Les prisonniers politiques de Bourj Erroumi



Tunisie 2000 .
Centre de l'idépendance de la justice de Tunis


Après des tractations qui ont duré tout l'été dernier en vue de la constitution d'une organisation non gouvernementale pour la défense de l'indépendance de la justice auxquelles ont pris part différentes personnalités nationales parmi les juristes et les défenseurs des droits humains qui représentent les différents courants politiques de l'opposition tunisienne légale et non reconnue et les principales organisations de la société civile tunisienne dont Le magistrat Mokhtar Yahiaoui, Me Bechir Essid Le bâtonnier de l'ordre des avocats, Me Chawki Tabib Le secrétaire général de l'association des jeunes avocats tunisiens, Me Mokhtar Trifi le secrétaire général de la ligue tunisienne des droits de l'homme, Me Hechemi Jegham le secrétaire général du bureau Tunisie d'Amnesty international, Me Abderraouf Ayadi secrétaire général du conseil national des libertés, Me Bochra Belhai Hmida la présidente de l'association tunisienne des femmes démocrates, Les députés Mr Mohamed Mokhtar Jalleli et Mr Nejib Halweni, Professeur Mohamed Charfi l'ex ministre de l'éducation, Mme Sana Ben Achour Et Mme Hafidha Chekir professeurs d'université, Me Radhia Nasraoui,, Me Mohamed Nouri… Au terme de la dernière assemblée générale constitutive réunie le 23 novembre 2001 jusqu'à une heure tardive au bureau de maîtres Abderrazek Kilani et Othman Chakroun et en présence des membres fondateurs, il a été procédé à la discussion et à l'adoption finale du statut du centre pour l'indépendance de la justice de Tunis et à l'élection d'un comité directeur composé de 41 personnalités ainsi qu'à la désignation de Mr Mokhtar Yahiaoui comme président et des dix membres du bureau exécutif du centre pour l'indépendance de la justice.

Comité directeur du centre de
l'idépendance de la justice

Président du centre
Mokhtar Yahiaoui

Bureau exécutif
Abderrazak Kilani
Abdelaziz Mzoughi
Alya Cherif Chammari
Anwar Kousri
Ayachi Hammami Hechmi Jegham
Mohamed Abbou
Nejib Hosni
Noureddine Bhiri
Sana Ben Achour

Membres
Abdelhamid Abdallah
Abdelmonem Sahbani
Abdelwahab Maâter
Abderraouf Ayadi
Arbi Abid
Bachir Mrakben
Boubaker Bethabet
Chawki Tabib
Ferida Abidi
Habib Ziadi
Hadia Mansour
Hedi Mannai
Hnifi Fridhi
Jameledddine Bida
Jilani Jeddi Khaled Krichi
Mohamed Bouthelja
Mohamed Neji Gharsallah
Mohamed Nouri
Mokhtar Jelleli
Mokhtar Trifi
Mourad Blibech
Nejib Halweni
Rabeh Khraifi
Saïd Mechichi
Saïda Akremi
Samir Ben Amor
Slah Wrimi
Souhaïl Sellimi
Zine EL Abidine Chafter

Centre de l'indépendance de la justice
Rue 8002 Espace Tunis immeuble A Montplaisir Tunis Tunisie
Téléphone : 216 - 71950400 - 216 - 71950420
Cellulaire: 216 - 98342231 - 216 - 98327175
Télécopie : 216 - 71950370
Mail : cij_tunis@yahoo.fr
Le site sera bientôt disponible.

Mail du centre. Tunis, mardi 27 novembre 2001 .
A propos de La coordination démocratique



Slim Ben Hmidene - CPR. Lundi 26 novembre 2001 .
Radical Party - Olivier Dupuis : communiqué de presse

BLACK OUT DES MASS MEDIA ITALIENS SUR LA VISITE DE SIHEM BENSEDRINE : L'OMERTA' REGNE A ROME COMME A TUNIS SUR LA DERIVE MAFIEUSE ET POLICIERE DU REGIME DE MONSIEUR BEN ALI.

Bruxelles-Rome, le 23 novembre 2001. Sihem Ben Sedrine, journaliste et éditrice, Porte-parole du Conseil National pour les Libertés en Tunisie et une des plus importantes figures de l'opposition à la dictature de Monsieur Ben Ali, a participé ce mercredi à Rome à une conférence organisée par l'Association " Giustizia e Libertà " du Sénateur Ferdinando Imposimato et a tenu hier, avec Marino Busdachin, de la Direction Politique du Parti Radical Transnational, une conférence de presse à la Salle de la Presse étrangère. Objet de la Conférence de presse: faire connaître à l'opinion publique italienne et occidentale la réalité de la Tunisie de Monsieur Ben Ali et de rendre publique une lettre ouverte de Sihem Bensedrine au Président Ciampi, à la suite de sa visite officielle en Tunisie.

