il donna l'image d'un cadre dynamique et efficace. En quittant, tard le soir, son bureau il dévale en quelques secondes les marches du Ministère de l'Intérieur et regagne en toute vitesse la limousine noire qui l'attend moteur en marche.

L'irrésistible ascension de Ben Ali

Le général Ben Ali va profiter de l'état de crise de la société tunisienne et du système bourguibien pour asseoir son influence au sein du plus important ministère en Tunisie. Il devient tellement puissant au fil des mois qu'il ose espionner son " patron " Mohamed M'zali. Zine El-Abidine commence à venger ses " années de braise" Il se sent maître d'un appareil redoutable qui tient toutes les commandes du pays. Les étudiants du milieu des années quatre-vingt se rappèleront toujours de la férocité avec laquelle il matait leurs manifestations. C'est le début des méthodes musclées qui caractériseront quelques années plus tard le système Ben Ali. Le recrutement intensif de policiers et d'indicateurs commence aussi avec Ben Ali ministre de l'Intérieur.
Avec la destitution de M'zali et la nomination d'un Premier ministre sans envergure, Rachid Sfar, Ben Ali commence à espérer tenir un rôle majeur dans l'ère de l'après-Bourguiba. Il ne croyait pas encore être à la hauteur de la Présidence. Sans l'appui de Hédi Baccouche et Habib Ammar, il n'aurait jamais eu l'audace de destituer Bourguiba. Ses complices disent qu'il était très anxieux la veille du coup d'État et que ce sont eux qui ont essayé de le rassurer quant à l'issue heureuse du putsch.

Un président qui n'en croit pas ses yeux

Tous ceux qui ont suivi les évènements du 7 novembre 1987 ont vu un Ben Ali nerveux et peu sûr de lui. Il n'a jamais rêvé de monter aussi haut dans la hiérarchie du pouvoir. Lorsque la " bande des trois " a préparé le coup, on s'est mis d'accord pour que la présidence incombe, quelques mois plus tard, à Baccouche. Ben Ali ne serait présidant que parce que, d'après la Constitution, c'est le Premier ministre qui succède au président en cas d'incapacité. Il céderait ensuite sa place au plus " politisé " des trois, Hédi Baccouche.

Voilà donc le pauvre garçon timide, le raté des années cinquante, qui devient président. " Un président malgré lui " ou presque. Ben Ali, l'homme de l'ombre, est intimidé par les cameras et les projecteurs. Il s'y habituera avec le temps. Il souffre de ne pouvoir lire correctement ses discours. Sa diction est lamentable. Bourguiba était parfois agacé par cet homme taciturne et peu éloquent. Malgré les efforts de ses " encadreurs ", Ben Ali ne s'est guère amélioré. Tous ceux qui ont suivi son discours improvisé devant les directeurs des journaux " indépendants " en mai 2000 ont été choqués par la pauvreté de ses idées et de son vocabulaire. C'est, ironiquement, son accession au pouvoir suprême qui l'a démasqué et rendu visible sa médiocrité. Celui qui a posé la question : " qui pense pour Ben Ali? " a bien compris que ce président est intellectuellement vide. Ceci explique le pouvoir exorbitant qu'exercent certains conseillers du président. Ben Ali a toujours besoin d'un " président bis. " Cette fonction est assumée, aujourd'hui, par Abdelwahab Addallah, l'éminence grise de Carthage.

Une jeunesse éternelle

Certains ont remarqué qu'au fil des années Ben Ali a changé : Il est devenu obsédé par son look, a pris l'habitude de se faire teindre les cheveux, a divorcé de sa première femme Naïma Kefi pour épouser une femme plus jeune, s'est fait construire deux palais, organise des soirées dignes des milles et une nuit à Hammamet, tente de devenir président à vie etc.
Ben Ali a-t-il vraiment changé? Je ne le crois pas, on ne change pas de personnalité à l'age de cinquante ans. Il faut faire un flash back aux années quarante et cinquante pour comprendre le Ben Ali de 2001. Ce pauvre gamin pas très beau, timide, maladroit et peu doué pour les études a enfin trouvé l'occasion de prendre sa revanche sur le destin. Il n'a jamais osé espérer, même dans ses rêves, devenir le maître absolu de la Tunisie. La majorité des Tunisiens ne savent pas que leur président est un adolescent de soixante-cinq ans. La présidence lui a donné la chance de venger toutes les frustrations de son enfance.

