Droit de réponse de Tunisie-Soir


TUNeZINE : Nous avons publié un article au numèro 54 concernant notre lecture de l'éditorial du numèro 7 de Tunisie-Soir. La rédaction de Tunisie-Soir nous a envoyé son droit de réponse que nous publions suivant les lois et us de l'opposition tunisienne qui n'ont rien à voir avec les lois appliquées en Tunisie. Ce droit de réponse est ainsi publié en début de notre e-zine exactement comme notre lecture, en intégralité et sans commentaires !

Quand TUNeZINE se trompe de combat et d'ennemis !!
Droit de Réponse à TUNeZINE par Sami BEN ABDALLAH de Tunisie-Soir

Dans le numero 54 de TUNeZINE, j'ai pu lire comme d'autres lecteurs des commentaires à sens unique de la part de la Rédaction de l'E-magasine TUNeZINE. Des propos qui invitent à la réflexion quant aux motivations qui ont animé la Rédaction de TUNeZINE avec qui j'ai eu auparavant des échanges de mails amicaux et qui paraît-il, voudrait faire- à tout prix- une polémique qui n'a ni tête ni queue.
Selon la Rédaction de TUNeZINE, les animateurs de L'E-magasine Tunisie-Soir

« se désintéressent de la damnation qui frappe de plein fouet les autres sites tunisiens, se réjouissent du calvaire des autres et en proférant des menaces gratuites pour arrêter des tunisiens qui ont décidé de s'exprimer en utilisant le seul moyen encore disponible, malgré toute la censure » avant de conclure « ce n'est pas votre alliée de fortune - la censure - qui va nous empêcher de nous exprimer ! ».

Des accusations d'une gravité telle, que je ne peux m'empêcher de rappeler à la Rédaction de TUNeZINE les faits suivants :

1-Le numéro de Tunisie-Soir qui contient le texte sur lequel s'est fondé TUNeZINE

( Ne plus se taire la liberté est à ce prix, Merci Mr le Président, Merci Ben Ali) est paru le 5 Novembre 2001, certaines Rubriques ont été réactualisé le 8 Novembre mais le texte en question est demeuré inchangé. Il se trouve que depuis le 7 Novembre 2001, les serveurs Hotmail.com et excite.fr sont censurés en Tunisie chose que Tunisie-Soir a signalé en critiquant avec virulence les méthodes de l'Agence Tunisienne d'Internet( Il suffisait que les animateurs de TUNeZINE lisent les articles, « L'Agence Tunisienne d'Internet face à la rage des Internautes Tunisiens » « Internet en Tunisie.. On censure, tais-toi ! » et « Les Illusions et les désillusions d'Internet en Tunisie » parus dans le septième numéro pour s'en rendre compte !!). Mais supposons que les animateurs de TUNeZINE ne les ont pas lu, comment ne précisent-ils pas que le texte en question fut publié le 5 Novembre alors que leur « commentaire-accusation » a été publié le 22 Novembre ! ce qui voudrait dire que TUNeZINE accuse Tunisie-Soir le 22 Novembre d'une censure qui est survenue le 7 Novembre en se fondant sur un texte publié à Tunisie-Soir bien avant donnant l'impression ainsi que Tunisie-Soir cautionne cette censure !! Est ce de la machination délibérée ?

2- Évoquant « la damnation qui frappe de plein fouet les autres sites tunisiens» TUNeZINE omet de rappeler que ces sites sont censurés avant même que Tunisie-Soir ne voit le jour sur le Net. Ne va-t-on pas quand même nous accuser d'être à l'origine d'une telle censure ? (Mais devons-nous préciser à TUNeZINE que Tunisie-Soir n'est pas l'Agence Tunisienne d'Internet !! Que Tunisie-Soir a été aussi victime de censure et évolue sur le net avec cet épée de Damoclès sur la tête ?)

