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| Samedi premier décembre 2001 aprés J.C. | ||
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| CIJ - Jeudi 29 novembre 2001 . | ||
L'interdiction de voyager qui frappait l'opposant tunisien Moncef Marzouki a été levée mercredi par le procureur de la République de la cour d'appel de Tunis, a annoncé vendredi son avocat, Me Samir Ben Amor. Cette mesure intervient peu avant l'arrivée à Tunis du président français Jacques Chirac qui effectue ce week-end une tournée éclair au Maghreb. M. Chirac avait été sollicité par des députés européens pour intervenir en faveur du Dr Marzouki auprès du président Zine El Abidine Ben Ali lors de son passage samedi à Tunis. Ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH), M. Marzouki, âgé de 55 ans, avait été condamné en décembre 2000 à un an de prison pour ''appartenance à une association illégale'', le Conseil national des libertés en Tunisie (CNLT, non reconnu) et ''diffusion de fausses nouvelles de nature à troubler l'ordre public''. Fin septembre dernier, la cour d'appel de Tunis avait confirmé la peine mais en l'assortissant d'un sursis. Pour le Dr Marzouki, qui a perdu son poste de professeur à la faculté de médecine de Sousse il y a deux ans pour ''abandon de poste'' selon les autorités, cette mesure n'est qu'une ''petite réparation d'une somme d'injustices dont (il se dit) victime tout comme de nombreux Tunisiens''. Il a annoncé qu'il envisagerait de se rendre en France la semaine prochaine pour enseigner à la faculté de médecine de Bobigny où un poste de professeur associé lui a été attribué. ''Mais je continuerai mon combat pour la liberté et les droits de l'homme'', a-t-il ajouté. | ||
| Associated Press. Tunis, vendredi 30 novembre 2001 . | ||
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Monsieur Jacques CHIRAC Bruxelles, le 28 novembre 2001 Monsieur le Président, Au moment où vous vous apprêtez à rencontrer le Président de la République de Tunisie Monsieur Zine El Abidine Ben Ali, nous souhaitons attirer votre attention sur la situation faite au Docteur Moncef Marzouki. Le Docteur Marzouki, ancien Président de la Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme, la plus ancienne du Monde Arabe, Professeur de santé publique de réputation internationale, est actuellement l'objet d'un incroyable harcèlement des autorités tunisiennes en raison de son combat pour les libertés et les droits de l'Homme en Tunisie. Condamné à un an de prison avec sursis, privé de son poste à l'Université de médecine de Sousse depuis deux ans, suivi dans le moindre de ses déplacements et surveillé à chaque instant par des hommes en civil, le Professeur Marzouki s'est vu refuser le droit de quitter le territoire tunisien et de rejoindre le poste de Professeur associé qui lui a été attribué à la Faculté de médecine de Bobigny. La situation faite au Docteur Marzouki est à la fois indigne, totalement injustifiable et contraire à tous les engagements internationaux de la Tunisie en matière de respect des libertés individuelles. Votre déplacement s'inscrit dans le contexte du renforcement de la coopération internationale dans la lutte contre le terrorisme. Pour l'Union européenne et ses Etats membres, celle-ci ne peut être menée qu'au nom des principes démocratiques, du respect des droits des personnes, du refus de l'arbitraire, de la violence et du fanatisme. C'est parce que toute sa vie militante et professionnelle a été marquée par la défense pacifique et obstinée de ces idéaux que nous avons été nombreux au Parlement européen, par delà les frontières politiques, à parrainer il y a plusieurs mois l'attribution du " Passeport de la Liberté " au Docteur Marzouki. C'est parce qu'il est une figure exemplaire du combat pour les droits de l'Homme et la démocratie dans le Monde Arabe que nous devons être plus que jamais à ses côtés aujourd'hui. Quel insupportable paradoxe si la lutte contre le terrorisme servait dans certains pays à réprimer dans l'indifférence internationale les défenseurs des Droits de l'Homme et des Libertés démocratiques. C'est pour cela que nous nous tournons vers vous Monsieur le Président, et que nous vous demandons d'intervenir auprès du Président Ben Ali afin que cesse le harcèlement à l'encontre du Docteur Marzouki, que sa liberté de circulation soit rétablie, qu'il puisse rejoindre son poste de Professeur à la faculté de médecine de Bobigny et que la condamnation à un an de prison avec sursis qui a été prononcée contre lui soit abrogée. Dans cette attente, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de notre plus haute considération.
