Welcome to be hotel Mansouri


я живу в Улице Мансури
J'habite la rue Mansouri

L'original © RSF
Manifestation de soutien aux mansouriens - Beyrouth - Samedi 5 janvier 2002


Malgré une température de -22° le jeune Alexeï est là depuis 8 heurs du matin. Les passants sont amusés par ce jeune homme qui hisse chaque matin cette banderole au contenu énigmatique : я живу в Улице Мансури (J'habite la rue Mansouri)
Son action de protestation solitaire a commencé un certain jour de novembre 2001.
En tant que chômeur et SDF, Alexeï passait ses journées à chercher des bouteilles consignées, des parapluies perdus, des " chliapas " égarées et toutes sortes de bric-à-brac qu'il peut vendre pour pouvoir survivre à l'hiver moscovite.
Un jour, en voulant s'allonger sur le banc d'un jardin public, une revue qui gisait par terre a attiré son attention. C'était le numéro 49 de la " Literaratournaïa Gazeta " (la gazette littéraire). Comme la majorité des Russes, Alxeï est un passionné de littérature, mais faute de moyens il se contentait de lire les journaux et les revues que les Moscovites jettent partout, dans les jardins publics, les stations de métro et les gares. Une petite histoire de rien du tout traduite du français l'a obsédée au point qu'il en a fait sa cause et son symbole de lutte et de protestation. Alexeï l'itinérant a enfin trouvé un domicile fixe et son appartement se trouve à la rue Mansouri.
A part les jours fériés, Alexeï se plante chaque jour devant l'ambassade tunisienne à Moscou de 8 heures du matin jusqu'à quatre heures de l'après-midi. Ni les pluies, ni les tempêtes de neige, ni le froid glacial n'ont eu raison de sa détermination. Il porte comme seul signe de protestation une banderole d'un mètre sur 60 cm.
L'ambassadeur tunisien a protesté auprès des autorités russes. Les policiers russes ont essayé de chasser Alexeï, mais dès que les flics quittent les lieux, Alexeï revient avec sa banderole solitaire. Un fonctionnaire des affaires étrangères russes essaya de convaincre Alexeï de cesser son action de protestation qui pourrait nuire aux relations tuniso-russes. Le jeune SDF ne voulait rien savoir. Il a dit l"apparatchik" qu'en fin de compte il n faisait qu'exercer son droit constitutionnel de s'exprimer et de manifester de la manière la plus pacifique au monde.
L'ambassadeur tunisien envoie chaque jour un câble a Tunis relatant dans ses moindres détails l'action 'subversive" du jeune Alexeï. L'officier de la Sécurité de l'ambassade a suggère son élimination pure et simple. Il a dit que la police russe n'irait pas faire grand cas de la mort d'un SDF.
C'était compter sans les médias moscovites qui ont eu vent de "l'affaire Alexeï". Golos Mockvii, la Voix de Moscou, une radio privée, fut le premier média à interviewer Alexeï. Dans sa déclaration à la radio, Alxeï a dit que son action de protestation visait à la fois les gouvernements russe et tunisien. "Il faut donner vie à la rue qui n'existe pas" a-t-il déclaré aux auditeurs. En tant que "bezdomnii" (SDF) il n'a pas d'autre choix qu'habiter la rue Mansouri. "Ni l'ambassadeur tunisien ni même Vladimir Putin n'ont le pouvoir de m'expulser de ma rue".
Si vous voulez adresser des messages de soutien à Alexeï, vous avez déjà l'adresse !

Omar Khayyâm

Mardi 8 janvier 2002 .
Taïeb El Fékih


Taïeb El Fékih, le grand-père maternel de Taïeb Moalla, le correspondant du journal belge Le soir, vient de nous quitter pour un monde meilleur ce 9 janvier 2002 à près de 90 ans. Tous les rédacteurs de TUNeZINE rendent hommage avec cette chanson de Moustaki au regretté et partagent le deuil de Taïeb et de sa famille.

Grand-père

Picasso

C'est pour toi que je joue, grand-père, c'est pour toi.
Tous les autres m'écoutent, mais toi, tu m'entends.
On est du même bois, on est du même sang
Et je porte ton nom et tu es un peu moi,
Exilé de Corfou et de Constantinople,
Ulysse qui jamais ne revint sur ses pas.
Je suis de ton pays, métèque comme toi,
Un enfant de l'enfant qui te fit Pénélope.
Tu étais déjà vieux quand je venais de naître,
Arrivé juste à temps pour prendre le relais
Et je finirai bien un jour par ressembler
A la photo ou tu as posé en ancêtre.

