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Lettre ouverte de Sihem
Bensedrine, porte-parole du CNLT au Président de la République
italienne, Carlo Azeglio Ciampi
Monsieur le Président,
Vous avez récemment visite mon pays, la Tunisie. Vous avez vu ce
qu'on vous a donné à voir. Et vous avez rendu hommage aux "réalisations
économiques, aux conquêtes sociales réalisées ces dix dernières années
"
et salué la "vision" de nos dirigeants "fondée sur les valeurs de
démocratie, de liberté et de droits de l'homme
de pluralisme social, de
liberté de choix individuels, de condition de la femme et de respect des
libertés ". Cette Tunisie de carte postale que vous avez saluée, nous
ne la connaissons pas, nous les Tunisiens, Monsieur le Président. Il
est vrai cependant que nous en entendons parler dans les journaux uniques
et la voyons vantée par les dirigeants occidentaux qui la visitent sans la
voir, sans l'écouter, comme vous, monsieur le Président. Notre Tunisie
à nous ressemble davantage à une grande prison aux barreaux
invisibles. Cette semaine, à notre grand soulagement, l'artiste peintre
Habib Bouabbana a été libéré. Il avait été incarcéré pour avoir
critiqué, dans une soirée privée, le Président de la République. Hier,
un étudiant a eu le crane fracassé et deux autres les jambes et les bras
fracturés par la milice du parti au pouvoir, le RCD, et la police
universitaire pour avoir protégé une urne qui devait révéler les élus dans
un conseil universitaire à Monastir. Un poète, Chaouki Chihi, a été
condamné en février 2001 à six mois de prison ferme qu'il a purgés, pour
avoir osé déclamer un poème insolent à l'égard du couple
présidentiel. J'ai été personnellement incarcérée en juin dernier
durant un mois et demi pour avoir dénoncé, sur une chaîne satellitaire
basée à Londres, la torture, pratiquée systématiquement à l'encontre des
détenus ainsi que le dysfonctionnement de la justice. Les poursuites sont
encore maintenues contre moi. Est-ce ainsi que l'Italie démocratique
entend "la liberté et les droits de l'homme ou
la liberté de choix
individuels" ? En Tunisie, il n'y a aucun journal libre et l'exercice
de la liberté d'association et de réunion est un crime pour lequel on
risque jusqu'à dix ans de prison. Le Président du Mouvement des Démocrates
Socialistes, Monsieur Mohamed Moada, purge actuellement une peine de huit
ans de prison pour avoir critiqué ouvertement le choix sécuritaire de la
politique de Ben Ali. Nos prisons sont sur-occupées et près d'un millier
de prisonniers politiques croupissent dans des conditions indécentes et
inhumaines depuis dix ans. Il est vrai qu'on nous promet de construire de
plus grandes prisons dans le cadre des "réalisations du 7 novembre"
! Quand à la femme tunisienne dont les acquis remontent à 1956 et non
aux acquis des dix dernières années, elle n'a droit qu'au statut de faire
valoir démocratique. Et si elle s'aventure à exercer sa citoyenneté dans
un cadre autonome de la société civile, c'est à la violence physique de la
police politique qu'elle s'expose, comme ce fut le cas pour Madame Khadija
Cherif (dirigeante de l'Association Tunisienne des Femmes Démocrates) en
mars 2001 ou Madame Souheyr Belhassen (vice-présidente de la Ligue des
Droits de l'Homme) en mai 2001.