Déclaration d'Olivier Dupuis
secrétaire du Parti Radical Transnational et député européen

"Une fois encore, avec les seules exceptions de Radio Radicale et du Manifesto, les mass media italiens ont garanti à la dictature de Monsieur Ben Ali, un silence aussi assourdissant qu'emprunt d'omertà. Encore une fois, les citoyens italiens n'ont pas pu savoir, de la même façon que les Tunisiens, à travers le témoignage direct de Sihem Bensedrine, une des figures les plus belles et les plus déterminées de l'opposition au régime de Monsieur Ben Ali, que ce pays est bien différent de la Tunisie des plages et de la concorde des dépliants publicitaires. N'en déplaise aussi au Ministère des Affaires Etrangères et au Président de la République, il existe malheureusement une autre Tunisie: une Tunisie des arrestations et des condamnations arbitraires, d'une justice et de media " aux ordres ", de la torture et de la corruption généralisée, …
Si d'aventure l'un ou l'autre journaliste distrait voulait se rappeller que la mère de toutes les batailles dans la " guerre au terrorisme " est la bataille pour l'affirmation de la démocratie et de l'Etat de Droit dans un "continent" arabe où, avec les exceptions partielles et d'autant plus importantes du Maroc et de la Jordianie, la dictature règne partout, il ne pourra que trouver des éléments de réflexion utile dans la lettre ouverte (ci-jointe) de Sihem Bensedrine au Président Ciampi ".

Sorce : Mail & http://www.radicalparty.org/ .
Lettre ouverte au Président de la République italienne


Lettre ouverte de Sihem Bensedrine,
porte-parole du CNLT
au Président de la République italienne,
Carlo Azeglio Ciampi

Monsieur le Président,

Vous avez récemment visite mon pays, la Tunisie.
Vous avez vu ce qu'on vous a donné à voir.
Et vous avez rendu hommage aux "réalisations économiques, aux conquêtes sociales réalisées ces dix dernières années…" et salué la "vision" de nos dirigeants "fondée sur les valeurs de démocratie, de liberté et de droits de l'homme… de pluralisme social, de liberté de choix individuels, de condition de la femme et de respect des libertés ".
Cette Tunisie de carte postale que vous avez saluée, nous ne la connaissons pas, nous les Tunisiens, Monsieur le Président.
Il est vrai cependant que nous en entendons parler dans les journaux uniques et la voyons vantée par les dirigeants occidentaux qui la visitent sans la voir, sans l'écouter, comme vous, monsieur le Président.
Notre Tunisie à nous ressemble davantage à une grande prison aux barreaux invisibles.
Cette semaine, à notre grand soulagement, l'artiste peintre Habib Bouabbana a été libéré.
Il avait été incarcéré pour avoir critiqué, dans une soirée privée, le Président de la République.
Hier, un étudiant a eu le crane fracassé et deux autres les jambes et les bras fracturés par la milice du parti au pouvoir, le RCD, et la police universitaire pour avoir protégé une urne qui devait révéler les élus dans un conseil universitaire à Monastir.
Un poète, Chaouki Chihi, a été condamné en février 2001 à six mois de prison ferme qu'il a purgés, pour avoir osé déclamer un poème insolent à l'égard du couple présidentiel.
J'ai été personnellement incarcérée en juin dernier durant un mois et demi pour avoir dénoncé, sur une chaîne satellitaire basée à Londres, la torture, pratiquée systématiquement à l'encontre des détenus ainsi que le dysfonctionnement de la justice. Les poursuites sont encore maintenues contre moi.
Est-ce ainsi que l'Italie démocratique entend "la liberté et les droits de l'homme ou… la liberté de choix individuels" ?
En Tunisie, il n'y a aucun journal libre et l'exercice de la liberté d'association et de réunion est un crime pour lequel on risque jusqu'à dix ans de prison. Le Président du Mouvement des Démocrates Socialistes, Monsieur Mohamed Moada, purge actuellement une peine de huit ans de prison pour avoir critiqué ouvertement le choix sécuritaire de la politique de Ben Ali. Nos prisons sont sur-occupées et près d'un millier de prisonniers politiques croupissent dans des conditions indécentes et inhumaines depuis dix ans. Il est vrai qu'on nous promet de construire de plus grandes prisons dans le cadre des "réalisations du 7 novembre" !
Quand à la femme tunisienne dont les acquis remontent à 1956 et non aux acquis des dix dernières années, elle n'a droit qu'au statut de faire valoir démocratique. Et si elle s'aventure à exercer sa citoyenneté dans un cadre autonome de la société civile, c'est à la violence physique de la police politique qu'elle s'expose, comme ce fut le cas pour Madame Khadija Cherif (dirigeante de l'Association Tunisienne des Femmes Démocrates) en mars 2001 ou Madame Souheyr Belhassen (vice-présidente de la Ligue des Droits de l'Homme) en mai 2001.