Possédant déjà une villa à deux étages à Kantaoui, Ben Ali ne s'est pas contenté de faire construire un palais de rêve a Merazka, une région touristique située entre Nabeul et Hammamet, mais il a pris possession d'un terrain militaire à Sidi Dhrif pour construire un second palais. Pour quelle raison a-t-il besoin de plusieurs palais? Pourquoi se prend-il, durant ses folles soirées au palais de Hammamet pour Haroun Al-Rachid? C'est tout simplement pour combler un vide intérieur. N'étant ni intellectuel ni dilettante, il ne peut combler ce vide que par l'accumulation des richesses, les plaisirs charnels et l'extase du pouvoir. Le pouvoir est comme les drogues dures : il crée une accoutumance qui dégénère en dépendance. Non seulement on ne peut plus arrêter, mais on augmente petit a petit la dose nécessaire pour atteindre l'extase. Ben Ali ne peut plus arrêter. Il se trouve maintenant dans un stade de dépendance avancé. Le pouvoir ou la mort, un jeu du quitte ou double, une recherche effrénée de paradis artificiels qui se révéleront les anti-chambres de Géhennes. Bourguiba junior a dit, quelques jours après le 7 novembre 1987 : " Ben Ali a sauvé Bourguiba de lui-même ". Malheureusement pour Ben Ali pas l'ombre d'un sauveur à l'horizon.. C'est Méphistophélès qui l'attend quelque part, caché dans les recoins de l'un de ses palais. A force de jouer l' " invulnérable " on ne fait plus partie du royaume des hommes, Hadès devient plus proche que Gaia.
Quelqu'un a dit : " le pouvoir est le meilleur aphrodisiaque ". Pourtant, l'on oublie qu'Éros est le " jumeau " de Thanatos.

Méphistophélès : Nom du démon dans la légende de Faust.
Hadès : Dieu grec des enfers.
Gaïa : La terre.
Éros : Dieu grec de l'amour.
Thanatos : Dieu grec de la mort, fils de la nuit et frère d'Hypnos personnification du sommeil.

Exploit de Omar Khayyam
Interview de Zine el Abidine Ben Ali
Première partie

Pour interviewer Ben Ali, un journaliste doit faire le parcours du combattant. Il y a quelques mois, j’ai téléphoné au bureau du directeur du cabinet présidentiel. Au bout de la ligne c’était la secrétaire adjointe de la secrétaire de Monsieur le directeur adjoint. Elle n’était pas très aimable, surtout lorsque je lui ai dévoilé mes intentions : interviewer le Big Boss. J’ai dû appeler chaque jour pendant trois semaines pour la convaincre me passer, enfin, la secrétaire de l’adjoint du responsable présidentiel. Pour passer de la secrétaire à l’adjoint du directeur j’ai du attendre quatre semaines. Et ainsi de suite. Quand le directeur du cabinet présidentiel a daigné prendre l’appel, j’ai cru avoir vu le bout du tunnel. C’en était rien. Il m’a dit que je devais tout d’abord passer par la Direction de la Sûreté de l’Etat. Un rendez-vous était fixé et je devais être très ponctuel, sinon mon projet tomberait à l’eau. Dès que j’ai approché le redoutable édifice de la Dakhilia, une sentinelle s’est avancée vers moi pour me demander ce que je cherchais. Je lui ai expliquée que j’avais un rendez-vous avec un responsable de la Sûreté de l’Etat. Il m’a conduit au policier réceptionniste qui m’a jeté un regard inquisiteur qui m’a terrorisé au point que je commençais à balbutier en lui expliquant la raison de ma visite. D’ailleurs les regards inquisiteurs me poursuivaient partout tout au long de mon « séjour » à l’Intérieur.