Monsieur le Président,
Comme vous l'avez souligné, la Tunisie a effectivement quelque chose de
commun avec l'Italie. C'est le dynamisme de son peuple et de ses
opérateurs économique qui remonte, non à dix ans (arrivée au pouvoir de
Ben Ali) mais au moins à l'époque phénicienne. Et qui fait que la Tunisie
a réalisé un taux de croissance régulier de près de 5% depuis au moins 40
ans. Le niveau de l'éducation et des soins de santé de base est également
élevé depuis les années 60. Devrait-on punir les Tunisiens qui doivent
subir une dictature avec l'appui de l'occident et hypothéquer ainsi leur
accès au développement et à la démocratie ? Il faut savoir que ces
performances économiques du peuple tunisien que s'attribue exclusivement
le pouvoir sont aujourd'hui menacées par une dérive mafieuse doublée d'une
dérive sécuritaire. Devrait-on accepter que la prospérité économique soit
utilisée pour confisquer l'espace public et légitimer la dictature ?
Monsieur le Président,
Vous avez dit, a juste titre, que "nous n'aurons pas de stabilité et de
sécurité dans le monde tant que nous n'aurons pas refusé au terrorisme un
droit de cité dans la communauté des nations ". Est-ce que vous
réalisez que dans l'aire géographique qui produit le terrorisme islamiste,
il n'y a pas une seule démocratie ? Que toutes les dictatures du monde
arabo-islamiste sont ou étaient les alliés inconditionnels de l'occident
et se sont maintenues au pouvoir en asservissant leurs peuples grâce à
l'appui des démocraties occidentales ? Réalisez-vous que ces dictatures
sont les fabricants du terrorisme, parce qu'il n'y a dans ces pays aucune
voie d'expression pacifique des idées différentes ?
Monsieur le Président,
Je ne suis pas sûre que la Méditerranée puisse nous unir, comme vous
l'avez souhaité dans votre déclaration, quand ceux de la rive nord pensent
que la démocratie est un luxe pour ceux de la rive sud.
Tunis, le 4 novembre 2001
Sihem Bensedrine Journaliste et
Porte-parole du Conseil National pour les Libertés en
Tunisie.
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Démocraties à temps
partiel La restriction des droits en Occident joue en faveur des
dictateurs Traduction : Omar
Khayyam
Temps de guerre, temps difficiles pour les droits civils. Surtout
lorsqu'on affirme que la guerre a pour objectif - entre autres - la
"défense de la démocratie et des droits humains". Le paradoxe, on pouvait
le palper hier, durant le colloque organisé au siège principal de la
Région de Lazio, à la rue du 4 novembre. On devait y débattre la
"défense des droits civils, avant et après le 11 septembre", avec
l'ex-juge Emanuele Macaluso et d'autres représentants des institutions
locales. L'invitée principale était, cependant, la journaliste Sihem Ben
Sedrine, présidente de la Ligue tunisienne des droits de l'homme,
incarcérée pour avoir participé à un programme de télé à Londres durant
lequel elle avait dénoncé l'usage systématique de la torture et la
corruption du gouvernement de son pays. Elargie le 11 août grâce à la
pression exercée par l'opinion publique internationale - plus de 200
avocats, tunisiens et étrangers se sont spontanément engagés à la défendre
- elle est, cependant, toujours poursuivie par la justice. Un groupe d' "
hommes de main " (sûrement des agents de la police) avait opéré une
intervention musclée pour empêcher la réception organisée à l'occasion de
sa libération et l'a agressée, elle et ses invités. Elle est, en quelque
sorte, une figure emblématique de la lutte pour la démocratie en Tunisie.