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| Bruxelles, vendredi 28 novembre 2001 . | ||
Secrétariat international Bureau Maghreb et Moyen-Orient 5, rue Geoffroy Marie - 75009 Paris - France Tél : (33) 1 44 83 84 64 Fax : (33) 1 45 23 11 51 E-mail : moyen-orient@rsf.fr Web : www.rsf.fr Lettre ouverte Monsieur Jacques Chirac
Monsieur le Président, A l'occasion de votre prochain voyage au Maghreb les 1er et 2 décembre, nous souhaiterions porter à votre connaissance des éléments sur la situation de la liberté de la presse en Tunisie et au Maroc. En Tunisie, la situation de la liberté de la presse ne fait qu'empirer
depuis un an et demi.
Nous vous saurions gré, Monsieur le Président, de bien vouloir aborder ces sujets lors de vos entretiens avec Monsieur Zine el-Abidine Ben Ali et Sa Majesté Mohammed VI. Connaissant votre attachement à la liberté de la presse, nous ne doutons pas que vous interviendrez auprès de vos hôtes pour défendre ce droit. Je vous remercie de l'appui que vous voudrez bien apporter à notre demande et je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma très haute considération. Robert Ménard Virginie Locussol (moyen-orient@rsf.org /
middle-east@rsf.org) Reporters sans frontières / Reporters Without
Borders | ||
| Paris, jeudi 29 novembre 2001 . | ||
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Tandis quun journal reparaît à Kaboul, ce qui est une bonne nouvelle,
à Rabat, au contraire, le palais, via le parquet, décide de nouveau de
frapper la presse. En effet, les responsables du "Journal" et de "Demain
Magazine" ont été condamnés à de la prison ferme pour des peccadilles. Si
les premiers ont fait appel du jugement, Ali Lmrabet a, lui, décidé de ne
pas jouer avec cette justice servile. Samedi 1er décembre 2001, le
directeur de "Demain" pourrait se retrouver sous les verrous, si le
pouvoir marocain, conscient de cette mauvaise publicité, ne change pas
davis. Certes, il existe encore un abîme entre, disons, la Tunisie - où
toute presse indépendante est impossible - et le Maroc, où elle est
tolérée, menacée, contrôlée. Mais, en regard des espoirs quavait suscités
le nouveau roi, force est de constater que le bilan est décevant, tant sur
le plan des libertés que des droits de lhomme en général. Philippe Thureau-Dangin Forum ettounsi A la recherche de la Tunisie nouvelle Quand jai quitté Casablanca et le "faste" marocain pour aller
rejoindre le journaliste Taoufik Ben Brik, qui revenait le 7 septembre en
Tunisie après un court exil à Paris et une grève de la faim de cinq
semaines, je m'attendais à être fraîchement accueilli par les policiers de
la petite dictature tunisienne. Un an auparavant, pour avoir écrit un
violent réquisitoire contre le président Ben Ali, j'avais eu droit à la
visite d'un commis de l'ambassade tunisienne à Rabat, qui m'avait prévenu
de ne pas songer à aller bronzer sous les palmiers du pays. "Nous sommes seuls, et le régime a repris du poil de la bête" Le soir, comme prévu, je vais à la rencontre des Tunisiens de Taoufik
Ben Brik, c'est-à-dire des derniers Gaulois fous qui résistent encore au
rouleau compresseur de Ben Ali, le "Combattant minime". Dans le local de
la Maison d'édition Aloes, une demeure de style mauresque située dans un
quartier populaire, il y a foule. Il y a bien évidemment Sihem Ben
Sedrine, la maîtresse des lieux, une petite femme énergique qui, en dépit
des interdictions et des menaces, continue de faire son métier d'éditeur,
même si le dernier livre de Taoufik Ben Brik en arabe est interdit et
bloqué à l'imprimerie. "Je suis un éditeur sans livres", dit-elle en
souriant. Il y a aussi Radhia Nasraoui, avocate et épouse de Hamma
Hammami, secrétaire général du PCOT. Mme Nasraoui, en larmes, se lance
dans un vigoureux plaidoyer pour la démocratisation de son pays. "Nous
sommes seuls, et le régime a repris du poil de la bête. Aidez-nous." Plus
loin, Mustapha Ben Jaafar, le secrétaire général du Forum Démocratique, un
parti illégal, tente d'expliquer aux journalistes français, que le fait
qu'il y ait à Tunis une avenue de la Liberté ne signifie nullement qu'il y
ait réellement de la liberté. Raisonnement logique. "Le journalisme est mort en Tunisie. Mort et enterré" Alors que je réponds à une question sur M6 [Mohamed VI] et la "nouvelle
ère" marocaine, j'aperçois deux "confrères" titubant et marchant
difficilement vers la sortie. Je me force à croire que ces deux gaillards
sont des irréductibles au régime et qu'ils sont dans cet état à cause de
leur opposition acharnée à Ben Ali. En réalité, nos deux amis sont
complètement bourrés et, quand ils sortent du bar, le patron les suit des
yeux afin de s'assurer qu'ils ne vont pas tomber dans les escaliers.