Pour parvenir au lieu du rendez-vous, j’ai dû passer par un labyrinthe de couloirs et d’escaliers accompagné par un policier en civil. Dès que je croisais un fonctionnaire, ses yeux perçants et méchants me dévisageaient avec une insolence indescriptible. Ces sempiternels regards inquisiteurs m’enlevèrent toute velléité de résistance. Je commençais déjà à trembler bien qu’on ne m’accusât de rien. J’essayais de me convaincre que je n’étais ici que pour une vérification de routine et qu’il n’y avait rien à craindre.
Sept cadres cravatés assis sur des chaises disposées en demi-cercle m’attendaient dans une vaste salle presque vide. Je devais m’asseoir au milieu. Le policier qui m’accompagnait a posé un microphone devant moi puis a disparu en refermant la porte derrière lui. Silence total. Sept paires d’yeux me transperçaient la peau, les os pour arriver jusqu'aux tréfonds de mon âme. Une âme déjà prête au grand départ.

Le premier à rompre le silence était le « Docteur ». C’est ainsi que les six autres s’adressaient à lui tout au long de notre réunion « amicale ». Il m’a dit : « Alors Khayyâm tu veux interviewer le Président ? ». J’ai répondu, avec une voix tremblante : « C’est la raison pour laquelle je suis votre invité aujourd’hui».
Un cravaté très laid s’est adressé a moi avec le ton de familiarité de quelqu'un qui me connaît depuis un quart de siècle : « On n’est pas ici pour s’amuser pauvre clown ! Que veux-tu au juste ? »
- Interviewer le Président
- Tu fais tes prières?
- Non, Dieu merci.
- Tu fais le Ramadan ?
- Parfois lorsque j’ai pas d’appétit.
- Tu connais Ghannouchi ?
- Bien sur. Il est le Premier ministre.
- Non, l’autre.
- Qui ? Son frère ?
- Arrête tes conneries. Je parle de Rached Ghannouchi.
- Je crois que c’est un chanteur britannique converti à l’Islam, n’est-ce pas ?
- Karker ?
- Je connais un village, sur la route de Sfax, qui porte ce nom.
- Que penses-tu de notre Président ?
- Il est l’étoile brillante du Maghreb dixit Kadhafi.
- Tu te moques du Président ?
- Peut-être c’est Kadhafi qui se moque de lui pas moi.
- As-tu jamais été en Afghanistan ?
- Une fois pour monter une société d’importation de rasoirs. Ça n’a pas marché.
- Tu connais Ben Laden ?
- Une société italienne voulait le faire jouer dans un spot de pub pour after-shave et je devais faire l’interprète. Malheureusement les Américains étaient au parfum. Le projet a échoué.
Les six gorilles et leur docteur ont éclaté de rire. Un rire difficile à singer. L’atmosphère s’est un peu détendue.

- Parle-nous de tes idées politiques ?
- J’ai pas d’idées politiques. Penser me fatigue et même lorsque je pense je ne pense à rien.
- Ton livre préféré ?
- L’omerta de Mario Puzzo
- Ton film préféré.
- Le Parrain de Francis Ford Coppola.
- Ton acteur préféré?
- Grouchou Marx.
- Tu es marxiste ?
- Exactement comme Woody Allen.
Alors les six gorilles cravatés se sont tournées vers le « Docteur » : Qui est ce Woody Allen ? Un sympathisant d’Ennahdha ? Il leur expliqua que c’est un cinéaste névrotique qui veut résoudre ses conflits internes par des moyens subliminaux et réaliser des films à contenu cathartique. Ils ont fait semblant de comprendre, mais le docteur était trop fort pour eux. Expliquer Woody Allen à six gorilles !

