Ben Ali et la mort

Je voudrais analyser tout au long de cet essai l'attitude de Ben Ali devant la mort depuis son accession à la magistrature suprême le 7 novembre 1987 jusqu'à aujourd'hui.
Bourguiba évoquait parfois sa propre mort pendant ses discours publics et visitait souvent son mausolée à Monastir, peut-être pour conjurer son angoisse devant la mort. Ben Ali n'en parle jamais.
D'ailleurs, dans toutes les dictatures la mort du chef est un tabou. On passe sous silence une vérité qui n'a pas besoin d'être démontrée : le chef va disparaître un jour ou l'autre. Staline, l'homme qui faisait trembler des dizaines de millions de Russes, tremblait lui-même devant la mort. Il avait toujours besoin de compagnie jusqu'à une heure tardive de la nuit et ne dormait qu'à l'aube. Plus il avançait dans l'age et plus son angoisse augmentait. Comme Bourguiba à la fin de son règne, Staline conjurait sa propre peur de la mort en signant, sans sourciller, les décrets de mort prononcés contre ses " ennemis ". Hitler souffrait du même syndrome. C'est ce que disent les témoins de l'époque. Au moment de la débâcle allemande, il n'avait plus d'autre choix que se suicider. Pourtant, il avait déçu ses derniers zélateurs par sa couardise devant la mort. Certains historiens disent qu'il a même été " aidé " par Goebbels pour se donner la mort.
Toutes les cultures humaines observent en présence de la mort une attitude d'humilité et de recueillement quelle que soit leur religion. C'est un évènement qui dépasse l'entendement humain et devant lequel les hommes se trouvent désarmés. La mort efface, ne fût-ce que pendant la période du deuil, les inimités et les rancunes et rappelle aux humains leur condition de mortels.
Pourtant, l'attitude de Ben Ali devant la mort est étrangement glaciale et dénué de toute sensibilité envers cet événement majeur de la vie. Même la mort de sa propre mère a été " gérée " comme un événement "de haute sécurité" qui a nécessité un déploiement impressionnant de policiers et d'agents de la Garde nationale. Pendant le jour des funérailles, Hammam Sousse était une ville en état de siège et le cimetière était devenu pendant quelques heures " une zone de sécurité spéciale ".
Ben Ali évite, autant que possible, d'assister aux funérailles des personnalités tunisiennes et étrangères décédées et préfère envoyer son Premier ministre ou un membre du gouvernement pour le représenter. Apparemment Ben Ali est angoissé par le contact direct avec la mort, même celle des autres. A part les funérailles de Hassan II, Ben Ali n'a jamais pris la peine de participer aux enterrements des chefs d'Etat étrangers.
En vieillissant, l'angoisse de Ben Ali devant la mort devient de plus en plus flagrante. Le dispositif de sécurité qu'il a installé pour se protéger devient chaque jour plus complexe et plus impressionnant. Il fait multiplier le nombre de cordons sécuritaires qui protégent son corps et chacun de ses déplacements devient une clavaire pour les habitants de la région qu'il veut visiter. Les policiers locaux sont désarmés et la sécurité présidentielle prend les commandes de la ville ou la région visitée.