C'est pour toi que je joue, grand-père, c'est pour toi
Que je glisse mes doigts le long de mes six cordes
Pour réveiller un air tranquille et monocorde.
C'est tout ce que je sais faire de mes dix doigts,
Maître en oisiveté, expert en braconnage.
Comme toi, j'ai vécu à l'ombre des bateaux
Et pour faire un festin, je volais les oiseaux
Que le vent de la mer me ramenait du large.
Comme toi, j'ai connu les filles et les rêves,
Buvant à chaque source que je rencontrais
Mais sans être jamais vraiment désaltéré,
Sans jamais être las de répandre ma sève.

C'est pour toi que je joue, grand-père, c'est pour toi,
Pour remettre au présent tout ce qui s'est passé
Depuis que je ne parle plus que le français
Et j'ecris des chansons que tu ne comprends pas.
Tous les autres m'entourent mais toi tu m'attends.
Même si tu es loin dans l'espace et le temps,
Quand il faudra mourir, on se retrouvera.

Que dieu le Tout-Puissant lui accorde son infinie miséricorde et l'accueille dans son éternel paradis.

Mercredi 9 janvier 2002 .
Si Salah, mon voisin, mon ennemi bien-aimé


Mahdia Tunisia

J'ai rencontré F à l'hôtel Al Mansour à Mahdia, au moment de la ruée vers la bière, deux jours après l'Aïd. F, la quarantaine, marié, deux enfants, est un haut cadre dans un organisme public. Nous avons parlé de futilités au début, mais à la quatrième bière sa langue a commencé à se délier. Même s'il n'est pas engagé politiquement, F continue, autant que ses responsabilités le lui permettent, à suivre l'actualité politique tunisienne, ne serait-ce que par nostalgie pour son passé de militant de gauche à l'Université de Tunis du milieu jusqu'a la fin des années quatre-vingt. Ses sources sont les chaînes Al-Jazira et Al-Mustaquila et le service arabe de la BBC. Comme la majorité des Tunisiens il a peur de chercher " la littérature interdite " sur internet. Et puis au milieu de la discussion il m'a lancé une bombe: Salah Karkar était à la fois son voisin et son prof à l'université (J'invite la Sûreté de l'Etat à noter ce petit détail, le fait d'avoir été à la fois élève et voisin de Salah Karker ne peut rester impuni).

Il m'a dit qu'après sa sortie de prison en 1985, Salah Karker a déniché un poste d'enseignant contractuel à l 'Ecole Nationale des Télécoms. Salah Karkar est, en effet, docteur en statistiques. J'ai été étonné de savoir qu'à l'époque de Bourguiba de telles choses pouvaient se passer : un islamiste de "gros calibre' enseignant dans un établissement public! On croit rêver. Sous le régime policier de Big Ben Ali, un islamiste, fût-il prix Nobel en physique, est interdit d'enseigner même dans un jardin d'enfants.

Grâce à ce témoin précieux j'ai compris la nostalgie qu'éprouvent certains "مخضرمين" (contemporains des deux époques) pour le bon vieux temps de Bourguiba. F m'a dit que jusqu'à l'arrivée de Ben Ali l'Université était aux mains de l'opposition estudiantine et les étudiants destouriens n'avait pas l'audace de se déclarer comme tels. Aucun étudiant, ni même l'Administration, n'osaient afficher les photos de Bourguiba dans les espaces réservés aux étudiants. La police n'osait pas, " en temps de paix ", mettre les pieds dans l'enceinte universitaire. La police universitaire est une invention à 100% benalienne.

"Amm Salah, c'est ainsi que ses étudiants l'appelaient, était un homme affable, de contact facile et qui ne manquait pas d'humour. Sa simplicité, sa modestie et son " signe distinctif ", la chéchia, lui ont fait gagner la sympathie des étudiants. Cependant, c'était le côté " Doctor Jekyll " du docteur Karker. " Ce sont les discussions politiques qui m'ont révélé le côté " Mister Hyde " de sa personnalité . En ce qui concerne sa foi dans les lois de la chariâa, aucune discussion n'était possible. " Je me rappelle lui avoir, une fois, dit : 'mais on ne peut quand même pas demander aux femmes musulmanes du Mali ou du Niger de porter du voile avec des températures de 40 degrés et plus ! '. Sa réponse était catégorique : " La loi de Dieu ne peut être discutée par les hommes ". En se referant à sa femme, il n'osait pas dire "ma femme", mais l'appelait "الدٌار" (mot à mot 'ma maison'!)".

