La rue Mansouri existe



Proxy n° 6

Au paradis des touristes règne un silence de plomb

ZABA risque à présent une crise de nerfs à cause de cette rue qui n'existe pas, Jean pierre Chevènement vient de le mettre hors de lui en lui demandant lors de son passage à Tunis de le laisser visiter la rue du commandant martyr Mohamed Mansouri.
Incrédule ZABA riposte : " Tu te fous de ma gueule ou quoi ? cette rue n'a jamais existé et n'existera pas tant que je suis président de ce bled pourri, c'est une invention des " extrémistes des sites pornographiques de l'opposition " (© Le Goujat de La Presse), si tu veux visiter l'avenue 7 novembre tu peux le faire dés à présent, celle là au moins existe partout "
JPC quitte le palais de Carthage l'air furieux et se dirige vers le centre ville en compagnie de ses gardes du corps en espérant trouver tout seul la rue Mansouri, mais peine perdue car personne ne veut le renseigner même les quelques français membres de l'ATTAC, qui effectuaient une visite de soutien à leurs compagnons du RAID agressés il y a quelques jours par la police politique de Zabanostra, fatigués et désespérés les gorilles de JPC bousculent tout le monde et quittent les lieux.

Omar Khayyâm : WANTED DEAD OR ALIVE

Le service d'embouteillage de la Dakhilia se ravitaille pour accueillir Omar Khayyâm.

Avisé de l'incident diplomatique par au moins 50 mouchards, qui quadrillent en permanence l'avenue du 7 - 11 - 1987 jour et nuit, ZABA réunit d'urgence son conseil de guerre, le devenir incertain de l'auteur de ce best seller, Omar Khayyâm, comme vous l'avez deviné sera à l'ordre du jour. Tout le monde est présent même Ben Dhiable la nouvelle éminence grise du régime (© Samir Gharbi de J.A.I.), ZABA demande à ses acolytes de lui fournir toutes les informations dont ils disposent concernant l'ennemi public numéro un, notre ami O.K.
Goujat ouvre le bal : " Cet intégriste est originaire de Mahdia qui est l'ancienne capitale des Fatimides, comme vous ne le savez pas sûrement, il est sans doute chiite "
ZABA l'air inquiet : " Chiite ? est ce qu'on est encore en guerre contre l'Iran ? " Le ministre de la défonce (© ettounsi) se met debout : " Bien sûr que non mon Général, Goujat se trompe car on a exterminé le dernier des chiites l'année dernière et on a dissout son corps dans de l'acide pour éviter le clonage, Omar Khayyâm n'est pas chiite car il a avoué le fait qu'il fréquente le bar de l'Hôtel Al Mansour à Mahdia donc c'est un ivrogne communiste ".
ZABA appelle l'empereur des tortionnaires Bokassa : " Prend cinq reptiles en civil avec toi et arrête moi le directeur de cette pension, ce connard est un intégriste et le nom donné à son établissement n'est pas fortuit, Al Mansour mon œil, je vais le ruiner ce perdant "
Tous les présents sont ébahis par l'intelligence et la clairvoyance de ZABA car personne n'a fait le lien entre Al Mansour et Mansouri sauf le roi des cons, Ab-Ab profite du silence et rouvre les hostilités : " Je présumes que Omar Khayyâm est le directeur de l'hôtel car ce dernier parle au moins 7 langues vivantes et une morte (la langue de bois) mais je n'arrive pas à faire le lien car le syndicat des hôteliers est acquis à notre cause cœur et âme et soutient sans réserve une quatrième candidature, ce monsieur est sûrement un agent double "
Une voix surgit du fond de la salle, c'est Mloukhia : " Les liens sont aux caves de la Dakhilia et nulle part ailleurs pour ceux qui peinent à les trouver, livrez moi ce versificateur intégriste et vous aurez au moins un point commun entre ce Omar Khayyâm et le commandant Mansouri " SLEHeddine ne comprend pas : " Et quel est ce point commun selon toi ? " Mloukhia répond en souriant : " C'est que les abrutis de l'opposition vont dire : " Ils sont tous deux morts sous la torture dans nos caves " c'est simple comme bonjour, non ? " Le raisonnement absurde du flic n'indigne personne car les mafieux de Zabanostra pensent que tout tunisien est coupable jusqu'à ce qu'ils prouvent le contraire.
ZABA inlassable appelle de son téléphone rose l'ambassadeur de la Tunisie à Beyrouth : " Allô ducon est ce que tu as des nouvelles du comité de soutien aux mansouriens ? je te préviens que le sommet arabe risque d'avoir lieu dans les jours à venir et si ce comité prépare quelque chose de spectaculaire il faut m'aviser pour que je m'excuse à l'avance et que j'envoie le ministre des affaires étranges (© ettounsi) à ma place " l'ambassadeur répond : " Je ne comprend plus rien, monsieur le président, mais vous m'avez dit hier que cette rue n'existe pas alors comment voulez vous qu'il y est un comité de soutien ? " ZABA en bon père de famille explique sa démarche : " Mais tu es con ou quoi ? je vais te donner un exemple simple : l'article 39 du destour est mon invention qui n'existait pas avant moi pourtant des gens veulent le garder et d'autres encore plus cons veulent l'amender alors si tu n'as rien compris cette fois tu prends tes bagages et tu retournes au bercail faire l'agent de la circulation comme avant " terrorisé par l'alternative l'ambassadeur rétorque : " Maintenant j'ai tout compris demain je t'envoies la liste des adhérents au comité de soutien aux mansouriens et je vais faire encore plus, je vais mandater nos alliés de l'ancienne armée du sud Liban assassiner ce SDF d'Alexeï qui crée des problèmes à mon collègue de Moscou " ZABA aux anges conclut : " Tu vois c'est facile quand on veut on peut, allez bonne nuit fiston "