Les funérailles de Bourguiba en avril 2000 offrent un exemple significatif de l'attitude adoptée par Ben Ali devant la mort. Ce qui caractérise le système Ben Ali c'est que rien, même pas la mort, ne peut perturber le mode de fonctionnement de sa machine sécuritaire. Même devant la mort, pas question d'humilité ou de spontanéité. Dans la dictature "scientifique" de Ben Ali rien n'est laissé au hasard. Tout est froidement calculé : la photo cadavérique de Bourguiba publié par tous les quotidiens, l'avion qui porte le nom du 7 novembre de Tunis Air qui a transporté la dépouille mortelle du " Zaïm " etc.
Nous ne pouvons jamais oublier ces images de policiers en civil, camera sur l'épaule, filmant des jeunes Monastiriens manifestant leur fidélité au disparu et leur tristesse pour la mort de leur leader, ces hélicoptères de l'armée et de la Garde nationale qui survolaient la ville depuis le matin, ces 30 000 policiers qui veillaient à la" bonne marche" des funérailles, cet état de siège qu'a connu la ville de Monastir. Aucun train n'avait le droit d'entrer ou de quitter la ville. Pour avoir le droit de visiter Monastir et assister aux funérailles on avait besoin d'une invitation! Du jamais vu. Et puis vint le spectacle le plus surréel qu'on puisse imaginer : des gardes cagoulés (ninjas) qui marchaient devant le cercueil du leader disparu. Pour moi c'est le symbole le plus fort qui concrétise on ne peut plus expressément la peur, presque puérile, de Ben Ali devant la mort. La première image qui m'est venue à l'esprit est celle des squelettes et autres épouvantails que les Américains et les Canadiens exposent pendant la Halloween pour conjurer la mort et les esprits du mal. Evidemment, Ben Ali ne se contentait pas de son gilet pare-balles. Il avait besoin de ces " masques funèbres " pour " terroriser " l'ange de la mort, qui le guette partout et le terrorise comme un petit gamin qui a peur de l'obscurité.

Oui, le pauvre Zine a peur. Ses cheveux teints gominés, ses " conquêtes féminines " chaque jour plus fraîches, ses soirées de plus en plus délirantes, ses " palais des désirs " renouvelés ne sont qu'une fuite en avant devant un ennemi qu'il combat en dressant devant lui mille murailles blindées et une garde pléthorique faite de quelques milliers de mortels !
Bourguiba trouvait normal d'avoir un dauphin. Le premier fut feu Hédi Nouira, que Bourguiba désigna publiquement comme son successeur. Puis vint le tour de Mohamed Mzali. Ben Ali a créé du vide autour de lui et a volontairement éloigné toute personne qu'on pourrait qualifier de " successeur ". Un immortel n'a pas de successeur. L'absence de dauphin créé, en effet, l'illusion d'immortalité et évacue temporairement les angoisses liées au futur.

Dans le cas de Ben Ali il y a une convergence entre le désir du Parti-Etat (RCD) de conserver son contrôle du pays et la fuite en avant d'un chef vieillissant qui conjure sa peur de la mort par une présidence à vie qui ne dit pas son nom.

Omar Khayyam

Samedi 8 décembre 2001 .
Comité national de soutien à Abdelmoumen Belanes :

Appel pour la signature d'une pétition en sa faveur

A l'occasion de la célébration de la journée internationale des droits de l"homme, le Comité National de Soutien à Abdelmoumen Belanes, lance un appel à tous les démocrates, pour la signature de la pétition ci-jointe en sa faveur. Prière de retourner les signatures à l'adresse suivante :

chokri.latif@netcourrier.com


Comité national de soutien à Abdelmoumen Belanes
Tunis, le 10 Décembre 2001

Pétition

Nous, soussignés ;
Suite au récent procès politique intenté au militant Abdelmoumen Belanes, qui s'est soldé par une peine d'emprisonnement prononcée à son encontre le 19 Novembre 2001 par le tribunal d'Appel de Monastir, pour "appartenance à une association non reconnue" (Parti Communiste des Ouvriers Tunisiens, PCOT); Déclarons :
1 - Notre solidarité avec Abdelmoumen Belanes dans l'exercice de ses droits inaliénables d'expression, d'association et de circulation;
2 - Notre condamnation de la politique de harcèlement qu'il ne cesse de subir depuis les débuts de la décennie écoulée ;

Exigeons :
1 - L'arrêt de toutes les formes de persécution, et l'annulation de toutes les poursuites dont il est victime ;
2 - Son rétablissement dans tous ses droits civiques et politiques, ainsi que la réparation de tous les préjudices qu'il a subi , et ce, dans le cadre de la lutte incessante du mouvement démocratique tunisien, pour la promulgation de la loi d'amnistie générale.