C'est pour cette, mais pas unique raison qu'elle a été candidate du prix
Sakharov 2001. Eh bien, cette personne connue à l'échelle mondiale a
débarqué il y a deux jours à l'aéroport de Fiumicino "comme une
terroriste", car "arabe". Tous ses bagages ont été contrôlés - elle peut
comprendre les raisons a-t-lle dit - "mais aussi tout le matériel écrit"
(documents, journaux, agendas). Alors là la compréhension cède la place à
l'indignation. "Est-ce vrai que vous avez amendé vos lois au point de les
rendre liberticides, et peu respectueuses de la privacy?". La deuxième
réflexion qu'elle a apportée est encore plus déroutante pour les
bellicistes que nous sommes: "Notre tentative de construire la démocratie
doit s'appuyer sur votre modèle, vous considérer comme des exemples à
suivre. Mais si vous adoptez des lois liberticides, invoquant le prétexte
de la 'lutte contre le terrorisme', nos dictateurs vous suivront avec
enthousiasme. Mais qui sont pour eux les terroristes en Tunisie? Ce sont
nous, qui nous nous battons pour les droits humains". Il est difficile
d'en dire mieux sur le désastre politique et culturel que enduring freedom
est en train de provoquer, que ce soit chez nous ou dans les pays exhortés
- toujours "par nous " - à nous emboîter le pas. La question est
tellement difficile que, pendant les interventions suivante, on n'en a pas
parlé. L'absence d'une traduction du français y était pour quelque chose
ou encore plus vraisemblablement l'impossibilité - pour des Occidentaux
qui considèrent cette guerre ( aussi) comme "juste" - de répondre à la
simple question posée par Sihem: Vous pensez qu'il est possible de
défendre la démocratie en la restreignant?

Democrazie
part-time La restrizione dei diritti in Occidente favorisce i
dittatori FRANCESCO PICCIONI
Tempi di guerra, tempi duri per i diritti civili. Specie se si
afferma che la guerra ha per obiettivo - tra l'altro - la "difesa della
democrazia e dei diritti umani". Il paradosso lo si poteva toccare con
mano, ieri, nel convegno organizzato nella centralissima sede della
Regione Lazio, in via IV novembre. Si doveva discutere della "difesa
dei diritti civili, prima e dopo l'11 settembre", con l'ex giudice
Imposimato, Emanuele Macaluso e altri rappresentanti delle istituzioni
locali. L'ospite principale era però la giornalista Sihem Ben Sedrine,
presidente della Lega tunisina di diritti dell'uomo, arrestata per aver
partecipato a una programma televisivo a Londra in cui aveva denunciato
l'uso sistematico della tortura e la corruzione del governo del suo paese.
Scarcerata l'11 agosto dalla pressione dell'opinione pubblica
internazionale - oltre 200 avvocati, tunisini e non, si erano offerti
spontaneamente di difenderla - è comunque ancora sotto processo. Alla
festa organizzata per la sua scarcerazione si sono però presentati un
gruppo di mazzieri (governativi, è lecito presumere), che hanno aggredito
lei e altri invitati. Una bandiera della lotta per democrazia in Tunisia,
insomma. Anche per questo, ma non solo, è stata candidata al premio
Sacharov 2001. Bene. Questa persona internazionalmente nota sbarca
l'altroieri a Fiumicino e viene trattata "come una terrorista", in quanto
"araba". Le sono stati controllati tutti i bagagli - e questo lo capiva,
ha detto - "ma anche tutte le carte" (documenti, giornali, agende). E qui
la comprensione ha ceduto il posto all'indignazione. "Possibile che
abbiate cambiato le vostre leggi al punto da farne di così liberticide,
che non rispettano in nulla la privacy?". La seconda riflessione che ha
portato è ancora più devastante per i bellicisti nostrani: "Il nostro
tentativo di costruire la democrazia deve appoggiarsi sul vostro esempio,
prendervi a modello. Ma se voi fate leggi liberticide, col pretesto della
'lotta al terrorismo', i nostri dittatori vi seguiranno con entusiasmo. Ma
chi sono per loro i terroristi in Tunisia? Siamo noi, quelli che si
battono per i diritti umani". E' difficile dire meglio quale disastro
politico e culturale enduring freedom sta creando sia in casa nostra che
nei paesi invitati - sempre "da noi" - a seguire la nostra strada. E'
così difficile che, negli interventi successivi, non se n'è parlato.
Complice forse l'assenza di una traduzione dal francese, o più
probabilmente per l'impossibilità - per occidentali che ritengono "giusta"
(anche) questa guerra - di rispondere alla semplice domanda posta da
Sihem: pensate sia possibile difendere la democrazia limitandola?