Monsieur le Président,

Comme vous l'avez souligné, la Tunisie a effectivement quelque chose de commun avec l'Italie. C'est le dynamisme de son peuple et de ses opérateurs économique qui remonte, non à dix ans (arrivée au pouvoir de Ben Ali) mais au moins à l'époque phénicienne. Et qui fait que la Tunisie a réalisé un taux de croissance régulier de près de 5% depuis au moins 40 ans. Le niveau de l'éducation et des soins de santé de base est également élevé depuis les années 60. Devrait-on punir les Tunisiens qui doivent subir une dictature avec l'appui de l'occident et hypothéquer ainsi leur accès au développement et à la démocratie ?
Il faut savoir que ces performances économiques du peuple tunisien que s'attribue exclusivement le pouvoir sont aujourd'hui menacées par une dérive mafieuse doublée d'une dérive sécuritaire. Devrait-on accepter que la prospérité économique soit utilisée pour confisquer l'espace public et légitimer la dictature ?

Monsieur le Président,

Vous avez dit, a juste titre, que "nous n'aurons pas de stabilité et de sécurité dans le monde tant que nous n'aurons pas refusé au terrorisme un droit de cité dans la communauté des nations ".
Est-ce que vous réalisez que dans l'aire géographique qui produit le terrorisme islamiste, il n'y a pas une seule démocratie ? Que toutes les dictatures du monde arabo-islamiste sont ou étaient les alliés inconditionnels de l'occident et se sont maintenues au pouvoir en asservissant leurs peuples grâce à l'appui des démocraties occidentales ? Réalisez-vous que ces dictatures sont les fabricants du terrorisme, parce qu'il n'y a dans ces pays aucune voie d'expression pacifique des idées différentes ?

Monsieur le Président,

Je ne suis pas sûre que la Méditerranée puisse nous unir, comme vous l'avez souhaité dans votre déclaration, quand ceux de la rive nord pensent que la démocratie est un luxe pour ceux de la rive sud.

Tunis, le 4 novembre 2001

Sihem Bensedrine
Journaliste et Porte-parole du
Conseil National pour les Libertés en Tunisie.


Sihem Bensedrine. Tunis, le 4 novembre 2001 .
Tunisie-Soir encore :

Message envoyé à Tunisie-soir

Aux responsables de la rédaction de tunisie-soir, je voudrais dire ce qui suit :
"La liberté, ce n'est pas la liberté des membres du parti ou des partisans du gouvernement, fussent-ils aussi nombreux qu'on voudra. La liberté c'est toujours la liberté de celui qui pense autrement" Rosa Luxembourg.
J'ai fait allusion à la citation de Rosa Luxembourg pour rafraîchir la mémoire de ceux qui ont tendance à la compacter. En commentaires à votre éditorial qui m'a chagriné et m'a franchement désœuvré, je vous rappelle que la liberté, en l'occurrence la liberté d'expression est un droit universel, faisant partie du domaine non marchand de la citoyenneté. C'est un droit inaliénable, non exclusif à telle personne ou à telle communauté. Que c'est un devoir à tous et notamment à ceux qui détiennent les instruments de l'autorité publique, car son concernant est collectif et les effets externes de son non respect sont nuisibles pour tous peu importe l'espace et le temps. C'est donc un droit (un devoir) que l'on ne déroge pas et pire encore d'en faire un écho triomphant.
Pour conclure, je vous demande de méditer et de réfléchir sur ce que l'on chuchote dans les quatre coins de notre Tunisie :

- Plus ta position dans l'hiérarchie de l'autorité publique est élevée, moins tu brilles par ton intelligence;
- Plus on parle de vous, voire on vous permet d'accéder au médias, moins tu représentes quelque chose et quelqu'un;
- Plus tes moralités et tes scrupules sont suspectées, moins tu es harcelé et poursuivi en justice;
- Et enfin (l'apothéose) plus tu es censuré, moins tu es un goujat.

A bon entendeur (lecteur), salut.

Stand by

Source . Lundi 26 novembre 2001 .

Je suis un roi !
Suis-je bien aimé ?

