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Que pense des événements une famille d'origine tunisienne comme tant
d'autres, installée depuis trente ans dans une petite ville de la France
profonde ? D'Afif le pratiquant à Salma la rebelle, les sept enfants
Abderrahman témoignent de leurs espoirs, de leurs difficultés et de leurs
contradictions. Mon nom ? Pas de problème, à part que c'est long à
écrire ! " : Naël Abderrahman, quatorze ans, ne semble pas préoccupé par
son statut d'enfant d'un couple mixte. Français, il est déçu quand
l'équipe de Tunisie de football perd un match, il "mange de tout", manière
de dire qu'il n'est pas religieux, et reproche à son père de ne pas lui
avoir appris l'arabe. A côté de lui, son cousin Yacine, "Diego Maradona"
pour ses amis, paraît tout aussi serein pourvu qu'il ait un ballon à la
main. Naël et Yacine sont deux des douze petits-enfants de "Papa Béchir"
et de "Maman Saïda". Arrivé de Monastir en 1967, ce couple de Tunisiens
s'est installé en 1970 aux Abrets, une petite ville de 2 800 habitants,
entre Grenoble et Lyon.
Mouldia, la fille aînée, avait quinze ans à son arrivée aux Abrets.
Après une année d'école, elle est embauchée chez Bourgeat, la principale
entreprise de la région, où travaille déjà son père, peintre en bâtiment.
Mouldia, qui va recevoir sa médaille de trente ans d'ancienneté chez
Bourgeat, vient d'aménager dans une ancienne maison, "une ruine", que son
mari, artisan maçon, lui aussi d'origine tunisienne, a totalement retapée.
Sa principale fierté, avec ses six enfants ! Elle qui parle, sans complexe
et avec une chaleur communicative, un français parfois approximatif,
énumère les langues apprises par ses enfants : le français, l'arabe,
l'italien, l'anglais, l'espagnol. "Ah, j'oubliais le latin."
Comment parler de l'histoire des Abderrahman, et de toutes les autres
familles d'immigrés des Abrets sans évoquer l'importance que l'école,
déclinée sous toutes ses formes - collège, lycée, CEG - a eue dans leur
évolution ! L'école et les dizaines d'associations sportives, culturelles,
dont certaines sont d'ailleurs animées par des enfants de l'immigration,
et qui forment un formidable creuset d'intégration. Mouldia se sent bien
aimée aux Abrets, et n'a pas souvenir d'y avoir subi quelque forme de
racisme. Pas plus depuis le 11 septembre qu'avant. Mouldia pense qu'elle
ne s'en serait pas sortie aussi bien dans une plus grande ville. "J'aurais
eu trop peur pour les enfants, avec la drogue, la délinquance !" Elle
comprend pourtant ses plus grandes filles qui trouvent Les Abrets
"morts"et aiment sortir à Lyon ou Grenoble. "Vous savez, la jeunesse
d'aujourd'hui !"
C'est précisément pour finir ses études primaires en Tunisie que
Mounir, le frère aîné, né en 1958, est arrivé un peu plus tard, en 1974,
aux Abrets. Il a seize ans. Le directeur du collège lui donne un coup de
pouce. "Il m'a dit qu'il ne me demanderait pas de miracle pour certaines
matières littéraires, mais que je devrais être très bon en math." Pari
tenu. Mounir décrochera ensuite un BEP de mécanique générale, un BTS
d'électronique et un DUT d'informatique. Il suivra des cours du soir,
galérera quelques années entre petits boulots et différentes bourses, se
mariera en 1988 avec une Grenobloise, dont il aura un enfant, Naël.
Après avoir testé les gâteaux de sa mère sur les marchés de la région,
en 1998, avec ses deux frères et deux copains, il crée Traditions au
pluriel, une entreprise de pâtisserie orientale. Lauréate de "Rhône-Alpes
entreprendre", l'entreprise a déjà atteint une petite vitesse de
croisière. "Un immigré doit être deux fois meilleur pour être égal à
l'autre", dit Mounir. "Croyant mais pas pratiquant", il promène encore ses
rêves. "Ce que j'aimerais bâtir, ce serait une fontaine, au milieu du
village, où tout le monde viendrait chercher son eau."
Il partira d'un immense éclat de rire si son interlocuteur lui rétorque
que cette eau se mélangera bien au pastis, qu'il boit allègrement. Pour
lui, le racisme peut intervenir à tout moment, sans qu'on y prenne garde.