Les leçons de l'exil :

"J'espère que le docteur Karker a changé avec le temps et retenu les leçons de l'exil. Ces exilés en Grande Bretagne, en France et en Allemagne ont-il remarqué que s'ils peuvent laisser pousser leur barbe, discuter librement, porter le voile " islamique " ou visiter les mosquées en dehors des " horaires administratifs " ce n'est pas que ces pays appliquent l'islam, mais parce que ces Etats n'appliquent aucune religion. Ils doivent, d'après moi, changer leur vieux slogan "الإسلام هو الحال" (l'Islam est la solution), par "العلمانيٌة هي الحال" (La laïcité est la solution) Si Rached Ghannouchi et Salah Karker vivaient dans un pays musulman, leur extradition vers la Tunisie serait plus que certaine."

"Quelqu'un a dit : "Seuls les imbéciles ne changent pas" et j'espère que nos opposants de gauche, comme de droite ont changé et perdu leurs illusions quant à la possibilité d'un Etat islamique comme nous les, communistes, croyions en un Etat sans classes. Je ne crois pas que Hamma Hammami croit encore à la "dictature du prolétariat."

"J'avais la chance de côtoyer à l'université, des collègues islamistes modérés qui acceptaient les différences d'opinion et de croyance. Au restaurant universitaire on ne choisissait pas sa table suivant la couleur politique. Je me rappelle une amie islamiste voilée et voisine de table que je taquinais au début de chaque repas en psalmodiant à haute voix: "الحمد للٌه الذي أطعمنا وسقانا وجعلنا ملحدين" (Je remercie Dieu qui nous a donné à manger et à boire et de nous avoir converti à l'athéisme ). "

F a attendu la fin de la soirée, bien arrosée, pour me lancer une autre bombe : "Taoufik Baccar, l'actuel Ministre des finances et Karker étaient des collègues à l'Ecole des Télécoms. Je suis fier d'être l'ancien élève d'un ministre et d'un condamné à mort !".

Omar Khayyâm

Iberotel Al-Mansour, Mahdia, mercredi 19 décembre 2001 .
Petite chronique de l'autre côté : 6 janvier 2002

Lève ta coupe bien haut et vide-la jusqu'à la lie
à la santé de ceux qui, eux aussi, boivent seuls.
Gibran Khalil Gibran


Il y a quelques jours, alors que je mets mon père au courant de mes contacts avec la Tunisie militante, tout ce qu'il trouve à me dire c'est "Oh la la, tu peux être sûre que tu es fichée maintenant", sur le ton de "Oublie ça ma fille, vis ta vie". Je lui fais lire quelques lignes d'ettounsi, et il continue: "Oh la la". Puis il s'en va et là je téléphone à ma mère, en larmes: "Mais qu'est-ce qu'il a à critiquer tout ce qu'on fait, jamais un encouragement, jamais!". Elle me rassure, me demande d'essayer d'être moins sensible, d'avoir plus confiance en moi. Je l'écoute, je reprends vie peu à peu. Je dois ôter mon bâillon. C'est un travail long et fastidieux, je chute, me relève, chute encore, rampe et me relève plus loin. Au moins j'avance.
Aux questions qu'on me pose sur le temps que je passe sur Internet, je ne sais jamais vraiment quoi répondre. J'ai tendance à commencer les trois-quarts de mes phrases par: "En Tunisie..." mais jamais je ne vais au bout de mes pensée, jamais je n'arrive à exprimer mon attachement, ma révolte, mon bonheur et ma souffrance aussi. A chaque retour de Djerba, je raconte quelques unes de mes observations, mais l'essentiel reste étouffé au fond de moi.
Alors j'ai fêté seule ma première publication sur TUNeZINE. J'ai levé mon verre à la Tunisie, à mes amis virtuels, à leur courage, à la solitude pesante de leur anonymat aussi.
Je me suis résolue à continuer d'écrire même modestement, pour faire partager mes expériences et raconter ce que je n'ai jamais dit.

