Proposition

Mettre à nu le benalisme

en mettant à l'avant des faits objectifs.

Afin de contribuer à mettre en exergue -et à nu- le bilan de 14 ans de benalisme fascisant, je propose d'examiner la possibilité d'ajouter une rubrique fixe à ce site qui puisse accueillir tout ce qui constitue des faits objectifs -donc incontestables- relatifs aux atteintes aux droits humains et à l'intégrité physique ou morale des personnes et notamment les faits suivants :

Un disparu à jamais : Kamel Matamati

- Les assassinats et meurtres sous torture par le fait de la police politique du général.
- Je propose que les photos de ces morts soient affichées afin que les tunisiens et tout ceux qui s'intéressent au drame tunisien puissent mettre des noms sur des photos.
- La liste exhaustive des prisonniers politiques -islamistes ou de gauche ou autre- et la date -et le nombre- de leur arrestation, accompagnée de leurs photos.
- Tous les cas de personnes torturées et notamment ceux qui gardent encore des séquelles physiques ou/et psychiques et la liste de leurs tortionnaires et - si c'est possible- la photo de ces deniers.
- La description détaillé et exhaustive -à travers les témoignages et les différents rapports- de la technique de torture utilisée par la police du général et les lieux exacts aménagés à ce effet.
- La liste noire des procureurs, des magistrats, des médecins légistes, des médecins qui ont eu à connaître d'affaires de mort d'hommes sous torture, d'aveux recueillis sous torture ou de torture de détenus politiques ou de détenus de droit commun et qui ont failli à leur obligations professionnelles et à leur déontologie en couvrant ces atteintes à l'intégrité physique des personnes détenus.
- Tous les cas de personnes expulsées sans motif de leurs travail.
- Toute personne interdite de passeport, de travail dans le public ou le privé et qui est obligé d'aller pointer au poste de police indéfiniment.
- Tout les cas de vol ou de détérioration de biens privés opérés par la police politique du général dans le cadre d'un règlement de compte politique.
- Tous les cas d'abus de pouvoir-avérés- et d'enrichissement illégitime de la part de le famille du général et de celle de sa femme.
Il ne m'échappe pas qu'une partie du contenu de ma proposition est déjà contenue dans des rapports de certaines organisations et organismes de défense des droits de l'homme. Mon idée consiste à initier un travail documentaire collectif qui se fonde sur la recherche de faits bruts détachés de tout commentaire ou interprétation partisane.
Dégager ces faits objectifs -d'une façon exhaustive- aidera à :
- Montrer le désastre humain qu'à été le Benalisme, depuis ses premières heures.
- Inscrire toutes les victimes du Benalisme dans la mémoire nationale, ce qui commence nécessairement par un travail "d'inventaire" et de documentation.
- Le rassemblement des faits de torture et d'exactions établis et avérés permettra de constituer des éléments qui pourront être ajoutés aux dossiers lourds des tortionnaires aux fins d'un éventuel futur procès-en Tunisie ou ailleurs-pour meurtre, atteinte à intégrité physique, non assistance à personne en danger et -pour le premier responsable du système tortionnaire- pour crimes contre l'humanité, à l'instar de Pinochet.
-Une telle démarche, par sa facilité, pourrait aider à délier les langues de certains et à faire connaître ,même partiellement, les cas de morts sous torture et les cas de torture qui n'ont été porté à la connaissance de personne.

Je me permet de soumettre cette idée -et sa faisabilité- à la discussion des responsables du site et aux amis du forum.

Un tunisien de l'intérieur

Réaction à chaud
Excellente idée

Ca va faire un sacré boulot.
Je pense qu'un tel travail a été, dans les grandes lignes, fait par des militants exilés mais pas sur internet. Oui. Je crois que ce serait une bonne chose de publier les photos des Abdelkrim Harouni, Hammadi Jebali, Dr Chokri Zoghlami, Dr Ahmed Labiadh et compagnie ainsi que celles des martyrs, assassinés par les sbires du pouvoir... Et puis, ne dérogeons pas à notre culture profonde : nous sommes un peuple " F'dhaihi "
Allons-y alors!

Decepticus

Source : Forum .
Kamel Jendoubi avait raison !



Tunis, mercredi 14 novembre 2001 .
InterMet ou intenet ?