3- Quand la Rédaction de TUNeZINE écrit « On ne peut rien lui reprocher car on ne lui a jamais demandé de la compassion ou du soutien », je ne peux m'empêcher de lui demander : Quand Tunisie-Soir a été victime des virus de l'Agence Tunisienne d'Internet, pourquoi aucun site Tunisien n'a soutenu Tunisie-Soir hormis le site des « Perspectivistes de Mr Med Charfi » ? Quand le site Zeitouna a censuré Tunisie-Soir à cause d'une critique que nous avons adressée à un dirigeant Islamiste, pourquoi TUNeZINE qui parle aujourd'hui de « soutien », de « liberté d'éxpression » et de « réjouissance » n'a soufflé aucun mot dans le temps ? Pourquoi TUNeZINE ne nomme pas les choses par leur vrais noms et explique les vraies tendances des autres sites tunisiens qui à travers le soi-disant combat pour la liberté d'éxpression essayent de manipuler les lecteurs en leur donnant une information à sens unique (chose que certains lecteurs d'un site d'information tunisien quotidien censuré ont soulevé à plusieurs reprises ?) ? Pourquoi TUNeZINE n'explique pas aussi aux lecteurs « la coalition de fait » entre certains sites tunisiens contre d'autres qu'on accuse aujourd'hui de mener un combat contre la liberté d'éxpression

4- Évoquant «les menaces gratuites pour arrêter des tunisiens qui ont décidé de s'exprimer en utilisant le seul moyen encore disponible, malgré toute la censure », je voudrai dire à TUNeZINE : Est ce que Tunisie-Soir est responsable de la paranoïa des autres qui se croient (ou qui veulent croire contre toute logique) que le texte en question leur est destiné ?

Pourtant, nombre de lecteurs ont bien compris à qui s'adresse le petit mot de Tunisie-Soir en faisant le lien avec les virus que nous avons reçu de l'Agence Tunisienne d'Internet, faut-il encore que les « les bons entendeurs » s'en rendent compte !

Quant à la liberté d'éxpression, je crois que Tunisie-Soir n'a jamais empêché quiconque de créer un site sur Internet et de s'exprimer( à moins que TUNeZINE ait un autre avis), non plus à travers le site Tunisie-Soir où nous avons souligné à maintes reprises que « les articles publiés sont les articles reçus » et que tant « l'article ne contienne pas de la vulgarité et qu'il est assumé par son auteur, nous le publierons ».

N'avais-je pas adressé il y a des semaines, une proposition demeurée sans réponse au responsable de TUNeZINE ainsi que d'autres sites censurés pour leur proposer une Interview !

Mais que veut TUNeZINE ? Nous dicter peut être sa façon de voir les choses ?

Chaque site tunisien a son approche de la critique, nous avons souligné que « nul n'est meilleur mais que nous sommes juste différents ».Nous avons souligné que nous inscrivons notre action dans une logique de complémentarité et non d'exclusion envers les autres sites tunisiens envers qui, notre main est toujours tendue. Chaque site a classé ses priorités, la nôtre est de ne pas être censurés en Tunisie, nous y veillons. Faire de la polémique, l'opposition spectacle, des « one- man-shows », beaucoup de bruit pour rien ou cautionner certaines tendances n'est pas notre ambition d'autant plus que nous ne voulons pas être « anonymes » et nous « assumons nos propos à visages dévoilés ». Nous avons toujours appelé à la modération et au compromis entre ceux qui ne voient que la moitié vide du verre et ceux qui n'en voient que la moitié remplie, nous voyons les deux moitiés, ce qui a valu à Tunisie-Soir d'être considéré comme pro-régime de la part de « certains » partisans de l'opposition et anti-régime de la part de « certains » partisans du régime. Mais entre le marteau et l'enclume, nous continuerons-au risque d'être impopulaire- en dépit du mal, de la douleur et des ennemis pour ne plus se taire.

5- Enfin, puisse TUNeZINE me permettre de répondre d'une façon personnelle (qui n'engage que mon humble personne et non Tunisie-Soir) sur l'Éditorial du septième numéro intitulé « L'appel du RCD à Ben Ali, Entre les intérêts du système et les priorités de la société… la montagne accouchera-t-elle d'une vraie démocratie ? » que Zine El Abidine Ben Ali est à ma connaissance le Président actuel de la Tunisie (sauf si TUNeZINE ait un autre avis) qu'il mérite à cet égard le respect de sa personne ainsi qu'au rang qu'il occupe, que la position que j'ai soutenu dans le dit Éditorial est que « s'il y est question d'un quatrième mandat, la Constitution ne pourrait être amendée qu'en vertu d'un referendum et que ce dernier doit être conduit en toute transparence par des organismes indépendants de touts diktats. Que « seul » donc un referendum conduit dans de telles conditions est à même d'apporter une légitimité de type Rationnelle- légale (comme le disait Max Weber)car c'est seulement dans les monarchies que ce qui légitime le pouvoir est le fait qu'il existe et se perpétue ». Dois-je rappeler à cet égard que Mr Slim BAGGA, le Rédacteur en Chef de l'Audace avait soutenu en interviewant Mr Moncef Merzouki : « Pourquoi parlez–vous de putsh constitutionnel ? Après tout, on peut vous objecter que la modification d'un article de la constitution par un référendum populaire est quelque chose de parfaitement légal » ( à moins que TUNeZINE nous dise que Mr Slim BAGGA et l'Audace sont pro-régime !!)