Nom et prénom :
Qualité :
Signature :


Communiqué n° 7
Journée internationale des droits de l'homme

Aujourd'hui,10 Décembre 2001, est commémorée à travers le monde l'adoption de la déclaration universelle des droits de l'homme en 1948; dont les principales clauses garantissent les droits individuels et collectifs contre l'arbitraire, le despotisme, et l'oppression.
L'Etat tunisien a signé la plupart des conventions internationales qui font obligation, d'interdire la torture, de respecter le droit à la vie, le droit à l'intégrité physique, à la liberté de circulation, à la liberté d'opinion et d'expression, et à la liberté de réunion et d'association… Néanmoins, la signature de ces conventions ne l'a pas empêché dans sa version "ancien", ou "nouveau" régime, de bafouer ces droits, et de se livrer à une répression acharnée des opposants.
Abdelmoumen Belanes représente, à ce propos, l'un des exemples vivants des victimes de cette pratique constante. En effet, le fait que ce militant ait exercé son droit à l'expression et à l'association, l'a conduit à passer toute la décennie écoulée entre les poursuites ou les tortures sauvages lors des arrestations, et la clandestinité ou l'emprisonnement. " Libéré ", le 10 Juin 2000, un nouveau procès politique lui fut intenté pour répondre d'"accusations" jugées et rejugées depuis…1991!, et, encore une fois, une peine d'emprisonnement ferme est prononcée contre lui, le 19 Novembre 2001.
Pour avoir défendu ses convictions, le prix à payer par Abdelmoumen a été, et, est encore très lourd : c'est la menace permanente d'être privé de sa liberté, c'est se voir dénier ses droits civiques et politiques, et en particulier, ses droits à la liberté d'association, d'expression, de travail, et de circulation, ainsi que son droit aux soins des séquelles de la torture.
Le Comité National de Soutien à Abdelmoumen Belanes, espère que la célébration de la Journée internationale des droits de l'homme cette année, apporte un nouveau jalon au processus de la lutte du mouvement démocratique tunisien, pour imposer la promulgation de la loi d'amnistie générale.
Le Comité saisit également cette occasion, pour lancer un appel à toutes les composantes de la société civile tunisienne et étrangère, pour manifester leur refus de l'injustice dont est victime Abdelmoumen; et leur appui pour le recouvrement de tous ses droits, ainsi que la réparation de tous les préjudices moraux et matériels qu'il a eu à subir.

Tunis, le 10 décembre 2001
Pour le comité
Chokri Latif


Tunis, lundi 10 Décembre 2001 .
Mr Mohamed Akrout est menacé dans sa vie

I.C.S.P.P.T.
Comité International de Solidarité pour les Prisonniers Politiques en Tunisie

Communiqué
Mr Mohamed Akrout est menacé dans sa vie

Le 11 décembre 2001

Le Comité International de Solidarité pour des prisonniers politiques en Tunisie lance un appel urgent à tous les défenseurs des droits humains partout dans le monde d'exercer le maximum d'effort pour éviter une tragédie dans le "Making" à l'égard de Mr. Mohamed Akrout, prisonnier politique condamné à perpétuité depuis 1991 et figure dirigeante de premier rang au sein du mouvement d'opposition "NAHDHA" de Tunisie.

Il fut victime d'un procès politique qui manquait selon les organisations mondiales des droits de l'homme les plus crédible notamment Amnesty International, Human Rights Watch, Lawyers Committee et bien d'autres le minimum des conditions les plus fondamentales nécessaires pour le respect des droits des détenus dont plusieurs ont été torturés dans les geôles du ministère de l'intérieur à Tunis, ainsi que plusieurs autres irrégularités de fond bien détaillées par les organisations de droits humains ayant observé le procès de Mr Akrout dit de 'Bab Saadoun'.

Mr Mohamed Akrout a été fréquemment emprisonné dans presque tous les procès politiques dans les années 80 du mouvement de la tendance islamique (MTI) et puis transformé en parti politique Nahdha (Renaissance) et même lors de la politique d'éradication à l'égard de l'opposition la plus représentative de la Tunisie sous prétexte de la préparation du terrain de la démocratie sans islamistes.

