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| Tunis le premier janvier 2002 . | |
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ZABA a gâché l'avant 2001 de notre rêve commun et risque de dilapider l'après 2001 mais des gens incorruptibles que je ne connais que grâce à la dictature refusent d'abdiquer. À mon voisin du Mansouri I, Omar Khayyâm :
Malgré le froid glacial de l'exil de la solitude et de la précarité (Un
jour ou l'autre on parlera ici ou ailleurs du tunezien qui a passé des
week-ends avec quelques centimes en poche) tu étais là ce 31 décembre 2001
devant ton écran et le rêve était au bout du fil "téléphonique", entêté
comme tu es et comme tu l'a toujours été, automne, hiver comme été.
À mon colocataire virtuel, Lecteur assidu :
Le pseudonyme de Lecteur assidu peut induire certains en erreur car ce
mansourien inné est loin d'être un simple lecteur et ceux qui le
fréquentent savent de quoi je parle, son cadeau de fin d'année il l'a
souhaité et les mansouriens ont tout fait pour qu'il se
concrétise.
Ici, Sophie, on censure aussi les cadeaux de fin d'année mais la nature
morte de Hédi Turki et ta surprise sonore non stéréotypée ont réussi à
brûler " vifs " les barreaux invisibles de la prison Tunisie, des gens
comme toi m'ont appris a être moins égoïste c'est pourquoi j'ai décidé de
partager, sans ton consentement, mes cadeaux avec tout les mansouriens de
la planète. Tu es venue en Tunisie avec une seule idée en tête : Ne pas
bronzer idiot et tu as réussis ton Paris et ton T'unis aussi car tu as
compris avec ton intelligence qu'ettounsi veut dire tunisien ni plus ni
moins. Au rescapé, Decepticus : Ils sont toujours là où tu les as laissé, mille comme les jours que tu
as passé au frais, comme le millénaire qui vient de plier bagage, comme le
millénaire qui s'installe et comme eux 1000 qui croupissent dans les
geôles insalubres de ZABA. Un jour ou l'autre certains arriveront à faire
la différence entre l'amnistie et l'amnésie et arrêteront de distribuer
l'invective d'intégriste à tous ceux qui s'opposent à leurs
idées. Au disque dur du Mansouri I, Hsouna : Le jour où les terroristes de l'ère cédée arrêteront de commettre des
attaques virales contre ton arme redoutable made in Taiwan n'est pas loin
selon Omar Khayyâm alors formate le et rend leur la monnaie avec tes
redoutables poésies qui font très mal à nos gouverneurs qui sont des
anciennes victimes des sévices sexuels subis lors de leurs innombrables
séjours aux colonies de vacances du RCD. Bonne année 2002 à tous mes amis
anonymes | |
| Tunis, le premier janvier 2002 . | |
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Cher Mokhtar, En apprenant votre révocation, jai pensé tout de suite:Voilà un
opposant de plus!. En effet, comme vous le savez, la dictature benalienne
est une machine à fabriquer des opposants. Combien de Tunisiens
connaissaient Ben Brik avant sa fameuse grève de la faim? Cest en la
harcelant et en confisquant son passeport que le régime a recruté toute
une tribu dopposants: les Ben Brik, les Zoghlami etc. Mohamed Talbi, un
universitaire qui ne sest jamais intéressé à la politique, est devenu
opposant lorsque la politique commençait à sintéresser à lui! Votre révocation nest quun avant-goût de la nouvelle Ere Nouvelle, celle du énième mandat ou la «déchéance 2004 ». Je naime pas le terme quatrième mandat, car sous la dictature le temps devient une éternité. Les jours, les mois, les années perdent toute signification. Cher Mokhtar, Dès que les bulldozers New Yorkais ont commencé à déblayer le terrain, Ben Ali ouvert son propre chantier. Les bulldozers de Ben Ali sont en train de faire table rase de tous les édifices qui résistent ou peuvent avoir la tentation de résister. Il veut faire savoir à tout le monde quil ny a ni deuxième ni troisième pouvoir (oublions le quatrième pouvoir, il est déjà mort!) mais un seul Pouvoir, unique, indivisible sans partage. Avant quil ne se réinstalle confortablement sur le trône, le dernier bey veut avoir la tranquillité. Un pays calme et silencieux. Comme un cimetière. Vous avez attiré les regards sur son jardin secret et maintenant vous en récoltez les fruits ! Cher Mokhtar, Vous ne vouliez rien dautre que la force de la loi et voilà quon vous répond par la loi de la force. Votre crime cest davoir oublié que vous nêtes quun des serviteurs de Sidna, affecté par sa Haute Bienveillance à son domaine judiciaire. Sidna est jaloux et ça vous lavez aussi oublié, circonstances aggravantes! Si Mokhtar, bienvenu parmi les têtus! Omar Khayyâm | |
| 29 décembre 2001 . | |
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Mon cher ami, Omar Khayyâm | |
| 31 décembre 2001 . | |
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Petite chronique de l'autre côté 29 décembre 2001 " J'ai rêvé d'un monde de soleil dans la fraternité de mes frères
aux yeux bleus "
Hier, le rallye Paris-Dakar est parti à la conquête des déserts
africains. Le reg coupant et l'erg mouvant seront livrés à ces motards aux
yeux fixés, à ces voitures aux moteurs brisant le silence, abandonnant la
tôle accidentée en des endroits désolés. Le bruit du défi couvrira les
pleurs de quelques enfants parfois fascinés jusqu'à la
mort.