Le régime de ZABA n'a aucune intention de finir avec sa politique des punitions collectives, un internaute tunisien commet un crime de lèse-majesté et c'est tout le monde qui paye, ça peut arriver à n'importe quel fournisseur d'adresses mail ou d'hébergement de forums ou de sites. Bill Gates propriétaire de Hotmail qui n'a perdu aucun procès aux USA se fait avoir en Tunisie par une new bee nommée Férial Béji fraîchement débarquée chez la risée de tous les webnautes tunisiens, l'agence tunisienne de l'internet, c'est du jamais vu !!! Sauf si vous êtes épaulé et dopé par un président qui s'amuse comme un aliéné à sous estimer les capacités intellectuelles de ses protégés. Dans un pays qui quémande les investisseurs étrangers pour qu'ils daignent s'installer chez lui, ZABA et ses acolytes de l' ATI usent de tous leurs moyens pour que les multinationales de la technologie boudent notre pauvre pays et ses misérables pôles technologiques qui ne produisent durant une année entière que quelques cédéroms qui vantent les vertus de l'artisan du changement à l'occasion de la commémoration du 7 novembre. Alors que le chômage s'accote en quantité et en qualité et que même les informaticiens qualifiés trouvent du mal à intégrer l'appareil productif , ZABA s'en fout et censure pêle-mêle Microsoft (Hotmail), France Télécom (Voilà), Yahoo! (Geocities) … La liste est tellement longue qu'elle doit être hébergée quelque part sur internet, avec ou sans votre permission j'ai déjà choisis le nom du site et même son extension :

www.internetunisie.con

ettounsi n'est plus @hotmail.com !
mohseni_loumumba@hotmail.com aussi !



De la part de la liste de diffusion : Tunisie2000@yahoogroupes.fr .
Référendum en Tunisie


Déploiement massif des forces de l'ordre

Les autorités tunisiennes ont déployé dimanche un impressionnant dispositif de sécurité pour assurer l'organisation du référendum sur la prolongation du mandat présidentiel, que l'opposition a boycotté et jugé "totalement frauduleux". Les opérations de vote avaient commencé vers 08H00 locales (même heure GMT), pour un référendum destiné à permettre au président Ben Ali de briguer un quatrième mandat, prolongé de cinq à sept ans. L'opposition appelait à boycotter ce vote, qu'elle a qualifié de "mascarade" destinée à instaurer la "présidence à vie". A la fermeture des bureaux de vote, à 18H00, aucun incident ni manifestation n'avait été signalé, tant à Tunis qu'à l'intérieur du pays, a assuré le ministre de la sécurité, Mohamed Ali Guenzoui. Selon lui, la participation a été "élevée", le vote "transparent, crédible et organisé dans les meilleures conditions". Pendant une dizaine de jours, des heurts avaient opposé à plusieurs reprises les forces de l'ordre aux militants de l'opposition. Mais la situation s'était calmée dans le courant de cette semaine, le renforcement des mesures de sécurité ayant semble-t-il stoppé toute velléité de contestation.

A Tunis, Nabeul (est), Kairouan (centre), ou Bizerte (nord), les habitants faisaient état dimanche d'une très forte présence des forces de l'ordre et de villes extrêmement calmes: par mesure de sécurité, le gouvernement avait interdit toute circulation de 06H00 à 19H00, sur tout le territoire, sauf pour les véhicules d'urgence et ceux munis de laissez-passer. Les échoppes, marchés et magasins de la capitale étaient presque tous fermés. Policiers, gendarmes et militaires étaient présents dans les rues, aux carrefours et dans les écoles utilisées comme centres de vote, a constaté l'AFP. On n'a pas vu de longues files d'attente devant les bureaux. Mais les électeurs ont cependant voté, en particulier dans les quartiers réputés favorables au président Ben Ali, issu de Hammam Sousse (environ 1,5% de la population).