Aux « amis anonymes de TUNeZINE qui envoient des mails de protestation et qui ont demandé la raison de l'existence de votre magazine au sein de la rubrique Links of Freedom » je voudrai dire que le « courage n'est pas une éxpression mais une action qui se fait au besoin dans la douleur, qu'il ne suffit pas de tenir certains propos dans les coins ou autour des tables de cafés cautionnés par l'anonymat et tenir d'autres propos publics contradictoires pour se laver les mains de sa démission citoyenne, il faut les assumer à moins de vouloir goutter aux délices virtuels d'un courage (peut être virtuel) en se réclamant du statut stéréotypé d'opposant ( pour le plaisir qu'on dise que je suis opposant), que la liberté suppose le choix, que la dictature est le mono choix, que la Tunisie appartient à neuf millions de Tunisiens et que nul n'a l'exclusivité du patriotisme ».

En espérant que ce Droit de Réponse soit publié dans son intégralité.

Avec Mes Respects.
Sami BEN ABDALLAH
Rédacteur en Chef de
Tunisie-Soir


Sami Ben Abdallah. Samedi 24 novembre 2001 .
Omar Khayyam, un pseudonyme qui tombe à pic !


LE CAUCHEMAR DE KHAYYAM

La source présumée du cauchemar de Khayyam

Je vais vous raconter un cauchemar que j'ai eu dans la nuit du 6 au 7 novembre dernier. Ce que j'ai vécu durant ce cauchemar était tellement horrible que je me suis réveillé, paniqué, tout en sueur à 3 heures du matin. Pour reprendre mes esprits j'ai dû me rhabiller et faire une petite marche matinale le long de la plage de ma ville, Mahdia.
J'ai rêvé que j'étais, comme chaque matin, devant mon ordinateur. Après avoir lu les messages que j'ai reçus, je me suis connecté à Tunezine. Au début j'ai cru que je me suis trompé d'adresse, mais non c'était bel et bien notre site de toujours, sauf qu'il a changé de nom. Il s'appelle maintenant Tounes maa Ezzine ( La Tunisie avec Ezzine). Une photo géante de Ben Ali crève l'écran et les yeux des lecteurs. Tous les anciens numéros ont disparu. Un nouveau numéro spécial prend la place de tous les autres. J'ai hâte de lire l'éditorial d'Ettounsi. Dès que j'ai lu les premières phrases, j'étais saisi d'horreur.
" Le Président Ben Ali est le plus solide Chef d'Etat que la Tunisie ait jamais connu depuis le temps des dinosaures ". Pas besoin de vous lire la suite de la belle poésie d'ettounsi new look, changé et renouvelé !
Voulant tout de suite oublier ce que je viens de voir et de lire, je rends visite au site de Kalima. Dès que la première page s'est affichée, j'ai jeté un cri de saisissement : ce site a lui aussi changé de nom ! Il s'appelle maintenant Kalimat Attaghïr (la parole du changement). Le site a subi la même opération de chirurgie peu esthétique. Les photos de Ben Ali vous regardent des quatre coins de l'écran. J'étais curieux de savoir ce que Sihem a pu écrire à propos de notre dinosaure.
"Je remercie Monsieur le Président pour sa sollicitude et l'intérêt qu'il n'a cessé de démontrer à l'égard de nos médias. Je tiens aussi à remercier Mme Leila Ben Ali pour son généreux soutien."
Je n'ai pas encore perdu l'espoir. Mon cœur battait la chamade au moment où commençait à s'afficher la page d'accueil du site du docteur Marzouki. Cette fois ma terreur devenait insupportable :
"Bienvenus au site de la Polyclinique du 7 novembre des docteurs Moncef Marzouki et Mustapha Ben Jaafar"
L'introduction, rédigée par nos deux éminents docteurs, est un vrai chef-d'œuvre artistique et littéraire.
"Si notre clinique, la plus moderne du continent africain, a pu voir le jour c'est grâce au soutien continu, à la sollicitude et à la bienveillance permanentes de l'Artisan de la santé nouvelle de la Tunisie. Les maladies, aussi bien physiques que mentales, ont été toujours une priorité absolue de l'Ere Nouvelle. Nous étions très touchés par le geste du Président, qui nous a honorés de sa présence lors de l'inauguration de notre nouvelle clinique."
Je déconnecte tout de suite mon ordinateur et je me jette sur le téléphone. Je téléphone au domicile de Ben Brik pour lui demander ce qui était en train de se passer dans le pays. C'est sa femme Azza qui prend l'appel : "Taoufik n'est pas là. Tu peux l'appeler à son bureau."
- Quel bureau ?
- Quelle question ! Mais son bureau de Directeur du Renouveau.
Mon angoisse était indescriptible, mais j'avais encore une lueur d'espoir. Mon dernier espoir se trouve au Kef. Je téléphone, plein d'appréhension, à maître Néjib Hosni. Un membre de sa famille me dit que Néjib est à Tunis, où il vient de fonder une société d'avocats avec ses collègues Radhia Nasraoui et Béchir Essid. Un projet financé par un certain Moncef Trabelsi.
Mon dernier espoir étant perdu, je sors en courant de chez moi. Je frappe frénétiquement à la porte de Si Khemaiès Tabbel, le président de la cellule du RCD de mon quartier.
- Ouvrez Si Khemaiès, ouvrez ! Dépêchez-vous Vite, donnez-moi ma carte, je veux ma carte tout de suite !
Alors Si Khemaies commence à me secouer très fort :
- Réveille-toi Omar, réveille-toi. Tu es en train de rêver !