"Pas plus tard qu'hier, une copine espagnole me propose d'aller boire un
verre dans une boîte. On m'a refusé l'entrée sous prétexte que je n'étais
pas assez convenablement habillé ! Cela m'a fait peut-être plus mal pour
elle que pour moi." S'il condamne sans aucune restriction les attentats
contre les tours de New York, Mounir, "antiaméricain de toujours", estime
que "les Etats-Unis ont un peu recueilli ce qu'ils ont semé". "Comme toute
association musulmane de France et de par le monde, nous condamnons ces
attentats qui ont fait beaucoup de victimes de nationalités et de
religions différentes, notamment des centaines de musulmans ; alors que
Dieu dit dans le saint Coran : "Celui qui tue une âme innocente, c'est
comme s'il avait tué l'humanité entière et celui qui sauve une âme, c'est
comme s'il avait sauvé l'humanité entière." Il nous reste à espérer qu'une
paix juste et durable s'installe et que le monde sache éviter la
vengeance, l'engrenage et la spirale de la violence." Le troisième enfant,
Afif, trente-cinq ans, a prononcé ces quelques mots le 4 octobre lors
d'une veillée cuménique organisée à l'église des Abrets. Singulier
parcours que le sien. Il a dix ans en 1972 quand il arrive aux Abrets avec
Mounir. Souvenirs : "A l'époque, nous avions une grande nostalgie. On
demandait toujours aux parents : quand est-ce qu'on rentre ? Ma mère
répondait : attendez qu'on construise la maison en Tunisie. D'année en
année, le projet s'est éloigné."
Afif, qui affirme "ne jamais avoir eu le sentiment d'être en marge",
obtient son CAP de mécanicien. Il s'installe à Paris en 1981. "Influencé
par mon père, qui avait été militant syndicaliste, je voulais participer
aux luttes." La journée, il travaille dans un garage, près de la
République, le soir, il milite. "Je bouillonnais, je dévorais
l'information, je n'avais jamais une minute de libre." Défilent dans ses
souvenirs : la cité internationale de la Fête de L'Huma, les
manifestations, les discussions jusqu'aux petites heures du matin. Sous la
houlette d'un dissident du Parti communiste tunisien, il apprend à être
"un vrai communiste arabo-musulman". C'est à un cours sur l'islam qu'il
est subjugué par la personnalité de Mahomet.
COMPLÈTEMENT athée, il devient de plus en plus religieux, rompt avec
ses amis, et décide, par exemple, de cesser toute relation physique avec
des femmes. Jamais il n'adhérera à une organisation religieuse. Il revient
"au berceau", c'est-à-dire aux Abrets. En 1989, il se marie avec une
Tunisienne, dont il aura quatre enfants. Après avoir travaillé quelques
années dans la mécanique, il monte un restaurant rapide, Saveurs d'Orient,
en plein centre des Abrets. Il uvre, avec succès, pour l'ouverture d'une
mosquée dans la ville voisine de Pont-de-Beauvoisin. Afif organise des
activités pour intégrer les jeunes, comme une sortie à EuroDisney. "On
fait la police chez nous mieux que la police", ironise-t-il. Ce n'est pas
toujours du goût de tout le monde, notamment de jeunes, issus aussi de
l'immigration maghrébine, qui n'apprécient pas beaucoup d'être tancés pour
des cheveux teints en blond ou une boucle d'oreille ! Aux jeunes filles
qui risquent de se faire expulser pour le port du foulard au collège, il
explique : "Ton éducation est plus importante que ton foulard !"
Si sa grande sur, Imtinane, quitte rarement Dijon, Mouez, né en 1966,
est le voyageur de la famille. Après un DUT de statistiques à Grenoble, il
part trois ans en Angleterre pour un post-graduate en économie, passe une
année à Bordeaux, débute un doctorat à Grenoble avant de travailler cinq
ans en Espagne dans l'immobilier. Là, il rencontre une Néerlandaise, qu'il
épouse en 1998. Une fille, Ginger, naîtra de cette union cosmopolite.
Vivant actuellement entre Paris et Anvers, Mouez l'élégant gardera
toujours la nostalgie des Abrets. "C'est ma ville, tout simplement, là où
j'ai vécu une enfance heureuse. Si, plus tard, j'ai parfois eu maille à
partir avec des gens racistes, cela ne m'est jamais arrivé aux Abrets."
Très religieux durant ses premières années à l'université, Mouez est
toujours croyant mais plus pratiquant. Chez lui, on fête Noël et
l'Aïd.
"Je me sens à part de cette immigration qui pose problème" : Majda, né
aux Abrets en 1973, n'y va pas par quatre chemins. Bonne élève, déléguée
de classe, elle s'est toujours sentie "totalement intégrée dans la masse
d'enfants". "Il y avait bien sûr une césure entre l'école et la maison, où
la tradition a davantage pesé sur nous, les petites, que sur les aînés.