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| Samedi 29 décembre 2001 . | |
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Que les internautes optimistes comme Khayyam m'excusent de perturber
leurs reves diurnes, mais je veux exprimer ce que je pense sur ce forum
libre. Moi je pense que: Nostradamus x | |
| Le premier janvier 2002 . | |
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Lirrésistible déclin du système Parti-Etat Depuis les premières ébauches dune science sociale, avec les Prolégomènes dIbn Khaldoun, lon a observé que les phénomènes et les mouvements sociaux sont indépendants des volontés individuelles. Certes, ni lhistoire ni la sociologie ne sont des sciences exactes et même les meilleurs spécialistes ne peuvent prédire la date ou la forme du prochain soubresaut social que connaîtra la Tunisie. Si leffondrement de lEtat policier instauré par Ben Ali, entraînant dans sa chute lensemble du système Parti-Etat, est prévisible, il est peu probable que cette débâcle sera le résultat dun complot ou dun coup dEtat. La fin de lère de la revendication ! Depuis que Ben Ali a opté pour la « solution finale », cest-à-dire léradication pure et simple du mouvement islamiste en 1991 et linstauration dun vrai Etat policier dont « les performances techniques » naurait pu être imaginées même par un écrivain comme George Orwell, daucuns ont pensé à la fin de toute opposition et de toute contestation. Le patron des lUGTT parlait de « la fin de lère de la revendication », il devenait en même temps difficile de distinguer le discours du RCD de celui du MDS ou du Parti Communiste (rebaptisé Ettajdid) et Ben Ali, comme Hitler victorieux en 1940, pensait pouvoir régner jusqu'à la fin des temps. Or, malgré la gigantesque machine de propagande de notre Goebbels tunisien, Abdelawhab Abdallah, malgré la vaine tentative de bloquer à la frontière toute « littérature subversive », malgré le recrutement massif dRCDistes et surtout malgré le climat de terreur instauré depuis la « sale guerre » (1991-1992), la société tunisienne, comme tout corps vivant, résiste à la mort et à la stagnation. Les graines de lespoir Dans ma fiction « le cauchemar de Khayyâm », jai imaginé pendant quelques secondes, la durée moyenne dun rêve, une société où disparaît toute forme de contestation et où le Pouvoir se trouve seul sans le moindre contre-pouvoir. Heureusement pour moi et pour les lecteurs, dans aucune société humaine ne sest vérifié le cauchemar de luniformité absolue. Même au sein des régimes les plus totalitaires et les plus sanguinaires, une poignée de gens intègres a toujours gardé avec hargne et détermination, au risque de leur propre vie, «la flamme sacrée», celle de la résistance, bref celle de la vie. Claude Bernard na-t-il pas défini la vie comme «lensemble des fonctions qui résistent à la mort» ? Les sociétés humaines sont aussi des organismes vivants, qui résistent à toute tentative détouffement. Lon a remarqué dans le monde botanique un phénomène extraordinaire : des plantes qui, dans les conditions climatiques extrêmes, telles que la sécheresse ou le froid polaire, conservent, étant elles-mêmes mortes, des graines qui attendent des temps meilleurs pour pouvoir se reproduire et propager la vie. Ces poches de résistance que le régime a été incapable dannihiler durant « les années de plomb » ont porté en elles les graines de lespoir contre vents et marées. Ces graines, fertilisées par de bons engrais (Notre ami Ben Ali, Une si douce dictature etc.), ne cessaient depuis deux ans de se propager et de se transformer en de jeunes plantes, certes encore fragiles, mais porteuses de tant de promesses. La récolte sera bonne. Les porte-parole des sans-parole La constitution du CNLT en 1998 naurait pas eu lieu sans la combinaison de quelques volontés individuelles, celles de ses membres fondateurs. Mais ceci nexplique pas tout. Ces militants ne sont-ils pas les porte-parole dune société privée de parole, les hérauts de la naissance dune lame de fond qui va balayer le système Parti-Etat quelques années plus tard? La lettre de Mouaada à Ben Ali (1994) est écrite par un seul homme, son auteur, mais ne dénote-t-elle pas les premiers signes de lexaspération sociale? Des journalistes comme Ben Brik, Bensedrine et Jourchi, des politiques comme Marzouki et Ben Jaafar, des militants comme Hosni et Trifi, le juge Yahiaoui, des ONG comme le RAID ou lATFD, les cyber-magazines comme Kalima, Kaws El Karama ou Tunezine ne sont-ils pas, en fin de compte, des thermomètres dune société en ébullition, malgré le calme apparent? Ou, en dautres termes, des canaux dévacuation dune sourde révolte sociale ? Omar Khayyâm | |
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