Omar Khayyam. Samedi 24 novembre 2001 .
Moncef Marzouki : Tél. 216 73 24 61 02 - Sousse Tunisie



Appel du Docteur Moncef Marzouki
Téléfax : 216 73 24 61 02

La Surveillance policière dont je suis coutumier depuis plus de dix ans, a pris les cinq derniers mois un aspect aussi ubuesque qu'intolérable. Jour et nuit, une voiture banalisée, avec quatre policiers en civil, stationne devant chez moi. Je ne peux faire un pas sans qu'une horde de policiers ne me suive, que j'aille chez le dentiste, l'épicier ou faire un tour sur la plage. En voiture, moto ou à pieds, les policiers ont semble-t-il reçu l'ordre de ne jamais me perdre de vue. Dans le jargon de la police secrète, on appelle cette technique la surveillance collante Je suis accablé à l'idée que pendant les années ou j'ai travaillé sur les problématiques comme les effets de la surveillance prénatale sur la diminution du handicap cérébral chez le nouveau-né, des esprits pervers ont travaillé, eux, sur les effets de la surveillance collante sur la déstabilisation, l'intimidation et l'isolement des opposants politiques.
Il est bien évident que cette surveillance collante dont on accable un homme fonctionnant à ciel ouvert, n'a aucun but autre que la plus perfide et la plus illégale des punitions.
Elle est aussi le point culminant d'une politique qui m'a dépossédé de tous mes droits. Interdit de parole, d'écriture, d'association, de téléphone, de travail, de voyage, de droits civiques et politiques; me voilà interdit maintenant du droit de marcher dans la rue sans que deux individus ne soient en train de respirer dans mon dos.
Cette situation difficilement vivable est la conséquence d'un engagement total pour la cause des libertés et des droits de l'Homme. En tant qu'intellectuel j'ai fait de leur défense le thème presque exclusif de plus d'une dizaine de livres tous interdits en Tunisie. En tant que militant, j'ai eu l'insigne honneur de les défendre à la tête de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, du Conseil national pour les libertés en Tunisie, de La commission arabe des droits de l'homme, et encore aujourd'hui à la tête du Réseau africain pour les droits de l'enfant. Mais le paradoxe n'est pas là. Il est dans le fait que ma situation est le fait d'un pouvoir qui proclame en permanence son attachement indéfectible aux valeurs que je défends, et dont le premier responsable vient de déclarer qu'elles figureront dans la nouvelle constitution dont il entend en doter le pays.
Face à une situation scandaleuse, injustifiée et injustifiable :

1 - Je proteste de la façon la plus vigoureuse contre le harcèlement policier dont je suis l'objet ainsi que contre la confiscation de mes droits les plus élémentaires dont celui de travailler dans mon pays ou de partir occuper le poste d'enseignant invité que m'a ouvert la faculté de médecine de Paris.