J'ai beaucoup pleuré quand je voyais mes copines aller en boîte et que
j'étais obligée de rester chez moi." Majda comprend alors que, pour elle,
"les études étaient le seul moyen d'être libres". Après un bac
scientifique, elle poursuit des études de droit et de sciences politiques
à Grenoble puis à Aix-en-Provence. "Des années formidables." Sa religion
lui crée-t-elle des difficultés ? "Non, c'est intérieur à moi. Je fais le
ramadan, mais la question du voile ne se pose pas." Majda, qui veut gagner
sa vie rapidement, passe le concours d'attachée territoriale et entre au
service juridique du conseil général de l'Isère. Elle vit à Voiron, une
ville de 20 000 habitants entre Grenoble et Les Abrets. "Juste ce qu'il
faut : ni trop près ni trop loin de la famille." Cette famille dont elle
parle encore avec un infini respect. "Je mène ma vie comme je l'entends
sans heurter les valeurs familiales, comme tout individu avec son libre
arbitre", explique Majda, qui évoque aussi ses "discussions
enrichissantes" avec Afif le religieux sur le statut des femmes dans la
religion. "Je le modère."
Majda, qui, comme toute sa famille, condamne évidemment le terrorisme,
n'a senti aucun changement à son égard depuis le 11 septembre. "Avec recul
et prudence", elle en a "encore plus discuté" avec ses amis. "On parle
surtout du problème israélo-palestinien." "J'ai une aversion pour le
racisme, mais j'en ai autant pour le communautarisme. Il y a bien sûr des
choses à régler dans la société française, mais je me sens éloignée de ces
jeunes que l'on dit perdus, mais qui n'ont pas mis beaucoup du leur pour
s'en sortir." "Je suis un enfant de l'Etat, dira encore Majda, j'ai
bénéficié de l'école publique, des bourses, et j'épouse aujourd'hui
totalement l'histoire française. Je dis naturellement et spontanément
"nous" quand je parle d'un point de l'histoire de France et j'interdis à
quiconque de me retirer ce droit." Elle décoiffe, Majda !
DANS cette histoire presque trop parfaite, il fallait une brisure. Ce
sera Salma, la plus jeune. Cette si jolie fille de vingt-six ans, pourtant
très brillante à l'école, a arrêté ses études à dix-huit ans, et souffre
depuis de troubles psychologiques qui l'empêchent de se réaliser. Elle en
parle avec une étonnante lucidité : "Je pense avoir mal supporté le choc
des cultures. Je voulais tout et tout de suite. Je savais bien pourtant
que seules les études me permettraient d'être libre, mais ma maladie ne
m'a pas permis de passer le bac. Depuis, je n'ai pas encore fait le deuil
de ces études envolées." D'une voix douce, elle met le doigt sur ses
contradictions, par exemple entre sa "rébellion" et la fierté d'avoir été
bien éduquée par ses parents. Elle reconnaît son manque de diplomatie,
voire d'hypocrisie, sa volonté de ne pas tricher. "Je n'ai pas su
concilier l'autorité de ma mère et les études pour prendre mon envol."
D'où sa révolte : "Sortir le soir, je ne voyais pas où était le mal !
Pourquoi me reprochait-on cela et pas à mes frères ?" La contradiction
s'est exacerbée lorsque Salma a rencontré un garçon non musulman. "Il
faudra peut-être que je choisisse : ma famille ou lui. Pour que tout soit
harmonieux autour de moi, j'aimerais qu'il se convertisse à l'islam. Mais
l'entreprise est difficile. En tout état de cause, je respecterai ma
famille. Pour rien au monde, je ne voudrais faire de mal à mes parents."
"Je me sens quand même musulmane, ajoute-t-elle, mais je veux prendre ce
qui me convient dans la culture tunisienne et la culture française. Si
j'ai des enfants, je les éduquerai d'une manière différente. J'aimerais
qu'ils croient en Dieu, sans plus."
Salma aura un très beau mot de conclusion : "Ma famille n'a pas le
droit à l'erreur." Pour cela, et pour tout le reste, on peut tirer un
grand coup de chapeau à "Papa Béchir" et "Maman Saïda".
José-Alain Fralon.