Des ex-prisonniers politiques détenus avec Mr Mohamed Akrout ont reporté qu'il est récemment obligé à être complètement déshabiller et laissé enchaîner à une arbre pendant 3 jours et nuits lors de cette période la plus froide de l'hiver à l'ouvert dans la prison du Kef ou' il a été sujet des coups de poing et de pied des dizaines d'agents de la prison; alors qu'il souffre de plusieurs maladies graves : déséquilibre de la tension, le trigesteril, et cardiaque. Les autorités lui ont fréquemment nié ses médicaments, sa ration alimentaire quotidienne, son droit à l'aération en dehors de sa cellule isolée pendant toute la décennie écoulée et même la nourriture emporté par sa famille est confisquée. Des ex-prisonniers politiques proches de Mr Akrout affirment qu'il est victime de la torture et considéré par les autorités comme une personnalité qui refuse de compromettre ses idéaux, et que les maîtres de la DST au ministère de l'intérieur à Tunis voulait qu'il soit exécuter au lieu de la perpétuité et que même Ben Ali souhaitait la mort de plusieurs prisonniers politiques à l'instar de Mr Mohamed Akrout; Ce qui fait que la torture la plus dure incessante tout le long des derniers années à Borj Erroumi, 9 Avril, Beja et maintenant le Kef ou' il a souffert le même genre de techniques d'humiliation et de torture pour atteindre le but de sa mort sans jugement ou bruit par les instances des droits humains à l'échelle internationale. Lors de son arrestation en 1991, les autorités Tunisiennes ont même renvoyé sa famille de 5 enfants par la force en dehors de leur foyer à la cité Ettahrir à Tunis et ont resté plusieurs années au sud du pays prés de ses parents.

Mr Fethi Ouerghi une autre victime de mal traitement inhumain des autorités, a été privé des soins médicaux adéquat après sa perte sous la torture de sa première testicule et malgré ses nombreuses grèves de faim ces dernières années pour crier de l'aide afin de traiter à temps sa deuxième testicule affecté d'une inflammation; les autorités ont ignoré tous les appels de la part de plusieurs organisations mondiales à cet égard, ce qui a eu pour conséquence la perte totale de ses deux testicules. Il est couramment en grève de la faim depuis le 17 nov. 2001, ainsi que le prisonnier politique Mr Ridha Boukadi pour protester contre leur mal traitement inhumain par le directeur de la prison "9 Avril" le commandant Slaheddine Braham en personne en les battant et les enchaînant par les mains et les pieds au mur jour et nuit pour chacun dans une cellule isolée sans couverture au froid de l'hiver.

Le prisonnier politique Mr Khaled Ben Amor Rebai et Mr Lassaad ben Mohamed Baroudi avaient été arrêté pour plusieurs mois dans les prisons Libyennes puis remis aux autorités Tunisiennes en 1996 où ils ont été condamné le 16/12/ 1999 par la cour de Sfax chacun à 4 ans pour appartenance à une organisation politique non reconnu (Nahdha). Mr Khaled Rebai devrait être relâché le 30/05/2001 alors que Mr Lassaad Baroudi le 16/05/2001; mais jusqu'à nos jours ces deux prisonniers politiques ne sont pas encore relâchés et sans que les autorités Tunisiennes n'ont donné aucune raison à leurs familles. [l'avocat de Mr khaled est maître Noureddine B'hiri: tel. : 0021671 327247, et pour Mr Lassaad maître Abbou : tel. : 0021671 352 320].

Le Comité International de Solidarité pour des prisonniers politiques en Tunisie considère que les souffrances de ces prisonniers politiques confirment l'implication directe au plus haut niveau des autorités Tunisiennes dans l'incitation et la pratique de la torture ainsi que la couverture prêtée du régime à l'égard des tortionnaires sans compte ou responsabilité de leurs crimes vis à vis aux détenus politiques victimes de brimades inhumaines contraires à toutes les conventions internationales ratifiées par l'état Tunisien.