Vers un programme onusien : Ciment contre pourriture (© ettounsi)

Les sbires ne tardent pas à localiser l'infortuné directeur de l'hôtel Al Mansour et l'emmènent dans un état lamentable au palais de Courtage (© ettounsi), en examinant son sujet ZABA s'exclame : " Je ne savais pas que les russes étaient aussi misérables comment cet homme arrive à marcher pieds nus avec des températures de - 22 ° ?" troublé par le malentendu qui est entrain de se dessiner GUNSoui explique à son patron que l'homme qui est devant lui n'est pas Alexeï le russe mais Omar Khayyâm en personne qui vient d'avouer son forfait et son appartenance à la Qaïda et aux services secrets du Mossad après une demi-heure câline passée aux caves de la Dakhilia c'est ce qui expliques en partie l'état de son habit et les zones bleuâtres qui couvrent son corps à moitié nu.
Bokassa qui a noté un fait remarquable lors de l'interrogatoire musclé demande l'avis de ZABA : " Patron cet homme est un menteur aussi il a toujours fait croire à son entourage virtuel qu'il maîtrise 8 langues alors qu'il ne parle que l'espagnol " ZABA s'inquiète : " L'espagnol ? alors comment vous avez fait pour les dépositions écrites " Bokassa les lèvres tremblantes : " Tout est rédigé en espagnol c'est le chef Ali Mansour qui a pris note "
ZABA pointe son Uzi vers Mansour et hurle sa sentence : " Fais tes prières traître j'ai oublié pour un moment que toi aussi tu es un Mansour je vais te rendre perméable aux rayons du soleil " L'homonyme du réalisateur Ali Mansour qui est lui aussi metteur en scène de films pornos se met à genoux et en pleurs et demande clémence à son maître : " Mais ce n'est pas de ma faute si mon nom est suspicieux sinon il faut commencer par le premier ministre qui s'appelle Ghannouchi !!! "
ZABA effrayé plonge sous la table en criant : " Qui est le connard qui a nommé Ghannouchi premier ministre, tuez le vite il va m'égorger ce barbu " le docteur Dallé Jazzy tire sa seringue et injecte de la morphine à ZABA en lui expliquant que le premier ministre est Mohamed Ghannouchi et non Rached Ghannouchi et qu'il faut qu'il oublie cette histoire de la rue Mansouri sinon c'est une dépression nerveuse qui l'attend, ZABA quant à lui est aux abonnés absents et ronfle depuis un bon moment comme un mufle.
Après vérification minutieuse et suite aux protestations du consul hispanique le directeur de l'hôtel s'est avéré être un espagnol d'origine espagnole, le ministre des affaires étranges à été sommé de demander des excuses à son altesse royale Juan Carlos mais les autorités espagnoles compétentes ont sévit en privant l'économie tunisienne de ciment pour une durée de six mois vu que des sociétés ibériques contrôlent ce secteur stratégique.