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Il est intéressant de noter les effets corrupteurs du pouvoir,
spécialement dans les sociétés ou tous les contre feux ont été liquidés
systématiquement. Prenez au hasard Ben Ali, arrivé au pouvoir par un
hasard insensé en 87, nous le voyons dans sa première allocution télévisée
gauche, encore anesthésié par la peur, relativement mince, traits tirés,
cheveux grisonnants et ivre de la Tunisie nouvelle et des lendemains
prometteurs qu'il annonce à un peuple naïvement ravi. Abolition de la
présidence à vie, interdiction de flagorner, plus de visas, plus de guerre
de sérail, de chasse aux sorcières, une transition vers la liberté
d'expression, la liberté de création voire la liberté de médisance bref
une démocratie que le peuple Tunisien mérite sans conteste. Le " putsch
" du 7 novembre fut donc plutôt bien accueilli par la majorité d'une
population trop heureuse de voir un mythe qui avait sombré dans
l'Elsheimer déposé délicatement et sans effusion, toujours inutile, de
sang. Ben Ali avait donc tous les atouts en main et surtout une certaine
légitimité et assise populaire à cette époque. Illustre inconnu, il
aurait été élu au suffrage universel sans conteste s'il avait eu la
délicate intelligence de prendre un risque calculé, il commence par rater
ce premier tournant important. Tous les espoirs furent placés en ce
monsieur, plutôt discret avec une vie familiale sans histoires,
n'affichant pas d'appartenance politique tranchée et modéré dans ses
propos (publics du moins) . 3 mandats plus tard et 20 kilos en plus,
cheveux gominés et noirs, divorcé et très mal remarié, à l'origine du
surpeuplement des prisons dans le pays du jasmin et de la liquidation en
bonne et due forme de la société civile tunisoise et tunisienne, " le
despotaillon " fait toujours et encore molester les représentants
d'Amnesty International et emprisonne à tours de bras ceux qui osent
protester. Comment en si peu de temps s'est il aliéné l'intelligentsia
Tunisoise et Tunisienne ? Comment a-t il isolé de la scène mondiale un
pays aussi prometteur ? Comment ce président plénipotentiaire, en charge
de tous les ministères, de toutes les mairies a méthodiquement liquidé la
critique, la créativité, le loisir et la vie sociale tout court au profit
de l'affairisme de bas étage ? Par la politique de le
terre brûlée ! 1 - L'intellectuel tunisien,
espèce en voie de disparition, avait toutes les raisons d'espérer une
ouverture à l'avènement du nouveau régime : cercle de putschistes jeunes
et issus de couches sociales non privilégiées, fermeture de la saison de
la chasse aux sorcières, déclarations promettant la démocratie,
l'ouverture, la liberté· Pacifiste à outrance le Tunisien, à plus forte
raison l'intellectuel, s'est déclaré satisfait de ce changement et l'a
acclamé. Pourtant, insidieusement, les choses tournent au vinaigre : un
article pourtant élogieux sur le despote paru sur JAM intitulé " Lazrag
Hjar El oued " l'énerve, dépité par l'étalement de son arbre généalogique
·qui le fait rougir, il fait retirer et mettre au pilon le magazine en
question. L'intellectuel s'improvise alors journaliste et s'adonne,
très peu, à la plume pamphlétaire, le seul journal, non encore totalement
noyauté par le régime, " Réalités " publie des embryons de protestations
sous forme d'appels au civisme. Las ! menaces ,suspensions ont vite fait
de l'amener au droit chemin de la langue de bois, puis de la
flagornerie. L'écrivain, rare, hésite entre le roman historique et
l'autobiographie essoufflée auto censurée et s'obligeant à ne jamais
évoquer le " Césarillon " national et la détresse intellectuelle dans
laquelle la Tunisie vit désormais. Ecuré, dans le besoin, de plus en
plus isolé dans une société ou le business prime avant tout, notre
intellectuel se retrouve en rase campagne ! Les alternatives sont alors
peu nombreuses : a. Le business : facilité si lien
de parenté même au dixième degré avec l'empereur. b. L'exil : encouragé, applaudi ! Nul besoin de cerveaux
véreux en Tunisie. c. La résistance : par l'écrit
( suicidaire), par la grève de la faim (hasardeuse), par la flagornerie à
outrance (trop subtile) d. La collaboration :
Adhérer au parti, comme les presque 2 millions de tunisiens, jackpot
social (naufrage intellectuel pour ceux qui justifient d'un reliquat de
conscience). e. L'attente d'un changement, qui
jamais ne surviendra par enchantement ou plutôt par
désenchantement. Pour ces raisons, et d'autres d'ailleurs le Benali est
devenu l'objet de l'opprobre de cette petite communauté qui n'avait pas
