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Omar Khayyâm | |
| Mardi 8 janvier 2002 . | |
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Grand-père
C'est pour toi que je joue, grand-père, c'est pour toi. C'est pour toi que je joue, grand-père, c'est pour toi C'est pour toi que je joue, grand-père, c'est pour toi, Que dieu le Tout-Puissant lui accorde son infinie miséricorde et
l'accueille dans son éternel paradis. | |
| Mercredi 9 janvier 2002 . | |
J'ai rencontré F à l'hôtel Al Mansour à Mahdia, au moment de la ruée vers la bière, deux jours après l'Aïd. F, la quarantaine, marié, deux enfants, est un haut cadre dans un organisme public. Nous avons parlé de futilités au début, mais à la quatrième bière sa langue a commencé à se délier. Même s'il n'est pas engagé politiquement, F continue, autant que ses responsabilités le lui permettent, à suivre l'actualité politique tunisienne, ne serait-ce que par nostalgie pour son passé de militant de gauche à l'Université de Tunis du milieu jusqu'a la fin des années quatre-vingt. Ses sources sont les chaînes Al-Jazira et Al-Mustaquila et le service arabe de la BBC. Comme la majorité des Tunisiens il a peur de chercher " la littérature interdite " sur internet. Et puis au milieu de la discussion il m'a lancé une bombe: Salah Karkar était à la fois son voisin et son prof à l'université (J'invite la Sûreté de l'Etat à noter ce petit détail, le fait d'avoir été à la fois élève et voisin de Salah Karker ne peut rester impuni). Il m'a dit qu'après sa sortie de prison en 1985, Salah Karker a déniché un poste d'enseignant contractuel à l 'Ecole Nationale des Télécoms. Salah Karkar est, en effet, docteur en statistiques. J'ai été étonné de savoir qu'à l'époque de Bourguiba de telles choses pouvaient se passer : un islamiste de "gros calibre' enseignant dans un établissement public! On croit rêver. Sous le régime policier de Big Ben Ali, un islamiste, fût-il prix Nobel en physique, est interdit d'enseigner même dans un jardin d'enfants. Grâce à ce témoin précieux j'ai compris la nostalgie qu'éprouvent certains "مخضرمين" (contemporains des deux époques) pour le bon vieux temps de Bourguiba. F m'a dit que jusqu'à l'arrivée de Ben Ali l'Université était aux mains de l'opposition estudiantine et les étudiants destouriens n'avait pas l'audace de se déclarer comme tels. Aucun étudiant, ni même l'Administration, n'osaient afficher les photos de Bourguiba dans les espaces réservés aux étudiants. La police n'osait pas, " en temps de paix ", mettre les pieds dans l'enceinte universitaire. La police universitaire est une invention à 100% benalienne. "Amm Salah, c'est ainsi que ses étudiants l'appelaient, était un homme affable, de contact facile et qui ne manquait pas d'humour. Sa simplicité, sa modestie et son " signe distinctif ", la chéchia, lui ont fait gagner la sympathie des étudiants. Cependant, c'était le côté " Doctor Jekyll " du docteur Karker. " Ce sont les discussions politiques qui m'ont révélé le côté " Mister Hyde " de sa personnalité . En ce qui concerne sa foi dans les lois de la chariâa, aucune discussion n'était possible. " Je me rappelle lui avoir, une fois, dit : 'mais on ne peut quand même pas demander aux femmes musulmanes du Mali ou du Niger de porter du voile avec des températures de 40 degrés et plus ! '. Sa réponse était catégorique : " La loi de Dieu ne peut être discutée par les hommes ". En se referant à sa femme, il n'osait pas dire "ma femme", mais l'appelait "الدٌار" (mot à mot 'ma maison'!)". Les leçons de l'exil : "J'espère que le docteur Karker a changé avec le temps et retenu les leçons de l'exil. Ces exilés en Grande Bretagne, en France et en Allemagne ont-il remarqué que s'ils peuvent laisser pousser leur barbe, discuter librement, porter