Et tout d’un coup les questions fusaient comme des rafales. Comment s’appelle ton coiffeur ? Quel genre de revues lis-tu ? Es-tu homo ? Ecolo ? Disco ? Boulot-métro- dodo ? etc. Ils me mitraillaient au rythme infernal de sept questions par minute. Leur guerre d’usure a usé mes nerfs et ma patience. J’étais sur le point de jeter l’éponge et renoncer à cette interview tant attendue. C’est alors que le cravaté en chef me signala la fin de l’entrevue. Ils m’ont dit d’attendre une semaine avant de reprendre le contact avec le cabinet présidentiel.
En me préparant à quitter la salle j’ai compris à quoi servait le microphone. Il était relié à une machine à détecter les mensonges. J’ai vu un technicien derrière une vitre épaisse qui sépare la salle de réunion d’une anti-chambre aux lumières tamisées.
Les six gorilles ont quitté la salle un à un en silence. Le dernier à quitter était le « Docteur ». Avant de prendre congé de moi il m’a chuchoté à l’oreille des mots à peine audibles : « J’ai lu ton portrait psychologique de Ben Ali. C’est pas mal. Continue ! »

NAIMA BEN ALI SELF-MADE-WOMAN

Tout le monde parle du miracle économique tunisien. Ce miracle réalisé par des femmes et des hommes anonymes ou presque. Je vais vous parler d’une success story typiquement tunisienne. C’est l’histoire d’une self-made woman, d’une femme d’affaires dont parle toute la région du Sahel. Elle vient d’une famille modeste de Hammam Sousse. En quelques années elle est devenue l’une des plus riches femmes de cette petite ville industrieuse. Elle ne détient ni un MBA (Master degree in Business Administration), ni même un bac économique. Son niveau scolaire est bac moins sept. Pourtant elle a le sens des affaires et le flair des bonnes occasions.

Elle s’appelle Naima Ben Ali. Ce n’est pas l’ex-femme du président tunisien, mais de sa sœur. Je dis cela pour votre information, car il n’y a aucune corrélation entre sa fulgurante carrière économique et les succès politiques tout aussi écrasants de son frère bien-aimé. Certaines mauvaises langues disent que c’est grâce à lui qu’elle s’est enrichie, elle et toute sa famille. Ce qui est, bien sur, archi-faux. Notre président, un président tellement occupé qu’il ne prend jamais de vacances, n’interfère pas dans ces petits détails familiaux. Si Naima a réussi dans les affaires c’est grâce à ses innovations dans le domaine économique. L’une de ses brillantes idées est de faire de l’importation sans jamais importer quoi que ce soit ! Si tu es importateur agréé, elle te propose un deal très alléchant : Tu payes, par exemple, 10 000 dinars, et en contrepartie les douanes font comme si tu importais des conteneurs vides. Pas le moindre contrôle ni de formalités superflues. C’est génial ! Je me demande ce qu’attendent nos hommes d’affaires en herbe pour copier cette ingénieuse idée de Naima. Le président ne peut pas empêcher des femmes et des hommes d’affaires qui réussissent de réussir ! Il a dit, noir sur blanc, à toute sa famille : Je ne suis pas votre bienfaiteur. Débrouillez-vous pour trouver un moyen de subsistance. Et ils se débrouillent bien. La preuve, ils réussissent et réalisent des chiffres d’affaires à vous laisser rêver. Vous n’avez qu’à faire comme eux au lieu de répéter à longueur de journée un concept qui ne colle pas a notre miracle tunisien : Népotisme. Cachez-moi ce gros mot que je ne saurais voir.