Moncef Marzouki, porte-parole de la coordination de l'opposition démocratique (CODEM), qui a mené campagne contre la "présidence à vie", a estimé que le mot d'ordre de boycott lancé par l'opposition avait été suivi. Mais il a souligné que cela ne se traduirait pas dans les résultats officiels de ce scrutin à l'issue "fabriquée de toutes pièces". "On aura 98% de oui et au moins 80% de participation", a-t-il ironisé. Le référendum vise à prolonger de cinq à sept ans le mandat du président, sans limite d'âge pour son titulaire (contre 70 ans actuellement) et sans limitation du nombre de mandats (fixé jusqu'alors à trois maximum). Le général Ben Ali, 64 ans, porté au pouvoir par un coup d'Etat en 1987, avait remporté la première présidentielle de 1989, puis celle de 1994 et 1999, selon l'actuelle constitution, aurait dû céder la place en 2004. "Le référendum c'est bien, on est content, car le président est bon", a estimé un mécanicien interrogé dans le quartier de Hammam Lif, dans la banlieue de Tunis.

Sur les tables, dans les bureaux où n'était présent aucun représentant de l'opposition ni observateur étranger, étaient disposés deux tas de bulletins, de couleur blanche pour le "oui", de couleur rouge pour le "non", ainsi que des enveloppes blanches au travers desquelles on pouvait deviner le choix des votants. Dans certains bureaux, les équipes de scrutateurs ne semblaient pas maîtriser toutes les procédures du vote, d'ailleurs différentes selon les endroits. Certains bureaux étaient dotés d'encre indélébile, d'autres de poinçonneuses destinées à perforer les cartes d'électeurs. Certains votants avaient plusieurs cartes et disaient avoir des "procurations", pour voter à la place de gens qui n'avaient pas pu venir. Environ quatre millions d'électeurs tunisiens étaient inscrits pour ce référendum, dont l'issue ne fait aucun doute mais dont les résultats officiels ne seront pas publiés avant lundi soir.

De notre envoyé vers le futur : Omar Khayyâm.

 


Soirée football

Il y a quelques jours, Slim chiboub a ouvert le bal de la campagne "spontanée" des associations sportives tunisiennes "œuvrant" pour le soutien de la candidature de l'actuel président de la république aux élections de 2004. Son discours a été reproduit par tous les quotidiens de la place. Il était simple et se basait essentiellement sur la règle d'or du football "On ne change pas une équipe qui gagne" (Il n'a pas parlé de politique même s'il a évoqué monsieur Jacques Delors. Il a justifié le soutien de la famille espérantiste et sportive au Président, par les résultats et infrastructures sportifs exceptionnels réalisés depuis 1987).

Le 11 novembre 2001 au soir, l'animateur de Dimanche Sport, Razi Ganzouï (par ailleurs, fils du tristement célèbre Mohamed Ali Ganzouï) , a invité, le nouveau président de la fédération tunisienne de foot, Me Belhacen El Fékih (auteur lui même d'un appel à la candidature du président; lire "Réalités" du 11 octobre) désigné par le président de la république à ce poste depuis seulement quelques heures.

Ont également été invités à ce débat trois " présidents " de certains grands clubs tunisiens : Chiboub ( EST, Tunis ), Jnaieh ( ESS, Sousse ) et Abdennadher (CSS, Sfax ).

Le débat, très ouvert a révélé de " vrais acteurs politiques " conscients de leurs poids et de leurs limites.

Autant cette émission a donné la preuve de l'omniprésence de monsieur Chiboub, autant elle a démontré l'improvisation des autorités et l'absence d'une politique footbalistique.

Le débat a été "politisé" dès la première question du jeune animateur qui demande à Chiboub "Double qualification à la coupe d' Afrique et à la coupe du monde ainsi qu'une médaille d'or au jeux méditerranéens… Pourquoi changer le président (de la fédération) alors qu'on ne change pas une équipe qui gagne ?"

Chiboub répond " abstraction faite des résultats, il y a des règles à respecter. En outre, la majorité était contre certains anciens responsables et le vote les a sanctionné ".
Jnaieh fait un peu mieux en allant jusqu'à dire que "les responsables, une fois élus s'approprient tous les résultats positifs or c'est nous ( les clubs) qui sommes à l'origine de ces résultats. Donc, on peut changer un bureau qui fait des bons résultats pour faire encore mieux et par respect aux règles, mais ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi, avec le nouveau sélectionneur, parle-on dès maintenant de 2004. C'est vraiment loin et il aurait fallu attendre les résultats des deux compétitions de 2002 " question pertinente mais personne ne répond. C'est l'animateur qui va donner sa réponse!