le voile " islamique " ou visiter les mosquées en dehors des " horaires administratifs " ce n'est pas que ces pays appliquent l'islam, mais parce que ces Etats n'appliquent aucune religion. Ils doivent, d'après moi, changer leur vieux slogan "الإسلام هو الحال" (l'Islam est la solution), par "العلمانيٌة هي الحال" (La laïcité est la solution) Si Rached Ghannouchi et Salah Karker vivaient dans un pays musulman, leur extradition vers la Tunisie serait plus que certaine." "Quelqu'un a dit : "Seuls les imbéciles ne changent pas" et j'espère que nos opposants de gauche, comme de droite ont changé et perdu leurs illusions quant à la possibilité d'un Etat islamique comme nous les, communistes, croyions en un Etat sans classes. Je ne crois pas que Hamma Hammami croit encore à la "dictature du prolétariat." "J'avais la chance de côtoyer à l'université, des collègues islamistes modérés qui acceptaient les différences d'opinion et de croyance. Au restaurant universitaire on ne choisissait pas sa table suivant la couleur politique. Je me rappelle une amie islamiste voilée et voisine de table que je taquinais au début de chaque repas en psalmodiant à haute voix: "الحمد للٌه الذي أطعمنا وسقانا وجعلنا ملحدين" (Je remercie Dieu qui nous a donné à manger et à boire et de nous avoir converti à l'athéisme ). " F a attendu la fin de la soirée, bien arrosée, pour me lancer une autre bombe : "Taoufik Baccar, l'actuel Ministre des finances et Karker étaient des collègues à l'Ecole des Télécoms. Je suis fier d'être l'ancien élève d'un ministre et d'un condamné à mort !". Omar Khayyâm | |
| Iberotel Al-Mansour, Mahdia, mercredi 19 décembre 2001 . | |
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Lève ta coupe bien haut et vide-la jusqu'à la lie à la santé de ceux qui, eux aussi, boivent seuls. Gibran Khalil Gibran
Il y a quelques jours, alors que je mets mon père au courant de mes
contacts avec la Tunisie militante, tout ce qu'il trouve à me dire c'est
"Oh la la, tu peux être sûre que tu es fichée maintenant", sur le ton de
"Oublie ça ma fille, vis ta vie". Je lui fais lire quelques lignes
d'ettounsi, et il continue: "Oh la la". Puis il s'en va et là je téléphone
à ma mère, en larmes: "Mais qu'est-ce qu'il a à critiquer tout ce qu'on
fait, jamais un encouragement, jamais!". Elle me rassure, me demande
d'essayer d'être moins sensible, d'avoir plus confiance en moi. Je
l'écoute, je reprends vie peu à peu. Je dois ôter mon bâillon. C'est un
travail long et fastidieux, je chute, me relève, chute encore, rampe et me
relève plus loin. Au moins j'avance. C'est à Djerba que je me suis remise à écrire. Je ne sais pas comment
l'envie m'est revenue, après tant d'années, mais un jour, je suis allée
demander un bloc de papier au magasin du Club. C'était plus fort que moi,
et aujourd'hui je ne comprends toujours pas comment j'avais pu partir sans
emporter de feuilles de papier. Ce n'était pas que je voulais être seule, ni que je ne voulais pas
"bronzer idiot", c'est juste que je ne savais pas comment faire autrement.
Alors j'écrivais, et la bienveillance silencieuse d'Atef, le serveur,
rendait mes matinées plus douces. Alors que beaucoup d'autres m'interpellaient, m'interrompaient, cherchaient à obtenir un rendez-vous, toi pendant quinze jours, tu as respecté mon silence. J'ai eu peur que tu gâches tout mais tu m'as simplement offert une fleur le dernier soir. Tu as été ma petite lumière, j'avais l'impression que tu me protégeais, et c'est un peu grâce à toi que j'écris aujourd'hui.
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Mohamed Harmel, le président d'Ettajdid (ex. Parti Communiste Tunisien) a eu des mots très durs envers le régime tunisien dans le numéro du 6 janvier d'Al Hayat ( journal arabe publié à Londres).