Le Comité rappelle tous les intéressés des droits humains que plusieurs prisonniers politiques ont déjà perdu leurs vies en prison dans des circonstances suspectes et par des techniques pareilles notamment Mr Ismail Khemira, Mr Souhnoun Al Jouhri, Mr Mabrouk Zran.., ce qui impose plus de vigilance à l'égard du régime en place.

Sayyid Ferjani
coordinateur .

Please write to the following organisation at : The international red cross
( in order to visit the prisoners).
tunis.tun@icrc.org

Nous vous appelons à visiter régulièrement le site
du Comité et proposer toutes informations ou liens appropriés.

Site web

Mardi 11 décembre 2001 .
L'opposant tunisien Moncef Marzouki gagne Paris

TUNIS (AFP) - L'opposant et militant tunisien des droits de l'Homme, Moncef Marzouki, a quitté samedi Tunis pour Paris, plus d'une semaine après la levée d'une mesure d'interdiction de voyage qui le frappait.
Le Dr Marzouki, salué à son départ à l'aéroport Tunis-Carthage par ses partisans, a pris place dans un avion Tunisair en partance pour Paris samedi à 14h00. Selon un de ses proches, le Dr Marzouki "ne part pas pour un exil, mais veut profiter d'une occasion pour enseigner" la médecine en France, après avoir perdu son poste à la faculté de Sousse (140 km de Tunis).
Le Dr Marzouki, 55 ans, s'est vu attribuer un poste de Professeur associé à la Faculté de médecine de Bobigny, près de Paris, mais n'avait pu s'y rendre en raison des poursuites judiciaires engagées à son encontre et de son interdiction de voyage.
Le 28 novembre, la cour d'appel de Tunis a levé cette interdiction de voyage liée au procès qui avait été intenté à M. Marzouki pour "appartenance à une association illégale" et "diffusion de fausses nouvelles".
Le 29 septembre, une cour d'appel avait commué en sursis la peine d'une année d'emprisonnement à laquelle il avait été condamné en première instance en décembre 2000. Le Dr Marzouki reste déchu de ses droits civiques.
Quinze députés européens, appartenant à différents pays et groupes politiques, avaient demandé au président français Jacques Chirac d'intervenir en faveur du Dr Marzouki, à l'occasion de la visite de M. Chirac le 1er décembre à Tunis.
Ex-président de la Ligue tunisienne des Droits de l'Homme jusqu'en 1994, Moncef Marzouki est co-fondateur du Conseil des libertés en Tunisie (CNLT, non reconnu). En juillet dernier, il a annoncé la création du "Congrès pour la République", un parti non reconnu et hostile à un quatrième mandat du président Zine El Abidine Ben Ali aux élections de 2004 en Tunisie.

Yahoo! Actualités. Samedi 8 décembre 2001 .
Confédération démocratique du travail - Tunisie


FONDATION DE LA CONFEDERATION

Tunis, le 5 décembre 2001

La classe laborieuse a mené, avec des dirigeants dévoués comme Farhat HACHED, qui a payé de sa vie son engagement pour la dignité et la liberté, plusieurs luttes contre l'oppression, la domination et la marginalisation.
Alors que son combat contre le colonialisme français direct a abouti à l'indépendance de la TUNISIE, elle a échoué dans sa lutte contre la domination du parti au pouvoir, qui, dès l'aube de l'indépendance, a amené l'UGTT à une relation organique en noyant plusieurs de ses dirigeants sous les privilèges et avantages personnels et en recourant à la force et à la violence contre toute tentative d'autonomie.
Tout cela a conduit à l'installation à la tête de l'UGTT d'une "direction introuvable" qui a vidé la Centrale Syndicale de ses militants les plus loyaux et de tout contenu par l'interdiction de l'activité syndicale, le trucage des congrès, la non défense des droits et intérêts des travailleurs, l'abandon de tout soutien aux libertés, l'élimination de toute trace de démocratie, transformant ainsi l'UGTT en un repaire de clanisme et de clientélisme et en un outil pour l'arrivisme et le trafic d'influence;
Devant la dégradation de la situation des travailleurs résultant de l'augmentation du chômage qui touche aussi les diplômés de l'université, du recul de la couverture sociale et de l'érosion du pouvoir d'achat et principalement du SMIG qui a perdu le tiers de sa valeur depuis 1985;
Devant l'échec total du monopole syndical et du dirigisme centralisé qui a imposé aux travailleurs la pensée unique, interdit l'analyse et la critique, gelé toute évolution et enfanté la médiocrité, la corruption et la malversation;
Devant la puissante aspiration des travailleurs à rouvrir l'horizon devant l'activité syndicale et à reconstruire l'espoir;
Et compte tenu de l'impossibilité de redresser la situation syndicale de l'intérieur de l'UGTT et de la sauver de la décomposition;