Triste fin, me dis-je, pour cette race de seigneurs de la plume qui a
perdu ses plumes. Ali Lmrabet | ||
| Source : Courrierinternational . | ||
Profil dun journaliste
controversé Ali Lmrabet, directeur de la publication de Demain, est chargé de tous les mots. Agent du Mossad, pour les uns, à la solde des services français et espagnols pour les autres. Journaliste excessif, ce Rifain nest pas du genre à avoir sa langue dans la poche. Cest peut-être pour cela quil a suscité des animosités partout Par Abdellatif EL AZIZI
Selon les Islamistes du Parti de la justice et du développement, Ali
Lmrabet serait un agent du Mossad. Avec une titraille musclée, Al Asr et
Attajdid, deux hebdomadaires islamistes, ont fait leurs choux gras de
lentretien accordé par le directeur de lhebdomadaire Demain à la chaîne
de télévision qatarie Al Jazeera, il y a trois semaines de cela. Accusations Goût Excès | ||
| Maroc Hebdo international n°440 page 33 . | ||
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Ali, si un jour il n'y a plus d'emmerdes, tu seras dans la merde, tu
t'emmerderas comme un poux et tu emmerderas le monde. Ils se gourent les
bougres en te menaçant de te mettre au trou. C'est une cage qu'il te faut.
Ils ne savent pas que c'est justement ce que tu cherches, et pan, ils sont
tombés dans le panneau. T'incarcérer, la belle affaire : comme si ton
Maroc n'est pas déjà une immense prison sans barreaux. Taoufik Ben Brik | ||
| Envoi de Kawselkarama. Samedi premier décembre 2001 . | ||
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Voici quelques pages de ma jeunesse tunisienne Après m'avoir interdit d'exercer ma liberté d'expression et d'association, au même titre que mes collègues les militants du Parti Social Libéral (PSL) - Direction Légitime -, le régime tunisien s'en est pris à ma liberté de circulation. Ainsi successivement le 14 mai et le 16 septembre 2001, j'ai été arbitrairement empêché d'embarquer, respectivement pour la Turquie et la France, où je devais me rendre, à l'invitation d'organisations de jeunesse oeuvrant pour le dialogue entre les cultures la tolérance et la paix. En m'appliquant ces méthodes liberticides l'Etat Parti voulait en vain, étouffer à jamais l'aspiration pour la réforme du PSL, portée notamment par les militantes de et les militants de l'Organisation de la Jeunesse Sociale Libérale (OJSL). Dans ce cadre je voudrais signaler le cas du président légitime du PSL, le professeur Mondher THABET, objet d'un harcèlement caractérisé depuis le 27 février 1999. La police politique lui a demandé en plus de la suspension de ses contacts avec l'Internationale Libérale de rendre publique sa démission du PSL, en tant que militant de base et ce afin de le jeter irréversiblement dans l'isolement et le discrédit. Il paye désormais le prix de son intégrité, après avoir refusé de souscrire aux compromissions qui lui ont été proposées depuis le déclenchement du mouvement de réforme du PSL. Les membres de la direction légitime du PSL auraient même été menacés de poursuites judiciaires s'ils persistaient à afficher publiquement leurs qualités partisanes. Moi-même je fut arrêté le 27 février 1999 par la police politique qui m'imposa au terme d'une pénible séance de mauvais traitement de rendre publique ma démission de la vie politique en général(1) faute d'avoir accepté la réintégration du PSL, sous la direction illégitime de l'amie du général ben ali. Les circonstances dans lesquelles mes collègues du bureau légitime de
l'OJSL et moi-même avons été privés de notre organisation, étaient d'une
gravité telle, que nous ne puissions nous y opposer frontalement sans
encourir les pires représailles. C'est pourquoi après avoir recouvert mon
droit à la libre circulation et ma liberté d'expression, grâce à un élan
soutenu de solidarité citoyenne, plus que jamais, je suis déterminé à
faire connaître davantage, au monde libre, la réalité alarmante de la