Naima est aussi une grossiste qui fournit en produits d’épicerie plusieurs villes du Sahel. Une activité on ne peut plus légale. Ce dynamisme dont elle fait preuve ne peut que susciter notre admiration. Dès que les envieux voient un camion décharger des produits d’épicerie au Sahel, ils lancent à l’unisson : « Voilà les marchandises de la sœur de Zine ». Veuillez excuser leur ignorance de la chose politique chers lecteurs. Quel rapport y a-t-il entre un chef d’Etat deux fois docteur et des marchandises d’épicerie ? Il faut être analphabète politique pour faire un tel amalgame. Ils oublient que Zine a d’autres chats à fouetter… euh pardon ! D’autres docteurs à fouetter (Marzouki, Amri, Ben Jaafar, Mouaada).

Si la Tunisie se porte bien et est sur le point de décoller, c’est grâce à ces femmes et ces hommes d’affaires qui préfèrent, par souci de modestie, rester dans l’anonymat. Je voudrais les faire sortir de l’anonymat pour que les jeunes les prennent pour exemples. Ils sont plus instructifs que les cours de la HEC ou de l’ISG. Saluons nos soldats anonymes et soyons tous les pilotes du décollage tant attendu (chers co-pilotes attention à la single tower du RCD !)

Omar Khayyam .
Communiqué de L'I.C.S.P.P.T.

Le Comité International de Soutien des Prisonniers Politiques en Tunisie informe l'opinion publique nationale et internationale que Mr Lassaad Jouhri membre du comité directeur de l'ICSPPT et victime de la torture encore sous traitement médical, a été victime d'un acte de violence par la police politique en le mettant à terre (alors qu'il est handicapé et ne peut se déplacer que sur ses deux béquilles), aujourd'hui le 19/10/2001 dans la station du métro de la rue de Rome vers Denden (banlieue de Tunis) à 13h15 heure locale.
Mr Lassaad Jouhri a été sujet plusieurs fois de menaces de mort à son encontre par les agents de renseignements généraux de la police politique.
Mais aprés les menaces contre le juge Yahiaoui et le Docteur Sahbi Amri actuellement incapable de travailler ou de se déplacer convenablement à la suite de la violence perpétrée par les autorités officielles en Tunisie, qui voudraient exploiter à fond la tragédie du 11 septembre pour commettre plus de crimes à l'encontre des défenseurs des droits humains et les opposants au régime, qui persistent à lutter en faveur de la démocratie et les libertés fondamentales tout en payant trés cher de leurs santé,de leurs bien-être et même de leurs vies, afin de contribuer dans la lutte pour les aspirations de notre peuple en la démocratie réelle et les droits de l'homme pour tous nos concitoyens en Tunisie.
L'ICSPPT lance un cri d'alarme en faveur des victimes du régime en place surtout dans ces circonstances difficiles sur la scéne internationale. Et que le terrorisme à abattre est celui àmanant aussi bien des individus et des groupes mais surtout des états.
Le coordinateur
Sayyid Ferjani
Nous vous appelons à visiter régulièrement le site du Comité et proposer toutes informations ou liens appropriés. Site web

Londres, vendredi 19 octobre 2001 .
Comité National de soutien à Abdelmoumen Belanes