Nous annonçons, aujourd'hui mercredi 05 décembre 2001 la fondation de la CONFEDERATION DEMOCRATIQUE DU TRAVAIL DE TUNISIE -CDTT-, une organisation syndicale qui rompt totalement avec les archaïsmes du clanisme et du carriérisme, garantit la démocratie, la transparence et l'alternance dans son fonctionnement, ainsi que l'indépendance vis à vis du pouvoir et des partis politiques ; elle sera un cadre de coordination générale entre des syndicats disposant d'une liberté d'action et de gestion.
La CONFEDERATION demandera, conformément aux principes du syndicalisme authentique, aux droits de l'homme et aux valeurs de la citoyenneté, le droit au travail, la répartition équitable de la richesse nationale et des fruits du développement et de la production.
Elle agira pour la réalisation de l'égalité entre les citoyennes et les citoyens et pour l'élimination de la discrimination, l'oppression et tout abus de pouvoir.
Elle luttera pour le droit de vivre dans une société démocratique qui respecte les libertés collectives et individuelles, qui garantit l'indépendance de la justice, l'objectivité de l'information et une vie sociale évoluée et organisée par le pluralisme politique et syndical en toute sécurité.
Tout cela fait de la CONFEDERATION une des principales composantes du mouvement Démocratique national et l'outil essentiel de l'évolution sociale et de la promotion collective.
Compte tenu de l'unité des travailleurs arabes dans leur volonté de relever les défis civilsationnels et de s'opposer à toutes les formes d'exploitation, d'oppression et d'injustice, la CONFEDERATION participera au renforcement de la solidarité inter maghrébine et arabe et de la défense des intérêts communs des travailleurs par la consultation et l'entraide entre les syndicats régionaux dans le cadre de la construction de l'unité arabe
De même ; elle s'activera pour nos grandes causes nationales et principalement la libération des Terres palestiniennes et la levée de l'embargo criminel contre les peuples frères d'IRAK, de LIBYE et du SOUDAN. EIIe défendra aussi toutes les causes de la justice et de la liberté dans le monde.

Le porte parole
Mohamed Tahar CHAIB

 
A.V.T.T.


Appel aux Etats signataires de la
convention contre la torture de 1984

Genève, le 08 décembre 2001

Mesdames les Ambassadrices, Messieurs les Ambassadeurs auprès de L'ONU, des Etats signataires de la Convention contre la Torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants,

Le 10 Décembre prochain on célébrera encore la journée internationale des droits de l'homme, et pour la quatorzième année consécutive les droits de l'homme en Tunisie sont toujours bafoués avec la bénédiction de vos Gouvernements, Ceux qui travaillent quotidiennement avec les victimes de la tortures en Tunisie savent bien que ce régime du RCD ( le parti au pouvoir en Tunisie), autoritaire et sanguinaire, qui a signé presque toutes les conventions internationales pour le respect des droits de l'homme, ne les a jamais respectées. Chose promise chose faite.

Les traumatismes subis par les victimes de la barbarie du régime du général ben Ali, vont parfois altérer leur santé physique ou psychique le restant de leur vie, depuis notre Association des Victimes de la Torture en Tunisie (AVTT), et d'autres organisations se dédient à ce triple devoir, trop longtemps négligé :

Lutter pour la réhabilitation physique et psychique des victimes traumatisées.
Lutter pour que ces victimes reçoivent une compensation des préjudices subis.
Lutter contre l'impunité des auteurs afin qu'apparaissent clairement aux yeux de tous qui est victime du crime et qui en porte la responsabilité.