Depuis 1987 le général Ben Ali séquestre notre Tunisie suite à un coup d'État. Élu à la présidence en 1989, en 2004 il aura consommé ses trois mandats. Le général a récemment laissé entendre qu'il souhaitait à la fin de son troisième et dernier mandat se présenter à un quatrième car il est convaincu qu'ainsi est la volonté du peuple telle qu'elle lui est exprimée dans de nombreuses et louangeuses missives.
Cela me fait penser à une anecdote récemment entendue : Je suis un roi! Suis-je bien aimé?

Le roi, soucieux du bien être de ses sujets, visite un village et s'attarde à leur accorder quelques faveurs. A celui qui projette de lancer une grande entreprise, il accorde un solide budget et lui souhaite bonne chance. A l'autre qui veut lui manifester sa loyauté en lui demandant un buste, il convient de le faire sculpter et de lui remettre l'œuvre. Quelques temps plus tard, dans un instant d'oisiveté, le roi passe visiter son promoteur pour s'enquérir du succès de son entreprise. A son désarroi, il le trouve attablé à un café, ivre et endormi pour apprendre du serveur qu'en plus il est fauché. Pour que l'affaire ne s'ébruite pas, il règle la note de son protégé et le quitte sans le réveiller.
Pour se consoler, il décide de visiter son ami collectionneur pour revoir son buste, question de s'admirer un peu. A son étonnement, comme il s'approche de chez lui, le roi constate que l'homme aux revenus bien modestes possède une opulente demeure et vit de façon bien cossue. Intrigué, il s'approche mais remarque un attroupement populaire. Dans le but d'éviter un autre bain de foule de ceux qu'il abhorre, il décide de se déguiser en homme du peuple et se faufile à l'intérieur. L'accueil se fait à la caisse où on offre deux produits soit la gifle à un dinar ou le coup de poing à deux dinars. Voyant la file de convives qui attendent impatiemment leur tour pour faire un mauvais parti à sa statue, le roi se sauve discrètement.

L'idée qu'on se fait de la perception qu'ont les autres de nous est plus souvent dictée par ce qu'on ignore que par ce que l'on sait.
N.B. : Le roi n'a aucune relation avec notre cher président Ben Ali.

sayfol7a9

sayfol7a9 . Samedi 24 novembre 2001 .
Articles de Presse : Il Manifesto - Italie


Démocraties à temps partiel
La restriction des droits en Occident joue en faveur des dictateurs
Traduction : Omar Khayyam

Temps de guerre, temps difficiles pour les droits civils. Surtout lorsqu'on affirme que la guerre a pour objectif - entre autres - la "défense de la démocratie et des droits humains". Le paradoxe, on pouvait le palper hier, durant le colloque organisé au siège principal de la Région de Lazio, à la rue du 4 novembre.
On devait y débattre la "défense des droits civils, avant et après le 11 septembre", avec l'ex-juge Emanuele Macaluso et d'autres représentants des institutions locales. L'invitée principale était, cependant, la journaliste Sihem Ben Sedrine, présidente de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, incarcérée pour avoir participé à un programme de télé à Londres durant lequel elle avait dénoncé l'usage systématique de la torture et la corruption du gouvernement de son pays. Elargie le 11 août grâce à la pression exercée par l'opinion publique internationale - plus de 200 avocats, tunisiens et étrangers se sont spontanément engagés à la défendre - elle est, cependant, toujours poursuivie par la justice. Un groupe d' " hommes de main " (sûrement des agents de la police) avait opéré une intervention musclée pour empêcher la réception organisée à l'occasion de sa libération et l'a agressée, elle et ses invités. Elle est, en quelque sorte, une figure emblématique de la lutte pour la démocratie en Tunisie. C'est pour cette, mais pas unique raison qu'elle a été candidate du prix Sakharov 2001.
Eh bien, cette personne connue à l'échelle mondiale a débarqué il y a deux jours à l'aéroport de Fiumicino "comme une terroriste", car "arabe". Tous ses bagages ont été contrôlés - elle peut comprendre les raisons a-t-lle dit - "mais aussi tout le matériel écrit" (documents, journaux, agendas). Alors là la compréhension cède la place à l'indignation. "Est-ce vrai que vous avez amendé vos lois au point de les rendre liberticides, et peu respectueuses de la privacy?". La deuxième réflexion qu'elle a apportée est encore plus déroutante pour les bellicistes que nous sommes: "Notre tentative de construire la démocratie doit s'appuyer sur votre modèle, vous considérer comme des exemples à suivre. Mais si vous adoptez des lois liberticides, invoquant le prétexte de la 'lutte contre le terrorisme', nos dictateurs vous suivront avec enthousiasme. Mais qui sont pour eux les terroristes en Tunisie? Ce sont nous, qui nous nous battons pour les droits humains". Il est difficile d'en dire mieux sur le désastre politique et culturel que enduring freedom est en train de provoquer, que ce soit chez nous ou dans les pays exhortés - toujours "par nous " - à nous emboîter le pas.
La question est tellement difficile que, pendant les interventions suivante, on n'en a pas parlé. L'absence d'une traduction du français y était pour quelque chose ou encore plus vraisemblablement l'impossibilité - pour des Occidentaux qui considèrent cette guerre ( aussi) comme "juste" - de répondre à la simple question posée par Sihem: Vous pensez qu'il est possible de défendre la démocratie en la restreignant?