Le nouveau patron du foot tunisien, monsieur Belhacen El Fékih (président du COT ), après avoir remercié le Président de la république pour la confiance qu'il a mise en sa personne en le désignant pour ce poste et après avoir avoué qu'il n'était pas préparé et qu'il ne pouvait pas avoir de programme puisqu'il a appris sa nomination il y a seulement 5 h, commet sa première " faute "...

Prenant la défense de l'ancien président de la Fédération de Football concernant le feuilleton de la recherche d'un entraîneur pour l'équipe nationale, il précise que monsieur Sancho ne travaillait pas seul et qu'il était assisté dans cette tâche par plusieurs responsables dont notamment Slim Chiboub.

" Faux " répond Si Slim " je n'ai aucune responsabilité dans ce dossier, j'ai seulement répondu une seule fois à une demande d'information faite par le ministre lui même concernant l'ancienne piste roumaine…"

El Fékih persiste et signe " j'ai des preuves concernant votre participation même dans le dossier d' Henri Michel …et ce dont on a besoin c'est de créer des structures spécialisées pour qu'il n'y ait plus de recours à l'aide de Si Slim dans ce genre de questions ".

Et la polémique de commencer.

Chiboub, déjà perturbé par la défaite de son équipe contre le CAB, précise que " non c'est faux, j'ai seulement fais des interventions auprès de la FIFA pour éviter qu' Henri ne se retrouve dans l'obligation de payer des dommages-intérêts à son ancienne équipe …et de toute façon on m'attribue la responsabilité de beaucoup de choses et on dit que j'étais derrière la venue de Scoglio et de krawtzen et maintenant…".

El Fékih termine la phrase en souriant "donc on ne fait que compléter la liste en parlant Henri Michel ! ".

Un peu plus tard, Chiboub révèle que des preuves concrètes concernant 4 ou 5 affaires de corruption ont été ignorées par l'ancien bureau… et il prétend qu'il y a toujours des interventions et des enjeux extra-sportifs et trouve normal que les relations entre les grands clubs soient tendues car ils ont une obligation de résultat.

Jnaieh passe à l'attaque et déclare qu' " on est dans le domaine sportif à ma connaissance, je déclare et tout le monde sait que je n'ai aucune ambition extra-sportive et le jour où je quitterai le foot, personne n'entendra parler de moi. C'est clair je sais ce que je veux... et concernant la relation entre les clubs, on est dans le domaine du sport il faut le rappeler pour apprendre à accepter l'échec, ce que je conteste c'est le non respect des règles du jeu et cela n'a rien avoir avec la pression des résultats".

Abdennadher ajoute que " le seul problème est que les lois ne sont pas respectées ".

Chiboub se trouve en manque d'arguments, coincé à plusieurs reprises, il répète lamentablement " je ne suis pas d'accord " et c'est l'animateur qui l'aide à passer à autre chose.

Conclusion : Excellente soirée politique avec les responsables du foot tunisien.

Fadhel Sassi

 
Rapports de Proxy !


Prélude :

La censure qui touche les sites tunisiens libres s'est intensifiée depuis le quatorzième anniversaire du changement, inutile de rappeler que chaque année ce changement est un nivellement par le bas, vers le pire et l'absurde ! Mais plus les vendettas sont fortes et plus la félicité procurée par le décryptage des communiqués de l'opposition et la fréquentation des forums est majeure, ouvrir sa boite mail et lire ce qui reste de ses messages est devenu un exploit considérable en ce début du troisième millénaire, c'est un événement qu'on fête entouré de sa famille et ses proches comme si on a eu un bac lettres mention très bien !!!
Cette scansion de la censure à travers la périlleuse Agence Tunisienne de L'Internet - A.T.I. - ne fait que persifler, si besoin est, l'artisan du changement devant les webnautes du monde entier. Le tour de force a été préparé et médité en collaboration étroite avec les services d'un Etat peu soucieux en ce moment des libertés de ses citoyens depuis le 11 septembre 2001, pire encore cette même A.T.I. a lancé une campagne publicitaire sur la chaîne de télé TV 7 qui encense les mérites de l'internet peu avant sa razzia virtuelle contre tout ce qui rime avec liberté d'expression et droit à la dissimilitude.