Si l'histoire ne colle pas, achetez un sac de ciment du marché parallèle !
ettounsi de tunezine…

Tunis, vendredi 11 janvier 2002 .
أساف و نائلة, أو سقوط الوثن


أساف و نائلة, أو سقوط الوثن

ليلة البارحة طال بي السهر وأنا أفكر ترى هل من أمل في الخلاص ذهبت بي الذكريات بعيدا لأيام الصبا و براءة الطفولة و قد كنت غضا طري العود آنذاك. كنت أسأل نفسي تلك الأيام عندما أرى صورة الرئيس و زوجته غلى صفحات الجرائد أو في الشاشة السحرية ترى هل هؤلاء بشر مثلنا ؟ هل يأكلون مثلنا ؟ هل يحبون و يكرهون مثلنا ؟ هل يقضون حاجتهم مثلنا ؟ هل لون فضلاتهم مطابق للون فضلات بني البشر ؟ الحقيقة أنني كنت أظن أنهم مختلفون عنا في كل شيء كنت أحسبهم مخلوقات راقية و من أجل ذلك فهم يحكموننا, كم كنت بسيطا كسائر أبناء شعبي الآن و قد بلغت من العمر عتيا جائني اليقين, انهم ليسوا بأحسن منا بل هم أرذلنا هم أوثان متحركة هم أساف و نائلة اللتين كان يعبد أجدادنا أيام الجاهلية الأولى و كانوا يهرقون دم القرابين أمامهما حتى يعم الخصب و يورق الشجر و تحمل الحرائر و يولد الرضيع قويا و يصمد أمام الوباء.

كانت القرابين في ذلك الزمن الغابر من الغنم أو النوق أما اليوم فأساف و نائلة لا يرضيان بغير القرابين البشرية لذلك يموت الناس في سجون الآلهة من التعذيب الويل لك ان كنت جاحدا كافرا بالآلهة فمصيرك الموت البطيئ بين أيدي الكهنة اذ يعمدونك حسب الطقوس السائدة حتى تفقد آدميتك و توقن أن أساف و نائلة حق و أن البلاد و العباد و الهواء و الحمير و الجبال من خلق أساف و نائلة وأن الحزب و الدولة و فريق كرة القدم و العلم و التحرر و النمو الاقتصادي من معجزات الآلهة حتى يرى الصبح كل ذي عينين و يأمن المرتاب و يأمن الخائف و يسلم الجاحد بأن الدستور لا يعلو فوق أساف و نائلة و أن الآلهة تنفخ فيه من روحها فتكون رئيسا مأبدا و زعيما مزمنا فيا عبيد أساف و نائلة أذكروا فضل الآلهةعليكم اذ كنتم عراة فكستكم و كنتم شتاتا فجمعتكم اليوم لا صوة يعلو فوق صوة أساف ونائلة احذروا لعنة الآلهة يا بني البشر فان عذابها شديد و جلاديها قساة القلوب و سجونها لا ترحم.