Democrazie part-time
La restrizione dei diritti in Occidente favorisce i dittatori
FRANCESCO PICCIONI


Tempi di guerra, tempi duri per i diritti civili. Specie se si afferma che la guerra ha per obiettivo - tra l'altro - la "difesa della democrazia e dei diritti umani". Il paradosso lo si poteva toccare con mano, ieri, nel convegno organizzato nella centralissima sede della Regione Lazio, in via IV novembre.
Si doveva discutere della "difesa dei diritti civili, prima e dopo l'11 settembre", con l'ex giudice Imposimato, Emanuele Macaluso e altri rappresentanti delle istituzioni locali. L'ospite principale era però la giornalista Sihem Ben Sedrine, presidente della Lega tunisina di diritti dell'uomo, arrestata per aver partecipato a una programma televisivo a Londra in cui aveva denunciato l'uso sistematico della tortura e la corruzione del governo del suo paese. Scarcerata l'11 agosto dalla pressione dell'opinione pubblica internazionale - oltre 200 avvocati, tunisini e non, si erano offerti spontaneamente di difenderla - è comunque ancora sotto processo. Alla festa organizzata per la sua scarcerazione si sono però presentati un gruppo di mazzieri (governativi, è lecito presumere), che hanno aggredito lei e altri invitati. Una bandiera della lotta per democrazia in Tunisia, insomma. Anche per questo, ma non solo, è stata candidata al premio Sacharov 2001.
Bene. Questa persona internazionalmente nota sbarca l'altroieri a Fiumicino e viene trattata "come una terrorista", in quanto "araba". Le sono stati controllati tutti i bagagli - e questo lo capiva, ha detto - "ma anche tutte le carte" (documenti, giornali, agende). E qui la comprensione ha ceduto il posto all'indignazione. "Possibile che abbiate cambiato le vostre leggi al punto da farne di così liberticide, che non rispettano in nulla la privacy?". La seconda riflessione che ha portato è ancora più devastante per i bellicisti nostrani: "Il nostro tentativo di costruire la democrazia deve appoggiarsi sul vostro esempio, prendervi a modello. Ma se voi fate leggi liberticide, col pretesto della 'lotta al terrorismo', i nostri dittatori vi seguiranno con entusiasmo. Ma chi sono per loro i terroristi in Tunisia? Siamo noi, quelli che si battono per i diritti umani". E' difficile dire meglio quale disastro politico e culturale enduring freedom sta creando sia in casa nostra che nei paesi invitati - sempre "da noi" - a seguire la nostra strada.
E' così difficile che, negli interventi successivi, non se n'è parlato. Complice forse l'assenza di una traduzione dal francese, o più probabilmente per l'impossibilità - per occidentali che ritengono "giusta" (anche) questa guerra - di rispondere alla semplice domanda posta da Sihem: pensate sia possibile difendere la democrazia limitandola?

Sahara cyber-caffè
Dalla Tunisia al Marocco, dall'Arabia Saudita alla Siria
cresce il numero degli internauti,
ma le maglie della censura sono molto strette.