C'est à Djerba que je me suis remise à écrire. Je ne sais pas comment l'envie m'est revenue, après tant d'années, mais un jour, je suis allée demander un bloc de papier au magasin du Club. C'était plus fort que moi, et aujourd'hui je ne comprends toujours pas comment j'avais pu partir sans emporter de feuilles de papier.
La fois suivante, j'avais mon cahier, et j'écrivais tous les matins, en buvant mon café dans la salle à manger avant qu'elle ne se remplisse. Ça faisait partie de mes meilleurs moments et tous les regards de travers qu'on me jetait me donnaient envie de sourire. Apparemment c'était incongru. Les gens m'observaient. Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi. Etait-ce que j'avais l'air grave ? Etait-ce que je n'avais pas l'air du genre à danser la "danse du soleil, allez on tape dans ses maaaiiinnnns" tous les midis au bord de la piscine? Etait-ce tout simplement que, tous les matins, j'étais seule à ma table?

Ce n'était pas que je voulais être seule, ni que je ne voulais pas "bronzer idiot", c'est juste que je ne savais pas comment faire autrement. Alors j'écrivais, et la bienveillance silencieuse d'Atef, le serveur, rendait mes matinées plus douces.
Je crois bien qu'il pensait que j'étais écrivain. Il se contentait de me dire "Bonjour Sophie" quand j'entrais dans la salle puis se faisait très discret. Il m'était même arrivé de le surprendre à débarrasser ma table en cherchant à ne pas faire de bruit. Un jour, il murmura:"Est-ce que tu as bientôt fini ? ", je lui répondis que j'écrivais sur ma vie, et que je n'aurais jamais fini. Timidement il me demanda:" Est-ce que tu parles de moi ?" Je lui répondis que oui. Il me dit:" Mais je ne fais pas partie de ta vie...".
Et bien si, à ce moment-là, tu faisais partie de ma vie Atef. J'étais heureuse d'arriver le matin avec mon cahier à la main. Pendant quinze jours, tu m'as saluée, puis souhaité bonne journée.

Alors que beaucoup d'autres m'interpellaient, m'interrompaient, cherchaient à obtenir un rendez-vous, toi pendant quinze jours, tu as respecté mon silence. J'ai eu peur que tu gâches tout mais tu m'as simplement offert une fleur le dernier soir.

Tu as été ma petite lumière, j'avais l'impression que tu me protégeais, et c'est un peu grâce à toi que j'écris aujourd'hui.

Sophie

 
Lecteur assidu entre autres


A 73 ans, Mohamed Harmel
coupe le cordon ombilical avec le pouvoir

Mohamed Harmel, le président d'Ettajdid (ex. Parti Communiste Tunisien) a eu des mots très durs envers le régime tunisien dans le numéro du 6 janvier d'Al Hayat ( journal arabe publié à Londres).

Harmel, qui est également député, s'était distingué ces dernières années par son soutien indéfectible envers le pouvoir et son loobying acharné dirigé vers les parlementaires européens à Strasbourg pour les convaincre de ne pas voter des motions de blâme "contre la Tunisie".

Il est par ailleurs à noter qu'Ettarik El Jadid (le journal d'Ettajdid) est ré-apparu en décembre 2001 et que le dernier numéro est apparemment (je ne l'ai pas encore lu) beaucoup plus "osé" que ceux des dernières années (le sommaire de ce numéro bi-lingue est disponible sur le site d'Altrnatives-citoyennes; numéro 6).

Lecteur assidu

Lundi 7 janvier 2002 .
الرّجلة هزّتها الحجلة


لن يمرّوا و إن مرّوا... صحّة ليهم

... في كل عواصم هذا الوطن العربي قتلتم فرحي
في كل زقاق أجد الأزلام أمامي
أصبحت أحاذر حتى الهاتف
حتى الحيطان وحتى الأطفال
أقيئ لهذا الأسلوب الفج
تعالوا نتحاكم قدام الصحراء العربية كي تحكم فينا
اعترف الآن أمام الصحراء
أني مبتذل وبذيء وحزين
كهزيمتكم يا شرفاء مهزومين
ويا حكاما مهزومين
ويا جمهورا مهزوما
ما أوسخنا ... ما أوسخنا ... ما أوسخنا
ما أوسخنا
لا أستثني أحدا

مـظـفـر الـنـواب

جاري إغتال فأري، الحنفيّة لا تكفّ عن السّخريّة، التلفاز لم يعد ممتاز، النعجة باتت منزعجة، الدّجاج عاد الى البيت محتاج، البقرة صارت محتقرة، معنويّات السيّارة منهارة، الصّوف يتساقط من إبط الخروف... فليذهبوا كلّهم الى الجحيم... كلّهم يتآمرون ضدّي لكي أدخل لبيتي مرتزقة زين العابدين بن علي ولكنّي لن أقع في الفخّ الذي نصبوه بنجاح منقطع النّظير للمديرة عواطف حميدة و للمدير علي السعيدي.