de grandes ambitions de contestation ou de résistance au demeurant juste
le SMIC en matière de liberté d'expression. 2 -
L'isolement de la Tunisie, résulte en partie de l'affairisme
mafieux que protège le premier homme de ce pays et de sa communication
lamentable en matière de politique étrangère, deux exemples pour illustrer
mes propos : a. L'affaire Moncef Ben Ali : Nous
nous sommes mis la France sur le dos pour faire échapper par la valise
diplomatique un homme accusé de trafic de drogue ! Qui dit mieux ? Pis
encore, la chaîne télévisée France 2, qui vaut ce qu'elle vaut, est
interdite d'émission pour propagation de nouvelles visant à
déstabiliser la Tunisie ! La guerre avec un pays ami commence et dure
jusqu'à ce jour : b. Depuis six mois la Tunisie
n'a pas d'ambassadeur à Paris !Mme Kéfi devait occuper ces fonctions mais
elle n'est toujours pas nommée. Qui a dit que nous avions besoin des
autres ? Un détail qui en dit long sur l'état de santé mentale de ce
régime qui confond prise en charge de l'avenir d'un pays et gestion d'une
PME ·très familiale : Un Président qui préside le conseil d'administration
de l'UTICA ! Imaginez Chirac présidant le CA du MEDEF !! Et encore,
Sellière n'est pas le gendre de Chirac. Quelle hérésie !! 3 - On a la désagréable sensation que l'objectif premier
est d'isoler les individus les uns des autres afin d'étouffer cette flamme
sacrée qu'est la créativité puis de mettre sous haute surveillance les
quelques activités sociales qui auraient survécu : a. Passons sur le centre culturel Sophonisbe fermé et sa
directrice mise à la retraite pour sédition, les auteurs tunisiens
interdits de publication et qui s'adressent à des maisons d'édition
Marocaines ! Les maisons d'édition qui se font redresser fiscalement pour
avoir oser dire que la tenaille était par trop serrée. Dans un pays ou
l'art se doit d'être critique pour aborder une renaissance trop attendue,
la littérature quand elle existe n'explore jamais le social ou alors avec
une neutralité extrême, le théâtre à force d'utiliser des métaphores est
devenu un domaine réservé à une poignée d'acteurs du milieu donc sans
aucun impact social. Nous permettons à Fellag de critiquer l'Algérie
sur nos planches, nous refusons ce même droit à nos propres concitoyens :
l'art de l'humiliation. Les centres d'intérêt communs, ciment
communautaire, sont donc laminés et l'individu se recroqueville de plus en
plus dans son petit monde et contribue au génocide de la pensée et de la
connaissance en Tunisie. b. La surveillance
classique à part les lignes téléphoniques (acquisition de matériel
traitant 22.000 communications/minute), Internet (Planet Tunisie est gérée
par ses proches), a pris une forme encore plus pernicieuse. En effet,
fort de ses innombrables adhérents, le RCD infiltre les quelques
associations qui luttent encore telle la ligue des droits de l'homme qui
n'est plus que l'ombre d'elle même voire un satellite, à l'insu de son
plein gré, du RCD. Le football ?Exutoire du public tenu en laisse ?
Qu'à cela ne tienne le gendre prendra les rênes du club le plus populaire,
histoire de museler le gradin. Je vais arrêter cette énumération
harassante, la question qui se pose aujourd'hui est : doit on laisser ce
monsieur présider aux destinées des Tunisiens encore ? Que peut on faire
pour l'en empêcher sans compter sur une aide extérieure ? La réponse à
la première question devrait faire l'unanimité, même les admirateurs les
plus fervents du B(a)nalisme ne sont plus dupes, ce monsieur doit quitter
l'arène du pouvoir. Il ne doit point le faire comme il a présidé c'est
à dire comme un voleur mais en mettant en place la structure qui doit
permettre sa destitution. En ré-ouvrant l'ère sociale de la
contestation et l'opposition, en finançant, par les deniers
du contribuable, les partis opposants et en mettant fin au feuilleton
Benali et les 400 voleurs. Le peuple Tunisien qui en a vu d'autres fera le
reste et ce ne sera pas une sinécure. Pourquoi le ferait il ? En
nous referant à l'histoire, nous constatons qu'aucun dictateur n'a réussi
à briser la volonté populaire, aucun. Voyez donc la Roumanie, la
Yougoslavie· Un vent de liberté souffle sur le monde, la Tunisie a
toujours été un pays d'avant garde pourquoi s'embarrasser d'un médiocre
tyran à la tête d'un pays à la civilisation pluri-millénaire
? Tunisiens, prenez votre avenir en main, nul ne le fera à votre place
! Il vous appartient de changer l'orientation de votre vie et de celle de
ce merveilleux pays otage, il suffit de si peu de
choses.
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