Une fois de plus, un procès politique est intenté au militant Abdelmoumen BELANES : en effet, il comparaît de nouveau devant la Cour d’Appel de Monastir, le lundi, 22 octobre 2001 sous la double accusation de «complicité d’appartenance à une association non reconnue» ( Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie- PCOT ) et de « distribution de tracts hostiles au régime ».
En vérité, la date de ce procès, repris aujourd’hui, remonte au mois de décembre 1991 à l’occasion d’une action de « collecte de crayons et de cahiers pour les enfants de l’Irak » dans le cadre d’une campagne contre l’embargo imposé au peuple irakien. Le tribunal qui a eu, à plusieurs reprises, à examiner cette affaire, a rendu, par deux fois, un jugement de non-lieu. De ce fait, cette affaire aurait dû être classée : si elle est, paradoxalement, reprise aujourd’hui par les Autorités, c’est seulement parce que A. BELANES a entamé une grève de la faim le 4 octobre 2001 pour faire valoir son droit au passeport et à la libre circulation.
A cause de ses activités d’opposant politique, A BELANES a fait l’objet de plusieurs procès et subi plusieurs condamnations à la suite de
jugements rendus par la Cour d’Appel de Tunis le 14 juin 1997, sous le n° 66192/14, la Cour d’Appel de Tunis le 14 juillet 1999, sous le n°4094/14 et la Cour d’Appel de Tunis le 10 septembre 1999 sous le n° 8354. Ces différentes condamnations se sont soldées par plus de 7 ans et demie de prison ferme pour le seul crime d’avoir milité avec acharnement pour son droit légitime à la libre expression et à la libre association.
Victime de procès politiques en chaîne et continuellement harcelé par la police, A. BELANES a passé toute la décennie écoulée (1991 – 2000) entre la prison et la clandestinité, subissant, tout au long de cette période, différentes formes de tortures dont il garde encore de graves séquelles tant corporelles que psychologiques.
Or, ses souffrances ne cessèrent pas quand il quitta la prison la dernière fois le 10 juin 2000 : il continua à être privé de ses droits civiques et politiques les plus élémentaires tels que le travail et le droit aux soins nécessaires pour enrayer les effets de la torture.
Les signataires soussignés dont l’action s’inscrit dans le cadre de
la lutte du mouvement démocratique pour l’amnistie générale et refusant
de voir se prolonger cette injustice, proclament, en guise de solidarité avec
Abdelmoumen BELANES, leur intention de créer un Comité national de soutien à ce
militant en exigeant, notamment :
- que soit annulé le procès du 22 octobre 2001;
- qu’il soit mis fin aux tracasseries dont il ne cesse de faire l’objet ;
- qu’il soit en mesure de jouir de tous ses droits civiques et politiques et
- qu’il soit indemnisé pour les sévices subis.

Tunis, le 20 octobre 2001

Comité national de soutien à A. BELANES :

-1-AZZOUNA Jalloul, universitaire
-2-BAÏLI Abdellatif, enseignant, Mouvement des Démocrates Socialistes
-3-BEN M’Rad Faouzi, avocat, Association des jeunes avocats
-4-BEN SALEM Ali, Ancien résistant
-6-BEN YOUNES Fathi, Parti Démocrate Progressiste
-7-BIDA Jameleddine, avocat
-8-CHAÏEB Mohamed Tahar, universitaire
-9-CHAMEKH Raja, militante féministe
-10-CHARNI Mondher, avocat
-11-HAMMAMI Ayachi, avocat
-12-HAMZAOUI Salah, universitaire, président du Comité de soutien à Hamma Hammami
-13-HEDHILI Abderrahmane, enseignant, Comité directeur De la LTDH
-14-JEMOUR Mohamed, Ordre des avocats
-15-KACHOUKH Mounir, universitaire
-16-KALAII Ahmed, conseiller d’orientation,Comité directeur LTDH
-17-LATIF Chokri, écrivain
-18-MAALI Mohamed, journaliste
-19-NASRAOUI Radhia, avocate
-20-ZAOUIA Khalil, médecin, Comité directeur de la LTDH
-21-ZEDINI Ali, ingénieur, Comité directeur de la LTDH
-22-ZIADI Habib, avocat, Comité directeur de la LTDH

Cette liste n'est pas définitive : tous les militants démocrates et progressistes sont invités à rejoindre les rangs de ce comité.

Tunis, samedi 20 octobre 2001 .
Reporters sans frontières proteste

Dans une lettre adressée au ministre de l'Intérieur, Abdallah Kaâbi, RSF a protesté contre l'interdiction de diffusion du "Monde Diplomatique" du mois d'octobre 2001. "Le gouvernement tunisien interdit de manière systématique les journaux étrangers lorsqu'ils contiennent des articles déplaisant au régime", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation. "Nous vous demandons des explications sur cette mesure de censure", a-t-il ajouté.