jeunesse tunisienne. Trois mois après en avoir formulé la demande aux autorités compétentes j'ai obtenu un titre de voyage. Via le Maroc j'allais me rendre au Sénégal où mes homologues les militants de l'Union de la Jeunesse Libérale Travailliste (UJTL) devaient m'attendre (selon une lettre de M.Djibril SAMBO*), Or arrivé le 20 août 1999 au Maroc, j'y suis resté à l'insu de mon gré, arbitrairement bloqué, jusqu'au 20 octobre 1999, après avoir été injustement refoulé de Malte. La coopération entre les services de police politique tunisienne et
marocaine (le tortionnaire Driss El BASSRI était encore Ministre de
l'Intérieur au Maroc) s'est soldée par mon blocage au Maroc où je fut à
deux reprises empêcher de franchir la frontière Maroc-Mauritanie (Dakhla)
alors que j'ai été porteur d'une lettre de recommandation pour prise en
charge, adressée de la part de M.Djibril SAMBOU au président de
l'organisation des jeunesses libérales Africaines (OJLA) membre de
l'IFLRY, le député Modou Diagne FADA. Au cours de mon séjour au Maroc, la
police politique m'a informé que j'étais indésirable sur le sol du
Royaume. Cette attitude m'a été signifiée sous de multiples formes :
violations répétitives de mon domicile (chambre d'hôtel) à Rabat, fouilles
et vols de mes effets et documents personnels, agressions physiques au
Commissariat de Rabat, injonctions aux tenanciers des deux hôtels que j'ai
fréquentés de ne plus m'accueillir etc... . A cette époque, aucun visa d'entrée n'était exigé pour les ressortissants tunisiens voulant se rendre à Malte. Contrairement aux justifications écrites produites par les autorités de Malte auprès de la section parisienne du HCR. Ces mêmes autorités se sont défaussées de toute responsabilité en prétendant n'avoir pas été saisi de ma part, de quelque demande de protection que ce soit. Pourtant, la section du HCR de l'Italie chargée du suivi des demandes de protection Malte est intervenue à plusieurs reprises à mon sujet, faisant ainsi suite aux messages d'alerte qui lui ont été envoyés par mon frère exilé en France(Membre de la direction légitime du PSL). Un haut fonctionnaire de la PAF maltaise m'avait confié que l'Etat tunisien et la police politique du Maroc étaient les commanditaires des mesures draconiennes que les autorités de son pays m'avaient assénées. A mon retour obligé au Maroc le 12 octobre 1999, j'ai été séquestré arbitrairement dans le Commissariat (la zone internationale de l'aéroport) de Casablanca jusqu'au 21 octobre 1999 où j'allais être soumis à deux tentatives d'embarquement forcé vers la Tunisie, accompagnées d'agressions physiques et verbales et de tentatives d'administration de somnifères par voie intraveineuse. Mon départ en détresse vers Algérie m'a épargné aux traitements cyniques des autorités de l'aéroport de Casablanca. A partir de la Tunisie ma famille m'a financé un billet d'avion pour l'Algérie, contrairement aux déclarations de M.Mohammed MJID, le représentant du HCR de Casablanca, transmise par écrit à la section parisienne du HCR, selon lesquelles il m'aurait aidé au financement partiel de l'achat de mon billet Casablanca-Alger ! Les interventions de mon frère et collègue exilé en France, auprès du HCR, section- Casablanca n'ont eu aucun effet, prouvant par-là à quel point cette section est inféodée au pouvoir local. Après l'absence de réactions et d'initiatives pour me mettre sous sa protection, la dite section s'est montrée intéressée par mon cas, vu les prémices d'une mobilisation internationale. Ce calvaire m'a conduit à chercher refuge en Algérie, pays qui m'a profondément ému par l'hospitalité que son peuple réserve encore à ses visiteurs, malgré la rude épreuve qu'il connaît depuis 1991. En Algérie la collaboration policière pernicieuse tripartite (tunisienne, marocaine et maltaise) s'est estompée. Après un séjour d'une quinzaine de jours en Algérie où j'ai été spontanément accueilli par une famille à Tizi-Ouzou, je me suis retrouvé obligé de reprendre le chemin du retour vers l'enfer qu'est devenue la Tunisie.