2 - Je demande au président Ben Ali, d'ordonner la fin de ces procédés indignes. Je lui demande de respecter les droits de l'adversaire politique que je suis, par respect de sa fonction, de la dignité de l'Etat et de ses propres promesses.

3 - J'en appelle aux organisations nationales et internationales des droits de l'homme, à mes confrères de Tunisie et du monde, à toutes les personnes éprises de liberté pour que cesse à mon égard l'étouffement insidieux faisant de moi un prisonnier emprisonné à ses propres frais.

4 - J'en appelle aux forces vives du pays, à sa société civile, à sa classe politique, à sa jeunesse leur rappelant cette belle phrase de Montesquieu : Une injustice faite à un seul et nous voilà tous menacés.

En se battant pour que cesse l'injustice qui m'est faite, ce sont les dix millions de tunisiens qu'on défend contre un arbitraire qui semble ne plus avoir aucun frein et qui nous menace tous sans exception.

Moncef Marzouki
Sousse le 22-7-2001


Chokri Hamrouni porte parole du CPR - Paris .
T.D. numéro 1

Travaux dirigés
(Contre ZABA bien sûr)

Public visé : Sceptiques, craintifs, dubitatifs et indécis.

T.D. n° 1 - Comment semer la zizanie au sein de l'opposition tunisienne :

Les faits par ordre chronologique :

1 - Le ministère de l'intérieur refuse de livrer au Dr Moncef Marzouki une décharge contre sa demande d'autorisation pour le congrès pour la république - CPR -
2 - Le Docteur Moncef Marzouki est condamné à une peine de prison avec sursis.
3 - Le Dr Mustapha Ben Jaafer reçoit le récépissé pour sa demande de légalisation du forum démocratique pour le travail et les libertés - FDTL -
4 - Les Dr Ben Jaafer et Marzouki signent la coordination démocratique.
5 - Le ministère public décide de façon unilatérale la cessation de toute poursuite judiciaire à l'encontre du Dr Mustapha Ben Jaafer.

Conclusion hâtive :

Question : La situation du Dr Ben Jaafer est presque semblable à celle du Dr Marzouki alors pourquoi Ben Jaafer bénéficie t'il d'un traitement meilleur que Marzouki ?
Réponse : Le Dr Mustapha Ben Jaafer a conclu un marché avec ZABA certains vont crier au traître d'autres à la taupe et les plus politisés à l'agent double.

Conclusions vigilantes :

1 - ZABA est machiavélique et il ne faut jamais l'oublier. Tout ça n'est qu'un autre coup destiné à déstabiliser et à fragiliser le prisonnier à ses frais, le Dr Marzouki, et toute l'opposition démocratique.

2 - Le Dr Marzouki va être vexé et va en vouloir à mourir à son acolyte puisqu'il va penser que c'est toujours lui qui paye l'addition salée de l'opposition mais n'ayez aucune crainte, le Dr Marzouki est plus doué que ZABA ne le pense ! Donc on va exclure le fait que ZABA réussit à déstabiliser la coordination démocratique et l'amitié entre les deux collègues.

3 - ZABA essaye de jeter du cendre dans les yeux des indécis qui vont croire à une possible ouverture démocratique de sa part mais ZABA se trompe énormément si jamais il croit que le poids électoral du FDTL est négligeable devant celui du CPR.

4 - Les deux docteurs préparent un remake du film de Sergio Leone destiné à contourner le blocus démocratique imposé par ZABA, Ben Jaafer joue le rôle du bon, Marzouki celui du brute et c'est finalement le truand qui va payer l'addition en 2004.

Conclusion alarmante mais très réfléchie :
La Tunisie est un cirque où tout peut arriver surtout si le directeur est un clown !

ettounsi de tunezine .