Selon les informations recueillies par RSF, le numéro d'octobre du "Monde Diplomatique" n'a pas été diffusé en Tunisie. Il contenait un article de Kamel Jendoubi, président du Comité pour le respect des libertés et des droits de l'homme en Tunisie (CRLDHT). Dans cet article, intitulé "La peur peut-elle changer de camp ? Course de vitesse en Tunisie", il évoquait notamment "les dérives autoritaires du régime".

De nombreuses publications étrangères sont toujours interdites en Tunisie dont la presse française ("Libération", "Charlie Hebdo", "La Croix", "Le Canard enchaîné" et "L'Humanité"). Par ailleurs, les journaux autorisés comme "Le Monde", "Jeune Afrique - L'Intelligent" ou "Courrier International" sont censurés lorsqu'ils contiennent des articles critiques sur la Tunisie.

Renseignements supplémentaires
Pour tout renseignement complémentaire, veuillez contacter Virginie Locussol, RSF, 5, rue Geoffroy Marie, Paris 75009, France, tél: +33 1 44 83 84 84, téléc: +33 1 45 23 11 51, courrier électronique: moyen-orient@rsf.fr, Internet: http://www.rsf.fr

IFEX. Vendredi 19 octobre 2001 .
Dear President Ben Ali and his exellence!

We all love you! The whole Tunisian society adores you as much as a holy prophet! God has sent you to us in order to give us a political system based on democracy! Whenever I go to a mosque in Tunisia, the Imam is always mentioning your name, praising you like a holy character. I think that your name should be printed on every mosque... You mean for us more than any other person in this world! You don't only talk about democracy, you're protecting democracy with violence, because democracy deserves this state! Don't let people write bullshit about you, you're entitled to hit them up! Ghannouchi, Ben Brik, Zoghlami, Ben Sedrinne & co are national betrayers. They should be sentenced to death, but thanks to your sentimental heart you didn't let them be executed (If other Arab countries could only enjoy such an amnesty for political enemies...) You're representing the true way of democracy, if other people have another political view, we all know that they are crazy, they don't fit into your political concept! Most Tunisians don't know yet that democracy has already reached Tunisia. The Tunisian state channel always makes shows about harsh topics, like sexual abuse e.g.! Those Tunisian town halls have established officially runned "Bordels" in the "Quartiers", owned by the Tunisian government (I always visit them, the bitches there are good value, no bargaining is necessary, thanks!) Whenever I go to Tunisia, I always take full advantage of your corrupt system by bribing your well behaved police men after doing my bad business (A good way of keeping yourself away from consequences), that's what I call freedom! They accept all foreign currencies, and I also hope credit cards in future! You see that Tunisia is an internationally open and tolerant country! Hey, Mr. President, I've got a good suggestion for you how to save money. The 120000 police-men in Tunisia aren't really necessary to protect your political system, because approximately 99,99 % of all Tunisians are on your side! We don't need 120000 police-man for just 0,01 % of crazy people! So just keep on doing so, we all need you !

SO PEACE ; NoName 2nisian

PS: Many compliments to the architects of the new 21 storey RCD headquarter building, nice shed!

Source .
C’est l’aubaine pour la dictature de Ben Ali !