Un Etat moyenâgeux qui surfe !

Semer la zizanie entre les composantes de l'opposition tunisienne, encourager les luttes intestines, pêcher dans les eaux troubles de la vie politique et économique et surtout gagner du temps sont sans doute les points forts du ministère de l'ombre qui dirige avec brio la cellule d'écoute et de suivi érigée par l'éminence grise du palais de Carthage Abdelwahab Abdallah (© Omar Khayyâm), un Edgar Hoover à la tunisienne. Un des reporters de TUNeZINE, à qui touche toujours le sale boulot contrairement à son collègue fortuné Omar Khayyâm qui se la coule douce entre restaurants parisiens et palais présidentiels, a été invité d'urgence à passer les festivités du 7 novembre au fief de cette cellule qu'est la célèbre caserne El-Aouina suite à l'énième interception d'une de ses communications téléphoniques où il déclare : " ZABA andou El-Aouina wikhabbi aalina ".

Dans ce jardin top secret de ZABA on peut rencontrer pêle-mêle Mo-Hamlet Allez GUNSouii, Municef Goujat, SLEHeddine Malawi, Abelgazouz Jerida… la salle des opérations n'a rien a envier à la Silicon Valley ni au salon Comdex on y trouve de tout : écrans plat tunisien, ordinateurs potables, Anthrax, caméras ouistiti, microphones subaquatiques, climatiseurs subsahariens équipés de webcams, personnel infrarouge la nuit et ultraviolet le jour, têtes de nœuds bande C et bande Q, paraboles chimiques, portraits dadaïstes du président, tubes néants, des bâtons et une carotte… Ce jour là Abelgazouz Jerida le scénariste de la République accompagné de l'homonyme du réalisateur Ali Mansour sont en plein tournage d'un film intitulé : " L'insoutenable légèreté de l'être II " le tournage se déroule dans une pièce mal éclairé avec un décor très indigent : un écritoire, deux chaises et une affiche clouée au mur qui ressemble de loin à la déclaration universelle des droits de l'homme, il ne manque que le portrait de ZABA et on se croirait au bureau du chef de poste de la police de la médina, Abelgazouz appelle les acteurs : " Sonia, Khamis venez tout de suite ici, on va commencer le tournage".
Mauvaise surprise la fille qui doit jouer le rôle de Sonia est absente, sans montrer le moindre signe d'émoi Ali Mansour se dirige vers Goujat et lui dit : " L'autre fois c'est Abelgazouz qui a joué le rôle du Cheikh Mourou dans la scène hard de l'autre film quand Sheila était absent, maintenant c'est ton tour, de toute façon tu ne peut pas refuser car c'est ton dos qu'on va filmer pas ta tête bande Q" Au lieu de protester Goujat court vite au vestiaire !!!
Cinq minutes plus tard Goujat se métamorphose en une pute romaine digne d'un chef d'œuvre fellinien, l'autre acteur le dénommé Khamis, qui s'est avéré par la suite le tristement célèbre bourreau des défenseurs des droits de l'homme Abderrahman Guesmi dit Bokassa, n'attend même pas le début du tournage et saute comme un obsédé sexuel sur le dos de sa victime et… malgré toutes mes tentatives auprès de la rédaction de TUNeZINE pour vous relater la suite des évènements le niet a été catégorique !!!

Le service d'accueil me déracine du plateau de tournage vers une salle bourrée d'ordinateurs Pentium 7, des sous officiers skinheads surfent sur la v@gue comme dans un Publinet de quartier, le gérant de la boite se dirige vers nous : " C'est un Flicnet ici, j'aime beaucoup cette définition du professeur Marzouki, les internautes sont tous majeurs de promotion issus des meilleures écoles informatiques du monde rien n'échappe à leurs yeux attentifs " Pétrifié par cette perte humaine et intellectuelle inestimable je m'adresse au chef de ce département pitoyable : " Mais votre service n'assure aucune valeur ajoutée !? " Souriant le bonhomme me répond : " 5 ans de plus c'est ça notre valeur ajoutée, on est au service de ZABA pas au service de la technologie ni la science non plus" Avant de prendre congé de mon interlocuteur je lui pose une dernière question " Mais quel est au juste le rôle de STERPH-Charguia ? Comment fait elle pour se connecter aux sites censurés sans utiliser de proxies ?" Gêné l'homme me répond " C'est une société très anonyme et STERPH-Charguia c'est son nickname, comme les Boutmira, Rezgoun, F'touh, Tounes El Hourra et j'en passe, un jour ou l'autre on s'occupera de leurs sorts, ils payeront cher leur militantisme pour les DDH"