ذات يوم اجتمع العبيد أمام قصر الالهة في حفل مهيب لتقديم القرابين كان أساف مزهوا على كرسي الملك و زوجته نائلة تعبث بالصولجان و تنظر باحتقار لهذه الجموع الذليلة, فجأة دوى الرصاص في القصر "أقتلوا هذا العبد الآبق" كان أحد العبيد يركض نحو أساف حتى يقبل الأرض تحت قدميه و يعرض شكواه للآلهة, لكن الكهنة أساؤوا الظن به فانطلق الرصاص مدويا "احموا آلهتكم" واصل العبد ركضه, استمر الرصاص اقترب العبد من الآلهة و اقترب الرصاص هوى العبد الآبق بين يدي سيده و فجأة هوت الآلهة برصاص تائه أخطأ صاحبه, خيم الوجوم على الوجوه احتار الكهنة سقطت أساف و سقطت نائلة لم يصدق العبيد و هم حتى اليوم ينتظرون رجوع الآلهة.

اليوم فقط أدركت أن أساف و نائلة يأكلان كما نأكل و يحزنان كما نحزن و يموتان كما نموت, فهل عرفتم من أساف و من نائلة؟

حسونة 

Jeudi 10 janvier 2002 .

Amm Ali, l'ermite de Moknine


Je serai reconnaissant jusqu'au dernier jour de ma vie à mon ami Roufa qui m'a fait connaître ce trésor qui s'appelle Amm Ali. Je ne sais par où commencer. Tout est intéressant dans cet homme : sa personnalité, l'histoire de sa vie, ses idées politiques, sa philosophie de la vie, sa culture, sa vue un peu particulière de la religion et son attachement indéfectible à son arabité et a sa tunisianité.

Amm Ali est un philosophe qui n'a jamais écrit un seul mot. Ce Socrate moderne écrit sa philosophie par ses actes et son mode de vie. Il est une légende vivante à Moknine. A 74 ans, il garde la vigueur physique et l'acuité intellectuelle d'un jeune homme de trente ans. Il a vécu sous quatre beys : Moncef, Lamine, Habib et Zine. Le mot " République " le fait sourire. Un sourire malin plus expressif que mille discours. Ancien étudiant de la Zeitouna, il sort directement de Bab Souika des années quarante avec ses cafés-chantants, ses théâtres et ses intellos bohémiens (Jamaat taht essour). Amm Ali ne cache pas sa nostalgie pour cet age d'or culturel et artistique. Les journaux et les revues de tout genre se comptaient par dizaines, les théâtres et les cinémas ne désemplissaient pas et fumer un joint était un acte aussi inoffensif que boire un petit verre de Boukha chez le vieux Cohen.

Pourtant, Amm Ali n'est pas le genre de " junkie " à passer ses journées et ses nuits enfermé dans des " paradis artificiels ". Dès que les Palestiniens ont appelé les Arabes à l'aide en 1947, il a été parmi les premiers volontaires à mettre le cap sur Beyrouth. L'aventure s'était, malheureusement, arrêtée là. C'était l'une des plus grandes frustrations de sa vie. Arrivé au Liban, il a été empêché par les Français de prendre le chemin de la Palestine pour renforcer les rangs des combattants arabes.

Après l'"indépendance" (Amm Ali arbore un sourire énigmatique dès qu'on prononce ce mot), on lui a proposé le poste d'agent de la Garde Nationale. Son " niet " était sans appel. Il n'a jamais regretté son choix. Le futur va lui donner raison. D'ailleurs, un Mokninien de sa génération, quasi-analphabète, est parti à la retraite avec le grade de colonel de la Garde Nationale !

Non, il ne regrette rien. Amm Ali ne badine pas avec les principes. Il est l'un des rares Tunisiens à boycotter sciemment Coca Cola, car elle représente pour lui le signe le plus ostentatoire de l'impérialisme américain auquel il voue une haine qui n'a d'égal que son amour pour la culture et l'identité arabes. La télé ne lui dit rien et il ne jure qu par la radio. Mais il n'écoute jamais les programmes nationaux ou gouvernementaux arabes, car elles ne font que " tamjid el hakem " (l'éloge du dictateur). Sa station préférée est la Deutsche Welle en arabe (Saout Almania).