Depuis ce retour forcé, j'ai été interdit de facto de quitter la Tunisie. Mon droit à la libre circulation a été totalement bafoué puisque cette fois-ci, même à l'intérieur de la Tunisie, je faisais l'objet d'une surveillance policière très rapprochée se manifestant surtout par des interpellations informelles quasi quotidiennes. La dernière de ces interpellations eue lieu la veille du 2 mars 2001. Kidnappé vers 22 heures dans la localité du Bardo, je ne fut relâché que vers 5 heures du matin, passant la nuit à bord d'une voiture de police banalisée où il m'était sans cesse demander de fournir des informations sur les éléments évoqués ci-dessus, ainsi que mes projets personnels pour l'avenir. A chaque promesse d'embauche, des pressions s'exercent sur mes employeurs potentiels, afin que leurs promesses restent sans suites. En représailles à l'opposition affichée par mon frère exilé en France contre le régime en place (participation à des manifestations et rencontres, débats, publications d'articles), doublée de sa qualité de Porte-parole officiel de la Direction légitime du PSL, le 26 avril 2001, un appel téléphonique de la " Mintaka " district de police de Carthage informa ma mère, septuagénaire, asthmatique et diabétique, que son fils soi-disant " soupçonné de vol " (sic) devait se présenter dans leurs locaux où elle pouvait éventuellement l'accompagner. En début de matinée le lundi 14 mai 2001, je m'apprêtais à prendre le vol Tunis-Istanbul à l'aéroport international de Tunis-Carthage. Les autorités de l'aéroport m'ont empêché d'embarquer au motif que j'aurais " des problèmes à régler avec le Ministère de l'intérieur-DST- (sic)". Dans les locaux du dit ministère j'apprends de la bouche des fonctionnaires qui m'ont reçu, qu'aucune directive portant restriction à ma liberté de circulation n'a été-officiellement- ordonnée. uvres des tribunaux selon la loi en Tunisie, il était claire que ces restrictions, prises en l'absence d'un jugement rendu en bonne et due forme, renfermait une manuvre politicienne. En plein centre ville de Tunis, après avoir quitté les locaux du ministère de l'intérieure, et au moment où j'ai été en train d'informer l'un des membres de ma famille par téléphone des péripéties de mon calvaire, j'ai été embarqué de force dans une voiture par une équipe spéciale de la D.S.T chargée de me ramener à la case départ dans les locaux du Ministère de l'intérieur où j'ai été maintenu illégalement pendant 48 heures. Suite à cet enchaînement de faits, je me suis retrouvé contraint à vivre l'isolement et l'exil dans mon propre pays, étant depuis ma réapparition l'objet d'intimidations et de vexations de la part d'agents de la police politique dont je détiens les identités. Un isolement et un exil, se traduisant par l'impossibilité de pouvoir se déplacer librement, sans risquer ma dignité et mon intégrité physique à l'intérieur même de la Tunisie. Quelques mois plus tard, le 16 septembre 2001, je devais embarquer pour la France dans le cadre d'un projet de coopération euro-méditerranéen auquel j'ai été convié par le Comité pour les relations Nationales et internationales des Associations de Jeunesse et d'Education Populaire(CNAJEP).D'autres associations ont manifesté un intérêt particulier aux thématiques qui devaient être au cur de ce temps d'échange international, j'en citerais notamment la Fédération des Associations de Recherche et d'Education à la Paix (FAREP). Admis à l'embarquement, une heure plus tard, des policiers sont venus me chercher pour m'informer de l'impossibilité de mon départ. Leur argumentaire était une reproduction du subterfuge initial, que l'on m'a opposé le 14/05/2001, mais cette fois-ci avec un détail en plus : L'annulation du cachet humide constatant mon admission à l'embarquement !. Toutes les conditions se sont alors réunies pour que j'entame la phase judiciaire. Le CNAJEP s'est adressé par courrier à la présidence de la république, lui exprimant ses préoccupations et inquiétudes, face au raidissement que rien ne justifie, dans l'attitude de l'administration à mon égard. Une diligente attention a été accordée à mon dossier par les soins de Maître Alia CHERIF CHAMMARI qui choisie comme premier terrain pour ma défense, la voix du référé devant le tribunal administratif. Après un mois d'attente, le tribunal administratif, présidé par M.Taïeb ELLOUMI, s'est prononcé dans le sens du rejet de l'action, au motif qu'elle était dépourvue de cause. Ce qui signifie juridiquement que le ministère de l'intérieur, partie défenderesse à l'action, s'est purement et simplement disculpé de la responsabilité des bavures constitutives de mon calvaire ! Mes premières impressions à Paris Par ailleurs je demeure persuadé que les libertés que je viens de
recouvrir doivent servir la résistance de ceux qui en sont encore privés.