SEBASTIANO TRIULZI

La decisione del Wto di lanciare, in occasione del recente incontro di Doha, un proprio sito in lingua araba (www.wtoarab.org) non cela solo l'affannosa ricerca, da parte dell'organizzazione, di un più ampio consenso, ma è, al contempo, la dimostrazione di una volontà più generale: ovvero quella di superare uno degli ostacoli principali alla diffusione di Internet, il fatto che l'accesso all'informazione sia vincolato, per l'appunto, alla conoscenza di alcune lingue (francese, spagnolo) e primariamente dell'inglese.
Che il fenomeno del web sia in costante crescita nel Medio Oriente o nei paesi del Nord Africa, è attestato da un monitoraggio effettuato nel marzo del 2001 dall'istituto di ricerca Nua: in Marocco gli internauti avevano raggiunto il numero complessivo di 220.000, dai 6.000 che erano nel '98; i naviganti egiziani erano 560.000, a fronte dei 35.520 del '97; in Giordania i connessi oltrepassavano i 200 mila, quando nel '97 erano 11 mila; mentre i sauditi on-line, che nel '99 erano già 112 mila, si attestavano sulla ragguardevole cifra di 570.000. La prolificazione, avvenuta negli ultimi due anni, di siti in arabo o la maggiore diffusione di Internet nelle zone dell'Islam o ancora l'avvento di software in grado di tradurre dall'arabo, non fanno certo decadere quello che è stato chiamato il paradosso della localizzazione: la rete è per eccellenza la percezione di una realtà locale in una società dell'informazione globale in cui l'accesso è ancora condizionato a un sapere ben determinato, costituito da una lingua dominante (l'inglese) e da una serie di soluzioni informatiche e grafiche più o meno note. Tuttavia, sembra farsi strada un pubblico di utenti che vuole, o sa solo, esprimersi e leggere nella propria lingua; ed è a questa ampia fetta della popolazione che il mercato guarda. Si affianca, dunque, alla necessità di una lingua universale, la consapevolezza dell'opportunità di confezionare un messaggio che non sia più solo a esclusivo appannaggio di un pubblico occidentale, e dunque rivolto verso l'esterno, ma che sia anche diretto verso l'interno, verso tutti coloro che possono, per ceto istruzione e cultura, accedere alla rete.
Nel febbraio del 2000, la Banca Mondiale ha deciso di stanziare 500 milioni di dollari per stimolare l'utilizzo della rete nei paesi in via di sviluppo: scopo del finanziamento è offrire aiuti concreti alle aziende che intendono investire su internet. La convinzione è quella di promuovere uno sviluppo sostenibile dell'economia incentivando tout court l'utilizzo delle nuove tecnologie, come se fossero sufficienti a colmare la distanza che li separa dai paesi più industrializzati; e quasi fosse a loro demandato il compito di impedire che si allarghi sempre di più il divario tra il tenore di vita degli occidentali e quello di gran parte della popolazione mondiale.

Università in rete
La realtà è che internet rappresenta effettivamente un fenomeno globale, pur se con un profilo regionale ben distintinguibile. L'avvento del web nei paesi arabi è legato a dinamiche comuni, all'intervento e alla collaborazione di paesi ex-colonizzatori od occidentali. In Tunisia, tutto è iniziato con la connessione tra l'Institut national de recherche en informatique et automatique di Parigi e l'Istituto regionale di scienze informatiche e telecomunicazioni di Tunisi. In Algeria i primi tentativi di utilizzo della rete nascono dalla collaborazione, datata 1994, nell'ambito di un progetto dell'Unesco, tra il Centro nazionale universitario di calcolo elettronico di Pisa e il Centre d'Etude e de Recherche sur l'information scientifique et technique (Cerist) di Algeri. Sempre nello stesso anno, le università del Cairo e di Parigi, come quelle di Teheran e Vienna, si collegavano fra loro, dando vita alle prime trasmissioni telematiche: mentre l'Arabia Saudita si giovava dell'aiuto delle università americane per lo sviluppo della telemedicina. A questi primi vagiti, seguì la creazione di agenzie statali in grado di creare una rete nazionale, di gestire i processi tecnologici ed economici, e di controllare gli accessi alla rete: di fatto, sebbene internet fosse inizialmente gratuito, l'uso era limitato a centri di ricerca accademica e a istituzioni governative. Alla fine del '95, l'Information and decision support center egiziano costituì una rete di informazioni pilota su cultura, turismo, ambiente, formazione, servizi pubblici ed enti locali: questa sperimentazione fece da guida allo sviluppo delle rete nell'intera regione.
Uno dei primi paesi del Golfo Persico a offrire l'accesso pubblico a Internet, fu l'Iran. "Almeno fino al 1998 - spiega Adriano Rossi, docente di filologia iranica e responsabile delle relazioni internazionali all'Orientale di Napoli - il sito dell'università di Teheran era tra i più cliccati. Da due anni ormai non viene più aggiornato". In uno studio condotto dall'International telecommunication union, risulta che, al dicembre 2000, i visitatori iraniani erano circa 250.000 (nello stesso periodo del '99 erano meno della metà) e che la stima del totale dei personal computer presenti nel paese ammontava a tre milioni e mezzo. Quel che pare cambiata è la leadership culturale. "Nella capitale esiste una storica università, quasi unica, simile alla Sapienza di Roma - continua Rossi - ma da qualche anno sono spuntate come funghi altre università, private, chiamate libere università, che spesso portano i nomi dei martiri della rivoluzione. Ce ne sono ormai oltre cento in tutto l'Iran. A differenza di quelle statali, queste università attingono a numerosi fondi. Appartengono in realtà alle fondazioni religiose, che sono organismi molto potenti, sia dal punto di vista economico - poiché possiedono numerosi terreni agricoli e hanno negli ultimi anni investito in capitali finanziari -, sia dal punto di vista politico, poiché costituiscono un vero e proprio blocco di potere. Gli studenti del corano, i famosi taleban, non sono altro che ragazzi attirati nelle università religiose grazie a laute borse di studio".