Sahara cyber-caffè Dalla Tunisia
al Marocco, dall'Arabia Saudita alla Siria cresce il numero degli
internauti, ma le maglie della censura sono molto strette.
SEBASTIANO TRIULZI
La decisione del Wto di lanciare, in occasione del recente incontro di
Doha, un proprio sito in lingua araba (www.wtoarab.org) non cela solo
l'affannosa ricerca, da parte dell'organizzazione, di un più ampio
consenso, ma è, al contempo, la dimostrazione di una volontà più generale:
ovvero quella di superare uno degli ostacoli principali alla diffusione di
Internet, il fatto che l'accesso all'informazione sia vincolato, per
l'appunto, alla conoscenza di alcune lingue (francese, spagnolo) e
primariamente dell'inglese. Che il fenomeno del web sia in costante
crescita nel Medio Oriente o nei paesi del Nord Africa, è attestato da un
monitoraggio effettuato nel marzo del 2001 dall'istituto di ricerca Nua:
in Marocco gli internauti avevano raggiunto il numero complessivo di
220.000, dai 6.000 che erano nel '98; i naviganti egiziani erano 560.000,
a fronte dei 35.520 del '97; in Giordania i connessi oltrepassavano i 200
mila, quando nel '97 erano 11 mila; mentre i sauditi on-line, che nel '99
erano già 112 mila, si attestavano sulla ragguardevole cifra di 570.000.
La prolificazione, avvenuta negli ultimi due anni, di siti in arabo o la
maggiore diffusione di Internet nelle zone dell'Islam o ancora l'avvento
di software in grado di tradurre dall'arabo, non fanno certo decadere
quello che è stato chiamato il paradosso della localizzazione: la rete è
per eccellenza la percezione di una realtà locale in una società
dell'informazione globale in cui l'accesso è ancora condizionato a un
sapere ben determinato, costituito da una lingua dominante (l'inglese) e
da una serie di soluzioni informatiche e grafiche più o meno note.
Tuttavia, sembra farsi strada un pubblico di utenti che vuole, o sa solo,
esprimersi e leggere nella propria lingua; ed è a questa ampia fetta della
popolazione che il mercato guarda. Si affianca, dunque, alla necessità di
una lingua universale, la consapevolezza dell'opportunità di confezionare
un messaggio che non sia più solo a esclusivo appannaggio di un pubblico
occidentale, e dunque rivolto verso l'esterno, ma che sia anche diretto
verso l'interno, verso tutti coloro che possono, per ceto istruzione e
cultura, accedere alla rete. Nel febbraio del 2000, la Banca Mondiale
ha deciso di stanziare 500 milioni di dollari per stimolare l'utilizzo
della rete nei paesi in via di sviluppo: scopo del finanziamento è offrire
aiuti concreti alle aziende che intendono investire su internet. La
convinzione è quella di promuovere uno sviluppo sostenibile dell'economia
incentivando tout court l'utilizzo delle nuove tecnologie, come se fossero
sufficienti a colmare la distanza che li separa dai paesi più
industrializzati; e quasi fosse a loro demandato il compito di impedire
che si allarghi sempre di più il divario tra il tenore di vita degli
occidentali e quello di gran parte della popolazione mondiale.