Tunis. Dimanche 25 novembre 2001 .
La coordination démocratique


Déclaration du 16 novembre 2001

La Tunisie vit une crise politique profonde.
A trois ans des élections présidentielles et législatives de 2004, elle ne dispose pas des conditions minimales pour une compétition honnête.
La presse et l'information sont entièrement assujetties aux besoins de la propagande gouvernementale. Les libertés de réunion et d'association sont confisquées. Le parti au pouvoir utilise à ses propres fins l'administration ainsi qu'une somme de lois pour monopoliser la représentation populaire. Les procès politiques sont innombrables et des milliers de prisonniers politiques et d'opposants sont soumis à des traitements dégradants ainsi qu'à la privation de travail et des droits civils et politiques.
L'équilibre entre les pouvoirs s'est trouvé compromis. L'organe de tutelle de la magistrature est soumis au pouvoir exécutif.
Le gouvernement n'est pas responsable devant le parlement alors que la présidence de la République jouit de larges et exorbitants pouvoirs.
Cette situation a entraîné un déséquilibre entre l'Etat et la société. La vie politique a reflué. La vie associative s'est éteinte .
La Tunisie est à la croisée des chemins. Ou bien le pays se prépare d'ici 2004 aux réformes nécessaires à une alternance pacifique, ou bien il s'enfonce dans le chemin de la crise et de l'inconnu.
La préparation de la Tunisie au rendez-vous de 2004, exige la mobilisation des forces démocratiques, le resserrement des ses rangs, l'augmentation de son efficience par un large front, lui redonnant l'initiative et la responsabilité du changement démocratique avec l'appui du peuple et de ses forces vives.
La construction de ce front démocratique ouvert aux organisations et aux personnalités, est une mission qui exige un travail en commun.
C'est dans ce but que les quatre partis soussignés ont décidé de mettre au point la Coordination Démocratique (CD) ayant pour principes et objectifs ce qui suit :

1 - La CD est un cadre de consultation et de travail en commun se réunissant à la demande de l'un de ses membres pour consultation et actions communes.

2 - La CD est une structure intermédiaire jusqu'à ce que soient réunies les conditions de la mise en place d'un front regroupant les organisations et sensibilités politiques et les personnalités.

3 - La CD œuvre à mettre en place les conditions d'élections libres et honnêtes en 2004, et à la définition des alternatives du mouvement démocratique, notamment au niveau des points suivants :
a-les réformes constitutionnelles garantissant les droits de l'homme et les libertés publiques et privées, ainsi que l'équilibre des pouvoirs, l'indépendance de la justice, et la liberté de se présenter aux diverses responsabilités de l'Etat et des structures représentatives ;
b- la refonte des lois régissant la liberté de la presse et de l'information , la création des partis politiques et associations, la circulation à l'intérieur et à l'extérieur, visant à permettre une participation active dans la vie publique ;
c-la modification de la loi électorale pour donner les mêmes chances à tous les candidats, et permettre l'exercice du droit de vote, ainsi que la bonne marche de l'opération électorale sous la surveillance des protagonistes et d'une commission électorale neutre, garante de l'absence de toute fraude ;
d-la séparation entre l'Etat et le parti au pouvoir, garantissant la neutralité de l'administration;

4 - La mise en place des conditions de l'alternance pacifique dont le respect de l'article 39 de la constitution, interdisant au président en exercice de se présenter à plus de deux mandats consécutifs .
5 - La CD prendra toutes les initiatives pour faire aboutir ces réformes .

6 - La CD travaillera avec toutes les composantes du mouvement démocratique pour la préparation de la Conférence Nationale Démocratique, afin qu'elle entérine les alternatives du courant démocratique et en faire le suivi.

7 - La CD considère que toutes ces réformes ne peuvent prendre tout leur sens sans l'amnistie générale, réhabilitant tous ceux qui ont eu à encourir des procès politiques pour délit d'opinion, leur rendant leurs droits civils et politiques, les dédommageant matériellement et moralement.
La CD considère cette amnistie générale comme le préalable à l'assainissement du climat politique, et à l'encouragement aux citoyens, débarrassés de la peur, à participer à la vie publique.

8 - La CD est un mécanisme ouvert aux partis désireux de la rejoindre quand leur situation le leur permettra.

Tunis le 16 novembre 2001 .


Signataires - Par ordre alphabétique

Le Congrès pour la République
Dr Moncef marzouki
Le Forum Démocratique pour le travail et la liberté
Dr Mustapha Ben jaafar
Le Mouvement des Démocrates Socialistes
M. Ahmed Khaskhoussi
Le Parti Démocrate progressiste
Me Nejib Chebbi


Dr Chokri Hamrouni - Paris .
Chronique du mouchard Ben Brik au palais



Jalel Zoghlemi. Tunis, 22 novembre 2001 .

Les blagues populaires comme symptôme social
du discrédit du régime de Ben Ali ?