Cette dernière tâche, trop souvent, n'est pas perçue comme un soutien aux victimes, mais uniquement comme un devoir de justice de la société. Et comme nous le constatons quotidiennement, une des grandes souffrances de ceux qui ont subi la torture, c'est d'avoir été non seulement traité comme des criminels, mais ravalés à l'état de sous-hommes sur qui les pires violences pouvaient exercer. Les auteurs, eux au contraire, se drapaient dans le manteau de l'officialité, de la défense des valeurs fondamentales et se présentaient comme les piliers de l'Etat.

Une des grandes revendications des victimes consiste à réclamer que leur dignité soit reconnue et que les violences commises à leur encontre soient considérées comme des crimes contre l'humanité et non comme des moyens légitimes utilisés dans des circonstances exceptionnelles pour protéger la société.

Mesdames les Ambassadrices, Messieurs les Ambassadeurs, des Etats signataires de la Convention contre la Torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, auprès de L'O N U.

L'accord Euro-méditerranéen d'association et qui énonce, en son article 2, (les relations entre parties, de même que les dispositions de l'accord se fondent sur le respect des principes démocratiques et des droits de l'homme qui inspirent leurs politiques internes et internationales et qui constituent un élément essentiel de l'accord), ainsi que le mécanisme de suivi de l'accord en ce qui concerne le respect des droits de l'homme par la communauté européenne, ses Etats membres et la Tunisie.

La déclaration de Barcelone des 27 et 28 novembre 1995.

Les instruments Internationaux qu'elles ont ratifiés, en particulier en ce qu'ils garantissent le droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne, le droit à l'intégrité physique, le droit à un procès équitable, le droit au respect de la vie privée et familiale, la liberté de circulation, la liberté d'opinion et d'expression, la liberté de réunion et d'association, et le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays.

La convention contre la torture de 1984, ratifiés par la majorité des pays signataires.

Ce traité international signées par vos Etats membres et la Tunisie vous impose en effet de poursuivre les auteurs présumés de torture, dès que l'un d'entre eux pose le pied sur votre territoire national, ne paraissent guère respecté, les tortionnaires circulent toujours en toute impunité. Vos Etats ont mis entre parenthèses la démocratie et bafoué les droits de l'homme au nom des impératifs économiques, permettant ainsi au général ben Ali à anesthésié la volonté populaire, étouffé toute vie politique, supprimé les libertés, confisqué le pouvoir, il parait que ces pays ont oublié que la démocratie et les droits de l'homme sont les meilleurs facteurs du développement, que l'homme a été et demeure le problème fondamental et le moteur central de toute activité économique. Plus de milles prisonniers croupissent toujours dans les prisons tunisiennes dans des conditions cruelles et inhumaines, intimidations, torture, viols, privatisations de toute assistance médicale…

Parallèlement à cette présentation de situations tragiques enregistrées en Tunisie, nous avons aussi voulu, en quelques mots, donner la parole à celle et ceux qui se dévouent afin que les victimes non seulement reçoivent l'attention médico-psychologique que nécessite leur cas, mais qui également se battent afin que les tribunaux contraignent les auteurs et ou les Etats qui les ont employés, à compenser, les dommages subis et enfin, pour que les tortionnaires non seulement soient contraints d'abandonner leur sinistre pratique, mais qu'ils soient sanctionnés à la hauteur de leur crime.

Comme toutes celles et tous ceux qui se battent contre la torture, l'AVTT espère qu'un jour nous célébrerons tous l'éradication définitive de ce CRIME.