Plusieurs zeitouniens de sa génération ont essayé, au début des années soixante, de se recycler en prenant des cours de français à Bourguiba School. Ce n'était pas le cas de Amm Ali. Les langues étrangères lui sont toujours restées étrangères. Puisqu'il y a des traducteurs pourquoi se casser la tête. Il est, d'ailleurs, un lecteur assidu du quotidien Al Quds al-Arabi et de la revue littéraire libanaise Al Aadaab.

Amm Ali est un artiste dans l'âme. Par manque d'enthousiasme pour les matières religieuses, il n'a pas terminé ses études à la Zeitouna. Il était " tayyarji " (joueur de tar) au sein d'une troupe de malouf amateur qui s'est effilochée avec le temps. Il tient à préciser qu'il n'a jamais touché au bendir.

A l'époque de la ruée vers les postes politiques, Amm Ali n'a été tenté ni par le bourguibisme, ni par le bensalhisme des années soixante. Il n'a jamais été membre du PSD ou du RCD. Certes, il a des penchants socialistes et arabisants, mais Michel Aflak ne l'aurait pas accepté dans son parti pan-arabe, car Amm Ali n'est pas fait pour être un apparatchik. Il revendique son identité arabo-islamique plus par ses actes et son mode de vie que par des slogans bidons. Il n'a quitté ses habits traditionnels qu'une seule fois, pendant un éphémère séjour en France. Il est un Tunisien inclassable. Arabe et fier de l'être, il est l'ennemi de tous: des occidentalistes bourguibiens, des obscurantistes islamistes et de toutes les monarchies et républiques bananières arabes.

Amm Ali ne rate aucune occasion pour vilipender les responsables politiques tunisiens et arabes, qui ne sont pour lui que des agents des Français, des Britanniques et des USA. Mais celui qu'il abhorre le plus est certainement ce Mokninien de la honte, ce valet qui s'appelle Abdelaziz Ben Dhia. Les Mokniniens l'appellent " rass el-l'ham " (cancre ou débile). A cause de sa servilité et de son " lèche-bottisme ", Amm Ali le compare aux Grands Eunuques des sultans turcs.

Avant son " immigration intérieure ", Amm Ali a exercé les métiers les plus divers, mais il a toujours refusé de travailler avec le " hakem " (l'Etat). Au début des années soixante-dix il a tenté sa chance à Paris. C'était " l'age d'or " de l'émigration vers l'Europe. On débarquait en France sans visa et les jobs ne manquaient pas. La ville des lumières l'a laissé indifférent. Exactement comme Mikhaïl Nuaïmé débarquant à New York au début du XXème siècle, Amm Ali n'a été ni ravi ni ébahi par la " Civilisation ". L'inconfort des vêtements occidentaux n'a fait qu'augmenter sa frustration. Son séjour parisien ne dépassa pas deux mois.

Dès que le dernier de ses enfants a atteint l'age de la majorité, il prit une décision qui changea sa vie. Amm Ali décida de quitter la ville de Moknine pour s'établir à la campagne. Fils de fellah et héritier de quelques centaines d'oliviers et d'une modeste maison de campagne, le rêve d'un " retour aux sources " le caressait depuis sa prime jeunesse. A l'heure où des dizaines de milliers de Tunisiens " brûlaient " vers l'Europe, Amm Ali a choisi la voie de l'immigration intérieure.

Chaque visite rendue à Amm Ali dans son " repaire " est l'occasion d'une joie renouvelée. Pourtant, sa maison de campagne n'offre pas le confort auquel s'attend le commun des citadins. Il n'y a ni électricité, ni eau courante. La télé, la parabole et Internet peuvent encore attendre aux portes de sa citadelle. Il vit en compagnie d'une meute de chiens pur-sang arabe, de poules AOC (Arabité d'Origine Contrôlée) et d'un petit troupeau de moutons.