Università in rete La realtà è che internet
rappresenta effettivamente un fenomeno globale, pur se con un profilo
regionale ben distintinguibile. L'avvento del web nei paesi arabi è legato
a dinamiche comuni, all'intervento e alla collaborazione di paesi
ex-colonizzatori od occidentali. In Tunisia, tutto è iniziato con la
connessione tra l'Institut national de recherche en informatique et
automatique di Parigi e l'Istituto regionale di scienze informatiche e
telecomunicazioni di Tunisi. In Algeria i primi tentativi di utilizzo
della rete nascono dalla collaborazione, datata 1994, nell'ambito di un
progetto dell'Unesco, tra il Centro nazionale universitario di calcolo
elettronico di Pisa e il Centre d'Etude e de Recherche sur l'information
scientifique et technique (Cerist) di Algeri. Sempre nello stesso anno, le
università del Cairo e di Parigi, come quelle di Teheran e Vienna, si
collegavano fra loro, dando vita alle prime trasmissioni telematiche:
mentre l'Arabia Saudita si giovava dell'aiuto delle università americane
per lo sviluppo della telemedicina. A questi primi vagiti, seguì la
creazione di agenzie statali in grado di creare una rete nazionale, di
gestire i processi tecnologici ed economici, e di controllare gli accessi
alla rete: di fatto, sebbene internet fosse inizialmente gratuito, l'uso
era limitato a centri di ricerca accademica e a istituzioni governative.
Alla fine del '95, l'Information and decision support center egiziano
costituì una rete di informazioni pilota su cultura, turismo, ambiente,
formazione, servizi pubblici ed enti locali: questa sperimentazione fece
da guida allo sviluppo delle rete nell'intera regione. Uno dei primi
paesi del Golfo Persico a offrire l'accesso pubblico a Internet, fu
l'Iran. "Almeno fino al 1998 - spiega Adriano Rossi, docente di filologia
iranica e responsabile delle relazioni internazionali all'Orientale di
Napoli - il sito dell'università di Teheran era tra i più cliccati. Da due
anni ormai non viene più aggiornato". In uno studio condotto
dall'International telecommunication union, risulta che, al dicembre 2000,
i visitatori iraniani erano circa 250.000 (nello stesso periodo del '99
erano meno della metà) e che la stima del totale dei personal computer
presenti nel paese ammontava a tre milioni e mezzo. Quel che pare cambiata
è la leadership culturale. "Nella capitale esiste una storica università,
quasi unica, simile alla Sapienza di Roma - continua Rossi - ma da qualche
anno sono spuntate come funghi altre università, private, chiamate libere
università, che spesso portano i nomi dei martiri della rivoluzione. Ce ne
sono ormai oltre cento in tutto l'Iran. A differenza di quelle statali,
queste università attingono a numerosi fondi. Appartengono in realtà alle
fondazioni religiose, che sono organismi molto potenti, sia dal punto di
vista economico - poiché possiedono numerosi terreni agricoli e hanno
negli ultimi anni investito in capitali finanziari -, sia dal punto di
vista politico, poiché costituiscono un vero e proprio blocco di potere.
Gli studenti del corano, i famosi taleban, non sono altro che ragazzi
attirati nelle università religiose grazie a laute borse di studio".
Barbe e Corano Simili nella concezione e nella
struttura, sebbene di credo sunnita, sono le scuole coraniche del
Pakistan, chiamate madrasah: si calcola che, delle circa 45.000 presenti
nel paese, più del 15%, prima dell'11 settembre, promuovessero il concetto
della jihad. Queste organizzazioni islamiche radicali, nel loro insieme
formano un gruppo di pressione molto forte per il governo pakistano. Il 13
giugno scorso, in seguito a violente manifestazioni di protesta, le
autorità hanno deciso di chiudere il quotidiano in lingua urdu Mohasib e
di arrestarne quattro giornalisti, rei di aver pubblicato un articolo del
poeta e scrittore Jamil Yousaf - "La barba e l'Islam" -, in cui veniva
contestata la posizione di molti teologi fondamentalisti, per i quali un
uomo senza una barba non può essere un buon musulmano; e dove lo scrittore
denunciava lo sfruttamento della fede religiosa per fini di lucro.