© TUNeZINE

En l'absence de procédures de consultation démocratiques et d'enquêtes d'opinion sérieuses, il est difficile de se prononcer sur les manières dont les Tunisiens appréhendent aujourd'hui le régime de Ben Ali, et c'est probablement l'une des grandes inconnues de l'équation politique tunisienne à venir : Ben Ali bénéficie t-il toujours en 2001 d'une certaine popularité et si oui, dans quels groupes sociaux ? Bien que cette question soit digne d'une problématique policière, émanant de la DST ou des renseignements généraux, elle ne peut être totalement esquivée, au risque d'ignorer les attentes de la population tunisienne en termes politique et social. Le régime a d'ailleurs parfaitement compris son intérêt à maintenir les aspirations du peuple tunisien dans une véritable " boîte noire ", la propagande officielle se chargeant de mettre en scène la grande comédie de la popularité de son Raïs. Peu importe que les Tunisiens soient mécontents, peu importe qu'ils aspirent à davantage de libertés civiles et politiques, la machine de la propagande benaliste fonctionne parfaitement, digne du fascisme des années trente, même si la Tunisie ne peut en aucun cas être comparée au totalitarisme soviétique ou mussolinien. C'est d'ailleurs le paradoxe majeur de ce pays moderne, où la société présente de nombreuses analogies avec les sociétés civiles pluralistes mais où le régime continue à se comporter comme au " bon vieux temps " des dictatures tiers-mondistes. D'une certaine manière, l'on peut dire que le pouvoir benaliste fait figure d'archaïsme politique, de vestige de l'histoire par rapport à une société tunisienne qui a largement évolué dans ses attitudes, ses comportements et ses mentalités. Un général d'opérette, aux cheveux teints et gominés, aux costumes " trois pièces " rappelant ceux portés par Al Capone, gouvernant l'un des États du monde arabe qui compte pourtant le plus de médecins, de diplômés, de femmes actives, de scientifiques à la renommée internationale....Constat ô combien triste, qui donne parfois le sentiment que Ben Ali a été oublié dans le Palais de Carthage comme un vieux meuble laissé imprudemment par les déménageurs !

De ce tableau assez pessimiste, se dégage pourtant une petite lueur d'humour typiquement tunisien qui vient briser quotidiennement l'unanimisme et la monotonie de la vie politique : les blagues redoutables qui nous rappellent chaque jour que le peuple tunisien est loin d'être un troupeau de moutons et qu'il sait manier l'humour pour exprimer son mécontentent et son ras-le-bol. Et, sur ce plan, Ben Ali ne peut pas faire grande chose, à moins de jeter tous les " raconteurs de blagues " à la prison du 9 avril ou à celle de La Manouba. Mais précisément, tous les Tunisiens racontent des blagues et des petites histoires : les taxistes, les épiciers, les femmes de ménage, les garçons de café, les louagistes, les professeurs, les étudiants, les coiffeuses, les schourtis, les militaires, les prostitués, les vendeurs de glibette, les fonctionnaires, les agents de la CNSS, les banquiers, les parvenus, les nouveaux riches, les beldis.… Conclusion logique de ce tableau sociologique : tous les Tunisiens devraient donc aller en prison, parce qu'ils aiment raconter des blagues sur leur Raïs bien aimé !

Dans cette cacophonie de blagues et de petites histoires tunisiennes, l'on devine aisément les spécificités propres à chaque groupe social, certaines étant plus raffinées que d'autres, même s'il faut avouer que les classes populaires sont généralement plus imaginatives en ce domaine que les classes moyennes et les nouveaux riches. Les blagues naissent rarement à El Menzah, à El Manar, à Mutuelleville ou à La Marsa, mais le plus souvent dans les faubourgs populaires de Tunis (Bab Jedid, Bab Souiqa ou Melhassine) et dans les nouvelles banlieues du sud de la capitale (El Mourouj I, II, III, IV, V, VI....), où viennent s'entasser les petits fonctionnaires qui ont acheté leur appartement avec un crédit de 15 ans ou 20 ans, autant d'années à attendre pour devenir propriétaire d'un 80 m2 en Tunisie, autant d'années à être condamné à vivre avec Ben Ali !

Outre leurs " logiques sociales ", les blagues épousent largement les " logiques du moment ", ce que certains appellent " l'air du temps ". Si Leïla T..., la " première dame du pays ", la first lady des first ladies est sans aucun doute la vedette incontestée de l'humour populaire, elle n'a pas tardée à être rattrapée par ses " petits frères " (les Trabelsi's Brothers) qui figurent aujourd'hui au premier rang du hit-parade des blagues tunisiennes. Mais le Trabelsi Band est aujourd'hui menacé dans sa suprématie humoristique par le Chiboub Band, dont les succès sportifs ne suffisent pas à faire oublier les " succès commerciaux ". Et oui, la Tunisie de Ben Ali ressemble parfois à un grand jeu de Monopoly (la version tunisienne existe d'ailleurs), où les familles se partagent les maisons, les hôtels et les quartiers, avec la menace permanente d'échouer à la case " prison ", le jour où le peuple tunisien aura décidé souverainement de changer les règles du jeu.