Genève, le 08 décembre 2001
Nait-Liman Abdennacer
Président de l'AVTT


 
P.S.L. : Parti Social LibéralDirection Légitime


Communiqué

C'est avec consternation que le Parti Social Libéral (PSL) a pris connaissance des déclarations à résonance gouvernementale proférées ces derniers jours par le nommé Mounir el Béji concernant son intention de se présenter aux prochaines élections présidentielles. En se déclarant candidat au rôle de faire valoir pour le simulacre électoral devant avoir lieu en 2004, cet individu répond à l'instigation d'un Etat-Parti à court de légitimité plaçant à l'origine de sa survie toutes sortes de marchandages médiocres et autres conciliabules.

Il va sans dire qu'en rejetant en bloc les déclarations fallacieuses proférées en leur nom à tort par cet individu, les libéraux tiennent à rappeler que les communiqués qui les engagent sont ceux émanant de leur direction légitime élue le 21 mars 1998 et reconnue par l'Internationale Libérale.

Par ailleurs le PSL élève une vive protestation contre le projet antidémocratique qui se profile derrière l'appel au nom de tout le peuple tunisien à une révision constitutionnelle dont le mobile réel n'est rien d'autre que la conservation des intérêts d'une poignée de privilégiés. Durant les quatorze ans écoulés de son règne, le régime de la déclaration de novembre n'a ménagé aucun effort pour l'étouffement des aspirations des tunisiennes et des tunisiens pour la liberté et la dignité. La reconduction de ce régime par sa succession à lui-même tel que l'annonce une vaste entreprise de propagande favorable au projet de révision constitutionnelle sus-citée, aura certainement des incidences graves sur l'avenir des libertés et de la stabilité en Tunisie.

Dans ce contexte, reconnaître au régime de la déclaration de novembre une quelconque légitimité, ne serait-ce que pour la période légale lui restant au titre de son actuelle et dernière mandature, reviendrait à cautionner une conception du pouvoir aussi erronée qu'anachronique dissociant la légitimité du gouvernement de la manière dont celui-ci appréhende la question des droits de l'Homme et ce, au désavantage de l'Etat de droit démocratique revendiqué par les forces de progrès.

En appelant le 9 avril 2001 à ce que " l'alternance (soit menée) maintenant !" les libéraux ont réaffirmé leur attachement au principe de connexion entre les droits de l'Homme et la légitimité du pouvoir politique, soulignant que la rupture avec le charlatanisme de l'ancien régime et ses vestiges tristement baptisés " ère nouvelle " est une urgence nationale à laquelle les démocrates authentiques doivent s'atteler.

Partant de leur conviction que la liberté est une œuvre collective qui ne peut en aucun cas être réduite au génie de quelques uns, les libéraux se sont adressés aux forces vives de la nation, les exhortant à oeuvrer pour la préparation de l'alternance dans le cadre d'une structure provisoire représentative de toutes les familles politiques démocratiques présentes sur la scène nationale. C'est à cet idéal que ressortissent notamment leur manifeste libéral précité et leur déclaration commémorative de la proclamation de la république, en date du 25 juillet 2001.

En réitérant leur attachement à la mise en place d'une telle structure, les libéraux regrettent le manque de transparence et de conviction en l'altérité dont souffre le fonctionnement de certaines parties qui tout en se réclamant du même principe d'action, excluent délibérément de leur " cercles privés " les familles politiques qui leur sont idéologiquement divergentes.
Ces parties sont invitées instamment à reconsidérer cette attitude qui ne sert objectivement que les visées des gardiens de l'ordre établi.

En face d'un système où les libertés sont si avilies et bafouées, ce serait un insoutenable paradoxe d'entretenir le sectarisme et l'exclusion, en postulant en même temps pour la résistance à l'ordre établi et en se réclamant de la démocratie et de la volonté des masses.
N'oublions pas que la Tunisie de demain sera nécessairement le produit de nos actes et attitudes politiques d'aujourd'hui. La Tunisie de demain, patrie de toutes les Tunisiennes et de tous les Tunisiens, devrait être gouvernée, faudrait-il le rappeler, par des femmes et des hommes capables de conduire notre peuple vers l'instauration de l'Etat de droit démocratique, dans l'union et le respect des spécificités de chacun.


Paris le 7 Décembre 2001
Pour la Direction Légitime
Le Porte-parole
Adel Zitouni