Constatant ma répugnance et mon dégoût de ces têtes faites pour penser… (© Decepticus) mes hôtes m'invitent au joyau du complexe la salle Big Brother, des caméras pas très laïques sont braqués sur les points chauds de l'opposition et surtout ceux des opposants !
" Merde, c'est le professeur Moncef Marzouki dans son lit !!! " Constatant ma stupéfaction le chef des voyeurs me dit : " Ce chômeur vient de jeter son poste de télé par la fenêtre juste après avoir vu le discours présidentiel, il n'est pas en train de lire le livre il le dévore c'est son troisième ce soir, notre souci majeur est de feuilleter dans un futur proche sa pensée" Sur l'écran jouxtant celui de Marzouki un femme fatiguée mais lucide essaye de faire endormir son rejeton qui garde entre ses bras une cassette VHS, l'émotion est à son comble une larme échappe de l'œil attentif du subordonné mais il se récupère vite : " Que Dieu l'emporte ce Ben Ali, je ne supporte pas cet écran, contempler le bambin de Hamma Hammami qui croit que son géniteur habite une cassette vidéo est un calvaire pour nous tous sans parler de cette brave femme Radhia Nasraoui qu'on harcèle sans cesse, elle mérite mieux la pauvre"

L'écran suivant est tout noir ! le voyeur de service m'explique que c'est la maison d'un opposant au régime qui n'a pas de quoi payer sa facture STEG.
ettounsi : " Alors comment vous faites pour savoir s'il est chez lui ? "
le voyeur : " Ce n'est pas difficile, tout les quinze minutes il allume une cigarette Cristal, comme ça on arrive à distinguer son visage ! "
- Là bas aussi, il y a un écran tout sombre c'est réservé à qui ?
- C'est la chatte d'une opposante au régime, une vraie pétroleuse.
- Mais en quoi ça vous concerne ? Vous n'êtes pas Gynéco par hasard ?
C'est à ce moment là qu'une chatte, une vraie quoi, dégage la vue, la pétroleuse quant a elle est en plein sommeil. De l'autre côté de la salle un 16/9 caché aux yeux indiscrets montre en direct une femme aux bords d'une crise de nerfs, cet écran est scruté uniquement par le chef qui s'adresse à moi l'air moqueur : " C'est parce que je le vaut bien, le président ne fait confiance qu'en moi pour surveiller son adorable moitié, elle est privée de Gin et de cannabis depuis deux jours car elle doit assister à une réunion de blablabla au Caire, l'image de marque de la Tunisie de Ben Ali est en jeu, n'est ce pas ? "
Les balivernes de ZABA & co c'est pas mon truc, Omar Khayyâm qui mène une dolce vita en ce moment au dépends de ses amis anonymes, payerait un oeil pour contempler l'écran suivant, ce dernier est réservé à l'éblouissante Sihem mais comme la malchance me poursuit là où je vais, en bas de l'écran c'est écrit " En tournée ". La lucarne de TBB quant à elle est en morceaux, c'est ZABA en personne qui l'a cassé, le septième voyeur m'a attesté en privé que le président n'apprécie pas du tout l'humour noir du Cobra.

IL est minuit, un traiteur du lac vient livrer aux piquets de la patrie la dernière collation, tout le monde se sied autour d'une table qui mesure au moins 7 mètres, Municef se charge de la distribution des mets :
Deux pizzas aux fruits secs (Aphrodisiaque) pour Bokassa, un leblebi au caviar et deux Schweeps tonic pour Abelgazouz Jerida, un plat de boulets farcis pour GUNSouii, une Tastira au cerveau pour l'éminence grise du palais, des œillets pimentés pour les voyeurs… Le Goujat quant lui n'avait pas d'appétit, il s'est contenté de quelques pots de vin !
Bokassa s'adresse à GUNSouii " Dis à Razi que j'ai besoin d'une casette de Dimanche Sport, des Talibans clubistes refusent d'avouer leur appartenance à la Qaida, s'ils regardent ton fils cinq minutes l'affaire sera réglée illico presto " Tout le monde éclate de rire sauf Gouja qui proteste " On ne change pas une équipe qui gagne, avant c'était mon éditorial lu à haute voix qui réglait l'affaire, Razi est encore jeune pour jouer ce rôle"

Une visite inopinée de plus !