Profitant de la concentration médiatique autour des attaques du 11 septembre sur le World Trade Center et leurs retombées, le régime tunisien n’a pas laissé l’occasion passer sans décréter des mesures très graves allant dans le sens d’un durcissement de la politique de la main forte et dont voici les traits les plus importants :
Officialisation de la candidature anti-constitutionnelle du président aux présidentielles de 2004 rejetant ainsi tous les appels faits pour qu’il respecte la charte fondamentale du pays.
Une campagne est en train d’être menée pour demander l’extradition de tous les opposants politiques à l’exil sous prétexte de combattre le terrorisme.
La continuation des condamnations à caractère politique dont notamment celle de M. Moncef Marzouki (et qui a été suivie par une abominable agression à l’encontre de deux membres de Amnesty International ayant assisté au procès).
Dans le même cadre, l’étau répressif s’est resserré autour des prisonniers politiques. En grève de la faim depuis le mois d’août (dans les prisons de Tunis, Sfax notamment), ils ont connu ces dernières semaines une escalade sans précédent de mesures répressives :
- Intervention musclée dans la prison de 9 avril dans la capitale le 26 septembre qui s’est soldé selon un communiqué du CISPPT (Comité International de Solidarité pour les Prisonniers Politiques en Tunisie) par de graves atteintes à leur santé C’est le cas notamment de Abderrazek Mezgarichou et Hichem Jaraya.
- Retour à la politique d’éloignement pour couper les prisonniers de leurs familles.
- Durcissement de la politique d’isolement qui, en soi, est déjà une mesure de mort lente qui contredit même les textes de loi que le président s’est taillé à sa mesure.
Dans la prison centrale de Tunis, des cas de décès à cause de la tuberculose ont été enregistrés ces derniers mois, et on parle même d’environ 200 cas d’atteinte de la maladie et dont les victimes sont entassées dans le secteur G de cette prison.
D’autre part, pas moins de 300 ex-prisonniers politiques voulant reprendre leurs études universitaires se heurtent au refus catégorique de l’administration malgré que quelques-uns parmi eux soient au bénéfice d’un jugement favorable acquis auprès du tribunal administratif.
Sur un autre plan, une vaste campagne policière s’en prend aux jeunes filles et femmes qui portent le foulard en application du décret 108/81 allant de l’interpellation, aux interrogatoires et arrivant jusqu’à l’expulsion des lycées et universités.
Vérité-Action est très préoccupée par cette escalade répressive qui prolonge la souffrance des prisonniers politiques et qui renforce la main mise de la police, forte de 130 milles agents, sur la société. Elle appelle à une mobilisation forte et concertée pour exiger la promulgation d’une loi d’amnistie générale et le respect inconditionnel du choix du peuple tunisien à élire ses représentants, dans une perspective d’avenir meilleure pour le peuple tunisien ayant longtemps souffert du monopole de L’Etat dans tous les domaines.

Fribourg, le 15 octobre 2001
Pour Vérité-Action
EL Afif GHANMI, Président

Vérité-Action. Fribourg, le 15 octobre 2001 .
FOR MOHAMED M'SEDDI

Mohamed M’seddi, employed as a Tunis Air pilot at the time of his arrest on 29 July 1993, is a typical prisoner. A married man, father of two boys, and a practising Muslim, he was arrested at home in the middle of the night in the great wave of repression against opponents of the regime. Held in secret and tortured for 37 consecutive days, he was sentenced on 4 September 1993 to 27 years' imprisonment for membership of a subversive movement (En-Nahda) and plotting against the state.
In an SOS that recently reached Paris, M’seddi reports an alarming deterioration in his health, difficulty in standing and using his right hand, life-threatening heart and kidney complications. Two support committees were then formed in France, calling for the prisoner to be given medical treatment and released. One consists of French and Tunisian intellectuals and Sud aérien union members living in France, the other of retired members of the Air France flight crew union wishing to show active professional solidarity as they have already done for other foreign pilots who have been victims of repression.
M’seddi's case is not the only one. His name appears on a non-exhaustive list, published in France, of 344 prisoners tortured while under arrest or in prison, 31 of whom have died. It is accompanied by a provisional list naming 133 Ministry of the Interior torturers, actively responsible for giving or executing the relevant orders between 1990 and 2000 (see "Torture en Tunisie (1987-2000): plaidoyer pour son abolition et contre l'impunité", published by the CRLDHT). Posted by : Omar Khayyam.

Source .