Parmi ceux-là, j'en cite le millier de prisonnier qui croupissent depuis
11 ans dans des conditions inhumaines et à cause de leurs opinions
derrière les barreaux de l " 'ère nouvelle ", les oubliés de la croissance
économique à cause de leurs appartenances régionales, sociales ou
autres
etc. Si nous admettons que la crise qui s'abat sur la Tunisie
depuis l'avènement du régime de la déclaration du 7 novembre est
principalement une crise de libertés, il devrait s'en suivre qu'une sortie
de cette crise passerait nécessairement par la libéralisation du climat
politique qui règne dans le pays. En fin, je reste perplexe face à l'attitude, pour le moins confuse et regrettable, avec laquelle le Parti Démocratique Progressiste (PDP) de Ahmed Nejib Chebbi s'est interdit de signaler ma situation et mon calvaire, dans les colonnes de son organe de presse dit indépendant !. Pourtant les membres du bureau politique (du PDP) qui m'ont reçu (Issam Chebbi et maya Jéribi) à trois reprises après le 16 septembre 2001 (deuxième interdiction d'embarquer) se sont déclarés " préoccupés " par mon cas !!!
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| Lassad BEN ALI ZITOUNI. Samedi premier décembre 2001 . | ||
C.R.L.D.H. Tunisie Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie | ||
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Communiqué Une brèche importante dans la lutte contre l'impunité La plainte déposée en France contre des tortionnaires tunisiens est jugée recevable
Le CRLDHT apprécie positivement la portée de la décision qui vient
d'être prise par les autorités judiciaires françaises qui ont décidé de
donner suite à la plainte déposée le 7 novembre 2001 auprès du Procureur
de la République de Paris par six victimes tunisiennes pour faits de
torture. Cette plainte présentée par Maître William Bourdon a été soutenue
par RSF, le réseau Damoclès, la FIDH, Human Rights Watch, la section
française d'Amnesty et le CRLDHT lors de la conférence de presse tenue
dans les locaux de RSF le 9 novembre 2001. La procédure ainsi engagée est
fondée sur le principe de la compétence universelle prévue par l'article 5
de la Convention internationale de 1984 contre la torture. Estimant que la
preuve de la présence sur le territoire français des tortionnaires
présumés ne saurait, en aucun cas, incomber aux victimes, la plainte du 7
novembre 2001 a en définitive été jugée recevable. | ||
| Paris, mercredi 28 novembre 2001 . | ||
" Violence, menace et
représailles en Tunisie " Deux revendications semblent faire l'unanimité de la société civile tunisienne. La première étant le refus de permettre au président sortant Ben Ali de briguer un quatrième mandat présidentiel en 2004. " La constitution, qu'il a modifié, en 1988, fait que ce mandat est son dernier. On lui demande tout simplement de respecter ce qu'il a lui-même annoncé ", rappelle Khédija Chérif. Il est 18 h 30 ce mercredi 7 novembre 2001. Dans un restaurant du centre-ville de Québec, la sociologue Khédija Chérif parle d'une voix aussi douce que déterminée. Certes, elle est pâle et fatiguée par une semaine de conférences-débats et d'interviews qui l'ont menée d'Ottawa à Québec, en passant par Montréal. Mais elle est toujours aussi énergique dès qu'on évoque les droits de l'Homme en Tunisie. En ce début de soirée plutôt fraîche, Khédija Chérif s'apprête à se rendre à une conférence-débat organisée par un collectif d'associations de défense des droits humains, organisée à l'Université Laval, et au cours de laquelle elle doit lancer le dernier rapport en date de Human Rights Internet (une ONG basée à Ottawa et dont elle est membre du bureau exécutif) ayant pour titre" Violence, menaces et représailles