Une ambiance bon enfant régnait à la caserne quand brusquement ZABA fait son apparition, les piquets se mettent en file indienne et commencent à scander l'hymne national. Agacé ZABA s'adresse à ses sbires : " Têtes de nœuds, c'est pas le moment maintenant ! " Goujat se dédicace alors à son patron : " On les a eu ses anonymes de merde, la patronne de l'agence Internet vient de me confirmer que la connexion est verrouillée grâce à l'aide exquise (© Frihet Vannër) de nos amis de la CIA " Gdoura fait encore mieux " Patron, on a réussi à mettre le téléphone de Chokri Hamrouni, le porte parole du CPR qui réside en France, sur écoute et on a mit cinq grammes de plastique à l'intérieur du cellulaire de Ghannouchi "
ZABA abasourdi " Alors on va lui faire peler la gueule ce barbu, mais dis moi qui t'as fournit le plastique ? " Gdoura répond " L'idée est de Bokassa et Mloukhia, ils ont recyclé une bouteille de Fanta vide " ZABA n'arrive pas à croire ses oreilles, fou de rage il tire son Uzi et vide sa cargaison sur Gdoura qui tombe par terre mais reste en vie, son gilet pare balle tient le coup. Pris par la panique je m'adresse à son altesse royale " Mais vous êtes dingue ou quoi, vous tirez sur un homme désarmé à bout portant devant notre ministre des droits de l'homme et des relations avec la chambre des députés ? " ZABA m'interrompt " Et de quoi tu te mêles connard ? mais qui es tu avant tout et qu 'est ce que tu fait ici ? " Affolé devant tant de hargne je répond sans penser " Je suis un collègue de Omar Khayyâm, il veut une autre entrevue si vous avez un peu de temps libre " ZABA essaye de se remémorer mais il ne se souvient pas (Heureusement pour moi) de l'intervieweur vedette de TUNeZINE, " Omar…, Omar… c'est pas un de nos pros chez Kaiser Slautern ? " Je répond vite " C'est bien lui, il joue actuellement chez les Cosmos de Massachusetts".

ZABA m'invite à prendre un verre, apparemment le foot c'est pas son point fort, entre temps il me révèle qu'il n'arrive pas encore à trouver une parade pour garder le trône " L'article 39 est mon cheval de Troie, pourquoi les tunisiens ne me laissent pas terminer mes jours en paix ?" Imprégné par la tristesse et le double Whisky sec de ce vieux baroudeur je me met à réfléchir, une minute plus tard je bondis de ma ottomane " Euréka ! j'ai trouvé la solution " ZABA tombe à genoux " Vite donne la moi et tu sera nommé PDG du 26-26 dés demain matin et président à vie de l' Espérance" Excité par la bienveillance présidentielle, j'éjacule ma trouvaille " Changes de sexe et de prénom et tu auras trois mandats supplémentaires, aucun article de la constitution ne pourra t'empêcher de jouir de ce privilège, n'est ce pas Zinet el Azifet Ben Alya ? "

To be continued… ettounsi

 
Omar Khayyam méne sa dolce vita


Interview exclusive
Tahar Boukhobza
Candidat à la présidentielle 2004

" Khbibiza we dbibiza "

Peu de Tunisiens savent qu'une seule cellule du RCD s'est toujours refusée à envoyer un télégramme de soutien à la candidature de Ben Ali. Il s'agit de la cellule de Mornag. Cette cellule est dirigée par un énergique président qui s'appelle Tahar Boukhobza, le seul destourien plus ou moins fréquentable. Il est un homme élégant qui peut faire tourner la tête aux femmes. Il doit avoir la quarantaine. Son langage est franc et direct. Il est l'un des rares RCDistes qui disent leur mot haut et fort. Je le remercie au nom des lecteurs de Tunezine d'avoir sacrifié une heure entière de son temps précieux. Le calendrier de M. Boukhobza est trop chargé ces derniers temps, car il est sollicité par tous les médias locaux et internationaux. Il est le seul concurrent de Ben Ali issu du RCD.