Après les familles (registre familial), ce sont généralement les affaires intimes du couple présidentiel qui sont la cible de nos humoristes amateurs (registre sexuel) : force est d'admettre que si les Tunisiens aiment l'humour, ils aiment aussi le pimenter avec quelques références osées. Mais cette manière de mettre de l'Harissa dans les petites histoires de cœur de Zine et de Leïla (le couple bien aimé) tombe rarement dans la vulgarité, tout au plus, s'agit-il d'une grossièreté populaire bien maîtrisée ! Car finalement, l'objet de la blague sexuelle n'est pas d'étaler la vie intime du couple présidentiel sur la place publique (les Tunisiens sont trop pudiques pour cela) mais bien de dire haut et fort que la seule préoccupation du Raïs est de " niquer " son propre peuple, le mot " niquer " n'étant qu'un doux euphémisme pour désigner l'œuvre de spoliation quotidienne.

Enfin, le dernier registre des blagues populaires concerne le coût de la vie (registre économique), car les Tunisiens ont beau être des grands humoristes, ils sont aussi soucieux de leur pouvoir d'achat. Or, en dépit des déclarations officielles sur la " Tunisie, nouveau dragon africain ", les Tunisiens ont majoritairement le sentiment que leurs conditions de vie se dégradent de jour en jour et, qu'ils seront bientôt condamnés à ne manger que des pâtes (Maquarounna) au déjeuner, comme au dîner. Qu'on se rassure, les macaronis tunisiennes sont les meilleures du monde et d'ailleurs, chaque fois que les émigrés reviennent au pays, ils en ramènent des paquets par centaines, car disent-ils : " nous préférons les Maquarounna tunisiennes à celles de Panzani ! " Quelle belle manifestation de patriotisme, n'est-ce pas ?


Vincent Geisser
Institut d’Etudes et de Recherches
sur le Monde Arabe et Musulman
IREMAM - CNRS

Message posté par Rezgoun .
Haroun M'barek


Veuillez trouver ci dessous un article en anglais sur l'affaire de Haroun M'Barek, paru le mois de Novembre dans le Bulletin Interactif de l'association canadienne des professeurs et professeurs d'université. Jamel Jani.

Tunisian Refugee
Back in Canada

Haroun M'Barek, a Laval University student deported to Tunisia last Jan. 6 by Immigration Canada has returned to Canada. M'Barek, who was tortured by Tunisian security forces following his arrest soon after his arrival in Tunisia, was sentenced to three years in prison and five years in administrative detention by Tunisian authorities for belonging to an "illegal" organization.
In September, CAUT learned M'Barek had been granted a one-year ministerial permit to allow him to complete his master's degree at Laval and apply for permanent residence. "I hope the Canadian government will now come to his aid in a more permanent fashion and allow him to live here indefinitely," said Warren Allmand, president of Rights & Democracy, one of the human rights groups that lobbied for his release and safe return to Canada.
In 1994, M'Barek requested refugee status from Canada's Immigration and Refugee Board. His request was denied in 1997 as was his later appeal to the federal court. M'Barek also tried and failed to obtain immigrant status on humanitarian grounds, citing safety risks if he returned to Tunisia.
"M'Barek's horrific experiences over the past eight months reveal that he will never be secure in his native country," Allmand said. "The parody of a trial that he was subjected to last February in Tunisia highlights the serious erosion of human rights in that country. It is a situation that should motivate Canada to re-examine its process of analyzing the risks of return for all Tunisian nationals."
The association has sent Citizenship and Immigration Canada a copy of the recommendations of lawyer Nathalie Blais who observed M'Barek's trial in Tunisia. Her observation mission was sponsored by Rights and Democracy, the Civil Liberties Union, Alternatives and the Association pour les droits de la personne au Maghreb. According to Blais, justice does not exist in Tunisia for political opponents. "Numerous reports from Amnesty International and other human rights groups have amply documented the repression that has affected those who, like M'Barek, sympathize with the outlawed Islamic movement, Ennadha, or who have been members of the general federation of students in Tunisia."
Allmand says he hopes the report will help prevent the suffering of other Tunisians who may seek refuge in Canada.

Jamel Jani Source.