en Tunisie. La chasse aux défenseurs ". Un titre tellement " dérangeant " qu'il n'a été dévoilé publiquement qu'au moment où les organisateurs de la tournée ont eu la confirmation que Mme Chérif avait déjà quitté l'aéroport de Tunis-Carthage. La " vendue " La veille, à Montréal, Khédija Chérif avait eu un auditoire agressif, constitué, pour l'essentiel, d'étudiants téléguidés par le pouvoir et posant des questions déconcertantes. " Si vous dites qu'il n'y a pas de liberté en Tunisie, comment expliquez-vous que vous ayez pu vous rendre jusqu'ici ? " lance fièrement une étudiante qui pense ainsi coincer la " vendue aux puissances étrangères " qu'est censée représenter Mme Chérif. Celle-ci, un peu exaspérée, a simplement répondu : " Il est dommage pour la sociologue que je suis de constater que des étudiants supposés être l'élite du pays mesurent la liberté par la seule liberté de circulation... Sachez par ailleurs, que mon passeport était arbitrairement confisqué depuis des années et que je ne l'ai récupéré que ces derniers temps. Sachez aussi que Moncef Marzouki (défenseur des droits humains tunisien) a été jugé pour des propos qu'il a tenus à l'étranger et que Sihem Ben Sedrine (défenseur des droits humains tunisien) a été emprisonnée pendant six semaines, cet été, à son retour de Londres et ce pour avoir parlé des droits de l'Homme sur une chaîne de télévision ! " Mais Khédija Chérif insiste pour dire qu'ils sont relativement " chanceux " en comparaison de la répression " dont sont victimes des centaines de détenus politiques qui moisissent depuis une décennie dans les prisons tunisiennes ". Par pudeur, elle évite d'évoquer les agressions policières dont, elle-même a été victime à deux reprises cette année. Mais pour l'anecdote, elle note qu'une de ces agressions s'est déroulée à la sortie du Palais de justice de Tunis. Lors de la conférence du 7 novembre, Mme Chérif a orienté son discours autour de deux revendications qui semblent faire l'unanimité de la société civile tunisienne. La première étant le refus de permettre au président sortant Ben Ali de briguer un quatrième mandat présidentiel en 2004. " La constitution, qu'il a modifié, en 1988, fait que ce mandat est son dernier. On lui demande tout simplement de respecter ce qu'il a lui-même annoncé ", rappelle t'elle. L'autre revendication est l'amnistie générale en faveur du millier de prisonniers d'opinion (islamistes essentiellement). Mme Chérif dit être " très à l'aise de revendiquer cette amnistie car, étant profondément laïque, on peut difficilement m'accuser d'éprouver une quelconque sympathie pour le projet politique des islamistes. N'empêche, il s'agit, pour l'écrasante majorité d'entre eux, de prisonniers d'opinion qu'il faut absolument sortir des cachots où ils se trouvent. " Beau rôle Khédija Chérif n'oublie pas de parler du contexte international. Elle souligne que " les dictateurs ont le beau rôle. Chez nous, le régime prétend avoir réglé tous les problèmes et tout le monde lui fait la cour pour qu'il joue un rôle déterminant dans l'alliance avec les États-Unis. Cela conforte sa position, mais le terrorisme se nourrit justement de la frustration, de la marginalisation et de la pauvreté créées par ces régimes. " C'est un étudiant tunisien qui conclut le débat, lançant courageusement
que " les festivités du 7 novembre [date de l'accession au pouvoir du
président Ben Ali en 1987], avec leur lot de langue de bois dans la presse
tunisienne, [lui] rappellent [qu'il est] issu d'un pays du tiers monde ".
Les étudiants membres du RCD (le parti au pouvoir) présents n'ont pas
manqué de noter le nom de cet imprudent ! | ||
| Alternatives du 29 novembre au 5 décembre 2001. | ||