Harmel, qui est également député, s'était distingué ces dernières années par son soutien indéfectible envers le pouvoir et son loobying acharné dirigé vers les parlementaires européens à Strasbourg pour les convaincre de ne pas voter des motions de blâme "contre la Tunisie". Il est par ailleurs à noter qu'Ettarik El Jadid (le journal d'Ettajdid) est ré-apparu en décembre 2001 et que le dernier numéro est apparemment (je ne l'ai pas encore lu) beaucoup plus "osé" que ceux des dernières années (le sommaire de ce numéro bi-lingue est disponible sur le site d'Altrnatives-citoyennes; numéro 6). Lecteur assidu | |
| Lundi 7 janvier 2002 . | |
| الرّجلة هزّتها
الحجلة | |
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... في كل عواصم هذا الوطن العربي قتلتم
فرحي جاري إغتال فأري، الحنفيّة لا تكفّ عن السّخريّة، التلفاز لم يعد ممتاز، النعجة باتت منزعجة، الدّجاج عاد الى البيت محتاج، البقرة صارت محتقرة، معنويّات السيّارة منهارة، الصّوف يتساقط من إبط الخروف... فليذهبوا كلّهم الى الجحيم... كلّهم يتآمرون ضدّي لكي أدخل لبيتي مرتزقة زين العابدين بن علي ولكنّي لن أقع في الفخّ الذي نصبوه بنجاح منقطع النّظير للمديرة عواطف حميدة و للمدير علي السعيدي. السبّاك، الكهربائي، الطّبيب البيطري، القاضي وساعي البريد كلّهم أعوان بثكنة العوينة ويخبّئون علينا، منذ أن استحوذ على ضمائرهم وعلى ملكة التفكير فيهم صانع ميكانيكي بوزارة الإندفاع الوطني وحلاقة أيتام بمحطة النّقل الرّيفي، شاءت لعنة الأقدار أن تنصّبهما رئيسين لأحفاد حنّبعل و الكاهنة. لقد ساءه أن أكتب في منتدى تونيزين أنّ "الرّجلة هزّتها الحجلة" وبعث لي بتنبيه شديد اللّهجة خطّه صديقي حسونه، بشّره الله بالدّيموقراطيّة، بلغة إنجليزيّة مهذّبة : Take care ettounsi و لكنّي سأعيد الكرّة مرّة أخرى فالحجلة لم تحمل معها ما تبقّى لنا من "رُجلة" بل عاثت فيها خرابا و حملت كلّ ما تبقّى من مروءة ومن لم يرق له كلامي فليثبت للعالم الحرّ العكس بدون أن ينزع ما ستر عورته. أمّا أنت يا غراب البين يا سافل السّافلين فويح لمن سمّاك بن علي زين العابدين واللعنة على من ضمّ حافره لقوائم المساندين وويل لمن تسوّل له نفسه الاقتراب من عريني تونيزين، لن أترك أعوانك المتنكرين في هيأة تجّار للحساب الخاص قتلي وضربي على مؤخرة رأسي بقنواتك الخشبية عيار 7 و 21 ولن أسمح لقريبتي أن تدفنني في الحدائق العمومية في مثل هذا البرد القارس المشين. فأنا التّونسي الذي قرّر منذ نعومة أظفاره أن يعيش عزيزا و أن يموت ميتة طبيعية بدون أن ينعاه قذر مثل مدير صحيفتك الماجنة سوّد الله وجهك ووجهه دنيا و آخرة بما خطّت يداكما في حقّ شعبنا الأعزل المسكين. أقسم أمام الله وأمام علم بلادي المفدّى وبإسم أحرار قرطاج إبتداءا من عمر الخيّام والقارئ الملهوف وحسونه والمتشائل وبوطميرة ورزقون و إنتهاءا بكل من ساهم من بعيد أو من قريب في الضحك من ذقن مهزلة السّابع من نوفمبر بأنه لن يهنأ لنا بال ما لم تعد علّيسة لقصرها معزّزة مكرّمة وما لم يكف أحفاد الرّوم من زبانيتك، أمثال نصف قوجة و الشّاوش علي و عبد الله القلّاب و ما شابه شابههم، عن رشّ الملح فوق تراب الخضراء مثلهم مثل أجداهم الخائبين. غدا والغد لناظره قريب لن يجد الخونة أمثالكم ملجأ يهرعون إليه فحتّى الأرجنتين صدّت أبوابها أمام المرتزقة وناهبي ثروات الشّعوب المضطهدة أمثالكم أمّا تونس فحدث ولا حرج فقد حرمكم سيّدكم المغفّل من منظّمة حقوق إنسان تمنع المطحونين، يوم لن يجديكم المائة ألف بوليس الذين تتستّرون ورائهم، من التنكيل بكم ولن تجدوا قضاءا عادلا يصون النّزر القليل من حقوقكم، إن بقيت لكم حقوق، وقتها فقط ستعرفون كم نحن مشتاقون للقياكم و للقاء من يلقاكم. لا يغرّكم ما تسمّوه اليوم إستتباب أمن فما هو إلا الهدوء الذي يسبق الإعصار الأخير الذي سيعصف بمعجزتكم المزعومة ولن تنفع أطنان المخدرات الرّخيصة المغشوشة التي توزعونها يوميّا بأثمان بخسة للشباب العاطل عن الزّواج والعمل والتّفكير والقراءة وكل ما هو مسموح به في الدول الشّقيقة والصّديقة فالجرعة الوحيدة التي لم ننتشي بها بعد إسمها الحرية "والله لا يحرم منها لا تونسي ولا تونسية". و راس سهام و راضية و سارّة
الغالية | |
| Fond sonore Welcome to be hotel California - Eagles . | |