|
Le jour de l'Aïd. Toujours rien. Pas même le clone d'un virus. Je suis
désespéré, au comble du désespoir. Tous mes amis qui contribuent aux
forums de discussion et aux sites de l'opposition ont reçu au moins un
virus depuis qu'ils ont commencé à embêter la dictature. Je suis jaloux
d'ettounsi qui a reçu plusieurs "prix présidentiels", envoyés par courrier
électronique. Je l'ai félicité à chaque nouveau virus qu'il reçoit. Chez
le cercle restreint des "internautes maudits", le virus qu'on reçoit des
SS de ZABA est devenu le "syndrome" du succès, l'ultime consécration, la
preuve que les "missiles' ont touché leurs cibles. Ces virus informatiques
sont, pour moi, comme des fleurs qu'on offre aux artistes à la fin du
spectacle. Elles ne peuvent que réchauffer le cur d'un artiste encore
inconnu du grand public. Mon ami XY a organisé une petite fête à
l'occasion de la réception de son premier virus. Il a reçu des messages de
félicitations de ses amis des quatre coins de la planète. ettounsi a fêté
son dernier virus dans l'intimité familiale. Mon ami XZ a gravé le joli
virus de ZABA sur un CD. Il le conserve maintenant dans une petite boîte
en argent, décorée par l'un des artisans de Tunis. D'ailleurs, il la
montre, avec une pointe d'orgueil, à tous ses visiteurs. J'ai été vraiment touché par ce geste inattendu de ZABA. Heureusement que le disque dur n'a pas été touché! Omar Khayyam | |
| Samedi 15 décembre 2001 . | |
|
Proxy N°5 ( © Chanel ) Prémices d'une guerre de clans à Zabanostra
ZABA ne savait pas que le kidnapping de Sleh Brahmâ allait déclencher
une animosité sans merci entre les différentes cabales de la mafia
tunisienne, en effet Brahmâ, le directeur du chiourme du 9 avril 1938,
était le meilleur "soudeur" de Bel haschich Trabelsi, le frère de Lilas la
capillicultrice, depuis que son meilleur dealer Nef-Nef a succombé à une
overdose d'héroïne aux toilettes du bar américain de l'hôtel Khamsa à
Hammamet. La Tunisie connaît ainsi des incidents très tragiques durant les
jours qui suivent : Des déraillements de métros à gogo du côté de Bab
Sâadoun, des milliers de nids d'autruches s'établissent le long de
l'autoroute Tunis-M'saken, des plombs sautent à répétition des prises
d'air du Word Tronque Centre de l'avenue Mohamed V et tombent cent mètres
plus loin sur les amoureux du jardin des droits de l'homme (jardin d'amour
ou encore jardin John Fitzgerald Kennedy, JFK pour les intimes), un
bouchon monstre de la circulation piétonne au niveau de la rue Zarcoun, le
Booling du lac est dévasté par des rats norvégiens, le Drive-in jouxtant
le Dah-Dah est envahi par des camionnettes 404 bâchées pleines de fumier
en fermentation, des adolescents nagent, le torse nu, dans la piscine de
la place Barcelone, Omar Khayyam clone des virus informatiques, Lecteur
assidu pose des questions impossibles et promet des millions, Sophie
arrose les fleurs chez un site de e-cards, Decepticus répond au mails qui
datent d'un mois
Les tunisiens n'ont que le gouvernement qu'ils méritent (© NCH) Le capo ZABA, outrepassé par ces épisodes bizarres, réunit les
façonniers de l'ère cédée en catastrophe à la caserne d'El Aouina et
invite les belligérants au flegmatique en leur promettant une péréquation
plus équitable de la contrée Tunisie et un partage équitable des vaches à
lait de l'économie parallèle tunisienne, ainsi un aménagement nouveau voit
le jour sous l'impulsion des érudits mentors de Zabanostra. ZABA prononce
lors de la signature du traité une allocution fleuve qui touche tous les
points de discorde et qui adoucit le climat tendu des derniers jours dont
voici les leitmotivs principaux : A la fin de l'assemblée historique de Zabanostra qui signe la trouée officielle vers la deuxième république, les présents ont urgé le parrain du clan mafieux des gougeas pour qu'il daigne finalement présenter sa candidature officielle aux 7 prochaines élections présidentielles mais une grincheuse coupure de courant électrique à renvoyer aux calendes grecques le vu inavoué de 10 millions de tunisiens ou presque. ettounsi de tunezine
| |
| Dimanche 16 décembre 2001 . | |
|
De Saddam à Jiang Zemin, ses amis dictateurs auront un peu altéré le
jugement de notre propre président. | |
| Le Canard enchaîné du mercredi 12 décembre 2001 - page 8 . | |
|
Quelle fête ? Non, en ce jour de fête, je ne suis pas en fête. Quelle fête quand nos frères en Palestine, en Afghanistan, en Irak se font ratatiner, exterminer par dizaines et par centaines dans lindifférence universelle ? Quelle fête quand mes compatriotes sont par milliers croupissant dans les geôles dun dictateur crapuleux ? Quelle fête quand les Tunisiens se font insulter, les yeux dans les yeux, de la pire des façons par Jacques Chirac quand il qualifie de réussite les crimes de dizaines dassassinats, de torture et dabominable terreur exercée par son chien de garde Ben Ali contre le peuple tunisien dépossédé de sa dignité citoyenne et humaine ? Non, vraiment, devant ces malheurs, préservons au moins un bout de notre dignité, et parlons plutôt de notre lâcheté et de notre incurie. Ce sera un début despoir de mériter un jour de faire la fête. Mondher Sfar | |
| Paris le 16 décembre 2001 . | |
Pink Floyd Wish You Were Here So, so you think you can tell Heaven from Hell, blue skies from pain. Can you tell a green field from a cold steel rail? A smile from a veil? Do you think you can tell? And did they get you to trade How I wish, how I wish you were here. | |
| Fond sonore : Wish you were here - Pink Floyd . | |