Amm Ali n'est ni athée ni incroyant, mais sa conception de la religion est tout à fait particulière. Il considère le pèlerinage à la Mecque comme un acte païen et croit plutôt au pèlerinage de l'esprit (al hajj al akli), évoqué pour la première fois par Abou Hayyan Attawhidi. Il m'a dit que ces ignorants qui vont à la Mecque et à Médine sont en train de donner leur argent aux Américains par le biais de leurs pions saoudiens. Il ne donne aucune importance aux cultes et aux pratiques religieuses. D'après lui, lorsqu'on atteint un certain degré de foi, toute cette gymnastique quotidienne qu'on appelle prière devient superflue. Amm Ali ne dit jamais non aux boissons " spirituelles " et rappelle que l'imam Abou Hanifa a prononcé une fatwa légalisant le " nabith " (vin).

Pendant ma dernière visite à Amm Ali, il m'a dit qu'auparavant un seul coq suffisait pour satisfaire tout un harem de poules. Maintenant il a sept coqs pour onze poules. Je lui ai répondu, en plaisantant, que la combinaison 7-11 n'est pas un signe évident de fertilité ! ( J'invite par la même occasion nos vétérinaires à étudier ce phénomène étrange de manque de virilité chez la nouvelle génération de coqs tunisien).

Omar Khayyâm

Moknine , le 09 janvier 2002 .


Au resto du cœur* on sert
la bisque de homard

Aux délices de Khayyam, voilà un joli nom pour l'échoppe que tu devrais ouvrir, près de ton domicile de la rue Mansouri.
Tout les mansouriens pourraient s'y retrouver et passer des moments savoureux à se délecter des nouveautés qui sortent chaque jour de tes fourneaux littéraires. On sentirait de loin l'effluve des mots près à être servis, et en entrant, on aurait déjà l'eau et le sourire à la bouche.
Les passants renonceraient à leur régime en entrant discrètement partager quelques phrases pimentées et quelques mots sucrés.
Bien sûr, tu seras sommé par les partisans du régime sans sel et sans saveur de fermer ton échoppe, mais elle est protégée, installée dans la rue Mansouri, la rue qui n'existe pas.
Là dessus, je ne résiste pas à un bon mot. Tu continueras de faire bisquer zaba parce que ta spécialité, c'est la bisque de Omar.

Sophie

* L'adresse est : Omar Khayyam - 1, rue du Commandant Mohamed Mansouri - 5100 MAHDIA - TUNISIE

 

la dictature de la justice

la démocratie est un concept comme tous les autres, même ce que vit l'occident aujourd'hui n'est qu'une forme politique complètement évoluée, nouvelle, elle n'est pas la démocratie , bien qu'elle en emprunte le nom et les ouvrages politiques lui en sont souvent des dédicaces..
la démocratie c'est Athènes, c'est Platon, c'est une ville et des citoyens, il y a maintenant deux millénaire et trois siècles, arrêtons de courir comme des obsédés derrière la "démocratie", la Tunisie l'argentine ,l'Afghanistan, vous moi, tout est pareil, notre sort semble nous dépasser, puisqu'on n'arrive pas à se définir, et à s'auto analyser lucidement, nous parlons trop, et pzzzzzzzz stagnation, explosion, et... on recommence comme la course comme de chiens , la langue baveuse, le cœur et le corps noyés dans la sueur... notre société est un animal mis dans un espace qui lui est bizarre, et dont les lois s'imposent, il faut se laisser bouffer parce que c'est comme ça.. les sorts des pays ne semblent plus être l'affaire de son élite intellectuelle, bien qu'on nous pousse à y croire...

Dieu ne change ce qu'est un peuple , que si ils changent ce qu'il y a dans leurs cœur..."
c'est infiniment vrai... des étapes sui étaient expérimenté par les autres , se brûlent et on se retrouve pas dans notre temps, ni dans notre esprit, ni "nous" ni un temps, ni un esprit de lois qui nous vont, n'existent, parce qu'on se laisse tromper par l'esprit de leur siècle..


D'après une caricature de Mugabe

Les tunisiens ne changeront jamais si vous continuez comme ça rien de concret , rien de raisonnable, c'est pas avec la philosophie et compagnie seulement qu'on peut changer, gagner .. ceux qui prônent pour la "démocratie" supposons que Ben Ali part, ils seront là bas comme des obsédés de pouvoir et la dictature reprendra sa route, écrasera les espoirs.