OK : Bonjour M. Boukhobza
T.B. : Wa aleykoum essalam !

OK : La cellule de Mornag a brillé par son absence pendant ce carnaval pré-électoral qui fait vibrer la Tunisie tout entière ?
TB : Il fait même vibrer la terre ! ( M. Boukhobza fait allusion à la dernière secousse tellurique enregistrée en Tunisie)

OK : Pouvez-vous expliquer ce silence ?
TB : Les habitants de Mornag ne peuvent pas appuyer la candidature de Ben Ali tant que Boukhobza est en vie. Je suis moi-même candidat a la prochaine présidentielle.

OK : Mais peu de Tunisiens ont entendu parler de vous ?
TB : Tu te trompes. Les Tunisiens sont plus khobzistes que tu le penses !

OK : Vous avez au moins un programme électoral à proposer aux Tunisiens?
TB : J'aime pas ces mots-bidons : Programme électoral, choix d'avenir etc. Ben Ali parle un langage trop compliqué pour nos petites têtes. Il parle comme un philosophe : Droits de l'homme, multipartisme, Etat de droit et des institutions. Tout ça j'y pige rien. Nos vieux appelaient ça langage " fok'hi ". Moi je vais parler aux Tunisiens de choses simples. En plus, je ne vais pas casser leurs têtes par des discours d'une heure ou deux. Je résume les droits fondamentaux des Tunisiens à deux droits essentiels : " khbiza we dbibza " et basta !

OK : pas de kemia ?
TB : Voilà une idée brillante que je vais ajouter aux slogans de ma campagne électorale !

OK : N'avez-vous pas peur de la réaction de Carthage à votre acte de défi, surtout que vous êtes président d'une cellule destourienne ?
TB : Nous les gens de Mornag, nous n'avons peur de rien. S'il veut m'emprisonner, la prison est faite pour les vrais hommes.

OK : A part son langage trop philosophique, que reprochez-vous encore à Ben Ali ?
TB : Il est un traître !

OK : Comment ?
TB : Oui, il ne boit que du Whisky et délaisse nos vins nationaux dont nous sommes tellement fiers ici à Mornag. Tu sais que la Tunisie ne produit pas de Whisky.

OK : Vous avez raison c'est un acte de haute trahison, il doit être jugé par la Haute Cour.
TB : Haute Cour, basse-court j'y pige rien. Tout ce que je sais " y'en a marre ! " Il nous fait gonfler les ********" (censuré par la rédaction)

OK : Mais toutes les bases du RCD ont voté Ben Ali ?
TB : Je ne connais que base du Promosport. Pourquoi tout ce théâtre ? Ce flic n'a qu'à le dire en deux mots : " Je veux rester " et tout le monde pigera.

OK : Ah ! Si tous les hommes politiques avaient votre franchise votre liberté de ton. Si vous quittez le RCD et créez le Parti Khobziste tunisien, je n'hésiterai pas une seule seconde avant de voter pour vous. Votre place est à Carthage.
TB : Non. Même président, je resterais ici à Mornag. Je vais ouvrir le Palais de Carthage pour les visiteurs tunisiens et les touristes, avec un ticket d'entrée de 1 dinar, L'Etat peut gagner beaucoup d'argent.

OK : Et que pensez-vous du terrorisme mondial ?
TB : Le vrai terrorisme c'est de trop taxer le vin et la bière et d'interdire le hasch. Il faut laisser les gens s'amuser. Y a déjà trop de guigne dans le pays.

OK : Avec Boukhobza Président la Tunisie va chanter et danser ! C'est cool ça !
TB : J'ai oublié aut'chose. Y a trop de flics dans le pays, les flics en trop je vais les envoyer au sud pour lutter contre le désert.

OK : Vous êtes, vraiment, un homme politique très séduisant M. Boukhobza. Je deviens, peu a peu, khobziste contre ma volonté.
Bonne chance M. Le Président !

Omar Khayyam. Mercredi 7 novembre 2001 .