Barbe e Corano
Simili nella concezione e nella struttura, sebbene di credo sunnita, sono le scuole coraniche del Pakistan, chiamate madrasah: si calcola che, delle circa 45.000 presenti nel paese, più del 15%, prima dell'11 settembre, promuovessero il concetto della jihad. Queste organizzazioni islamiche radicali, nel loro insieme formano un gruppo di pressione molto forte per il governo pakistano. Il 13 giugno scorso, in seguito a violente manifestazioni di protesta, le autorità hanno deciso di chiudere il quotidiano in lingua urdu Mohasib e di arrestarne quattro giornalisti, rei di aver pubblicato un articolo del poeta e scrittore Jamil Yousaf - "La barba e l'Islam" -, in cui veniva contestata la posizione di molti teologi fondamentalisti, per i quali un uomo senza una barba non può essere un buon musulmano; e dove lo scrittore denunciava lo sfruttamento della fede religiosa per fini di lucro. Chiunque sia accusato di blasfemia in Pakistan viene incarcerato e rischia la pena di morte: l'edizione di settembre di Newsweek, che documentava la storia del professor Shaikh Mohammed Younus, condannato a morte per blasfemia contro l'Islam, è uscita in Pakistan in versione "ridotta", decurtata dell'articolo. Secondo il governo di Karachi, "la decisione è stata presa nell'interesse generale del paese": la realtà è che la censura viene usata ampiamente, anche e soprattutto nei confronti del web. Una associazione di giornalisti, la Pakistan Press Foundation, ha denunciato a Reporters Sans Frontières che, fin dal 1996, il più importante internet service provider del paese, la Digicom, chiedeva agli utenti, nel contratto di abbonamento, di autorizzare la polizia a leggere i loro messaggi e imponeva la fornitura della propria carta d'identità. Anche se il governo ha preso recentemente delle iniziative per divulgare internet nel paese, puntando a collegare alla rete 450 città, la scarsa familiarità con la lingua inglese, l'analfabetismo informatico e lo scarso sviluppo delle infrastrutture delle telecomunicazioni, rappresentano le cause principali della poca diffusione di Internet: su una popolazione di 144 milioni, solo 135.000 sono coloro che navigano, a fronte di 13 milioni di radio e di tre milioni di televisori.

Il modello Marocco
La limitata capacità di banda è un problema comune anche ai paesi arabi: fino a qualche tempo fa, in Algeria, ad esempio, vi erano diversi siti, tra cui anche quelli istituzionali del ministero delle finanze o del ministero dell'industria e della ristrutturazione, che non erano ospitati nel dominio nazionale. Il fatto era che il Cerist, che deteneva il monopolio dell'accesso a Internet, era estremamente lento nel rispondere alle richieste dei nuovi utenti: i quali erano così costretti a rivolgersi a provider stranieri. Onde ovviare a questi contrattempi, alcuni paesi hanno aperto il mercato ad operatori privati, imponendo, nella maggioranza dei casi, una legislazione draconiana: l'articolo 14 del decreto sulla telecomunicazioni in Algeria certifica che ogni internet service provider è responsabile del contenuto delle pagine che ospita, ed è tenuto a impedire l'accesso a quei siti che contengano informazioni contrarie alla morale e all'ordine pubblico. La situazione non cambia in Tunisia, dove al codice sulla stampa, in cui viene fortemente limitata la libertà di pubblicazione e dove la diffamazione nei confronti di funzionari e membri del governo è punibile fino a tre anni di carcere, si è unita, nel 1997, la legislazione su Internet: che prevede la sospensione del servizio senza avviso e l'inclusione per gli utenti in liste di abbonati aggiornate mensilmente, ed esclude categoricamente l'uso della crittografia, a meno che non si presenti una domanda apposita al ministero delle comunicazioni.
Diverso è il caso del Marocco: 250 sono i fornitori di accesso ad internet ed è stata parzialmente privatizzata l'azienda di stato delle telecomunicazioni. Gli utenti possono navigare senza restrizioni, dall'ufficio, da casa o dai numerosi cyber-caffè presenti nel paese. Tutti gli abbonati a internet possono, se lo desiderano, essere completamente anonimi: secondo uno studio curato da una agenzia di consulenze con base a Casablanca, il 30% degli utenti marocchini ha fra i 20 e 24 anni, il 65% non sposato ed è in maggioranza di sesso maschile. Sono presenti anche siti, come arso.org, che parlano del Sahara occidentale, in un modo che non potrebbe trovare spazio sulla stampa marocchina. Lo stesso fenomeno è visibile in Giordania, dove i giornali elettronici usufruiscono, rispetto a quelli cartacei, di una maggiore libertà di movimento. Le autorità sembrano più tolleranti: significativo è il caso del giornale Al-Arabi, vietato nel 1998 dalle autorità ma disponibile on-line al sito alquds.co.uk. I giordani si rivolgono al web quando vogliono acquisire una informazione più libera o anche quando desiderano chiacchierare liberamente sulle chats-rooms. In questo senso un nuovo regime delle informazioni sta nascendo accanto al persistere della censura interna: i primi a beneficiare di internet nel mondo arabo sembrano essere stati proprio i media. La maggior parte della stampa, sia in inglese che in arabo, è on-line e la loro presenza costituisce una nuova comunità della comunicazione sopranazionale, aperta a più partecipanti e interattiva.