Chiunque sia accusato di blasfemia in Pakistan viene incarcerato e rischia
la pena di morte: l'edizione di settembre di Newsweek, che documentava la
storia del professor Shaikh Mohammed Younus, condannato a morte per
blasfemia contro l'Islam, è uscita in Pakistan in versione "ridotta",
decurtata dell'articolo. Secondo il governo di Karachi, "la decisione è
stata presa nell'interesse generale del paese": la realtà è che la censura
viene usata ampiamente, anche e soprattutto nei confronti del web. Una
associazione di giornalisti, la Pakistan Press Foundation, ha denunciato a
Reporters Sans Frontières che, fin dal 1996, il più importante internet
service provider del paese, la Digicom, chiedeva agli utenti, nel
contratto di abbonamento, di autorizzare la polizia a leggere i loro
messaggi e imponeva la fornitura della propria carta d'identità. Anche se
il governo ha preso recentemente delle iniziative per divulgare internet
nel paese, puntando a collegare alla rete 450 città, la scarsa familiarità
con la lingua inglese, l'analfabetismo informatico e lo scarso sviluppo
delle infrastrutture delle telecomunicazioni, rappresentano le cause
principali della poca diffusione di Internet: su una popolazione di 144
milioni, solo 135.000 sono coloro che navigano, a fronte di 13 milioni di
radio e di tre milioni di televisori.
Il modello Marocco La limitata capacità di
banda è un problema comune anche ai paesi arabi: fino a qualche tempo fa,
in Algeria, ad esempio, vi erano diversi siti, tra cui anche quelli
istituzionali del ministero delle finanze o del ministero dell'industria e
della ristrutturazione, che non erano ospitati nel dominio nazionale. Il
fatto era che il Cerist, che deteneva il monopolio dell'accesso a
Internet, era estremamente lento nel rispondere alle richieste dei nuovi
utenti: i quali erano così costretti a rivolgersi a provider stranieri.
Onde ovviare a questi contrattempi, alcuni paesi hanno aperto il mercato
ad operatori privati, imponendo, nella maggioranza dei casi, una
legislazione draconiana: l'articolo 14 del decreto sulla telecomunicazioni
in Algeria certifica che ogni internet service provider è responsabile del
contenuto delle pagine che ospita, ed è tenuto a impedire l'accesso a quei
siti che contengano informazioni contrarie alla morale e all'ordine
pubblico. La situazione non cambia in Tunisia, dove al codice sulla
stampa, in cui viene fortemente limitata la libertà di pubblicazione e
dove la diffamazione nei confronti di funzionari e membri del governo è
punibile fino a tre anni di carcere, si è unita, nel 1997, la legislazione
su Internet: che prevede la sospensione del servizio senza avviso e
l'inclusione per gli utenti in liste di abbonati aggiornate mensilmente,
ed esclude categoricamente l'uso della crittografia, a meno che non si
presenti una domanda apposita al ministero delle comunicazioni. Diverso
è il caso del Marocco: 250 sono i fornitori di accesso ad internet ed è
stata parzialmente privatizzata l'azienda di stato delle
telecomunicazioni. Gli utenti possono navigare senza restrizioni,
dall'ufficio, da casa o dai numerosi cyber-caffè presenti nel paese. Tutti
gli abbonati a internet possono, se lo desiderano, essere completamente
anonimi: secondo uno studio curato da una agenzia di consulenze con base a
Casablanca, il 30% degli utenti marocchini ha fra i 20 e 24 anni, il 65%
non sposato ed è in maggioranza di sesso maschile. Sono presenti anche
siti, come arso.org, che parlano del Sahara occidentale, in un modo che
non potrebbe trovare spazio sulla stampa marocchina. Lo stesso fenomeno è
visibile in Giordania, dove i giornali elettronici usufruiscono, rispetto
a quelli cartacei, di una maggiore libertà di movimento. Le autorità
sembrano più tolleranti: significativo è il caso del giornale Al-Arabi,
vietato nel 1998 dalle autorità ma disponibile on-line al sito
alquds.co.uk. I giordani si rivolgono al web quando vogliono acquisire una
informazione più libera o anche quando desiderano chiacchierare
liberamente sulle chats-rooms. In questo senso un nuovo regime delle
informazioni sta nascendo accanto al persistere della censura interna: i
primi a beneficiare di internet nel mondo arabo sembrano essere stati
proprio i media. La maggior parte della stampa, sia in inglese che in
arabo, è on-line e la loro presenza costituisce una nuova comunità della
comunicazione sopranazionale, aperta a più partecipanti e interattiva.