السبّاك، الكهربائي، الطّبيب البيطري، القاضي وساعي البريد كلّهم أعوان بثكنة العوينة ويخبّئون علينا، منذ أن استحوذ على ضمائرهم وعلى ملكة التفكير فيهم صانع ميكانيكي بوزارة الإندفاع الوطني وحلاقة أيتام بمحطة النّقل الرّيفي، شاءت لعنة الأقدار أن تنصّبهما رئيسين لأحفاد حنّبعل و الكاهنة. لقد ساءه أن أكتب في منتدى تونيزين أنّ "الرّجلة هزّتها الحجلة" وبعث لي بتنبيه شديد اللّهجة خطّه صديقي حسونه، بشّره الله بالدّيموقراطيّة، بلغة إنجليزيّة مهذّبة : Take care ettounsi و لكنّي سأعيد الكرّة مرّة أخرى فالحجلة لم تحمل معها ما تبقّى لنا من "رُجلة" بل عاثت فيها خرابا و حملت كلّ ما تبقّى من مروءة ومن لم يرق له كلامي فليثبت للعالم الحرّ العكس بدون أن ينزع ما ستر عورته.

أمّا أنت يا غراب البين يا سافل السّافلين فويح لمن سمّاك بن علي زين العابدين واللعنة على من ضمّ حافره لقوائم المساندين وويل لمن تسوّل له نفسه الاقتراب من عريني تونيزين، لن أترك أعوانك المتنكرين في هيأة تجّار للحساب الخاص قتلي وضربي على مؤخرة رأسي بقنواتك الخشبية عيار 7 و 21 ولن أسمح لقريبتي أن تدفنني في الحدائق العمومية في مثل هذا البرد القارس المشين. فأنا التّونسي الذي قرّر منذ نعومة أظفاره أن يعيش عزيزا و أن يموت ميتة طبيعية بدون أن ينعاه قذر مثل مدير صحيفتك الماجنة سوّد الله وجهك ووجهه دنيا و آخرة بما خطّت يداكما في حقّ شعبنا الأعزل المسكين.

أقسم أمام الله وأمام علم بلادي المفدّى وبإسم أحرار قرطاج إبتداءا من عمر الخيّام والقارئ الملهوف وحسونه والمتشائل وبوطميرة ورزقون و إنتهاءا بكل من ساهم من بعيد أو من قريب في الضحك من ذقن مهزلة السّابع من نوفمبر بأنه لن يهنأ لنا بال ما لم تعد علّيسة لقصرها معزّزة مكرّمة وما لم يكف أحفاد الرّوم من زبانيتك، أمثال نصف قوجة و الشّاوش علي و عبد الله القلّاب و ما شابه شابههم، عن رشّ الملح فوق تراب الخضراء مثلهم مثل أجداهم الخائبين.

غدا والغد لناظره قريب لن يجد الخونة أمثالكم ملجأ يهرعون إليه فحتّى الأرجنتين صدّت أبوابها أمام المرتزقة وناهبي ثروات الشّعوب المضطهدة أمثالكم أمّا تونس فحدث ولا حرج فقد حرمكم سيّدكم المغفّل من منظّمة حقوق إنسان تمنع المطحونين، يوم لن يجديكم المائة ألف بوليس الذين تتستّرون ورائهم، من التنكيل بكم ولن تجدوا قضاءا عادلا يصون النّزر القليل من حقوقكم، إن بقيت لكم حقوق، وقتها فقط ستعرفون كم نحن مشتاقون للقياكم و للقاء من يلقاكم.

لا يغرّكم ما تسمّوه اليوم إستتباب أمن فما هو إلا الهدوء الذي يسبق الإعصار الأخير الذي سيعصف بمعجزتكم المزعومة ولن تنفع أطنان المخدرات الرّخيصة المغشوشة التي توزعونها يوميّا بأثمان بخسة للشباب العاطل عن الزّواج والعمل والتّفكير والقراءة وكل ما هو مسموح به في الدول الشّقيقة والصّديقة فالجرعة الوحيدة التي لم ننتشي بها بعد إسمها الحرية "والله لا يحرم منها لا تونسي ولا تونسية".

و راس سهام و راضية و سارّة الغالية
الرّجلة هزّتها الحجلة يا جماعة
و الجبورة تلعب في الكورة
و أولاد البلاد مقهورة.

التّونسي متاع التّونيزين

5 - 1 - 2002

Fond sonore Welcome to be hotel California - Eagles .