Les supposés "communistes" , les "socialistes", les "démocrates" les "nationalistes", tout chacun réclamera , à lui seul la possession de la vérité, enfin le pouvoir.. tous ces concepts ne sont liés à aucune réalité, tous sont des images déformées d'un théorie non praticable pour notre Tunisie puisqu'elles n'étaient pas conçues que pour "politiciser" une réalité qui n'est pas la notre.

Le peuple tunisien ne va pas changer comme ça, juste par une révolution causée par la faim ni parce qu'on essayera de faire un compromis avec les étrangers et ils changeraient peut être leurs représentants sur le terre tunisienne..
... ni dans cinq ans, ni 20 ans même mais ce temps peut servir... notre infrastructure morale et intellectuelle est rouillée, l'éducation correcte doit reprendre, la communication, la justice, l'égalité, le commerce, la famille, l'amitié, tout, bref le respect.
C'est pas une théorie qui va changer tout ça, c'est pas les lois et quelques minables articles d'une constitution sans histoire...
la réalité c'est la seule vérité qu'on doit chercher et sur laquelle on peut travailler..

un salut à un tunisien que je connais pas mais qui écrivait sur Takriz et suXydelik (pseudo : Don Quichotte) il parlait d'un respect sauveur; mais je lui dis pourquoi aller le chercher chez les allemands, (c'est vrai que c'est leur spécialité) MAIS il faut quelque chose de plus fort , le peuple n'est pas si "bon" que ça, les hommes ne sont pas tous bien, il y aura toujours quelqu'un qui vaudra manger plus, boire plus, baiser plus, profiter plus, bref se sentir vivant plus (c'est l'essentiel, tout le reste n'est que moyens pour y arriver..)
DONC, il faut quelque chose de plus fort; un respect plus fort, comme l'a dit le grand Ibn Khaldoun, la foi, le divin, c'est qui fait vivre les arabes le summum de la réussite, plus le pourvoir fuit la foi, plus les menaces viennent s'installer silencieusement entre les mailles, mais je dis qu'un ISLAM dans son sens le plus pur et le plus profond, nous présente un projet déjà expérimenté et seul l'avarice des uns et l'envie du pouvoir des autres ont cassé.. un Isalm , pas celui d'el-Qaïda, ni celui d'Ennahdha, Seul l'Islam n'appartient à personne, il est à tout le monde, avec ses valeurs les plus pures, les plus fondamentales, et fondatrices, l'unique, la dictature de l'unique qui existe (ou si vous le voulez, qu'il n'existe pas, bien que par là même il existe), l'unique où se concentre l'origine, la maternité, la paternité, l'eau, le pain, le lait et l'air (qu'on respire plus librement), les secrets non encore révolus, la terre que le coran a déclaré sa rondeur nageant dans l'air infini, l'unique qui pousse l'homme vers son semblable et qui chatouille la raison en excitant ses limites, ses points d'interrogation, je suis pas une "bonne" musulmane, et mes fautes... que Dieu me pardonne.. mais je commence à admirer ces mots qui prévoient tout, tout en laissant le choix à l'homme, un projet où économie, lois, justice, sciences, font un harmonieusement... l'islam en tant que système humain n'a aucune faille; il suffit d'appliquer le projet égalitaire et juste au peuple, il faut pas penser ce qu'on peut pas penser, ce qui n'est pas à nous de décider : le sort des autres, c'est le seul moyen de ne pas tomber dans le vice du pouvoir...

Il faut TRAVAILLER, il y a tellement de jeunes tunisiens, qui excellent dans tous les domaines, ce que j'espère est que l'économie, les maths, l'architecture, les sciences humaines ne seront pas des fins en eux même mais des moyens dans les mains des gens honnêtes, il faut donc travailler, exceller tout en gardant une croyance grande et modeste à la fois, et une volonté d'arriver au pouvoir existant, pour le changer en un pouvoir qui n'est que moyen servant le règne de la justice...

Casa

Fond sonore : No Doubt - Don't speak .