Il filtro saudita L'esplosione del fenomeno dei
cyber-caffè va inquadrato in questa prospettiva: lo Zapping 2 in Algeria,
il Paradise in Giordania, il Caffè Olé in Kuwait, la Rete del Cielo nel
Libano, il Caffè del Surfista in Libia, il Caffè Sahara in Arabia Saudita
o il Caffè dell'Avana negli Emirati Arabi Uniti, rappresentano
l'espressione della volontà di comunicazione e partecipazione al divenire
del mondo propria dei giovani arabi. E al tempo stesso prefigurano, quasi
ne fossero i vessilli, il costituirsi di una cultura fondata sull'idea di
una società aperta alla diversità e alla contaminazione. Persino in Siria,
là dove esiste un solo fornitore d'accesso alla rete, la Syrian
Telecommunications Establishment, che blocca sistematicamente tutti quei
siti di cui considera pericoloso il contenuto (pornografici, israeliani e
americani, soprattutto), è un proliferare di cyber-caffè: non solo
privati, visto che a Damasco, ce n'è uno gestito dallo stato situato
nell'ufficio delle poste. Nello sito del ministero dell'informazione
risalta una dichiarazione del presidente Bashar: "Vogliamo che i
mass-media diventino un elemento di sviluppo e di cambiamento in ogni
aspetto della vita del paese". Il giorno della sua elezione, egli dichiarò
che la Siria aveva bisogno di una maggiore apertura al mondo: tempo dopo
rimise in libertà 600 prigionieri politici, concesse la pubblicazione del
primo quotidiano privato dal 1963, Sawt ash-Sha'b (del Partito comunista
siriano), e stabilì che avrebbe dato il via a 200 mila nuove connessioni a
internet pubbliche. La realtà è ancora molto lontana dai proclami: quando
nel settembre del 2000 un gruppo di intellettuali siriani e libanesi
chiese al governo di porre maggiore attenzione nei confronti dei diritti
umani e della libertà di stampa, i media siriani non pubblicarono il
documento. Così come accade in Siria, in una società fortemente
repressiva quale l'Arabia Saudita, l'esercizio della rete è strettamente
vincolato al controllo statale. Sebbene siano 37 le società autorizzate a
proporre al pubblico connessioni a internet, tutto il traffico transita
dai server della Città delle scienze e della tecnologia. L'Arabia Saudita
è infatti uno dei pochi paesi al mondo ad aver costituito un "centro di
controllo dell'informazione" che censura siti pornografici, politici,
storici e religiosi: ogni mese vengono oscurati 7.000 siti e ogni giorno
arrivano dal pubblico 500 richieste di oscuramento, 250 delle quali sono
accettate. Gli utenti che tentano di connettersi ai luoghi vietati vengono
avvertiti che i tentativi di accesso saranno annotati: nell'agosto del
2000 venne bloccato l'accesso a un forum su Yahoo!, nel quale si discuteva
di legge islamica e si criticavano personalità politiche saudite. Poiché
il sistema in uso ha difficoltà a distinguere fra devozione e satira,
l'Arabia Saudita ha pensato di indire una gara tra alcune compagnie, per
lo più americane, produttrici di sistemi di filtraggio. "Il concetto di
libertà di parola - ha spiegato Jack Balting, professore di internet
filtering all'università di Yale - è in netta contraddizione con l'uso che
di questi sistemi di filtraggio faranno i sauditi". Se in Cina Washington
è intervenuta diffondendo un programma di istruzione che insegna alla
popolazione ad aggirare e superare le barriere imposte dal governo, non
altrettanto si è prodigata nella penisola arabica.
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