Il filtro saudita
L'esplosione del fenomeno dei cyber-caffè va inquadrato in questa prospettiva: lo Zapping 2 in Algeria, il Paradise in Giordania, il Caffè Olé in Kuwait, la Rete del Cielo nel Libano, il Caffè del Surfista in Libia, il Caffè Sahara in Arabia Saudita o il Caffè dell'Avana negli Emirati Arabi Uniti, rappresentano l'espressione della volontà di comunicazione e partecipazione al divenire del mondo propria dei giovani arabi. E al tempo stesso prefigurano, quasi ne fossero i vessilli, il costituirsi di una cultura fondata sull'idea di una società aperta alla diversità e alla contaminazione. Persino in Siria, là dove esiste un solo fornitore d'accesso alla rete, la Syrian Telecommunications Establishment, che blocca sistematicamente tutti quei siti di cui considera pericoloso il contenuto (pornografici, israeliani e americani, soprattutto), è un proliferare di cyber-caffè: non solo privati, visto che a Damasco, ce n'è uno gestito dallo stato situato nell'ufficio delle poste. Nello sito del ministero dell'informazione risalta una dichiarazione del presidente Bashar: "Vogliamo che i mass-media diventino un elemento di sviluppo e di cambiamento in ogni aspetto della vita del paese". Il giorno della sua elezione, egli dichiarò che la Siria aveva bisogno di una maggiore apertura al mondo: tempo dopo rimise in libertà 600 prigionieri politici, concesse la pubblicazione del primo quotidiano privato dal 1963, Sawt ash-Sha'b (del Partito comunista siriano), e stabilì che avrebbe dato il via a 200 mila nuove connessioni a internet pubbliche. La realtà è ancora molto lontana dai proclami: quando nel settembre del 2000 un gruppo di intellettuali siriani e libanesi chiese al governo di porre maggiore attenzione nei confronti dei diritti umani e della libertà di stampa, i media siriani non pubblicarono il documento.
Così come accade in Siria, in una società fortemente repressiva quale l'Arabia Saudita, l'esercizio della rete è strettamente vincolato al controllo statale. Sebbene siano 37 le società autorizzate a proporre al pubblico connessioni a internet, tutto il traffico transita dai server della Città delle scienze e della tecnologia. L'Arabia Saudita è infatti uno dei pochi paesi al mondo ad aver costituito un "centro di controllo dell'informazione" che censura siti pornografici, politici, storici e religiosi: ogni mese vengono oscurati 7.000 siti e ogni giorno arrivano dal pubblico 500 richieste di oscuramento, 250 delle quali sono accettate. Gli utenti che tentano di connettersi ai luoghi vietati vengono avvertiti che i tentativi di accesso saranno annotati: nell'agosto del 2000 venne bloccato l'accesso a un forum su Yahoo!, nel quale si discuteva di legge islamica e si criticavano personalità politiche saudite. Poiché il sistema in uso ha difficoltà a distinguere fra devozione e satira, l'Arabia Saudita ha pensato di indire una gara tra alcune compagnie, per lo più americane, produttrici di sistemi di filtraggio. "Il concetto di libertà di parola - ha spiegato Jack Balting, professore di internet filtering all'università di Yale - è in netta contraddizione con l'uso che di questi sistemi di filtraggio faranno i sauditi". Se in Cina Washington è intervenuta diffondendo un programma di istruzione che insegna alla popolazione ad aggirare e superare le barriere imposte dal governo, non altrettanto si è prodigata nella penisola arabica.

Source : Il Manifesto . Du 22 et 25 novembre 2001 .